Kilibilie : Je fais des efforts sur les fins sadiques promis :D

Manon : Les réponses au fur et à mesure des chapitres :D

Hachiko 97412 : Robert promet d'être sage :p

phanie miki : :D

PDV Magnus

PDV Magnus

Je m'écartais d'Alec et lui pris la main.

- Viens…

Je le fis remonter dans la voiture, avant d'aller la garer dans le parking souterrain, sous l'immeuble.

- Comment tu m'as retrouvé ? Lui demandais-je après avoir coupé le moteur.

- Pas difficile… Tu étais forcément à Los Angeles… Puis tu es si prévisible…

- Qu'est-ce qui ne faut pas entendre ! Et sinon, plus sérieusement ?

- J'ai fouillé dans les dossiers de Luke !

- Donc j'avais raison, ce flic me fait suivre !

- Il te protège !

- Pas très efficace, puisque tu es là !

- Je ne te veux aucun mal ! S'offusqua-t-il.

Je ne répondis pas. Je n'avais pas confiance en lui… Enfin si, mais… Non, en fait, je n'en sais rien. Sa présence m'empêchait de penser correctement.

- Tu es sûr que personne ne t'a suivi ?

- Si par personne tu entends mon père ou des hommes de mon père, alors la réponse est «oui, j'en suis sûr ».

Je hochais la tête, mais n'étais pas rassuré pour autant. Il posa sa main sur la mienne. Cette dernière serrait toujours le volant aussi fort qu'elle pouvait.

- Tout va bien, je t'assure… Tu n'as rien à craindre… Je ne sais pas ce qui te fait aussi peur, mais…

- Je n'ai pas peur !

- Ok… Alors pourquoi on reste dans ce parking ?

- On est très bien là !

Je fis glisser mes yeux sur son corps.

- Faut vraiment que tu arrêtes avec tes fringues en cuir ! Ça me donne envie de te les enlever !

Il rougit.

- Ben fais-le, mais… Si on pouvait aller ailleurs que là… C'est glauque…

- Ouais… Allez, viens !

Je sortis de la voiture. Il en fit de même et je lui fis signe de me suivre. Une fois dans mon appartement, je jetais ma veste sur le canapé et allumais une clope. Je détestais fumer à l'intérieur, mais j'en avais besoin, et fumer sur la terrasse était hors de question : si on me voyait avec Alec…

- Tu es bien silencieux…. Me fit-il remarquer.

Je me retournais vers lui.

- Tu ne devrais pas être là, Alexander…

- Mais je le suis, alors… On pourrait peut-être parler, non ? Il me semble qu'on a beaucoup de choses à se dire tous les deux…

- Moi je n'ai rien à te dire…

- D'accord, ben c'est pas grave, moi je vais parler !

Il s'assit dans un des fauteuils de velours du salon.

- Je suis désolé de ne pas t'avoir révélé la vérité sur mon identité. Mais j'avais peur de ta réaction. Puis quand on s'est rencontrés, j'ignorais qui tu étais. Je l'ai su que bien plus tard… Quand tu l'as découvert à ton tour, je ne le savais moi-même que depuis très peu de temps ! Je t'assure….

- Admettons que je te crois… Qu'est-ce que ça change ?

- Ça change tout !

- Non ! On ne peut pas continuer à se voir !

- Pourquoi ? Parce que mon père te l'a demandé ?

- Il ne m'a rien demandé du tout !

- Ce n'est pas ce que tu m'as dit tout à l'heure, pourtant !

Je fermais les yeux. Cette discussion allait déraper, je le sentais.

- Qu'est-ce qui s'est passé entre mon père et toi ?

- Il me semble déjà avoir répondu à cette question… Répondis-je froidement.

- Un mensonge ! Ne me prends pas pour un con ! Il a voulu te tuer, puis il a voulu t'envoyer en prison ! Et il n'y a pas que ça, il y a aussi ta réaction quand tu as découvert qui j'étais ! Alors ne me dis pas qu'il s'agit uniquement d'une querelle d'affaires, d'argent ou je ne sais quoi d'autre du genre ! Quand on parle de lui tu te fermes complètement, et…

Il m'attrapa le bras et me retourna vers lui.

- Tu ne me regardes même plus dans les yeux !

- Tu te fais des idées…

- Donc si je comprends bien, tu traites tous tes rivales de la même manière ?

- Non, ce traitement est réservé à ton père, parce que c'est une ordure ! Je n'aime pas ses méthodes !

- Ce sont tes parents qui traitaient avec lui, pas toi !

J'ignorais une fois de plus sa remarque.

- Tu me mens…

- Tu te fais des idées…

Il éclata d'un rire sans joie.

- Tu sais, quand j'ai fouillé dans les dossiers de Luke, j'ai trouvé certaines choses intéressantes, figure-toi !

Alors que je portais ma cigarette à mes lèvres, je suspendis mon geste, tendu.

- Et ?

- A 14 ans, tu as déposé une plainte contre mon père… Laquelle ?

- Rien de bien grave ! Lui fis-je en me forçant à sourire.

Il s'avança vers moi, et sa main caressa ma joue.

- Tu fuis mon regard, Magnus… Ne te fatigue pas, je sais que tu me mens.

- Tu es parano ! Frôler la mort ne te réussit pas !

- Change de sujet, comme d'habitude… Mon père t'a donné de l'argent pour que tu t'éloignes de moi ?

- Exactement ! Désolé, mais tu ne fais pas le poids face à des billets verts, Alec !

Il s'appuya contre la baie vitrée de la terrasse.

- Éloigne-toi de là ! On pourrait te voir ! M'écriais-je précipitamment.

