La suite pour mes mousquetaires )
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Je dédis ce chapitre à ma Finchette et à mon ninja sans qui la suite ne serait peut être pas arrivée
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Petite mise au point :
Je précise que désormais les commentaires seront modérés si vous postez sans vous identifier. J'accepte les critiques si elles sont constructives, pas les remarques sans fondement
Si mes histoires ne vous plaisent pas : passez votre chemin il y a des dizaines d'autres fics à lire sur ce site. De même si mon univers vous « ennui » ou « vous saoule » je suis l'auteure, je décide de ce que contiendra mon histoire si vous n'aimez pas, choisissez une autre page…
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Bonne lecture !
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Finch déverrouilla l'alarme et ouvrit la porte, prêt à affronter l'assaut joyeux de leur complice canin qui, bien entendu, ne se fit pas attendre. Lorsque Bear eut satisfait son besoin de câlins, l'informaticien alla ouvrir la porte de la cour pour qu'il puisse sortir quelques minutes et se rendit à la cuisine pour remplir sa gamelle, pourvoyant ainsi aux autres besoins du malinois. Ensuite il décida de s'occuper de lui et en priorité de s'accorder une bonne douche pour tenter d'effacer un peu la fatigue de ses derniers jours et de sa nuit sans sommeil. Il serait volontiers resté indéfiniment sous le jet d'eau chaude qui détendait ses muscles et le rafraichissait agréablement mais il lui fallut bien se résigner à le quitter pour se préparer à cette nouvelle journée. Une fois habillé, il s'accorda quelques minutes pour petit déjeuner d'un thé et d'un croissant, dont Bear lui soutira la moitié d'un regard tendre, puis ils quittèrent la maison pour rejoindre la bibliothèque.
Ils étaient à peine arrivés qu'un téléphone vibra sur le bureau. Finch fronça les sourcils devant le nom de l'appelant. Un dimanche matin à 8H30 c'était assez surprenant ! Il décrocha, curieux
-« Allo ? »
-« Bonjour M Wren »
-« Bonjour M Wells. Vous êtes bien matinal »
-« Heu… oui. Mais j'ai besoin de vous parler » répondit Terry « Assez rapidement » précisa t-il
Finch captait une sorte d'impatience dans sa voix. D'ailleurs il ne cherchait pas à discuter comme il en avait l'habitude
-« Y a-t-il un problème au cabaret ? » demanda l'informaticien qui se doutait que ce n'était surement pas le sujet de l'appel. De par les rapports quotidiens de Bella il savait que durant la semaine écoulée les affaires n'avaient, pour une fois, pas été la priorité du gérant. Pour quelqu'un comme Wells qui vivait avant tout pour son cabaret et ses spectacles c'était exceptionnel
-« Non. Tout va bien. C'est autre chose »
-« Je vois. Toutefois M Wells si vous souhaitez me parler de M Litmanen il me semble vous avoir déjà répondu à ce sujet »
-« Je sais. Vous lui avez promis la discrétion » répondit Terry. Finch s'attendait à une remarque ironique ou acerbe mais rien ne vint. Même le ton employé lui semblait neutre « Mais j'aimerais quand même…en discuter… »
-« Je ne suis pas sur…. » Commença Finch
-« S'il vous plaît » le coupa Terry, le surprenant par son humilité
-« Bien » concéda l'informaticien « Voulez vous que je passe au cabaret ? »
-« Je préférerais un endroit plus… discret »
« Loin des oreilles de Bella » Traduisit Finch pour lui-même. Il réfléchit quelques secondes, songeant que Reese n'aimerait pas qu'il se retrouve isolé avec le gérant en ce moment même s'il ne pensait pas que cela soit dangereux, son agent lui objecterait sans doute que Wells se montrait parfois fort nerveux… Il opta pour une solution intermédiaire et choisit un lieu public
-« Je vais vous envoyer l'adresse d'un salon de thé où nous pourrons discuter tranquillement » affirma t-il
-« D'accord. Quand êtes-vous disponible ? »
-« Voulez vous vers 15H ? »
-« J'y serais. Merci M Wren »
-« A tout à l'heure » murmura Finch décidément surpris de sa docilité. « Espérons qu'il ne se passera rien d'urgent cet après midi » songea t-il. Sauf si cela pouvait permettre de clore l'enquête. Il se tourna pour allumer son système mais à peine s'était-il penché vers lui que son portable vibrait à son tour
-« Harold ? »
-« Oui John »
-« Vous êtes à la maison ? »
-« Nous venons d'arriver à la bibliothèque »
-« Vous auriez pu rester vous reposer un peu » grogna Reese
-« Pour réparer les méfaits de l'arrosage automatique ? » suggéra l'informaticien. Il entendit son partenaire glousser
-« Je vous ai déjà dit combien il est dangereux d'être sur le terrain. C'est vous qui avez insisté pour venir »
-« Hum. La prochaine fois je prendrais mes précautions. Un bon parapluie n'est jamais superflu »
-« En tout cas c'est un plaisir de vous réchauffer » commenta l'ex agent. Finch se sentit aussitôt rougir
-« J'ai pu constater combien cela vous plait M Reese » marmonna t-il
-« Ca vous direz une autre balade la nuit prochaine ? » taquina l'ex agent
-« Je pense plutôt accepter quelques heures de sommeil auprès de Bear »
-« Il a votre préférence ? »
-« Il est reposant »
-« Je ne sais pas comment je dois le prendre » grogna John
-« A vous de juger » taquina son partenaire « Tout dépend de ce que vous savez de moi John, de nous… » Reese retrouva le sourire
-« A quelle heure la promenade ? » chuchota t-il
-« Je vois que vous êtes perspicace » Jugea Finch « Comment est l'ambiance au domaine ? » demanda t-il pour recadrer la conversation
-« Rebecca et Nick sont restés ensemble et ont même partagé le petit déjeuner ce qui est à priori devenu assez rare pour être mentionné. Scott n'a pas encore bougé de sa chambre, il communique avec son grand père »
-« Pour leurs paris ? »
-« Oui. Sacha et Sandro s'amusent dans la chambre du plus jeune et Eva n'a pas quitté son studio. Ah j'ai croisé Martin ce matin lorsque j'ai quitté ma chambre. Nous avons échangés quelques… commentaires… »
-« Oh » souffla Finch perturbé « Est-ce que… » Bredouilla t-il « Est-ce qu'il… »
-« En fait Martin était si choqué par les événements d'hier soir qu'il a préféré se rendre chez sa petite amie en ville. Il est ressorti quelques minutes après nous avoir ramené » relata tranquillement l'agent. Il perçu le soupir soulagé de son partenaire « Il a bien fait parce qu'à bien vérifier les murs ne sont pas si épais dans ce bâtiment »
-« John ! » gronda l'informaticien
-« Je ne suis pas coupable ! » protesta l'agent « C'est la literie qui a besoin d'être renouvelée ! »
-« Voulez vous bien être sérieux un moment ! » affirma son compagnon voulant surtout mettre fin à une conversation embarrassante
-« D'accord. Mais uniquement pour vous faire plaisir »
-«Vous êtes trop bon » grinça Finch. « Bien, je vais commencer une recherche dans les fichiers de la maison de couture. Il faut tirer cette histoire au clair ».
