.Disclamer : Tout est à JK, l'histoire est à moi !

Bonsoir bonsoir.

Voilà le nouveau chapitre.

Louzep.


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Harry venait tout juste de terminer sa journée, qui, soit dit en passant, lui avait semblé interminable. La fatigue avait fini par devenir réellement physique, c'était comme si son cerveau était littéralement en train de gonfler contre sa boîte crânienne. Chaque pas devenait un effort et le moindre geste lui semblait insurmontable. Mais il avait réussi à faire sa journée entière et heureusement pour lui, elle était restée relativement calme. Il n'avait tout de même plus qu'une seule envie : se vautrer dans le canapé et commencer sa nuit de suite, sans même manger. Alors il se précipita dans le salon, jeta sa besace à la va-vite au travers de la pièce et prit place sur le canapé, écartant les jambes avec négligence. Hermione n'était pas là donc il pouvait bien prendre la position qu'il voulait sans craindre les représailles.. Il bascula sa tête en arrière pour soulager son cou et ferma les yeux une demie-seconde.

Une demie seconde. C'est tout le temps de repos qu'on lui avait accordé ce soir là, puisque quelqu'un semblait vouloir entrer dans la maison. Il entendit des coups distincts résonner dans toute la pièce. Harry eut presque envie de pleurer de désespoir. Du répit, s'il vous plait, du répit ! Une pause dans ce monde où tout bascule à chaque instant, c'est tout ce qu'il demandait. Mais c'était déjà trop. Il se leva avec nonchalance, près à affronter une nouvelle l'épreuve. Car il le savait, les aurors devaient fouiller la maison et de toute évidence, c'était eux qui frappaient à sa porte.

Il se dirigea lentement vers l'entrée et déverrouilla le loquet pour ouvrir la porte.

« Bonsoir Harry »

Il s'agissait de Rufus Mongurdou, un collègue avec qui Harry avait fait connaissance quelques semaines auparavant, il traînait souvent du côté du magenmagot, ils avaient donc eu de nombreuses occasions de se croiser lorsqu'il rejoignait sa meilleure amie aux pauses déjeuner. A ses côtés se trouvait Bertillon, son auror assigné, celui qu'il suivait partout toute la journée pour son apprentissage. Il fallait qu'il se le coltine le soir aussi maintenant !

« Bertillon, Rufus, bonsoir. »

« Désolé de te déranger Harry, continua Rufus, mais il faut que l'on vérifie que Malefoy ne soit pas là. Tu sais.. Comme Herm..Miss Granger s'occupait de sa défense.. »

« Oui pas de problème. On savait que vous alliez venir.. Enfin on se doutait quoi.. Entrez, je vous en prie. »

Harry avait l'impression que rien de tout cela n'était réel, il était harassé par la fatigue, il croulait sous le poids de l'état d'éveil.

« j'ai fait la fête hier et je suis crevé. Ça vous ennuie si je me repose dans le salon en attendant que vous terminiez ? »

Bertillon fit une mine agacée, comme un père qui serait désemparé devant l'incompétence ou l'insolence de son enfant. Il haussa les sourcils et répondit à son apprenti.

« Voulez-vous un jus de citrouille avant de vous endormir Monsieur Potter ? » annonça-t-il, se moquant ouvertement du Survivant.

Cependant, ce dernier ne releva même pas cette dernière remarque et reprit sa place sur le canapé. Il repensa à Rufus, son collègue auror était jeune, il se souvenait de lui lorsqu'il était en 4ème année alors qu'Harry découvrait tout juste l'existence de la magie. Rufus faisait parti des élèves peu disciplinés de l'école. Lui et ses amis faisaient perdre régulièrement des points à l'humble maison Gryffondor ce qui avait le don d'agacer la plupart de leurs camarades. Mais pas Harry, il avait toujours eu une pointe d'admiration pour lui. Il lui était donc toujours un peu bizarre de se dire qu'ils étaient collègues à présent.

Harry ne ferma cependant pas les yeux, de peur de s'endormir réellement. Il n'était pas particulièrement angoissé de la situation, toutes les traces du passage de Malefoy avaient disparu, il était impossible que les deux aurors puissent les accuser de quoi que ce soit. Une dizaine de minutes plus tard, Bertillion et Rufus rejoignaient Harry dans le salon.

« Bon, on a rien trouvé. Ce n'était qu'une question d'obligation, on se doutait bien qu'on ne trouverait rien ici. » conclu Rufus, quelque peu gêné de cette fouille.

