Me revoilà après de longs mois sans signe de vie ! Merci pour votre soutien ça me fait très plaisir ! J'ai une bonne nouvelle à vous annoncer ! J'ai enfin fini de corriger tous les chapitres de cette fanfiction ! La publication devrait donc se faire très rapidement ! Bonne lecture !
Chapitre VII
Le revoir était un choc pour moi, il avait à la fois tant changé et si peu. Il avait mûri de visage, il semblait être moins torturé et j'en fus soulagée. Il parla beaucoup avec Daphné pendant que je ne disais mot, trop fascinée par lui. Sa voix n'avait plus cette trace de souffrance qui faisait que son ton était quelquefois chevrotant. Je remarquais un nombre incalculable de détails changés le concernant : il n'était plus voûté, il avait enfin de la barbe, ses yeux étaient plus limpides, il avait l'air plus commode au premier abord comparé à notre première rencontre... Je remarquai tous les détails que seul deux amants pouvaient constater. À cette réflexion un frisson me parcourut l'échine et je me promis qu'après le mariage je ne le reverrai plus jamais au risque d'avoir un écart.
J'essayai de reporter mon attention sur leur conversation.
_ Daphné je t'en prie. Déjà que Théo déteste les réceptions ne lui inflige pas en plus toutes les mièvreries qu'on trouve durant ce genre d'événement. Fait simple. Sermonna Drago en essayant de la convaincre.
_ Il s'agit de mon mariage, Drago. Argua la future mariée avec hargne.
_ C'est aussi celui de Théo. Contra le témoin du marié.
_ Astoria qu'en penses-tu ? Me demanda-t-elle en se tournant vers moi.
J'avais horreur de me retrouver entre deux feux. Drago... Non Malefoy avait raison mais je ne voulais pas m'attirer les foudres de Daphné. Cependant, je n'étais pas du genre démagogue avec mes proches et je me targuais d'avoir toujours les pieds sur terre.
_ Daphné... je pense que Mr Malefoy a raison. Théodore préférerait quelque chose de simple et rapide. Il fait déjà l'effort de t'accompagner à toutes les réceptions auxquelles tu veux aller. À toi aussi de faire des concessions... répondis-je mal-à-l'aise, c'était la première fois que je contredisais ma sœur.
Daphné me regarda choquée, sa bouche s'ouvrit même. Puis, elle la referma pour se plonger dans ses pensées. Nous n'intervînmes pas, lui laissant mettre les choses au point dans son esprit.
Pendant ce temps, je pus sentir le regard de Malefoy sur moi : brûlant. Je fus au summum de la gêne, car si ma sœur découvrait ce petit manège elle se poserait des questions et je n'aurais pas le cœur de résister à un de ses impitoyables interrogatoires. Elle était très douée.
Soudain, je vis son petit sourire narquois poindre sur ses lèvres et je me fis violence pour ne pas me lever et l'embrasser fiévreusement. Il avait un tel pouvoir sur moi-même après toutes ses années. Je mis cela sur le coup de l'émotion de le revoir. Le visage de Kyle s'imposa alors dans mon esprit et je détournai les yeux de ses lèvres, révulsée. Je le sentis se renfrogner et se tendre d'avantage, une tension palpable de colère s'éleva dans la pièce ce qui sortit mon aînée de sa léthargie.
Elle nous lança un regard interrogateur et elle soupira discrètement. Elle ne soupçonna rien tout simplement parce qu'elle pensa que je le détestai parce qu'il était un Mangemort. Si seulement elle savait. J'étais en colère contre lui de me faire ressentir autant de sentiment alors que j'avais Kyle mais j'étais surtout en colère contre moi car je me laissais embobiner par lui. Elle coupa court alors à cette tension en revenant au sujet principal.
_ Vous avez raison. Je me suis laissée emporter. Drago pourrais-tu réserver le traiteur habituel, qu'il m'envoie tous ses menus que je choisisse avec Théo lequel sera le mieux. Connais-tu comment je pourrais trouver un orchestre de chambre pour les valses ?
