Disclaimer:

Harry et son univers appartiennent corps et âme à J.K. Rowling et mon porte-monnaie ne se remplit pas grâce à cette histoire.

Remerciements:

A celles que je ne remercierai jamais assez, Alchie, Madame Alixe, ma chtite Heaven, Crookshank et tous mes lecteurs. Ah oui! A ma maman aussi sans qui cette fic n'existerait pas, puisque moi non plus ;-).


Chapitre IX : Lettres posthumes

Ses magnifiques marqueteries dorées à l'or fin brillaient d'une lueur chaude à la lumière des chandelles de la chambre de Ron, mettant en valeur les initiales de James Potter. L'espace d'un instant, Harry s'étonna de ne pas avoir encore ouvert le coffret et même de l'avoir oublié. Ginny n'osa pas lui poser de questions, mais elle fixait l'objet avec curiosité, pendant qu'il l'examinait attentivement.

- C'est un coffret aux armes de mon père. Je l'ai trouvé l'autre jour dans son coffre chez Gringotts. Je ne l'ai pas encore ouvert, répondit Harry à la question muette de sa petite amie.

- Tu veux l'ouvrir maintenant ? demanda-t-elle.

- Oui. Je n'ai pas besoin de Ron ou d'Hermione pour ça. Je crois avoir deviné quelle clé correspond à la serrure. C'est surtout toi que j'ai envie d'avoir à mes côtés pour l'ouvrir.

Il fouilla dans sa valise et en ressortit la petite clé d'or ouvragé de son coffre chez Gringotts. Doucement, il l'introduisit dans la serrure du coffret et la tourna. Il retint sa respiration, imité par Ginny. Un déclic se fit entendre et la serrure se déverrouilla, libérant le couvercle qui se souleva de lui-même.

- Oooh ! Elle est magnifique ! s'exclama Ginny

A l'intérieur du coffret se trouvait une grande clé forgée en argent, sertie de gros rubis. Elle rappelait étrangement quelque chose à Harry. Elle lui faisait penser à l'épée de Godric Gryffondor qu'il avait tenu entre ses mains cinq ans plus tôt, lors de son combat contre le Basilic. A côté de la clé, une lettre cachetée aux armes de James Potter. Harry la saisit avec crainte. Il avait peur qu'elle ne tombe en poussières au simple contact de ses doigts. En cet instant, rien ne comptait plus que cette lettre à ses yeux. Il avait oublié Ron et Hermione dans la chambre à l'étage en dessous, la famille Weasley au rez-de-chaussée, même Voldemort n'occupait plus aucune place dans ses pensées. A part la lettre, seule Ginny était présente à son esprit, par la simple pression de sa main sur son épaule.

- Tu veux que je te laisse seul ? demanda Ginny, anxieuse de voir Harry si silencieux soudainement.

- Non, ça va aller. Je vais la lire et je veux que tu sois avec moi pour cela. Je suis sûr que d'une certaine manière ça te concerne toi aussi, la rassura-t-il.

Il lut l'adresse au dos de l'enveloppe : « A l'intention de Harry James Potter, lorsque le moment sera venu ». Harry fut surpris par la formulation « lorsque le moment sera venu ». Le coffret s'était-il révélé à lui pour une raison précise ? Perplexe, espérant trouver une réponse dans la lettre, il décacheta délicatement l'enveloppe, en prenant un soin presque religieux à ne pas briser le sceau de son père. Il en sortit un long parchemin qu'il déplia avant de commencer à lire l'écriture fine et leste qu'il découvrait.

Godric's Hollow, 30 octobre 1981

Harry,

Ces derniers jours ont été mouvementés pour notre famille. Depuis quelques temps déjà, nous sommes poursuivis par Voldemort et ses Mangemorts. Nous avons dû changer de cachette plusieurs fois afin de te protéger. Si tu lis cette lettre, c'est que ta mère et moi aurons péri sous leurs coups, mais que toi, tu as pu survivre pour devenir un sorcier adulte. Le coffret qui renferme cette lettre appartient à notre famille depuis des générations. Je l'ai placé dans notre coffre et ensorcelé pour qu'il t'apparaisse lorsque tu serais majeur, et donc prêt à apprendre certaines choses sur tes origines.