« Je sais que vous faites votre devoir, je ne suis pas vexé Rufus. »

« Oui.. » son collègue semblait vouloir renchérir sur quelque chose mais Bertillon le fusilla du regard.

« Il y a un problème ? »demanda Harry.

« Il faut lui dire Mr Bertillon, après tout il le saura bien assez tôt ! »

« Me dire quoi ? »

« La disparition de Malefoy fils tombe à point nommé.. Il y a eu.. des disparitions ces derniers temps.. »

Harry ne sentait tout à coup plus la fatigue mais seulement l'intérêt et l'inquiétude. Du regard, il invita son collègue à continuer.

« Plusieurs personnes se sont volatilisées et..lorsque l'on a vidé les manoirs des anciens sorciers sous la coupe du Seigneur des Ténèbres, aucun elfe de maison n'a été retrouvé.. »

« Des elfes de maison ? » s'étonna Harry «un sorcier flemmard aurait volé des elfes ? Je ne comprends pas.. »

« Nous non plus Harry.. Mais il se passe des choses étranges.. Reste sur tes gardes en tout cas. »

Finissant sa phrase sur ce ton dramatique, Rufus se retourna ensuite vers la sortie, invitant Bertillon à faire de même. Harry les gratifia d'un sourire entendu et les salua en guise d'en revoir. Au dernier moment, juste devant la porte d'entrée, Rufus, quelque peu hésitant, adressa un dernier mot à son apprenti collègue.

« Tu transmettras mes amitiés à Miss Granger. »

Harry acquiesça, quelque peu étonné de sa requête et le regarda passer la sortie sous un œil interrogateur.

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Hermione se tenait face au miroir de la salle de bain. Seule. Elle se perdait dans son propre regard, les yeux fixés sur son reflet, elle scrutait tour à tour chaque détail de son visage.

Elle se trouvait horrible.

Il y avait des jours où elle se demandait comment il était possible de vivre lorsqu'on ne s'inspirait que le dégoût. Ce n'était pas une question physique uniquement. Dans le fond, elle savait qu'elle n'était pas réellement laide, son visage était plutôt harmonieux, mais dans ce genre de moment, elle avait juste l'impression d'être écœurante. Dans ses yeux, elle ne voyait qu'une insupportable miss-je-sais-tout, trop lâche pour reprendre ses études, trop fière pour admettre sa peur. Son nez lui rappelait celui de sa mère, celui de cette femme qu'elle avait perdu à jamais, qui n'avait même pas conscience son existence. Sa bouche, frêle, lui rappelait toutes les choses qu'elle n'osait pas dire, qu'elle n'oserait jamais dire. Et le summum, ses cheveux. Cette broussaille emmêlée qui ressemblait la plupart du temps à une sorte de crinière animale. Elle porta la main vers ses derniers, elle ne les avait pas coupé depuis le mariage de Bill et Fleur. Il lui arrivait dans le milieu du dos et formait une masse bouclée lourde. Ron aimait ses cheveux. Il lui avait dit qu'elle avait un petit air sauvage avec cette coupe. Mais aujourd'hui, elle avait l'impression de ressembler à une femme de Cro-Magnon.

Toujours face à la glace, elle ôta son haut, observant sa poitrine avec dégoût. Elle était petite. Trop petite. Insignifiante. Était-elle d'ailleurs vraiment là ? Elle regarda son ventre, trop maigre. On voyait presque ses côtes. Pourquoi s'infliger une telle vision ? Se demanda-t-elle.

Mais rien n'allait. Une boule se formait au creux de son ventre. Elle avait l'impression d'être dans un cauchemar. La courageuse Gryffondor voulait fuir. Elle voulait abandonner cette nouvelle quête pour retrouver sa vie tranquille et elle se maudissait de penser tout ça. Mais c'était plus fort qu'elle.

La douleur.

Elle avait mal. Mal d'être dans ce corps qui ne reflétait pas ce qu'elle était, mal de ressentir cette angoisse grandissante au fond d'elle. Ses yeux se mirent à briller, elle semblait sur le point de fondre en larme.

Drago lisait un livre sur le canapé. En fait, il relisait le livre qu'Hermione venait de lâcher, dans l'espoir de trouver quelque chose qu'elle aurait loupé. L'idée était de clouer le bec de Granger en lui montrant qu'il était meilleur qu'elle, mais il ne trouva rien.