-« Vous pensez vraiment que cela nous fournira une piste ? »
-« Cela ne pouvait pas être une coïncidence »
-« Non c'est un peu gros. Enfin s'il y a eu manipulation vous la découvrirez, je vous laisse faire vos tours de magie M Finch ! »
-« Merci M Reese, je vous ferais savoir ce qui ressortira de mon chapeau » ironisa celui ci
-« Et Harold…. »
-« Oui ? »
-« N'en faite pas trop quand même. Je ne voudrais pas être responsable d'une migraine »
-« Ne vous inquiétez pas. Je serais raisonnable, votre complice me surveille » Bear approuva d'un jappement, faisant sourire ses maîtres
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John surveillait Rebecca qui se terrait dans le jardin d'hiver, donnant des consignes au jardinier sur la décoration et précisant les nouvelles plantes dont elle voulait faire l'acquisition. Elle semblait nerveuse, sans doute encore sous l'influence des événements de la veille. Le jardinier écoutait attentivement sans oser rien dire. L'appel les fit sursauter tout les deux
-« Rebecca ! » Ils se tournèrent vers la porte de communication où s'encadra alors la silhouette de Nick. Reese, qui s'était rapproché, fronça les sourcils devant l'expression de colère qui déformait les traits de l'homme « Rebecca tu me dois une explication ! »Hurla t-il. La jeune femme se raidit. Si elle ne comprenait visiblement pas la colère de son époux, celle-ci l'impressionnait
-« Arthur nous continuerons plus tard vous pouvez disposer » intima t-elle par reflexe. Le jardinier s'éclipsa aussitôt sans demander son reste « Pourquoi hurles-tu ainsi ? » Ajouta t-elle pour son mari
-« Peux-tu me dire ce qu'est ceci ? » demanda celui-ci en posant un objet de forme allongé sur la table devant elle. Rebecca le fixa un instant puis leva les yeux vers son époux
-« Tu le sais bien ! »
-« J'aimerais que tu me le rappelles » insista Nick avec un regard dur
-« C'est …une pipe » précisa finalement la jeune femme, troublée
-« Bien. Et pourrais-tu m'expliquer ce que fait cet objet dans les mains de mon fils ? » Poursuivit l'avocat faisant visiblement de gros efforts pour garder son calme
-« Pardon ? » s'exclama Rebecca en écarquillant les yeux
-« Je veux savoir ce que fait cet objet entre les mains de Sacha ! »
-« Mais…je ne sais pas ! » bredouilla Rebecca, troublée « Comment aurait-il pu se procurer cela ! »
-« Peut être en fouillant dans les affaires de sa propriétaire ? Ce ne serait pas la première fois que Sacha jouerait les explorateurs dans tes armoires ! »
-« Mais elle n'est pas à moi ! » protesta Rebecca, outrée
-« Et a qui d'autre ? » rétorqua Nick furieux « N'est ce pas toi qui a l'habitude d'utiliser ce genre de cochonnerie ? »
-« Mais non ! »
-« Vraiment ? Tu as la mémoire courte ma chère ! »
Rebecca leva les mains comme pour temporiser
-«Nick, calme toi je t'en prie ! Je ne nie pas avoir utilisé cet objet autrefois. C'était à l'époque où je vivais avec Pietro et… et aussi au début de notre mariage je l'avoue. Mais j'ai tout arrêté lorsque je suis tombée enceinte de Sacha tu le sais très bien ! »
-« Oui, ça je le sais. Ce que j'ignore c'est quand tu as renoué avec tes mauvaises habitudes ! »
-« Jamais ! Je n'ai jamais repris de drogue ! »
-« Alors comment expliques-tu la présence de cet objet ? »
-« Et pourquoi serait-elle forcement à moi ? » protesta la jeune femme « Je ne suis pas la seule à vivre ici »
-« Sacha l'a trouvé dans tes affaires ! Il me l'a avoué ! »
-« Quelqu'un a pu l'y glisser ! »
-« Ah oui, bien sur ! » ricana Nick « La théorie du complot ? Encore ? Tout le monde est contre toi »
-« Pourquoi ne veux-tu pas me croire ! » s'emporta la jeune femme
-« Peut être parce que je t'ai cru un peu trop souvent Rebecca et que j'ai souvent eu à le regretter »
-« Je te dis que cela ne m'appartient pas ! » hurla celle ci à bout de patience. Les deux époux se défièrent du regard, la tension dans la pièce était palpable. Reese se rapprocha davantage, prêt à intervenir. Nick se redressa légèrement
-« Que ce soit bien clair Rebecca » dit-il d'un ton ferme « Tu peux me blesser, j'ai l'habitude, mais je ne te laisserais pas briser notre fils ! »
-« Tu racontes n'importe quoi ! »
L'avocat fit un pas en avant et saisit sa femme par le poignet
-« Je préfère te prévenir Rebecca, n'espère pas que tu te débarrasseras de moi comme de tes autres époux ! Si je pars ce sera avec mon enfant ! » Il se pencha pour rapprocher leurs visages « Ne compte pas sur moi pour t'abandonner mon fils ! » Cria t-il. Puis relâchant brusquement sa prise il tourna les talons et quitta la pièce en claquant la porte derrière lui si violemment que les baies vitrées vibrèrent sous le choc. Rebecca resta au milieu de la pièce sans réaction quelques instants, comme assommée. Puis elle se laissa tomber sur un fauteuil, la tête entre les mains, visiblement perdue. Reese l'épiait, guettant ses réactions. Quelques minutes plus tard, alors que Rebecca n'avait toujours pas bougé, il vit Nick partir avec son propre véhicule en emmenant son petit garçon. Il pressa son oreillette
