Oh là là ! Je viens de réaliser que je n'avais pas posté le précédent chapitre ! Honte à moi !

Pour la peine j'enchaîne ! Une chance que j'ai pris un (tout) petit peu d'avance.

Celui-ci, j'ai pris un réel plaisir à l'écrire. J'espère qu'il sera de même pour votre lecture.


Chapitre 9 Nid de Vipères.


- Tu as intérêt à te tenir à carreau ! Tu as comprit Sirius ?

Le petit garçon hocha la tête. La voix sifflante de sa mère était chargée de menace.

- Walburga ! Orion ! Entrez, entrez !

La vieille tante s'écarta pour leur laisser le passage. Le bruit qui résonnait dans la sombre maison secouait le crane du petit Black.

- Comme tu as grandit Franck ! s'extasia le vieille femme, emmitouflée dans une robe qui s'apparentait plus à une armure qu'à une tenue de soirée.

- Sirius, grogna-t-il.

La tante l'ignora, et fut rejoint par quelques autres membres de la famille. Les salutations distinguées, presque réticentes, échangées, une femme entre deux âges, blonde et droite, demanda, dans la plus grande des courtoisies :

- Quel âge as-tu maintenant Sirius ?

- Cinq ans, annonça-t-il d'une voix sèche et hautaine.

Walburga Black, derrière son aîné, sourit discrètement. Son fils serait le parfait héritier des Black. Il était fier, hautain, et soucieux de son image, malgré son jeune âge. Il promettait un fameux Serpentard. Il y avait bien ces quelques points d'ombre dans la personnalité de Sirius. Sa détermination farouche, qui le menait parfois à foncer tête baissée, son mépris pour les règles instaurés au sein du 12 square Grimauld, et l'amitié qu'il avait bâtit avec le jeune Potter à la maternelle de pré sorcellerie. Mais Walburga ne doutait pas de ses capacités à le remettre dans le droit chemin à coups de baguette.

Ils passèrent au salon. La taille de la pièce était démesurée. Des rangées de tables, longues de dix bons mètres, s'alignaient dans une disposition parfaite qui fit frissonner Sirius. Il n'aimait pas l'ordre. Il avait de nombreuses fois été puni pour le bazar qu'il faisait régner là où il passait.

Sirius tenta de s'esquiver. Toutes les femmes de la famille commençaient à se regrouper autour de sa mère. Ses joues avaient suffisamment été tirées aux dernières fêtes pour qu'il se permette d'y échapper aujourd'hui.

- Sirius !

Il grimaça. Son père lui, était déjà avec Mr Malefoy, un verre en main. Pourquoi ne pouvait-il pas non plus errer dans la maison ?

- Ne fais pas de bêtises Sirius ! prévint sa mère. Va donc jouer avec tes cousines. Et fais toi des amis.

Ses cousines ? Andromeda était là ? Il chercha des yeux la silhouette douce de sa cousine préférée. Il repéra sa tante, mais ne distingua à ses côtés que Narcissa, pavant déjà le peu de poitrine qu'elle possédait, et Bellatrix. Il frissonna. La brune ne devait surtout pas le voir. Sinon, il risquait de finir la tête dans les toilettes de l'étage, comme à chaque fois.

Sirius haïssait Bellatrix. Elle était folle. Folle et méchante. Andromeda n'était pas en vue. A Noël, quelques jours plus tôt, elle avait été privée de la fête. Andromeda était entré à Hogwarts. Et Andromeda était allée à Serdaigle. La famille Black avait grincé des dents. Serdaigle était à la limite du passable. Andromeda était sévèrement punie à chacun de ses maigres écarts. Sirius savait déjà que c'était une manière de lui faire payer sa répartition différente.

Les Black allaient à Serpentard. Les Black étaient Serpentard. Comme tous ceux présents à cette fête du nouvel an.

Nid de Vipères.

- Sirius !

La main dure de sa mère lui saisit l'épaule. Apeuré, Sirius releva ses yeux gris dans ceux bleus de Walburga.

- Méfie toi. Il y a un Sang Mêlé dans la maison.