- Et alors ? Qu'est-ce qu'on risque ?!

- Ton père t'a tiré dessus, Alec ! Tu es stupide, c'est pas possible !

Je le tirais en arrière et tirais les rideaux, plongeant la pièce dans le noir.

- Tu psychotes… Et c'est sur toi qu'il a tiré, je n'ai fait que te protéger !

- Qu'attends-tu de moi, Alexander ? Que je mette à genoux devant toi ? Que je te traite comme un vrai chevalier servant ? Tu veux peut-être que j'installe dans un coin de la pièce un hôtel à ton effigie ?!

- Je ne t'en demande pas tant… Un simple « merci » aurait suffi !

- Et te remercier de quoi s'il te plaît ?! Ton pseudo acte d'héroïsme a failli me faire aller droit en prison pour abus sexuel sur mineur ! Et franchement, venant de ton père, c'est un peu l'hôpital qui se fout de la charité ! Quoi? Pourquoi tu me regardes comme ça ? M'interrompis-je en voyant soudain son visage horrifié.

Il prit mon visage en coupe.

- Heu, Alec, tu sais, des fois tu me fais un peu peur..

- Est-ce que mon père t'a… Est-ce qu'il t'a touché ?

- Hein ?!

J'ouvris de grands yeux choqués.

- Que… Quoi ?!

- Est-ce… Est-ce qu'il t'a touché ?

Je me décomposais.

- Mais… Non ! Qu'est-ce que tu racontes ?! Ça va pas ou quoi de dire des trucs pareils ?!

Je le vis blêmir, et je sentis ses mains, qui encadraient toujours mon visage, trembler. Quant à moi, je n'arrivais pas à faire le moindre mouvement. J'étais comme paralysé. J'avais des difficultés à respirer, comme si un étau enserrait ma poitrine. Il fallait que j'arrive à retrouver mon masque d'indifférence, et vite. Ses mains glissèrent alors sur mes joues, et il s'écarta.

- Alec… Fis-je d'une voix blanche.

- Non… C'est… C'est… Ce n'est pas possible ! Tu mens !

« Tu mens ». Cette accusation, entendu tellement de fois, me fit retrouver le contrôle de moi-même, me permettant de me cacher à nouveau derrière mon masque. Je haussais les sourcils.

- Sur quoi exactement, je te prie ? Je n'ai rien dit de tel !

Je constatais avec horreur que ma voix tremblait. Le temps m'avait pourtant appris à ne plus réagir émotionnellement à ces accusations, mais étonnamment, venant de lui, elles paraissaient plus cruelles, et semblaient m'atteindre plus facilement.

- Tu… Tu as très bien fait entendre que mon père était très mal placé pour t'accuser d'abus sexuel…

- Ouais, parce que c'est une rumeur qui courait sur lui à une époque ! Rien à voir avec moi ! Fais-toi des idées si ça te chante, mais ne viens pas m'accuser de dire des choses que je n'ai pas dites ! Et si ça peut te calmer, j'ai porté plainte contre lui pour injure homophobe !

- Contre toi ?

- Pas spécialement !

Il retrouva des couleurs et s'apaisa. Les battements de mon cœur se calmèrent à leur tour. J'avais réussi à être suffisamment convaincant… Il s'assit sur l'accoudoir du fauteuil, et m'attira vers lui.

- Excuse-moi… En ce moment, je suis un peu à cran… Pour te protéger, j'ai dû répéter encore et sans cesse à mon père que… que tu ne représentais rien à mes yeux, mais… Il reste toujours aussi furieux contre moi… Tu sais, je le déteste, et je sais qu'il est capable de choses ignobles, mais… Il reste mon père, et au fond je reste persuadé qu'il peut changer !

Si vous saviez à quel point je prenais sur moi en cet instant. Intérieurement, je bouillonnais. Pour me calmer, je décidais d'utiliser la seule méthode qui s'était révélée être efficace jusqu'ici: le sexe. Sans que je ne m'en rende vraiment compte, je l'avais allongé sur mon lit, à moitié nu. Je décidais de sauter l'étape des préliminaires, et passais directement aux « choses sérieuses ». Je pénétrais en lui d'un coup de rein, lui faisant pousser un cri. Un flash de mon passé s'imposa alors devant mes yeux. J'essayais de le chasser, mais d'autres vinrent le compléter. Une larme coula alors sur ma joue, très vite rejointe par ses jumelles. Je me retirais de lui et quittais précipitamment la chambre, après avoir enfilé un jogging à la hâte. Je sortis ensuite sur la terrasse. La chaleur y était malheureusement encore étouffante. Je sentis une présence derrière moi. J'aperçus son reflet dans la vitre de la porte vitrée, restée ouverte. Son visage était imbibé de larmes. Il avait compris…

- Va-t-en ! Tout de suite ! Lui ordonnais-je.

Je le vis obéir. Soulagé, je pus enfin laisser ma colère et ma tristesse éclater librement.

PDV Alec

Je frappais désespérément à la porte de mon meilleur ami. Il avait un appartement dans le centre de Manhattan. La plupart du temps, sa petite amie Clary, et accessoirement la belle-fille de Luke, y passait son temps. Par bonheur, je savais qu'elle était en voyage avec sa mère, quelque part en Afrique. Jocelyne était comportementaliste animalier, ou un truc comme ça. Après avoir frappé et sonné des dizaines de fois, Jace consentit enfin à m'ouvrir. Ses cheveux blonds ébouriffés, et sa tenue légère, (il ne portait qu'un caleçon noir), m'indiquèrent qu'il venait de se lever.

- Sérieusement, mec ? Tu as vu l'heure qui l'est ?