-« Oui M Reese ? »
-« Pouvez-vous utiliser le traceur que j'ai posé sur la voiture de Nick pour savoir où il va ? »
-« Bien sur, tout de suite » l'ex agent entendit le bruit des touches rapidement frappées « Y a-t-il un problème avec M Henson ? »
-« Une dispute assez violente »
-« Oh » souffla Finch
-« Je suis sauf Harold » précisa John
-« Hum » marmonna l'informaticien prit en faute. Il écouta son partenaire lui retracer l'altercation
-« Je comprend la colère de M Henson. Cela aurait pu avoir de graves conséquences. Je n'ai pas trouvé de trace d'une quelconque addiction dans le passé de notre numéro »
-« Je suppose qu'elle a su dissimuler ses coupables penchants » remarqua John
-« Sans doute. Serait-il envisageable qu'elle n'ait pas totalement renoncé ? Certaines dépendances sont tenaces »
-« C'est vrai, surtout avec ce produit, mais j'ai eu le temps de l'observer, je ne crois pas qu'elle soit toujours dépendante »
-« Je ne le pense pas non plus. Mais dans ce cas croyez-vous que Miss Ferguson puissent être coupable de cette négligence ? »
-« Non. Elle n'en avait pas l'attitude » répondit fermement John
-« Ce serait donc un nouveau stratagème ? »
-« J'en suis persuadé. Quelqu'un veut la faire passer pour instable psychologiquement. Et cette fois le but était clairement d'éloigner Nick »
-« Et cela a fonctionné » constata Finch
-« Sachant son fils en danger Nick allait forcement réagir, c'était imparable »
-« Donc M Henson ne serait pas une menace ? »
-« Compte tenu des relations assez tendu dans le couple il pourrait. Mais d'après ce que nous avons constaté il continu de soutenir sa femme malgré leurs dissensions. Je ne pense pas qu'il soit dans le coup. Ou alors c'est un très bon comédien »
-« Je me fie à votre instinct » jugea Finch « D'autant que M Henson n'aurait pas vraiment de bénéfices à écarter son épouse » ajouta t-il après un instant de réflexion
-« Ce n'est pas le plus concerné et…. » Reese s'interrompit « Attendez » précisa t-il
-« Que se passe t-il ? »
-« J'aperçois le jeune Sandro et il n'a pas l'air très en forme »
-« Oh… aurait-il manipulé la pipe lui aussi ? »
-« Je vais aller voir ce qui ne va pas ou en tout cas essayer d'amorcer un dialogue »
-« J'ai toute confiance en vous M Reese ! »
-« Les enfants sont plutôt votre spécialité Harold » se moqua celui-ci. Il ne rompit pas la communication afin que son associé puisse les entendre et avança vers l'enfant. Sandro s'était assit sur une marche du perron, recroquevillé, ses bras entourant ses genoux et son visage enfouit. Il pleurait à gros sanglots d'enfant. John posa doucement la main sur son épaule le faisant tressaillir
-« M Sandro ? »
Le garçon essuya ses yeux d'un geste de la main. L'agent lui tendit un mouchoir
-« Merci » dit-il timidement
-« Qu'y a-t-il M Sandro ? Vous avez de nouveau perdu l'un de vos carnets ? »
-« Non Monsieur »
-« C'est la dispute entre vos parents ? » suggéra Reese
-« Vous avez entendu ? »
-« C'était assez… bruyant »
-« C'est ma faute » renifla le gamin
-« Non. Vous n'y êtes pour rien ils étaient énervés pour une certaine raison… » Prêcha Reese
-« Si ! C'est moi qui… » Commença l'enfant avant de stopper net
-« Vous pouvez me parler M Sandro. Je ne répéterais rien à vos parents » Le gamin hésita, balançant entre soulager sa conscience ou rester muet
-« Croix de bois ? » demanda t-il finalement
-« Croix de fer » compléta John
-« C'est moi qui ai donné la pipe à mon petit frère ! » affirma alors précipitamment le garçon comme s'il était soulagé de pouvoir se confier à quelqu'un
-« Vraiment ? Mais pourquoi avez-vous fait cela. Je pensais que vous l'aimiez bien »
-« Bien sur ! C'était pas contre Sacha ! » protesta Sandro « J'ai fait attention qu'il ne s'en serve pas. Je sais pas trop comment on fait d'ailleurs » ajouta t-il perplexe
-« Mais dans ce cas pourquoi lui avoir donné ? »
-« Je voulais que Nick le trouve avec et qu'il gronde maman »
-« Votre mère ? » demanda Reese
-« J'étais en colère contre elle » murmura le gamin mal à l'aise
-« Et pourquoi étiez vous aussi en colère contre votre mère ? »
-« Parce qu'elle m'a disputé hier parce que j'ai encore eu une mauvaise note en français mais j'aime pas l'orthographe ! »
-« Nous avons tous des points faibles »
-« Mon père est pas doué non plus en orthographe mais il a réussi quand même ! » affirma le garçon avec une moue décidée « Enfin je ne parle pas de Nick… »
-« Vous parlez de votre vrai père qui est un grand peintre ? »
-« Oui ! » approuva Sandro en se rengorgeant au compliment de son interlocuteur « Et je veux être comme lui plus tard ! Mais maman m'a puni et elle a dit que je serais privé de cours de dessin mercredi c'est pas juste !»
