Ch8 : Des amis inédits (POV Hermione)
« L'amitié est un esprit pour plusieurs corps »
Pfffff… Enfin dans mon lit ! Qu'elle soirée. D'abord Neville qui vient me voir l'air désespéré, pleurnichant que son (oui, SON) Blaise, lui a envoyé un hibou lui disant ne pas pouvoir venir. Et qu'il préfère passer la soirée dans sa chambre seul. J'ai donc naturellement échangé le bras de Draco pour celui de Neville, même s'il protestait au début. Ensuite la danse (ou les danses, je ne sais pas exactement) avec Oliver. Il était si gentil et je dois bien avouer qu'il danse très bien et surtout… Surtout notre baiser dans le couloir… Je ne sais même pas quoi en penser. D'accord c'était très agréable (même… magique) et il est particulièrement beau….
Mais c'est avant tout un professeur et de 4 ans mon ainé. Jamais je ne l'avais vu sous d'autres angles que l'ami plus âgé d'Harry, le joueur de Quidditch et maintenant le professeur du dit sport, du dit ami. Et pour clôturer cette soirée de l'étrange, la déclaration d'amitié de Draco, cette ambiance et cette proximité entre nous… C'était assez troublant. Sans oublier l'élaboration d'un nouveau plan. Qui ne sera pas sans conséquence, ça c'est sûr. Surtout maintenant, qu'il est au courant…
Je lève la tête et me retrouve face à la glace de la salle de bain : démaquillée, décoiffée et en pyjama. En somme prête à m'écrouler sur mon lit et dormir cent ans. J'aime mon cerveau quand il est en mode pilote automatique…
Le lendemain, je me réveille étrangement reposée au vu de ma précédente soirée. Un rapide coup d'œil à mon réveil m'apporte la réponse que j'attendais : 12h10. Ah quand même… Je referme lentement les yeux, bien au chaud dans ma couette Puis les rouvre soudain précipitamment. 12h10 ? 12h11, maintenant ! Merde, je suis en retard pour le déjeuner. Les garçons vont s'inquiéter.
Je me lève à la hâte et enfile jean, tee-shirt, pull et cape en un temps record. Passage éclair devant la glace et je me précipite dans les escaliers. Arrivée devant la Grande Salle qui a repris son aspect ordinaire, Sauf qu'il manque pas mal de monde. Presque tous les 6ème et 7ème années. Je m'approche mécaniquement de la table Gryffondor, avant de me souvenir d'une chose. Je fais alors volte-face et vais m'asseoir aux côtés de Draco, sous les yeux médusés de…
Hé bin de toute la salle en fait. Même la table des professeurs n'y échappent pas. Même si ça n'avait été que pour la voir la tête de Snape à ce moment-là, ça aurait totalement valu le coup.
- Je suis si en retard que ça ? Questionné-je en m'asseyant.
- Comment ça ? Demande le blond à ma droite, à qui ma question était adressée.
- Eh bien, il n'y a plus personne dans la Grande Salle.
- Ah non. Nous sommes d'ailleurs les premiers. Les autres ont eu plus de mal à… décuver.
- Mais il n'y avait pourtant pas d'alcool.
- Aux yeux d'élèves sages tels que toi, peut-être. Mais pour ce qui est des autres…
- Quoi ? M'exclamé-je un peu trop fort à mon goût, tout en brisant en deux la malheureuse tranche de pain que j'avais entre les mains.
- Chut Hermione… Pas si fort, les profs ne sont pas censés être au courant.
- Mais toi tu es bien là, tu n'en as donc pas pris, supposé-je presque en chuchotant et m'approchant de lui.
- Nous, nous tenons bien l'alcool, ma belle, se vante Blaise en s'asseyant à son tour face à Draco. Là est la différence.
Draco rigole discrètement et poursuit son repas comme si de rien n'était. Blaise me fait un clin d'œil et imite par la suite son ami. En effet Blaise et moi sommes devenus… proches si l'on peut dire. Parce qu'autant Neville ne sait absolument rien du petit arrangement qui lie Gryffondor et Serpentard. Blaise quant à lui, ne nous a pas laissé le choix. Car c'est lui qui nous a surpris hier soir, alors que nous mettions au point notre plan. Nous avons donc été dans l'obligation de tout lui avouer, puisqu'il avait entendu son nom. Même si au départ il semblait assez en colère, il a vite trouvé son intérêt dans l'histoire.
Il nous a finalement donné sa bénédiction, puis a proposé son aide pour notre nouveau plan. « Rapprocher les maisons, en créant et exposant une 1ère amitié (celle de Draco et moi), pour que d'autres suivent (notamment celle de Blaise et Neville).
Finalement d'autres élèves arrivent au fur et à mesure. Je vois même Harry et Ron passé à côté de nous, d'abord comme si de rien n'était. Puis réalisant soudain, ils s'arrêtent nets, en parfaite synchronisation. Alors qu'il allait dire quelque chose (ou crier, ou pleurer, à voir sa tête je ne jurais de rien), Harry se fait pousser en avant par d'autres élèves derrières lui, voulant accéder aux places libres. Mais même assis, je sens leurs regards dans mon dos, me fixant inlassablement.