_ Tu deviens plus raisonnable. Je m'occupe de tout cela.
_ Astoria est-ce que tu es libre demain, j'aimerai que tu m'accompagnes pour trouver ma robe de cérémonie.
_ Euh oui... Bien sûr. Répondis-je surprise qu'elle me demande de l'accompagner car elle avait bien plus de goût que moi en matière de vêtements.
Un elfe de maison nous apporta du thé avec des petits gâteaux. Daphné était d'une humeur légère, elle rayonnait, en la voyant ainsi je ne pus m'empêcher de me sentir bien ; j'étais heureuse pour elle.
_ Félicitation Miss Greengrass pour votre diplôme. Déclara Malefoy d'un ton courtois.
Je tressaillis à ces mots et lorsque je relevai la tête vers lui, nos yeux se croisèrent. Mon souffle se coupa à mon insu. Le ton sur lequel ses paroles avaient été prononcées m'avait blessée. Il n'avait jamais fait preuve avec moi d'hypocrisie courtoise, jamais au cottage sur la falaise, il avait toujours été honnête voire même trop, parfois.
Cependant, dans ses iris orages je compris qu'il était sincère. Je sentis une bouffée de fierté m'envahir. Je soutins son regard et lui lançai un regard que je qualifierai d'arrogant. Il haussa un sourcil un instant puis un sourire narquois vint étirer un coin de ses lèvres. Je lui rendis le même et répondis calmement :
_Merci Monsieur Malefoy. Je suis les actualités et j'ai cru comprendre que vous œuvrez pour le bien. Déclarai-je d'un ton détaché.
_ Astoria je t'en prie. Siffla entre ses dents ma sœur en regardant anxieusement la réaction de Drago qu'elle pressent mauvaise.
_ Si vous n'avez plus besoin de moi, je vais me retirer. Continuai-je hautaine mais aussi amusée.
Daphné jeta des regards en biais s'inquiétant de la réaction de son ami. Cependant, il ne dit rien au contraire un sourire insolent fleurit sur ses lèvres fines. Il semblait s'amuser et Daphné le regarda incrédule, il lui semblait qu'elle avait loupé quelque chose, mais contente de ne pas entendre la colère de son ami, elle ne rajouta rien.
Les paroles que j'avais prononcées pouvaient paraître être un manque de respect le plus total envers l'héritier Malefoy aux yeux de n'importe qui. Sauf pour nous. Je lui avais dévoilé à demi-mot que je le surveillais et que pour moi notre promesse était toujours valable. Je compris qu'il avait saisi mon message puisque ses yeux exprimaient une certaine reconnaissance.
Puisque que personne ne s'opposa à mon départ, j'enlaçai rapidement la future mariée et adressa un signe de tête à son invité. Puis, je tournai les talons et quittai le manoir.
Je devais me préparer car ce soir Kyle m'emmenait au restaurant ! Et j'étais impatiente de le retrouver pour lui faire part de mon devoir de témoin. J'omis inconsciemment de parler de Malefoy au dîner, je savais que Kyle serait réticent à en entendre parler, comme tout autre Mangemort et Sang-Purs... Les vieilles rancunes étaient tenaces.
_ Alors mademoiselle, cette robe vous plaît-elle. Je trouve qu'elle vous va à ravir. S'exclama la vendeuse d'un ton caressant.
_ Vous me dites ça à chaque fois et vous vous dites experte ! Claqua Daphné d'un ton las. Cette robe me grossit outrageusement.
J'étais assise depuis près trois heures sur un tabouret de velours particulièrement dur, j'étais épuisée par le ballet incessant des robes de mariés. Le ton des vendeuses et toutes leurs simagrées m'agaçaient particulièrement, mais pas autant qu'à ma sœur, qui les remettait à leur place. C'était le seul divertissement que j'avais trouvé.
