Pour toutes celles (et ceux) qui suivent encore ma fic, j'adresse un grand, mais alors très grand, pardon pour le retard que j'ai pris à publier. C'est juste que je passe par des périodes à durée indéterminée, et ces temps-ci, c'était plutôt la période lecture-compulsive ^^. Mais c'est bon, là je reviens dans ma période écriture… Bonne lecture !
Morgane
Chapitre 9
(…) Je tombais de sommeil. J'allais finir par tomber tout court, si Jake continuait son monologue sur le golf.
-Jake…
Il m'ignora. Je glissai alors mon bras sous son coude et le tirai sans ménagement vers la voiture. Interrompu en plein discours, Jacob me lança un regard plein de reproches. Je me retournai alors vers l'assistance qui nous regardait partir en souriant et les remerciai pour tout avant de leur souhaiter une bonne nuit.
POV Edward
Je n'en pouvais plus. Sérieusement. Sue avait passé la semaine à crier sur moi à cause de ce fichu accident de voiture. Elle avait commencé sitôt que l'ambulance avait démarré, Bella à son bord. Je l'entendais encore :
« Edward Anthony Cullen ! Si je te revoie encore une seule fois au volant avec Alice à bord, je t'assure que je te confisque ta maudite Volvo ! Tu as failli tuer quelqu'un aujourd'hui, non mais tu te rends compte ?! »
Ah, ça ! Pour m'en rendre compte, je m'en étais rendu compte ! Surtout que la crainte qu'il soit arrivé quelque chose de grave à Bella, rajoutée aux cris exaspérés de ma mère m'avait fait passé les jours les plus affreux de toute mon existence. L'arrivée d'Alice au lycée passa ainsi au second plan. Du reste, elle s'habitua vite aux horaires et aux habitudes propres aux petits établissements, à savoir : «tous le monde connait tous le monde, fais gaffe à tes arrières ! » Au bout de deux jours de réprimandes intensives, Sue daigna enfin m'annoncer que Bella n'avait rien de grave, excepté un léger choc à la tête, sans réelle gravité.
Le soulagement. J'aurais regretté d'être un assassin avant même ma majorité. Ca ne fait jamais bien sur un CV, allez savoir pourquoi. Et puis ma mère m'avait dit d'une traite :
« Ce serait bien, Edward, que tu passes voir Isabella à l'hôpital. »
Ma mère voulait ma mort cette semaine, décidemment. J'avais immédiatement rétorqué :
« Hum, M'man, je ne pense pas être le bienvenu là-bas et puis ce n'est pas comme si Bella a besoin d'un garde-malade à ses côtés. Tu viens de me dire que ses blessures sont superficielles ! »
Elle m'avait lancé un regard si noir qu'instinctivement, j'avais reculé d'un pas.
« Edward Anthony Cullen !! »
Si j'avais parfois un peu de mal avec mon nom, ce n'était plus le cas, à présent, tant Sue me l'avait répété.
« … tu vas me faire le plaisir de ramener tes fesses (un peu grossière sur les bords lorsqu'elle se mettait en colère) à l'hôpital pour saluer la fille que TU as failli tuer à cause de TA DEMI-SŒUR !! »
C'est ainsi que le mercredi soir, j'étais devant la porte de l'hôpital, patientant un instant pour trouver le courage nécessaire à entrer. Je devais l'avouer : j'avais un peu peur des réactions de Bella. J'avais un peu emboutit sa Chevrolet, quand même. Et je lui avais un peu cassé le crâne.
Arrête un peu de te culpabiliser. Cette fille n'a que des blessures sans gravité, et Dieu seul sait où elle a eu son permis.
Je me décidai enfin à rentrer et me dirigeai vers l'accueil où l'on m'indiqua avec émotion (j'avais adressé un sourire charmeur à l'hôtesse) la chambre de Bella. Je montai les escaliers quatre à quatre ; maintenant que j'étais dans la place, je n'avais pas l'intention de reculer.
Bella Swan, à nous deux.
