Bonjour bonjour, je voulais faire vite pour vous mettre ce chapitre mais Fanfiction a décidé de faire son chiant... Bref après moultes manipulations, voici ENFIN la suite (et si il manque des mots ou si la mise en page est bizarre je m'excuse d'avance, j'ai sauvegardé plusieurs fois et relu, mais j'ai peut être loupé des trucs!)
Comme d'habitude un grand merci à celles qui me suivent, à ma béta, et bienvenue aux nouvelles Melutw et Alfakyne
Bisous, et passez un bon dimanche! ^^
Chapitre 8:
Renesmée POV
- je pense que tu peux arrêter de me vouvoyer pour de bon cette fois! Lui dis-je, amusée.
La première fois qu'il m'avait rencontrée, Nathan s'était permis un ton familier avec moi, jusqu'à ce que Seth lui fasse une remontrance. Depuis, il hésitait entre son respect et son amitié pour ma personne. Bien que je fusse habituée, j'avais l'impression que ça brouillait notre relation. Je me confiais souvent à lui, et même si je ne le considérais pas comme un membre de ma famille, je restais très attachée à ce vampire anglais. Nous parlions facilement et quand le vouvoiement revenait à l'attaque, j'avais l'impression qu'une barrière s'imposait entre nous, chose qui me dérangeait. Je savais qu'il était plus vieux que Carlisle du point de vue vampirique, et force m'était de constater que sa vision de l'amitié avec une femme n'était pas la même que la mienne. Après tout, il avait vécu seul une partie de sa vie, à se concentrer sur son régime alimentaire, il était donc normal qu'il ne soit pas très à l'aise avec une jeune fille, et qui plus est, n'ayant que quinze ans de vie sur terre.
- ça m'est difficile! Répondit-il alors qu'il tentait d'esquiver la foule qui traversait la route pour affluer sur le trottoir.
- tu as bien réussi la première fois qu'on s'est vus !
Il marchait vite et j'avais un peu de mal à le suivre, ne voulant renverser personne sur mon passage. Il était doué pour se frayer un chemin, c'était peut être son aura de vampire qui forçait les gens à s'écarter, mais moi j'avais la nette impression que personne ne me voyait. Nombreux étaient les coups d'épaules que je recevais, et intense était mon envie de me retourner pour leur crier que j'étais un demi-vampire et que je pouvais les tuer sur le champ si je voulais. Au lieu de ça, je me contentais de le penser chaque fois que je rentrais en contact avec quelqu'un, ce qui me valait des regards perdus et des êtres humains déboussolés, se demandant certainement si la pollution de la ville ne leur avait pas affecté quelques neurones.
- vrai! Vous… tu sais que je fais des efforts? Je n'ai pas l'habitude d'être comme tel avec les femmes. Quand je me suis trouvé face à… toi, j'ai voulu faire bonne impression en parlant comme les jeunes de maintenant, mais c'est vraiment bizarre. De mon temps même entre personnes du même âge il n'y avait pas de tutoiement.
Je rigolai. Il était vrai que Nathan détonnait complètement dans cet univers de strass et paillettes. Il était plus de deux heures du matin, la rue était illuminée par les nombreux néons de restaurants, d'hôtels, de bars, les gens riaient, s'amusaient, et lui paraissait totalement perdu. Il n'avait pas l'œil critique, juste curieux d'un tel changement entre chaque siècle qu'il avait traversé. Autant Carlisle avait su évoluer avec son temps, autant Nathan était resté figé dans son Angleterre des années 1600.
- pourtant tu as voyagé, tu n'es resté cloîtré chez toi qu'une infime partie de ta vie, histoire de ne plus avoir envie de sang humain.
- oui, mais je ne parlais que très peu. J'ai toujours eu beaucoup de mal à m'intégrer, c'est vrai! Dit-il gêné.
- et bien il va falloir changer tes habitudes mon cher! Lançai-je alors que nous prenions une rue perpendiculaire à celle que nous venions de traverser et qui menait à la villa.
- le conseil s'applique également pour toi, éluda-t-il.
- j'y réfléchis figure toi!
- peut être mais tu n'agis pas en conséquences. Regarde, moi, j'ai déjà appliqué la leçon! Dit-il fière de lui, bombant le torse plus fort qu'il ne le faisait déjà, habitude bourgeoise oblige.
- j'attends un signe du destin, dis-je en soupirant.
Il haussa les sourcils, sachant très bien que je me moquais de lui.
- alors tu n'es pas prête de retourner le voir ton Jacob!
Je ne répondis rien, sachant qu'il avait raison.
Arrivés devant la grille qui protégeait notre propriété, je composai le code qui permettait aux membres de ma famille de pouvoir entrer sans avoir à sonner. Une fois dans la cour je remarquai un certain raffut à l'intérieur à mesure que nous approchions. Je me hâtai de monter les marches et d'ouvrir la porte d'entrée, suivie de Nathan. Ma mère se tenait debout entre la table basse et un des canapés sur lequel était assis Emmett.
- déjà revenus de votre promenade dominicale? Lança-t-il avec son sourire en coin, alors que Rosalie traversait la pièce en direction de la terrasse, des planches en bois brisées entre les mains.