Et il avait une drôle de sensation, comme si quelqu'un s'amusait à lui donner des coups de coude dans le ventre. Il se redressa sur le canapé mais cette sensation restait bien présente, elle semblait même s'accentuer. Alors il attrapa son verre d'eau posé sur la table, l'avala d'une traite, mais rien ne changea. Quelqu'un était-il en train de lui jeter un sort ? Une pointe sur le cœur s'ajouta à ses ressentis désagréables. Il fallait qu'il trouve Granger, elle aurait sûrement une explication.

Il se leva et se dirigea vers le long couloir qu'offrait l'étage de la Cabane. Il vit la porte de salle de bain entrouverte, il avait besoin de se rafraîchir un peu. Il avait l'impression de s'effondrer sur lui-même.

En passant la porte, il vit Granger. Elle avait ôté son pull. Elle était là, devant lui, dans un soutien gorge noir, face au miroir. La jeune femme semblait si concentrée qu'elle n'avait même pas prêté attention à l'arrivée de l'ancien Serpentard. Oubliant le fait qu'elle ne soit que très peu vêtu, il comprit tout de suite qu'il ressentait le mal-être d'Hermione. D'un sens, il était rassuré, puisque cela voulait dire qu'on ne l'avait pas ensorcelé. D'un autre, il s'inquiétait pour elle, comment pouvait-elle vivre avec toute cette souffrance silencieuse. Il observa son reflet un instant, ses boucles tombaient en cascade dans son dos, s'emmêlaient, se repliaient parfois sur elles-mêmes, certaines étaient très bien définies, d'autres complètement floues. Il remonta son regard sur son visage, elle avait gardé sa bouille d'enfant mais ses joues s'étaient creusées avec le temps. Ses yeux noisettes respiraient l'intelligence, son nez était une incitation à la malice et sa bouche une invitation au plaisir. Il avait une folle envie de la prendre dans ses bras, de calmer cette souffrance, cette douleur. Il se demanda s'il ressentait les émotions de la jeune femme avec la même intensité qu'elle.

« Granger? » osa-t-il finalement, quelque peu inquiet quant à la réaction de cette dernière au vue de son intrusion dans la pièce.

Elle ne se retourna pas, gardait les yeux sur son reflet et n'octroyait pas même un signe à son ancien ennemi.

« Je ne vais pas y arriver. »

Il ne s'attendait pas à des confidences, il pensait plutôt qu'elle l'aurait jeté dehors, insulté de voyeur ou de vieil fouine répugnante. Mais non.

« De quoi tu parles ? Tu fais peur à voir là.. »

Il se maudissait d'avoir dit ça puisqu'il pensait exactement l'inverse, mais ses vieux démons le rattrapait toujours et sa maladresse aurait pu être légendaire.

« Je sais. » répliqua-t-elle, le regard livide.

Il baissa les yeux un instant, démuni face à la détresse d'Hermione. Il ne savait pas quoi faire, ce n'était de toute évidence pas à lui de la réconforter, de la rassurer. Mais il n'y avait qu'eux deux ici. Le souci, c'est qu'il avait envie de le faire, de la prendre dans ses bras, de poser la main sur sa tête afin de coller son visage contre son torse. Il en avait envie. Vraiment. C'était ça le véritable problème. Il commença a se tourner vers la sortie, peut-être qu'en arrêtant de la regarder, il lui serait plus facile de résister au charme de son ancienne ennemie. Mais il ne pu finir son geste. Après tout, il avait décidé de changer, de s'écouter et d'arrêter de se priver de son libre arbitre, donc il fallait bien commencer par quelque chose. Il était insensé de vouloir réconforter cette insupportable Miss Je Sais Tout mais il en avait envie, donc il allait le faire.

Il s'approcha d'elle à nouveau, attrapa le pull jeté au sol avec négligence et commença à le replacer au dessus de la tête d'Hermione. Elle ne bougeait pas, trop surprise par ce geste bienveillant. Elle passa ses bras dans les manches tandis que Malefoy tirait sur le pull pour mieux l'ajuster. Puis il releva ses mains vers sa tête pour libérer ses cheveux coincés sous son haut. Il ne savait plus trop ce qu'il faisait, en fait, il se contentait de suivre son instinct. Sans réfléchir à ce qu'il devait/pouvait faire.

