ATTENTION, SECONDE VERSION DU CHAPITRE - La fin est ralongée!
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Disclaimer : Aujourd'hui encore nous recevons Mrs Rowling qui va nous parler de ses créations que nous chérissons tous tellement.
JKR : Bonjour °grand sourire°.
C'est donc vous l'heureuse inventeuse de Sirius Black, de Severus Snape, de Remus Lupin, de James Potter, etc...
JKR : En effet. De tous ceux-là. Tous les personnage de votre histoire. Enfin, du moins, les plus intéressants.
°...°
JKR : Ah, et de Harry Potter, aussi. Je ne sais pas si vous connaissez...
Euh... o.Ô Ben si, en fait. Un peu. Quand même. Disons.
JKR : Non, parce que vous n'en parlez pas dans cette fiction, alors...
Oui. Je sais. Mais en même temps, ce n'est pas comme s'il n'avait pas dans les - 5 ans à cette époque-là, si vous voulez.
JKR : Oui, bien sûr.
Oui.
JKR : Oui.
... Enfin, voilà, toujours est-il que je ne gagne aucun argent avec vos personnages, rassurez-vous.
JKR : Oh, mais je ne m'inquiétais nullement à ce sujet.
Je suis une personne digne de confiance :).
JKR : Et puis, entre nous, qui paierait pour ça?
... Cassez-vous tout de suite de mon disclaimer XP.
Disclaimer 2 : On trouvera aussi un petit jeu de mots de Bobby Lapointe (qui me le trouve? facile :3), et un hommage aux cours de latin de Fornonol (faut bien que ces trucs servent à quelqu'un) - je continue à me demander si je n'aurais pas dû mettre traire le bouc ou le lait de coq plutôt que ce truc sérieux...
Dédicace : À TOUS les ciné-sup et plus particulièrement Albert qui nous a invitées le 31
janvier, et ceux qui sont venus ce jour-là : James, TBS, Super-Mario, Toinou et Ringo !
Remerciements : À Tracy Chapman, David Gray et Placebo pour l'ambiance musicale, à Luthien et Moemai pour les fanarts :D °danse de joie°.
Notes : Oui, je sais, j'ai mis plus de temps pour ce chapitre, mais bac blanc... blablabla... révisions... et surtout panne d'inspiration pendant quatre semaines '... Bref, le chapitre est enfin là. Et il est plutôt très long (presque autant que le 7 XP), alors pas le droit de me bouder... Je m'excuse auprès de tout ceux à qui j'ai promis le chapitre sans faute hier, je ne vendrai plus la peau du Pookie avant de l'avoir tué v-v.
Mais je n'ai pas fait que ça! °tintindiiin!° J'ai aussi commencé deux nouvelles fics...
- OUAAAIS!
... poursuivi mon nouveau journal (cf. mon autre fic en cours) qui sera peut-être posté un jour -.-;;...
- YOUPIIIII!
... ET updaté ENCORE tous les chapitres précédents de Chiche.
- °...°
Oui, je sais, je le fais sans arrêt... Mais là, attention, il y a une modif importante : à l'aide d'habiles bidouillages (aux chapitres 1 et 4 notamment) j'ai fait duré cette aventure UNE SEMAINE DE PLUS °super fière d'elle°! Comment ça, vous n'en avez rien à foutre? Mais c'est génial! Comme ça, James et Lily sont sortis ensemble une semaine de plus, et Sirius harcèle Severus pendant une semaine de plus, et surtout on est maintenant une semaine plus près de l'anniversaire de Sev! Héhéééééé j'vous fais une preview là, l'air de rien ...
Bon, et puis, je ne vous dis pas que ce chapitre est nul ou cucul ou rien (j'aurais dit "profondément chiant", en fait), je ne dirai plus ce genre de choses parce que ça doit super relou à la longue, et si vous avez des critiques à faire ce n'est pas à moi de les anticiper. Voilà une bonne résolution -o-.
Spoilers : Disons qu'il est vital d'avoir lu les trois premiers tomes et que j'ai été sérieusement influencée par les 2 suivants ;;...
Reviewers : Merci reviewers chéris X3! Vous êtes de plus en plus nombreux, ça file le tournis... J'espère que je n'ai oublié aucun de ceux dont j'avais l'adresse pour les réponses par e-mail, j'ai eu un peu de mal... Je ne sais pas si je vais pouvoir continuer. À voir. Mais je continue à répondre à tous ici :)! (Lol, je ne m'attends plus à ce vous lisiez toutes les réponses aux reviews désormais, ne vous en faites pas XD.)
Paradise1 : Eh, ça va pas de me sortir un "c'est supportable"...! Oui, même pour rire! Lol, je suis extrêmement émotive -.-'... Bon, tu as quand même droit à ton ruban de "Première revieweuse du chapitre 8", tiens ;p.
Dark Jezebel : Oui, alors, ton chapitre, l'en est où :)? Niéhé... Bon, arrête de dire que tu n'aimes pas Sirius, sale bête... Quoique tu me sers bien des fois, j'ai pensé très fort à toi en introduisant un certain nouveau personnage dans ce chapitre... °°pense Jezebel...°° Lol! Eh, mais j'écris une Sev/Remus! Bon, je sais pas trop ce que ça va donner, mais on verra bien -.-'...
Elehyn : Alors, la sexualité des 2 biquets... Question difficile... Je sais pas trop. Sev n'a jamais été attiré par les filles ni par les mecs, il renie totalement ce genre de pulsions chez sa personne mdr... enfin, jusqu'à ce qu'un certain Gryffondor ait l'idée saugrenue de l'embrasser, évidemment ;D... Sirius j'hésite encore plus... Il n'a jamais envisagé qu'il puisse ne pas être hétéro. Arh, si tout le monde pouvait être bi tout serait tellement plus simple XD! (Lol, pas prouvé, ça.)
Arlein de Lioncourt : De plus en plus :3? J'espère que ce chapitre ne va pas faire baisser cette fic dans ton estime alors... (On a dit qu'on arrêtait les critiques XP.)
Shiefa Li : Bon, j'espère que les pensées de Sirius te conviendront aussi alors, je n'ai pas manqué de refoutre une bonne partie de la fin du 8...
Miya Black : Lol, mais qui sait, peut-être qu'en fait Sev et Sirius étaient toujours ensemble jusqu'à ce que Sirius soit expédié à Azkaban et qu'en fait, à la fin du tome 3, Sev faisait juste une crise de jalousie parce qu'il croyait que Remus lui avait piqué son Blackounet... Comment ça, c'est pas crédible!
sailor digitale : Aha, je me suis demandé un certain temps si j'allais faire un Sirius sincère ou pas... Héhé, c'est le sujet du chapitre 9 :). Bon, Severus s'est un peu laissé aller dans le chapitre 8 (en même temps, je le comprends °uhm°) mais il va bientôt reprendre ses esprits... Quel chiant ce Sev :p.
lani : Oui, en de très rares occasions, Gwen peut avoir son utilité... Elle est chiante, quand même -.-. Lol, et je suis supra-méga-désolée pour mon retard de reviewage de ta fic (j'ai vu que tu venais d'en commencer une?), je ne t'oublie pas, j'ai juste manqué de temps avec ce chapitre qui m'a pris la tête -.-'.
nuage : Argh mais moi aussi j'ai une dissert de philo à faire et à la place j'écris Chiche!... Tu t'en es bien tirée quand même? Oui, Sirius est courageux, normal, c'est un Gryffondor, nananèèère ;p... C'est gentil d'avoir laissé une dernière review pour me faire passer le cap des 200 :D! Naaaan je sais on se fout du nombre mais disons que moi ça m'impressionne et... °rougit° ben tous ces petits mots ça fait quand chaud au coeur et pis... °soupir° j'espère ne décevoir aucun d'entre vous avec la suite de cette fic parce que je commence à avoir pas mal de lecteurs l'air de rien... quelle lourde responsabilité sur mes frêles épaules!
alana chantelune : Ouiiii là ça va devenir super galère pour Sirius parce que, bon, Sue la little goose ça passait encore, mais Sev le greasy git, ses copains vont pas apprécier... Enfin, come back du Cucupower dans ce chapitre. (Je me ferais pas un polluer par l'English, moi, des fois!)
Galadriel Malfoy : C'est dingue que des gens qui n'aiment pas trop le slash aiment ma fic... Je suis d'autant plus flattée X3.
Léna Léonyde : Miciii pour le poignant, ça c'est un compliment... °°gnaaa j'aime les poignards :B°° Mais il reste toujours quelques fautes dans mes chapitres, si j'étais raisonnable je prendrais une beta... M'enfin, si j'étais raisonnable, ça se saurait, en même temps X3.
naindjardin : Primo, merci à blacky de t'avoir fait connaître ma fic :D. Secundo, gloire à Sirius et Sev qui étaient déjà géniaux au départ donc je n'ai aucun mérite. Tertio, je vais essayer de faire des updates pour mon anniversaire mais je n'ose rien promettre... Merci :).