-« Alors vous avez voulu vous venger et vous avez fait en sorte qu'elle se fasse gronder elle aussi ? »
-« Oui ! »
-« Donc vous avez donné la pipe à votre petit frère pour provoquer la colère de son père. Mais vous ne saviez pas que c'était aussi dangereux et que Nick serait furieux à ce point »
-« Ben… » Hésita le gamin. Reese l'invita à continuer d'un regard « C'est Scott qui me l'a dit mais pas qu'il serait si fâché »
-« C'était une idée de Scott ? » interrogea l'ex agent
-« Oui. C'est lui qui m'a donné la pipe »
-« Il l'avait trouvé dans les affaires de votre mère ? »
-« Je sais pas » répondit Sandro en haussement légèrement les épaules en signe d'ignorance « Il a juste dit que ça ferait de l'effet et il avait raison » soupira t-il
-« Mais pourquoi Scott voulait-il que vos parents se disputent ? »
-« Oh je ne crois pas qu'il voulait ça, juste m'aider en fait. Enfin… » Sandro hésita « Peut être qu'il voulait les embêter un peu aussi. Il et toujours fâché contre maman »
-« Et tu sais pourquoi ? » demanda Reese. Sandro secoua la tête
-« Pas trop. C'est depuis toujours. Une fois il a dit qu'il allait partir bientôt sinon il serait jamais heureux avec la fille qu'il aime »
-« Votre mère n'aime pas beaucoup Chelsea » constata John
L'enfant allait répondre lorsqu'un bruit de pas se fit entendre. La gouvernante apparue
-« M Sandro ? Votre professeur vous cherche pour votre leçon de piano »
-« J'arrive » dit-il en se levant. Il se rappela le mouchoir qu'il tenait toujours serré dans sa main
-« Gardez-le » affirma Reese
-« Merci M Randall » Il lui adressa un regard incertain. John posa un doigt sur ses lèvres pour signifier qu'il serait muet. Le gamin sourit et rejoignit l'employée
-« Venez vous rafraichir M Sandro ! » lança celle-ci « Vous avez une mine terrible ! » L'ex agent les suivit des yeux puis lorsqu'ils furent suffisamment éloignés il reprit contact
-« Vous avez entendu Finch ? »
-« Oui M Reese. Scott a visiblement de sérieux griefs envers sa mère et une certaine façon de se venger. Il n'hésite pas à manipuler ses petits frères ! » Constata t-il
-« Demi-frères. Cela doit faire toute la différence à ses yeux » jugea John « Mais s'il est derrière tout cela je doute que ce soit juste pour partir avec sa fiancée. Il veut la place de sa mère ! »
-« Sans aucun doute. Ils sont fiancés donc ils finiront par être réunis il a forcement une autre motivation »
-« Je crois que nous avons découvert la menace Finch »
-«Oui. Et il a des méthodes bien particulières»
-« Si son but est d'évincer sa mère la discréditer est un bon moyen d'y parvenir » jugea Reese
-« Oui mais s'il agit de cette manière pourquoi le numéro de Miss Ferguson nous est-il parvenu ? Il lui est possible de parvenir à ses fins sans commettre de crime »
-« Mais s'il réussi c'est peut être Rebecca qui ripostera »
-« Je vois… »
-« Quelque soit l'option je serais prêt à intervenir » affirma John « Et en toute prudence bien sur »
-« J'allais vous en prier » soupira Finch
-« Ne vous inquiétez pas, je n'ai pas envie de mettre en péril mes projets de balade » taquina l'ex agent
-« Vous m'en voyez soulagé M Reese » répondit son partenaire sur le même ton
-« Je vais retourner surveiller Rebecca en attendant. A plus tard Finch »
-« A tout à l'heure » L'informaticien raccrocha et reposa son portable. Cette fois il allait pouvoir s'occuper de ses recherches. Il ne pouvait s'empêcher de sourire en songeant aux paroles de John. Il avait deviné ses craintes comme d'habitude, les avait anticipé comme d'habitude et les avait balayé en quelques mots comme d'habitude…Lui seul avait ce pouvoir, le rassurer d'un sourire ou le réconforter d'un seul mot. Mais cela ne l'effrayait plus désormais. Il caressa machinalement l'anneau à son doigt. Non cela ne l'effrayait plus…
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John surveillait le sinistre repas familial que Rebecca partageait avec ses deux fils lorsque son associé le rappela deux heures plus tard.