La crinière de la lionne libérée, il posa ses mains sur les épaules de Granger. Il était juste derrière elle, à seulement une dizaine de centimètres de son buste. Le temps s'était arrêté et pour la première fois depuis une bonne demie-heure, Hermione arrêta de se regarder dans le miroir pour s'attarder sur les yeux givrés de Malefoy dans le reflet. Il la dépassait d'au moins une bonne tête, ses cheveux blonds lui tombaient en dessous des épaules, sa barbe auparavant naissante devenait de plus en plus fournie, ses épaules s'étaient élargies depuis Poudlard bien qu'il semblait quelque peu amaigri lui aussi. Elle le trouvait beau. De plus, la simple présence des mains de celui-ci sur ses épaules l'avait apaisée. Une pause temporelle entre ces deux là prenait place, un moment suspendu durant lequel deux êtres très différents affrontaient les mêmes sentiments contradictoires, l'angoisse, la reconnaissance, l'incompréhension et surtout, l'envie. Mais ça, ils n'étaient pas près de l'admettre, l'un comme l'autre.

Drago fit descendre ses mains sur la taille d'Hermione, il pouvait presque l'enserrer complètement entre ses doigts et continua de glisser vers ses hanches. De son côté, la lionne retint son souffle, reprenant ses esprits et fixant le miroir avec une nouvelle approche, celle de l'absurdité. Qu'était-il en train de se passer ? Elle ôta les mains de Malefoy qui ornaient ses hanches et se retourna vers lui. Elle voulait lui dire merci, merci de l'avoir couverte, de l'avoir réconforté à sa manière, de ne pas l'avoir brusqué, de ne pas l'avoir jugé, Mais elle ne pouvait pas, toute cette scène était trop surréaliste. Elle ne s'était jamais montrée aussi faible, même devant Harry ou Ron. Drago voyait qu'elle essayait de lui dire quelque chose, mais il ne parvenait pas à la déchiffrer, trop perturbé par ses propres questions.

Hermione se chargea de rompre cet échange visuel sans un mot, contournant Malefoy pour atteindre la sortie.

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Arthur Weasley était effondré, étendu de tout son long sur le sol glacé de ce qui lui semblait un vieux cachot. Il ne savait pas ce qu'il faisait ici, il ne se rappelait même pas comment il était arrivé là. Il ouvrait les yeux difficilement, un mal de crâne pesant sur sa tête lourde. Que se passait-il ? Il était en voyage d'affaire en Autriche pour une histoire de détournement d'objet moldu. Son dernier souvenir était celui d'envoyer une lettre à Molly.

« Mr Weasley ? »

La voix était faible, inquiète et désemparée. Pourtant, elle le rappela à la réalité. Il se redressa difficilement à l'aide de ses coudes. Pourquoi avait-il si mal ? Depuis combien de temps était-il ici. Il releva la tête en direction de la voix qui l'avait appelé, jamais il ne l'aurait reconnu.. Neville Longdubat, une bonne dizaine de kilos en moins, les yeux ronds, le visage noir de crasse.

« Neville ? Que.. que.. où sommes nous ? »

Le jeune homme aida Arthur à s'asseoir correctement, conscient que les sortilèges qui lui avaient été infligés devaient être beaucoup plus dur à supporter pour le père de famille, de part son âge.

« Dans des cachots.. je ne sais pas où exactement.. »

« Je suis là depuis quand ? »

« quelques heures seulement. Enfin je suppose.. J'ai un peu perdu la notion du temps. »

Le visage d'Arthur se décomposa et la peur emplissait son corps, les réponses de Neville ne faisaient que l'inquiéter encore plus. Il appuya son regard sur le jeune l'invitant à lui expliquer la situation.

« Je ne sais pas qui est derrière tout ça mais.. Le mage noir qui nous retient ici compte fonder une armée. Il me voulait moi, pour ma loyauté. Il a choisit d'autres personnes, pour leur intelligence, leur force ou une capacité particulière. J'ai cru reconnaître Victor Krum hier.. Je.. Je ne sais pas exactement ce qu'il compte faire de nous Mr Weasley... »

Neville ne précisa pas que l'attrapeur célèbre de l'équipe Bulgare avait l'air d'un zombi. Le souffle d'Arthur devenait de plus en plus irrégulier. Il n'était pas sensé rentrer avant la semaine d'après, personne n'allait s'inquiéter de ne pas avoir de nouvelle..

« Tu es sur de ne pas connaître celui qui fait tout ça ? « Il se voulait rassurant mais les trémolos dans sa voix trahissait son angoisse.