- Non, et je m'en fiche ! Lui rétorquais-je en pénétrant dans l'appartement, avant même qu'il ne m'y autorise.

Il était rangé à la perfection, rien ne dépassait. Tout était à sa place, correctement rangé. Sur ce point, nous n'étions pas différents. Pour tout le reste, en revanche….

- Je viens de traverser la moitié des États-Unis, et… Et je ne sais pas quoi faire, je suis complètement paumé ! J'ai besoin de ton aide !

- D'accord… Heu, assis toi, je vais nous faire du café ! Enfin, non, juste pour moi, tu es assez excité comme ça !

- Est-ce que tu crois mon père capable d'abuser sexuellement d'un enfant ? Lâchais-je soudain.

Jace, qui était en train de verser du café dans une tasse, se stoppa et me sourit.

- Alec… Tu as encore bu, c'est ça ?

- Jace! Je te parle d'un truc sérieux là !

- Alec, ton père est un con, oui, tout le monde c'est ça ! Ta famille entière est réputée pour être une famille de magouilleur en tous genres, qui ne respecte rien ni personne, et qui n'hésite pas à écraser les gens qui sont sur leur passage ! Mais abusé de quelqu'un ? Non, c'est n'importe quoi !

Je soupirais, soulagé. Je mettais peut-être fait des idées…

- Pourquoi tu me demandes ça ?

- Parce que… Je… Je peux pas te dire !

- Oh mec ! Depuis quand tu me caches des choses ? Maintenant que tu es là, et que tu m'as réveillé, tu me racontes tout ! Ne te la rejoues pas mystérieux comme avec ce type, là !

Je baissais les yeux, honteux.

- Quoi ?! Ne me dis pas qu'il s'agit encore de lui ?! Ton père t'a interdit de le voir ! Et tu as failli mourir à cause de lui, tu as oublié ?!

Il m'attrapa par les épaules et plongea ses yeux dans les miens.

- J'ai failli perdre mon meilleur ami par sa faute ! Et crois-moi que ça fait mal quand celui-ci ne se rappelle plus de toi !

- Je venais de me réveiller ! Me défendis-je.

- Ouais, passons. Ce type est nocif, oublie-le !

- Je peux pas….

- Écoute, je sais que c'est parfois difficile d'oublier sa première fois avec quelqu'un, mais… Jusqu'ici, il ne t'a apporté que des ennuis !

- Non, c'est faux ! Jace, je… Je l'aime !

Il soupira.

- Ok… Et donc, qu'est-ce que tu comptes faire ? Parce que pour ton information, ta famille le déteste, et ses amis te détestent ! Souviens-toi de Santiago !

- Santiago est un con !

- Oui, et son meilleur ami par la même occasion ! Alors lâche l'affaire ! Sors et essaye de rencontrer quelqu'un d'autre !

- Qui ? Peu importe avec qui je suis, si ce n'est pas une fille de bonne famille, mon père n'en voudra pas !

- Il n'accepte toujours pas que tu…

- Que j'aime les hommes ? Non…

- Putain, mais… Je comprends pas ce que ça peut lui faire !

- Les gens n'approuvent pas en règle générale, tu sais…

- Moi ce que je n'approuve pas, à part ton goût visiblement affirmé pour les détraquer…

- Ne parle pas de lui comme ça ! Le coupais-je.

- Bref ! Je disais donc, que ce que je n'approuvais pas, c'est qu'il a fallu que tu frôles la mort pour que j'apprenne que tu préférais les mecs !

Je baissais à nouveau les yeux.

- Je… J'avais peur de perdre ton amitié…

- On est ami depuis le berceau, Alec ! Comment as-tu pu croire que je te rejetterais ?

- Désolé… Murmurais-je.

Je me laissais tomber dans le canapé. Il s'assit à côté de moi, une tasse de café dans la main.

- Tu l'aimes à ce point-là ce gars ?

- Oui… Je sais bien que nos deux familles se détestent, mais… J'aimerais tellement comprendre pourquoi !

- Tu lui as posé la question ?

- Tu t'imagines bien que oui, mais… Il y a un moment où j'ai cru que mon père avait abusé de lui, mais il a nié en bloc. Alors j'ai cru que c'était juste moi, que je mettais fait des idées, mais ensuite il a eu une réaction bizarre ! On.. on était en train de… tu sais…

- Oui, vous couchiez ensemble, quoi !

- Oui… Admis-je en rougissant. Mais il… J'ai pas compris ce qui s'est passé, mais il a fui littéralement la chambre… Il pleurait…

- Tu n'as pas essayé de lui en parler ?

- Non… Sa réaction m'a fait peur, et quand il m'a demandé de partir… Je n'ai pas cherché à comprendre, j'étais trop effrayé par ce que j'aurais pu entendre…

- Tu te fais des idées, Alec ! Il était sûrement mal pour… pour autre chose ! Ou alors il lui est peut-être effectivement arrivé quelque chose comme ça, mais ton père n'a rien à voir là-dedans, ça c'est sûr !

- J'aimerais en être aussi sûr que toi,… Il doit bien avoir une explication au fait qu'ils se détestent à ce point-là ! Mon père a voulu le tuer, Jace !

- Je sais… Robert est au courant que tu te souviens de ce détail là ?

- Non… J'ai pas confiance en lui… J'aimerais tellement savoir pourquoi lui et Magnus se haïssent autant… Qu'est-ce qui a bien pu se passer…

Jace fronça les sourcils, songeur.

- J'ai entendu parler d'un truc une fois, mais je ne sais pas si c'est lié…

- Dis-moi !

- Ben un jour je suis allé chez les Bane ! Tu te rappelles ? C'est quand je faisais un stage avec ton père !

