On vous évitera une fois de plus le laïus sur le j'avais-plein-de-trucs-à-faire, j'étais-pas-là-partie-très-loin ou encore j'avais-pas-d'inspi…
Certains d'entre vous m'ont demandé quand Super-Lily ferait son retour. Et bien, la pauvre n'est pour l'instant pas très opérationnelle. En même temps, avec ce qui lui arrive… Mais il se pourrait bien qu'elle reprenne du service d'ici quelques chapitres !
Remerciements : A tous les lecteurs qui s'expriment ou restent anonymes. Continuez de me soutenir, ça fait toujours plaisir (j'espère que je n'ai oublié personne, sinon faites-le moi savoir). Et un grand merci à mon beta-reader (j'ai nommé Beru ou bloub). C'est vrai qu'en ce moment, ça ne sera pas du luxe de relire mes chapitres. Alors, on le remercie encore bien fort.
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Titre de la trilogie : Le requiem de l'espoir.
Titre du troisième volet : Le réveil des légendes.
Auteur : Elizabeth.
Spoilers : les QUATRE premiers tomes seulement.
Disclamer : Tout ce que vous allez lire ne m'appartient pas (sauf peut-être l'histoire, ce qui n'est que peu de choses). Ayant décidé d'écrire sur le monde d'Harry Potter, je tiens à préciser qu'il appartient à l'écrivain J.K Rowlling. Je ne touche donc aucun droit d'auteur et le travail que je fournis n'est pas dans un but lucratif.
Avertissement : PG-13 / T (pas pour le chapitre en lui-même mais pour les idées développées dans l'histoire, les scènes de violences et autres).
Résumé général de la trilogie : 1970. A l'aube d'une des noires périodes de l'histoire, Lily Evans, James Potter et ceux qui les entourent se mêlent de ce qui ne les regarde pas. Cela leur vaudra de rentrer dans l'Histoire en liant leurs pouvoirs et leurs vies.
Résumé du chapitre précédent : Lors d'un cours sur les créatures magiques dans la forêt interdite, James tombe sur le cadavre d'une licorne, apparemment dévorée par une bête féroce. Les tensions entre garçons et filles se font parfois sentir et le capitaine de Gryffondor demande à Lily d'assister au match de Quidditch qui les opposera aux Serpentards, chose que la préfète accepte. Alors que Dumbledore quitte Poudlard pour rejoindre Londres, le match est annulé et tous les élèves sont regroupés dans la grande salle, où ils apprennent qu'un attentat est survenu lors d'un grand match du championnat de Quidditch. Parmi les victimes, un certain John Potter…
Rappel des personnages évoqués dans ce chapitre :
Greylake Owen : Remplaçant de Flitwick qui reste cependant bien mystérieux. Il est peu sympathique et personne ne sait rien de ses intentions alors que d'étranges phénomènes se produisent autour de lui.
Nott Avery : Ancien Serdaigle. Autrefois petit ami de Lily dont elle est sans nouvelles.
Smith Aliénor : Professeur de défense contre les forces du mal. Bien qu'aveugle, elle est très qualifiée mais se laisse facilement déséquilibrer.
Yaltes Roland : Professeur de combat venant de France et tuteur de Line
De Saint-Armand Rose : Gryffondor, 6° année, préfète. D'origine française, se croit supérieure à tous et soutien fortement l'idéologie aristocrate du sang.
Darcey Line : Gryffondor, 7° année. Grand amour de Remus, c'est une fille douée et déterminée. Elle revient à Poudlard en tant qu'apprentie de son tuteur, Roland Yaltes.
Fiske Régis : Serdaigle, 6° année, préfet.
McKinnon Helen : Serdaigle, 7° année, préfète.
Davies Edward : Serdaigle, 7° année. Petit ami de Julia.
Brook Joshua : Poufsouffle, 6° année, préfet en chef. Simple et gentil, il est issu d'une famille moldue.
Funestar Laura : Poufsouffle, 6° année, préfète.
Jordan William : Poufsouffle, 7° année, préfet.
Pucey Lisa : Serpentard, 7° année, préfète. Petite amie d'Evan Rosier à qui elle est promise et dont elle est plutôt le souffre-douleur. Aspirante mangemort.
Rosier Evan : Serpentard, 7° année, préfet. Petit ami de Lisa. Aspirant mangemort Un esprit pervers, retord et vicieux, avide d'imposer son ordre et sa force à tous ceux qui l'entourent. Sa haine envers Lily l'a déjà opposé à la préfète.
Zabini Michael : Serpentard, 7° année. Aspirant mangemort. L'intellectuel qui malgré ses airs calmes et froids suit avec plaisir les idées de ses camarades. Bien plus dangereux qu'on ne pourrait le penser.
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LE REQUIEM DE L'ESPOIR
3 Le réveil des légendes.
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Chapitre 8 : PRELUDE A LA CHUTE.
L'atmosphère du château avait peu à peu repris son calme imperturbable et taciturne, les lourds pleurs versés et le silence pesant des jours qui avaient suivis l'attentat s'étaient estompés à travers l'ardeur que les professeurs attendaient de leurs élèves mais aussi à l'approche de la fête d'Halloween.
