Pairing : Severus/Dolorès
Rating : PG
Note : fic-cadeau pour l'anniversaire de Sharelll.
Le rose et le noir
- Albus, je dois vous parler d'urgence.
- Et c'est pour cela que vous me donnez rendez-vous dans le placard à balais ? J'espère pour vous qu'aucune Maison ne s'entraîne au Quidditch à cette heure... ou notre réputation mutuelle prendra un coup sévère.
- Ne plaisantez pas, malheureux. L'heure est grave et ce que j'ai à vous dire doit rester strictement confidentiel. Vous savez bien qu'on entre et on sort dans votre bureau comme dans un moulin, surtout depuis que vous glanez vos mots de passe parmi les produits Haribo.
- Je vous écoute, mon petit. Faites vite, je ne vais pas tarder à éternuer avec toute cette paille.
- Albus, un inconnu a glissé une espèce de rébus sous ma porte et j'ignore s'il s'agit d'un piège ou d'une information valable pour l'Ordre. Vous connaissez tous les codes en vigueur dans le monde magique depuis Nostradamus, je ne vois que vous pour le déchiffrer.
- Faites voir... une carte postale représentant un chaton grisou avec un ruban fuschia... qui miaule quand on appuie dessus... le chat, pas le ruban... et au verso : « Poudlard, 13 février 1986. Beau saturnin, si ton donjon te paraît un peu froid par les temps qui courent, pourquoi ne pas me rejoindre aux Trois Balais demain soir pour boire un apéro à la santé du Maître ? Rosedodo ». Vous avez raison, Severus, c'est tout à fait cryptique. Laissez-moi jusqu'à demain matin, j'espère pouvoir vous apporter une réponse au petit-déjeuner.
SS - DO
- Ah, Severus. Bien dormi ?
- Comme si vous ignoriez que je n'ai pas fermé l'œil de la nuit !
- Vous m'en voyez navré. Un petit scone aux myrtilles pour vous requinquer?
- Non merci. Dites, vous l'avez déchiffrée, cette carte ?
- Oui, mon ami. Croyez-moi, j'y ai investi trente ans d'études runiques et ma conviction est faite : elle contient bel et bien un message à votre intention.
- Merlin ! Ma couverture...
- Non, non, rien à craindre de ce côté-là. Prenez une petite gorgée de thé et une grande respiration. Paré ?
- Paré...
- Une certaine Rosedodo, en qui je crois reconnaître notre plus récente collègue, vous invite à l'accompagner dans ses libations nocturnes demain soir, fête de la Saint-Valentin, si le climat de vos appartements n'est pas à votre convenance.
- ... Albus, vous vous fichez de moi ?
- Pas le moins du monde. Il suffit de voir de quel œil brillant Mlle Ombrage vous épie par-dessus son Darjeeling.
- Ridicule. Rendez-moi cette carte immédiatement. J'ai une heure de libre avant mon premier cours, je vais lui consacrer une attention autrement sérieuse.
SS - DO
- Albus...
- Dieu du ciel, Severus, vous êtes tout pâle. Plus encore qu'à l'accoutumée. Diaphane, pour tout dire. Il vous a convoqué ?
- Non, non...
- Notre petit Harry a fait un sans-faute en Potions ?
- Non...
- Sirius Black vous a adressé ses excuses en bonne et due forme ?
- Non ! Albus, elle m'a fait un clin d'œil !
- Je vous demande pardon ?
- J'ai croisé cette femme alors que je me rendais en cours et elle m'a fait un clin d'œil !
- Ridicule. Nos donjons sont noirs comme un four, surtout à l'heure d'hiver. Vous aurez mal vu.
- Je vous serais reconnaissant de ne pas mettre en doute mon acuité, Albus. Qui plus est...
- Oui ?
- ...
- Allons, dites-moi tout. Vous savez bien que je suis comme un père pour vous...
- Elle... elle m'a pincé... là... au passage...
- Oh. De fait, votre accusation n'est pas sans fondement.
- Epargnez-moi vos calembours, Albus, et dites-moi ce que je dois faire à présent.
- Severus, mon enfant. Je n'ai pas besoin de vous rappeler combien il importe que vous entreteniez des relations cordiales avec l'ennemi. Qui sait si cette manœuvre n'est pas coordonnée à distance par Voldemort pour s'assurer de votre loyauté ? Courage. Fermez les yeux, buvez votre cocktail comme un grand et pensez à l'Angleterre. Oh, et demandez-lui si le Ministère est vraiment passé du côté obscur de la Force, ça peut toujours être utile à savoir.