- Oui, je me rappelle ! T'avais râlé pendant des jours et des jours parce que tu t'étais fait jeter !

- Oui ! Ari Bane m'a littéralement jeté hors de chez lui !

- Mais si je me souviens bien, tu étais entré sans autorisation en passant par la porte-fenêtre, non ?

- Ouais ! J'avais sonné et personne n'avait répondu ! Alors j'ai fait le tour de la maison, et comme la porte vitrée de la terrasse était ouverte, je suis entré ! Le salon était sens dessus dessous ! Les tiroirs avaient été retourné, et je me souviens avoir vu un dossier comportant le logo de l'Hudson, l'ancien hôpital psychiatrique !

- Mais il a fermé il y au moins… 5 ans…

- Ouais, mais le personnel qui y travaillait à l'époque, a en partie été transféré au Bellevue Hospital Center, donc tu pourrais peut-être en savoir plus ! Crois-moi, vu comment Ari Bane a réagi quand il m'a vu avec ce dossier dans les mains, il avait quelque chose à cacher !

- Peut-être… Tu n'as pas eu le temps de voir ce qu'il contenait, je suppose ?

Il secoua négativement la tête.

- L'incendie de la maison des Bane, a bien eu lieu il y a cinq ans, non ? Lui demandais-je soudain.

- Heu, oui, je crois...

- Quand exactement l'Hudson a-t-il fermé ?

- Aucune idée ! En 2003 je crois, mais,…

- Ton ordi, vite !

- Pour quoi faire ?

- Donne !

Râlant, il alla me chercher son ordinateur portable, et le posa sur la table devant nous. Je recherchais ensuite la date de fermeture de l'hôpital, ainsi que celle correspondant à la mort des Bane.

- L'hôpital a fermé une semaine avant leur mort… Annonçais-je.

- Ouais, et ? Quel rapport ?

- Ari Bane avait des actions dans cet hôpital, cet écrit là ! Fis-je en désignant un petit encadré, sur une version numérique d'un article du New York Times.

- Et ben, il n'y a plus besoin de se demander d'où il tirait sa fortune ! Il paraît que cet hosto rapportait des milliards !

- Hum… Je me demande pourquoi il a fermé…

- Je ne sais pas, mais personne ne l'a racheté, ça c'est sûr ! Ce truc est à l'abandon !

- Je suis sûr qu'il y a un lien entre les morts des Bane et la fermeture de cet hôpital !

- Les Bane sont morts dans un incendie provoqué par un court-circuit ! C'était un accident !

- Je ne crois pas…

Je tournais l'écran d'ordinateur vers lui. Celui-ci affichait à présent une photo de mon père avec Ari Bane, bras dessus, bras dessous, devant l'Hudson River State Hospital, au temps de sa splendeur.

- Je croyais qu'ils se détestaient ! S'exclama Jace.

- Visiblement, ça n'a pas toujours été le cas !

- Peut-être que c'est du cinéma !

- Je n'ai pas l'impression, non…

- De quand ça date ?

- Hum… 2002…

- Donc un an avant l'incendie…

- Et la fermeture de l'hôpital…Et la plainte de Magnus contre mon père ! Me rappelais-je soudain.

- Quelle plainte ?

- Quand je cherchais Magnus, j'ai fouillé dans les dossiers de Luke : une plainte a été enregistrée il y cinq ans. Aucun motif n'était mentionné. Quand j'en ai parlé à Magnus, il s'est tendu et m'a dit qu'il avait porté plainte pour insulte homophobe !

- C'est peut-être vrai !

- Il s'est passé beaucoup trop de choses il y a cinq ans pour que ce soit vrai ! Tu ne te souviens donc pas ? C'est aussi à peu près à cette époque que mes parents mon changé d'école !

- Non, c'était plus tôt !

- A quelques mois près, Jace ! Puis rappelle-toi, Santiago m'est tombé dessus ce jour-là en hurlant qu'il avait perdu son meilleur ami à cause de moi !

- Tu crois qu'il parlait de Magnus ?

- Oui, c'est évident !

- C'est stupide ! Jusqu'ici on ne l'avait jamais vu de notre vie !

- Et tu ne trouves pas ça bizarre, toi ?

- Non ! New York, c'est grand !

- Oui, mais là il ne s'agit pas de n'importe qui ! Il s'agit du fils de l'une des plus grandes fortunes du pays ! Et visiblement, d'amis à nos parents !

Je me tus, songeur. Des amis qui prônaient, à qui voulaient bien l'entendre, qu'ils se détestaient…

- J'ai toujours entendu ton père parlait en mal d'eux…

- Oui, moi aussi ! Mais cette photo prouve le contraire ! Même mon père ne peut pas faire semblant à ce point-là ! Regarde, regarde l'expression de leur visage ! Ça ne colle pas !

- Alors il n'y a qu'un seul moyen de le découvrir ! Rendons visite au psychiatre qui dirigeait l'Hudson à cette époque !

- C'est le docteur… Anderson ! Annonçais-je après une rapide recherche. Il a pris sa retraite… Après la fermeture… Comme par hasard !

- On n'a plus qu'a demander à Luke de nous le retrouver ! On n'a qu'à lui dire que c'est pour préparer un exposé ou je ne sais quoi !

- C'est pas crédible, il ne va jamais nous croire !

- Nous non, mais Izzy, oui ! J'aurais bien demandé à Clary, mais elle est en Afrique !

Après une hésitation, j'acceptais. Une heure plus tard, ma sœur m'envoyait l'adresse du Docteur Anderson. Décidément, elle pouvait être surprenante.