Malgré cela, nous déjeunons tranquillement, il y a même quelques Serpentards qui ont fait l'effort de me parler (gentiment qui plus est !). A la fin, alors que j'entame ma dernière cuillère de mousse au chocolat, j'entends des rires étouffés me couper dans mon élan. Je regarde alors tour à tour Blaise et Draco. C'est alors que les deux éclatent franchement de rire. Rires qui redoublent devant mon incompréhension la plus totale. Je me tourne alors complètement vers Draco, le fixe et attends une explication. Il sourit doucement et s'approche lentement de moi. Il lève sa main jusqu'à mon visage et passe son pouce sur mes lèvres. Tout en encrant ses yeux dans les miens.
C'est un fracas de verre qui nous fait nous séparer. Je regarde autour de moi et voit les autres élèves cherché comme moi la source du bruit. Je la trouve enfin en la personne d'Oliver. Il est rouge d'embarras, la tête dans les épaules et me scrute avec un je-ne-sais-quoi dans le regard. Même si après la soirée d'hier, je m'en doute un peu.
On se fixe mutuellement jusqu'à ce qu'un soupir à ma droite ne me tire de mes pensées. Je vois les garçons (Serpentards) se lever de table et en fait donc de même par automatisme.
- Alors petite Her-mignone, comment était ce 1er déjeuner à la table des « vils Serpentards » ? Me demande le grand noir en rigolant, alors que nous passons les portes de la Grande Salle.
- Très bien Blaisinounet, je te remercie.
Il fait une grimace à l'entente de ce surnom ridicule et Draco en rit franchement, tout en le répétant en minaudant. Blaise le regarde sérieusement et s'exclame : « Tu veux jouer à ça Drackichou ? ». Le ci-nommé fait alors la même grimace que son ami précédemment. J'éclate finalement de rire devant la scène qui se déroule sous mes yeux.
- Hahaha, si vous pouviez voir la tête que vous faites en ce moment ! Lancé-je entre deux éclats de rire.
- Je vois que nous t'amusons, c'est bien, me nargue Draco.
- Tu sais ce qu'on dit sur une femme qui rit ? Me questionne Blaise malicieusement.
- Je le sais. Mais mon genre n'étant pas de ton bord, je sais que tu ne voudrais pas de moi dans ton lit.
- Je n'ai jamais parlé de moi. Je ne suis pas le seul mâle présent dans ce couloir. Achève-t-il en s'éloignant avec un « Big Smile » collé aux lèvres.
Draco et moi nous regardons dans les yeux… Et éclatons de rire, après qu'il ne dise « Mais qu'il est con… ». Tant mieux, ça aurait été bizarre sinon… Nous nous séparons au final au détour d'un escalier : moi montant, eux descendant.
Arrivée à la salle commune, je me calle dans un fauteuil près du feu avec un des livres que j'avais laissé par là. J'ai droit à 15 min de tranquille lecture avant de devoir lever les yeux de ce magnifique livre qui est entre mes mains. La sensation que l'on m'observait était en effet trop forte.
J'ai donc face à moi, un brun aux cheveux en pétards et aux lunettes rondes encore cassées (combien de fois je vais devoir les réparer ?), ainsi qu'un roux qui ferait également bien de se recoiffer et avec un regard colérique qui ne me plait pas du tout !
- J'exige, non… Nous exigeons des explications Mione ! Me cingle le dit-roux.
- Je… Je te demande Pardon ? M'offusqué-je, en me relevant (et je suis parfaitement en droit).
- Hermione… tempère Harry, voyant sans doute l'exaspération monter en moi. Ce qu'il veut dire…
- Ho je sais très bien ce qu'il veut dire ! Mais en quoi cela te gène-t-il autant que je sois ami avec Draco (soupiré outré de Ron) ? Qui plus est Harry le déteste plus que toi et il ne fait pas un tel cinéma !
- Mais ça n'a rien à voir, j'ai mes raisons ! Et Excuse-moi, mais vous flirtiez plus que vous ne mangiez à midi !
- Quoi ? Je ne te permets pas Ronald ! J'étais avec lui et Blaise comme je le suis avec vous. Ni plus, ni moins !
- Mais…
- Il n'y a pas de « mais ». J'ai tout à fait le droit de passer du temps avec un ou même plusieurs garçons, sans avoir l'idée de me les taper par la suite ! Quand bien même, j'ai 18 ans et suis majeur. De ce fait, je fais ce que je veux de ma vie sexuelle, sans avoir à te rendre des comptes !
- Ta… Ta vie se… Commence Ron, plus blanc que blanc.
- Oui Ronald, mon cul si tu préfères !
Je cris cela si fort que tous les élèves se tournent. Déjà que la plupart nous écoutait attentivement depuis le début. Ron et Harry semblent faire le concours du plus pâle entre eux. Comme ils n'ont pas l'air de vouloir ajouter quoique ce soit à cette formidable discussion, alors livre à la main, je quitte la salle commune.