Sa mère avait craché le mot comme s'il lui arrachait le palais.

- Un Sang Mêlé ici Mère ? s'étonna-t-il.

- Nos cousins français l'ont emmené. Je ne comprends pas à quoi ils songeaient. Ne l'approche pas tu m'entends ? Mais sois respectueux envers la branche française. C'est la première fois qu'ils viennent tous ici. Montre toi digne de ton rang !

- Oui Mère.

Mais Walburga l'avait déjà oublié, débattant sur la folie de leurs cousins qui avaient permis pareil affront avec les mères des fiers enfants qui composaient les branches entremêlées des Sangs Purs.

Sirius en profita. Il n'aimait pas ses réunions de famille. Il n'aimait pas sa famille. Sauf Andromeda.

Il esquiva deux trois tantes, manqua de rentrer dans un groupe de grands cousins fraichement sortis d'Hogwarts, slaloma entre les jambes de personnes qu'il connaissait plus ou moins, et gagna la sortie. Une dizaine d'hommes se tenaient là, silencieux. Sirius ne les avait jamais vu. Quand il passa à côté d'eux, ils chuchotèrent dans un langage qui lui était inconnu. Il devina qu'ils étaient les cousins français contre lesquels sa mère grognait. Il éprouva pour eux une soudaine compassion. A pas de loup, il quitta la pièce bruyante, pour gagner le hall sombre et silencieux.

Il observa d'un œil morne la décoration. Des fresques représentaient la noblesse de leur rang, des scènes violentes de guerres sorcières, et la décapitation de Grimm Fress, un aïeul abattu pour la noirceur de ses actes, et vénéré par la famille.

Et puis dans un bruit sourd, quelques cousins descendirent les escaliers. Sirius s'enfuit. Lucius Malefoy était du groupe. S'il n'y avait pas eu Bellatrix, le jeune Black aurait placé son cousin en haut de sa liste d'ennemis.

Il parcourut d'un pas pressé les couloirs sombres. Une fois sûr d'être hors de portée de la baguette de son cousin, il chercha une pièce où rester cloîtré toute la soirée.

La première salle révéla un boudoir. Il referma la porte, peu intéressé. La deuxième un petit salon. La troisième une salle de bain. Il en ouvrit et ferma beaucoup, avant de trouver la bibliothèque.

A peine illuminée, elle devait contenir quelques millions d'ouvrages, tous plus glauques les uns que les autres. Sirius avait appris à lire l'année précédente, mais l'accès à la réserve de son père lui avait été fermé.

Il se glissa dans la salle silencieuse, et parcourut des doigts les tranches poussiéreuses des volumes. Il s'arrêta à l'un d'entre eux, à la couverture de cuir marron. Il le tira en arrière délicatement.

- Je n'y toucherais pas si j'étais toi.

Sous la surprise, le livre lui échappa des mains, heurta le sol dans un petit bruit, avant de prendre feu, et de se consumer entièrement. Sirius contempla le petit tas de cendre à ses pieds, avant de redresser la tête, défiant du regard son interlocuteur.

Il était assis dans un fauteuil de cuir noir, les jambes croisées, les doigts entrelacés reposant sur ses cuisses. Il avait un visage rond et doux, des cheveux bien peignés et clairs. Son regard vert transperçait Sirius. Il paraissait plus jeune que son père, mais quelque chose chez lui le vieillissait.

Il contemplait le jeune Black sans ciller. Celui-ci faisait de même, un air dédaigneux sur son visage enfantin.

Finalement, l'homme sourit. Et Sirius devina qu'il souriait de lui.

- Je vous fais rire ? demanda-t-il d'une voix qu'il espérait méprisante.

- Tu es amusant, effectivement. Ton air supérieur me fait penser à quelqu'un. C'est surtout ça qui est comique.

Sirius remarque l'accent qui déformait certains de ses mots.

- Vous êtes un cousin français ?

- Je suis français.

- Mais pas un cousin ? Ce n'était pas une fête de famille ?

- Tu parles bien pour ton âge, constata l'homme.

- Mère tient à ce que mon élocution soit parfaite.