- Texas… Génial…

- Je conduis ! S'exclama Jace, en attrapant sa veste. Allez bouge, on en a pour des heures !

- L'avion, ça existe !

- Ouais, mais j'ai comme l'impression qui vaut mieux se la jouer discret !

Trois jours plus tard

J'enlevais mes lunettes de soleil et examinais la maison devant laquelle Jace venait de s'arrêter. Une vieille bicoque, perdue au milieu du désert.

- Pas très luxurieuse pour un médecin ! Me fit Jace.

- Je crois que nous ne sommes pas les seuls à vouloir rester discrets… Viens…

Je descendis de voiture, suivi de Jace. On frappa à la porte, mais personne ne nous répondit.

- Tu crois qu'il a une porte-fenêtre ? Ricana Jace.

- Très drôle !

- Qu'est-ce qu'on fait ? On ne va quand même pas rester planter là !

Je ne répondis pas, et tournais la poignée. J'entendis un clic : la porte n'était pas fermée à clé.

- Monsieur Anderson ? Appelais-je en ouvrant la porte. Monsieur Anderson ?

- Il n'est pas fan du ménage ! Me fit remarquer Jace.

J'examinais la pièce dans laquelle on venait de pénétrer. Jace n'avait pas tort : le sol était crasseux, les meubles pleins de poussières, l'évier regorgeait de vaisselles sales, et une odeur nauséabonde semblait provenir du frigo. Jace l'ouvrit.

- Ahhh, je vais vomir ! S'exclama-t-il en refermant aussitôt.

Je refoulais un haut-le-cœur.

- Tu crois que quelqu'un vit réellement ici ? Demandais-je.

- Je sais pas, mais si c'est le cas, il lui faut une femme de ménage d'urgence !

On entendit alors un cliquetis derrière nous.

- Qu'est-ce que vous foutez là ?

Jace et moi nous retournions. Devant nous, un homme d'une soixantaine d'années, un fusil de chasse pointé sur nous. L'homme était dans un état pitoyable : ses cheveux gris étaient en désordre et sales, ses vêtements, crasseux, étaient en lambeaux, et il avait visiblement besoin d'une bonne douche. Ses yeux papillonnaient dans tous les sens, lui donnant l'air d'un fou. Peut-être ses patients avaient-ils fini par déteindre sur lui…

- Docteur Anderson ?

- Qui le demande ?! Qui vous a autorisé à pénétrer chez moi ?

- Vous appelez ça un chez vous, vous ?! Lui fit Jace.

Je le fusillais du regard pour le faire taire.

- Sortez de chez moi, immédiatement !

- Monsieur, fis-je en levant les mains en signe d'apaisement. On aurait quelques questions à vous poser. Je m'appelle Alec Lightwood, et voici mon ami…

- Lightwood ? Répéta-t-il en abaissant légèrement son arme.

- Oui…

- Tu as quelque chose avoir avec Robert Lightwood ?

J'échangeais un regard avec Jace.

- Je suis son fils !

L'homme abaissa son arme.

- Qu'est-ce que vous me voulez ?

- Vous posez quelques questions sur mon père et Ari Bane…

- Pourquoi vous ne leur posez pas la question directement ?

- Parce que l'un d'entre eux est mort, et …

- Qui ?

- Ari Bane…

- Et son fils ? Qu'est-il devenu ?

- Vous le connaissez bien ? Lui demanda Jace.

- Possible…

- Monsieur Anderson, s'il vous plaît, c'est important ! L'implorais-je.

- Je répondrai à vos questions que si ce jeune homme sort ! Me fit-il en désignant Jace. Je n'ai pas confiance !

- Merci, c'est gentil !

- Jace, sors, s'il te plaît !

- Alec ! S'indigna-t-il.

- S'il te plaît….

Il souffla, mais m'obéit. Je me tournais ensuite vers le propriétaire des lieux.

- Que vous est-il arrivé ?

- La déchéance ! L'affaire la plus horrible qui m'est été donnée de voir dans toute ma carrière, et pourtant j'en ai vu des choses…

Je m'assis prudemment sur une chaise.

- Vous disiez connaître le fils d'Ari Bane ?

- Connaître est un bien grand mot… La première fois que je l'ai vu, la police de New York me l'avait envoyé avec trois autres adolescents. Ils n'avaient pas plus de 14/15 ans. Ils étaient tous dans un état de malnutrition sévère. Aucun d'eux ne parlait…

- Que leur étaient-ils arrivés ?

- Ils avaient été torturés ! De toutes les manières possibles et inimaginables… Je n'avais jamais rien vu de tel… Un matin j'ai retrouvé l'un d'eux pendu dans une des chambres. Il avait fabriqué une corde avec les draps…

Une larme coula sur ses joues crasseuses. Je ne pouvais que l'écouter, horrifié par ce qu'il me racontait.

- Une des filles, qu'on avait retrouvée en même temps que lui, l'a découvert en premier… C'est son hurlement déchirant qui nous a alertés…

- Mon dieu…

- Oui… Nous ne pouvions même pas donner le corps à quelqu'un, nous n'avions aucune idée de l'identité de ces enfants… Le corps a été brûlé, puis nous avons fait une cérémonie… Mais personne n'est venue, à part ce jeune garçon…

- Magnus… Fis-je d'une voix tremblante.

- Oui… C'est ce jour-là que j'ai entendu sa voix pour la première fois… Je l'ai accompagné à la police pour qu'il raconte ce que lui et ces enfants avaient subi, mais… C'est ce jour-là que j'ai appris qui était son père… Puis le lendemain un homme a débarqué à l'hôpital pour me faire taire, et écrire dans mon rapport que le jeune garçon n'était qu'un menteur, qu'un enfant perturbé….