Sin the Sinful Girl : Bon, ben à défaut d'un Sev classouille j'ai un Sev mimi, je suis bien contente... Vers la toute fin du chapitre j'ai essayé de lui réinjecter un minimum de classitude, mais bizarrement quand je fais ça, ça rabaisse automatiquement Sirius, alors je sais plus où donner de la tête -.-'... Bon, son instinct maternel, ce n'était qu'une allusion à la réflexion de Sirius dans le chapitre 7... Oui, nan, mais faut suivre, un peu lol! Merci pour tes longues reviews drolatiques, j'adore.
Jo : Bon, si le cucuïsme primaire est évité, c'est déjà ça. Allez, à partir de maintenant, je m'en donne à coeur joie XP. J'espère que tu ne m'en voudras pas pour le petit lynchage verbal de Sirius dans ce chapitre (la faute à Jez qui a bizarrement influencé ma Lenna X3), de toute façon Sev aussi aura droit au sien... Iiick ça fera mal ça XP. Mais moins que de se faire spouicker niaaahaaahaaa... Et merci pour mon disclaimer ;D.
Eline2 : Rooh... Marchi. Pour une première review, tu me pivoinise beaucoup #-.-#. J'aime le slash mimi... Plus c'est doux, plus je ronronne :3.
Luthien : Oui, le pauvre Sevy va se retrouver tout seul quand Sirius sera plus là... Quoique? Il est de plus en plus entouré, en fait... Et effectivement, on ne devrait pas confier un lapin nain à un type dont le chaton se fait bouffer par Mrs Norris, mais... un Sirius non plus, en fait ;p.
Tite-Sevie : Si, si, je t'assure, ta review était trèèès communicative XD. Je suis dsl de ne t'avoir toujours pas répondu par mail, il va falloir que je me rattrape côté harcelage parce que ton chapitre 19 me fait languir! En tout cas, ne t'en fais pas, il y a encore pleeeiiin de chapitres de prévu. Chiche! n'est pas prêt d'être finie :).
Blood-Countess : Oh, mais Bethany est une fille bien, tu sais... C'est forcément quelqu'un de bien pour avoir flashé sur Sev X3... Lol, Sev devenait un peu trop attendrissant, il glissait de plus en plus OOC à la fin de ce chapitre 9, j'ai du le resnapiser par la suite... Non parce que les airs de vierge effarouchée ça va un moment, mais bon -.-...
Florelia : Marchi marchi boucou :)... Mon style ne plaît pas à tout le monde mais contente que ce ne soit pas ton cas... Ah la la, nous avons tous cette réaction stupide (tu entends? Stupide!) de se sentir nul en lisant les fics des autres, ça veut rien dire, c'est difficile d'apprécier correctement ce qu'on écrit soi-même et je suis sûre que tes fics sont très biens :).
Shinia Marina : Chère Impératrice des Poignées de Portes, je suis enchantée que tu ne boycottes pas ma fic pour le moment, je suis fière d'avoir une Phage dans mes revieweuses XD...
Cerulane : Humour décapant? °vision de poudre à récurer° C'est gentil, ça X3. Le charme de Gwen est, hum, particulier, moi personnellement j'ai envie de l'étrangler, mais il faut dire aussi qu'elle n'en fait toujours qu'à sa tête quand j'écris... Sale bête.
Elava : Ah la la, pour l'instant Sev et Sirius sont dans une bulle rose, mais c'est sûr que ça va pas durer... M'enfin... Ça va durer un bon moment quand même X3.
SuuAnda : Rah, vraiment désolée pour tes révisions v-v. Méchante Arca. Et merci de me faire suivre les dessins :D... Que ça ne te dispense pas d'en faire toi-même. Héhéhéhéhéhéhéhéhé.
kétinka : Lol, bon, d'ici que je publie quoi que ce soit, de toute façon... Alleeez Arca on ne perd pas espoir, tu seras écrivain un jour... Hum. Tant mieux si tu n'as pas vu les différences dans le chapitre 7, en fait... Ce n'était que quelques changement de formulation et quelques répliques en plus, mais pour moi ça fait une grosse différence -.-. Merci pour tes mails -trop- gentils :D.
Laur : Tiens, vous ici XD! Au secours, tu n'es pas la seule, la Gazette débarque sur ffnet ;)... Pas de risque que je m'arrête avant la fin, ne t'inquiète pas!
Caroline Black : Tut tut, c'est pas pour Sev qu'il faut avoir peur dans le chapitre 9, c'est pour Sirius lol... En fait c'est lui qui s'en prend le plus, le pôvre -o-.
Yoda-Ben : C'est booon la guimauve X3. La vraie, je veux dire. Hum. Enfin, quoi qu'il en soit, tu as raison, ça ne fait pas de mal (ça fait rire, éventuellement... enfin, dans ce cas-là, c'est à moi que ça fait mal... beuheuheu!).
June : °danse la danse de la fanficeuse ravie° Merci :D!
BabyChang : Encore une non-amatrice de slash... À se demander comment vous avez atterri dans cette fic XD!
Dega : Quoiquoiquoi? J'ai pas fait attendre... Pour le chapitre 9, j'ai fait attendre, là, oui... Mais le chapitre 8 a été écrit en un temps record selon mon standard :3. Enfin, ne résiste pas à tes envies de reviewage intempestif, surtout :D.
nuwanda : J'aime le mot "hallucinant" X3... Hum, je fais partie d'une secte qui s'appelle les Hallucinés. Bref. Au fait, on m'a offert des canards en plastique à noël dernier. Gnaha XD.
Phonzine : Non non, c'est pas normal du tout, le "braves petites" était là pour que tu fondes en larmes... Lol. C'est une fic humoristique, il FAUT rire XD. Bisou Zinette. °réalise brusquement° J'ai pas répondu à ton mail! Oh my gosh! o.o Chuis atrocement désolée!
Lome : Spirituel? Spirituel? ... Tu veux dire, spirituel, comme... spirituel? XDDD Moi qui me croyais totalement stupide. En fait, je suis totalement stupide quand j'écris certains passages de cette fic, mais comme ça stupidifie les gens, ils ne remarquent rien X3.
Aurdey : Merci miss, et désolée d'avoir autant fait attendre la suite -.-'...
Mad-eye-amarad : Zut, j'avais oublié ta review et je dois éditer le chapitre -.-'... Je DÉTESTE quand ffnet ne me poste pas une review dans ma bal! Ah, faut pas pleurer. Fic humoristique. Tout est factice et sujet à gloussages. Bon, d'accord, parfois il faudrait être vraiment super sadique pour rire... n'empêche que ;p.
salh : "Je sens que ça va être armaggedon ou approchant ds la tête de sirius..." Tu es parente avec Trelawney XD? (Nan, avec moi, hihi.) Sérieux, c'est tout à fait ça... mdr.
Darksnape : Oui, moi aussi je serais bien à la place de Sirius comme celle de Sev... Pourquoi tu crois que j'écris cette fic à la première personne XD!
OddHatter : C'est pas trop chiant à tout lire d'un coup? On doit beaucoup plus se rendre compte du manque d'uniformité de la fic... Enfin, tu n'as pas dû lire beaucoup de slash si celui-ci était le meilleur. Non non. Je t'assure que non.
Diosa : Rah, quand je parlais platitude, je parlais de l'idée de base : le coup du pari c'est vraiment basique... Bon, après, on peut faire tout ce qu'on veut avec XD! Et encore une que j'ai dérangé dans ses exams... C'esst une malédiction lol. Chu désolée -.-.
blacky : Bah quoi? Tu n'aimes pas quand Sev fait du rentre-dedans à Sirius X3?
Nakhemda : Oui, c'est bientôt mon anniversaire... hum... À ce propos, j'ai pas 18 ans cette année, j'ai 17 ans bis. Merci v-v. Et vivent les poissons :D! Help, I'm a fish! comme le chanterait sieur Rickman... Bon, j'arrête mes trips, là -.-;...
Kero Vs Sac d'Os : Trèèès longs mes "bientôt", c'est vrai. Mais c'est parce que ce sont des "bientôt" de grande qualité, tu comprends, ils durent plus longtemps que la moyenne des "bientôt". Comme les piles Duracel par rapport aux piles salines, genre. Hum. Moi, je me cherche des excuses pourries?
Moemai : Bwahaha, ça ne peut pas se finir bien. Et c'est une fic humoristique, d'où problème. Ça va finir à l'humour noir, vous allez voir XP... Pookie va jouer un rôle assez important dans ce chapitre, mais jamais il ne viendra s'imiscer entre Sev et Sirius. C'est un gentil nounours X3.
(Sinon, je crois que la toute toute fin de ta review a été coupée, c'est parce que ffnet ne tolère pas le signe " " dans les reviews, pour une raison que je ne m'explique pas...)
- - - Gosh O-O! C'est là que je me rends compte que j'ai eu vraiment beaucoup de reviews!
Voilà enfin le chapitre 9 qui m'a donné tant de mal!
