Et voilà ! Le fameux chapitre de la rentrée ! J'avoue avoir mis du temps à l'écrire et à le corriger encore et encore, parce que je voulais qu'il soit assez intéressant. Et puis je ne savais pas trop comment les faire tous interagir, créer des tensions (ou pas!) et ainsi de suite… Mais le voilà, et j'espère qu'il vous plaira. Sinon, n'hésitez pas à me faire des réclamations ! Bonne lecture !

Chapitre 9

S'il y avait une chose sur laquelle Dohko attachait une grande importance, c'était sur la ponctualité, et particulièrement dans ce genre de situations spéciales comme la rentrée des classes. Et comme prévu, il était dans la salle une heure à l'avance. D'ailleurs, il avait été très surpris de voir la porte ouverte. Apparemment, les professeurs ne s'inquiétaient pas trop de savoir qui pourrait bien en franchir le seuil.

En parlant de ça, Dohko lui, se le demandait. Il savait qu'ils seraient peu, ce qui expliquait une salle de classe et non pas un amphithéâtre, qu'ils seraient de nationalités différentes, et que ça allait être un peu compliqué au début. Il avait entendu beaucoup de choses à propos de la classe spéciale, comme quoi les étudiants de cette classe n'étaient pas allés à l'école, mais il n'en croyait pas un mot. Après tout, aucune université n'accepterait d'étudiants qui n'avaient pas une scolarité en bonne et due forme !

Il s'assit devant, à cause de ses légers problèmes de vue, et surtout parce qu'il voulait voir ses camarades de classe arriver. Le premier ne tarda pas, et Dohko, en tout bon chinois qui se respecte et qui n'est jamais sorti de son pays, fut totalement abasourdie par la crinière rousse qui lui descendait jusqu'au bas du dos.

Le jeune homme en question lui jeta un coup d'œil et fit un léger signe de tête pour le saluer. Dohko y vit un encouragement et lui tendit la main.

-Salut, dit-il (en anglais). Je m'appelle Dohko.

L'autre lui serra brièvement la main.

-Camus.

Et il partit s'asseoir au fond. Dohko ne sut pas trop comment réagir, mais il n'eut pas vraiment le temps d'y réfléchir, parce que déjà un autre étudiant venait d'apparaître. Là, pas de surprise capillaire. Cheveux noirs, yeux bleus.

Dohko réitéra l'expérience de la poignée de main.

-Je suis Shura, dit l'autre avec un fort accent méditerranéen.

Dohko sentit que celui-là avait l'air plus jovial et l'invita à s'asseoir à côté de lui.

-Je te fais de la place, dit-il en débarrassant le siège à sa gauche.

-Pas à gauche, le coupa Shura. Je préfère la droite, si ça ne te dérange pas.

-Non, bien sur, mais pourquoi ?

-Parce que la gauche est le symbole du diable, répondit Shura en s'asseyant à sa droite.

Dohko en resta bouche bée. Ah oui… en effet. Donc, Shura était croyant.

-Je vois… murmura t-il. Tu as vu d'autres étudiants en arrivant ?

-Hum...oui, mais je ne suis pas sur que ce soit ceux de notre classe, répondit Shura. Au fait, je suis espagnol. Et toi tu viens d'où ? Chine ? Laos ?

-Chine, répondit Dohko en se disant que, si Shura était espagnol, ça expliquait ses croyances religieuses. Quand à Camus, derrière, je ne sais pas. Je n'ai pas trop osé le lui demander.

-Vu son prénom et son comportement, je dirai qu'il est français, dit Shura.

Dohko éclata de rire, surpris.

-Vraiment ? Son comportement ?

-Il est froid, distant et un peu snob. Typique des français, asséna Shura sans lui laisser la moindre possibilité de dire le contraire.

Décidément, ses camarades de classe n'avaient pour l'instant rien à s'envier l'un l'autre. Quels caractères !

Les trois jeunes hommes sursautèrent d'un seul mouvement en entendant jurer dans une langue étrangère. Shura en rougit même, ce qui éveilla la curiosité de Dohko.

-Qu'est-ce qu'il se passe ? Tu comprends ? C'est de l'espagnol ?