- Mon père, je suppose… M'exclamais-je, dégoûté.

- Votre père ? Oh non ! Robert était un lâche, toujours à se cacher derrière son ami…

Il se tut. Il semblait plonger dans ses souvenirs.

- Qui alors ?

- Ari…

- Ari ? Ari Bane ?

- Oui… Quand je l'ai vu arriver, j'ai cru qu'il venait enfin chercher son fils… Je me trompais… Il m'a fait jurer de ne jamais rien dire de cette histoire. J'ai refusé, et… Il a ruiné ma carrière… Il m'a fait virer, puis l'hôpital a fermé. Il a emmené son fils, s'est assuré que toute trace de cette histoire soit effacée, et … et je n'ai plus jamais entendu parler de ces enfants… Les deux filles ont été transférées dans un autre hôpital, il me semble…

- Qu'est-ce… Qu'est-ce que ces enfants avaient subi ?

- Si vous saviez… J'ignore comment ils ne se sont pas tous tuer…

- Qui leur avait fait du mal ?

- Je n'en ai aucune idée…

- Mon père et Ari Bane : quelles étaient leurs relations ?

- Ils étaient amis… Au début en tout cas…

- Pourtant je ne les ai jamais vu ensemble, et… Mon père en parlait toujours en mal !

- C'était de la politique ! Du business ! Leur pseudo concurrence leur faisait acquérir deux fois plus de biens ! Mais en réalité, ils étaient comme des frères ! Quand je les ai connu, ce n'étaient que des adolescents, tout juste sortie de l'école de commerce dans laquelle leurs parents les avaient envoyés. Eux se haïssaient ! Et ce n'était pas un jeu… Je n'ai jamais vu deux familles se déchiraient autant… Alors quand je les ai vus débarquer tous les deux dans mon bureau, si complices…

- Que venaient-ils faire ?

- Acheter des actions… Quand ils étaient encore à la fac, ils ont fondé une sorte de club, appelé le Cercle. Beaucoup d'enfants de leur rang, riches et beaux, à qui la vie avait tout donné sans aucun effort, en faisaient partie. Tu en connais peut-être aujourd'hui : Valentin Morgenstern, Michael Wayland, Stephen Herondale…

- Oui, je les connais… Stephen est mort il y a quelques années… C'était le père de Jace…

- Pourquoi crois-tu que je lui ai demandé de sortir ? Je l'ai reconnu immédiatement… Il lui ressemble tellement… Ce que j'ai à dire sur lui n'est malheureusement pas une belle histoire, mais elle est liée à celle de Magnus Bane…

- Comment ça ?

- Comme tu le sais sûrement, Stephen Herondale s'est tué en voiture. Ce que les gens ignorent en revanche, c'est comment cela est arrivé…

- Je ne comprends pas…

- Stephen était fou, complètement fou… Il avait un entrepôt désaffecté vers Brooklyn, pas loin de la marina. Les gamins du quartier jouaient tout le temps là. Les parents ont bien essayé de convaincre Stephen de le faire fermer, ou au moins de le faire surveiller, mais… il n'a rien voulu entendre. Un jour, après qu'un agent de police lui est signalé à nouveau une plainte de parents inquiets, il est devenu comme fou. Il a mis le feu à l'entrepôt… Des témoins disent qu'il le regardait brûler en riant, une bouteille d'alcool à la main…

- Mais… Je ne comprends pas, quel rapport avec Magnus ?

- Il se trouvait à l'intérieur, avec les trois autres enfants… Mais ils n'étaient pas les seuls… La femme de Stephen, Céline, était à l'intérieur. Les enfants ont réussi à sortir, par miracle, indemnes. Mais elle, elle est morte. Il a été accusé d'avoir voulu la tuer et il s'est suicidé. Ce jour-là, ton père a perdu l'un de ses meilleurs amis, et sa maîtresse…

- Qu'est-ce que vous voulez dire par « sa maîtresse » ? Articulais-je difficilement.

- Navré mon garçon, mais ton père trompait ta mère depuis longtemps ! Je pensais que tu le savais…

Je serrais les poings, furieux. Ma mère avait tout sacrifié pour lui, à commencer par sa carrière, et lui… Lui la trompait avec la femme de son meilleur ami !

- Stephen le savait ?

- Oui, et il s'en fichait. Il n'était pas amoureux d'elle ! Le problème, ce qui a rendu encore plus fou de colère ton père, c'est que Céline était enceinte.

Je fermais les yeux. Ce n'était pas possible, c'était un cauchemar et j'allais me réveiller… Rouvrant les yeux, je les posais sur le vieil homme.

- Est-ce… Est-ce qu'on pourrait en revenir à Magnus s'il vous plaît ?

- Oui, excuse-moi, je déborde un peu du sujet, mais ce que je l'ai connaissait tous si bien….

Ses yeux partirent dans le vague, et je claquais des doigts pour le ramener à la réalité. Je voulais que cette discussion se finisse le plus rapidement possible…

- Excuse-moi… Donc, je disais quoi ? Ah oui, Magnus… Et bien les enfants ont bien sûr étaient entendu par la police, puis accusés d'avoir mis le feu.

- Pourquoi ?

- Parce que c'était le cas ! C'est à ce moment-là que les relations entre Ari Bane et ton père se sont dégradés. Ari avait payé des faux témoins pour raconter une jolie version dans laquelle Stephen était coupable !

- Mon père s'est vengé en s'en prenant aux enfants…

- Aucune idée… Mais il a voulu qu'ils soient jugés, oui ! Mais les gamins n'avaient que 12 ans, ils ont voulu jouer aux grands en allumant un feu, ils ne savaient pas ! La cour a bouclé l'affaire, que pouvaient-ils faire d'autre ?!