Lily redressa ses épaules et fixa les élèves qui se rendaient en bas pour déjeuner. La journée de la jeune fille s'annonçait chargée : les cours s'enfilaient sans qu'elle ne puisse se permettre de regarder paresseusement par la fenêtre les feuilles mortes qui volaient jusqu'aux abords du château. Abandonnant les premières années qui se bousculaient, elle fit marche arrière et pressa le pas à travers la galerie Nord. Les personnages tissés sur les tapisseries papotaient déjà de bon matin mais la jeune fille ignora leur discours sans queue ni tête pour se diriger d'un pas pressé devant une salle de classe.
Sa main se posa d'un geste machinal sur la poignée de porte en laiton mais celle-ci ne réagit pas. Cela ne dérangea pas le moins du monde la jeune fille, qui après avoir jeté un regard inquisiteur derrière elle, fit quelques mouvements entre ses doigts. Un léger courant d'air parcourut ses cheveux. Le filet de vent s'engouffra dans le mécanisme de la porte et celle-ci s'ouvrit. Un sourire illumina le visage encore pâle de la préfète. Il lui arrivait parfois d'user de ses pouvoirs élémentaires pour vérifier si elle était toujours capable de les utiliser.
Lily poussa la porte et s'avança à travers l'allée de pupitres. Il était encore tôt et en progressant jusqu'à sa place, elle effleura du bout des doigts les dessus légèrement cirés des bureaux. Lily savait parfaitement qu'elle avait assez révisé pour l'interrogation qui allait avoir lieu mais préférait jeter encore pendant quelques minutes un coup d'œil à ses notes. Sortant son épais livre, elle le feuilleta jusqu'à retrouver la page où elle avait annoté dans les marges les points qui lui semblaient obscurs. Lily appuya sa tempe dans sa main pour lire plus aisément.
Quelques minutes plus tard, elle entendit un peu de bruit provenant du couloir. La jeune fille redressa la tête et vit la fine silhouette de Line pénétrer dans la classe. La Française avait toujours cet air calme et pensif mais derrière ses grands yeux verts, on sentait une étincelle prête à l'embraser. Contrairement à l'année qu'elle avait passé à Poudlard comme simple élève, Line paraissait maintenant bien plus préoccupée que du temps où elle gardait jalousement le secret de ses parents. La Française disparaissait souvent, à peine sortie des salles de classe. Elle s'absentait dans les moindres instants de la journée et ne retournait que tardivement dans la salle commune de Gryffondor. Lily eut une petite pensée compatissante pour ce pauvre Remus Lupin car bien qu'il fut en apparence concentré sur ses devoirs, la préfète ne doutait pas de son attente lorsqu'elle saisissait les furtifs mais nombreux instants où la tête du jeune homme se retournait pour espionner la silhouette qui passait le portrait de la grosse dame.
« Bonjour Line, comment vas-tu ? »
« Plutôt bien, répondit la jeune fille en secouant ses cheveux qu'elle lissa d'un geste distrait. Tu révises ? »
« Oui, il faut absolument que j'arrive à valider cette matière ce trimestre. »
« Pourquoi ? Tu as toujours été plutôt douée, non ? D'après mes souvenirs… »
« Tu me complimentes trop, Line, répondit Lily en refermant son livre d'un geste sec. »
Les autres étudiants commençaient à pénétrer à leur tour dans la salle et s'installaient furtivement derrière leur pupitre. Lily vit Evan Rosier s'avancer d'un pas agile et rapide vers le fond de la salle, suivi de son habituel escorte. Pourtant, il fit un geste vain de la main et les autres se dispersèrent à l'exception de Zabini qui le suivit, l'air très attentif aux paroles du serpentard.
« Ha, Lily, tu es déjà là ! »
Julia s'avança vers elle, un regard malicieux sur son visage. La cloche retentit pour annoncer le début du cours. La jeune fille extirpa d'un geste maladroit une enveloppe de parchemin de la poche de sa cape et la tendit à la préfète qui s'en saisit après quelques instants d'hésitation.
« C'est pour moi, questionna Lily avec un regard étonné. »
« Absolument. Avec Mary, on était étonnées de ne pas te voir au déjeuner. »
« Je voulais réviser, confessa Lily en baissant les yeux sur l'étrange courrier »
Line prit sa place, à côté de la rouquine, et Julia traversa une allée pour rejoindre sa place. Le professeur Smith monta dans une démarche légère mais hésitante sur l'estrade. Le silence se fit aussitôt. Etrangement, Lily avait constaté que le handicap du professeur lui apportait autant d'inconvénients que d'avantages. Les élèves qui avaient tentés au début de perturber ces cours continuaient à bavarder ou s'envoyer des petits mots enchantés qui voletaient dans la classe. Il paraissait même que les troisièmes années de Poufsouffle avaient fait une vendetta en sa présence. Apparemment, Aliénor Smith cherchait à se donner une image bien plus forte et solide que ce qu'elle était réellement. En prenant soin de l'observer, on pouvait remarquer le léger tremblement qui parcourait le coin de ses lèvres lors d'une remarque indiscrète et narquoise d'un élève ou même ce sentiment d'appréhension qui paraissait la parcourir des pieds à la tête.
Pourtant la jeune femme était toujours élégamment vêtue de longues robes de velours ou de soie brodés, paré de motifs et de voiles. Son bandeau aux reflets argentés s'accordait aux légers motifs qui paraient sa robe bleue marine moirée. Lily se demandait comment la jeune femme parvenait à percevoir les choses qui se déroulaient autour d'elle car contrairement aux moldus aveugles, elle était parfaitement capable de se repérer et de se déplacer.