-Non, c'est de l'italien, une langue assez voisine. C'est pour ça que je comprends un peu. Et ce Camus aussi je pense. Ça doit être un étudiant de notre classe, mais il a l'air de ne pas savoir où aller.

-Tu crois qu'on va l'aider ? Demanda Dohko.

Finalement, ils n'eurent pas à le faire puisque apparemment, un autre étudiant arriva à ce moment là et se chargea de lui indiquer le chemin.

-Je suis un peu perplexe… murmura Camus (en anglais).

-Quelle est l'utilité de… commença Dohko.

-Ce masque ? Termina Shura, complètement décontenancé.

Ils se regardèrent tous les trois, et pour une fois même Camus se dérida.

-Il s'est trompé, non ? Demanda t-il.

-Non, je crois pas, répondit Dohko.

Puis il considéra le nouveau venu qui cherchait visiblement où s'asseoir, et qui apparemment ne voulait pas vraiment qu'on le voit, ou le contraire en fin de compte, puisqu'il portait une sorte de cagoule avec une tête de mort sur le visage.

Camus et Shura encouragèrent muettement Dohko à aller lui parler.

-S..salut, je m'appelle Dohko, et voici Shura et Camus. Nous sommes dans la même classe on dirait, dit-il en lui tendant la main.

Il vit le masque de mort se tourner vers lui.

-Moi c'est Angelo, fit-il avant d'aller s'asseoir.

Dohko le suivit.

-Je t'avoue que je suis assez surpris par ton masque. Pourquoi tu le porte ? Tu as quelque chose sur le visage ?

-Non, pas vraiment. Ou plutôt si. Mais c'est pas important, répondit Angelo. Et pas ton problème non plus.

-D'accord, je vois.

Dohko ne chercha pas à comprendre. L'italien était visiblement difficile à approcher.

-Oh, il y a déjà des gens ! S'étonna Aiolia en entrant. Moi qui pensait être en avance ! Aioros ! Viens voir nos camarades de classe !

Aioros le rejoignit à l'entrée de la classe.

Dohko se dirigea immédiatement vers eux.

-Salut.

-Salut ! Répondirent-ils en cœur. Nous, c'est Aiolia et Aioros. On est frères.

-Et grecs, apparemment, fit remarquer Camus de là où il se trouvait.

-En effet, répondit Aioros. Même si cette classe privilégie les étrangers, elle est accessible aux grecs également sous certaines conditions.

-Exactement, fit le nouveau qui arrivait. Mais ne vous inquiétez pas, nous ne serons pas une gêne pour vous.

-Et tu es ? Demanda Camus, qui s'était décider à parler un peu plus.

-Je m'appelle Saga. Je suis grec, moi aussi.

Camus haussa les sourcils en voyant les cheveux bleus de Saga, mais ne fit aucun commentaire. Il remarqua en revanche qu'il était plus âgé que les autres. Dohko, lui, manqua de faire une crise cardiaque devant l'excentricité capillaire du nouvel arrivant, surtout que celle-ci n'était pas naturelle, comparée à celle du français qui n'avait pas décidé de naître roux.

Tous allèrent s'installer et une joyeuse ambiance se mit en place progressivement, malgré la réserve de certains étudiants. Shura en eut finalement marre et alla se poster devant la porte pour accueillir les prochains arrivant.

-Non mais c'est une blague ?! S'exclama t-il (en espagnol) en voyant deux nouveaux élèves arriver.

Mais plus Mu s'approchait, plus il se rendait compte que oui, il avait vraiment les cheveux d'une délicate couleur parme.

-S'il te plaît, ne dis rien, lui dit Mu en voyant son air dubitatif. C'était pas de ma propre volonté !

Mu soupira. C'était vrai en plus ! Après être arrivé en Grèce, il s'était rendu compte qu'il n'avait plus de shampooing et il était allé en acheter. Mais il ne comprenait rien au grec et il avait pris un produit au hasard. Il aurait du comprendre avec le regard étonné de la vendeuse qu'il devrait en prendre un autre, mais il avait simplement cru que c'était la longueur de ses cheveux qui l'avait choqué. Et voilà, maintenant il savait qu'il ne fallait JAMAIS choisir un shampooing de couleur bleue quand on a les cheveux clairs. Et qu'il fallait encore moins le laisser pendant vingt minutes le temps de se faire un peeling et de mettre de la crème hydratante sur tout le corps. Résultat : le shampooing avait déteint sur ses cheveux et maintenant, il avait les cheveux couleur lilas au lieu de son blond initial.