- Ari Bane était une pourriture…

- Oh oui, tu n'as même pas idée à quel point ! Ton père et lui s'étaient bien trouvé…

Je ne relevais pas.

- Le Cercle, en quoi consistait-il exactement ?

- Ils s'en prenaient au plus faible, et menaient des activités douteuses, mais je ne saurais pas t'en dire plus…

Je me pris la tête dans les mains. Dans le fond, je n'étais pas plus avancé que ça sur le souci qu'avait Magnus avec moi. Certes, je savais à présent pourquoi mon père le haïssait autant, mais en revanche, les raisons de Magnus m'étaient toujours aussi obscures. Que lui était-il arrivé, à lui et aux autres enfants ? Mon père en était-il le responsable ? Quel intérêt Ari Bane avait-il à étouffer l'affaire ? Tant de questions qui se bousculaient encore dans ma tête. Une personne aurait pu y répondre, mais il restait figé dans son mutisme… Je pris congé de l'homme, noyé à nouveau dans ses pensées, et rejoignis Jace. Il m'attendait, adossé contre la voiture, le volume du poste radio poussé à fond, libérant une musique rock. Je coupais le son et le fusillais du regard.

- Merci la discrétion !

- Tu n'avais qu'à pas me jeter dehors comme un mal propre !

- C'est ma faute à moi si tu n'inspires pas confiance ?!

Je décidais de ne pas lui dire toute la vérité sur ses parents. Je le ferais, mais pas ici, pas au milieu de nulle part, et pas de cette façon. Il méritait mieux…

- Alors, qu'as-tu appris ?

- Pas grand-chose….

- Pas grand-chose ?! Tu es resté là-dedans pendant au moins deux heures !

- Monte, je te raconte en route.

Il prit le volant, et démarra, faisant crisser les pneus sur le sol poussiéreux.

- Je ne suis pas mécontentant de me tirer d'ici…

- Tu m'étonnes ! T'as intérêt de te désinfecter à l'eau de javel !

- C'est pas drôle, Jace ! Le sermonnais-je. Ce type est…

- Maboul ?

- Jace… Soupirais-je. Il n'est pas « maboul », c'est juste un pauvre type qui ne sait plus trop où il en est !

- Hum… Et donc, qu'est-ce que son esprit détraqué t'a confié ? Tu en connais un peu plus sur la fabuleuse histoire de Magnus Bane ?

- En quelque sorte, mais elle n'est pas « fabuleuse » pour le moins du monde…

- Tu peux développer ? Me demanda-t-il, alors qu'il engageait la voiture sur la route principale.

- Mon père trompait ma mère avec une autre femme…

- Nannn ! Sérieusement ?!

- Oui Jace, sérieusement ! Tu crois vraiment que je plaisanterais avec ce genre de chose ?

- Non, c'est vrai que tu n'as aucun humour !

Je levais les yeux au ciel. Parfois, il aurait mérité des tartes…

- Elle était enceinte lorsqu'elle est morte dans un incendie provoqué involontairement par Magnus et ses amis…

- Tout s'explique….

- Oui… Mais ce n'est pas tout : des flics ont emmené à Anderson les mêmes enfants, dont Magnus. Ils… Ils présentaient des signes de torture…

- Qui leur avait fait du mal ?

- Je crois que… Je crois que c'est mon père…

Une semaine plus tard- PDV Magnus- Los Angeles

Les bras croisés, et le dos appuyé contre le mur du salon, je levais les yeux au ciel.

- Je sais Tessa, je sais ! Mais qu'est-ce que tu veux que j'y fasse ?!

- Je sais pas moi, dis-lui d'arrêter d'appeler toutes les cinq minutes ! Ou mieux, comporte-toi comme un adulte, et parle-lui !

- Je ne veux pas le voir !

- Alors dis-le lui, mais je t'en prie fait quelque chose, parce que je vais devenir dingue !

- Je ne peux rien pour toi ! Appelle les flics!

- Tu veux que je porte plainte contre le fils de Robert Lightwood ? Vraiment ? Tu crois que ça arrangerait ta situation ?!

- Peut-être pas, mais ça lui passerait sûrement l'envie de me courir après !

- Tu me désespères ! Ce garçon à vraiment l'air de tenir à toi…

- Ouais, sauf que moi je me fiche de lui comme de mon premier billet vert !

- Tu mens ! Je le vois dans tes yeux…

Quittant mon bout de mur, je me servis un verre de scotch au bar.

- Tes hormones te jouent des tours…

- Règle-moi ce problème, Magnus ! Je ne veux pas d'un nouvel esclandre dans mon entreprise !

- C'est aussi la mienne!

- Justement !

Je lui fis face. Ses yeux gris, que faisaient ressortir ses longs cheveux bruns relâchés sur ses épaules, me lançaient des éclairs de colère. Elle était têtue, mais je l'étais encore plus.

- Ce n'est pas mon problème ! Il finira par se lasser, ne lui accorde pas trop d'importance !

- A quoi tu joues avec ce garçon ?

Je fis tournoyer le liquide à l'intérieur de mon verre, et laissais mon regard se perdre au fond.

- Je ne joue pas…. Je ne peux pas l'approcher, c'est trop dangereux…

- Robert t'a menacé ? S'inquiéta-t-elle en posant une main sur mon bras.

- On peut dire ça comme ça…. Mais peu importe, tout ça est derrière moi maintenant…

- Pas vraiment… Etta ne va pas bien, elle a encore fait une crise ce matin …

- Je sais, j'y étais je te signale ! Elle ne supporte pas de me voir…

- Ce n'est pas l'impression que j'en ai…. On dirait qu'elle essaye de te faire passer un message à chaque fois…

- Oui : « Va-t-en » !