-mais qu'est-ce qui se passe ici? Demandais-je, soudain inquiète.
Alice descendit l'escalier de son pas aérien et s'arrêta face à moi, la mine contrite.
- Embry a eu un léger souci. Mais tout va bien, juste un peu de casse, s'empressa-t-elle de rajouter en voyant mes yeux s'écarquiller.
Rosalie refit le chemin inverse, ne nous adressa même pas un regard en remontant à l'étage, et je m'apprêtai à la suivre quand je vis Embry suivi de mon père descendre à leur tour.
-est-ce que ça va? M'enquis-je avant de voir le visage blanc comme un linge de mon ami répondre indirectement à ma question.
Voir un Quileute pâle était une chose assez rare. Il n'égalerait jamais un vampire, mais tout de même, c'était impressionnant.
- mais…
Je fus interrompue par le loup-garou qui me serra dans ses bras avec force. Et une vague d'angoisse s'abattit sur moi. Il était arrivé quelque chose à La Push.
- Em'…
- il faut rentrer, dit-il en me relâchant. Et si tu ne veux pas venir, alors j'irai seul.
Je secouai la tête, incapable de prononcer un mot. Il était arrivé quelque chose à un des membres de la meute? À Jacob? Était-il…
- Renesmée ce n'est pas ce que tu crois, intervint mon père.
- ton loup a fait un rêve, lança Rosalie agacée et de retour parmi nous, les bras chargés de nouveaux débris.
Mes sourcils se froncèrent automatiquement. J'avais l'impression d'avoir loupé quelque chose.
- écoute Nessie j'ai un mauvais pressentiment, un truc est en train de se passer là-bas j'en ai la certitude, et en plus de ça personne ne répond au téléphone, reprit Embry.
- il a rêvé que tout le monde était mort dans sa réserve, du coup il pense que c'est la réalité, continua Rose en s'éloignant vers la baie vitrée.
Mon ami lui lança un regard indigné mais reporta son attention sur moi.
- crois-moi Ness, je le sens au plus profond de mes entrailles!
Je posai ma main sur son bras, voyant qu'il commençait à trembler.
- ok, on se calme! Dis-je en haussant le ton. Déjà vous allez arrêter de me donner les informations au compte-gouttes, parce que je ne comprends rien!
Mon père fit un signe de tête et tout le monde se dirigea vers le salon. Je pris place dans un des sofas, accompagnée de Nathan, Esmée et Emmett, tandis que mes parents et Carlisle restaient debout. Ma mère avait l'air d'être à deux doigts de se ronger les ongles tout en réfléchissant intensément. J'étais sûre qu'elle planifiait déjà le départ d'Embry. Ce dernier se laissa tomber dans un fauteuil.
- j'ai rêvé que je revenais à la réserve sans toi, qu'il n'y avait personne ni chez Sam ni chez Billy. Je suis allé chez Sue qui m'a dit que la meute avait senti un vampire et qu'ils n'étaient toujours pas revenus. Je suis parti à leur recherche, dans la forêt et j'ai trouvé Jake…
Il fit une pause et me fixa un court instant, se triturant les mains.
- il s'était fait mordre. Avant de mourir il m'a demandé de sauver les autres mais je savais pas où ils étaient, j'étais perdu et j'entendais personne sous ma forme de loup. Et puis j'ai continué mon chemin et je les ai tous trouvés…
Je comprenais à quel point il avait envie de rentrer. Si j'avais rêvé de la même chose concernant ma famille, j'en aurais aussitôt profité pour passer plus de temps avec eux. Mais Embry était loin des siens et la seule chose qu'il pouvait faire était prendre son mal en patience.
- qu'est-ce qu'il s'est passé ensuite? Demandais-je. Tu t'es réveillé?
- je me suis fait mordre et ensuite je me suis réveillé. Sous ma forme lupine.
- il s'agissait sûrement d'un mécanisme de défense, intervint mon grand père.
Mon ami acquiesça simplement mais ne dit rien. Rosalie, Alice et Jasper continuaient de faire des allers-retours, mais bientôt ce dernier resta avec nous.
Je tentai de ne pas m'arrêter sur les détails du rêve, ou plutôt du cauchemar, mais je ne pouvais m'empêcher d'imaginer Jacob mourir. Mon cœur rata un battement et je fus vite de retour dans la réalité, mon père me regardant avec une certaine appréhension.
- tu sais, il est dix heures du soir là-bas, tentais-je de rassurer Embry. Les garçons sont peut être encore en train de patrouiller, Emilie doit dormir, Billy et Sue également…
Plus je parlais, moins je me trouvais convaincante.
- tu ne ressens rien toi? Me demanda soudain le loup garou. T'as pas l'impression que Jake est en danger, je sais pas, qu'il est blessé?
- non je suis désolée, je n'ai aucun pressentiment ou quoi que ce soit. Mais tu sais ce genre de cauchemars peut être très déstabilisant, et tu es loin d'eux…
- c'est peut être un signe, qu'il faut que vous les rejoignez, proposa Nathan.