SS - DO
- Alors, mon petit, comment va ?
- Vous, je ne vous parle plus.
- Oh, Severus, pourquoi ce regard noir ? Je tenais juste à vous exprimer ma gratitude : Mlle Ombrage est d'une humeur printanière depuis trois semaines. Elle n'a même pas bronché quand j'ai suggéré d'embaucher Firenze pour remplacer cette pauvre Sybille. Je suppose que c'est à vous que nous devons cette acalmie ?
- Acalmie, vous appelez ça une acalmie ? Cette harpie est décidée à nous sucer le sang, moi le premier !
- Pardon, Harry passe avant vous si j'en crois Mlle Granger...
- Oubliez Potter. Albus, il faut que vous lui parliez fermement, ça ne peut plus durer. Elle me relance jusque dans ma salle de classe !
- « Vénus tout entière à sa proie attachée... »
- Pardon ?
- C'est une citation moldue, mon petit. Ne faites pas attention.
- Ça ne m'explique pas pourquoi cette folle se croit obligée de venir me glisser des loukoums dans la bouche devant mes Serpentards !
- Charmante attention.
- Sans compter que Rusard se convulse de jalousie à notre vue. Je verrouille mes ingrédients à triple tour depuis que je l'ai surpris à considérer un plant de ciguë d'un œil pensif en époussetant mon cabinet.
- Chut, chut. Tout finira bien par s'arranger.
- J'ai des doutes. Et je vous préviens : si elle vous demande ma main, je me fais hara-kiri dans la Grande Salle avec l'épée de Gryffondor. Pendant le déjeuner, de préférence.
SS - DO
- Albus, arrêtez de ronfler dans votre cadre et répondez-moi avant que je vous démolisse le portrait. Vieux tire-au-flanc, ça vous ressemble bien de partir en flammes juste quand on a besoin de vous. Albus, ceci est un SOS, vous m'entendez ? Le Lord vient de nous donner sa bénédiction paternelle ! Il veut un grand mariage en blanc — oui, parfaitement, en blanc — pour égayer un peu ses Mangemorts avant le carnage. Quelqu'un — ne me demandez pas qui, sûrement cette lavette de Lucius — lui a dit qu'introduire un peu de douceur dans son monde de brutes boosterait son image de marque, surtout s'il prend le pouvoir à votre place. Quand j'ai quitté la réunion au bras d'Ombrage, les deux sœurs Black se crêpaient le chignon à coup de Doloris pour savoir qui porterait la traîne de la mariée et McNair était parti kidnapper un traiteur. Albus ! La noce est pour samedi en huit ! Faites quelque chose ! Albus !
SS - DO
- Mon cher petit, je suis ravi de vous revoir sain et sauf... et toujours célibataire.
- On ne peut pas dire que ce soit grâce à vous.
- Mais je n'ai cessé de penser à vous, soyez-en sûr. J'étais décidé à m'interposer physiquement au besoin pour vous épargner un sort pire que la mort. Heureusement, la Providence et les centaures en ont décidé autrement. Le pauvre Black n'a pas eu votre chance, lui.
- C'est ça, plaignez votre chouchou. Vous savez que Bella lui avait envoyé un faire-part ? Je ne vous dis pas ce que j'ai eu à subir comme remarques ineptes square Grimmauld ces derniers jours.
- Chut, mon enfant. Jetons un voile pudique sur les torts du passé. Mlle Ombrage n'a pas cherché à renouveler ses avances ?
- Non, j'ai cru comprendre que son petit séjour dans la Forêt lui avait laissé des goûts plus... corsés. D'après Lucius, elle est maintenant du dernier bien avec Fenrir Greyback.
- Doux Merlin. Cette femme a un vraiment un goût atroce...
- Merci beaucoup.
- ... et j'en ai pour une bonne semaine à remettre mon bureau en état. Remarquez, sa ténacité force le respect : teindre Fumseck en rose pour l'assortir à sa garde-robe, voilà qui n'a pas dû être facile.
- En tout cas, vous allez promettre de me réserver le poste de Défense l'an prochain. Parce que si vous engagez une autre mégère de cet acabit et qu'elle se met en tête de me vamper dans mes quartiers privés, je ne réponds pas de mes actes, Albus. Vous êtes prévenu.
- Si vous voulez, mon petit. Mais j'ai comme une vague idée que vous et moi serons bien trop occupés l'an prochain pour songer au marivaudage.
- Dieu vous entende, Albus. Dieu vous entende...
FIN
