Lorsque Thorïn annonça enfin qu'ils pouvaient monter un bivouac pour la nuit, Ellie eu bien envie de l'embrasser pour le remercier. Bon, elle n'avait pas besoin de ça pour en avoir envie, mais tout de même.
« -Fili, Kili, allez chercher du bois. Dwalïn, prends le premier tour de garde, ordonna rapidement le chef tout en posant toutes affaires superflues sur un rocher, excepté Orcrist. »
Il commença ensuite à partir, mais avant d'être hors de vue du groupe il se retourna vers Ellie et lui lança :
« -Vous, vous ne vous approchez ni du feu, ni des armes. Je ne voudrais pas qu'il y ait des morts aujourd'hui », lui dit-elle en la fixant dédaigneusement.
Il disparût ensuite derrière les arbres entourant la petite clairière qui accueillait les nains pour la nuit, laissant derrière lui un silence pesant et une ambiance quelque peu… Électrique. La naine fulminait intérieurement et fixait rageusement le couvert des arbres d'où était partit le monarque. Déjà que la journée avait été un désastre des plus complet, il avait fallu qu'il en rajoute...
Effectivement, on ne pouvait pas dire que le départ de Fondcombe avait été bénéfique pour la seule femme du groupe : après avoir manqué de tomber du haut de la falaise, elle s'était coincé la jambe dans un piège de chasseur, attirant les-dits chasseurs qu'il avait fallut massacrer. Bien évidemment, la suite de la journée n'avait pas été en s'améliorant... Durant le déjeuner elle avait réussit à planter une fourchette dans la main de Nori qui arborait maintenant un magnifique bandage, puis -alors que Kili visait le repas du soir- son -très-bruyant éternuement avait fait fuir le dîner. Enfin, alors que le groupe avait décidé de marcher de nuit pour rattraper son retard, Ellie avait presque mit le feu à la barbe de Balïn en agitant sa torche pour chasser un moustique. Cela avait été donc une journée que l'on pouvait qualifier de complètement merdique.
« -Les Valar s'acharnent sur moi c'est pas possible autrement. Et lui qui en rajoute à mort alors que les autres me haïssent déjà », pensa Ellie en ne quittant pas des yeux l'endroit d'où était partit Thorïn.
Un regard plus que mauvais lancé dans sa direction par un Balïn de très méchante humeur acheva le peu de patience qu'il restait à la naine. Elle décida, dans un accès de rage difficilement contenu, d'aller dire ses quatre vérités à ce chef pas vraiment spécialisé dans le relationnel. C'était certes une idée stupide qui allait lui apporter plus d'ennuis qu'autre chose, mais au vu de sa journée Ellie ne pensait pas aux conséquences et avait juste besoin de passer ses nerfs sur quelque chose. Ce quelque chose, ce serait ce Roi qui se permettait bien trop souvent de la prendre pour un punching-ball mental : pour une fois les rôles seraient inversés.
C'est donc d'un pas décidé et rageur que la naine suivit le chemin emprunté par Thorïn quelques instants plus tôt, bien décidée à en découdre...
Elle mit quelques temps pour trouver son chemin, l'obscurité n'aidant absolument pas à suivre des traces. Heureusement que les nains n'étaient pas connus pour leur discrétion : les pas lourds du chef de la compagnie étaient bien visibles dans la terre humide. Après deux ou trois minutes de marche, la lumière s'éclaircit et c'est une Ellie silencieuse qui déboucha sur ce qu'elle pensait être une autre clairière. Cependant, au milieu de cette clairière se trouvait une rivière qui devenait assez large pour s'y baigner, et lorsque Ellie vit ce qui se trouvait dans cette rivière, toute trace de colère disparut en elle.
Debout au milieu du lit de la rivière, en face d'elle, se tenait Thorïn Oakenshield. Entièrement dévêtu. Complètement dénudé. Totalement nu. Carrément. A. Poil.
Ellie n'en croyait pas ses yeux. Elle voulut se pincer afin de vérifier qu'elle n'était pas dans un de ses rêves pervers, mais elle n'osa pas bouger de peur de se faire repérer. Sa bouche s'assécha alors qu'elle matait sans vergogne le corps face à elle.