« Non.. son visage est toujours couvert.. »

Neville se sentait défaillir, il n'avait pas parlé depuis des lustres et entendre sa voix, répondre à des questions, tenir sa tête droite étaient des choses auxquelles il n'était plus habitué. La fatigue reprenait le dessus sur tout le reste. Qu'allait-il se passer pour eux maintenant ?

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La nuit profita à tous. Hermione et Drago s'endormirent chacun dans une chambre. Comme promis, L'ancienne Gryffondor insonorisa la pièce de Malefoy. Au square Grimaud, l'ambiance était différente. Harry s'était endormi tout habillé sur le canapé, ses lunettes à même le sol, son bras balayant le parquet poussiéreux de la maison.

Ron, lui, n'avait pas beaucoup dormi. Il avait passé tout son temps à se demander ce qu'il allait faire. Rejoindre Harry et Hermione ou se préserver ? Non.. Il ne se pardonnerait jamais d'abandonner ses amis et surtout de céder à la facilité. D'un autre côté, il estimait avoir sa part du job déjà, peut-être que quelqu'un pouvait prendre le relais. Après tout, il avait déjà perdu un an de sa vie dans un tente pourrie à manger des plantes et des champignons, à dormir dans le froid, à supporter les horcruxes, il avait déjà du sacrifier beaucoup de chose, pourquoi fallait-il que ce soit encore à lui de se coltiner ce genre de mission ? Mais toutes ces pensées restèrent en dessous de son devoir, il savait qu'il devait le faire. Il savait aussi qu'il ne se pardonnerait jamais d'avoir failli à la tâche par lâcheté.

C'est pourquoi, au moment où les premiers rayons de soleil frappèrent contre sa fenêtre, il prit sa décision. Il attrapa un bout de parchemin, sa plume et envoya à Harry sa décision.

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Harry était levé depuis quelques heures. Il avait lui aussi posé quelques jours, histoire de se laisser un peu de temps. Il espérait vraiment ne pas avoir à renoncer à son apprentissage, car c'était la seule chose qu'il avait réellement accomplie depuis la chute du Seigneur des Ténèbres. Il finissait ses affaires, une simple valise, quelques potions, deux ou trois parchemins et des livres demandés par Hermione.

« Tu es prêt Ron ? »

Le roux lui fit un signe de tête pour approuver.

« Hermione nous attends déjà avec Malefoy à l'entrée de la fôret, on ferait mieux d'y aller.. »

Ron posa son bras sur celui de son meilleur ami pour transplaner, un « plop » plus tard, le square était vide.

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Hermione et Drago n'avaient pas reparlé des événements de la veille, mais la tension entre eux trahissait leurs sentiments. Quelque chose avait changé, la jolie brune ne cessait de penser aux mains de Malefoy parcourant ses épaules, sa taille et ses hanches. Les images de cet instant lui semblait sombre, amer et doux à la fois. C'était presque impossible de mettre des mots sur ce qu'elle avait ressenti. Toute cette douleur, puis cette surprise.. C'était incompréhensible.

Plus tôt dans la journée, ils avaient accueillis Ron et Harry, ils allaient partager la dernière chambre libre de la Cabane. L'ambiance était glaciale, la présence de Malefoy était grisante pour Ronald, il n'arrivait pas à se dire qu'il allait devoir cohabiter avec cette fouine ingrate. Mais Harry et Hermione avaient l'air de lui faire confiance, alors il allait falloir le supporter.

Il devait être aux alentours de 14h quand Hermione apporta un plat rond au centre de la table à manger. Les garçons avaient quant à eux passé presque tout leurs temps à dépoussiérer l'endroit. Aux vues de la nourriture fumante sur la table, ils abandonnèrent tous les activités pour déjeuner.

« Mmm.. »reniffla Ron. « Rien à voir avec notre première cavale hermione ! Ça semble succulent ! »

« Nous ne sommes pas en cavale Ronald ! Nous ne sommes pas des indésirables cette fois-ci, nous pourrons faire des courses sans crainte. »

Un instant de silence prit place tandis qu'Harry découpait le gratin en plusieurs parts pour le distribuer.

« Alors qu'allons nous faire ? » demanda Ron.

« Et bien... Je pense qu'il faudra recommencer.. Je sais ce que tu vas dire Hermione.. C'est dangereux et Malefoy aurait pu y rester la première fois mais en attendant, on a pas d'autres plans... »

« Je suis d'accord avec Potter. » ajouta Malefoy faisant mine de s'étonner lui-même.