Cela veut dire aussi que la Prophétie ou une partie de la prophétie s'est réalisée. Albus Dumbledore t'en a probablement déjà parlé à l'heure où tu lis ces lignes. Sache que tu peux avoir toute confiance en lui et en nos amis d'enfance : Sirius Black ton parrain, Peter Pettigrow et Remus Lupin. S'il nous arrivait malheur, nous te plaçons sous leur garde bienveillante.

Harry ne put réprimer un sourire amer. Sur les gardiens qu'avaient choisi ses parents, deux étaient morts, un les avait trahis. Il ne restait plus que Remus pour veiller sur lui, ou plutôt pour le préparer à son destin. Il reprit sa lecture avec peine. Il était submergé par l'émotion de ces mots resurgis du passé.

Ta mère et moi, à travers la Prophétie, avons eu un bref aperçu de ce que pourrait être ton avenir : dur, sombre, parsemé d'épreuves. Si tu nous survis, si tu as survécu à Voldemort pendant tout ce temps avant de lire cette lettre, sache qu'il ne renoncera jamais à te tuer. Il n'a jamais supporté l'échec.

Mais il y a un espoir. La Prophétie annonce que tu as le pouvoir de le détruire, de mettre fin à son hégémonie. Ce pouvoir, il ne le connaît pas. En fait peu de gens le reconnaissent en tant que tel. Tu peux aimer Harry. Cela peut paraître un peu niais ou mièvre face à la capacité de destruction d'un Voldemort, mais c'est une force qui peut te mener à la victoire.

Malgré les épreuves que tu as dû traverser jusqu'à ta majorité, nous sommes certains que tu as cette capacité. Elle n'a jamais fait défaut à quiconque dans notre famille. Et pour cause.

Il existe une pièce au Département des mystères, dans les entrailles du Ministère de la magie. Une pièce qui reste toujours fermée. Elle renferme ce pouvoir merveilleux et terrible à la fois : le pouvoir de l'amour.

Ces dernières lignes faisaient écho avec un souvenir de Harry. Quelque chose que Dumbledore lui avait dit le soir de la mort de Sirius, dans son bureau.

Ce pouvoir a été enfermé dans cette salle par un de tes ancêtres, grâce à un procédé de très ancienne magie. Mais, mon aïeul avait peur de ce que le ministère pourrait faire de ce pouvoir un jour. Prévoyant, il en a placé une partie dans un endroit secret connu de notre seule famille. Cet endroit ne peut être ouvert qu'à l'aide de la clé qui accompagne cette lettre.

En tant que dernier représentant des Potter, tu es désormais dépositaire et gardien de cette clé et de ce pouvoir. Quoi que tu décides, nous savons, ta mère et moi, que tu feras les bons choix. Pour trouver cet endroit, rends-toi sur la tombe de Bowman Wright dans le vieux cimetière de Godric's Hollow. Tu y trouveras peut-être des réponses à tes questions, notamment celle-ci : pourquoi est-ce toi que Voldemort a choisi ? Car après des semaines de fuite, il ne fait aucun doute que c'est toi que Voldemort considère comme une menace.

L'heure est venue de te dire adieu mon grand. J'ai du mal à t'imaginer à dix-sept ans, alors que tu es encore un nourrisson qui dort paisiblement sous mes yeux. Vis heureux, mon fils.

Ton père qui t'aime.

James

Sous la signature de son père, Harry aperçut quelques lignes d'une écriture féminine. Sa mère aussi lui avait écrit, quelques mots. Elle avait dû vouloir mettre toute son affection dans ce petit mot en bas de page :

Harry, mon trésor,

Ton père et moi serons toujours à tes côtés. Laisse parler ton cœur, il est ta meilleure arme contre Voldemort et sa haine de toute vie. Au revoir mon ange.

Ta maman qui sera toujours là, au fond de ton cœur.

Lily

Harry ne put retenir ses larmes plus longtemps. En l'espace de quelques minutes, de quelques lignes écrites sur un parchemin vieux de seize ans, il avait ressenti tout l'attachement que lui portaient ses parents. Ginny le prit tout contre elle. Elle se mit à le bercer doucement, comme le ferait une mère avec un enfant. Pleurer faisait du bien à Harry et elle le savait. Jamais elle n'aurait pris cela pour une marque de faiblesse. Parfois, le plus solide des barrages avait besoin de relâcher la pression. Son regard s'attarda sur le coffret. Elle fut surprise de voir une seconde enveloppe cachetée. Elle paraissait plus récente et portait les initiales A.P.W.B.D.