Les mains calleuses habituées au port d'armes glissaient dans les cheveux noirs aux reflets argentés du nain, démêlant les longues mèches humides au passage. De petites gouttes d'eau mesquines glissaient le long de ses bras, effleurant les muscles bandés avant de disparaître derrière des épaules rondes et imposantes. Thorïn pencha sa tête en arrière, révélant une pomme d'Adam qui ne demandait qu'à être embrassée et qui fit accélérer les battements du pauvre cœur déjà bien fragilisé de la naine.
Perturbée au possible, Ellie ne pût empêcher ses yeux de descendre pour admirer le torse du nain le plus majestueux de la Terre du Milieu... Une pilosité soulignée couvrait des pectoraux fermes et robustes et se transformait en une ligne de poils bruns qui descendait le long d'abdominaux bien dessinés. Des hanches quelques peu rondelettes entouraient le tout et démontrait que le nain mangeait bien à sa faim...
L'espionne perverse finit son observation en se mordant la lèvre inférieure et en maudissant légèrement l'eau qui cachait le reste. Vraiment, elle aurait dû partir, c'est ce que toute naine honnête aurait fait... Cependant elle n'était pas honnête, et à la base elle n'était même pas une naine. Affaire réglée. Le bruit de quelqu'un qui bouge dans l'eau la tira de ses pensées, et cette fois-ci la blanc total se fit dans son cerveau dérangé : Thorïn venait de monter sur la berge, sortant de l'eau et dévoilant tout ses attributs au passage. Elle avait déjà vu des hommes nus, que ce soit par inadvertance ou parce qu'ils ne connaissaient tout simplement pas le sens du mot "pudeur". Cette fois-ci, c'était différent : c'était Thorïn, et c'était beaucoup plus près que tout ce qu'elle avait pût voir auparavant.
La rumeur comme quoi le physique correspondait à la chose était donc vrai : Thorïn restait un nain, mais un nain très, très costaud. Le dit-nain se retourna, laissant le loisir à Ellie de regarder sa royale croupe sans un seul vêtement pour la cacher. Comme elle l'avait imaginé, les fesses rondes et rebondies semblaient plus que musclées et rejoignaient le haut des cuisses par un demi-cercle plus que parfait. Thorïn avait presque les fesses d'une femme, mais ça ne le rendait que plus attrayant... Lorsqu'il se pencha pour ramasser des affaires, Ellie plaqua ses mains sur sa bouche se colla contre l'arbre le plus proche. Des pensées vraiment pas du tout orthodoxes envahirent son esprit et elle fût réellement tentée de se cogner violemment la tête contre le tronc d'arbre pour faire sortir toutes idées impures de sa pauvre petite tête.
Le bruit d'une ceinture en cuir que l'on noue la sortit de sa rêverie et tout aussi discrètement qu'elle était arrivée, la naine s'enfuit rapidement pour rejoindre le campement.
Le reste de la soirée se passa un petit peu comme dans un rêve pour Ellie. Elle ne vit ni les regards pesants de Dori et Balïn, ni les sourires qui se voulaient réconfortants de Nori et Bombur. Elle mangea, fit la vaisselle et s'allongea, avec pour seule image en tête un Thorïn aussi nu que le jour de sa naissance. Ce soir-là, pas de cauchemars ou de nuit sans rêves, juste un corps au milieu d'une rivière, et des yeux de glace rivés sur les siens...
Le lendemain matin, le réveil fût difficile pour la naine. Déjà, elle puait le rat mort -certainement à cause d'un coup de chaud pendant la nuit- et de toute façon il était hors de question qu'elle aille se laver dans cette rivière. Ajouté à cela le fait que Bifur l'ai réveillée. Elle l'aimait bien, vraiment, mais des mots Khuzdul qu'elle ne comprenait pas, hurlés dans son oreille en plus d'un coup de poing dans l'épaule, ce n'était pas ce qu'on pouvait appeler un réveil en douceur. Pour finir, Thorïn devait définitivement la prendre pour une tarée. Dès qu'elle croisait son regard, le rouge lui montait automatiquement aux joues et elle s'enfuyait en bafouillant des excuses toutes plus débiles les unes que les autres. La dernière en date était :
« -Je... je dois aller... Laver mon... MA FOURCHETTE !, avait-elle dit en brandissant son couteau tout juste lavé et dégoulinant d'eau. »
Le presque-Roi sous la Montagne -dépité par tant de stupidité- s'était alors contenté de la fixer, accentuant encore plus le rouge qu'elle arborait déjà sur ses joues.
