Bonsoir tout le monde !
Alors, pour le titre du jour, d'une on change d'acteur, parce que pour la poésie et tout, de la fratrie, il n'y en a qu'un seul qui est la tête de l'emploi. Yep. Ce soir, c'est Sabo sur scène.
Seconde petite chose, à la base, je voulais pas publier ce chapitre. La raison est très conne : en général, il y a toujours une ou deux personnes qui apprécient peu les mots étrangers sans la traduction à proximité, et le problème, c'est que ce titre, une fois traduit, perd quasiment toute sa magie.
Finalement, je me suis résignée et je l'ai laissé tel quel. Mea culpa.
M'enfin, ce qui est fait est fait, tant pis si ça dérange. Je me rattraperai le mois prochain avec le chapitre suivant. Yep, parce que j'ai décidé de publier durant l'été les trois chapitres que j'avais mis de côté pour cette fiction. Et on commence par celle-ci.
Le titre du jour est donc Moonlight Kissed de Poets of the Fall, groupe magnifique que ma fait découvrir Misstykata.
Je vous laisse entre les mains de Sabo et je vous dis à très bientôt !
Sabo jura tout bas en se penchant de nouveau sur les cordes. Il venait deux fois par an à Kyoto et à chaque fois, il devait accorder se fichu piano. Il allait finir par accuser Izou ou un de ses vampires de le saboter exprès.
- Tu peux me redonner le La, s'il te plaît ? demanda le blond en se tournant vers Tami assise sur le canapé à dessiner.
La demoiselle se pencha vers la table basse du salon de musique (pour une fois qu'Ace n'y était pas avec son matos) et attrapa le diapason. Petit coup sur le bord de la table et elle le laissa résonner contre le bois, donnant une note de référence au blond. Celui-ci appuya sur une touche du clavier pour faire travailler une note grave, gardant une oreille sur la note de référence avant de régler celle du piano.
- Il faut croire que la musique est une affaire de famille, nota Tami en reposant le diapason une fois qu'il eut fini de faire du bruit.
- Pas tant que ça. Y'a que pour Ace où c'est naturel. J'ai pris des leçons de piano. D'abord parce que mes parents voulaient que je sois le meilleur parti d'Angleterre dans l'espoir d'attirer l'attention de la famille royale, et ensuite parce que je savais pas trop quoi faire de mes dix doigts et que Marco a bien eu envie de prendre du temps pour polir mes maigres compétences de pianiste. Luffy est une boucherie auditive. J'ai entendu des bébés jouer mieux sur des casseroles que lui, et ne parlons même pas de sa façon de chanter !
L'ange déchu se redressa pour déplacer les pinces qui isolaient les cordes afin de régler une autre note.
- Si je n'avais pas été là le jour de l'enregistrement de Paper Plane, j'aurai accusé Ace d'avoir eu recours à l'auto-tune ou quelqu'un d'autre pour chanter à la place de Luffy. Après, on a chacun nos talents. Je suis le seul qui puisse se prétendre un intellectuel dans le lot et faire usage de ma cervelle en permanence. Les deux autres ont mauvaise tendance à foncer tête baissée.
Sabo ne put s'empêcher de sourire.
- Mais ce sont mes frères et pour rien au monde, je n'en changerai, peu importe les défauts et les disputes. J'ai appris ce que c'était d'être libre grâce à eux.
Il testa la note qu'il était en train de régler et hocha la tête pour lui-même. Il en avait enfin fini, trois longues heures de travail qui s'achevait enfin. Il rangea le matériel qui lui avait servi à accorder le piano dans la caisse réserver qu'il déposa ensuite dans un petit placard du salon avant de revenir à l'instrument.
Plus qu'à tester.
Il aurait bien eu besoin de l'oreille de Marco mais il était assez tard et il n'avait certainement pas envie de le déranger pour ça. Ace aurait eu sa peau pour lui avoir piqué son homme.
Le jeune homme retira son collier de son col maintenant qu'il ne gênait plus, laissant pendre sur sa poitrine une de ses plumes d'acier accompagné d'une plume noir de chacun de ses frères. Il se retroussa ses manches et s'assit au piano pour s'assurer qu'il soit bien accordé.
- Je peux poser une question un peu personnelle ? demanda Tamashii.
- Je t'en prie, assura Sabo.
- J'ai bien compris que les cicatrices d'Ace viennent de cet incident d'il y a deux ans, mais pour ce qui est des tiennes, qu'en est-il ?
Sano porta une main à la brûlure sur son visage, caressant la peau marquée à jamais et désensibiliser du bout de ses doigts, avant de retourner au clavier du piano.
- Sais-tu qu'elles doivent être les conditions pour devenir un ange ? demanda Sabo.
- Outre mourir et être pure, aucune. J'ai un peu de mal avec le concept de pureté.