Mais s'il y en avait un qui avait compris, c'était Shaka, puisque lui affichait encore sa longue chevelure dorée qui rendait Mu encore plus mélancolique. Mais il l'aimait bien, même s'il venait de le rencontrer : déjà il venait presque du même pays (l'Inde et le Tibet étaient voisins) et en plus de ça, il était très discret et ne disait presque jamais rien.

-Il manque encore des gens ? Demanda Aiolia.

-Oui, normalement, nous devrions être 12, répondit Camus, qui était effectivement français, une fois qu'on lui eut posé la question. Et comment il était au courant, personne ne le savait. Sûrement son sang français qui lui avait soufflé la réponse.

Aphrodite arriva en compagnie (ou en même temps) que Aldébaran, ce qui causa un choc assez conséquent à tous les étudiants. C'était en effet étrange de voir deux personnes au physique si diamétralement opposés côte à côte. Et qui allait en faveur de Aphrodite.

Shura émit un sifflement de mépris quand le suédois passa devant lui.

Dohko ne se fatigua même plus à relever la couleur bleue électrique des cheveux de Aphrodite. Il en avait déjà vu beaucoup aujourd'hui et ne s'étonnait plus de rien.

Milo arriva le dernier dans la salle et fut presque immédiatement la cible des attentions. Il était presque un jumeau de couleur de cheveux avec Saga, mais les siens allaient plus vers le violet.

-Il reste de la place quelque part ? Dit-il en cherchant un endroit qui n'était pas occupé.

Il en dénicha un.

-Sympa le masque, fit-il à l'attention d'Angelo. Je peux m'asseoir ?

-Y'a pas marqué mon nom dessus que je sache, répondit-il.

-Donc, ça veut dire oui, répondit Milo du tac au tac. Ça aurait été plus simple de me le dire directement.

Il entendit un bruit de déni de la part de son interlocuteur.

-Et pas la peine de tirer la langue de toute façon avec ce masque, je ne le verrai pas, continua t-il. Donc, si tu voulais bien l'enlever, on pourrait faire connaissance normalement.

-J'ai aucune envie d'être là, donc non.

-Et bien pense que certains ici ont tout fait pour être là !

La réponse sèche de Milo fit sursauter Angelo. Il se sentit subitement idiot de se comporter comme ça. Il attrapa le masque et tira d'un coup sec.

-Merci pour ta compréhension, dit Milo en s'asseyant.

Angelo haussa un sourcil, étonné. C'était tout ? Pas de sursaut de dégoût, ou même de regard surpris ?

-Quoi ? Fit Milo en se sentant observé.

-Non, rien, répondit Angelo.

-Tu aurais préféré que je saute au plafond ? Demanda Milo, subitement excédé. Non, sérieux, tout le monde n'a pas de problème avec les albinos !

Le dernier mot, prononcé avec force, fit taire les conversations, et Angelo vit tous les regards graviter vers lui. Il détourna les yeux. Il n'avait pas envie de voir ça.

Dohko fut le premier à réagir. Il se précipita vers Angelo.

-Ouah ! Tes cheveux sont vraiment blancs ! Dit-il abasourdi. On dirait…

-Des cheveux de vieux, je sais, le coupa Angelo.

-… de la neige, termina Dohko.

Silence.

-Écoute moi bien toi, il va falloir que tu comprenne que tout le monde ne t'en veux pas, alors arrête de nous faire chier ! Dit Milo. T'as pas l'air bien méchant, alors sois un peu plus sociable, et ça passera comme une lettre à la poste ! Parce que moi, le mélodramatique, ça a tendance à me prendre la tête.

Milo savait qu'il était méchant, mais il n'avait aucune envie de se prendre la tête avec un abruti d'albinos qui avait l'impression que la terre était contre lui ! Et mieux ça irait, moins il s'énerverait et moins il s'énerverait, plus longtemps il vivrait !