« Sortez un rouleau de parchemin. Je vous donne immédiatement le sujet de votre composition… »
A ce moment là, on toqua à la porte. Un frémissement parcourut les rangs, nombreux étaient ceux qui espéraient qu'un événement quelconque perturberait le cours et les sauveraient de cette interrogation. Pourtant, après qu'Aliénor Smith a autorisé la personne à entrer, des soupirs déçus se firent entendre.
James Potter apparut en compagnie de Sirius Black, les joues rouges. Il reprit son souffle avant de chercher une quelconque explication pour expliquer son retard.
« Euh… Professeur, veuillez nous excuser, commença Sirius en s'avançant… C'est McGonnagal qui nous a… »
« Le professeur McGonngal, s'il vous plait, déclara le professeur d'un ton sec. Allez vous asseoir, vous viendrez à la fin de l'heure pour une punition. »
La composition fut rude et Lily peina presque à établir son argumentation. Heureusement, elle avait lu avec application des ouvrages à la bibliothèque. Mme Pince, la bibliothécaire avait même eu un regard suspicieux puis agacé en voyant de jours en jours la liste de la préfète en chef qui ne diminuait pas à chaque fois qu'elle la lui tendait.
A la fin du cours, Lily repensa avec excitation à la lettre qu'elle avait reçue. Qui avait bien pu lui écrire ? Elle avait reçu une lettre de ses parents il y avait quelques jours. Elle savait pertinemment que les enveloppes provenant des moldus passait par la poste de Pré-au-Lard et lui parvenaient avec un gros cachet à l'encre rouge qui assez souvent avait bavé.
« Tu ne l'ouvres pas, demanda Mary avec curiosité. »
« Si, si ! Bien sûr. »
Ses mains fines commencèrent à jouer avec le rabat après qu'elle eut remarqué qu'il n'y avait aucune adresse de l'expéditeur. A ce moment là, elle sentit quelque chose de froid dans son dos et un léger dégoût parcourut sa face.
« Excusez-moi, miss Evans ? »
« Oui, c'est moi-même. »
Nick quasi-sans-tête la regardait de son air absent de fantôme. Sa fraise encadrait son cou et il tentait de rester le plus droit possible pour que sa tête ne puisse faire des siennes. Cela lui conférait un air guindé qui lui valut les moqueries de quelques élèves qui passaient.
« Si vous voulez bien me suivre, Miss. Le professeur Greylake voudrait vous voir. »
« Greylake, murmura Mary. »
« Que me veut-il, demanda la préfète en chef. »
« Aucune idée. »
Lily suivit donc le fantôme de gryffondor à contrecœur et rangea d'un air déçu la lettre dans sa sacoche.
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La jeune fille n'avait, depuis le premier jour qu'elle l'avait vu, jamais apprécié le professeur d'enchantements. Dire que jusqu'à l'an passé, cette matière dans laquelle elle excellait était sa favorite. Cela n'avait plus rien de vrai. Elle angoissait avant chaque heure de cours sans savoir ce que Owen Greylake allait bien pouvoir inventer pour les ridiculiser.
Greylake semblait parfaitement à l'aise avec la frange qui lui mangeait le visage mais la préfète se sentait toujours mal à l'aise de ne pouvoir discerner les yeux des personnes qu'elle côtoyait. Mais après tout, elle ne savait pas ce qui était le mieux entre voir le regard du professeur d'enchantements ou pas. Elle avait le souvenir particulièrement cuisant d'être passée au tableau et d'avoir voulu préciser un élément d'un enchantement. Bien mal lui avait pris car l'homme s'était penché vers elle et elle avait entrevu dans ses mèches de cheveux un regard qui lui avait glacé le sang.
Une armure enchantée s'écroula juste à leur passage. Nick quasi-sans-tête n'y fit point attention mais Lily fit un saut de côté pour éviter le tout. Elle ne fut pas assez rapide et le bras de métal vint la frapper à la tête. Elle ragea en se relevant, surtout lorsque Peeves apparut et se railla d'elle avec son air facétieux.
Le fantôme l'abandonna devant une porte et la jeune fille se retrouva donc seule, sans oser frapper quelques coups. Si elle l'avait pu, elle serait repartie en courant, sa besace battant son flanc, pour aller déjeuner mais son statut de préfète en chef ne l'autorisait pas à se dérober ainsi. Après encore quelques hésitations, elle déglutit et baissa la tête alors qu'elle toquait trois coups secs.
Aucune réponse ne lui parvint. Elle s'apprêtait à appuyer sa main sur la clenche quand un toussotement léger retentit derrière elle. Elle sursauta et se retourna pour découvrir Owen Greylake, debout à deux mètres d'elle, les bras croisés.
« Je peux savoir ce que vous faites ici, Miss. »
« Et bien…euh… on m'a dit que vous désiriez me voir. »
« Ho, pas seulement moi, Miss, déclara le professeur avec un sourire en coin. »
Lily pesta de ne parvenir à faire des phrases sans hésiter sur ses mots.