Je riais silencieusement de ma remarque intérieure –qu'est ce que Bella pouvait bien me faire, à part me hurler dessus parce que j'avais ruiné sa voiture ?- mais ravalais le sourire qui menaçait de pointer sur mes lèvres lorsque je vis le Professeur Black poireauter sur le seuil de la chambre 204.
Celle de Bella.
Non, sans blague. Qu'est ce que Jacob Black faisait là ?! Une fois, déjà, j'avais vu Bella se jeter quasiment dans ses bras. C'était le jour de la rentrée. Mais depuis, ils se comportaient comme tout élève et professeur doivent se comporter : sans chercher à approfondir les rapports amicaux. Je les voyais bien assez souvent en Littératures pour comprendre qu'il n'y avait rien entre eux.
Mais si Jacob Black attend ici, ça signifie surement qu'ils sont plus qu'amis ; d'habitude les profs se contentent d'envoyer une lettre de soutien au malade. A la limite, ils vont parfois aux enterrements d'élèves. Mais le mort s'en fiche un peu, à ce moment-là…
Ouh ! Je m'égare…
J'entendis le rire puissant de Black retentir dans la chambre blanche et celui de Bella répondit presque immédiatement. Le sien était plus pur, plus joyeux encore. Détendu.
Et soudain, une bouffée de rage monta en moi. C'était comme un raz de marrée : incontrôlable, invivable, intolérable.
Isabella Swan est à moi !
Cette pensée jaillit dans mon esprit, interrompant momentanément la vague de rage qui couvait en moi. J'étais surpris. Plus que ça : incrédule. De quoi ? Bella était à moi ? Depuis quand ? Pourquoi ?
Allez, réveilles-toi, Edward ! Tu la désires, plus que tu n'as jamais désiré quelqu'un. Et tu ne supporte pas de partager une conquête avec un autre. Je te connais bien, va…
Normal, Idiote, Tu es ma Conscience. Bella n'est pas une conquête. Elle ne veut pas en être une. LesEtats-Unis eux-mêmes ont été plus faciles à conquérir !
Je me détournai brusquement pour ne plus entendre le satané rire de Bella, celui-là même que je n'avais jamais entendu de sa bouche en ma présence. Celui qui me faisait craquer et que je détestai devoir laisser à Jacob Black.
Ce rire aussi, ne devrait être qu'à moi !
Je courais presque, dans les derniers mètres qui me séparaient de la sortie. Je poussai les portes à doubles-battants avant de rejoindre ma voiture. Pied au plancher, j'arrivai bientôt chez moi et passai en coup de vent devant Sue attablée devant la table de la cuisine.
-Edward ? Tu as vu Isabella ??
Je grognai pour toute réponse.
-Comment va-t-elle ?
Je me retournai vers ma mère et lui lançai un sourire ironique.
-Mais parfaitement bien, Maman. Elle a même des cours particulier de littérature, alors tout baigne, pour elle !
Pour toi en revanche, ça va beaucoup moins bien. Va te coucher, mon gars, ça vaut pas la peine.
J'allai dans ma chambre lorsque ma mère me lança, de très loin :
-J'ai rendez-vous, ce soir, chéri. Tu vas te débrouiller ?
Je claquai la porte du deuxième étage pour toute réponse. J'eus le temps d'entendre ma mère soupirer : « Ah ! Les ados et leurs hormones… » avant que le bruit n'ébranle toute la maison jusque dans ses fondations.
***
Je n'attendis même pas le lever de Sue, le lendemain, pour partir au lycée. Sérieusement : elle m'énervait. En arrivant, j'avais un quart d'heure d'avance. C'était bien la première fois que ça m'arrivait ! Je sortis un cahier au hasard et passais quelques minutes à plancher dessus. Les examens se profilaient dangereusement à l'horizon et, si je voulais quitter Forks, il me fallait impérativement les réussir. Il était hors de question que je reste aux crochets de mon père ou de ma mère. Surtout si ma mère devait se remarier. Glups.