- T'en fait pas, passé quelques années, beaucoup de monde nagent dans le flou devant ce concept, tu n'es pas la seule. Pureté est plus synonyme d'innocence. De Foi en le monde, en la magie, en l'espèce humaine. Il faut aussi mourir tragiquement. Pour être un ange gardien, il faut avoir un potentiel magique et mourir en se sacrifiant pour autrui.
Malgré le fait qu'il soit en train de parler des circonstances de sa mort, il conserva le sourire.
Parce que malgré tout, ça avait été le meilleur moyen de briser ses dernières chaînes.
- Potentiel magique, j'avais. J'avais des dons de voyances, des visions qu'il m'arrive encore d'avoir, pour le meilleur et pour le pire. Mais je ne me suis sacrifié pour personne. A dix ans, je n'étais qu'un pantin entre les mains de mes géniteurs, qui voulaient s'élever dans la bonne société de la noblesse anglaise. Être juste des Lord n'était pas suffisant pour eux.
Sabo regarda la fenêtre en face de lui pour voir la lune ronde qui brillait au dehors de la fenêtre ouverte.
- C'était un soir de pleine lune aussi. Je me suis assis au piano de la salle de balle du manoir de mes parents après avoir allumé quelques chandeliers. Pourtant, je ne me souviens pas de la lueur des flammes, juste la lueur argentée de la lune…
Ses doigts trouvèrent seuls les vieilles notes qui l'avait hanté. A l'époque, il ne connaissait le titre que par une vision, avant même qu'elle ne soit écrite.
- J'ai joué du piano et ça a réveillé mes parents. Mais il était trop tard, le feu avait déjà bien prit dans la salle et ils n'avaient pas la possibilité de me rejoindre.
Il ferma les yeux, continuant l'introduction du titre qui avait hanté ses rêves très souvent au cœur de la nuit et qui avait accompagné ses dernières minutes.
- Pourtant, je suis resté assis sur mon banc en souriant pour jouer ce morceau. Les cinq dernières minutes de ma vie.
Un courant d'air s'engouffra comme un fait exprès dans le salon, soufflant des bougies, plongeant le piano dans un univers semi éclairer, presque éthéré, où le bois ciré renvoyait le reflet et la lueur de la lune.
Comme possédé, Sabo joua, conservant son sourire nostalgique sur les lèvres, les yeux fermés accompagnant de sa voix douce et basse les notes envoutantes de son requiem.
I see shadow and light,
Stroking the mist.
And I hear voices take flight,
And send out our wish.
Of peacefull dreams on a night,
Moonlight kissed…
Cet hommage à l'innocence et à la beauté.
Il lui avait donné sa voix d'enfant à cette ode.
En échange, il se souvenait juste de s'être endormi sur le piano.
Pas de douleur, juste un paisible sommeil.
Tendrils of smoke lash the street
And shamelessly court
Disguised honey sweet
To cater all sorts
And hushed tones all agree
And the world distorts
Aujourd'hui encore, ce titre le hanté sans qu'il ne parvienne à savoir pourquoi.
Sous ses paupières, les mêmes arcades en ruines s'aligner sous le clair de lune, le lierre et les herbes folles en ayant fait leur royaume, alors que la brume dansait paresseusement sous les pierres encore intactes.
Wishing on a speck of dust
In this crazy ocean of fate
An echo of a memory
And maybe just a little too late.
Peut-être que c'était le sens caché de la magie.
Un monde éthéré et irréel où les vœux n'étaient que mirage pour faire sens à la folie du monde.
Ou alors, comme la chanson le disait, cette image n'était qu'un souvenir.
Un souvenir ou une vision ? Il n'en savait rien, mais ce lieu l'avait toujours hanté.
Surtout parce qu'il y était seul alors que ses frères avaient été toujours eut une part importante dans sa vie.
Fingers of blue on the snow
Reaching to touch
The warm light still aglow
Across the porch
We watch the scene die untold
Outside our window
Ou alors, c'était juste ça.
Seulement un Requiem.
Une part de lui qui avait toujours su comment sa vie devait se finir.
Et ainsi, ce lieu qui le hanté n'était peut-être qu'un fragment de souvenir qu'il conservait de l'autre monde.
De ce soi-disant Paradis qui n'avait pas vu les souffrances de l'enfant qui avait dit stop.
For my words are the salt of lust
On that ivory skin
Difficult to hear at all
Through the everyday din !
Peu importe ce qu'il en était de la nature de cette chanson ou de ce paysage.
Il était ici encore pour un moment.
Il philosopherait sur ça quand le ASL ne serait plus.
Quand ses frères ne seraient plus là pour lui donner une raison de rester en ce monde avec des ailes d'acier.
What is this if not some witchcraft?
Wrapped up widdershins
To lead us all astray
Hook in mouth
On through such webs of lies
Truth's a distant star
In our eyes
Moonlight kissed
Sabo rouvrit les yeux, ses doigts continuant de danser sur le piano.
