Désolé pour les titres de mes chapitres, parfois, ils ne volent pas très haut. (Surtout pour le 8, je n'avais franchement pas d'idées, celui-là ça va encore, certains qui suivent sont bien servis... BREF)

En ce moment je suis en train de lire une fan fic de It'sAllGooeyAndSticky : The Smallest Gesture Makes the Biggest Difference, c'est magnifiquement bien écrit, tellement beau et émouvant et malheureusement très triste, je vous conseille d'aller y jeter un œil si vous avez le cœur bien accroché (et le courage de lire en anglais).

South Park appartient à Trey Parker et à Matt Stone.


Quels sont tes sentiments ?

IX

Enlève-moi


*~*~*Butters*~*~*

Vrrrr Vrrrr

Kenny :

Bebe reste tt laprem elle veu quon passe du temps ensemble.. sa te dis quon se voit demain ? (:

Vous :

C'est normal c'est ta copine :) Bien sur à demain !

Je repose mon portable sur mon lit et me laisse tomber en arrière.

J'avais tellement envie de revoir Kenny cet après-midi, et maintenant c'est Bebe qui l'a. Et je sais ce qu'ils font quand ils sont à deux et ça me met terriblement mal. Eric a raison, ça me fait souffrir, mais quand je vois aussi ce que ça m'apporte, je me dis que c'est largement récompensé. Être avec Kenny est un pur bonheur, le temps se ralentit, mon cœur bat à tout rompre, et lorsque l'on est l'un contre l'autre, j'ai envie de me dire qu'on restera comme ça pour toujours… C'est stupide, je parle comme ces filles dans les films à l'eau de rose, celles qui se veulent super romantique et qui commencent à divaguer sur des sujets philosophiques. Je me retiendrai de critiquer la prochaine fois que j'en vois.

Si seulement j'avais quelqu'un à qui parler… Quelqu'un qui pourrait me rassurer sans me juger.

« Butters ! Depuis quand es-tu rentré ? » Est-ce que je peux me risquer au mensonge ? Oh non…

« Ah euh… Je sais plus… »

« Ta mère et moi étions très inquiets ! Où est ce que t'as dormi ! » J'aurais dû préparer cette réponse bien avant mais je n'y ai même pas pensé.

« Hmm… Euh… Chez un ami. »

« Tu peux me dire ce qui t'as pris de découcher sans nous prévenir ? » Au moins il ne demande pas le nom de l'ami, j'aurais dû trouver quelqu'un pour me couvrir en vitesse.

« Rien… Ça c'est fait comme ça… » Mon portable vibre, je fais l'erreur d'ignorer mon père pour accéder au message.

Je n'ai pas le temps de le lire, mon père me prend le téléphone des mains. Je sais qu'il ne lira pas les messages, tout simplement parce qu'il s'en fiche, et heureusement, car sinon, j'aurais bondit sur mon téléphone pour pouvoir l'éteindre.

« Ça, c'est confisqué jeune homme ! Pareil pour les sorties, et tu en as pour trois semaines de ce régime. »

« Q-Quoi ? » Mais… Comment Kenny va savoir que je ne peux plus aller le voir demain si je ne peux pas le joindre, et en plus trois semaines… Nous sommes samedi, je pourrais lui expliquer lundi mais… J'avais tellement envie de le voir demain… Au lycée on a pas l'occasion de beaucoup se voir…

Je nous fais quoi là ? Je vais pas déprimer alors qu'il y une demi-heure j'étais encore avec lui, sachant qu'on a passé des heures ensemble. Je prendrais sur moi et puis c'est tout, tout ce temps passé avec lui d'un seul coup valaient bien ce sacrifice, surtout après ce qu'il m'a fait sous la douche, oui ça le valait bien.

« Quoi tu veux quatre semaines ? »

« N-Non c'est bon… Désolé… » Il se dirige vers la porte et prend la multiprise de mon ordi en passant. Je n'ai plus qu'à trouver une occupation. Je regarde un peu partout dans ma chambre et en voyant mes crayons, j'opte pour le dessin.

Je prends une feuille est je n'ai pas besoin de réfléchir, je sais ce que je veux dessiner. Kenny. Je connais son visage par cœur, chacun de ses traits, la forme de son nez, la largeur de ses lèvres, la couleur de ses yeux. Je connais son sourire et il est si beau qu'il mérite bien d'être retranscrit en dessin. J'espère que j'arriverai à reproduire tout ça fidèlement.