- Harry, murmura-t-elle doucement à son oreille, tu as une autre lettre. Je crois qu'elle est de Dumbledore.

Harry retira doucement sa tête de la chaleur de Ginny. Les yeux rougis, il regarda la seconde lettre d'un air incrédule. Comment était elle arrivée dans le coffret de son père. Décidément, même disparu, Albus Dumbledore l'étonnerait toujours. Il avait peur de ce qu'il trouverait dans cette lettre. Mais quand le vin est tiré, il faut le boire jusqu'à la lie. Il replia le dernier message de ses parents et le rangea religieusement dans le coffret. Il mit autant de soin à ouvrir la lettre de Dumbledore. Il reconnut l'écriture fine de l'ancien directeur de Poudlard, son protecteur, son mentor. Dès les premières lignes, il sut qu'elle avait été écrite quelques mois plus tôt.

Cher Harry,

Lorsque tu liras cette lettre, je ne serai plus là pour te protéger, et c'est là mon seul regret. J'ai eu une vie longue et riche d'expériences, et la plus belle fut de te connaître. Je te l'ai déjà dit, jamais je n'aurais espéré un jour avoir à m'occuper d'un être aussi exceptionnel que toi.

Désormais, tu es seul face à tes choix. Le choix de tes alliés et celui de tes ennemis. Le choix du chemin à prendre pour te trouver finalement face à face avec Lord Voldemort. Suis les dernières volontés de tes parents et rends-toi à Godric's Hollow. Tu y trouveras une aide inestimable. Aies confiance en toi et en la nature humaine, si abjects que soient les adversaires que tu auras à combattre. Pars à la recherche des horcruxes de Voldemort, tu sais à quel point c'est important pour la suite de ta quête

Puisses-tu apporter des jours meilleurs à notre monde. Affectueusement.

Albus Dumbledore

Harry sortit profondément troublé de la lecture de ces deux lettres. Ginny le sentit à son regard : il paraissait plus ferme, plus dur, plus volontaire. Au fond de lui, Harry avait ressenti le besoin de retourner là où tout avait commencé, et voilà que ses parents et même Dumbledore l'enjoignaient de se rendre à Godric's Hollow. Il ne voulait plus retarder son pèlerinage sur les lieux de sa petite enfance et du drame qui avait fait le Harry d'aujourd'hui.

Harry s'apprêtait à annoncer ses projets à Ginny, lorsque Ron et Hermione déboulèrent dans la chambre, main dans la main, les yeux pleins d'étoiles. Un silence gêné s'installa entre les deux couples. Malgré son sourire amusé, Harry était mal à l'aise, coupé dans son élan. Il n'avait pas envie de gâcher le bonheur naissant de ses deux amis avec des projets encore lointains. Ron et Hermione, de leur côté, se retrouvaient pris au dépourvu. Ils ne s'attendaient pas à ce que leur relation soit si vite révélée. Finalement, ce fut Ron qui dissipa le malaise :

- Qu'est-ce que c'est ? demanda-t-il en désignant le coffret de James Potter.

Harry n'avait plus d'autre choix que de tout leur dire.

- Asseyez-vous, j'ai quelque chose à vous raconter, commença-t-il.

Une semaine avait passé depuis la découverte des lettres de James Potter et de Dumbledore. Au cours des jours qui avaient suivi, l'humeur de Harry s'était progressivement assombrie. Il s'efforçait tant bien que mal de faire bonne figure à la table des Weasley, devant Ron et Hermione qui goûtaient leur bonheur tout neuf et Ginny, mais personne n'était dupe. Mrs Weasley, qui ne connaissait pas les raisons de ce brusque changement d'attitude, s'était un moment inquiétée de sa santé auprès de Mrs Pomfresh. L'infirmière de Poudlard n'avait rien trouvé d'anormal chez Harry, ce qui avait freiné les ardeurs maternelles de Mrs Weasley pour un temps.