L'ancienne Serpentarde était très tatillonne dès qu'il s'agissait de mode et surtout des vêtements qu'elle portait. Elle faisait toujours en sorte d'être la plus élégante, d'être à la pointe de la mode, de lancer un courant, etc... Cette attitude me faisait sourire par sa futilité, mais Daphné montrait ainsi qu'elle était une femme indépendante et surtout elle dévoilait tout l'amour qu'elle portait à son fiancé. En effet, si elle s'habillait aussi bien c'était pour lui plaire, c'était pour qu'il la désire année après année. Elle ne voulait pas lui faire honte, au contraire, elle voulait qu'on leur envie leur bonheur.
Je devais avouer que j'étais parfois jalouse -certaine chose ne change pas- car j'avais l'impression qu'importe que je sois en friches ou élégamment habillé, Kyle semblait ne pas faire la différence. On aurait pu penser qu'ainsi il ne m'aimait que pour ma personnalité, mais je n'étais pas naïve ! C'était frustrant, qu'il ne constate pas les efforts que je déployai pour lui plaire. J'avais parfois l'impression de ressembler à tous ces vieux couples, qui ne cherchaient plus à plaire à l'autre car ils pensaient que leur vie leur était due. Je craignais par-dessus tout que l'ennuie s'installe dans notre couple.
Après quelques essayages, mon aînée trouva enfin la robe qui la mettait en valeur ! En toute sincérité cette robe était faite pour elle. Les futurs mariés avaient décidés de faire un mariage dans la plus pure tradition sorcière. Ainsi Daphnée portait une robe de sorcière blanche droite cintrée au dos nu. Les bretelles délicates en soies blanches étaient nouées dans son cou gracile. Les couturières avaient trouvé un système pour soutenir la modeste poitrine de ma sœur afin de la mettre en valeur par un léger décolleté. Les broderies d'or entrecoupées de perle de nacre représentaient du lierre symbole de l'amour éternel. J'aurai cru qu'elle choisirai une robe bien plus complexe, mais il semblerait que la simplicité fasse ressortir sa beauté et il était certain que Théodore adorerait.
En complément, elle avait choisie des jolis petits escarpins or, discret tout de même et l'éternelle cape de mariage, élément indispensable à tout mariage sorcier qui se respecte. Le col grand de cette cape était relevé derrière la tête et était aussi bordé de fil d'or agrémenté de perle d'huitre. Elle tombait jusqu'à ses pieds et le bas était lui aussi décoré. Les manches longues se terminaient en pointe jusqu'à l'extrémité proximale de son majeur. Daphné rayonnait dans cet ensemble !
Les jours passèrent à une vitesse folle ! Moi qui espérais pouvoir profiter de mes vacances, j'accompagnais ma sœur partout. Elle était surexcitée, donnant des indications à tour de bras, elle faisait en sorte que Théodore n'ait plus grand chose à faire. Elle menait à la baguette les ouvriers qui montaient la tonnelle où aura lieu le repas vespéral, mais aussi le traiteur et ses commis. Elle exigeait le meilleur !
Après tout cet événement sonnait comme le renouveau de la famille Nott. Tapie dans l'ombre depuis la fin de la guerre, les fiancés Nott et Greengrass avaient décidé de regagner leur place dans la société. Ainsi, plus de deux cent convives avaient reçu le faire part de mariage, afin d'assister à l'événement qui partait bien pour être un des plus populaires de l'année avec le mariage de Harry Potter et de Ginevra Weasley. Théodore ne faisait pas cela de bon cœur, cependant il était en partie obligé par son travail d'avocat qui nécessitait de se faire bien voir de la société et surtout des potentiels clients.
C'est pourquoi, ils avaient décidés de faire un mariage dans la plus pure tradition sorcière ! Tous les éléments étaient étudiés pour que ce mariage respecte à la lettre le code de la cérémonie magique. Ils n'étaient nullement attachés aux anciens rites mais ils allaient s'en accommoder afin que leur mariage soit le plus réussis possible !