-Parle pas de choses que tu comprends pas gamin… murmura Angelo en le regardant droit dans les yeux.

Les conversations furent interrompues par l'arrivée d'un surveillant accompagné par leur professeur qui allait tout leur expliquer.

-Bienvenue à tous en ce 1er septembre à l'université d'Athènes ! À partir d'aujourd'hui, vous serez des étudiants de cette université dans la classe spéciale réservée aux étudiants étrangers et aux étudiants grecs spéciaux. À partir d'aujourd'hui, vous serez également camarades de classe, et j'entends à ce qu'il y ait une bonne entente entre vous tous ! Je suis ravi de vous rencontrer, étudiants de la classe d'or !

-La classe d'or ? S'étonna Aldébaran.

-Oui, nous avons décidé de la nommer ainsi, car elle correspond à l'idéal que nous nous faisions d'une classe multiculturelle.

Pas de réponse. Angelo avait bien une remarque acide à faire, mais il se dit qu'il allait se faire crucifier par son camarade de table, apparemment de mauvaise humeur.

-En effet, continua l'homme, 9 pays sont représentés dans cette salle : Grèce, Suède, Brésil, Espagne, France, Italie, Inde, Tibet et Chine. Dans cette classe, nous avons pour but de vous enseigner les aspects mondiaux communs à tous les pays du monde : religion, politique, etc. et leurs grands enjeux dans le monde contemporain, pour vous former à comprendre et accepter vos différences. En bref, un programme spécialisé pour une classe telle que la votre. Des questions ?

Saga leva la main.

-Il paraît que nous serons logé tous ensemble. Comment ça va se passer ?

-J'allais y venir, répondit le professeur. Pour le moment, vous serez regroupés par deux suivant un ordre aléatoire que je vais vous donner. Après, vous pourrez changer comme vous le souhaitez.

Aiolia se sentit soudainement soucieux d'être séparé de Aioros et de se retrouver dans la même chambre que quelqu'un qu'il ne connaissait pas. Et il n'était pas le seul. Tous pensaient la même chose.

-Donc, premier pairing : Aiolia/ Aioros.

-Ouais ! S'exclama Aiolia, soulagé, en tapant dans la main de son frère.

-Aldébaran/ Angelo, Aphrodite/ Camus, Dohko/ Milo, Mu/Shura, Shaka/ Saga. Voilà qui est fait. Des questions ?

-Les cours de grec, dit Shaka.

Ce n'était pas vraiment une question.

-Ah oui, c'est vrai ! S'exclama le surveillant. Un professeur donnera cours aux étrangers durant ce semestre. Ce sera intensif, à peu près 2 heures par jour pendant la moitié du semestre, puis seulement 1 heure par jour jusqu'à ce que vous maîtrisiez les bases de la langue grecque. Aussi, j'aimerai que les étudiants grecs aident leur camarades en leur faisant pratiquer en dehors des cours, en discutant par exemple.

Des murmures s'élevèrent. Le programme s'annonçait compliqué pour certains.

-Si tu es gentil, je t'aiderai peut-être, ricana Milo à l'adresse de Angelo, qui se contenta de l'ignorer.

Pour qui il se prenait, l'abruti à côté de lui ?! Pour le centre du monde ?

-Si vous n'avez plus de questions, je vais vous communiquer votre emploi du temps à chacun, et vous pourrez partir. J'aimerai cependant que les élèves accompagnés par un suivi médical restent un peu plus longtemps.

Milo se raidit sur sa chaise, attirant l'attention de Angelo, mais qui ne fit aucun commentaire.

Le professeur les appela chacun leur tour pour leur remettre leurs emplois du temps, et leur indiqua où se trouvait la résidence universitaire.

Tous partirent, sauf trois. Saga, Shaka et Milo.

-Donc, vous avez un suivi médical, c'est ça ?

-Oui, dirent-ils en cœur.

-Très bien, répondit le professeur. Tout ce qui sera dit ici restera confidentiel, mais si vous voulez que je vous parle à part, ça ne posera pas de problème.

-Euh ouais, j'aimerai bien, dit Milo, peu désireux que ses camarades apprennent qu'il était condamné.

Saga et Shaka firent de même. L'un et l'autre n'avaient pas vraiment envie de se dévoiler devant des gens qu'ils ne connaissaient pas.