-« Oui Finch ? »
-« J'ai fait quelques découvertes intéressantes qui viennent étayer nos soupçons M Reese »
-« Je vous écoute »
-« J'ai vérifié la messagerie du portable de la défunte Miss Wilcox. J'ai eu accès à ses sms et également à ses mails »
-« M'étonne pas de vous » glissa John. L'informaticien sourit et continua :
-« Dans la semaine qui a précédé la soirée, Miss Wilcox a reçu trois mails et deux sms publicitaires pour une promotion exceptionnelle venant de la boutique du couturier. Chaque fois les messages étaient fort attirants. J'ai donc vérifié la messagerie de la maison de couture et j'ai retrouvé la trace de ces mails. J'ai pu constater que ces mêmes messages ont été transmis à six jeunes femmes. Les sms aussi probablement »
-« Je suppose qu'elles n'avaient pas été choisi par hasard ? »
-« Vous supposez bien. Ces jeunes femmes avaient toute des caractéristiques physiques assez proches de celles de notre numéro. Et bien sur elles étaient toute sur la liste des invités à la soirée »
-« Evidemment. Mais c'est Sophia qui a succombé à la tentation »
-« En fait, si je me base sur les relevés bancaires de la boutique qui mentionnent leurs règlements par carte, elles sont quatre à y avoir cédé»
-« Joli score » remarqua Reese « La promotion devait être réellement très tentante »
-« En effet. Ce genre de boutique ne se montre jamais aussi généreuse mais visiblement aucune de ces dames n'a eu de soupçons »
-« Ou alors la tentation était la plus forte »
-« Cependant, si je me réfère au registre, seules trois de ces dames étaient présentes à la soirée »
-« Mais l'important c'était que Sophia s'y trouve puisque c'est elle qui portait le fameux modèle, je n'ai pas vu d'autre femme avec des vêtements similaires »
-« En tout cas c'est à ce stade que cela devient intéressant » affirma Finch
-« Expliquez-moi ? »
-« En creusant un peu, j'ai découvert que les fameux mails, s'ils ont bien été envoyé de la messagerie de la maison de couture, n'en étaient pas moins faux. En réalité quelqu'un a piraté ladite messagerie pour les expédier. De cette façon, pour le destinataire, ils semblaient parfaitement régulier »
-« Ok. Mais si j'imagine le but de la manœuvre je vois une difficulté dans sa réalisation : si ces femmes s'étaient présentées à la boutique avec un faux mail elles auraient du être refoulé » commença Reese. Il réfléchit quelques secondes « A moins bien sur que le pirate ait eu un complice dans la place »
-« J'en suis arrivé à la même conclusion » approuva Finch « C'était même irréalisable sans aide et j'ai donc poursuivi mes recherches en ce sens. Il y a trois employés dans l'établissement et il est apparu que l'un deux aime fréquenter les salles de jeux. Passion couteuse que son salaire peine à satisfaire »
-« Et donc une petite prime était la bienvenue » suggéra l'ex agent
-« Certainement. En épluchant sa messagerie j'ai retrouvé quelques mails où un mystérieux bienfaiteur lui offrait 2000$ s'il réussissait à vendre un certain modèle à l'une des six femmes dont il lui envoyait l'identité. Au début ce jeune homme était très sceptique mais lorsque la moitié de la somme s'est retrouvée sur son compte il a cédé. Le pirate n'a pas hésité à lui envoyer des détails et même a lui indiquer comment se débrouiller avec la soit disant promotion que le vendeur ne pouvait évidemment pas appliquer »
-« Il a pensé à tout. Et c'est Sophia qu'il a réussi à convaincre pour son malheur »
-« Oui. Et tout cela nous ramène à nouveau sur la piste d'un proche. Quelqu'un sachant où Miss Ferguson achèterait sa tenue »
-« Et quel genre de tenue »
-« Pour cela il lui suffisait de se renseigner » affirma l'informaticien « Miss Ferguson avait passé une précommande pour une robe avec les critères de la tenue qu'elle portait lors de cette soirée. Le jour où elle s'est rendue à la boutique elle avait donc déjà le modèle bien en tête. C'est pour la soirée du vendredi qu'elle a improvisé »
-« Avec l'autre robe dont le prix avait scandalisé ses amies » compléta John « Il suffisait donc de connaitre ses intentions, ce qui n'est possible que pour un proche »
-« Son entourage ou les amies qui l'accompagnaient »
-« Vous ne trouvez pas que c'est un peu trop élaboré ? » constata Reese
-« C'est très imaginatif c'est certain » approuva Finch « Moi ce qui me gêne c'est l'intention. Pourquoi vouloir absolument qu'une des invitées ressemble à Miss Ferguson ? »
-« Si vous m'aviez posé cette question plus tôt je vous aurais répondu pour la désigner plus surement à un complice chargé de l'assassiné »
-« Et maintenant ? Que répondriez-vous ? » Demanda l'informaticien
-« Que c'était pour suivre le plan de celui qui s'en prend à Rebecca »
-« Je ne comprends pas très bien… » Émit Finch perplexe « L'assassin se serait volontairement trompé de cible ? »
-« Au contraire Finch, il a tué celle qui lui était désignée » affirma Reese « Rappelez vous la technique employée par la menace contre Rebecca »
-« La perturber pour la pousser à la faute et la discréditer ? »
-« Exactement. C'est pourquoi je pense que l'assassin a agit sciemment en s'attaquant à la copie il a fait croire à Rebecca qu'elle était visée. Pour cela il fallait lui laisser penser qu'elle et la victime pouvaient facilement être confondues. Mais en vérité c'est juste une façon de faire monter la pression autour de Rebecca. Plus la tension augmente… »
-« Plus Miss Ferguson devient vulnérable » compléta Finch