J'avais l'esprit tellement occupé par l'événement qui n'était pas mon mariage que j'avais totalement occulté de ma mémoire que l'autre témoin n'était autre que le célèbre Drago Malefoy. Si j'y avais songé, je me serais rappelée que les tabloïds ne lui connaissaient aucune conquête et je me serais alors demandée avec une curiosité mal placée qui aurait été l'heureuse élue à son bras.
Le jour du mariage était arrivé bien plus vite que je ne l'aurais cru et avec s'achevait mon unique mois de vacances. J'aidai Daphné à mettre sa robe ainsi que sa cape, je remarquai que bien que rayonnante, elle tremblait parfois. Sûrement le stress de la cérémonie. Elle avait réussi à coiffer ses cheveux en un magnifique chignon banane piqué de perles nacrées. Elle était magnifique.
Afin de respecter la tradition des quatre éléments (1), elle avait emprunté une jarretière bleue à une de ses collègues de travail qui avait fait un heureux mariage. L'élément neuf était bien entendu sa magnifique robe. Et Théodore s'était chargé de l'objet ancien, il lui avait transmis la tiare de sa mère que Daphné accepta avec une certaine émotion. Rien ne manqué ! Pouvait ainsi commencer la cérémonie.
Je descendis pour signaler que la mariée était prête et que la cérémonie pouvait commencer. Théodore après avoir salué avec une chaleur feinte la plus part des convives, les invita à s'installer pour la cérémonie. Le fiancé de ma sœur était superbe dans son costume sorcier trois pièces. A côté de lui se tenait ses deux amis, Blaise Zabini dans une superbe robe vert bouteille et Drago Malefoy dans un habit anthracite.
Ce dernier était d'une beauté à couper le souffle, tellement qu'une fois que je me fus positionnée en face de lui j'arrêtai de respirer, concentrant toute mon énergie à le détailler. Il le remarqua et nous ne nous quittâmes pas du regard une seule fois jusqu'à ce que la future mariée paraisse. Nous nous forçâmes alors à détourner le regard afin de suivre la cérémonie.
Daphné remonta l'allée de parterre fleuris avec grâce et bien que l'étiquette interdise d'afficher aussi ouvertement ses émotions, je vis un sourire éclatant sur les lèvres carmines de ma sœur, elle rayonnait de bonheur et j'en étais émue en mon fort intérieur. Théodore ne se faisait pas plus discret et je croie que ce fut la première fois que je le vis sourire ainsi.
A son passage des exclamations d'admiration et des compliments sur sa beauté, enorgueillirent ma sœur qui gonfla la poitrine afin de faire ressortir ses atouts. Je ne pus m'empêcher d'avoir un petit sourire sarcastique. Ma sœur et sa vanité...
Quand elle arriva aux côtés de son fiancé, elle sera plus fortement entre ses mains son petit bouquet composé de rose thé et d'œillets blancs afin de calmer les tremblements de ses mains. Je ne sus dire s'il s'agissait d'impatience ou de peur. Et la cérémonie put commencer.
Je ne retins pas grand-chose du discours allongé du maître de cérémonie. Les témoins du mariés s'ennuyaient ferme et n'hésitaient pas à l'afficher au contraire de Théodore qui gardait un calme olympien. Tandis que Daphné bouillait littéralement sur place, je crus à plusieurs reprises qu'elle allait tout envoyer en l'air pour se jeter sur son mari qu'elle désire depuis tant d'années. Je risquai un coup d'œil vers les convives qui affichèrent tous un air de profond ennuie. Seule notre mère détonnait dans le paysage. Au lieu d'être éplorée sur l'épaule de son voisin car sa fille se mariait, elle était au contraire étrangement crispée comme si c'était la fin du monde pour elle. J'eus un reniflement de dédain.
Je passai somme toute l'heure et demi, debout sous une chaleur de plomb à regarder en catimini les convives en prenant bien soin de ne jamais croiser le regard de Malefoy. Et enfin, les ancestrales paroles furent prononcées par Daphnée « ubi tu Gaius, ego Gaia » (2) clôturant ainsi la fastidieuse cérémonie.