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9. N'importe quoiJe voudrais le rattraper, mais je n'ai même pas le courage de le regarder partir. J'ai les joues en feu, je voudrais me fondre dans ce fauteuil et disparaître. Tu es le dernier des crétins.
J'espérais quoi, exactement ? Qu'il répondrait passionnément à mon baiser ? Non, bien sûr que non, je n'espérais pas cela.
Merde.
C'est n'importe quoi, qu'est-ce qui me prend ? C'est Severus Snape. Je n'ai pas pu aimer l'embrasser Non.
Je suis un garçon tout ce qu'il y a de plus normal.
J'ai toujours aimé les filles.
Je n'ai jamais regardé de garçon comme avec Oh C'est vraiment trop bizarre. On a dû me mettre quelque chose dans mon jus de citrouille ce midi, je ne vois pas d'autre explication. Parce que ce que j'ai ressenti, c'était Merde.
« MERDE!» je crie à voix haute, avant de me frapper le front en espérant me calmer.
Cela ne marche pas. Étonnant, non? J'ai un rire amer.
C'est Severus Snape, je me répète. On pourrait faire un documentaire animalier sur le sujet.
Le Severus Snape est une sous-race de cloporte appartenant à la vile famille des Serpentards Personne n'aime le Severus Snape, parce qu'il est trop méchant et sombre et mystérieux avec ses fascinants yeux noirs dont dont il se sert pour intimider son ennemi Si le regard noir est inefficace, il est relayé par sa bouche sa sa bouche sa bouche qui qui manie le sarcasme comme du poison Le venin du Severus Snape est foudroyant Rusée et cruelle, la créature n'a pas d'amis À l'exception du pathétique Sirius Black de la famille des Gryffondors.
Je m'aperçois que je suis en train d'enfoncer mes ongles dans l'accoudoir du fauteuil. Je déplie lentement mes doigts en même temps qu'un frisson me parcourt l'échine. Ce fauteuil paraît curieusement vide
À la seule pensée de ce qui vient de s'y passer, je m'en extrais vivement. Je suis partagé entre la colère, la honte, le manque. J'aimerais pouvoir hurler un grand coup, mais je ne suis même pas sûr que cela servirait à quoi que ce soit. Pourtant, je vais exploser si je ne fais rien pour évacuer toutes ces émotions confuses qui bouillonnent en moi. Il faut que je me défoule, que je frappe quelque chose, que je
Sur une impulsion, je balaie de la main le vase en cristal sur la cheminée, qui va se briser en mille morceaux sur le sol dans un fracas assourdissant.
« Eh merde»
Mon bras retombe le long de mon corps.
Voilà, je peux être content, j'ai cassé un vase. Ce qui m'avance énormément. À croire que j'ai décidé d'être con jusqu'au bout. Au moins, mon énervement est un peu retombé et je me sens fatigué. Très fatigué. Et misérable. Je veux mon Pookie.
Et si j'allais me morfondre dans mon dortoir Me demander quel serait l'état de délabrement de ma vie si je n'avais pas accepté ce fichu pari Le pari!
Je réalise brusquement que ce simple effleurement de lèvres marque la fin de tout. Je l'ai fait. J'ai tenu ma promesse. Je ne suis plus tenu par aucun engagement. Je suis libre. Il n'aura fallu qu'un peu plus d'un mois à l'impétueux Sirius Black pour voler un baiser à Severus Snape l'impassible. Chapeau. Je m'étais sous-estimé.
Mais cela n'aurait pas dû se passer comme cela. Je ne devrais pas me trouver au bord de la crise de nerfs. Je devrais me réjouir d'avoir effarouché le petit Severus et anéanti en un instant le peu de confiance qu'il m'avait accordée. Il doit me haïr encore plus qu'avant. C'est une réussite totale.
J'ai envie de me balancer par la fenêtre.
Tel est pris qui croyait prendre, mon petit Sirius.
Saletés de phrases toutes faites, laissez-moi en paix.
Je contemple la salle d'étude d'un regard critique. Je ne peux pas la laisser dans cet état. Avec lassitude, je rends au fauteuil ses proportions premières, et je me mets en quête des débris du vase. Mon empressement à les rassembler me coûte une méchante coupure à la main, qui m'arrache un juron. Pestant, je soigne hâtivement la blessure et reconstitue le vase de mon mieux avant de le remettre à sa place. Bon, il n'est pas tout à fait comme avant, mais personne ne remarquera rien. J'espère.
Épuisé par toute cette magie et toutes ces catastrophes, je me traîne vers la sortie.
Arrivé sur le seuil de la porte, j'hésite. Où est-ce que je vais? Je me demande par où est parti Severus. Enfin, Snape. Severus. Snape. Severus. Oh, qu'importe! Je ne veux plus le voir. Je voudrais oublier qu'il existe, juste un moment. Un moment de répit
Les autres doivent être à l'infirmerie pour tenir compagnie à Remus. Je devrais y aller. Comme cela, je pourrai leur annoncer avec joie que mon pari vient d'être honoré.
Hum.
Je suis sûr que Pookie s'ennuie tout seul là-haut.
Je prends résolument la direction du dortoir.
- O -
Je m'affale sur mon lit en gémissant. J'attrape mollement Pookie qui trône sur l'oreiller, me retourne sur le dos et tiens l'ourson au-dessus de ma tête.
« Si tu savais ce que j'envie ton existence simple d'ours en peluche. D'accord, tu ne fais pas grand-chose de ta vie, mais au moins tu n'embrasses pas ton ennemi de toujours devenu ton ami depuis une semaine pour lui jouer un tour ignoble.»
Pookie ne répond pas mais me renvoie son éternel regard chaleureux et plein d'amour - et borgne.
« Ah, mon Pookie, tu es le seul qui me comprenne» je soupire.
Puis, je me rends compte que je suis en train de parler à un nounours et je jette Pookie à la tête du lit avant de me lever pour me diriger vers de la salle de bain.
La tête sous l'eau froide et
« Aaah!
– Aaah! Qu'est-ce qui te prend de crier comme ça!»
Je me retiens au mur en m'agrippant la poitrine d'une main pour calmer les battements de mon cur.
« James! je m'étrangle. Tu ne pourrais pas faire plus de bruit quand tu occupes la salle de bain, que je ne frôle pas l'embolie à chaque fois?
– Du bruit? répète-t-il en haussant un sourcil. Tu veux dire comme quand tu "chantes" dans ton bain?»
Il a de la chance que je n'ai aucun objet contondant sous la main.
« Mais qu'est-ce que tu fais là? s'étonne-t-il. Est-ce que tu n'étais pas censé retrouver Snape pour bosser et plus si affinité? ajoute-t-il d'un air moqueur.
– Non, je Enfin, si mais Et toi, tu t'établis définitivement dans cette salle de bain, ou quoi? Pourquoi tu n'es pas avec Remus à l'infirmerie?
– Oh» Il a un sourire gêné. « En fait, j'ai un truc de prévu, là Mais Peter est resté avec lui, et comme de toute façon il est inconscient
– Hein? Qu'est-ce qu'il a?
– C'est l'épuisement, d'après Pomfrey. Il ne s'est réveillé que deux fois pour demander de l'eau Mais il devrait quand même être remis d'ici lundi.
– Quelle chance! j'ironise en me frottant les yeux.
– Dis-donc, tu as une sale mine, toi aussi! fait James d'un air inquiet. On dirait moi au réveil
– Non, à ce point-là!» je m'alerte.
Il me tire la langue. Je m'approche du miroir pour considérer l'étendue des dégâts. J'ai un hoquet.
Un bref instant, mon reflet m'est apparu comme un visage ensanglanté à la chair en lambeaux.
Me plaquant une main sur les yeux pour chasser l'atroce vision, je m'assois maladroitement sur le bord de la baignoire et réussis tant bien que mal à ne pas tomber en arrière.
« Qu'est-ce qu'il y a, Sirius? Toujours la potion d'épouvante qui?
– Oui.»
Il vient s'asseoir à côté de moi.
« Ne t'en fais pas, moi c'est pareil. Certains matins, je me réveille encore incapable de décoller mes jambes l'une de l'autre
– Ça Ça faisait une semaine sans rien, je pensais que c'était fini
– Alors tu as plus de chance que moi, dit-il gentiment.
– Mais quelle journée merdique
– Vas-y, raconte à ton grand copain Prongs. C'est quoi ce gros cafard? Pourquoi tu n'es pas avec Snivellus? Cela a un rapport avec lui?
– Mais non Je Je ne l'ai même pas vu en fait Il n'est pas venu»
Pourquoi je lui mens?
« Tu rigoles? Ne me dis pas que tu t'es fait poser un lapin par Snivellus! Ça, c'est la meilleure de l'année!
– Merci pour tes paroles réconfortantes, Prongs.
– Mais dis-moi ce que tu as, aussi!
– Je»
Je suis en train de faire grand cas d'un non-événement. Si on fait le point, j'ai honoré un pari idiot et en conséquence Severus me déteste - comme il l'avait toujours fait avant. C'est tout. Il faut croire que je m'étais un peu trop attaché à cette amitié artificielle. Je ferais mieux d'afficher un radieux sourire et d'annoncer à James la bonne nouvelle : l'affaire du pari est définitivement classée.