Peu à peu, les élèves arrivèrent et je tournai la tête vers eux, dans l'espoir d'apercevoir une connaissance. Mon cœur bondit dans ma poitrine lorsque je vis une voiture d'un orange pâle se garer sur le parking. Ce devait être la voiture de remplacement que les assurances avaient prêtée à Bella, en attendant qu'elle ne s'en achète une nouvelle. En effet, je vit cette dernière descendre prestement de son véhicule pour le moins hideux. J'étais content : la journée serait moins monotone si je pouvais m'amuser avec elle. Je concentrai donc mon attention sur sa camionnette et avançai dans sa direction. Elle avait fait tombée quelque chose à terre et elle agenouillée par terre, cherchant à le retrouver. Je pus facilement m'accouder à son véhicule sans qu'elle ne me vit. Elle eu un petit cri de victoire lorsqu'elle retrouva ses clefs tombées à terre et puis elle se retourna.
Et poussa un autre cri, de surprise, cette fois. Je jubilai. J'étais content de mon effet.
-Cullen ! Tu m'as fait peur. Tu ne peux pas t'annoncer, lorsque tu viens voir des gens ?
Sa voix était froide, presque tranchante. A croire que j'avais fait quelque chose de mal. Elle était abominable, avec ses sautes d'humeur instantanées.
-Tu vas mieux ?, m'informais-je, essayant d'éviter une confrontation inutile.
-Oui, sans quoi, je ne serais pas là, tu ne crois pas ? répondit-elle, ironiquement.
Non, mais ! Qu'est ce que j'avais fait pour mériter pareil ton ?
-Parle plutôt de ce que tu n'as pas fait, Edward ! cracha t-elle.
Je la regardai en clignant des yeux. Quoi ? Oh, zut, j'avais pensé à haute voix….
-Et qu'est ce que je n'ai pas fait, Isabella ? demandai-je, froidement.
-Oh, je ne sais pas, moi, s'emporta-telle, (elle n'avait pas du apprécier le fait que j'emploie son prénom en entier.) tu aurais peut-être pu passer me voir à l'hôpital, histoire de savoir si tu n'avais pas tué quelqu'un !! Moi, en l'occurrence !
Ah… Elle est en colère pour ça…. Oui, en effet, je dois paraitre assez impoli….
Je m'apprêtai à lui dire que j'y étais allé, à son hôpital, lorsque je vis Jacob Black balayer la cour du regard, à la recherche de quelqu'un. Un grand sourire apparut sur son visage lorsqu'il nous vit. Enfin, lorsqu'il vit Bella. Il ne pouvait pas la lâcher !
-Bella ! appela-t-il.
Je hais ce type.
-Bien, je vais vous laisser, dis-je d'une voix que j'espérai décontractée. En réalité, je bouillais. Avise-toi de la toucher avant moi, gros tas de muscle, et tu peux dire adieu à tes futurs enfants !
Bella me jeta un regard noir. Je ne lui avais toujours pas fourni mes excuses, après tout… Au diable ! Le professeur Black n'avait qu'à la consoler. Il avait l'air bien parti pour, ce gros dégoutant.
Je tournais les talons et entrai dans le hall du lycée. Ce fut à cet instant-là que j'entendis les éclats de voix. Il y avait encore une dispute. C'était quoi ce lycée, au juste ? Il y avait autant de bagarre, baston, dispute et autre ici, dans ce lycée de 350 élèves, que dans mon ancien collège de 1200 élèves. Je m'approchai, bien décidé à ne pas réagir comme la dernière fois. Et ce que je vis me stupéfia.
POV Bella
J'exécrai Edward Cullen. Il avait ce côté arrogant, égoïste et imbu de lui-même que je détestai. Ses changements de comportement m'horripilaient à un point incroyable. L'instant d'avant, il était cet homme rassurant et ô combien serviable, et l'instant d'après, il avait cette moue hautaine plaquée sur le visage, alors même qu'il me déshabillait du regard.
Je ne le supportais pas.
Je lui avais demandé des explications, ce matin, concernant son absence sidérante à l'hôpital et il allait me répondre, j'en étais certaine, lorsque Jack était arrivé. Il s'était alors brutalement fermé. Le regard noir, il était parti. Il s'était enfui.