- Elle a tout à fait raison. Mais tu me parais un peu jeune pour connaître de pareils mots. Comment t'appelles-tu ?

- Sirius Black.

L'homme parut beaucoup plus vieux. D'un mouvement de la tête, Sirius lui retourna la question.

- Jean Montpelier.

- Je n'ai pas de cousin qui s'appelle Montpellier, assura l'enfant.

- Je doute que ta famille apprécie de me considérer comme un des leurs.

- Pourquoi ?

- Parce que je suis un Sang Mêlé Sirius.

Il se figea. Sa mère lui avait interdit de l'approcher, et il avait désobéit.

- Tu devrais retourner à la fête maintenant.

Sirius hocha la tête. Il fit demi-tour, et gagna la porte. Avant de la refermer, il se tourna vers l'homme.

- Au revoir monsieur Montpelier.

- Au revoir Sirius.

Il ferma la porte sur le sourire attristé du Sang Mêlé, assit seul dans la grande bibliothèque vide d'humanité.

En trottinant, il rejoint le salon. Il ne dirait rien à personne. Personne ne saurait qu'il avait parlé alors que c'était interdit.

Dès le premier pas dans la salle, Sirius rencontra les regards lourds de la dizaine d'hommes près de l'entrée. C'étaient eux qui avaient emmené le Sang Mêlé. Mais pourquoi ? Ils devaient savoir que seuls les Sangs Purs étaient autorisés à ces fêtes.

Il repéra Bellatrix au bout de la pièce, pavanant devant leurs cousins plus âgés qu'il avait faillit croiser dans les escaliers. Il grimaça en regardant Lucius rire avec elle. Ils étaient tout les deux tordus.

Et son instinct lui cria au secours. Il se retourna brusquement. Sa mère avait quitté sa cour de dindes, et cherchait quelque chose des yeux, qu'elle avait furieux.

Devinant que cette chose était lui même, il bâtit en retraite. Il s'empara d'un plateau de canapés, et plongea tête la première sous les nappes d'une des longues tables.

Il l'avait échappé belle. Vérifiant qu'aucun de ses membres ne dépassait de l'abri, il posa le plateau au sol. L'argent claqua dans un petit tintement, et Sirius réalisa qu'il n'était pas seul.

Au début, il crut faire face à un miroir. Et puis il se sentit stupide. C'était une fille. Elle était assise en tailleur, le dos bien droit. Elle n'était ni mince ni grosse. Elle avait un visage rond, un petit nez, quelques tâches de rousseurs, des cheveux Aubrun, et de grands yeux aux couleurs mitigées. Des yeux en amandes, dont la couleur tirait du marron au vert. Avec quelques reflets jaunes.

Il frissonna. Son regard était comme celui de ce chat. Celui qu'il avait tenté d'approcher l'autre jour. L'animal l'avait observé venir vers lui, méfiant, avant de feuler furieusement.

Ses yeux à lui étaient gris. Gris bêtes et durs. Ils ne possédaient pas de reflets brillants comme les siens, et n'étaient pas colorés come elle.

L'espace d'un instant, il crut qu'elle allait aussi cracher comme ce chat. Mais elle se contenta de le dévisager, impassible. Voyant qu'elle ne commencerait pas, Sirius tenta d'établir le contact. Il ne la connaissait pas, ou ne s'en rappelait pas, mais devait avoir son âge.

- Toi aussi tu te caches ?

Elle cligna des yeux, et garda la ligne de ses lèvres étroitement serrée.

- Ma mère me cherche. Je ne sais pas pourquoi, mais je pense que ce n'est pas bon pour moi.

Sirius ne pouvait s'empêcher d'être courtois. Elle paraissait apeurée. Ou alors indifférente. Il ne savait pas bien.

- Comment t'appelles tu ?

Elle bougea la tête d'un mouvement nerveux, faisant balancer ses mèches brunes ondulées.

- Tu ne veux pas parler ?

Sirius se sentait vexé. On ne pouvait pas l'ignorer. Il était Sirius Black.

- Très bien.

Il abandonna toute tentative de paraître gentil, et replaça son masque de mépris sur son visage. Ses yeux gris acier observaient la petite fille avec dégout, et il releva le nez, tandis que les coins de sa bouche s'affaissaient.