- Ne raconte pas n'importe quoi… Elle t'aimait…

- Elle ne me pardonnera jamais ma décision….

- Tu voulais la protéger…

- Ouais… Changeons de sujet tu veux, celui-là reviens un peu trop souvent sur le tapis en ce moment !

- Comme tu veux… Je dois y aller, je… Non, laisse tomber, à plus tard !

Elle me serra brièvement dans ses bras, avant de s'en aller. Je fis ensuite les cent pas dans mon appartement, pensant à Alec. Aucune relation n'était envisageable avec lui, mais le sortir de ma vie n'était pas chose facile, surtout qu'il continuait à s'acharner à me joindre. Il ne méritait pas que je le traite de cette façon, mais la menace de son père planait toujours au-dessus de ma tête. Puis ma dernière rencontre avec Alec s'était tout, sauf bien passé. Je ne sais pas ce qu'il avait compris ce jour-là, mais le masque n'était pas passé loin de tomber… J'ai failli tout lui révéler, mais cela aurait été une erreur. Il ne faut surtout pas qu'il sache ! Jamais… Il fallait que je me change les idées, que j'arrête de penser à lui. Raphaël, Ragnor et Catarina arrivaient à Los Angeles dans quelques heures, alors pourquoi ne pas organiser une fête ici ? Je souris. Enfin une idée qui me ravissait…

Plus tard

Assis sur le canapé, une belle brune très, très, sexy, à califourchon sur moi, je tirais une taffe sur ma cigarette. Mon appartement était dans un état pitoyable : des cadavres de bouteilles d'alcool jonchaient le sol, et certains de mes invités comataient un peu partout. Mais bon sang, cela faisait longtemps que je ne m'étais pas senti aussi bien. Ragnor se pencha au-dessus du canapé.

- Santiago est à moitié mort !

- J'ai toujours dit qu'il ne tenait pas l'alcool !

- Hum, je t'avertis, s'il commence à vomir partout, tu t'en occupes !

- Aurais-tu envisagé, dans ta conclusion hâtive, que je puisse éventuellement être dans un pire état que lui ? Lui demandais-je en essayant de me relever.

Je retombais sur le sofa, la jeune fille dans mes bras. Elle me sourit, et colla ses lèvres aux miennes. Berk, du gloss. Voilà pourquoi les hommes bénéficiaient généralement de plus d'attention de ma part…

- C'est qui celle-là ? Me demanda Ragnor, un sourire moqueur aux lèvres en apercevant mon air dégoûté.

- Mon désert !

Je claquais des doigts devant elle.

- Hey ma chérie, pourrais-tu aller m'attendre dans ma chambre, j'arrive… Oh et enlève cette chose immonde que tu as sur ces lèvres si sexy !

- Bonjour la galanterie ! Me fit remarquer Ragnor.

On fixa tous les deux le dos de ma charmante inconnue, jusqu'à quelle soit hors de vue. Des cris se firent alors entendre, et ma foule d'invités s'agita. Je vis alors Raphaël empoigner un homme par le col et le plaquer contre le mur opposé de là où je me trouvais. L'alcool ayant rendu flou ma vue, et la foule qui s'agitait en tout sens, m'empêchaient de voir contre qui mon ami passait ses nerfs. Oh puis je m'en fiche, j'avais quelqu'un qui m'attendait… Je leur avais tourné le dos, lorsque j'entendis un nom être murmuré dans la foule : Lightwood… Je fermais les yeux. Pourquoi maintenant ? Pourquoi pile au moment où j'arrivais à le sortir de ma tête ?! Furieux, je me précipitais sur Raphaël et l'homme, dont j'avais à présent deviné l'identité. Je remarquais que quelqu'un avait arrêté la musique.

- Tu es décidément le mec le plus idiot de la terre, ma parole ! M'exclamais-je.

Il tourna le regard vers moi, et mon cœur se brisa. Son visage était humide de larmes, ses yeux rouges et gonflaient, et il me lançait un regard où le désespoir s'y peignait.

- Tu veux que je le mette dehors ? Me demanda Raphaël.

- Lâche-le ! Lui ordonnais-je.

- Mais, Magnus…

- Je t'ai demandé de le lâcher !

Il obéit, mais se tourna vers moi, furieux.

- Tu ne vas pas le foutre dehors ?!

- Non ! C'est toi qui t'en vas… D'ailleurs vous sortez tous ! Hurlais-je à l'intention de mes autres invités. Tout le monde dehors !

Je pris Alec par la main et l'entraînais, sous les regards stupéfaits de mes invités et amis, dans ma chambre. Je virais sans ménagement la fille qui s'y trouvait, nue de sur quoi, et refermais la porte après lui avoir lancé sa robe. Je pris ensuite le visage d'Alec entre mes mains et frôlais délicatement un bleu en dessous de son œil gauche. Il semblait dater de plusieurs jours, ce n'était donc pas Raphaël…

- C'est quoi ça ?!

- Ça t'intéresse maintenant?!

Je posais mon front contre le sien.

- Tu vas me rendre dingue…

- Je sais tout, Magnus…

- Tu sais tout quoi ? Lui demandais-je, les sourcils levés.

- Je sais tout ce que tu me caches… Tu n'as plus besoin de me mentir… Je sais ce qui t'est arrivé… Je sais tout…

A suivre

Merci pour vos reviews

Héritage maudit, n'étant toujours pas rentré chez moi, je n'ai pas récupéré ma clé :/ Mais ce week-end c'est promis.

Gros bisousss