A présent, j'essayais de le retrouver. Je voulais comprendre. Qui il était vraiment et pourquoi il ne me laissait tout simplement pas tranquille.
J'en avais fini avec la recherche du premier étage lorsque je croisai une petite brune, toute petite et menue, qui sautillait un peu partout.
Alice.
-Hey ! me salua-t-elle en me serrant dans ses bras. Tu vas mieux ?
Wow. Accueil plutôt surprenant mais chaleureux. Au moins une qui s'inquiétait de savoir si j'étais morte ou pas. N'est ce pas Cullen ?
Oh, Bella, arrête un peu ! Il t'a demandé si tu allais bien, lui aussi…
Oui, mais Edward Cullen était faux, je n'en démordrais pas. Point.
-Salut, Alice. Ca va mieux, merci. Tu es nouvelle ici, si j'ai bien compris ?
-En effet. Et je suis en manque total d'amies, m'informa t-elle en me lançant un regard attristé. Auquel je craquais immédiatement.
Je lui adressais un grand sourire.
-Tant qu'à faire, essayons d'être solitaire ensemble, tu veux bien ? demandais-je en riant.
Elle acquiesça, souriante. Puis elle m'adressa un regard mutin.
-Tu sais ce que nous devrions faire pour fêter notre solitude à deux ?
Je lui lançai un regard interrogateur. Cette fille paraissait surprenante mais sympathique. Je l'aimais bien.
-Du shopping.
Et ses yeux devinrent rêveurs. Houlà. Ca allait beaucoup moins bien, là. Shopping ? Traduction : passer trois heures debout à piétiner pour regarder des T-shirt affreux dont ma garde-robe n'avait absolument pas besoin ? Réponse : non merci.
-Je n'aime pas trop le shopping, Alice. Un cinéma, peut-être ?
Elle balaya mon offre d'un geste impatient de la main.
-Non, répondit-elle, le shopping est une valeur sure pour faire plus ample connaissance entre filles. C'est scientifiquement prouvé, ma petite, continua t-elle en prenant un air inspiré.
Je souriais mais ne dis rien. Je ne voulais pas faire de shopping DONC je ne ferais pas de shopping. Alice stoppa brutalement devant moi en voyant apparaitre Jacob. Je la dévisageai, surprise, tout en me massant le ventre (je lui étais rentré dedans ; c'était une tradition avec les Cullen). Elle semblait…extatique. Pourquoi elle s'arrêtait ? A cause de Jacob ?
Et puis mon regard se porta derrière Jack qui pénétrait dans la salle des profs. Il y avait une chicane, là-bas. Mon sang ne fit qu'un tour lorsque je reconnus Edward. Et il criait sur Angela. Qui, elle, sanglotait. Il y avait Tanya, aussi, à leur côté, qui affichait une moue maussade.
N'empêche… Edward CRIAIT sur ANGELA !! Angela, la fille sympa qui m'avait amené du chocolat sur mon lit d'hôpital. Angela, la fille qui m'avait offert son amitié.
J'entendis Alice murmurer un « hum… craquant, ce prof ! » avant que j'aille voir de plus près ce crétin d'Edward qui continuait de tempêter.
Je captais la phrase : « qu'est ce que tu a dans la tête, Angela, pour… » avant qu'Edward ne s'interrompe en me voyant. Je voyais rouge. Il n'avait quand même pas osé élever la voix sur Angela, à cause de Tanya ! Dites-moi que ce n'est pas vrai ! Je lui lançais un regard meurtrier avant de prendre Angela en pleurs dans mes bras.
-Ca va aller ? chuchotais-je à mon amie.
Pour toute réponse, ses pleurs redoublèrent de violence. Je sentis la rage monter en moi.
-Mais tu n'en a pas marre de foutre la vie des gens en l'air, espèce de crétin ? hurlais-je sur Edward.
Lequel fit un pas en arrière avant de se redresser pour me fixer dans les yeux, presque méprisant. Je rêve, c'est lui le con, c'est moi qu'on méprise…
-Je te demande pardon ? dit-il froidement.