-« Le coupable cherche à l'effrayer, à la faire douter par tout les moyens. Il va la pousser à bout jusqu'à ce qu'elle commette une erreur ou un geste désespéré. Cela pourrait même lui faciliter la tache. Il suffit juste de la connaitre, ses habitudes, ses manies, ses gouts… Et pour cela un fils est à la meilleure place »
-« C'est machiavélique » soupira Finch
-« Le tout est de savoir quand il compte passer à l'action. Je pense qu'il va encore tenter une ou deux manœuvres. Rebecca est une femme forte, elle n'est pas encore tout à fait à bout »
-« Que pourrait-il inventer encore ? »
-« Il ne manque ni d'imagination, ni de ruse » remarqua Reese « Et il a réussi à l'isoler en éloignant Nick qui aurait pu le gêner »
-« Malgré leurs problèmes il reste proche de son épouse »
-« C'est le rôle d'un compagnon de soutenir sa partenaire » remarqua Finch
-« Vous avez raison » approuva John « J'en sais quelque chose »
-« Moi aussi » murmura l'informaticien
-« Je suppose que vous avez les preuves du piratage de la messagerie de la boutique ? » demanda l'ex agent
-« Oui. Toutefois elles n'incriminent pas Scott. Il a su dissimuler ses traces et il a pris soin de ne se connecter que d'endroits publics »
-« Mais il a les compétences pour ? »
-« Il a un diplôme en informatique obtenu à l'université. Vous pensez qu'il a un complice ? » S'enquit Finch qui devinait ses pensées
-« Non. C'était juste pour être sur parce que je n'ai pas reconnu sa silhouette sur le balcon mais je n'ai fais que l'entrapercevoir d'assez loin »
-« Scott était-il dans la salle quand vous êtes descendu ? »
-« Je ne l'ai pas vu tout de suite mais j'étais occupé à vérifier l'identité de la victime et à m'assurer que Rebecca n'avait rien. Je ne peux pas affirmer qu'il était resté en bas en permanence »
-« Ni le contraire » rétorqua son associé
-« C'est perturbant » avoua Reese
-« Il me semble que nous avons déjà discuté de ce sujet John » émit Finch, méfiant
-« Je sais »
-« Je ne vois donc pas l'utilité d'y revenir » insista l'informaticien
-« Moi non plus » concéda John à son grand soulagement
-« Bien. Sur ce je vais déjeuner avec mon chien et j'espère que vous allez en faire autant, même si vous êtes seul »
-« D'accord » s'amusa Reese
-« Et ensuite j'ai un rendez vous » précisa Finch souriant par anticipation. Et comme il l'avait prévu la question lui parvint immédiatement :
-« Avec qui ? J'espère que ce n'est pas encore avec mon "remplaçant" ?»
-« Pas cette fois » taquina l'informaticien « Je dois aller rencontrer M Wells dans un lieu neutre »
-« C'est-à-dire loin de Bella ? »
-« Vous avez compris »
-« Que veut-il ? C'est au sujet du travail ou autre chose ? »
-« Parler de M Litmanen »
-« Il aurait mieux fait de discuter avec lui avant de le pousser à partir avec ses écarts de conduite ! » grogna John
-« Vous savez comme moi combien les relations humaines sont compliquées »
-« Oui » admit Reese « Même si cela ne devrait pas être aussi compliqué quand les sentiments sont réciproques » jugea t-il
-« S'il n'y avait que les sentiments sans doute mais il y a aussi les caractères… » Commenta Finch, pince sans rire. John gloussa
-« Finalement il faut surtout aimer la conjugaison ? »
-« Ce n'est pas faux M Reese »
-« Et nous sommes devenus doués non ? »
-« De brillants élèves » s'amusa l'informaticien
-« Appelez-moi en cas de problème » précisa l'ex agent redevenu sérieux
-« Tout ira bien. Bear veille sur moi »
-« Dans ce cas je suis rassuré. Mais… » Commença Reese
-« Vous êtes jaloux ! » soupira Finch
-« Un peu ? »
-« A plus tard M Reese ! » trancha son partenaire et il eut le temps de capter le rire de son agent avant de raccrocher
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Finch s'était installé sur la terrasse, dans le coin le plus discret. Bear installé à ses pieds observait tranquillement l'environnement. Il vit Wells sortir de la salle et parcourir la terrasse des yeux et lui adressa un signe discret. Le gérant le rejoignit aussitôt et s'installa en face de lui. Bear observa attentivement le nouveau venu, intrigué par sa nervosité, mais Finch le rassura et il ne bougea pas
-« Merci d'avoir accepté » affirma Terry
-« Je n'avais aucune raison de refuser M Wells. Simplement je vous ai averti »
-« Oui je sais : vous avez promis » Un serveur approcha pour récupérer la commande. Wells commanda un café serré et Finch redemanda un thé. Il attendit que l'homme s'éloigne et poursuivit « Mais je ne comprends pas pourquoi il agit ainsi ! »
-« Vraiment ? »
Wells soupira
-« Je conçois qu'il ait eu envie de partir » concéda t-il à contrecœur « Mais il pourrait au moins me laisser un moyen de le joindre. Juste… que nous puissions nous expliquer » plaida t-il
-« Est-ce bien utile M Wells ? Je crois que vous connaissez les raisons de son départ »
-« Vous ne comprenez pas M Wren. J'ai besoin que Sven reprenne son travail »
-« Ne vous inquiétez pas pour cela. Nous restons en contact et il m'a promis son aide si cela s'avère nécessaire »
Wells laissa errer son regard sur la salle, lèvres pincées, cherchant ses mots. Comprenant qu'il ne duperait pas son interlocuteur il décida d'être franc :
-« Je ne peux pas vivre sans lui ! » lança t-il finalement fixant son vis à vis d'un air désespéré
Finch se demanda si c'était une constatation ou le fait de devoir avouer
-« Vous ne pouvez pas vivre avec lui non plus » rétorqua t-il tranquillement
-« Je suppose que vous faite allusion à l'écart que j'ai commis récemment… enfin deux, mais cela ne comptait pas ! »
-« Ils existent toutefois »
-« Ce n'est pas ma faute ! Je ne suis pas fidèle voilà ! C'est ainsi, c'est ma nature ! Vous êtes satisfait ? » Plaida Terry agacé