Depuis ces petits moments extrêmement gênants qui la faisait passer pour une attardée mentale et une psychopathe, Ellie prit la sage décision de ne plus s'approcher ni du chef de la compagnie, ni de ses neveux. Ces derniers avaient d'ailleurs eux aussi pris une décision : ne plus lui parler ni la regarder. C'était sûrement son comportement plus que bizarre qui les avaient fait fuir.
« -Bon, au moins me taper la honte aura servi à quelque chose, maugréa-t-elle dans sa courte barbe. »
La semaine passa ensuite, sans catastrophe notable. Au fil de son voyage, Ellie se rapprocha encore plus de Nori -devenu l'officiel meilleur ami, toujours prêt à la réconforter, à l'écouter et à l'enfoncer lorsqu'elle disait n'importe quoi. Bofur, Bifur et Bombur continuèrent à lui enseigner : l'un les joies des partitions musicales (bien qu'elle n'avait toujours pas trouvé d'instrument qui lui plaise), l'autre la cuisine, et le dernier le Khuzdul et la taille du bois. Elle avait bien évidemment quelques notions de la langue naine, mais juste des insultes entendues ici et là dans des tavernes. Maintenant, grâce aux frères 'Bur', elle savait dire quelques phrases comme "j'ai la barbe coincée dans mon pantalon", "les elfes ça pue" et "où est la bière ?". Pas vraiment utile, mais assez marrant selon la naine. Dwalïn commençait à lui parler (au lieu de grogner), Oïn et Gloïn conversaient maintenant naturellement avec elle et le reste (Balïn, Ori et Dori) l'ignoraient royalement, en plus de la lignée de Durin. Bilbo ne lui avait plus adressé la parole depuis Fondcombe, et la naine soupçonnait Nori d'y être pour quelque chose sans avoir réussi à le prouver. Pauvre petit Hobbit, déjà qu'il devait supporter le dédain du chef, il devait maintenant faire avec la surprotection de nain voleur...
Une chose cependant, en dehors des petites aventures relationnelles naniques, inquiétait Ellie. Quelque chose de sombre planait dans l'air. Depuis qu'ils étaient plus haut dans les montagnes, le ciel n'en faisait qu'à sa tête, comme s'il était devenu incontrôlable, et l'atmosphère était lourde, chargée d'électricité. La naine réussit à se convaincre que c'était normal dans cette partie de la région, mais une part d'elle restait tout de même constamment sur le qui-vive, attendant la catastrophe prochaine.
Cela faisait maintenant deux semaines qu'ils avançaient. L'ambiance décontractée et les bons repas de Bombur contribuaient largement à la bonne humeur de la troupe. Ellie, naturellement, devint beaucoup moins méfiante et relâcha quelque peu sa garde. Erreur fatidique ! Alors qu'elle nettoyait tranquillement sa vaisselle dans le petit cours d'eau à côté du bivouac, une sensation étrange sur son bras la déconcentra de sa tâche ménagère. Elle épousseta distraitement son bras afin de retirer ce qu'elle pensait être une feuille ou une plume, mais la sensation se déplaça alors sur son autre bras. Les sourcils froncés, elle baissa les yeux et...
« -IIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIH ! »
En moins de temps qu'il n'en faut pour dire "buffet", tous les nains -armés jusqu'aux dents- débarquèrent près du petit cours d'eau pour découvrir une Ellie terrifiée à moitié montée dans un arbre et à ses pieds, posée sur une casserole : une araignée. Pour la défense de la naine l'araignée n'était pas vraiment petite, elle faisait même au moins la taille de sa paume !
Nori, en bon ami qu'il était, écrasa violemment le monstre à l'aide d'une autre casserole. Le tout -bien évidemment- dans un bordel monstre. Thorïn se prit la tête dans les mains (demandant sûrement à Mahal ce qu'il avait fait pour mériter ça) et retourna au bivouac, suivit par toute la petite troupe qui ne cessait de lancer à Ellie des regards soit affligés, soit dédaigneux.
Ellie descendit de sa branche basse, penaude.