L'attitude d'Embry changea du tout au tout. Il parut soudain en colère.
- il est hors de question que je laisse Nessie ici, Jake va me tuer!
- s'il n'est pas déjà mort, piqua Rosalie qui devait avoir fini de sortir ce qui restait des meubles.
Je lui lançai un regard outré et elle détourna le sien.
- je voulais dire, avec Renesmée, reprit Nathan comme si de rien était.
Le loup, qui avait fini de fusiller ma tante des yeux, reporta son attention sur le vampire, et finalement sur moi.
Voilà que mon signe du destin évoqué plus tôt faisait son apparition.
- je pense qu'il a raison, dit enfin ma mère après plusieurs secondes de silence pendant lesquelles, je le savais, tout le monde attendait une réponse de ma part.
- mais on ne peut pas attendre? On peut réessayer de téléphoner dans la journée, quelqu'un finira bien par répondre, proposais-je, ayant l'impression que tout s'enchaînait trop vite.
- oui on ne va pas non plus réserver un vol pour tout de suite, me soutint Emmett.
Embry paraissait soucieux, et je savais qu'il prenait son sentiment d'insécurité très au sérieux. Il se leva, sortit de la maison en silence et j'en fis de même.
- attends, on peut en discuter s'il te plaît? Demandai-je en arrivant à son niveau.
Il se dirigeait vers le fond du jardin, voulant certainement s'éloigner le plus possible de la villa. Ce qui était difficile car la cour n'était pas très grande.
- je comprends ce que tu ressens, osai-je.
Il s'arrêta et se retourna vers moi.
- non. Tu restes ici pour quoi? Pour ne pas faire déménager ta famille de vampires. Ils sont immortels Nessie, ils peuvent habiter autant d'années qu'ils veulent dans toutes les villes du monde! Et puis l'état de Washington est assez grand pour qu'ils n'aient pas à venir trop près de la réserve. Tu cherches la petite bête, voilà tout! On a une excuse pour enfin rentrer et toi tu veux encore attendre!
- tu la cherches pas non plus la petite bête? Tu fais un rêve où tout le monde meurt, et à peine réveillé tu veux aller les voir parce que t'as la trouille. Je vois Jacob se faire tuer toutes les nuits et ce n'est pas pour ça que je pleure pour rentrer! Criai-je.
- et bien tu devrais! Parce que je commence vraiment à me demander si tu comptes le revoir un jour! S'énerva-t-il.
Son insinuation me vexa profondément, et je croisai mes bras sur ma poitrine, quelque peu hors de moi. Je reculai, et finalement fis demi-tour pour rentrer.
À l'intérieur, les membres de ma famille me regardèrent passer sans dire un mot, et je filai rapidement dans ma chambre. Claquant la porte et me rendant compte de mon attitude totalement puérile et incompréhensible, je m'allongeai sur le lit et fermai les yeux. Mon père avait compris le message que je ne voulais de personne dans ma chambre, et pas de lui dans ma tête. Je me sentis enveloppée de la bulle protectrice de ma mère et appréciai enfin le bien-être de pouvoir penser librement.
Le fait est que moi aussi j'étais aussi perdue qu'eux quant à mon comportement. J'avais l'impression d'être revenue quelques années en arrière, quand je ne contrôlais pas vraiment mes émotions et surtout mes actions. Je ne voulais pas que ma famille ne déménage à cause de moi, certes, mais mon retour à la Push me faisait un peu peur. Et ce, pour une raison obscure. J'avais beau y réfléchir, envisager toutes les hypothèses, je ne comprenais pas pourquoi je n'avais pas cette envie irrépressible de rentrer. J'avais terriblement besoin de retrouver Jacob et les autres, de voir Emilie enceinte, d'en savoir plus sur leur vie, mais si le retour des Cullen, même dans les environs, signait aussi le retour des problèmes?
Ce qui venait de se passer ce soir avait été très rapide. J'étais au pied du mur. Décevoir Embry et les autres, ou me lancer enfin dans l'aventure et rester définitivement là bas? Vu comme ça, le choix était vite fait.
- je peux entrer? Entendis-je dire derrière la porte.
Mon loup garou d'ami n'avait déjà plus l'air d'être en colère, et je n'avais plus de raison de lui en vouloir non plus.
- oui, dis-je simplement.
Il pénétra dans ma chambre et vint s'adosser à mon dressing. Il soupira avant de glisser ses mains dans ses poches.
- je suis désolé, avoua-t-il.
- moi aussi, dis-je en me redressant.
Je le fixai, attendant qu'il parle, car je me doutais qu'il ne venait pas juste pour ça, enfreignant ma règle d'entière solitude en ce lieu.
-j'ai quelque chose à te proposer.
- vas-y, l'incitais-je d'un mouvement de la main.
- j'attends qu'il fasse jour à la Push pour avoir des nouvelles des autres, et si j'ai raison et qu'il se passe vraiment quelque chose, on part tous les deux!
Je rigolai sans joie en le regardant.
- et s'il se passe rien?
- vous rentrez quand même, dit une voix derrière Embry.