-Tu as très bien compris. Tu n'arrête déjà pas de me coller, il faut en plus que tu cries après mes amis ! Qu'est ce qui cloche chez toi ? Lâche-moi ! Lâche-là, elle ! dis-je en désignant Angela du regard.
Son regard flamboya.
-Tu n'as rien à voir à ça. Tu hurles après moi, sans rien connaitre de l'histoire. De quel droit tu m'insulte ? De quel droit tu te permets de venir ici mettre ton grain de sel sans rien savoir de ce qui se passe ?
-J'ai des yeux, Cullen. Tu criais après Angela. Tout ça pour quoi ? Pour pouvoir faire les yeux doux à Tanya ? Mais fais-le donc ! Et grand bien te fasses. Mais n'implique personne d'autre. Surtout pas mes amis.
-Arrête, dit-il calmement. Arrête, Isabella, tu deviens ridicule.
Je le foudroyais du regard avant d'embarquer Angela vers les toilettes. Elle continuait de pleurer. Mon Dieu, qu'avait-il bien pu lui dire ? Du coin de l'œil, je le vis lancer un regard noir à Tanya avant de s'en aller. C'était assez étrange mais Angela se remis à pleurer et je n'y prêtai plus d'attention. J'ouvris la porte des toilettes du deuxième étage et inondais d'eau froide un mouchoir que je tendis à Angela. Elle me lança un regard de reconnaissance et essaya de respirer plus calmement. Après quelques minutes, elle s'arrêta de pleurer. Bien lui en pris car la sonnerie retentit à cet instant. Je levais la tête vers la sortie et dis à Angela :
-Ecoute, si tu as besoin de parler, tu peux m'appeler ce soir. Il n'y a aucun souci. Ca va aller.
Elle acquiesça avant de se lever pour se laver les mains. Je m'apprêtais à partir lorsqu'elle m'interpella :
-Bella ?
-Oui ?
-Merci d'être intervenue mais… c'était la faute de Tanya, Bella.
Merci, j'avais remarqué ! C'est à cause d'elle qu'Edward n'arrêtait pas de crier. Je le hais !
-Non, ce que je veux dire, c'est que…
-Que faites-vous là, Mesdemoiselles ?
Jacob…
Angela leva les yeux vers Jack marmonna de vagues excuses avant de se retourner vers moi pour me dire :
-Je t'appelle ce soir…
Ca ressemblait presque à une menace. Puis elle tourna les talons et se dirigea vers sa classe. Jacob la regarda s'éloigner et nous sortîmes des toilettes. Il m'arrêta sur le seuil, pourtant.
-Ecoute, Bella, je…
Il se passa une main dans les cheveux, gêné. C'était très rare, de le voir ainsi. Gêné, je veux dire. Jacob mettait les gens à l'aise, la plupart du temps, car lui l'était toujours.
-Crache le morceau, Jacob ! riais-je devant sa gaucherie.
-J'ai parlé avec ton père, hier soir et…
J'arrêtai immédiatement de rire. Jacob + Charlie + discussion signifiait souvent ennuis en perspective.
-Charlie m'a parlé de James, chérie. Il croyait sincèrement que j'étais au courant et… pourquoi tu ne m'en as pas parlé, Bell's ?
J'arrêtai brutalement de respirer. Jacob semblait déchiré. Il se considérait, et avec raison, comme mon grand frère adoptif et le fait que je ne lui ai pas parlé de James le faisait souffrir. Et moi, je souffrais de le faire souffrir. Et, par-dessus le marché, j'avais peur de sa réaction. J'avais peur qu'il me rejette parce que j'avais choisi un connard comme premier amour.
J'étais pétrifiée. Je levai des yeux terrifiés vers lui.
-Je… je… tu… étais partis, Jacob et, j'avais… mal.
Peur. Peur. Peur. Peur. Peur. Peur. Peur. Peur. Peur. Peur. Peur. Peur. Peur. Peur. Peur. Peur.
Peur de le perdre.