« -Tu es au courant qu'il y a deux jours tu as ramassé un serpent à mains nues ?, lui rappela Nori, les bras croisés près du tas de vaisselle. Et là tu as peur d'une pauvre petite araignée ?
-Elle n'était pas petite ! Tu as vu la taille de son corps ? Et ses poils ? Et ses grandes pattes toutes... Eurk... Répondit Ellie alors que les poils de ses bras se dressaient en se rappelant de la bête. »
Nori pouffa et lui prit les épaules, une expression partagée entre la vénération et le désespoir plaquée sur son visage.
« -Je te félicite. En à peine deux jours tu as suscité l'admiration et la déception chez presque tous les nains de la compagnie.
- … Merci Nori. Vraiment. Ça m'aide à me sentir mieux, lui répondit-t-elle en se dégageant de son emprise. »
Le nain lui mit une grande claque derrière l'épaule avant de repartir au campement rapidement : c'était à son tour de monter la garde. Il y en aurait énormément besoin d'ailleurs : le cri d'Ellie et le bruit des casseroles avaient sûrement dû attirer plus de la moitié des monstres de la Terre du Milieu.
Dépitée, la naine retourna à sa corvée. Elle avait de nouveau tout foutu en l'air. Le pire, c'est que Nori avait raison : elle pouvait toucher serpents, rongeurs, insectes sans problème : mais les araignées c'était impossible pour elle. Elle avait pourtant tout essayé pour se guérir de sa phobie : en prendre une morte dans sa main, demander potions et remèdes à Radagast, s'imaginer caresser une licorne à la place... Mais rien n'y faisait, dès qu'elle voyait une de ces sales bestioles son corps et son esprit devenaient incontrôlables et elle perdait les pédales.
« -ça va être marrant quand on sera à Mirkwood... », elle frissonna de dégoût en repensant aux vagues souvenirs qu'elle avait du passage dans la sombre forêt. « Comment je vais faire ? », se demanda-t-elle, complètement désespérée.
Elle n'eut cependant pas le temps de réfléchir à autre chose que Nori revenait déjà, lui annonçant que Thorïn leur faisait lever le camp : après le vacarme qu'elle avait provoqué, il lui semblait plus sûr de bouger.
« -Génial, maintenant tout le monde va me détester parce qu'on va pas dormir à cause de moi. »
En effet, une fois que tout fût remballé et la compagnie partie, pas un mot ne fût échangé. La pleine lune éclairait assez leur chemin pour qu'ils puissent se déplacer sans risquer de tomber, et c'est ainsi qu'ils marchèrent durant plusieurs heures, dans le silence le plus complet et sous une lueur lugubre. Une fois qu'ils furent assez éloignés de leur ancien bivouac, Thorïn (d'une humeur plus que massacrante) les fit s'arrêter, et ils purent enfin s'installer pour dormir.
Alors qu'elle installait sa couverture entre celles de Nori et Bifur, Dori et Balïn passèrent derrière la naine et elle pût nettement entendre quelques mots de leur conversation :
« -Je ne sais pas pourquoi Thorïn la garde, rageait Dori, en plus elle n'est même pas jolie. »
Ellie n'écouta pas vraiment le reste qui se perdit dans la nuit alors que les deux nains s'éloignaient. Elle s'allongea sous sa couverture et tenta de s'endormir mais les mots prononcés par Dori tournaient en boucle dans sa tête.
Il était vrai que du point de vue des nains, elle n'était pas un canon de beauté... Ses cheveux blonds et quelque peu ternes dû à ses nombreux voyages et heures passées aux soleil semblaient peu soignés. Sa barbe n'était pas vraiment fournie et la façon dont elle était taillée ne respectait pas les standards naniques : ses pattes longues et tressées étaient fermées par de petits bijoux sans valeurs, et son collier se divisait en quatre petites nattes avant de se rejoindre pour former un petit bouc pas vraiment garni... S'il n'y avait que ça encore, ça irait, mais son nez étaient trop petit et pointu, ses lèvres trop minces, son menton trop relevé et son front trop grand. Seuls ses yeux paraissaient normaux comparés aux reste. Pour ce qui était de son corps à part sa petite taille d'un mètre trente-neuf, rien ne remplissait les critères pour faire d'elle une belle naine : elle était bien trop maigre. Pour des humains ou des elfes elle pourrait presque être jolie. Pour ce qui était des nains, il n'y avait définitivement "pas assez de viande".