*~*~*Kenny*~*~*

« Putain j'ai besoin d'une cigarette… » Et je peux toujours compter la dessus et en voir une tomber du ciel.

Bebe est partie, enfin. Ah elle est bien contente maintenant, elle a eu ce qu'elle voulait. Enfin presque puisqu'on ne l'a fait qu'une fois. Sa tête quand je lui ai dit que je pouvais plus, c'était hilarant. Je lui ai juste dit que le séjour à l'hôpital m'avait pris toute mon énergie. Je n'allais pas lui dire que je n'avais pas envie d'elle et que, tout simplement, je m'étais déjà branlé dans les chiottes de l'hôpital quelques temps plus tôt. Que voulez-vous, c'était soit ça, soit violer Butters, et même si c'était surement moins bien, c'était déjà plus intelligent. Heureusement qu'il dormait en fin de compte, parce que s'il avait tout simplement refusé j'aurais dû attendre que ça passe tout seul. Oui, « ça » c'était l'érection.

Et maintenant, il ne répond plus à mes textos. J'ai l'impression de le harceler, enfin plus qu'une impression, je le harcèle. Si ça se trouve, il m'en veut. De quoi ? Ça j'en sais rien. Peut-être tout simplement parce que j'lui ai fait des trucs pas catholiques, ou alors parce que j'ai dit qu'on déconnait à Bebe, ou alors parce qu'elle a pris sa place cet aprem'. Mais Butters n'est pas comme ça, il n'est pas le genre de mec à ignorer quelqu'un à qui il en veut, si seulement il était capable d'en vouloir à quelqu'un (cf. Cartman).

C'est bien le vingtième texto que je lui envoie. Ainsi, il s'ajoute à la liste des nombreux S'il te plait réponds, Y a quelque chose qui va pas ?, Tu fais la tête ?, T'es là ? et autres SMS signés Kenny-Complètement-Désespéré-McCormick. Il faut aussi l'ajouter à six ou sept appels auxquels il n'a pas décroché.

Maintenant, il est 21h, il fait noir, et c'est l'heure de trainer dehors en quête d'un truc à faire, ou même d'un groupe de jeunes généreux (ou même de vieux, je m'en conterais) qui fument des joints. Mais je suis trop préoccupé, et machinalement, je marche vers la maison des Stotch.

J'aime bien leur arbre, il est facile à escalader… Et permet un accès direct à la fenêtre de Butters. En plus d'un accès, c'est un magnifique atout pour l'épier. La lumière de sa chambre est allumée et il ne peut pas me voir avec les reflets de la vitre. Il est à son bureau et je crois bien qu'il dessine.

Il y a quelque chose que je ne comprendrai jamais avec Butters. Il est si naïf, parfois il se conduit bêtement, il est capable de croire tout ce qu'on lui dit… Mais c'est un génie, un génie dans plein de choses. Il a de bonnes notes dans toutes les matières, et parfois il épate tout le monde. C'est le cas en maths, il sait calculer de tête n'importe quoi, et pourtant il ne s'en vante jamais, mais il suffit de lui donner des chiffres. Mais là où il est le plus étonnant, c'est en art, il a un don pour ça, que ce soit en sculpture, en peinture, en dessin, en musique. Je me souviens qu'une fois, quand j'allais mourir (pour changer), il m'avait fait un dessin sur lequel il nous avait représenté à deux sur un avion, et pour un garçon de huit ans c'était déjà super, et ça m'avait fait plaisir, c'est ce qui compte.

Alors, quoi qu'il soit en train de dessiner, je suis sûr que c'est magnifique, j'aimerais aller voir mais ce serait stupide, s'il m'en veut pour je ne sais quoi. Il est là, en chair et en os, certainement privé de sortie, et j'ai peur de me faire remarquer parce qu'il a ignoré mes appels. J'ai peur.

Putain, je crains.