Peur de me perdre dans ma peur de James qui, je le sentais bien, refaisait surface.
Je sentis les larmes glisser sur mes joues.
-C'est mon passé, Jacob. Je ne t'en ais pas parlé parce que, de ce passé-là, je veux plus rien avoir à en faire.
Les larmes roulaient à torrents sur mes joues. Jack me regarda, indécis puis soupira un grand coup et me pris dans ses bras. J'entendis un léger bruit derrière moi mais ne me retournais pas. Rien n'étais plus important que le pardon de Jacob, que l'oubli de Jacob sur mon effroyable passé. Rien d'autre ne comptait. Je le sentis déposer un baiser sur mon front et essuyer mes larmes de ses doigts.
-Ca va, Bell's. Tout va bien, chérie. Le passé, ton passé, est loin derrière toi. Va de l'avant. J'aurais juste aimé que tu m'en informes. Je t'aime, Petite Sœur, et j'aurais pu t'aider.
Je détournais le regard. Bien sur que non, il n'aurait pas pu m'aider. James était un malade. Un grand malade. Rien ne pouvait l'arrêter, à part les barreaux de fer d'une prison. Et encore. J'aurais préféré me faire violer par lui que d'impliquer Jacob pour finalement le retrouver mort quelques semaines plus tard. Je gardai le silence. On se comprenait. Lorsqu'il me relâcha, je lui adressai un sourire de réconfort et allai dans ma classe de biologie. Le reste de la journée s'écoula de même, rythmé par la sonnerie stridente qui annonçait les fins de cours.
Sitôt mon cours d'espagnol expédié, je sortis de la cours et me dirigeai vers ma voiture orange lorsque je vis Edward, appuyé sur mon capot. Je soupirai. Il m'attendait. Il avait un air à la fois renfrogné et victorieux. Curieux mélange. Je sentis mon cœur s'accélérer lorsque je m'approchais de lui. Qu'allait-il me faire, cette fois-ci ?
Pendant un moment, le silence nous berça tous deux et puis, il sortit de son sac deux photographies qu'il me tendit, me fixant avec intensité. Je lui lançai un regard interrogateur avant de les regarder. Et je sentis mon souffle se bloquer dans ma poitrine en voyant Jacob et moi, sur le seuil des toilettes. Sur la première, il me tenait étroitement serrée contre lui et la seconde le montrait en train de m'embrasser le front. Là où il n'y avait eu que des gestes de réconforts, le photographe avait réussi à faire apparaitre une scène intime. D'amoureux. Merde.
Edward m'observait avec attention tandis que je réfléchissais à toute vitesse aux conséquences qu'auraient ces photos entre les mains du Principal. Zut ! Crotte et Flute !
Et bah, tu n'a qu'à les déchirer. Ni vu ni connu.
Imbécile de Voix Intérieure ! Il a du faire en des doubles, de ces photos ! Mais qu'est ce qu'il me veut ?
J'inspirai un grand coup et le vrillait des yeux.
-Où tu as eu ça ?
Il balaya ma question d'un mouvement impatient de la tête.
-Aucune importance. La véritable question à poser, Swan, c'est : qu'est ce que tu vas me donner en échange de ces photos ?
-Rien du tout. Si tu veux de l'argent, je n'en ai pas. De toute façon, il n'y a rien à dire sur ces photos : Jack et moi ne sortons pas ensemble.
Je crus voir une lueur de soulagement traverser ses yeux, remplacée peu après par un éclat presque sauvage.
-On ne dirait pas vraiment des amis sur ces photos, avoue-le.
-J'avoue. Je pense même que tu as trafiqué ces photos à seule fin d'avoir je ne sais quoi de ma part. Accouche ! Tu veux quoi ?
Je perdais un peu les pédales. Le fait qu'il ait si injustement crié sur Angela mêlé au fait que Jacob risquait le renvoi et pire si le Principal entrait en possession de ces photos me rendait quelque peu énervée.
-C'est simple : sors avec moi, et je te donne les photos.