Pour conclure, elle était un mélange de trois races : humain pour son visage, elfe pour son corps -notamment pour l'absence presque TOTALE de poitrine- et nain pour sa barbe. Pourtant, elle ne convenait à aucune de ces races.
Un mouvement contre son bras attira son attention et elle se retourna : Nori lui souriait doucement.
« -N'écoutes pas ces imbéciles, je te trouve très belle », murmura-t-il en lui lançant un clin d'œil.
La gorge serrée, Ellie ne pût lui répondre et tenta de lui lancer un maigre sourire.
« -Alala, soupira Nori en la fixant, si on étaient tombés amoureux l'un de l'autre tout aurait été plus simple n'est-ce-pas ? »
La naine acquiesça, soulagée en son fort intérieur que son ami n'éprouve pas de sentiments pour elle. Malgré son auto-interdiction de s'attacher à des personnes qu'elle allait -de toute façon- voir mourir, le nain voleur avait su gagner son amitié. Cela faisait des années qu'elle ne s'était pas attachée à quelqu'un et savoir que même dans les pires moments elle ne serait pas seule lui faisait un bien fou. En peu de temps, Nori était devenu bien plus indispensable qu'elle n'aurait pût l'imaginer...
Les larmes lui montèrent aux yeux, l'accumulation de toutes les catastrophes passées commençaient sérieusement à lui peser. Voyant son désarroi, Nori ouvrit ses bras et Ellie se blottit contre lui, pleurant silencieusement.
Elle mit plusieurs minutes pour se calmer, mais alors que les larmes avaient arrêté de couler, elle ne bougea pas et resta contre son ami.
« -Tu sais, commença-t-il en chuchotant, si un jour tu te sens trop seule je peux toujours te réconforter. Comme deux adultes consentants peuvent le faire.
-T'es vraiment un imbécile des fois, rigola la naine en lui donnant un léger coup dans le ventre.
-D'ailleurs ça me fait penser, tu as quel âge en fait ?
-Dites donc monsieur le nain voleur, ça ne se fait pas de demander son âge à une dame, lui répondit Ellie en éludant sa question.
-T'es pas une dame, t'as vu comment t'as frappé Dwalïn ? Nan nan, toi t'es une... Ellie.
-Hey ! »
Les deux amis continuèrent à se taquiner avant de s'endormir pour quelques heures, l'aube n'étant pas très loin.
La journée qui suivit fût très longue pour tout le monde : en plus d'une ambiance quelque peu tendue, le ciel se chargea de nuages noirs annonciateurs de tempête. En plein milieu de l'après-midi, quelques gouttes commencèrent à tomber puis ce fût le déluge. La compagnie ne voyait pas à un mètre devant elle : le vent et la pluie sifflaient à leur visage, leur faisant plisser les yeux et baisser la tête. Thorïn refusait de s'arrêter, arguant qu'ils avaient déjà perdu bien trop de temps. Ils continuèrent donc durant quelques heures, marchant à petits pas prudents et le dos courbé.
Le chemin devant eux se rétrécit soudainement : ils avaient atteint le flanc de la montagne et devaient la longer pour atteindre l'autre côté. Concentrée sur où elle marchait et sur sa peur du vide, Ellie ne reconnut le lieu où ils étaient que lorsqu'un éclair jaillit dans le ciel, suivit d'un fracas assourdissant : la montagne des gobelins. Durant toute sa vie elle avait évité cet endroit, angoissant d'avance pour le jour où elle y serait, c'est à dire maintenant. Du bout de file où elle se trouvait, juste derrière son très cher et adoré Balïn, et devant Dwalïn et Nori , Ellie aperçut Bilbo manquant de glisser mais rapidement retenu par Bofur et Gloïn.
« -Oh... Non..., se crispa Ellie en se rappelant de la suite. »
Un fracas assourdissant retentit au dessus de leur tête alors que des rochers se détachaient du flanc de la montagne pour s'écraser des mètres et des mètres plus bas. La naine se colla contre la pierre, tremblant de tout ses membres.