-Très bien.

-Alors c'est ça, la résidence universitaire ?! S'exclama Mu.

Ils avaient décidé d'y aller tous ensemble, histoire de ne pas se perdre. Et comme la ville était grande, Aiolia et Aioros, qui vivaient non loin de là, purent leur servir de guide et leur parler d'Athènes. Ce qui leur permit d'arriver très vite à leur destination, une immense bâtisse de style traditionnel grec, avec des piliers.

-A la base, c'était un temple, dit Aiolia, mais il a été réaménagé cette année en vue de nous accueillir.

-Comment tu le sais ? S'étonna son frère.

-Euh, un crétin me l'a dit, répondit Aiolia.

Il eut une pensée pour Regulus et à Sisyphe et se promit intérieurement d'aller leur rendre visite quand il aurait le temps, et aussi pour leur présenter Aioros.

-Bon, on rentre ? Demanda Aphrodite. J'ai pas vraiment envie de rester dehors à cramer.

Le climat chaud ne lui était pas familier du tout.

-Oui, ça serait bête que tu t'abîme ta jolie peau douce, hein ? Ironisa Shura en passant devant lui. Et puis avec la transpiration, ton fond de teint risque de couler !

Aphrodite du se retenir de ne pas le frapper. Non mais pour qui il se prenait, lui ?! Et il mettait du fond de teint pour cacher les ecchymoses qui lui restait des coups de son père, pas pour se la raconter. Bon, et puis ça le protégeait des UV. Il n'avait aucune envie d'attraper des coups de soleil !

Il se contenta de marmonner une insulte dans sa langue natale, qui heureusement était réellement incompréhensible pour tout le monde.

-Ah, donc c'est toi qui est suédois ? Je me demandais, dit Mu. Tu n'as pas l'air suédois.

-Je suis blond à la base, se contenta de répondre Aphrodite, de mauvaise humeur à cause des réflexions de Shura.

Arrivé à l'intérieur, ils se répartirent selon les groupes choisis par les professeurs. Entre temps, les trois retardataires arrivèrent et s'immiscèrent dans les groupes, mais de toute façon les noms étaient déjà inscrits (en grec!) sur les portes, mais Milo et Saga, étant grecs, purent aider Shaka à retrouver son chemin, puisqu'il était dans la même chambre que Saga.

Shaka balança son maigre sac contenant quelques affaires que Asmita avait acheté pour lui et entreprit de faire son lit.

-Euh…

Il se retourna, surpris que son colocataire lui parle déjà.

-Oui, qu'est-ce qu'il y a ?

Saga semblait mal à l'aise, et l'attitude ultra-rigide de Shaka ne l'aidait pas vraiment à se sentir mieux. Lui qui était d'un naturel plutôt ouvert, il se sentait toujours un peu intimidé par les personnes introvertie comme l'indien.

-C'est juste que… enfin tu vois, on est dans la même chambre et… on a tous les deux un suivi médical et je me suis dit que même si c'est privé, ce serait bien qu'on se dise ce qu'on a, même si on le garde pour nous, parce que on sait jamais...

Shaka réfléchit un instant. Même s'il n'en avait pas envie, il devait admettre que Saga avait raison sur ce point. S'il arrivait quelque chose à l'un d'eux en pleine nuit, l'autre devait être capable de faire quelque chose.

-Oui, tu as raison, finit-il par dire. J'ai fait une TS et il me reste de séquelles.

Asmita lui avait dit de faire attention en raison des carences dues à la déshydratation et à la malnutrition.

Saga accusa le choc.

-Je suis schizophrène, dit-il à son tour. Et instable.

-Oh...

Un silence lourd s'installa.

-Tu pense qu'on devrait demander à Milo de nous dire ce qu'il a ? continua Saga.

-Je sais pas. On a qu'à essayer.

-Hors de question !

Saga manqua de reculer face à la réponse fulgurante de Milo, comme si on l'avait piqué.

-C'est pas pour te dénoncer ou quoi que ce soit, dit Shaka, tentant de le raisonner. C'est au cas où tu aurais un problème, pour qu'on puisse… faire quelque chose.