En le voyant devenir si sec et hautain, elle écarquilla les yeux. Première réaction. Sirius sentit son égo se gonfler. Il impressionnait toujours les autres avec cette tête là.

Et puis il vit les traits ronds de l'enfant devenir aussi durs que les siens, ses sourcils s'hausser, ses lèvres se pincer en une moue dédaigneuse, et ses yeux si colorés s'assombrir.

Il étouffa un hoquet. Elle venait de prendre une parfaite imitation de son expression préférée. Comme si elle la connaissait par cœur. Sirius était furieux. Personne n'avait le droit de l'imiter, surtout pour se moquer.

Avec cette nouvelle rencontre, le petit Black ne prit gare à l'agitation extérieure. Les adultes rassemblés dans le salon venaient de le quitter. Il allait être minuit, et les sorciers étaient sortis sur la terrasse du troisième pour porter un toast à la nouvelle année. La salle si bruyante devint brusquement silencieuse alors que les doubles portes se refermaient sur le dernier cousin.

Mais Sirius trop occupé à fusiller la petite de son regard glacial, et à se faire rendre la pareille, n'y fit pas attention. Pas plus que quand les battants pivotèrent de nouveau pour laisser entrer une personne.

Un instant, il fut tenter de se jeter sur elle. Personne n'avait le droit de le regarder comme ça. C'était toujours lui qui faisait ça. Pas le contraire. Sauf avec Bellatrix et Lucius. Mais s'était une autre paire de manches. Après tout, c'était une fille. Il pourrait facilement lui régler son compte.

Il glapit de surprise alors qu'un pan de la nappe se soulevait. Il fut soulagé que ce ne soit pas sa mère. Mais il craint les yeux verts qui le fixèrent. Que faisait le Sang Mêlé au milieu du salon ?

- Tiens Sirius ! sourit-il. Je t'avais dit qu'elle te ressemblait non ?

Toute trace de mépris disparut.

- Quoi ?

- Quand tu boudes. Elle te ressemble hein ?

Il suivit le regard du français pour croiser celui de la petite fille.

- Vous pouvez sortir, il n'y a plus personne. Ils sont dehors.

Sirius obéit, mais jeta un coup d'œil suspicieux autours de la salle. Il n'avait pas mentit. Elle était vide. Il se releva prestement, et fit mine de dépoussiérer sa robe.

- Come Darling. Come.

Le jeune Black les regarda. D'une main timide, la petite fille attrapa celle beaucoup plus grande que lui tendait l'homme. Il la hissa sur ses jambes, et lui planta un baiser sur le crane.

Le cœur de Sirius se serra brusquement. C'était une marque d'affection ça non ? Jamais personne ne l'avait embrassé sur la tête. Personne ne l'avait jamais aidé à se relever sans lui tirer violement dessus.

Le visage de la petite fille était illuminé. Ses joues rondes étaient colorées, sa bouche étirée en un petit sourire timide. A la lumière des chandeliers, ses cheveux reflétaient des mèches rousses foncées. Et ses yeux s'étaient éclaircis, brillant de joie.

- Elle ne parle pas ? demanda Sirius, la voix serrée.

Jean Montpelier lui adressa un sourire, la main sur la tête de l'enfant.

- Si bien sûr. Elle est juste timide.

- J'ai été gentil, mais elle ne m'a pas répondu. Elle n'était pas gentille avec moi. Elle m'a fait les gros yeux. C'est nul.

Sirius venait de retrouver son véritable âge. L'homme en parut satisfait. Un enfant de cinq ans n'avait pas à parler aussi dignement que précédemment. Les manies de ces Sangs Purs étaient horrifiantes. Ce besoin de perfection aurait tué n'importe quel sorcier étranger à ces coutumes. Mais Jean tenait bon. Il aimait sa femme, et était près à supporter le dédain de sa famille pour l'avoir près de lui.

- C'est normal Sirius.

- On ne doit pas faire les gros yeux à quelqu'un de gentil ! protesta le garçon.