« Que voulez-vous dire ? »
« Allons-y ! Le professeur McGonngal nous attend. »
« Le professeur McGonngal ? Mais… je ne comprends pas… »
L'homme s'avança dans le couloir aux côtés de Lily qui lui avait emboîté le pas. Elle remarqua que l'homme époussetait ses vêtements avant de reprendre une stature raide en marchant. Lily resta dans son silence, se demandant ce que pouvaient lui vouloir deux professeurs. Pourvu qu'il ne se soit rien passé de grave, murmura t'elle.
Parvenue au bureau de la directrice adjointe, elle suivit Greylake qui ne frappa même pas. Lily trouva le professeur McGonnagal assise à son bureau, cette dernière redressa la tête en apercevant l'étrange duo qui venait de franchir le seuil de son bureau pourtant d'habitude si accueillant pour la préfète en chef.
Mais le regard préoccupé de la vieille femme fit douter Lily de ce qu'on attendait d'elle.
« Ha vous voilà, Miss Evans. Et bien, professeur Greylake, c'est vous qui souhaitiez parler à Miss Evans en ma présence… car je ne veux pas vous décevoir mais je doute fort des inquiétudes que vous avez en cette jeune fille. »
Ces quelques paroles mitigées soulagèrent la jeune fille qui était restée debout, le dos tourné vers l'âtre de la cheminée dans laquelle crépitaient quelques bûches.
« Sans vouloir vous inquiéter, Miss Evans, je trouve qu'il serait peut-être nécessaire que vous soyez examinée par un médecin. Je trouve que votre rayonnement magique est quelque peu étrange, si on peut utiliser ce terme. »
Lily ferma les yeux et ses mains déjà tremblantes vinrent se rejoindre sur son ventre. Elle n'avait pas été assez prudente. Combien elle se maudissait de ne pas avoir consacrer plus de tant à voiler son énergie magique comme le lui avait conseillé Pélias Keita l'an passé. Elle ne tenait pas à ce que son secret se disperse et aille de bouches en oreilles pour remonter jusqu'aux autorités du ministère. Elle risquerait alors de sérieux ennuis.
« Peut-être que Miss Evans se trouve un peu fatiguée ces derniers temps, déclara la directrice adjointe en ôtant ses lunettes pour les nettoyer. En plus du travail sérieux dans lequel elle s'applique, elle supporte encore les lourdes responsabilités de préfète en chef, Greylake. »
Ces arguments ne parurent pas satisfaire l'homme qui fit une moue soucieuse avant de finalement s'avouer vaincu au grand soulagement de Lily. McGonnagal l'invita à aller déjeuner et la gryffondor ne se fit pas presser pour s'échapper du bureau et retrouver le calme cérémonieux des couloirs de pierre du château.
Lily jeta un coup d'œil à sa montre et se souvint à cet instant qu'elle avait donné rendez-vous aux autres préfets pour organiser la fête de Noël. Elle se mit aussitôt à courir et mit encore quelques minutes après avant de parvenir à la salle de réunion. Elle ouvrit brutalement la porte sans même reprendre son souffle et découvrit que les autres n'avait pas commencé la réunion. Elle avait pourtant déjà dix minutes de retard mais n'était apparemment pas la seule manquante.
Helen McKinnon vint vers elle et l'invita à s'asseoir.
« J'avais bien dit treize heures, pourtant, non, demanda Lily inquiète vers la jeune fille. »
La préfète de Serdaigle s'assit à ses côtés et acquiesça. Joshua Brooks était assis en bout de table et lisait d'un air distrait un roman moldu que Lily avait dévoré quelques années plus tôt. Il était absorbée dans sa lecture mais la voix de Lily le fit aussitôt sortir de son inattention.
« Ha, bonjour Lily ! Je suis content de te voir… »
« Moi aussi, Joshua. Bien, qui manque t'il ? »
« Heu… on doit être huit. Et bien Funestar et nos amis les serpentards…, répondit Régis Fiske avec ennui »
Lily sortit de son sac une plume et un parchemin sur lequel elle avait rédigé les priorités de la réunion.
« Lupin n'est pas là, demanda Rose de Saint-armand d'un air maussade. »
« Non, il est à l'infirmerie, répondit froidement Lily à la jeune fille. »
La porte s'ouvrit et les deux préfets de Serpentard firent leur apparition. Lily redoutait toujours les réunions car elle savait pertinemment qu'elle allait se retrouver face à Rosier qui ne se privait jamais de lancer des sous-entendus grossiers envers le fait qu'elle soit moldue. Elle se devait de garder la tête froide mais ce n'était pas toujours facile.
« Ha, on arrive à temps, on dirait. »
« Non, vous êtes en retard, répondit sèchement Lily. Asseyez-vous qu'on attaque l'ordre du jour… »
Rosier prit place avec à ses côtés Lisa Pucey qui ne disait jamais rien. Lily ne savait pas tellement s'il fallait se méfier de la jeune fille qui sortait avec son acolyte.
« Nous attaquons donc par les projets pour la fête de Noël, enchaîna Joshua d'un air enjoué. Il nous faut tout d'abord décider de … »
Evidement, sur un sujet aussi simple et niais que le choix des décorations, on entra aussitôt en conflit. Si étonnamment, Rosier était resté calme depuis le début de la séance, il n'en était pas de même pour De Saint-Armand qui se disputait avec Laura Funestar qui était finalement arrivée, prétextant une urgence dans les couloirs pour excuser son retard. La préfète de Gryffondor avait lancé l'idée de quelques choses de grandiloquent et comparait les décorations des autres années (qu'elle qualifiait de miteuses) face à celles qui ornaient selon ses dires l'école de Beaux-batons.