Maussade, le jeune homme passait son temps libre, seul, dans le jardin du Terrier, caché derrière le rhododendron. Sa seule compagnie était constituée de gnomes venant le narguer de temps à autres, en vain. Même Ginny ne parvenait plus à le faire sortir de cette sombre rêverie. Ron et Hermione commencèrent à se faire du souci, lorsque les brusques accès de colère de Harry refirent surface. Ils craignaient qu'il ne se montre exagérément téméraire et ne s'embarque sans réfléchir dans une expédition hasardeuse, comme celle du Ministère, un an plus tôt.

Décidant de prendre le taureau par les cornes, Ginny vint le trouver après le cours d'occlumancie. Elle n'avait pas l'intention de tourner autour du pot.

- Harry, ça suffit maintenant ! s'exclama-t-elle de but en blanc.

- Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ? répondit Harry qui ne comprenait pas encore de quoi il s'agissait.

- Tu ne vas pas bien. Il ne faut pas être grand clerc pour le voir. Tu refuses encore de nous parler, à Ron, à Hermione et surtout à moi ! Je veux savoir ce qui ne va pas. Si tu ne peux rien me dire, à qui vas-tu te confier ? Aux gnomes de jardin ?

- Ecoute, Ginny. Ça va, je t'assure. C'est juste… C'est juste que je réalise maintenant à quel point la tâche qui m'est confiée est immense. Je ne sais pas si j'y arriverai. Qui suis-je pour pouvoir arrêter le plus grand mage noir de ce siècle ? J'ai déjà perdu mes parents, mon parrain, mon mentor… Je ne veux plus perdre un seul être cher dans un combat sans fin.

- Mais tu oublies que l'Ordre est là pour t'aider. Que Ron et Hermione ne te laisseront jamais tomber. Que, moi, je suis et je serai toujours à tes côtés, lui rappela la jeune fille. Et nous n'avons pas l'intention de laisser les Mangemorts avoir notre peau.

Harry sentait bien que Ginny essayait de le rassurer. Mais rien n'y faisait. Son sentiment de solitude s'était réveillé à la lecture des deux lettres surgies d'outre tombe et avec lui, le sentiment de supporter le poids du monde. C'était grotesque et orgueilleux, il le savait, mais il avait accepté le chemin de la Prophétie, il ne pouvait plus faire machine arrière.

- Moi, j'ai confiance en toi. Nous avons tous confiance en toi. Personne ne se repose uniquement sur toi et ton pouvoir. Nous avons tous notre rôle à jouer dans cette guerre. Le tien est peut-être juste un peu plus important que les autres, ironisa-t-elle.

Harry parvint à sourire faiblement. Comment faisait-elle pour si bien le comprendre ? Il n'avait qu'un mot à dire, parfois seulement un regard à lui adresser et elle savait ce qu'il pensait, ce qu'il éprouvait. C'était déroutant, désarmant et à la fois si réconfortant.

Pendant que Harry réalisait tout cela, Ginny vit la flamme de la détermination se raviver progressivement dans les yeux de son petit ami. Il ne s'était pas encore totalement débarrassé de son sentiment de solitude, ni de tout son désespoir. Mais la jeune fille savait qu'au moment du combat, le garçon qu'elle aimait ne se défilerait pas et que toute trace de doute disparaîtrait face à l'ennemi.

- Ginny, j'ai pris une décision…

- … Tu vas partir à Godric's Hollow dans les jours qui viennent, n'est-ce pas Harry ? l'interrompit une voix qui venait de derrière un rhododendron et s'approchait.

Lupin parut et sourit tristement à Harry. Ginny se mit en retrait pour laisser l'élève et le professeur discuter. Elle sentait que l'échange serait animé, mais ne voulait pas en perdre une miette, elle se sentait concernée.

- Comment ?... demanda Harry, interloqué.

- Ron et Hermione s'inquiètent pour toi, ils m'ont parlé du coffret de ton père et de son contenu, sans entrer dans les détails. Comme tu semblais ne pas très bien réagir à cette découverte, ils craignent que tu te lances dans une action inconsidérée. Et tu m'avais confié ton désir d'aller à Godric's Hollow...

Ces deux-là allaient entendre parler du pays, pensa Harry. Mais au fond de lui, il était sûr qu'il aurait fait de même pour eux.

- Vous allez m'empêcher d'y aller ? dit-il sur un ton de défi.

- Non, Harry, je voudrais juste réfréner ta hâte. Tu as toujours eu tendance à réagir de manière impulsive, sans vraiment réfléchir aux conséquences.