La lune d'argent se reflétait dans le bleu cristallin de ses yeux.
Et si ce paysage de ses rêves n'était que mensonges, comme ce monde.
Tant de secrets et de rêves fauchés.
De mensonges si intriqués les uns dans les autres.
Tel que l'était la magie.
La lune au dehors semblait se moquer de lui.
New day comes again
And it laughs in your face
Whispering secrets of pain
By all its names
What flame could burn out the stain
Of a life misplaced?
Un nouveau jour viendrait après lui.
Après eux.
Un jour moqueur pour eux qui vivaient sous les bonnes grâces enchanteresses de la lune.
Un jour qui les briserait et leur cracherait à la figure.
Un jour qui leur dirait clairement qu'ils n'avaient pas leur place en ce monde.
La cicatrice sur le picota légèrement à cette pensée, agitant son visage d'un tic.
But summer's scent still lingers
In your hair
Despite the ache
There's magic everywhere
Mais en dépit de tout cela et du futur qui les attendraient, ils pouvaient toujours continuer de vivre.
Arracher à la vie ses petites plaisirs.
Dans ses rêves, une jeune femme apparaissait parfois. Une femme aux cheveux châtains et aux yeux aussi gris que l'acier.
Elle dansait entre les ruines, apportant vie et lumière dans ce cimetière antique.
Elle lui avait semblé tant de fois si réelle qu'il pouvait presque se rappeler de l'odeur de ses cheveux.
La magie était une chose si magnifique et pourtant si cruelle.
Out the window run rebellion
Rapt with all you find
For seeking something new
Play in the ponds like summer's wind
Dance with the trees melding with mist
Beyond their flower field like
You're moonlight kissed
Ils pouvaient toujours apprécier les petits plaisirs de la vie en dépit du fait qu'ils devaient prendre les armes pour avoir droit à cela.
- Tu sais, si Izou passe son temps à saboter le piano quand il sait que tu dois passer, c'est pour t'entendre chanter. Ose dire que c'est juste moi qui trouve que tu as une belle voix.
Les deux occupants de la pièce sursautèrent quand la magie de la scène fut coupée par l'apparition d'un Ace qui s'était tiré du lit spécialement pour entendre son frère.
- T'es là depuis longtemps, comprit Sabo.
- J'ai essayé en vain de retenir l'incendie ce soir-là, et je n'ai pu qu'en sortir ton corps sans vie, rappela Hiken. Je ne t'en veux pas, je sais pourquoi tu avais fait ça. Et tu es là, c'est l'essentiel.
L'ange eu un reniflement narquois en refermant le capot du piano. Il défit ses manches et se leva du banc qu'il rangea sous le clavier.
Le corbeau vint vers lui, une main dans une poche de son pantalon de pyjama, l'autre bras grand ouvert, l'air décidément pas très bien réveiller. Sabo vint répondre à l'étreinte. Les deux frères restèrent enlacer un instant, avec que l'ange ne se détache.
- Reste pas torse-nue, tu me donnes froid.
Ace roula des yeux dans ses orbites pour tout commentaire.
- Je vous souhaite bonne nuit, j'ai deux mots à toucher à un vampire sur le sabotage répétitif du piano.
Le blond s'inclina avec élégance en salutation pour Tami et s'en alla en guerre contre le propriétaire des lieux.
- Ace ?
Hiken se tourna vers sa semblable alors qu'il allait retourner se coucher.
Tami se contenta de lui tendre son carnet de dessin.
- C'est ce que j'ai vu pendant que ton frère était au piano.
Ace s'avança et prit le carnet de dessin pour sourire tristement.
Sur l'image, des silhouettes d'enfants avec juste assez de détails pour qu'il puisse deviner qui était qui, étaient réuni autour d'un piano comme celui d'Izou. Sabo était au clavier avec son haut de forme. Un petit Luffy avec un chapeau de paille presque trop grand pour lui était allongé de tout son long sur le sommet du piano, souriant de toutes ses dents à Sabo. Lui-même était adossé à un des pieds du piano. Son visage n'était pas fini pour qu'il sache ce que son personnage faisait ou pensait, mais il n'y avait que lui pour avoir un front aussi large et ces deux mèches rebelles sur le devant.
- On n'a aucune photo de nous trois ensembles, de l'époque. C'est bien dommage. Quand tu auras fini, tu pourras m'en faire une copie, s'il te plaît ?
- Bien sûr, sourit Tami.
- Te couche pas trop tard, sinon, tu sera fatigué pour aller voir les cerisiers demain. Bonne nuit Tami.
- Bonne nuit Ace.
Et le chanteur s'en alla retrouver son amant et son oreiller en humant doucement le requiem de Sabo.
- Moonlight kissed~…
Un cookie pour ceux qui reconnaitront la fic d'origine de la femme qui hante Sabo !