« Je sais Harry.. Ce qui m'inquiète, c'est qu'il nous retrouve aussi.. D'un autre côté, il serait tout même étonnant que pour la deuxième fois consécutive, vous fassiez votre transe au même moment. »

Ils semblèrent tous réfléchir un moment. Puis Harry reprit.

« Oui, il faudra peut-être faire ça à une heure inattendue, peut-être en plein jour ? Ça serait possible ? » demanda-t-il en direction de Malefoy.

« Oui. Sans aucun problème. Mais Granger, tu dois être prête. Peut-être que nous pourrions récupérer nos âmes complètes si nous recommençons l'expérience.. »

Ron manqua de s'étouffer, comment ça ? Quel expérience ? Il était trop choqué pour émettre le moindre son.

«Ron, voyons, tu manges n'importe comment ! Si tu es bloqué à nouveau, je viendrai te chercher. Mais sinon, non. C'est trop risqué. »

Pour la première depuis la veille, ils échangèrent un regard. Le froid contre le chaud.

« On avisera sur le moment peut-être.. De toute façon, rien ne se passe jamais comme prévu non ? »Ajouta Harry, espérant détendre l'atmosphère.

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Le processus avait été le même. L'obscurité, le vide, les pensées sombres et enfin, les ténèbres. Drago avait une nouvelle fois quitté son corps. Il reprit le même chemin que la première fois, en direction du ciel pour obtenir une vue d'ensemble. Il était loin de la Cabane déjà, et pourtant, il sentait la présence d'Hermione. Elle avait pourtant dit qu'elle ne le suivrait qu'en cas de besoin ! Etait-ce la partie d'elle ? Il chassa ses questions pour se reconcentrer, la magie coulant dans ses veines, la noirceur emplissait son cœur. A nouveau les tortures, à nouveau les châtiments, il tenta de retrouver l'équilibre entre la transe et la réalité, pour rester conscient tout en sombrant dans l'obscurité.

Puis il le vit. Le livre. Brillant à travers les bois. A vol d'oiseau, il était à une dizaine de kilomètres. Ils étaient si proche que ça ? L'âme de Drago tenta de se déplacer dans sa direction, comme absorbé par cette dose de magie. Il fixait l'image de cette magie bouillonnante et se dirigeait vers elle.

Le trio attendait, ils étaient assis autour de Malefoy, guettant le moindre de signe de sa part. Mais rien. Cela faisait plus d'une demie-heure qu'il avait quitté son corps.. Avait-il cédé à la tentation du mal. Hermione savait que non, une partie d'elle avait du partir avec Drago, car elle sentait des mouvements et des sensations qui ne lui appartenaient pas. Pourtant, elle préféra ne rien dire à ses deux meilleurs amis, de peur qu'ils posent trop de questions concernant ce lien mystique entre elle et le blond.

« Cela fait presque une demie heure qu'il n'a pas bougé d'un cil.. Est-ce qu'il faut tenter quelque chose ? » disait Ron.

« Non.. S'il est en train de chercher, mieux vaut lui laisser un peu de temps.. » répondit Hermione..

« Et si.. si la magie noire a prit le dessus ? » osa-t-il enfin.

«Si c'est le cas, il faudra agir très vite. » ajouta Harry en pointant sa baguette sur Drago.

Hermione sentit son cœur louper un battement. Non.. Malefoy n'avait pas pu faire tous ces efforts pour succomber aux ténèbres ensuite. C'était impossible. Le destin lui donna raison quelques secondes après cette dernière réflexion. Malefoy ouvrait enfin les yeux, le regard inquiet. Il sentit le bout de ses doigts le picoter, le même mal de crâne que la dernière fois.

« Alors ? » demanda Harry, impatient.

« Laisse-lui deux secondes Harry. » pesta Hermione, autant pour Malefoy que pour elle.

« Je..Il va falloir agir très vite.. » Drago prit un air sombre, sa voix tomba dans les graves.. « Il.. Je n'ai pas vu qui c'était mais.. J'ai entendu leurs voix.. »

Il semblait hésiter à continuer, mais tous le regardait avec avidité.

« Il a ton père, Weasley.. »

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Chapitre terminéééééééééééé !

J'espère que vous avez bien aimé !

Si vous pouviez laisser une review, ça serait sympa. :)

Louzep.