A ces mots, Harry se rembrunit. Il n'avait nul besoin que Remus lui rappelle ce que Lucius Malefoy avait qualifié de tendance au mélodramatique. Ce genre de réaction avait coûté la vie à Sirius et il se maudissait pour cela tous les jours.

- Je voulais juste te recommander d'attendre la fin des vacances, reprit Lupin sur un ton conciliant.

- Pourquoi attendre ? s'emporta Harry, exaspéré par le ton calme de l'ami de son père et cette tendance que tous avaient de vouloir lui prodiguer des conseils.

- Parce qu'avant de sortir de nouveau du Terrier, je préfère, je veux dire, nous préférons – tes professeurs et moi – que tu aies déjà assimilé le maximum de ce que nous t'aurons appris pendant le mois d'août. Il se peut que tu en aies besoin plus tôt que tu ne le croies, Harry, expliqua calmement Remus.

- Mais il faut que j'y retourne… Harry s'interrompit.

Lupin ne connaissait que la trame générale des deux lettres. Il doutait sérieusement que ses deux amis lui aient révélé quoi que ce soit au sujet de la clé d'argent et de la cachette des Potter.

- Harry, la tombe de tes parents t'a attendu pendant seize ans, elle attendra bien quelques semaines de plus.

Harry ne sut quoi répondre. Il avait déjà réfléchi à cette question. Pour lui, il était important d'obtenir ce fameux pouvoir le plus vite possible. Mais Lupin avait mis le doigt sur le problème : il n'était toujours pas prêt à affronter Voldemort. Même s'il avait ce pouvoir à l'instant, il ne saurait quoi en faire. Il fallait qu'il apprenne à le maîtriser. Et puis ce pouvoir ne suffisait pas, il devait être prêt psychologiquement, avoir d'autres armes à sa disposition. Il devait affûter ses réflexes et sa pratique de la magie.

- D'accord, Remus. Vous avez raison. Mes parents et moi pouvons attendre quelques semaines de plus, je présume, concéda-t-il dans un soupir lourd de déception.

S'il voulait tant retourner à Godric's Hollow, c'était aussi pour rendre un dernier hommage à ses parents. Cet hommage que les Dursley lui avaient toujours interdit. Il se dirigeait déjà vers le Terrier, quand Lupin le retint.

- Un instant, Harry, s'il te plaît, l'arrêta Remus. Son ton avait changé. De la sollicitude amicale, presque paternelle, il était passé à quelque chose de plus dur.

- Je sais également, mais pas par les mêmes sources, que tu fais profiter Ginny, ici présente, de ta formation d'Auror.

Harry et Ginny se figèrent. Tous les deux s'imaginaient la tête de Mrs Weasley, une fois au courant de leurs manigances.

- Je ne peux pas dire que j'approuve. Mais je regrette qu'aucun de vous quatre ne m'ait demandé de faire participer Ginny. De plus, Harry, tu as beau être un élève très doué en Défense contre les forces du Mal, ainsi qu'un très bon professeur, tu sais aussi bien que moi que tu n'as pas l'expérience nécessaire pour transmettre ce savoir à Ginny. Tu manques de recul.

- Mais, Remus, on pensait tous que vous refuseriez et puis nous sommes très prudents, dit timidement Ginny.

- Et vous aviez raison. Mais maintenant que le mal est fait, je ne peux plus laisser Harry te faire prendre des risques, malgré toutes ses précautions. Dès demain, tu ajouteras les cours de tes trois camarades à ton emploi du temps. J'en ai déjà parlé à Mrs Pomfresh et nous nous sommes arrangés pour tout caser.

Ginny sauta au coup de Remus en lui embrassant les deux joues, le remerciant mille fois. Le regard sévère de Lupin disparut tout à fait lorsque Harry le remercia à son tour et lui fit ses excuses.

- Reste ta mère… intervint Lupin en regardant Ginny. Il semblait lui aussi s'inquiéter de la réaction de Mrs Weasley. Je pense que je vais d'abord en parler à Arthur. Il saura aborder le problème de front et m'aidera à persuader Molly. Allons, rentrons.