Il éclata de rire. Un rire doux, mais puissant. Le petit Black se sentit réchauffé par sa sonorité.

- Non, c'est sûr. Mais ce n'est pas sa faute. Elle ne comprend pas ce que tu dis.

- Je parle très bien !

- Oh, je sais ! Mais ma fille ne parle pas anglais.

Les cheveux sur la nuque de Sirius s'hérissèrent. Il avait fauté deux fois. Il avait parlé à un Sang Mêlé, et avait tenté de sympathiser avec sa fille. Si sa mère l'apprenait !

- Darling, fit Jean à la petite fille. Say hello to Sirius Black, and be nice.

Elle contempla Sirius, et hésitante, lui offrit un doux sourire, semblable à celui de son père.

- H… Hello Sirius.

- Elle te dit bonjour, expliqua l'homme au garçon.

Alors Sirius lui sourit. Elle rougit, mais lui tendit la main. Sans hésiter, il la saisit. Elle était chaude. Agréable. Réconfortante.

- Comment dit-on comment t'appelles-tu ? demanda-t-il au père.

- What's your name.

Il se rapprocha d'un pas.

- What's your name ? chuchota-t-il à la petite fille.

Elle écarquilla les yeux de surprise. Et en resserrant sa main, elle murmura :

- Cyrianus. Cyrianus Natoba Despire.

Dans un sursaut, Sirius Black se réveilla.

Il inspira plusieurs fois, tentant de retrouver son calme.

Il se souvenait. Cette fête du nouvel an. Il avait cinq ans. Ca avait été un événement national. Tous les Sangs Purs du Royaume Unis –tous cousins entre eux- y avaient été conviés. Et les français aussi.

Il avait rencontré Natoba là bas. Sous une table, à l'abri de sa mère. Et onze ans plus tard, il la rencontrait de nouveau, après l'avoir oubliée, à une fête du nouvel an pour Sangs Purs.

Remus grogna dans son sommeil. Sirius retint un ricanement. Admirer son entiché vautré sur son oreiller, la bouche entrouverte et bavant légèrement, valait tous les spectacles du monde. Il se redressa, tentant de se dégager des derniers méandres d'une nuit courte, et remuée.

Ils étaient rentrés tard. La soirée avait été longue, mais fort heureusement, ils avaient pu se sauver au balcon. Tous les cinq, ils y avaient passé toute la fête. Ils avaient discutés, bu, rit, comme grincé des dents.

Mais tout cela lui paraissait bien loin en cet instant.

Doucement, pour ne pas réveiller Remus, il se glissa hors du lit. Il s'habilla rapidement, se jurant de prendre une douche plus tard, quand tous seraient debout, et attacha ses cheveux peignés. Il quitta la chambre sur la pointe des pieds.

Sirius avait une idée en tête. Un éclair de génie aussi. Il traversa le salon, et gagna la cuisine . Il fronça les sourcils en n'y trouvant personne. Constatant l'heure, huit heure trente, il grinça des dents, songeant que tous devaient dormir. Il retourna sur ses pas, jusqu'à se trouver face à la porte de la chambre de Natoba.

Quand elle leur avait fait visiter l'appartement, elle avait omis de leur montrer sa chambre. Y cachait-elle tout ce qui concernait son statu de mangemort ? Y avait-il un cadavre dans le placard ?

Il frappa discrètement. Il attendit, mais aucune réponse ne lui parvint.

Tel un hardis Gryffondor, il ouvrit la porte doucement, et se glissa dans la pièce.

Il y avait un grand lit surplombé par un tableau moldu, une commode sur laquelle reposaient quelques photographies, un secrétaire et un fauteuil. Et puis un piano à queue.

Natoba le fixait d'un regard indéchiffrable, assise sur son lit, un volume ouvert sur les genoux, vêtue d'une robe de sorcière blanche.

Le silence perdura, les deux se dévisageant minutieusement. Un flash de son rêve lui revint. Et Sirius se rendit compte que Natoba était dans la même position que la première fois qu'il l'avait rencontrée, assise en tailleur, le dos droit, et le regard de ce chat au fond de ses yeux aux nombreux reflets.