-« Personnellement cela m'importe peu M Wells. Je suis votre associé en affaires et votre vie privée ne me regarde pas » affirma l'informaticien
-« On dirait pas ! » grogna son vis-à-vis « Vous êtes intervenu quand même ! »
-« J'ai aidé des amis mais je n'ai pas émis de jugement » rectifia Finch « Toutefois j'ai mon opinion »
-« Evidemment, vous allez me critiquer ! »
-« Vous êtes libre de vos choix. Je déplore seulement qu'ils fassent autant souffrir un brave garçon »
-« Sven me connait depuis des années. Il sait comment je suis, alors mes infidélités ne devraient pas tant l'étonné ! »
-« Aussi n'est ce pas le cas M Wells. Et ce ne sont pas elles qui le blessent le plus » Le gérant lui adressa un regard surpris
-« Qu'est ce que c'est alors ? »
-« Le fait que vous n'assumiez pas votre relation »
-« C'est faux ! » protesta Terry
-« Ah oui ? Et comment le présentiez-vous lorsque vous étiez ensemble ? »
-« Et bien… » Wells hésita « Comme mon collaborateur. Mais c'est aussi ce qu'il est ! »
-« En effet. Et en le présentant ainsi il ne semble rien de plus »
-« Je ne nie pas ! C'est juste qu'au boulot je le désigne par sa fonction ! »
-« Et les autres se fient à vos affirmations »
-« Et alors ? »
-« Si vous présentiez Sven comme votre compagnon, ces femmes qui vous ont détourné de lui n'aurait peut être pas tenté de le faire puisque la place était prise » remarqua Finch « Bien sur c'est une simple hypothèse cela ne les aurait peut être pas gêné. Mais je pense que cela aurait au moins permis à Sven de se manifester »
-« Justement ! Il ne le fait pas ! » Rétorqua Wells
-« Mais parce que vous ne lui en reconnaissait pas le droit en le présentant systématiquement contre votre employé aux autres membres du personnel. C'est sans doute déjà suffisamment humiliant pour lui, il est compréhensible qu'il n'ait pas envie de s'exposer à davantage de moqueries ou de réflexions. Et encore moins à de la pitié ou du mépris »
-« De la pitié ? » s'étrangla Terry
-« Que croyez vous que ces filles lui montrerait si elles étaient conscientes de la tromperie ? » remarqua l'informaticien
-« Vous ne les connaissez pas ! »
-« Non vous avez raison » concéda Finch « Et je suis peut être trop pessimiste mais je ne me fais plus guère d'illusion sur la nature humaine M Wells »
Terry resta silencieux, semblant réfléchir
-« Qu'est ce que vous voulez que je fasse ? » demanda t-il finalement
-« Moi ? Rien M Wells » répondit tranquillement Finch « Je vous l'ai dit je ne suis pas concerné »
-« Mais vous devez avoir votre idée là-dessus ! » marmonna le gérant
-« Je pense que Sven a eu raison de partir. Il est jeune. Il mérite quelqu'un qui l'aimera vraiment tel qu'il est et assumera ses sentiments »
-« Vous dites ça comme si c'était facile ! » protesta Terry « J'ai été élevé dans l'idée qu'un couple c'est un homme et une femme ! »
Finch songea qu'il se cachait toujours derrière la même excuse comme l'avait prédit Bella
-« Moi aussi M Wells » constata t-il « Mais nous ne sommes pas obligé de continuer à croire ce que l'on nous enseigne quand la vie nous prouve le contraire »
-« Vous n'êtes pas toujours très démonstratif avec John vous non plus ! » rétorqua le gérant
-« Je reconnais que sur ce plan j'ai du faire des efforts et j'en ai encore à faire. Mais avec John j'ai appris que quand on aime tout est possible » constata Finch « En ce qui me concerne depuis le jour où j'ai décidé d'être avec lui je n'ai jamais renié notre relation. Pas toujours affirmé mais toujours assumé ».
-« Vous êtes plus courageux que moi alors » soupira Wells
-« Plus courageux ou plus sincère je l'ignore. Mais surtout pour rien au monde je ne voudrais blesser John »
-« Et moi je ne fais que ça avec Sven »
-« C'est vous qui le dites M Wells. Je vous laisse juge »
-« Il sera plus heureux sans moi »
-« Je doute qu'il soit heureux en ce moment mais c'est moins pénible sans doute que ce qu'il a vécu ces derniers temps »
-« Et si … si je change ? »
Finch haussa les épaules
-« Vous l'avez déjà fait M Wells mais cela n'a pas perduré »
-« Je pourrais… »
-« Si cela se reproduisait vous feriez plus de mal que de bien » remarqua Finch « Si vous n'êtes pas vraiment sur de vous il serait préférable de ne pas insister » Il consultât sa montre « Maintenant excusez moi M Wells mais je suis attendu »
-« D'accord » murmura le gérant « Merci » ajouta t-il timidement
Finch hocha la tête et se leva pour quitter le salon de thé observant un instant l'air perturbé de Wells. Nul doute que ces propos allaient le faire réfléchir. Mais il était difficile de deviner ce qu'il ressortirait de ces réflexions…
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La journée avait trainé en longueur. John était resté à l'affut des agissements de Rebecca mais aussi, désormais, de Scott. Il ne s'était produit aucun autre incident. L'ambiance était lourde. Sandro s'était réfugié dans sa chambre après le déjeuner et tentait de se concentrer sur ses dessins. Scott s'était installé au salon avec un ordinateur portable. Eva n'avait pas bougé de son studio de la matinée puis un peu avant midi elle avait quitté le domaine sans saluer personne. Rebecca s'était d'abord enfermée dans son bureau mais visiblement elle avait quelques problèmes de concentration. Après le déjeuner elle était allée discuter avec la gouvernante pour préparer la semaine puis elle était revenue s'installer au salon à l'exact opposé de son fils. Ils n'échangèrent d'ailleurs pas la moindre parole de toute l'après midi.