Arthur Weasley ne rentra du Ministère qu'à l'heure du dîner. Lupin se précipita sur lui et le prit à part. La discussion sembla fort animée. Mr Weasley ne semblait pas très enclin à encourir les foudres de sa femme. Au bout d'un moment, il s'y résigna cependant dans un hochement de tête accompagné d'un gros soupir. Lorsque Molly Weasley fut mise au curant de toute l'affaire, le Terrier vibra du sol au plafond de sa voix tonitruante.

- Vous êtes tous tombés sur la tête ?! Ma Ginny, suivre une formation d'Auror ?! Elle est trop jeune, et je refuse qu'elle s'expose au danger ! Parce que c'est ça être Auror, c'est être constamment confronté à des mages noirs et d'autres individus peu recommandables prêts à vous lancer un maléfice dans le dos ! C'est déjà bien assez qu'elle suive les cours de ce fou. Je refuse tout net !

- Molly chérie… intervint Arthur Weasley.

- Et toi surtout ne t'en mêle pas. Tu t'es fait embobiner par Remus. Ça ne suffit donc pas à l'ordre d'avoir six Weasley parmi leurs rangs, sans compter Ron qui accompagnera Harry jusqu'au bout du monde !

Ron allait demander ce qu'il venait faire dans cette histoire, mais un éclair tout droit sorti des yeux de sa mère le poussa à s'enfoncer sous la table.

- Bill, Charlie, les jumeaux, toi et moi, ce n'est pas assez peut-être ? Ils veulent toute la famille ! Que les Weasley risquent leurs peaux pour les autres, après tout ils sont assez nombreux, quand l'un d'eux tombera, un autre prendra sa place. C'est ça qu'ils se disent les autres membres de l'Ordre, n'est-ce pas ?

- Molly, ce n'est pas vrai et tu le sais. Vous nous êtes d'une aide inestimable. Aucun membre n'est tenu comme quantité négligeable. Et puis il n'a jamais été question que Ginny entre dans l'Ordre. Je pense simplement plus prudent que Ginny assiste directement aux cours dispensés à ses amis plutôt que de continuer à s'entraîner sans surveillance avec Harry, Ron et Hermione.

Harry et Hermione imitèrent Ron et se tassèrent sur leur chaise. Ils venaient eux aussi de subir le regard furibond de Mrs Weasley. Seule Ginny, fidèle à son caractère, s'entêtait à regarder sa mère dans les yeux. Elle n'avait aucune honte de ce qu'elle avait entrepris et elle voulait que sa mère le sache. Alors que la dispute promettait de durer encore un bon moment, Mrs Weasley s'effondra en sanglots.

- Vous allez tous me rendre folle. J'en ai assez d'avoir peur pour tous. Je veux que ça cesse.

- Nous le voulons tous, Molly. Si nous voulons prendre le relais dans la formation de Ginny, c'est pour sa propre sauvegarde. Il n'est pas question de l'exposer au danger, mais simplement de lui apprendre à se défendre. A la rentrée, elle reprendra les cours au Ministère comme prévu et sa formation s'arrêtera là.

Outrée, Ginny s'apprêtait à protester. Harry, lui, ouvrait des yeux ronds : jamais Remus ne lui avait parlé d'arrêter la formation de Ginny en septembre. Lupin leur jeta un regard pour les faire taire.

- C'est la seule condition que les autres professeurs et moi mettons à cet enseignement. Tu l'as dit toi-même, Molly, Ginny est trop jeune.

Mr Weasley sortit de son silence.

- C'est raisonnable Molly, il faut le reconnaître. Dans moins de quinze jours notre fille retournera sur les bancs de l'école et elle saura faire face à ce qui attend tout le monde, maintenant.

- Je suppose que de toute façon on ne pourra pas faire autrement avec une tête de mule comme elle, conclut Mrs Weasley en levant les yeux vers la dernière née de la famille qui continuait d'afficher son attitude résolue.

Malgré cette victoire sur Molly, personne n'eut l'audace d'afficher un quelconque signe de triomphe. Ginny alla simplement remercier sa mère. Harry, Ron et Hermione qui n'en menaient pas large, firent des excuses sincères. Et pour couper court à tout éclat de voix de son épouse, Mr Weasley envoya tout le monde se coucher.


A la semaine prochaine pour un chapitre scolaire, c'est la rentrée. On prépare son cartable, sa baguette et son chaudron!