« Il faut que je devine ? hasarde James devant mon silence prolongé.
– Non, non Je vais bien. Je suis juste un peu de mauvaise humeur. Le manque de sommeil, tout ça
– C'est ça, et moi je suis une méduse australe en période de reproduction, sourit-il. Allez, je te connais mieux que ça, Padfoot. Dis-moi la vérité.
– Je t'assure que tout va très
– Bon, alors je t'aide, coupe-t-il. Mmh Tu as une tumeur au cerveau?
– Non!
– Bon, bon, d'accord, je plaisantais! rit-il, avant de retrouver instantanément son sérieux. Une maladie vénérienne?»
Je lui adresse un regard des plus significatif. Il glousse en levant un bras en défense contre une hypothétique pulsion violente de ma part - franchement, comme si c'était mon genre
« Alors, pas de problème de santé?
– Absolument pas je roule les yeux.
– Dommage
– Comment ça dommage ! je m'indigne.
– Oui, parce que si ce n'est pas quelque chose que Pomfrey peut guérir, c'est autrement plus embêtant.»
Je ne peux guère que me soumettre face à une logique aussi implacable.
« Regarde-moi dans le blanc des yeux», ordonne-t-il.
Je lui obéis avec réticence.
« Maintenant, réponds honnêtement à une question, tu veux bien?
– D'accord
– Je suis sûr de t'avoir entendu parler, tout à l'heure, dans la chambre, et
– Ah bon? je l'interromps, paniquant soudain à l'idée qu'il ait entendu le contenu de mes révélations à ce stupide ours en peluche.
– Tut tut! Sirius. Je veux la stricte vérité.
– Ou Oui
– C'est à Pookie que tu parlais?»
Stupéfait, je bredouille :
« Bah, euh Oui, pourquoi?
– Ha! Je le savais!» s'écrie-t-il en se levant.
Il commence à arpenter la pièce de long en large.
« Mais Tu savais quoi?»
Il s'arrête.
« Sirius, tu n'aurais pas des problèmes de cur?
– Mais puisque je te dis que ma santé se porte à merveille
– Euh, Sirius
– Oui!
– Je ne parle pas de ces problèmes de cur.»
Une pause.
« Oh, tu veux dire?»
Il hoche la tête gravement.
« Oh.»
Merlin sait pourquoi, il faut que je vire pivoine.
« Qu'est-ce qui peut bien te faire penser une chose pareille
– Mais tout! Tout!» Il énumère sur ses doigts. « L'abattement inhabituel, la réapparition d'une séquelle de la potion d'épouvante, tes tentatives de me rassurer alors que d'ordinaire tu n'hésites jamais à te plaindre
– Eh! je fronce les sourcils.
– Et Pookie! Pookie! Bon sang, Sirius, la dernière fois que tu t'es confié à Pookie, c'était à cause de Cathy!»
Je reste muet d'étonnement un instant.
« Tu Tu te souviens de ça, toi?
– Bien sûr! Comment aurais-je oublié le grand chagrin d'amour de ta vie?»
Je rougis encore.
« Ne sois pas ridicule, je marmonne, je n'avais que dix ans
– Et depuis je ne t'ai jamais vu aussi amoureux de quelqu'un
– Attends, c'était mon "amoureuse" pendant une semaine, j'objecte - avec une pointe de nostalgie totalement involontaire dans la voix.
– Après quoi ta Cathy t'a quitté» soupire James tristement. Il revient sur le bord de la baignoire et me tapote la main avec bienveillance. « Cette fille a brisé ton pauvre petit cur innocent
– Ne dramatise pas, je n'étais qu'un gosse!
– Un premier amour reste un premier amour, tranche-t-il, catégorique. Crois-moi, je sais maintenant à quel point ça peut faire mal de le perdre.»
Je ne suis pas tout à fait sûr d'avoir bien saisi l'allusion.
« James! Je croyais Lily
– Hors-sujet! Je rappelle que tu es le sujet de cette conversation!
– Et ton rencard de la semaine dernière, ce n'était pas avec Lily?»
Son expression s'assombrit.
« Non, pas avec elle.
– Avec qui, alors ?
– Sigrid Offmann.
– Sig? Tu! Je»
Mais James ne me laisse pas le temps d'assimiler l'information alarmante :
« D'ailleurs, je dois la retrouver dans dix minutes, alors cesse de changer de sujet et réponds-moi!
– Qu'est-ce que tu veux savoir»
Il place sa main sur mon épaule avec un sérieux effrayant.
« Qui est la nouvelle Cathy, Sirius?
– Pardon!
– Qui est-ce qui te rend malheureux comme ça?
– Mais personne!
– Ne mens pas à ton plus vieil ami!
– Je ne mens pas!»
Severus ne me rend pas malheureux Juste un peu dépressif.
« Tu peux me jurer que tu n'as pas rencontré d'autre fille?
– Sur la tête de ma mère! j'affirme, cette fois sans une once de mauvaise foi.
– Irrecevable, décrète-t-il.
– Oui, bon, sur celle de Pookie, alors.
– Sur la tête de Pookie? répète-t-il, incrédule.
– Parfaitement.
– Pas d'autre fille?
– Pas la moindre.»
James se renfrogne. Il ne peut remettre en question un serment fait sur la tête de Pookie.
« Je sais que tu me caches quelque chose, Padfoot, et je n'aime pas cela.
– Tu peux parler
– Précise ta pensée?
– Depuis quand sors-tu avec Sigrid Offmann sans me le dire? je fulmine.
– Oh, juste quelques jours
– Tu n'as pas pu déjà trouver une remplaçante à Lily!»
Il prend un air boudeur.
« Et pourquoi pas? Tu as vu comme elle a flirté avec Creevey, ce midi, à table?
– Ne dis pas n'importe quoi. C'est un troisième année.
– Parce que tu crois que les filles comme elle s'arrêtent à ce genre de détails?
– Prongs, elle lui a juste demandé la corbeille à pain.
– De la façon dont elle l'a fait, on aurait dit qu'elle lui faisait une proposition indécente!»
Je souris avec satisfaction.
« Prooongs.
– Quoi!
– Tu es jaloux.
– Absolument pas!
– Si, si.
– Bon, peut-être un peu J'ai bien le droit, non?
– Bien sûr, j'opine énergiquement, puisque c'est l'amour de ta vie.»
James lève les yeux au ciel et s'approche du lavabo.
« Ce n'est pas ton genre d'être aussi défaitiste», je lui reproche.
Il inspecte sa tenue dans la glace sans répondre.
Je me mets à faire les cent pas. Je ne veux pas en démordre.
« Tu devrais revenir vers elle.
– Merci du conseil, mais j'ai déjà essayé. Et bien sûr, elle m'a envoyé sur les roses. Tu vois, je suis peut-être stupide et arrogant, mais je suis encore capable de comprendre quand on me dit "non".
– Quand est-ce que tu lui as parlé?
– Le lendemain de notre dispute.
– C'était sans doute trop tôt Elle a sa fierté, elle aussi, tu sais.
– Et j'ai la mienne, rétorque-t-il froidement. Je ne vais pas courir après une fille qui ne veut pas de moi.
– C'est pourtant ce que tu as fait pendant plus d'un an jusqu'à ce que vous sortiez ensemble, non?
– Mais elle ne m'aime pas! Elle aime le James paillasson que je lui ai composé pour lui plaire, un mensonge, mais moi, elle me déteste J'ai compris, je tourne la page.»
Il ne peut pas être sérieux. Dans une seconde, il va se retourner en braillant "Poisson d'Avril!". C'est forcé.
Me rappelant que nous sommes en décembre, je laisse cette idée de côté.
« Tu Tu ne peux pas renoncer à Lily comme cela!
– Si, et cela s'appelle faire preuve de raison.
– L'amour est irraisonné!» je persiste désespérément.
Il s'appuie au lavabo et baisse la tête.
« Ça, je le sais.
– Alors
– Alors je vais attendre que ça passe! Il faut que je passe à autre chose!
– À une autre fille
– Exactement.»
Atterré, j'abaisse le couvercle des toilettes pour m'asseoir.
Je n'avais jamais pensé à leur rupture comme quelque chose de définitif. James et Lily, c'est une évidence. Je le sais depuis que je les ai vus ensemble. Ils ne peuvent pas ne pas être ensemble. C'est totalement absurde. Mon monde s'écroulerait s'il en était autrement.
« Sirius.
– Mmh?
– Cela ne va quand même pas être à moi de te consoler pour l'anéantissement de mon histoire d'amour.
– Mmh.»
Il n'y a pas que cela. On a besoin d'avoir des certitudes, dans la vie. Quand on commence à les ébranler, on ne sait plus à quoi se raccrocher.
« Sirius.
– Mmh?