-Non, c'est non ! S'exclama Milo en croisant les bras. Et pas la peine de me supplier, je ne changerais pas d'avis.

-Je n'avais aucune intention de te supplier, répondit Shaka, soudainement dur. Ne viens pas te plaindre après.

Et il repartit aussi sec de son air le plus digne possible.

-Pourquoi tu as fait ça ? S'inquiéta Saga.

-Rien… murmura Shaka.

Lui pourtant si serein, avait perdu son calme une seconde devant Milo. C'était étrange, mais après tout, il n'avait pas l'habitude d'interagir avec d'autres personnes. Il allait devoir s'y faire.

-Pourquoi tu as essayé d'en finir ?

-Pas ton problème.

Shaka se retourna avec l'intention évidente de faire taire son compagnon de chambre, mais il s'en fit rien.

-Je suis désolé, j'aurais du faire attention.

-Ça ira, répondit Saga en essuyant ses yeux qui s'étaient emplis de larmes. Je ne maîtrise pas encore bien mes émotions.

-Moi non plus… souffla Shaka.

-Qu'est-ce que c'est que ça ? S'étonna Angelo.

-C'est une fleur en papier, ça se voit non ? Répondit Aldébaran.

Angelo était perplexe. Son compagnon de chambre, un colosse de 2 mètre pour au moins 100 kilos, avait pour unique décoration une fleur en papier, et celle-ci semblait avoir beaucoup d'importance à ses yeux.

-Si, ça se voit… C'est juste que c'est un peu bizarre.

-C'est une de mes élèves qui me l'a offerte, dit Aldébaran avec un doux sourire en repensant à Europe et à ses beaux yeux tristes.

-Ah, t'étais prof ?

-Oui, dans les favelas de Rio.

Angelo haussa les épaules, l'air de rien, même si les paroles de Aldébaran avaient piqué sa curiosité. Il ne voulait pas avoir l'air d'un fouineur.

Il déballa son sac et commença à ranger ses affaires.

-Pour toi, ça n'a pas du être facile tous les jours non ? Dit Aldébaran.

Angelo s'immobilisa.

-Pourquoi tu dis ça ?!

-Hé, ne sois pas sur la défensive tout le temps ! Protesta Aldébaran. C'est une simple constatation. Comme j'ai été professeur, je sais à quel point les enfants peuvent être cruels entre eux.

-J'ai pas trop envie d'en parler... murmura Angelo.

Quelque soit la douleur qu'il avait ressenti, il voulait faire de cet endroit un nouveau départ.

-Bonjour à tous ! S'exclama le professeur.

C'était le lendemain après-midi. Tous les étudiants s'étaient réunis pour la première fois pour leur cours en commun, bien qu'aucun ne sache encore de quoi ça allait parler.

-Vous savez tous que vos cours porteront sur des thématiques mondiales. Et notre premier cours « Les grand enjeux contemporains » ne commencera pas de façon trop brutale. J'ai donc décidé d'aborder un thème très actuel. Comme vous le savez tous, les religions ont influencé le monde de façon presque irrémédiable. C'est de quoi ce cours-ci va traiter.

Shura commença à jubiler. C'était un sujet qui l'intéressait particulièrement, étant lui-même un fervent pratiquant du catholicisme.

Shaka se leva, attirant ainsi l'attention de ses camarades de classe, et sortit tranquillement de la salle. Tranquillement en apparence seulement, car il était en proie à une panique totale. Ce sujet était encore un peu sensible pour lui.

-Attends moi !

Angelo fut bientôt à ses côtés, l'attrapa par le bras et le traîna dehors.

-Bon cours les gars !

Et il ferma la porte.

-C'était moins une ! S'exclama t-il, soulagé. Je savais pas comment m'en sortir mais en te voyant te lever comme ça, ça m'a donné du courage !

-Tant mieux pour toi, répondit Shaka en haussant les épaules.

Il commença à s'éloigner.

-Où tu vas ?

-Chercher du travail.

-Hum… bonne idée, répondit Angelo. Je crois que je vais faire pareil.

Et il le suivit en ville.

Voili voilà ! J'espère que vous avez eu une lecture assez agréable et qui sera bientôt suivie d'un autre chapitre ! A bientôt pour la suite !