Je continue à laisser passer trop de temps entre chaque chapitre, j'ai honte ... Mais ce qui est bien, c'est que chaque jour m'apporte des encouragements pour poursuivre cette fic. Et merci à vous tous pour vos reviews !
Les désabusés
Chapitre 9 :
Pansy se réveilla avec un mal de tête de compétition. Un vrai bulldozer au fond de son crâne. Presque digne de celui qui avait suivi la soirée des adieux organisée par les 7ème années de Serpentard à la veille de leur départ de Poudlard, et où Pansy s'était réveillée teinte en blonde dans un chaudron. La belle époque.
Vaseuse et vacillante, Pansy passa les jambes hors du lit et se mit à bâiller quand, soudain, un bruit terrible la fit sursauter.
« Mais qui ronfle à côté de moi ? »
Elle tourna la tête avec angoisse, reconnut Weasley, ferma les yeux en pressant les poings contre son front. Puis elle se souvint. Et comprit du même coup pourquoi son lit avait changé d'orientation par rapport à la fenêtre : ce n'étaient ni son lit, ni sa fenêtre. Haussant les épaules, Pansy se leva et alla fouiller dans l'armoire de Ron pour trouver un tee-shirt à se mettre. Le rouquin était tellement grand que ça lui arriverait au moins aux genoux. Une fois habillée presque décemment, Pansy décida que Weasley avait bien mérité de ronfler et se dirigea vers la cuisine pour se faire un café. Voire trois.
Elle hésita à jeter un sort à la cafetière pour accélérer le processus, mais après réflexion se ravisa : elle était tellement mal réveillée qu'à tous les coups, la machine allait se mettre à brûler ou à chanter en coréen. Tandis que l'odeur du café chaud emplissait progressivement la cuisine, Pansy s'adossa au plan de travail et contempla la pièce qui lui était devenue si familière au cours des derniers mois. La vue d'un trousseau de clés sur la table la fit glousser. Quant à l'affreux canapé rouge du salon, que Weasley avait dû récupérer au coin d'une rue tant il était défoncé, il n'avait jamais paru aussi confortable qu'en ce jour de gueule de bois. Pansy alla s'y asseoir en tailleur, attrapa le dernier numéro de La Gazette du Sorcier et se mit à siroter son café en s'efforçant de ne pas s'endormir sur sa tasse.
Quelques instants plus tard, la porte de la chambre s'ouvrit à nouveau et Ron en émergea en se frottant les yeux. Lui aussi avait pioché dans sa réserve de tee-shirts trop grands, ce que Pansy, à la réflexion, jugea presque regrettable. Elle s'efforça de ne pas trop laisser voir son petit sourire.
— Parkinson je t'en supplie, fais-moi un café, je suis mort.
— Meurs tout seul, Weasley. Je suis pas Elfe de maison.
— Morue.
— Panda.
— Panda ? répéta Ron sans comprendre. Depuis quand c'est une insulte, ça ?
— Oh ça va, je suis fatiguée ... Tu ne peux pas avoir un peu d'indulgence de temps en temps ?
Ron s'apprêta à rétorquer un commentaire acide mais réfléchit finalement que lui aussi était trop fatigué pour ce jeu-là. A son tour, il attendit patiemment que son café chauffe tout en se passant la main dans les cheveux et en soupirant bruyamment. Pansy décroisa les jambes et s'installa dans une position un petit peu plus correcte – le tee-shirt n'était tout de même pas si long que ça. Ron finit par la rejoindre avec son café.
— Bon ... marmonna-t-il sans trop savoir comment engager la conversation. Bien dormi ?
— Comme un loir, une vraie Poufsouffle. Et toi ?
— Pas assez.
Il toussa. Fallait-il en parler ? Ne pas en parler ? Après tout, qu'y avait-il à dire ? La nuit avait été plaisante, c'était sûr, mais ça n'avait pas non plus bouleversé sa vision du monde. Il n'avait plus dix-sept ans. Bah, après tout, pourquoi se prendre la tête ? C'était Parkinson, et au moins avec elle, les choses étaient simples.
— Des infos intéressantes ? finit par demander Ron en désignant le journal.
— C'est une question de point de vue. Ça t'intéresse de savoir qu'un certain Eric Munch a été nommé chef de la Brigade de la police magique au Ministère ?
— Évidemment que non.
— A part ça, franchement ... répondit Pansy en tournant une page. Tiens, les Canons de Chudley ont gagné 170 à 165 contre le Club de Flaquemare.
— Quoi ? Mais il fallait commencer par là ! s'exclama aussitôt Ron, brusquement réveillé, en arrachant le journal des mains de Pansy. Pff ... maugréa-t-il. Les filles ... Jamais compris l'essentiel.
Pansy envisagea de s'insurger mais décida plutôt d'aller prendre une douche. De toute façon, Weasley avait l'air tellement fasciné par sa feuille de chou qu'il ne l'aurait sans doute même pas entendue. Elle alla donc récupérer ses vêtements éparpillés dans la chambre (mais comment sa jupe était-elle ... ? Peu importait.), puis alla s'enfermer dans la salle de bain.
Le temps que Pansy réapparaisse, Ron avait fini d'éplucher les résultats du Quidditch et mordait dans un toast dégoulinant de beurre de citrouille.
— Sers-toi si tu as faim, Parkinson, proposa-t-il.
— Non merci, pas pour le moment. Je vais rentrer.
— OK.