Mais c'est comme ça… Je peux toujours le regarder. Même des heures…


*~*~*Butters*~*~*

Je me mets à bailler. Je regarde ma montre, 22h. Et en tant que personne punie ne pouvant accéder à rien d'autre que feuilles et crayons, je dessine depuis des heures. Depuis que je suis rentré ce matin, moins les repas. Et tout cela donne une vingtaine de Kenny sur papier. C'est flippant. C'est comme si j'étais fou, comme si j'étais pris d'une malédiction qui me forçait à toujours le dessiner. Mais c'est tout sauf une malédiction, parce que je suis heureux de voir son visage se créer sur la feuille, se colorier petit à petit. C'est comme s'il était là, lorsque qu'il apparait terminé, c'est comme s'il pouvait sortir de la feuille, c'est comme s'il était près de moi en ce moment même…

Je regarde toutes les feuilles… Ça y est j'ai trouvé le mot, c'est une obsession. Ça me rappelle à quel point de l'aime, à quel point ça me fait mal quand il est loin et encore plus quand il est avec Bebe, à quel point je suis heureux quand on passe du temps ensemble. A quel point ses lèvres étaient agréables lorsqu'elles étaient posées sur les miennes. J'ai tellement envie qu'il recommence à m'embrasser, encore et encore. Je m'étonne moi-même lorsque je commence à avoir envie qu'il aille plus loin que m'embrasser une nouvelle fois. Je me contente de croiser les bras sur mon bureau et d'enfouir ma tête dedans. Je suis fatigué, j'ai envie de dormir, mais j'ai surtout envie de me retourner et que, par magie, il soit derrière moi.

Et dire que demain je ne le verrai pas. Et dire qu'il me surement m'appeler pour fixer une heure, je ne répondrai pas et il pensera que je l'ignore. Je n'ai pas l'habitude d'être privé de téléphone et c'est seulement maintenant que je me rends compte que cet objet est vraiment important.

Il faut que j'aille dormir. Je me lève lentement et tire un tiroir de ma commode, prenant le premier pyjama venu. Je me déshabille et plie soigneusement mes vêtements. Je passe mon pyjama et vais dans la salle de main me brosser les dents et mettre « ma culotte » au linge sale.

En revenant dans ma chambre je me dirige vers la fenêtre pour fermer le volet roulant.

Il y quelque chose dans l'arbre. Il y a quelqu'un dans l'arbre. Je me recule en sursaut, peut-être trop. Je heurte mon bureau et fini sur les fesses. J'ai cru faire une crise cardiaque et j'ai toujours peur. J'ai envie de m'enfuir mais j'ai peur de faire le moindre mouvement. Et maintenant j'entends des rires. Et maintenant des toc toc toc. Celui qui est derrière cette vitre veut que je lui ouvre. Je ne vois pas de qui il s'agit et je ne le saurais que si j'éteins la lumière. Seul hic. J'ai extrêmement peur dans le noir, et ce ne serait qu'ajouter du terrifiant.

« Butters ? Butters ouvre moi... » La voix passe au travers de la fenêtre et m'atteint. J'ai toujours peur. Cette personne sait qui je suis. C'est une raison de plus pour avoir peur.

« S'il te plaît Leo… » Leo… C'est le diminutif de mon prénom. Je ne sais pas si c'est l'espoir qui fait ça, mais je suis à présent certain qu'il s'agit de Kenny. J'ai toujours peur, certes, de me tromper, mais je bondis et vais ouvrir la fenêtre.

« Je… Je peux entrer ? » C'est un souhait qui se réalise, il est là.

« M-Mais bien sûr ! Tu veux que je t'aide ? »

« J'vais me débrouiller ! » Il saute de sa branche et atteint l'appui de fenêtre. Il se laisse glisser à l'intérieur et moins d'une seconde après s'être retrouvé sur ses jambes, il me sert de toutes ses forces dans ses bras. Pourvu que ce ne sois pas un rêve.

« Je croyais que tu m'en voulais… Enfin, rassure-moi, tu m'en veux pas ? » Il ne me lâche pas, et je ne le lâche pas non plus. C'est comme si rien ne pouvait nous atteindre.

« Mais non ! Pourquoi je t'en voudrais ? »

« Je t'ai envoyé je ne sais combien de textos… Tu les as reçus ? »

« Ah… Mon père m'a tout confisqué… » Il rompt le câlin brusquement tout en tenant fermement mes épaules.

« J'avais peur que tu m'ignores, pour quelconque raison… J'suis con j'aurais dû penser à ça… » Je lui souris, juste parce que je suis heureux. S'il avait peur que je l'ignore, c'est qu'il tient à moi.