POV Edward
Je vis ses yeux sortir quasiment de ses orbites en entendant ma proposition. Personnellement, je serais parti en courant si une fille était venue me sortir ça. Pourtant, c'avait été la première chose à laquelle j'avais pensée lorsqu'Eric Yorkie était venu, en criant de joie presque, m'apporter ces photos. Sur le coup, j'avais eu mal au cœur : ainsi, le professeur Black se faisait la petite Isabella Swan ? Ah ! C'était pire que moi qui m'était tapé la moitié des filles du lycée. Beurk. Détournement de mineure. Beurk de beurk. J'avais littéralement arraché les photos à Yorkie, ce fouineur officiel, et je m'étais apprêté à lui passer un savon monumental à propos de ses oreilles qui trainaient partout lorsqu'il m'était venu cette idée : le chantage. J'avais donc payé Yorkie pour ses services (cupide, ce mec, en plus…) et j'avais empoché les photos.
Je m'étais rendu en cours en ruminant ma vengeance. Je lui en voulais tellement pour ce qu'elle avait fait ce midi-là : apparaitre comme ça et me crier après parce que, soi disant, j'hurlais sur Angela alors qu'en réalité, ma colère était dirigée vers Tanya. Celle-là alors… Je l'avais toujours trouvée belle ; à présent elle me dégoutait. Récemment, j'avais appris que Ben courtisait Angela. Et moi, ça m'allait très bien. Ben était sympa et intelligent ; s'il avait choisi Angela, c'était sans doute parce qu'Angela en valait la peine. Non ? Et, en arrivant dans le couloir pour voir de qui la dispute émanait, j'avais vu Tanya prête à se battre. Le motif ? Tanya interdisait à Angela de voir Ben, parce que « ce dernier lui appartenait entièrement », soi disant. Et Angela ne disait rien. Absolument rien. Elle se tenait droite et rigide, fière. Je voyais aussi qu'elle était prête à pleurer. Mais elle ne disait mot. Alors j'avais commencé à parler.
Adieu Réputation, bonjour Dignité et Estime.
-Tanya, ça suffit.
Elle se retourna et m'adressa un sourire charmeur. Puis elle envoya un regard incendiaire à Angela avant de lui siffler :
-Allez, va t-en. Et si je te revois trainer autour de Ben, t'auras affaire à moi.
Je vis Angela s'apprêter à partir alors je lui ordonnai :
-Non, reste, Angela. Tu n'a aucune raison d'obéir. Tanya n'a strictement aucun droit sur toi.
Je pouvais voir le sourire de Tanya se figer puis se réduire en une moue colérique. Je jubilai.
-Tanya…
Je fis un pas vers elle.
-…Tanya…
Un autre.
-…Tanya.
Je la surplombais de ma taille et elle se recroquevilla légèrement.
-Oui ?
Sa voix restait tout de même assurée.
-Tanya, tu as le droit, oui, oui, je t'assure, d'avoir d'autres aspirations dans la vie que de ruiner l'existence de tes camarades.
Je me moquais d'elle. Et elle l'avait bien compris.
-Ce n'est pas drôle, Eddy. Maintenant, sale idiote, va t'en, tu m'agaces, ordonna t-elle à Angela. Ne lève plus les yeux sur Ben. Ne lui parle pas. Il est trop bien pour toi, de toute façon et puis…
-Tanya, ça suffit, grognais-je.
-…tu es bien trop banale. Non, mais tu t'es vue ? Tu fais pitié ma pauvre.
-Assez !
J'étais furieux. Je connaissais cette facette de Tanya, celle de rabaisser les autres ne permanence, mais elle l'avait toujours exercée très loin de moi. Du coup, je faisais comme si elle n'était pas vraiment comme ça. Comme si c'était juste une fille populaire qui ne se souciait pas trop des autres. Mais elle était beaucoup plus mesquine. Plus garce.
-Tanya, ma pauvre, m'exclamais-je en répétant ses propres mots pour mieux me faire comprendre, c'est toi qui fais pitié. Tu as réellement besoin de rabaisser les gens pour te sentir mieux après ?
