Pour une fois, aucun cauchemar n'est venu perturber mon sommeil, mais je ne suis pas serein. Je vais encore croiser ce Torres et il a le don pour me faire sortir de mes gonds alors que je ne l'ai eu qu'une seule fois en cours.

Je m'installe en tailleur sur mon lit, ferme les yeux et me concentre sur moi-même. Je cherche à retrouver ma paix intérieure. Je respire profondément puis au fur et à mesure que les minutes s'écoulent, je me sens mieux dans ma tête et dans mon corps. Je suis prêt pour cette nouvelle journée.

J'arrive à l'université et me dirige vers la bibliothèque afin de travailler sur le prochain oral, mais je me fais accoster par des idiots de sportifs. Je ne sais pas ce qu'ils font dans le cours d'astronomie parce qu'ils sont aussi bêtes que leurs pieds et c'est méchant pour les pieds.

— Alors Anderson, tu fais toujours autant le malin maintenant que tu as eu une sale note ?

— Ce qui est sale Barnes, c'est ta tête de con. C'est une horreur de se la coltiner dès le matin. Dis voir... tu mets une cagoule pendant que tu baises ta meuf ? Parce que là, c'est un tue l'amour.

Au final, je n'ai pas réussi à trouver une paix intérieure comme je l'imaginais.

Barnes et ses acolytes me bousculent et me foutent à terre. Mon sac s'écrase au sol, me faisant blanchir.

Alors que je vais pour me lever, Torres s'approche et fait déguerpir le groupe de sportif abruti. Je le fixe sans émotions, me demandant ce qu'il m'a réservé pour aujourd'hui.

— Bah alors Anderson, on ne tient pas sur ces jambes ?

Je me lève et vérifie que mon ordinateur est toujours entier, ce qui est le cas à mon plus grand soulagement. Puis je fixe ce qui me sert d'enseignant.

— Ce n'est pas avec votre aide que j'y arriverai.

— Bien sûr que non. Je suis votre professeur d'astronomie, pas votre paternel qui vous apprendrait à marcher et à vous défendre face à un groupe de minable déterré qui cherche à s'en prendre à vous, faible et pitoyable comme vous êtes.

S'il n'était pas mon enseignant, je lui aurais fait un uppercut qui l'aurait envoyé à l'hôpital pour avoir osé parler de mon papa. Je le regarde puis je lui tourne le dos. Je me mets en route et me dirige vers le cours qui était mon préféré, l'astronomie, et qui va devenir celui que je vais redouter le plus.

Garde ton calme Dylan. Tu ne dois pas te faire virer et surtout pas remarquer. Garde ton calme.

Je sens sa présence derrière moi et ça m'agace.

— Ne me suivez pas.

— Je suis désolé de vous imposer ma terrible présence, mais je dois aller dans notre classe.

Je suis bête. Bien sûr qu'on va dans la même direction. Il faut que je trouve une répartie pour ne pas lui laisser cette victoire.

— Je me dirige vers les toilettes.

— Je n'avais en aucun cas besoin ni envie de savoir cette information. Si vous voulez vous taper quelqu'un là-bas ou même vous touchez comme un simple puceau dont je me doute que vous êtes, ce n'est pas mon problème.

Mais il a un grain ce mec. Il parle de mon père et maintenant, de ma virginité. Je me pince les lèvres pour éviter de lui sortir une remarque cinglante. Je prends une respiration profonde pour prendre le temps de réfléchir à ce que je vais dire pour répliquer.

— Sachez que je ne m'abaisse pas à ce genre de choses. Si vraiment je me tapais quelqu'un, ce ne serait pas un connard dans votre genre.

— Non seulement vous insultez un professeur ce qui vous conduit directement non pas aux toilettes ni même dans ma salle de classe mais chez le directeur, pour la première fois vu votre dossier mais aussi le fait que vous m'annoncez sans même que j'en ai une once d'importance pour ça, votre homosexualité. Je m'en fous de ça et vous vous tapez qui vous voulez. Sachez juste que la première fois, c'est toujours compliqué. Petit puceau d'Hawaii.

Il me pointe le couloir du doigt puis s'en va dans sa salle de classe.

Tu crois avoir gagné Torres

Mais tu te goures, c'est toi qui vas t'en mordre les doigts de m'avoir envoyé chez le directeur.