En fin d'après midi, Chelsea et ses parents arrivèrent au domaine pour le diner ce qui causa un nouvel incident lorsque l'employée les annonça
-« M et Mme Whitemore ? » interrogea Rebecca surprise « Mais je ne les attendais pas ! » Elle se leva et se dirigea vers le miroir « Je ne suis ni coiffée ni habillée pour les recevoir ! Ce n'est pas possible ! »
Une voix railleuse s'éleva du fond de la pièce
-« Et le dîner n'est pas prêt non plus je parie ? »
-« Pardon ? » s'exclama Rebecca en se tournant brusquement
-« Le dîner ma chère mère » répéta Scott en se redressant du canapé où il était avachi
-« De quoi parles-tu ? »
-« En bien en général c'est de la nourriture plus ou moins comestibles qu'on partage autour d'une table… »
-« Cesse tes idioties ! » l'interrompit la femme exaspérée
-« Je parle de cet arrangement conclu le mois dernier avec les parents de Chelsea » corrigea Scott « Dîner en " famille" le premier dimanche de chaque mois. Un mois ici le suivant chez eux et ainsi de suite en alternance. Ca ne te dit rien ? »
-« Non » murmura la femme « Tu es sur ? »
-« Certain » ricana le jeune homme « Mais vous avez oublié comme le reste chère mère »
Rebecca passa une main un peu tremblante sur son front, une vague angoisse se reflétait dans son regard
-« Fait les patienter ! » ordonna t-elle en quittant précipitamment la pièce pour filer dans sa chambre. Au passage elle lança quelques mots à son employée qui se précipita aux cuisines. Elle se changea rapidement, se maquilla et se coiffa au mieux puis redescendit en se composant un visage aussi serein que possible. La gouvernante la rassura de quelques mots avant qu'elle ne pénètre au salon, ayant réussi à obtenir une réservation de dernière minute dans un restaurant convenable. Restait à justifier auprès de ses invités d'une sortie en ville alors qu'ils étaient sensés dîner au domaine, mais Rebecca avait suffisamment de pratiques des mondanités pour trouver la parade. De même, si les Whitemore furent surpris, ils le dissimulèrent parfaitement et suivirent leur hôtesse avec un enthousiasme tout à fait correct. Tout juste un léger malaise s'installa t-il lorsque Miss Whitemore s'étonna de l'absence de Nick. Scott adressa un sourire moqueur à sa mère qui le fusilla du regard et trouva une excuse plausible.
Reese resta à l'écoute. L'ambiance n'était pas détendue et la sortie fut abrégée. Rebecca revint au domaine et se dirigea immédiatement vers sa chambre. Elle était visiblement épuisée nerveusement.
-« Est-ce que Nick sera là demain ? » l'interrogea Scott comme elle atteignait l'escalier. Elle se raidit puis répondit prudemment :
-« Je ne sais pas. Pourquoi demandes-tu cela ? »
-« Ce n'est pas demain qu'il plaide le dossier Verstorm ? »
-« Quand bien même. Il peut plaider même s'il ne rentre pas, les procès se déroulent au tribunal » rétorqua Rebecca
-« Mais ses notes sont ici »
-« Qu'est ce que tu en sais ? »
-« Je connais sa façon de travailler. La veille d'un procès il relit toujours ses notes le soir »
-« Et bien il a du les emmener ! »
-« Vous ne semblez pas très au fait des habitudes de votre époux ma mère » ricana Scott
Rebecca pinça les lèvres
-« Au pire il passera les chercher en ramenant Sacha » éluda t-elle
-« Etes vous sure qu'il va le ramener ? »
-« Evidemment ! »
-« Il me semblait pourtant… »
-« Je me moque de ce que tu penses ! »L'interrompit Rebecca « Et je n'ai aucune envie de te supporter davantage ce soir ! »
-« Toujours aussi aimable mère » grinça le jeune homme
Celle-ci ne répondit pas et reprit son ascension sans se retourner. Reese la surveilla grâce à la caméra installée dans sa chambre. Le capteur l'avertirait s'il se produisait un événement mais il en doutait. Son instinct lui soufflait que le plan de Scott n'était pas encore achevé et qu'il ne passerait pas immédiatement à l'action. Toutefois par précaution cette nuit il ne dormirait que d'un œil, d'autant que cette fois il n'aurait personne près de lui pour le seconder dans sa surveillance comme lors de leur séjour aux vignobles. Mais il aimait autant le savoir loin de tous dangers. Pourtant, dans les messages qu'ils échangèrent avant de terminer la journée, après avoir échangé sur l'enquête et l'avoir interrogé sur les résultats de sa rencontre avec Wells et ses activités de "cupidon ", il ne put s'empêcher de rappeler à son partenaire la balade envisagée le matin et qui ne se réaliserait pas, avec ce besoin de le taquiner qu'il éprouvait toujours avec lui mais qui était surtout, au final, une preuve d'amour…