— Je crois que je vais me faire porter pâle pour la journée et comater devant un vieux James Bond ou quelque chose du genre.
— OK.
— Et je pense qu'une bonne assiette d'œufs au bacon va s'imposer vers midi. Du gras et du café, tout ça.
— OK, répéta Ron en achevant son toast.
— Voilà, acheva Pansy.
Ron la regarda sans rien dire remettre sa veste, allumer un feu d'un coup de baguette, prendre une poignée de poudre de Cheminettes et la jeter dans les flammes. Puis il craqua.
— Et sinon, après ton James Kong et le bacon, tu fais quelque chose ce soir ?
Pansy se retourna et le regarda directement pour la première fois depuis qu'elle s'était réveillée. Sa première impulsion fut de lui dire d'aller se faire voir chez les Gobelins et de ne plus jamais remettre les pieds dans son appartement miteux. Après tout, il avait un grand nez et il était roux. Bref, c'était Weasley.
— Je sais pas ... ça fait plusieurs jours que j'ai envie de lancer une bonne vieille pluie de boue dans une boutique de robes de mariée. Intéressé ?
Intéressé ? C'était justement la question.
— Carrément.
— Bon, passe chez moi vers 17h alors, ces stupides boutiques ferment tôt.
Une fois Pansy partie, Ron se tartina un nouveau toast et jeta un coup d'œil machinal au calendrier pendu au mur. Il découvrit avec stupeur que la date était celle du 22 décembre. Mais c'était presque Noël, ça ! Avec toutes ces histoires de défi et de petite Serdaigle, ça lui était complètement sorti de l'esprit. Merlin, il n'avait même pas prévu le moindre cadeau pour le dîner familial du 24 décembre. Fichue fête à deux Noises ... Il allait devoir arpenter un Chemin de Traverse plein à craquer pour trouver une babiole à tout le monde. Rah, c'était bien sa veine, ça. Bon, si vraiment c'était insupportable, il pourrait toujours se défouler en lançant un ou deux sortilège de Nez-en-Sang sur des gamins braillards qui s'aviseraient de lui marcher sur les pieds. Hermione aurait totalement désapprouvé ce genre de comportement. Raison de plus.
Bon, pour sa mère c'était simple, il lui offrait toujours une théière. Pour son père un lot de câbles d'ordinateurs ferait l'affaire, un livre pour Percy, des pulls pour Charlie et Bill, et pour George il se souvenait d'avoir repéré quelques mois plus tôt une horloge à retardement. Harry serait toujours heureux avec des places pour un bon petit match de Quidditch. Restait Ginny. Qu'allait-il bien pouvoir offrir à sa sœur ? Il y fallait de la réflexion. La dernière fois qu'il avait essayé d'improviser, Ginny lui avait renvoyé son pèse-personne en pleine tête.
— Harry ! appela-t-il en passant sa tête dans la cheminée après avoir indiqué l'adresse de son ami.
— Tiens, salut vieux. Comment ça va ?
— Je cherche un cadeau de Noël pour Ginny. Elle n'est pas dans le coin ?
— Non, elle vient de partir. Tu cherches une idée alors ?
— Oui. T'aurais pas un peu d'inspiration ?
— Tu sais que tu la connais quand même depuis plus longtemps que moi ? remarqua Harry. Depuis le temps, tu ne sais toujours pas ce qui pourrait lui plaire ?
— Bof ...
— Bon, t'as de la chance. Je l'ai vue lorgner une robe dans Sorcière Hebdo l'autre jour. Je t'enverrai l'article.
— Merci, tu me sauves. Je te dirai bien que tu es un frère pour moi, mais dans mon cas c'est un peu galvaudé.
— Je sais, dit Harry en souriant. Comment ça se passe, toi, à part ça ?
— Bah, rien de spécial, répondit évasivement Ron.
— Tiens, je me demandais, tu vois toujours Parkinson ou est-ce que ça t'est passé ? questionna Harry d'un ton curieux.
Ron sentit ses oreilles s'échauffer. Pour la millième fois de sa vie, il se maudit de rougir aussi facilement. Évidemment, Harry ne manqua pas de le remarquer. Évidemment. Fichue peau de roux.
— T'en fais une tête ... fit celui-ci en fronçant les sourcils. Allez, crache-le morceau.
— Mais non, c'est rien.
— Ron. Tu peux tout me dire. Sauf si elle t'a offert un collier en or avec écrit « Mon Bien-aimé », parce que là je ne pourrai pas.
— T'es pas bien, toi ! Non, on a passé la nuit ensemble, c'est tout.
— Quoi ? s'étouffa Harry. « C'est tout » ? Ron, c'est Parkinson !
— Tu me poses une question, je te réponds, fit Ron en levant les yeux au ciel.
— Rassure-moi, demanda Harry en souriant, tu ne comptes pas la présenter à ta mère après-demain ?
— N'importe quoi ... soupira Ron. Allez, merci pour Ginny. Et va te reposer, vieux.
— On sait jamais, poursuivit Harry en riant cette fois franchement, après tout c'est une Sang-Pur, vous iriez bien ensemble.
— Ta gueule, Potter ! Bonne journée !
Ron sortit du feu en râlant. Harry avait vraiment beaucoup trop d'imagination.
Mes bons amis, je vais m'arrêter là pour ce soir. J'ai encore quelques idées en tête mais je vais les garder pour les prochains chapitres (après tout il faut bien vous le dire, je commence à voir arriver la fin de cette fic ... Pas tout de suite, mais bon).
A bientôt !