Une fois dans le couloir, ma colère retombe peu à peu. C'est au niveau du rez-de-chaussée, qu'elle a presque totalement disparue. C'est que je n'ai pas vraiment de raison de leur en vouloir. Je deviens une amie des Serpentards du jour au lendemain. Il y a de quoi être déconcerté, je l'admets… Mais quand même. Jouer les inquisiteurs à ce point, on se croirait revenu au temps d'Ombrage.
"Hermione ?" Entendis-je devant moi. Je relève la tête et passe mon regard de mes pieds à la personne qui me fait face... Luna.
- Ho bonjour Luna. Comment vas-tu ? Que fais-tu ici ?
- Je vais très bien et toi ?
- Très bien aussi, je cherche un coin pour lire au calme, répondis-je en brandissant mon livre pour preuve.
- Ho d'accord. Je te laisse alors. Mais fais attention aux Joncheruines. Ils sont agités aujourd'hui.
Elle s'éloigne en trottinant, sans avoir répondu à deuxième question. Remarque, il est moins inhabituel de la voir trainer dans le parc que moi. Car oui, je me suis retrouvée je ne sais trop comment, au beau milieu du parc. À deux pas du terrain de Quidditch. "Au fait, le professeur Wood te cherche, il m'a demandé où tu étais il y a environ 20 min." Crie Luna à plusieurs mètres déjà de moi.
Bon j'imagine qu'après ce qu'il s'est passé hier, une discussion s'impose. Je m'avance donc en direction du terrain, mais arrivée la bas : personne. Je n'entends même pas l'ombre d'un murmure. Ah si, un bruit léger se fait percevoir, provenant des vestiaires. Je m'y engage et alors que j'ouvre la porte, la première chose que je contemple : c'est Oliver.
Oliver qui n'a pas encore enfilé de tee-shirt, celui étant posé sur le banc à côté de lui. Ce qui laisse donc tout le luxe dont mes yeux ont besoins pour "l'observer en détails". Il est d'ailleurs encore pieds nus. Je comprends vite que si j'étais arrivée 5 min plus tôt, la situation aurait été gênante pour nous deux…
Je soupire discrètement, puis toussote légèrement pour signifier ma présence. Il se retourne vivement et se regarde rapidement de bas en haut. Sûrement pour vérifier qu'il est bien complètement habillé. Voyant qu'il manque une pièce à l'ensemble, il attrape le dit-tee-shirt, noir à manche courte et l'enfile en vitesse. Un silence s'installe dans la pièce, alors que nos yeux ne se décrochent pas, je me décide à prendre la parole.
- Luna m'a dit que tu voulais me voir, il me semble.
- Heu oui, en effet. C'est par rapport à hier soir.
- Ho, tu ne voulais pas me parler du match Poufsouffle contre Serdaigle de vendredi prochain ?
- Heu… Hésite-t-il un peu ahurit, je dois l'avouer.
- Excuse-moi, j'essayais de plaisanter, mais je ne suis pas très douée non plus pour les blagues…
- Oh non, ne t'inquiète pas. Enfin, tu veux t'asseoir ? Me propose-t-il en désignant une place sur le banc à ses côtés.
- Oui, merci. Alors, j'imagine qu'il faudrait qu'on en parle.
- Oui. Ou alors… (cf: How I Met Your Mother)
Comme il ne finit pas sa phrase, je tourne ma tête vers lui, tête qui était restée jusqu'à maintenant face au (très intéressant) mur. Et c'est alors, qu'il m'embrasse, une nouvelle fois ! Sans que je ne m'y attende. D'abord assez sonnée, je reste à ne rien faire. Puis finalement, je réponds à son baiser. Pourquoi ? Bonne question, moi-même je ne le sais pas.
Et lui, est-ce que je me demande pourquoi il le fait ? Hein ! Bon ok, c'est vrai je me le demande. C'est tellement agréable, comment résister ? Notre baiser est bien plus long cette fois. Prenant garde à notre souffle, 2 bonnes minutes passent sans que nous ne nous décollions l'un de l'autre. Bon, ce n'est pas que l'on vient finalement de se séparer pour respirer, mais un peu si. Je ne sais pas trop ce qu'on va faire par la suite.
« Oliver… » Soufflé-je en me dégageant un peu. Il me regarde en souriant tendrement, puis son visage se fige. Il me demande alors :
- Tu… Tu n'étais pas d'accord ?
- Si ! Bien-sûr que si, le rassuré-je. C'est juste que… Nous n'avons pas le droit !
- Hermione, je sais que la situation n'est pas des plus simples…
- Des plus simples ? Crié-je ne me levant du banc. Merde t'es un prof ! Pourquoi…
- Pourquoi, quoi ?
- Pourquoi nous ? Pourquoi maintenant ? Simplement pourquoi on en est là ?
- Le pourquoi, je n'en sais rien. Et je ne sais pas non plus où cela peut nous mener. Mais c'est ici, maintenant et entre nous deux que cela se passe, dit-il en s'approchant de moi.
- Ecoute… Je ne peux pas nier que tu me plais assez ; mais on ne se connait même pas.
- Alors apprenons à nous connaitre et on verra par la suite.
- Pourquoi pas…