– Tu ne pourrais pas déprimer ailleurs ? Même toi tu as l'air parfaitement ridicule, assis à l'envers sur la cuvette des chiottes et à moitié effondré sur la chasse d'eau.
– Mmh.»
Je suis très bien là où je suis.
« Sirius.
– Mmh?
– J'ai besoin des toilettes»
Où va le monde si on ne peut même plus se morfondre tranquillement dans sa salle de bain, je vous le demande?
- O - O - O -
La première chose que je fais en entrant dans la Grande Salle pour le déjeuner est de chercher Severus des yeux. Mais cet idiot n'est pas là.
« Quelque chose ne va pas, Sirius? me questionne Peter.
– Euh Non, tout va bien»
Nous nous prenons place à notre table.
Il était déjà absent au dîner hier. Il n'était pas là non plus au petit-déjeuner. Il fait une grève de la faim, ou quoi?
Peut-être que les brutes qui lui tiennent lieu de compagnons de chambre lui sont encore tombés dessus. Peut-être qu'il est gravement blessé. Peut-être qu'il est en train d'agoniser dans un cachot pendant que nous mangeons
Je refoule une vague d'angoisse.
Peut-être qu'il veut juste m'éviter.
« Tu as fini avec les carottes?»
Je lève les yeux vers Peter à côté de moi, puis les baisse vers les cuillères du plat de carottes que je suis en train de serrer de toutes mes forces dans ma main.
« Ah! Oui, tiens
– Tu n'as pas l'air dans ton assiette depuis ce matin. Mauvaise nuit?
– Disons que j'ai eu un peu de mal à m'endormir
– Si c'est à cause de Remus, il ne faut pas t'en faire, me rassure-t-il. Pomfrey nous laissera le voir cet après-midi et je suis sûr qu'il ira beaucoup mieux.
– Euh Oui»
Pourquoi n'est-ce pas pour Remus que je m'inquiète? Quel genre d'ami je suis, au juste?
« Laisse, Peter, intervient James. C'est sa Cathy qui le travaille.»
Je le foudroie du regard.
« Qui? demande Peter sans comprendre.
– James, boucle-la! Ne l'écoute pas, Peter, il divague
– Sirius refuse d'admettre qu'il est tombé amoureux» lâche James avec espièglerie.
Je manque de m'étouffer avec mes carottes râpées.
« Mais je ne suis pas! Prongs, tu t'entends, un peu?
– Ah, c'est comme Remus, quoi, fait Peter.
– Tout à fait, acquiesce James.
– Ça n'a rien à voir!
– C'est bizarre comme certaines personnes ont du mal à admettre leurs sentiments
– Je trouve aussi.
– C'est James qui a tout inventé!» je me défends.
Et s'il savait de quoi il parle, il y réfléchirait à deux fois. Il s'agit de Severus Snape, nom d'un chien! Je regrette notre amitié, c'est vrai Mais c'est dans mon tempérament de toujours vouloir que tout le monde m'aime. Cela va me passer rapidement. J'ai déjà les meilleurs amis qu'on puisse rêver avoir.
C'est juste que, des fois, ils sont chiants.
« Et quel est le nom de l'heureuse élue? s'enquiert Peter.
– Excellente question, Peter! j'applaudis. Parce que je ne suis pas dans la confidence non plus, figure-toi»
Ma voix tremble d'exaspération. Ou bien de crainte que James en sache beaucoup plus qu'il ne l'a laissé entendre hier Et s'il avait regardé la Carte du Maraudeur pendant que je me trouvais avec Severus?
Ménageant son effet, mon ami boit une longue gorgée de jus de citrouille d'un air distrait, puis repose enfin son verre et me jette un regard de côté qui ne me présage rien de bon.
« Eh bien, je pencherais pour» Son regard se tourne vers la table des professeurs et un léger rictus étire ses lèvres. « Notre bien-aimée Minerva McGonagall.»
Peter ouvre des yeux ronds.
En une seconde de stupeur, je passe de l'appréhension à l'hilarité.
« Bravo, Prongs, tu m'as bien mené en bateau!
– Pourquoi? fait-il innocemment. J'ai faux?»
Je hausse le sourcil d'un air affecté.
« Tu penses bien que je ne puis te révéler cette information Les élèves et les professeurs sont censés ne jamais se retrouver du même côté du bureau»
Peter rit nerveusement.
« Vous plaisantez, c'est ça?
– N'insiste pas, Wormtail, je ne veux porter aucun préjudice à Vava
– Bwahaha! explose James. "Vava"! Comme c'est attendrissant!»
Nous rions de bon cur, tandis que Peter nous fixe successivement avec un sourire crispé.
« Hein? Dites? Vous plaisantez?»
C'est alors qu'une silhouette immobile à l'entrée de la salle attire mon attention.
Mon cur fait un bon lorsque je reconnais le satané Serpentard pour lequel je me ronge les sangs depuis la veille, en parfaite santé, et tenant par la main une fille brune qu'il regarde avec ce qui ressemble à de la tendresse.
Je suis abasourdi par l'expression de son visage. Sans doute que la distance me fait mal interpréter
Il me tourne le dos et se dirige vers sa table, toujours main dans la main avec la petite brune au sourire rayonnant. Mais je la reconnais! Ce n'est pas la première fois que je vois cette fille avec Severus! Ni la première fois que je vois sa main dans la sienne Je sens une sorte de fureur incontrôlable monter en moi. Et puis Severus tourne la tête dans ma direction, et le mépris qu'il affiche en me voyant me refroidit instantanément.
« Ça va, Sirius?»
Je regarde Peter comme si je venais seulement de remarquer sa présence.
« Euh Je
– C'est pour rire, cette histoire avec le professeur McGonagall, pas vrai?
– Hein?»
Du coin de l'il, je repère Severus, qui s'est assis dos à moi avec l'autre demi-portion à bouclettes.
« Pourquoi dis-tu une chose pareille, Wormtail? répond James à ma place. C'est au contraire très sérieux entre eux!
– Arrête de te moquer de moi, James
– Tu n'as qu'à demander à Sirius!»
Il m'écrase le pied sous la table.
« N'est-ce pas, Padfoot?
– Euh Bien sûr! je me ressaisis. Vava n'est pas ce genre de femme! Tu sais qu'elle fait toujours tout avec un grand sérieux
– Et un grand talent renchérit James d'un ton rêveur.
– Oui Attends un peu, comment tu sais ça, toi? je m'outrage.
– Ce n'est pas sympa de vous ficher de moi bougonne Peter.
– Excuse-nous Peter, mais je suis en train d'apprendre que mon aimée me fait des infidélités
– Ne sois pas jaloux, Sirius! rit James. C'est toi qu'elle préfère, de toute façon!
– Arrêtez votre cirque, je sais que vous mentez!»
Encore une fois, mon regard se porte irrésistiblement vers la table des Serpentards. Il ne peut pas me préférer cette gamine Je mords sauvagement dans mon pain, refusant d'assimiler cette pensée à quoi que ce soit pouvant s'apparenter à de la jalousie.
- O - O - O -
Je referme la porte de l'infirmerie en soupirant. On ne peut pas dire que Remus aille vraiment mieux. Notre loup-garou s'est changé en marmotte, on dirait
À peine suis-je sorti que je me retrouve nez à nez avec une jeune fille aux longs cheveux châtain foncé, qui me toise avec défiance.
« Tiens donc, mais que vois-je?»
Oh non, pas elle.
« Sirius Black le magnifique! En personne! Ça alors, tu te rappelles tout de même de l'existence de Remus, de temps en temps?»
Je lève les deux mains pour lui faire signe de se calmer.
« C'est bon, pas la peine de me sauter à la gorge!
– Brillante idée! Tu m'attends, je vais chercher ma panoplie de vampire»
Je hais cette fille.
« Écoute Lenna, tu m'excuseras, mais j'ai à faire»
Il faut que je trouve Severus.
« Mais bien sûr, mon cher Black Tu es plus en sécurité au-delà de la portée de mon bras.»
Elle me contourne avec hauteur et entre dans l'infirmerie. Mais presque aussitôt, je la vois ressortir d'un air furieux. La voix de Pomfrey fuse de l'intérieur.
« Plus de visiteurs! Ce garçon a besoin de repos!
– Et qu'est-ce que vous croyez que je vais lui faire, lui jouer du tambourin au-dessus de la tête?» grommelle Lenna une fois la porte refermée.
En me voyant toujours là, elle penche la tête de côté d'un air songeur.
« Dis, Black! s'approche-t-elle.
– Qu'est-ce que tu veux?
– J'ai un service à te demander.
– Un service? C'est une plaisanterie?
– Tu me dois bien ça, non?
– Et en quel honneur?
– Tu as toujours été odieux avec moi, juste parce que je suis une Serpentard!
– Ce n'est pas vrai» je marmonne.
Certes, le facteur serpentard joue, mais il ne faudrait pas négliger le fait que je ne puisse simplement pas la pifrer.
Elle pose une main sur sa hanche et examine ses ongles qui sont, je le remarque maintenant, très, très longs, et anormalement pointus.