Régis Fiske, coincé entre les deux jeunes filles, tentait tant bien que mal, de garder son calme. Enfin, Helen intervint en décrétant qu'on se moquait des potentiels de décorations dont parlait Rose. Celle-ci, outrée, menaça de rendre son poste de préfète. Lily, qui avait laissé les autres débattre, mit fin à la dispute en lançant une interrogation sur le bal. Finalement, au bout d'une demi-heure à supporter les jérémiades de Rose, les tâches furent attribuées.
« Bien, William devra se rendre à Pré-au-Lard pour passer les commandes d'avance. Helen, tu te chargeras des lumières… Vois avec le professeur Flit…C'est vrai, il n'est pas là… »
« Ne t'inquiète pas, Lily, je saurai m'en sortir, déclara la préfète de Serdaigle avec un clin d'œil. »
Pour satisfaire les goûts artistiques de Rose, il lui fut attribué la décoration de la salle de bal alors qu'au grand étonnement de Lily, Evan Rosier s'était porté volontaire pour s'occuper des couloirs.
« Pour la musique, je peux m'arranger avec le groupe des Harpies sanglantes. Je connais leur batteur… »
« Très peu pour moi, la musique de sauvage, lança quelqu'un. »
« Et sinon, tu connais d'autres groupes, demanda Lily. »
« Ben, un de mes cousins joue dans les Magic Wizards, sinon… »
« Et pourquoi pas Eleonore Dezorties… »
« Très peu pour moi… »
Lily sentit qu'elle était fatiguée de la réunion et elle se décida à abréger les discussions qui, de toutes façons, étaient vaines.
« Régis, tu contacteras les magic Wizards. Si on peut avoir un prix par ton cousin, ça serait intéressant. Et tu penses que tu pourrais contacter les citrouilles écrasées, moi, j'aime plutôt bien. »
« Ha, parce que tu t'y connais en musique, Evans, rétorqua Evan Rosier. »
« Je ne vois pas pourquoi, Rosier, répondit Lily, en croisant les bras. »
« Venant de quelqu'un comme toi… »
« C'est vrai qu'à part tes trucs de moldus, tu ne dois pas y connaître grand chose, Evans, non, lança Rose comme pour se venger. »
Lily qui avait déjà la migraine qui tapait à ses tempes respira profondément et offrit à la jeune fille un grand sourire.
« C'est vrai que tu n'as pas tort, Saint-Armand. Je trouve que la musique des sorciers est vraiment pauvre et minable face à celle des moldus. »
« Et bien, personne ne te retient, Evans, rétorqua Rosier depuis sa chaise. Tu n'as qu'à rentrer chez toi… Ca fera moins de boulot à certains pour … »
Etrangement, il ne termina pas as phrase mais de toutes façons, Lily ne l'aurait pas entendue car elle était partie en claquant la porte. Helen McKinnon l'ouvrit aussitôt mais ne vit que le dos de la préfète en chef s'éloigner sans se retourner alors qu'elle criait son prénom.
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Lily décida d'oublier cette mauvaise journée de vendredi et de profiter du week-end qui avait lieu à Pré-au-Lard pour se changer les idées. L'automne l'invitait à se promener parmi les chemins recouverts de feuilles mordorées avec lesquelles le vent jouait. Elle enfila son écharpe aux couleurs vives et partit dans les premiers élèves qui se dépêchaient sur le chemin qui descendaient vers Pré-au-lard. La jeune fille avait déclaré à Mary et Julia vouloir être un peu seule pour réfléchir, même simplement ne plus penser à rien et laisser ses pieds frapper le sol de la semelle lourde de ses bottines.
Julia en profitait pour passer l'après-midi chez Mme Pieddodu en compagnie d'Edward Davies. Quant à Mary, elle avait proposé à Line de l'accompagner et pour une fois, la jeune française ne s'était pas dérobée.
Lily erra donc devant la devanture de Honeyduckes puis fuyant, la foule des élèves de Poudlard, elle préféra partir vers l'Est pour contempler la terrible cabane hurlante. La jeune fille était déjà venue là, c'était même une des premières choses qu'elle avait vue à Pré-au-lard sur la grande insistance de Julia.
Pourtant, la petite maison délabrée derrière la petite colline ne remplissait pas Lily d'effroi comme lorsqu'elle était plus jeune. Le toit aux ardoises assez manquantes se paraît de couleur cuivrée avec le faible rayon de soleil qui s'éclipsait parfois entre les nuages gris. Mais le vent froid vint lui mordre la face, la gryffondor fourra ses mains dans sa veste pour sentir entre ses doigts un papier.
Quelle ne fut pas sa surprise quand elle retrouva la lettre anonyme que Julia lui avait confiée. Lily s'assit sur un rocher moussu proche de la petite barrière pleine de barbelées et s'appliqua à l'ouvrir. Une lettre s'en échappa et elle la saisit avant qu'elle ne s'envole. Les mots qu'elle lut l'étonnèrent.
