Après la demie victoire d'Orga et le triomphe de Rufus, le groupe des tigres sortit de l'arène. Minerva était terriblement soulagée. Elle n'avait pas eu à participer.
Mais elle savait que cette chance ne durerai pas longtemps: c'était une mage puissante, grâce, ou à cause, à l'entraînement draconnien que lui faisait subir son paternel. Et le Roi Tomas E. Fiore aimait le grand spectacle.
Elle allait se battre contre les plus forts: Erza Scarlet, Laxus Dreyar, Kagura Mikazuchi, peut-être même Jera Nekis, le mage sacré. Et il lui faudrait gagner. À tout prix. Sauf celui de la vie de son bébé.
Ses doigts jouaient nerveusement avec la ficelle de sa robe, et elle se mordait la lèvre tant et si bien que le goût métallique du sang ne tarda pas à se répandre dans sa bouche. Rogue devait s'en être rendu compte car il se rapprocha d'elle pour frôler discrètement sa main et lui souffler quelques mots rassurants. Malheureusement, cela ne fit qu'empirer son angoisse.
-Je ne veux pas le voir... murmura-t-elle en laissant s'échapper un sanglot.
-Ça va aller, la rassura le brun. Tu n'es pas obligée. Dis que tu es fatiguée.
-C'est impossible...
Son coeur se serra dans sa poitrine et les larmes menaçaient. Aussi fut-elle presque soulagée de voir l'auberge qui se profilait dans la nuit, même si celle-ci représentait sa prison dorée, du moins en apparence. Parce que le bourreau n'était pas des plus tendres.
À peine eut-elle passé la porte que son géniteur cria leurs noms depuis son piédestal qu'était le second étage. Dans un geste rassurant, Rogue fit glisser sa main, dissimulée par son long manteau noir, sur sa hanche, ne pouvant lui frotter le dos comme un frère sans qu'ils ne soient repérés dans cette foule de mages.
L'océan d'indifférence qu'était Sabertooth se fendit en deux sur le passage des champions, les laissant se diriger tout droit vers cet endroit pire que les enfers: le bureau du Maître.
Elle entra la première, le visage sans expression, le corps droit, les yeux dans le vague. Personne, ô grand personne, n'était autorisé à regarder le vieil homme dans les yeux, au risque de sa dignité. Pour beaucoup, il aurait mieux valu la mort, mais telle était la loi sadique qui régnait dans l'enceinte de ce qui n'avait d'association humaine que le nom.
Suivi Rogue, presque plus indifférent par son expression qu'elle, ensuite Orga qui avait l'air passablement énervé, puis Rufus qui souriait évasivement et enfin Sting, moqueur et provoquant. Il voulait faire hurler le Maître, cela se voyait dans son regard. Mais jamais il ne leva les yeux sur son père, car c'était la seule faute, avec l'échec, que le tyran ne tolérait aucunement.
Sting souriait avec toute l'arrogance dont il était capable. Faire hurler le Maître, c'était son grand jeu.
Il ne pouvait pas se permettre de le virer sur un coup de tête: c'était lui qui faisait le show. Ses frasques passaient très souvent dans les magazines, il se laissait interviewer facilement, presque toujours il était en une. Le Don Juan de Sabertooth était une pièce maîtresse du puzzle. Et ce n'était pas pour lui déplaire.
Le Maître commença ses réprimandes. Orga eut le droit à son engueulade, comme le disait si poétiquement le blond à la cicatrice, et Rufus eut le droit à un simple "bon travail" si anodin, et pourtant très rare dans la bouche du vieil homme. La fierté se lisait d'ailleurs sur son visage.
Ce n'était pourtant pas ça qui attirait son attention. Son colocataire brun et sa Demoiselle parlaient discrètement et échangaient quelques sourires et regards. Rien ne pouvait le mettre plus en colère. Mais il ne laissa pas s'échapper d'indices sur sa rage intérieure, du moins jusqu'à ce que le dragon de l'ombre et lui ne soient rentrés dans leur chambre.
-Sale traître! hurla-t-il en envoyant un coup de poing au mage brun.
Celui-ci leva un regard rouge sang vers lui.
-Tu croyait que j'allais pas remarquer ton petit manège de tout à l'heure?! cracha le dragon de lumière. J't'avais prévenu de jamais la toucher, pauv' type! Minerva est à moi!
Son colocataire lui décocha une magnifique droite qui l'envoya valser à quelques mètres.
-Minerva ne t'appartient aucunement! grinça le brun. Elle s'appartient à elle même. Et ne viens pas prétendre l'aimer si tu ne connais même pas l'amitié!
Le jeune homme sortit en claquant sauvagement la porte, laissant son camarade réfléchir mûrement à ses paroles, et aussi reprendre ses esprits. Ben oui, fallait dire qu'il n'y était pas allé de main morte, le bougre!
Le blond resta le reste de la soirée assit dans le fauteuil où l'avait envoyé son acolyte, réfléchissant -car, oui, contrairement aux apparences, il savait réfléchir... juste qu'il n'aimait pas le faire...- aux paroles de son colocataire. Il ne se leva que dans la nuit, très tard, pour se diriger vers la chambre qu'occupait temporairement son amour.
Il ne toqua pas, et se dirigea d'un pas vif vers la chambre de la brune, où il la trouva endormie, seule au milieu de cette étendue de blanc cassé. Il s'assit près d'elle, et laissa sa main en suspent au dessus du visage de sa belle, hésitant à la toucher. Une larme roula sur sa joue, une seule, une unique larme de souffrance, de celles qu'il n'avait laissées couler depuis si longtemps.
Peut-être Rogue avait-il raison? Il n'était pas digne de l'aimer. Il ne la méritait pas.
Son poing se serra soudainement. S'il ne la méritait pas, il allait se battre. De toute ses forces, de toute son âme. Et personne, personne ne lui prendrait. Jamais.
Il se glissa contre elle et entoura sa taille de bras protecteurs. La jeune femme ouvrit les yeux et le regarda avec des yeux ronds.
-Sting? Qu'est-ce que tu-
-Chht.
Il fourra son nez au creux de son cou.
-Bonne nuit.
-Euh... bonne nuit?
Aaaaaaah guimauve! Wi j'aime ça! :JeSors:
Heyyyy petit nounours! Oui, tu es un nounours, tu savais pas? Ravie de te l'apprendre :3
Brefouille, cela vous a-t-il plus? Un chtit comm? S'il vous plaît :D
Bon, bon, bon, je vous dit bonne nuit... même si c'est le matin, j'm'en tape! J'suis une rebelle, mwa! Wesh là!