« Allez, Black, fait-elle d'une voix ennuyée. Juste une fois, montre-toi à la hauteur de ta réputation et sois intelligent Va parler à cette idiote de Pomfrey pour qu'elle me laisse voir Remus
– Non mais tu rêves!
– Elle ne me fait pas confiance, mais toi, elle t'écoutera!
– Je te signale que je ne te fais pas confiance non plus!
– Ne pense pas que tu le fais pour moi, mais pour le bien de Remus!
– Je ne fais que penser à son bien, justement!»
Elle retrousse le nez comme dérangée par une odeur nauséabonde.
« D'accord, je vois. Je ne sais pas comment j'ai pu un seul instant m'attendre à autre chose de ta part.»
Une idée - stupide - me traverse alors l'esprit.
« Attends Et si je faisais cela pour toi Tu me ferais une faveur en échange?
– À quoi tu penses?
– Me révéler le mot de passe de Serpentard.»
Elle laisse échapper un rire consterné.
« Je ne savais pas que tu avais un tel sens de l'humour!
– S'il te plaît! C'est juste pour voir quelqu'un!
– Laisse-moi réfléchir une seconde, dit-elle, un doigt sur le menton. Je crois que la réponse qui s'impose est» Elle fait un charmant sourire. « Jamais de la vie.»
Les épaules tombantes, je vais m'adosser au mur, vaguement désespéré.
« Évidemment. Je ne suis qu'un crétin fini.
– Reconnaître sa propre bêtise, c'est un premier pas sur le chemin de la sagesse, débite-t-elle. Tu ne m'en veux pas si je te laisse, je vais aller essayer de raisonner Pomfrey
– Pourquoi tu tiens à ce point à voir Remus?
– Excuse-moi?»
Elle se retourne, étonnée.
« Il est inconscient, de toute façon, alors à quoi ça te sert d'aller le voir?
– Je veux lui tenir compagnie, dit-elle comme une évidence, être là s'il se réveille Et puis J'ai besoin de le voir»
Je sonde son visage.
« Vous sortez ensemble, oui ou non?»
Son regard se fait venimeux.
« Qu'est-ce que Remus t'a dit?
– Il a dit que non
– Alors, c'est non! Tu ne fais même pas confiance à un de tes meilleurs amis?
– Mais si
– Mais non. Parce que le pauvre Remus fréquente une Serpentard. Qui sait ce qu'elle pourrait lui mettre dans la tête? Peut-être même qu'elle a usé de magie noire sur lui. Les Serpentards sont tous les mêmes, de futurs Mangemorts en puissance.
– Ce n'est pas ce que je pense
– Oh, vraiment? Tu as tort. Tu sais très bien que c'est ainsi que va le monde. Les Serpentards sont le Mal incarné, et les Gryffondors les sauveurs de l'humanité. Je parie que tu avais décidé d'être Auror avant même d'entrer à Poudlard, et que c'est pour ça qu'aujourd'hui tu fais honte à ta famille.»
Et alors? Tous les petits garçons rêvent de combattre les méchants baguette au poing!
« Tu exagères
– Va te faire voir, Sirius Black, me coupe-t-elle. Tu refuseras toujours de croire que je puisse être sincère avec Remus. Il le sait très bien, d'ailleurs. Tu veux que je te dise? Même si on "sortait ensemble", comme tu dis, il ne vous le dirait pas.»
J'encaisse difficilement le coup. Je fixe le sol, les yeux dans le vague. Elle semble s'adoucir un peu.
« Si je ne tenais pas autant à Remus, cela ferait longtemps que je ne le verrais plus. Qu'est-ce que tu crois que ça m'apporte? Les filles de ma classe me traitent comme une pestiférée, maintenant.
– C'est compliqué comme situation», j'acquiesce tristement.
Je ferais mieux de faire une croix dessus.
« Mais il faut toujours se battre pour garder ceux qu'on aime, dit Lenna. Et c'est là qu'on voit qui sont ses vrais amis» Elle me menace du doigt. « Ne laisse jamais tomber Remus, tu m'entends?
– Bien sûr que non!
– Je ne sais vraiment pas comment il peut te vouloir pour ami, mais c'est un fait; et si tu le faisais souffrir
– Ça n'arrivera pas, d'accord?»
Elle se tait un moment. Je me redresse en maugréant.
« Je ne suis qu'une poire»
Je rentre dans l'infirmerie. Deux minutes plus tard, j'ai attendri Pomfrey, et je ressors pour trouver une Lenna effarée.
« Tu peux y aller»
Ses yeux s'éclairent.
« C'est vrai?
– Puisque je te le dis.»
Elle se précipite sur la porte avec un sourire jusqu'aux oreilles. Avant de tourner la poignée, elle se retourne vers moi.
« Pourquoi tu veux le mot de passe de Serpentard?
– Je te l'ai dit : une personne à voir.
– C'est-à-dire? Tu veux lui régler son compte? L'étouffer pendant sa sieste, peut-être? Ou déposer un piège dans son dortoir?
– Non! Rien de tout ça! Je ne veux en aucun cas lui faire de mal!»
Elle semble intriguée.
« Tu as un ami serpentard, toi?
– J'"avais" serait plus exact
– Tu as l'air triste, remarque-t-elle. Tu devrais lui en parler.
– Il faudrait déjà que je sache où il se trouve, vu qu'il fait tout pour m'éviter
– Si tu me disais de qui il s'agit, je pourrai peut-être t'être d'une aide quelconque, propose-t-elle.
– Severus Snape Tu ne dois pas le connaître»
Elle réfléchit un moment.
« C'est ce grand type blafard, avec les cheveux noirs et l'air pas vraiment commode?
– Oui, cette description lui correspond assez bien je conviens avec un petit rire.
– Est-ce que ce n'est pas le souffre-douleur de ton ami Potter? fronce-t-elle les sourcils.
– Euh L'agressivité est réciproque
– Mouais Enfin, si ça peut t'aider, je crois l'avoir vu sortir dehors, tout à l'heure. Par un froid pareil, c'est du masochisme Tu risques de le retrouver congelé s'il y est toujours.»
Elle me fait un clin d'il avant de s'engouffrer par la porte.
Je reste un moment immobile, puis m'avance jusqu'à la plus proche fenêtre. Allez, maintenant, plus d'excuse.- O - O - O -
Lorsque je trouve enfin Severus, il est accroupi, ombre noire, au milieu d'une mer de petites fleurs blanches ou bleues, parmi lesquelles poussent ici et là des plantes et champignons rares. Je souris en me rappelant une discussion avec lui sur les vertus bénéfiques de la fleur de givre sur son environnement.
Je me penche légèrement sur le côté pour tenter de voir si le Serpentard a repéré ma présence, mais il semble trop absorbé par sa tâche. Je le contemple quelques minutes, quelque peu grisé par son insouciance du moment, et j'hésite à perturber ce tableau paisible
Je prends une grande inspiration et sors le plus joyeusement possible :
« Salut, Severus.»
Je vois juste ses épaules tressaillir, et encore, cela pourrait être un frisson causé par le froid.
« Tu cueilles des pâquerettes pour ta maman?»
Contrairement à ce à quoi je m'attendais, il ne se retourne même pas pour me foudroyer du regard. Il continue tranquillement à s'occuper de ses champignons. Il accorderait plus d'importance à un moucheron volant autour de sa tête.
J'essaie de ne pas paraître affecté. Peut-être que si je fais comme si rien n'était arrivé hier, il fera de même, et tout pourra redevenir comme avant
« Eh bien, Severus, tu me boudes? Ça ne va pas?»
Ne m'ignore pas. S'il te plaît.
Il reste sourd à ma prière silencieuse. Je m'approche, avance ma main vers son épaule.
« Eh, Severus», dis-je doucement.
À peine ai-je effleuré le tissu de sa robe qu'il s'écarte pour éviter le contact. Ma gorge se serre.
« Je suis occupé.»
Sa voix est sèche. Refusant de baisser les armes, je me place à sa hauteur et propose gentiment :
« Je peux peut-être t'aider?»
J'observe ses traits soucieux, son teint si pâle un peu rougi par le vent du nord, la crispation de sa mâchoire derrière sa grosse écharpe verte et blanche. Je voudrais ranger ses cheveux pour apercevoir ses yeux.
« Regarde-moi, Severus.»
Je ne supporte pas de le sentir si loin alors qu'il se tient seulement à quelques millimètres Presque aussi près qu'hier soir.
« Severus»
Sa présence m'embrouille l'esprit. Je ne suis même pas sûr d'avoir prononcé son prénom à voix haute.
Il se dresse d'un seul coup.
« Tu n'as rien à faire ici, Black.»
Mon nom de famille claque comme une gifle à mon oreille. Je prononce d'une voix sourde :
« Tu m'appelais Sirius, hier soir.
– Vu ce que ça a donné, je préfère m'abstenir.»
Je ressens encore une cuisante humiliation et une douleur inconnue m'étreint.
« Écoute je commence avec difficulté.
– Non, je n'écoute rien. Tu pars, ou bien c'est moi qui m'en vais.»