Bonjour ma Lily,
Je suis si heureux de pouvoir t'écrire à nouveau car je me rappelle ainsi les bons moments que nous avons passés ensemble. Resté sans nouvelles de toi, j'espère que tu accepterais de me retrouver ce week-end à Pré-au-Lard. Rends-toi à la tête de Sanglier sans qu'on te voie.
Je t'embrasse.
AveryEn lisant le nom de l'expéditeur, Lily manqua de tomber à la renverse. Elle, qui avait écrit de nombreuses lettres à son ancien ami et qui s'était étonnée de ne jamais recevoir de réponses, ne s'attendait pas à cette rencontre si surprenante. Elle revit les yeux bleutés d'Avery et ses cheveux noirs qui s'agitaient autour de son visage, son sourire candide, sa main qui s'enroulait de ses épaules…
Aussitôt, elle se leva et s'avança d'un pas vif, impatiente de se rendre au pub indiqué. A ce moment, elle vit les maraudeurs qui revenaient discrètement d'une arrière-ruelle. Lily pensa les éviter mais Remus vint vers elle, accompagné de James Potter. Le préfet de Gryffondor était pâle à faire peur et de profondes cernes mauves descendaient jusqu'aux milieux de ses joues. Lily écarquilla les yeux en le découvrant si mal portant. Pourtant, le jeune homme lui adressa un grand sourire.
« Bonjour Lily. Je voulais savoir si tu pouvais me résumer ce que vous avez décidé lors de la réunion d'hier. »
« Bien sûr. »
La jeune fille s'exécuta et lui demanda de voir les détails avec Laura Funestar, étant donné qu'il ferait équipe avec elle.
« Très bien alors. »
Lily ne put s'empêcher de dévisager à nouveau le visage maladif de Remus avec effroi.
« Tu es sûr que tu vas bien, Remus. Tu as vraiment mauvaise mine, tu sais, déclara t'elle d'un ton anxieux. »
« Ho, ne t'inquiète pas. Dans quelques jours, il n'y paraîtra plus. »
« Et toi, Lily, tu es sûre que tu vas bien, demanda James qui était resté jusqu'à là silencieux, les mains fourrées au plus profond de ses poches. »
Les deux jeunes gens se fixèrent dans un regard inquisiteur l'un envers l'autre.
« Pourquoi demandes-tu ça, Potter ? »
« C'est juste que tu paraisses préoccupée. Et puis… il paraît que ça ne s'est pas très bien passé
hier midi… »
« Tu n'as pas à t'inquiéter pour moi, Potter. Mais si tu veux faire quelque chose, offre plutôt un chocolat chaud à Remus, il en a grand besoin. »
Sur ce, elle abandonna les deux garçons et repartit d'un pas vif et décidé vers le centre de Pré-au-lard. Lily ne s'était jamais rendue à la tête de sanglier et elle eut quelques hésitations avant de pousser la porte d'allure peu engageante qui se dressait devant elle. A l'intérieur, ce n'était pas beaucoup plus accueillant que de l'extérieur. Un comptoir où quelques sorciers de dos, sirotaient des verres crasseux apparut à sa gauche et la jeune fille se faufila dans la salle un peu mal à l'aise. Il n'y avait aucun élève de Poudlard. La jeune fille alla s'asseoir vers la fenêtre composés de culs de bouteilles épais à travers lesquels on ne voyait rien. Cela n'était peut-être pas plus mal, pensa la jeune fille car si l'on avait vu l'intérieur de l'extérieur, le pub n'aurait que peu de clients.
« Hé, dis donc, on consomme si on s'asseoit, la miss ! Et compte pas que je me bouge pour t'apporter ce que tu veux… »
La voix grinçante du barman était accompagnée d'un léger bruit que Lily attribua à la jambe de bois de ce dernier. Alors qu'elle allait se lever, un des buveurs au comptoir leva sa main et dit quelques mots bien sentis au propriétaire. La silhouette encapuchonnée fit volte-face et s'approcha de la table où la jeune fille était assise.
« Bonjour. »
Lily frissonna en reconnaissant la voix grave et suave qu'elle avait souvent entendu au creux de son oreille.
« Bonjour Avery, murmura t'elle. »
Quelques instants plus tard, le barman s'avança en claudiquant, donna un vague coup de chiffon à la table et déposa une tasse fumante devant Lily, ainsi qu'un lourd verre rempli d'un liquide rougeoyant.
Enfin, le jeune homme ôta sa capuche et Lily redécouvrit les traits de celui qu'elle avait aimé. Pourtant, le visage de l'ancien Serdaigle avait quelque peu changé. Ses cheveux étaient coupés bien plus courts et son visage avait gagné en rigidité, sembla t'il à la jeune fille.
« Tu es toujours aussi joli, Lily, déclara le jeune homme avant d'avaler une gorgée de son verre. »
La jeune fille entoura la tasse brûlante de ses petites mains et se sentit un peu rassurée. Tous deux commencèrent à se parler avec un peu plus d'aise et le jeune homme interrogea longuement Lily sur ses études.
« J'envisage de postuler pour devenir enchanteresse, ajouta la jeune fille. »
« Il paraît en effet que tu es doué. »
« Comment sais-tu ça ? »
Un léger gène fit froncer les sourcils à Avery mais il se reprit rapidement.