Je me tournai vers Angela, en pleurs à présent, et la grondai également :
-Et toi ? Pourquoi tu ne réagis pas ? Cette fille t'insulte ! Ne la laisse pas faire, voyons ! Qu'est ce que tu a dans la tête, Angela, pour…
Et Bella était apparue. Sans rien comprendre, sans rien voir, elle avait tout de suite jeté les hauts cris. Contre moi, bien sur. Cette fille était tellement têtue que l'idée même que je grondais contre Tanya et pas pour Tanya ne lui avait même pas effleurée l'esprit. Rhaaa ! Isabella Swan m'exaspérait.
Et c'était bien pour ça qu'elle serait à moi. Pour que je puisse espérer la comprendre, un jour.
Je réintégrai difficilement le présent et constatai que Bella me fixait toujours avec stupeur. Et puis soudain, tout s'accéléra. La claque partit toute seule et je sentis la brûlure cuisante que sa main avait laissée sur ma joue. Ouch !
-Tu es pire que méprisable, murmura t-elle, abasourdie. Tu es abject !
Traduction : cours toujours, tu ne m'auras pas.
Oui, c'est vrai que tu y es allé un peu fort, quand même. Il y a d'autres moyens pour sortir avec elle.
Ah oui ? Et lesquels, Ô suprême Conscience ? Elle ne m'aime pas ; elle me méprise.
Ca ne va pas s'arranger, mon Loulou !
Argh. Ma Voix Intérieure me donnait à présent des surnoms débiles. L'effet Bella refaisait des siennes.
-J'avoue que je n'emploie pas des méthodes très orthodoxes. Passons un marché, tu réfléchis ce soir et tu me donnes la réponse demain matin. Deal ?
Elle ouvrit plusieurs fois la bouche, tâchant de trouver la réponse adéquate, avant de brusquement s'éloigner dans les couloirs.
-A demain matin, Swan, ne pus-je m'empêcher de lancer.
J'eus droit en retour à un magnifique doigt d'honneur.
POV Bella
Quel idiot.
Il n'allait quand même pas réellement donner ces photos au Proviseur. Si ?
Mais quel imbécile.
Et pourquoi voulait-il sortir avec moi, d'abord ? Il était le premier lycéen qui avait croisé ma route depuis mon arrivée à Forks. Il était mon tuteur. Il était celui qui changeait si facilement de personnalité.
Une facette de lui avait ravi mon cœur, l'autre moitié était ignoble et je la méprisai.
Mais moi ? Qu'étais-je pour lui ?
Et Jack ? Lui qui m'avait abandonné par amour pour son travail. Lui qui poursuivait un idéal : celui de transmettre son savoir aux générations futures. J'étais sure qu'il ne s'en remettrait pas s'il devait arrêter son job à cause de ces stupides photos. Mais Edward ne les donnerait pas… Peut-être !
Je me détournai brusquement de ma destination finale. Ma décision était prise. Je courais presque en direction du parking où je savais pouvoir le trouver. Et il était là. Près de sa Volvo. Décontracté. Il releva la tête en m'entendant arriver. Le vent jouait dans ses cheveux bronze.
Mon Dieu. Qu'il était beau.
-Tu as oublié quelque chose, Swan ? demanda t-il, ironique.
Je fermai les yeux : rien que pour cette pique, j'avais envie de m'enfuir très loin. N'aggrave pas ton cas, Cullen ! Je respirai profondément.
Pense à Jack ! Pense à son rêve ! Pense au boulot de Charlie ! Que se passera t-il lorsqu'il devra embarquer ton meilleur ami en tôle ? Allez Bella, courage, que Diable !
Je rouvris grands les yeux et, froidement, annonçai :
-C'est OK.
Salut à toutes !
Bon, la bonne nouvelle, c'est que j'ai finit l'épilogue, et que j'en suis très contente. Je sais donc parfaitement où je vais ! La mauvaise nouvelle, c'est que pour arriver à cet épilogue, il faut encore que je trouve le chemin. Et ça, ce n'est pas gagné…
Morgane