Il pourrait aussi bien me découper les entrailles à coups de machette.
« Severus je répète.
– Très bien, je m'en vais.»
Sans un mot de plus, il me laisse derrière lui, pour la seconde fois. Je reste un long moment debout au milieu du tapis de fleurs de givre sans plus savoir quoi faire.
« Vous êtes bizarres», dit soudain une voix fluette.
Je sursaute.
Une fille se tient à quelques pas de là sur l'herbe gelée. Je reconnais immédiatement ces boucles brunes et ces grands yeux ambrés. La colère me prend une fois de plus.
« Qu'est-ce que tu fous là? Ça t'amuse d'espionner les gens?»
Elle s'avance d'un pas et penche la tête sur le côté.
« Il a raison, t'es plutôt beau.»
Je commence à trouver le réflexe du rougissement beaucoup trop sollicité chez moi, depuis quelque temps. J'ai l'impression d'être un genre de Rapeltout humain qui réagirait aux propos déplacés. Bientôt, on me repérera au clignotement, comme les pompiers.
« Qui tu es, toi?
– La copine de Sev, pardi!» s'exclame-t-elle en souriant de toutes ses dents - dont certaines, j'en suis sûr, sont encore des dents de lait.
Que veut-elle dire exactement par "copine"?
Elle fait un autre pas en avant.
« C'est vrai que t'es très intelligent?
– Euh Je n'en sais rien En ce moment, par exemple, je me sens vraiment idiot
– Moi, je suis très intelligente. Pose-moi une question!»
Elle me rappelle mon petit frère de façon tout à fait horripilante. Je caresse l'idée de l'envoyer gentiment promener, quand une question des plus pertinentes me vient.
« Quel est le mot de passe de Serpentard?»
Son sourire s'élargit.
« Pour ça aussi il a raison, t'es plutôt malin. Tu me crois pas quand je dis que je suis intelligente, pas vrai?
– Eh bien, la vérité sort de la bouche des enfants, paraît-il
– Je suis pas une enfant! boude-t-elle.
– Ce n'est pas une insulte, tu sais.»
Elle me dévisage un moment, puis sourit de nouveau.
« T'as raison, c'est un compliment.»
Elle s'approche encore.
« Alors, tu le veux, ce mot de passe, oui ou non?
– Tu me le donnerais?»
Nouveau pas.
« C'est pour voir Sev que tu le veux?»
Je hoche vaguement la tête. J'aurais préféré me passer de ce genre d'enquête préliminaire.
Elle fait un dernier pas vers moi. Elle doit lever la tête pour me regarder.
« Parce que tu l'aimes beaucoup?»
Re-rougissement.
« Dis-donc, tu ne serais pas un petit peu trop curieuse, toi?
– Sermo dulce melior.
– Comment?»
Elle s'éloigne brusquement vers le château.
« Le mot de passe! crie-t-elle. C'est : sermo dulce melior! Prends l'avant-dernier couloir à gauche!»
Et elle se carapate à toutes jambes.
- O - O - O -
Je n'arrive pas à croire que je me trouve dans la salle commune de Serpentard. Ça doit être le seul endroit de Poudlard que nous n'avons jamais réussi à pénétrer, et Merlin sait qu'on a exploré ce château de fond en comble.
Je ne peux m'empêcher de regarder tout autour de moi en marchant. C'est tellement différent de la tour de Gryffondor J'arrive devant une série de couloirs identiques. Avant-dernier couloir à gauche Je m'engage dans le boyau sinueux. Je n'aime pas trop l'architecture des sous-sols
Je trouve enfin devant moi ce qui doit être la porte d'un dortoir. De son dortoir. Contre toute attente, avant même de l'atteindre, je la vois s'ouvrir et une voix que je connais bien en sort.
« Gwen!»
La petite brune de tout à l'heure jaillit de la pièce en criant :
« Je t'aime, Sev! À plus tard!»
Elle me voit et me fait un signe de la main sans s'arrêter.
« GWEN! Tu ne lui as pas?»
Severus vient de passer devant moi. Il se retourne. Une chose est sûre, il ne s'attendait pas à me voir. Et je ne suis pas plus préparé que lui à l'affrontement, en réalité. Je regarde encore la brunette qui disparaît à un détour du couloir, puis Severus. Elle l'appelle "Sev". Elle lui dit "Je t'aime".
« Black, dit simplement le Serpentard.
– "Sev", hein? Je n'aurais pas cru que tu aimais les diminutifs.»
Quelle horreur. C'est pas possible. Quelle horreur. C'est vraiment ma vie, ça?
Je n'entends même pas ce qu'il me dit. Il veut que je m'en aille. Mais j'ai quelques zones d'ombre à éclaircir.
« Alors, c'est Gwen, qu'elle s'appelle?
– Euh Oui Gwendolyn Nightingale
– Oh. Charmant. Elle est charmante. "Gwen" "Sev" Tout cela est charmant»
Je vais vomir. Je vous jure que je vais vomir.
« Si cela ne t'ennuie pas, Black, j'apprécierais que tu
– Si, ça m'ennuie!»
Ça ne peut pas être vrai.
Mais toutes les questions que je lui pose ne font que le confirmer. Pourquoi il ne dément pas!
« Bon sang, mais qu'est-ce que tu fous avec une gamine de onze ans? je m'emporte.
– Je m'en passerais bien, si tu veux tout savoir! C'est elle qui me colle. J'ai le malheur d'être son unique cousin»
Ce dernier mot résonne dans le vide de ma tête à l'endroit où devrait se trouver la zone "jugeote" de mon cerveau, qui a dû partir en vacances sans me prévenir. Cousin Cousin Cousin
« C'est ta cousine?» je demande stupidement. Crétin Crétin Crétin
C'est sa cousine! Ha! Hahaha!
« Si tu n'a plus de questions, j'aimerais que tu me laisses rejoindre mon dortoir.»
Soulagé d'un poids énorme, je m'écarte sans réfléchir.
« Mais passe, je t'en prie.»
Une seconde. J'étais venu pour lui parler de lui et moi, non? Je lui bloque le chemin.
« En fait, j'ai une autre question.
– La sortie, c'est par-là, Black.»
Oh non, tu ne vas pas t'en tirer comme ça.
- O -
Comment se retrouve-t-il dans mes bras? En quelques instants, j'ai vu sa carapace tomber morceau par morceau, et maintenant il se repose sur moi comme si j'étais la dernière chose solide à laquelle il puisse se raccrocher.
Je ne suis pas solide.
« Tu regrettes vraiment de m'avoir de m'avoir embrassé?»
Je suis même excessivement faible.
« Je regrette de t'avoir blessé.
– Ce n'est pas ce que je te demande»
J'essaie de retrouver le contrôle de moi-même. Ce qui est atrocement difficile dans la position où nous nous trouvons. Bon, j'admets qu'il y a une très forte ambiguïté dans notre amitié, d'accord?
« Je Si tu Si tu veux une réponse égoïste Je dois dire que là je regrette de moins en moins»
Vive les litotes.
Il plonge ses yeux noirs dans les miens.
« Et il y a un risque que tu recommences?»
Ah. La faiblesse humaine est effrayante.
« Je crois même qu'il y a un risque très élevé»
Nos lèvres se touchent, là. Ce n'est pas moi qui prends mes désirs pour des réalités. Oh nom de Il n'a pas intérêt à partir, cette fois Il ne part pas. Le baiser s'approfondit et j'ai l'impression que le temps s'est mis à faire du surplace. Je me sens soudainement incroyablement euphorique. Je ne sais depuis combien de temps nos langues s'entrelacent langoureusement quand il rompt le contact avec un sourire moqueur :
« C'est toujours pour rire, là?
– Moui, pourquoi, tu ne trouves pas cela marrant?»
Je l'embrasse encore, mais il se dérobe.
« Je suis sérieux, insiste-t-il.
– Tu es beaucoup trop sérieux»
Je lui caresse la joue. Ses yeux s'assombrissent de doute. Bon, côté confiance, ce n'est pas encore ça.
« Je ne suis pas en train de me foutre de toi!
– Alors pourquoi tu as dit ça?
– Pour te rassurer
– Me rassurer?
– Et puis peut-être un peu par fierté, aussi
– Je vois. Gryffondor stupide.
– Tu peux parler, Serpentard capricieux! On peut dire que tu me fais bien tourner en bourrique
– Je ne suis pas capricieux, bougonne-t-il, je suis sensé. Et là là, on nage en pleine folie
– Alors je crois que je préfère nettement quand tu es un peu moins sensé»
Je tiens son visage entre mes mains pour lui empêcher toute nouvelle fuite - et nous dirons que je l'embrasse pour l'empêcher de répliquer.
À cet instant, la porte du dortoir s'ouvre en grand.
Instinctivement, je plaque Severus contre le mur et me place devant lui, une main de chaque côté de lui sur la pierre froide. Le battant s'arrête à quelques centimètres de nos pieds. Par l'espace entre la porte et le mur, je vois s'avancer la silhouette de Bulstrode. Il tourne un peu sur lui-même, puis sort de mon champ de vision.