« Tu as toujours été doué dans cette matière, d'après mes souvenirs, non ? »
« Hum, c'est exact, répondit Lily après avoir bu une petite gorgée du liquide qui aurait du être du thé. Dis, tu n'as jamais reçu les lettres que je t'ai envoyées, Avery ? »
« Quelles lettres ? »
« Je t'ai écrit à chaque vacances, j'espérais qu'on resterait au moins amis… »
La voix de Lily s'orna d'un soupir triste et le garçon posa sa main sur celle de la jeune fille. La gryffondor frémit et regarda pendant quelques instants la main puissante du jeune homme.
« Tu les as envoyées chez mes parents ? »
« Evidement, je n'avais pas d'autre adresse. »
« Il se trouve que je suis en froid avec mes parents…Cela fait deux ans qu'on ne se parle plus. »
Lily tenta de dégager sa main mais l'emprise d'Avery la retint. Elle fixa ses yeux pâles et le trouva toujours aussi séduisant.
« Ca te dérange si je te demande pourquoi ? »
« Différence d'opinion mais je n'aime pas trop en parler. »
Lily s'excusa mais Avery la rassura avec des paroles douces.
« Tu sais, si je t'ai demandé de venir, c'est que j'aimerai te parler de quelque chose qui me tient à cœur… »
A ce moment, une autre silhouette se détacha du bar pour rejoindre le couple mais Avery ne parut pas s'en formaliser, il décala même son tabouret branlant.
« Je te présente quelqu'un qui travaille avec moi, Lily. Voici Laureline. »
Lily découvrit le visage fin d'une femme aux cheveux aubern qui fit un petit sourire crispé.
« Tu vois, je pense que les temps à venir vont être durs, Lily. Laureline et moi travaillons pour que ces changements soient le plus bénéfiques possibles. Et je voudrais que tu puisses en faire partie. »
« Attends, Avery, je ne comprends pas bien ce dont tu parles…Quels sont ces changements… Et en quoi consiste ton travail, Avery ? »
Le jeune homme crispa les mâchoires et resta silencieux. Il tenait toujours dans sa main celle de Lily avec une précaution toute certaine, comme pour ne pas blesser un petit oiseau.
« Tu vois, Lily, en sortant de Poudlard, j'ai rencontré des gens qui m'ont fait comprendre un certain nombre de choses… Et je me suis rendu compte que je tenais toujours à toi… »
« Mais alors, pourquoi n'as-tu pas répondu, Avery, s'exclama Lily presque en pleurs. »
« J'étais occupé par mon travail, tu sais. Et puis, certaines personnes m'ont dit que tu pourrais nous aider dans notre travail. Moi, ça me ferait vraiment plaisir que tu sois à nouveau à mes côtés, Lily. »
La jeune fille resta silencieuse et son autre main sous la table se resserra lentement autour du barreau de son siège. Elle ne comprenait pas ce qu'Avery attendait d'elle, pourquoi toutes ces demandes et cette précipitation. Une vielle horloge grinça dans un coin et six heures retentirent dans un grincement sinistre. Aussitôt, Lily reprit ses esprits et se redressa.
« Désolée, Avery mais je vais devoir retourner à Poudlard. Il ne faut pas que j'arrive en retard. »
« Très bien, Lily. »
Tous deux se levèrent et le jeune homme l'accompagna jusque sur les marches de la porte qu'un courant d'air fit claquer derrière lui. Acculés ainsi dans la minable ruelle, Lily serra son manteau sur ses épaules et vit le visage d'Avery se rapprocher du sien. Le jeune homme déposa un léger baiser sur le coin de ses lèvres. Elle frissonna puis s'enfuit en entendant à nouveau le clocher de la place sonner un sixième coup sourd dans le lointain. Avery replaça avec précaution la capuche sur sa tête et pénétra à nouveau dans le pub enfumé.
Lily courrait de toutes ses jambes pour ne pas arriver en retard et elle ne sentait pas ainsi les larmes brûlantes de sel qui coulaient sur ses joues. Totalement perdue dans ses pensées, la jeune fille trébucha sur un pavé et s'étala par terre. Son genoux heurta le rebord du trottoir et son sac atterri devant elle. Une fine pluie commençait à bruiner et Lily vit alors une lourde paire de bottes passer devant elle. On s'accroupit à ses côtés et la personne la releva lentement. La tête lui tournait et en passant sa main dans ses cheveux, Lily sentit quelque chose de chaud et gluant entre ses doigts glacés.
« Et bien, Miss Evans, ne soyez pas si pressée ! »
« Ho, c'est vous, professeur… »
« Vous vous êtes blessée… Attendez, ne bougez pas ! »
« Mais je vais rater la dernière calèche, professeur. »
La pluie se durcit quelques peu et alors qu'elle se relevait, sa jambe gauche cédait sous son poids. Roland Yaltes se redressa et l'aida à venir se caler contre son épaule. Les épaisses gouttes de pluie s'abattaient sur son manteau de cuir et il redressa de sa main gauche le col montant de sa veste.
Ils transplanèrent et se retrouvèrent devant les grilles du château, sinistre sous les nuages sombres. Un quart d'heure plus tard, Lily se trouvait dans les appartements de Roland Yaltes. Ce dernier la laissa s'asseoir et revint avec une serviette et quelques compresses pour éponger le sang qui coulait sur son front. Les cheveux de Lily étaient totalement trempés et elle frissonnait. Le professeur se saisit de sa baguette et alluma un feu brillant dans sa haute cheminée de pierre.