« -Ce n'est pas un orage, c'est un duel de rage ! Hurla Balïn en pointant du doigt une forme immense devant eux. »
Ellie ferma les yeux lorsque le rocher balancé par le géant de pierre vint dans leur direction. Un petit bruit tout proche l'obligea à les rouvrir, et c'est avec effroi qu'elle découvrit que le petit chemin se raccourcissait dangereusement. Heureusement pour le vertige de la naine, il faisait bien trop noir pour apercevoir le contre-bas. Cependant, elle n'eut pas le loisir de penser plus longtemps : la montagne elle-même semblait se déplacer. Ellie leva les yeux et vit qu'ils étaient sur ce qui semblait être les jambes d'un géant de pierre. Se doutant de la suite, elle s'agrippa fortement à ce qui lui passait sous la main, en l'occurrence la ceinture de Dwalïn. Un fossé se créa alors entre les deux jambes du géant, séparant le groupe en deux : d'un côté Thorïn, Oïn, Bifur, Ori, Dori et Kili, et de l'autre Fili, Gloïn, Bilbo, Bofur, Bombur, Balïn, elle-même, Dwalïn et Nori.
Le cœur au bord des lèvres et une sensation de chute ancrée dans sa tête, Ellie subit la suite : leur géant de pierre se fit littéralement décapiter par les autres et -alors que le petit groupe avait miraculeusement réussit à sauter sur un bout de VRAIE montagne- emporta le groupe d'Ellie dans le vide, avant de soudainement retomber contre la montagne. Comme au ralenti, et bien que connaissant la suite, Ellie se vit écraser comme une pastèque contre la pierre. Heureusement, ils atterrirent tous tant bien que mal en un tas informe -mais en vie- sur une petite plate-forme.
Allongée sur le dos et heureuse d'être encore vivante, Ellie soupira en se rappelant du pauvre petit Bilbo suspendu dans le vide, sauvé in extremis par Thorïn, lui-même sauvé par Dwalïn.
« -Non mais c'est pas... Bombur retire ton pied de mes côtes !, grommela vivement Dwalïn en tentant de se redresser. »
Le vide se fit dans le cœur et dans la tête de la naine. Ses yeux grands ouverts restaient figés sur la silhouette de l'imposant guerrier, cloué au sol.
Si Dwalïn était coincé ici, qui allait sauver Thorïn ?
Sans plus réfléchir à quoi que ce soit, Ellie se mit sur ses pieds et vit, comme dans un rêve, le hobbit suspendu au dessus du vide. Immédiatement, le chef de la compagnie se précipita afin d'aider Ori et Bofur à remonter le hobbit. Dans un élan de courage ou de folie, il s'élança dans le vide en se raccrochant à la paroi d'une seule main, et de l'autre il balança Bilbo dans les bras des deux autres nains qui réceptionnèrent le pauvre cambrioleur, complètement terrorisé.
« -THORÏN ! »
Le hurlement strident d'Ellie résonna dans la montagne, surprenant toute la compagnie. Tous les regards convergèrent alors vers leur leader, toujours accroché au bord de la montagne. Les yeux bleus acier, grands ouverts dans un étonnement presque comique, croisèrent le regard emplit de peur de la naine et, sans que personne ne comprenne ce qu'il se passait, la main royale se décrocha du bord, entraînant le corps de Thorïn dans le vide. Les cri de Fili, Kili et des autres membres de la compagnie, ainsi que les mains qui tentèrent de rattraper désespérément le Roi ne changèrent rien : Thorïn venait de tomber et -Ellie le savait- la chute était sans nul doute mortelle.
Bonsoir bonsoiiiiir =D.
J'espère que ce chapitre vous a plut (et que vous n'aurez pas des envies de meurtres), j'ai eu un peu de mal à l'écrire x).
Sinon, un immense merci à toutes, vraiment, les reviews m'ont regonflées à bloc, c'est ça qui m'aide à avancer.
Petite M au grand nez, un million de merci à toi... Ton humour de merde m'a bien manqué, et sans toi c'était pas pareil =). Merci pour ta relecture et tout le tralala, je ne risque pas de partir en vrille avec toi. Bien évidemment, tu es pardonnée, tu l'as toujours été d'abord =p.
Merci aussi à Astu pour sa relecture et ses idées farfelues x).
Et comme je le dis jamais assez: MERCI pour les reviews, vraiment vraiment merci. =)
Je vous dis à la semaine prochaine (si tout va bien, et c'est mal partit aha), bisouuuuuuus!