Etrangement, ce fut elle qui rompit le silence.

- Sirius ? Déjà debout ?

- J'ai fait un rêve.

Elle haussa les sourcils d'un air narquois.

- J'ai revu notre rencontre.

Elle fronça brusquement ses sourcils.

- Tu t'en souviens ? demanda-t-il.

- Non. Je sais que nous nous sommes croisés enfants, mais je ne me souviens pas.

- C'était au nouvel an. Une fête chez une tante. Je fuyais ma mère. Et je me suis réfugié sous une des tables. Mais tu y étais déjà.

Natoba sembla réfléchir, mais secoua la tête.

- Je ne me souviens pas, répéta-t-elle. Je finissais souvent sous les tables aux fêtes de famille.

- Nous-nous sommes affrontés du regard. Comme on vient de le faire. Je t'ai parlé, tu ne m'as pas répondu.

- J'en doute. J'ai toujours été polie et courtoise.

- Alors j'ai prit un air supérieur, histoire de te montrer que je n'étais pas un bon samaritain, l'ignora-t-il. Et à ma grande surprise, tu as pris exactement la même tête. Ca m'a fait un choc que quelqu'un me regarde de façon aussi dédaigneuse.

Natoba garda le silence, ses yeux marron aux reflets verts luisant d'un soudain intérêt. Sirius s'approcha du lit, et se tint juste devant elle.

- Et puis ton père a soulevé la nappe.

Son visage se décomposa.

- Je l'avais rencontré plus tôt, dans la bibliothèque. Il m'a assuré que tous les Sangs Purs étaient dehors, et que je pouvais sortir. J'ai obéis. Tu es sortie à ton tour, le tenant par la main. Il t'a remise debout, et a embrassé ta tête.

Natoba dévia son regard.

- J'ai été jaloux. Jamais quelqu'un ne m'avait embrassé. Surtout pas avec autant de tendresse.

- Tais-toi.

Sa voix était sifflante, chargée de menace. Mais Sirius poursuivit.

- Je me suis plains que tu ne me répondes pas. Ton père m'a expliqué que tu ne parlais pas anglais. Il m'a présenté. Il t'a demandé de dire bonjour. Tu l'as dit, et m'a tendu la main.

Il mima le geste, et tendit la sienne à Natoba.

- Je l'ai saisie, et je me suis sentit rassuré, apaisé. Tu as sourit, et rougit.

Sirius sourit à Natoba. Un sourire qu'il espérait proche de celui qu'elle lui avait offert ce jour là.

- J'ai demandé à ton père comment dire quel est ton nom. Et puis je me suis rapproché.

De nouveau, il mima le geste, la main toujours offerte.

- Et je t'ai chuchoté…

- What's your name ? le coupa-t-elle.

Et elle saisit sa main. A son contact, Sirius se sentit réconforté, rassuré. Il tira légèrement dessus, et la jeune fille se leva.

- Et tu as répondu…

- Cyprianus Natoba Despire, souffla-t-elle.

Sans savoir pourquoi, Sirius l'attira contre lui. Elle paraissait tellement petite dans ses bras. A son grand étonnement, Natoba –de son premier prénom, qu'elle dénigrait, Cyprianus- lui rendit son étreinte.

- Je crois que j'étais tombé amoureux à l'époque, avoua-t-il.

- Je le crains aussi, confia-t-elle, le ton rieur.

- Tu aimais beaucoup ton père hein ?

Elle le serra plus fort, enfouissant sa tête dans le creux de son épaule.

- Natoba ? Tu ne saurais pas où est Sirius ?

La porte de la chambre s'ouvrit pour laisser entrer un Remus à peine réveillé.

Les deux adolescents, toujours dans les bras l'un de l'autre, relevèrent brusquement la tête. Remus les dévisageait, la bouche ouverte, et les yeux écarquillés. Avant qu'ils aient eu le temps de se séparer, Remus claquait la porte de sa propre chambre.

Nid de Vipère.


En fait, Natoba est une vraie Mary Sue ! OMG ! Tentons de passer au dessus de ce léger désagrément.

Merci à Liibra et artemis69.