« En tout cas j'ai adoré ton show. »

« M-Mon show ? » Qu'est-ce que j'ai bien pu faire ?

« Ahah… Ouais, j'adore la façon dont tu te déshabille pour mettre ton pyjama, t'es tellement concentré. » Que-quoi ?

« Rougis pas comme ça, je pense qu'on a passé le cap de la nudité de matin. » Il passe sa main dans mes cheveux et m'embrasse le front. Mais pourquoi seulement le front ? S'il te plait Kenny, lis mon regard désespéré et embrasse-moi vraiment.


*~*~*Kenny*~*~*

Il me regarde fixement, et au fur et à mesure des secondes, ses yeux brillent de plus en plus. Il détourne le regard et pose sa tête contre mon torse, ses mains s'agrippant comme elles peuvent à mon sweat. Comment fait-il pour être aussi craquant, il me donne envie de rester dans cette position encore une éternité. Mais il faut savoir se contenter des bonnes choses avec modération.

« Rhabille toi, je t'enlève. » Je relève la tête de là où il était installé confortablement, semble ne pas comprendre.

« Sérieux, je t'embarque, donc met autre chose que ce pyjama… De fille. » Il s'écarte un peu et me tape dans le bras. Il ouvre un tiroir rempli de sous-vêtements, je ne peux pas ne pas regarder par-dessus son épaule.

« Q-Quoi ? »

« Non rien, je regarde ce que t'as… Beaucoup de rose en tout cas… »

« Pas… Pas tant que ça… »

« Pour un mec, si… » Je passe ma main dans ses boxers. C'est d'autant plus intéressant puisque Butters en rougit.

« Ouh ! Petit coquin, tu caches des culottes ! » J'en sors une au hasard du fond du tiroir, et l'étire entre mes mains. C'est une culotte de gamine. Une culotte Hello Kitty de taille 16 ans. Butters est obligé de me frapper le bras une nouvelle fois pour me stopper dans mon fou rire.

« P-P-Pourquoi t'as ça ? » Je ris tellement que je n'arrive plus à parler. Je devrais la mettre en sourdine pour ne pas réveiller ses parents.

« C-C'est mignon… » Je lui tends pour qu'il l'attrape.

« T-Tu ? Non ! » Je secoue la tête, se reculant un peu.

« Allez, juste pour la nuit, personne la verra ! »

« Mais y a aucune raison que je la mette ! » Je mime une mine triste, assez pathétique. Il attrape la culotte de mes mains en fronçant les sourcils et prend les vêtements de sa chaise.

« Bon bah attends-moi alors. »

« C'est bon habille toi là. » Il se tourne vers moi les yeux accusateurs mais ne dit rien. Il se contente de déboutonner timidement son pyjama. Dos à moi, évidemment. Mais au moins je peux le regarder sans qu'il le remarque. Il descend le bas et met rapidement la culotte à la place. Ce qui fait que, l'espace de quelques secondes, j'ai Leopold en culotte en face de moi. Si j'avais un appareil photo, je m'en donnerai à cœur joie. A la place, j'essaie de mémoriser l'image.

« Tu veux que je fasse le mur en fait ? » Il a terminé de s'habiller et nous sommes tous deux à côté de la fenêtre.

« Non, vu que c'est un enlèvement. » Je m'installe sur l'appui de fenêtre et attrape Butters. Maintenant, nous sommes assis dans le vide à trois mètres du sol.

« Tu n'as pas peur de sauter ? » Je lui glisse ces paroles à l'oreille et il se met à frissonner. Trop chou.

« Non… Je l'ai déjà fait, même si je me suis vautré… » Je ne peux m'empêcher de glousser, mais je retiens de rire pour ne pas avoir à subir un nouveau coup dans le bras. Je lui attrape la main et lui fait signe de se laisser tomber de la fenêtre. Nous touchons le sol instantanément. La ville, la nuit, tout est à nous.


MERCI POUR VOS REVIEWS, tous ceux depuis le début qui ont posté une review ou plusieurs, et aussi un grand merci à ceux qui ont reviewé (Ze mot) le chapitre 8. Je vous attends dans ma boîte mail pour ce neuvième chapitre, ahah. S'il vous plait...

Nombre de mots dans ce chapitre (sans les notes de l'auteur) : 2684.