Au bout de longues secondes, je l'entends grogner :
« Il n'est pas là.»
Du couloir vient la voix de Madley.
« Il est peut-être à la bibliothèque, allons voir!»
La porte se referme. Tout s'est passé en moins d'une minute.
Je sens le souffle chaud de Severus contre ma joue et je me rends seulement compte que j'ai bloqué ma respiration.
« Il est parti», chuchote Severus près de mon oreille.
Je me retourne vers lui et nos nez se touchent presque. Il a un air apeuré que je ne lui connaissais pas.
« C'est n'importe quoi» bredouille-t-il.
Je glousse.
« Je ne trouve pas cela amusant du tout! s'énerve-t-il.
– Hahaha! Il ne nous a même pas vus, ce lourdaud!
– Et s'il nous avait vus? Ce n'est pas possible!»
Mon rire se fane et je m'écarte un peu de lui.
« De quoi tu parles?
– Personne Personne ne va accepter ça»
Son regard est dur mais sa voix vacille.
« "Ça" quoi?
– Tu sais très bien de quoi je parle.
– Vraiment?»
Si lui-même ne peut pas le dire, c'est sûr que personne ne l'acceptera Il regarde ses paumes ouvertes sur ses genoux.
« Nous deux ensemble
– Ensemble? Sois plus clair Tu veux dire comme ça?»
Sans lui laisser le loisir de protester, je dépose un baiser au coin de ses lèvres.
« Comme ça?»
En bas de sa joue.
« Comme ça?»
Dans son cou. Sa gorge frémit.
« Salopard»
Severus sait insulter très tendrement, quand il veut.
Il passe ses bras derrière ma nuque et frotte sa joue contre la mienne. À mon tour, je le prends par la taille pour le serrer tout contre moi.
« Tu n'as pas intérêt à me laisser maintenant, souffle-t-il.
– Toi non plus, mon petit Moi, je t'ai, je te garde.
– Bien, j'aime mieux ça Mais je ne suis pas petit.
– D'accord, mon grand.
– Abruti.»
Il relâche son étreinte et se laisse aller contre le mur, l'amertume persistant sur ses traits.
« C'est facile de se faire des serments derrière la porte d'un dortoir, mais il va bien falloir sortir un jour
– On pourrait peut-être se barricader» je plaisante.
Il triture pensivement des mèches de mes cheveux et sa voix se fait si ténue que je l'entends à peine.
« Je ne veux pas que les autres sachent
– Allons donc, tu as honte de moi?»
Il sourit.
« Il y a de ça.»
C'est moyennement drôle, en fait.
« "Pour vivre heureux, vivons cachés", dis-je doucement.
– C'est exactement cela», murmure mon Serpentard les yeux brillants.
Sirius Black, champion de proverbes et dictons toutes catégories confondues.
« Ça ne ferait pas un peu Romeo et Juliette, ce plan?
– Si tu veux, répond-il, mais alors tu fais Juliette.
– En fait, je n'aime pas trop la fin de l'hist
– Argh!» s'exclame-t-il en me repoussant.
Son visage est tordu par la souffrance.
« Qu'est-ce qu'il y a?
– J'ai J'ai une crampe au mollet, halète-t-il. Aide-moi à me relever.»
Je m'exécute en pouffant aussi discrètement que possible, ce qui ne m'évite pas un regard noir.
« Je ne vivrai pas caché derrière une porte, tu peux me croire, grince-t-il.
– Mmh, il y a des endroits plus confortables», fais-je avec un clin d'il tout en époussetant négligemment ma robe.
Il rosit un peu.
« Eh, ne me fais pas dire ce que je n'ai pas dit! je rigole.
– Mais
– Je savais bien que les Serpentards avaient l'esprit mal tourné!
– Mais Mais bégaie-t-il, confus.
– Ah, je vous jure, on leur donne la main et ils vous mangent le bras» je continue avec un sourire narquois.
Il hausse les épaules.
« N'importe quoi
– Tu es trop mignon quand tu rougis, on dirait que tu as reçu un coup de soleil
– C'est cela, continue à délirer, moi je m'en vais»
Il ouvre la porte et sort.
« Où tu vas? Attends-moi!»
Je le rattrape dans le couloir.
« Tu ne vas nulle part sans moi!»
Il me lance un regard amusé.
« C'est une promesse?»
Je cligne des yeux, décontenancé. Il a un demi-sourire.
« "Tu es trop mignon quand tu rougis".»
Je le suis en ronchonnant. Comme les pompiers, je vous dis. Au clignotement.
« Et on va où?
– Finir ce qu'on a commencé.
– Qu'est-ce que je dois comprendre par là?»
Il soupire.
« Le devoir, Sirius. Ma punition en Potions. Tu ne croyais pas t'en tirer aussi facilement, si?
– Eh bien, en fait, je ne dirais pas que ça a été exactement facile»
Il tourne légèrement la tête de côté et je le devine embarrassé. Bon sang, il a vraiment besoin de se détendre, lui.
« Mon plan génial pour échapper à ce supplément de travail a échoué, alors?» je lance nonchalamment.
Il plisse les yeux dans ma direction.
« Lamentablement.
– Oh, dommage. Tout ce mal pour rien
– Arrête.
– Bon, sur ce, ravi de t'avoir connu, "Sev", mais
– Ce n'est même pas drôle.
– Je t'assure que si, je réplique joyeusement. Ne serait-ce que pour te voir prendre cet air pincé et
– Boucle-la.
– D'accord!»
Je le suis hors de la salle commune, puis à travers les couloirs, jusqu'à une salle d'étude qui m'est étrangement familière.
« Pourquoi est-ce qu'on retourne
– J'y ai laissé mes livres pour y revenir plus tard.
– Tu es revenu travailler ici depuis hier? je souris. C'est marrant, parce que des salles d'études il y en a quand même
– Sans commentaire!» gronde-t-il.
Héhé.
Il s'assoit à une table.
« Tiens, tu ne veux pas aller devant le feu cette fois?
– Non, répond-il sans détacher les yeux de la pile de livres qu'il dérange nerveusement.
– Tu ne le trouvais pas douillet, ce fauteuil, toi? je fais innocemment.
– Je doute qu'on puisse y travailler très efficacement dit-il entre ses dents.
– Là, tu marques un point», je ris.
Je prends la chaise à sa droite, et je la décale un tantinet vers lui. Il juge d'un il inquiet les derniers centimètres qui nous séparent avant de s'abîmer dans sa lecture.
« Il est dit dans ce livre, commence-t-il, que la fleur de vent, lorsqu'elle est séchée»
Je m'approche pour voir le paragraphe qu'il est en train de lire.
« et réduite en poudre»
Au lieu de regarder la page, je le fixe lui.
« peut servir à la composition des potions de détartrage des dents»
Il est clair qu'il est beaucoup plus doué que moi pour maîtriser l'afflux de sang dans ses joues. Par contre, pour ce qui est de contrôler les vibrations de sa voix, il a des progrès à faire.
« Je me demande si cela peut être considéré comme une potion médicinale?» poursuit-il.
Je pose une main sur ce fichu bouquin pour qu'il se décide à tourner les yeux vers moi, ce qu'il fait avec une réticence amusante.
« Tu Tu en penses quoi?
– Je n'en ai absolument rien à foutre.
– Oh. Ce n'est pas très constructif, ce que tu dis là.
– Nan.»
Ne trouvant rien à dire après cette réponse formidable, il se contente de me foudroyer du regard.
« Tu veux vraiment qu'on bosse? je demande avec ennui.
– Oui, vraiment.
– Pourquoi?»
Je jurerais voir un embryon de sourire contenu s'esquisser sur ses lèvres.
« Parce que si on finit aujourd'hui, on aura tout le dimanche de libre.»
N'ayant jusqu'ici soupiré qu'après une motivation, je lui arrache le livre des mains et me plonge sans plus attendre dans les joies du travail de recherches.
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Bon, voilà, c'est fini °ton morne d'un auteur qui a gravement l'impression de s'être cassé le popotin pendant un mois à écrire un chapitre totalement inutile°. On n'avance presque pas, c'est trop naze. Ça aurait dû continuer un peu, mais le chapitre était déjà beaucoup trop long pour votre santé et la mienne, alors bon. Tant pis.
Je n'ai pas une idée très précise de ce qui doit arriver dans le chapitre 10, je balise complètement. Je ne veux vous faire aucune promesse, sinon que je ne mettrai pas plus de temps pour l'écrire que j'en ai mis pour celui là...
Pas tapeeer...
Bisous à tous.
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Et voilà pour la seconde version encore plus longue. Ce bout était peut-être superflu (?), mais je ne voulais pas l'abandonner et quand j'ai essayé de le raccrocher au chapitre 10 il ne survivait pas au changement de point de vue, sans compter que ça faisait un début de chapitre complètement incohérent. Enfin voilà, un petit casse-croute en attendant le prochain chapitre !
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