« Buvez donc pendant que c'est chaud, Miss. »
« Merci, balbutia Lily en prenant dans ses mains le grog que lui tendait l'homme. »
Quelques longues minutes de silence s'installèrent entre eux deux puis finalement, Lily exposa au professeur qu'elle ferait bien de retourner dans ses quartiers. L'homme acquiesça et l'accompagna jusqu'à la porte.
« Miss Evans, promettez-moi de passer chez Madame Pomfresh qui vous donnera des soins plus appropriés que les miens. Et faites bien attention à vous, on n'est jamais trop prudent, même avec les gens qu'on pense connaître. »
Sur ces paroles obscures, la porte se referma et Lily se dirigea vers un escalier de la tour de Gryffondor. Mais en chemin, elle reconnut le tableau qui représentait un bouquet de coquillages. Elle pensa qu'un bain chaud ne pourrait pas lui faire de mal et l'aidera sûrement à se remettre de ses émotions.
« Marchand de sable, murmura t'elle avant de pénétrer dans la salle de bain des préfets. »
La salle de bain était pourvu d'un carrelage immaculé et la jeune fille fit rapidement couler de l'eau chaude alors qu'elle sentait ses jambes se dérober sous elle. Elle dégrafa avec des doigts gourds sa chemise, fit glisser sa jupe sur le sol et ôta ses sous-vêtements. Son corps endolori glissa dans l'eau presque brûlante qui fut presque un supplice. Après quelques brasses, Lily se laissa porter sur le côté pour arrêter le robinet mais elle y renonça.
La jeune fille n'utilisait que peu cette salle de bains réservée aux préfets. Elle ne comprenait pas vraiment pourquoi ils avaient droit ainsi à de tels privilèges. La tête lui tournait et les paroles d'Avery revenaient toujours à ses oreilles. La voix du jeune homme semblait résonner dans la pièce. Lily avait l'impression que son corps fondait dans l'eau car elle n'en sentit bientôt plus la douleur sourde et lancinante.
Avery avait parlé de changements… En quoi pouvait-elle leur être utile à ces gens là ? … Et pour qui travaillait-il ?
Le jeune homme avait refusé de répondre et Lily repensa au malaise qu'elle avait ressenti quand ces paroles s'étaient mélangées dans son esprit. Une légère crainte l'envahit qui se fit plus persistante. Non, ce n'était pas possible.
Puis tout d'un coup, elle se sentit happée dans l'eau et ne vit que quelques mèches de cheveux encadrant son visage avant que la lumière au-dessus de l'eau ne disparaisse. Elle sombra dans le gouffre noir.
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Toussant et crachant de l'eau, elle revint enfin à elle en frissonnant. La lumière était trop forte pour ses yeux et elle se remit à pleurer entre deux hoquets qui soulevaient sa poitrine. Elle était appuyée contre quelque chose alors que ses jambes traînaient sur le sol. Elle redressa la tête et vit qu'on avait pris soin de la vêtir d'un peignoir. Deux bras passèrent autour de ses épaules et elle recracha un filet d'eau sur le sol.
« Ca va, tu te sens mieux, Lily ? »
Les sons résonnaient étrangement aux oreilles de la jeune fille et elle tourna lentement la tête pour reconnaître le visage soucieux de James Potter. Elle voulut se redresser mais ne parvint même pas à se mettre sur ses genoux. Lily finit par s'écarter de lui en tremblotant. Le maraudeur était à genoux et regardait toujours la jeune fille dont les mèches sombres venaient se coller à sa peau.
« Que s'est-il passé ? »
« Disons que je faisais une petite balade nocturne quand en passant, je me suis aperçu que l'eau débordait dans le couloir. Tu t'es endormi dans ton bain, Lily ? »
« Hum, on va dire que c'est ça ! »
« Bon, je vais te reconduire à tes quartiers. »
« Merci, Potter mais tout va bien. Je vais y aller seule. »
« Tu es sûr, demanda le jeune homme d'un air inquiet. »
« Mais oui… »
Le gryffondor sortit et laissa la jeune fille se revêtir. Lorsque Lily se retrouva dans le couloir, elle ne vit seulement du visage de James Potter que le reflet de ses lunettes. Une gêne s'installa entre eux puis rapidement, la préfète déclara qu'ils feraient mieux de ne pas traîner dans les couloirs à une heure pareille.
En pénétrant dans la grande salle de Gryffondor, ils ne découvrirent à leur grand soulagement que quelques livres abandonnés sur les tables et les cendres encore fumantes de la cheminée. Lily avait un air vraiment misérable : on aurait dit qu'elle venait de plonger dans le lac.
Selon son habitude, la jeune fille aurait du pester contre le garçon mais elle était dans un tel état de choc qu'elle ne voyait plus en James Potter l'indésirable et prétentieux joueur de Quidditch qui se pavanait. Un étrange sentiment naissait en elle, Lily aurait souhaité s'abandonner à la mollesse d'un des gros fauteuils et s'y blottir pour oublier l'affreuse journée qu'elle venait de passer.
James lui souhaita une bonne nuit avant de s'éclipser. Mais comment pourrait-elle encore trouver le sommeil après ce qu'elle avait enfin compris des paroles d'Avery ?
fin du chapitre 8
dimanche 17 septembre 2006