Je crus un instant qu'un soupire général fut poussé par tous.
Ensuite, les invités s'éparpillèrent dans tout le jardin. Et Théodore avec à son bras sa femme fit le tour de ses collaborateurs et de ses employeurs. Daphné joua à la perfection la jeune épouse instruite mais très docile ce qui plût fortement à ses quadragénaires à la misogynie sans pareil. À plusieurs reprises je la vis serrer les poings face à une remarque déplacée de la part d'un de ces hommes.
De son côté, mère parlait avec les gens de la haute société en feignant d'être heureuse pour sa fille et vantant les mérites de son gendre qu'elle ne connaît que de nom. Je perdis de vu le fameux Drago Malefoy et ses amis, sans doute trouvèrent-ils un endroit un peu plus calme qui leur permettaient de passer une agréable journée.
Quant à moi, je retournai sans plus attendre vers mon compagnon qui a dû trouver cette cérémonie particulièrement étirée et pompeuse.
_ Astoria promet moi que si on se marie, nous n'aurons pas une telle cérémonie à rallonge. C'est une torture ce truc ! J'ai cru que la vielle qui était à côté de moi allait mourir desséchée. Râla-t-il avec un brin d'humour.
_ Je te ferai remarquer que contrairement à toi, moi j'étais debout.
_ Mais tu avais une tonnelle alors que nous étions en plein cagnard ! S'exclama-t-il joueur.
Je rigolai discrètement puis je saisis deux coupes de champagne importé de France sur un plateau volant. Je ne connaissais personne et il était hors de question que je laisse Kyle seul une minute de plus parmi toutes cette horde de Sang-Purs et de sorciers richissimes. Sinon, j'en entendrai parler pendant des heures.
Je profitais qu'il n'y ait pratiquement personne à l'arbre aux rubans, afin de nouer le mien à une des branches du pommier. À l'origine cette tradition permettait aux oracles de prédire l'avenir du couple (3). Aujourd'hui, elle sert à recueillir les vœux de tous les convives. En effet chaque convive noue autour d'une branche d'un arbre, ensorcelé auparavant, un ruban de couleur qui représente les vœux qui sont souhaités aux jeunes mariés.
Ainsi, je nouai un ruban de couleur violette, censé représenter la paix, l'amitié, la tendresse, la méditation et le rêve. Mais il y avait bien d'autre couleur du rouge, du blanc, du noir, de l'orange, du bleu, du vert... Aussi, je vis Blaise Zabini accrocher un ruban rose tandis que Pansy un jaune. J'eus vent que Drago en noua un doré symbole de fécondité, richesse et fortune.
L'après-midi fila à vive allure et il fut temps que nous passions à table. Nous eûmes le privilège de manger à la table des mariés. Visiblement, les jeunes mariés ne s'étaient encombrés aucunement des partenaires de Théodore qui les avaient regroupés en plusieurs tables plus ou moins proche afin qu'ils puissent continuer à parler affaire entre eux. La table ne comptait que les témoins et leur accompagnateur. Même notre mère a été évincée de la table des mariés et était refourguée à une table qui regroupait des grandes dames décaties comme elle. Je fus sûre qu'elles allaient se donner à cœur joie de critiquer tout et n'importe quoi.
Ainsi, je me retrouvai à cette table. Blaise me gratifia d'un sourire engageant et sa compagne Pansy d'un plus réservé. Laquelle, ma sœur faisait un effort flagrant afin de l'ignorer à son maximum. Et enfin Drago, que je devinais grâce au timbre de sa voix car je fis un effort incommensurable afin de ne pas croiser le moindre centimètre carré de sa peau. De plus, je remarquai le regard noir que lui lançait Kyle en permanence et il était proscrit d'office qu'il me fasse une scène à ce mariage où j'en mourrai de honte.
Cependant, les Serpentards ne sont pas dans cette maison pour rien. Ainsi remarquant le petit jeu de regard posé sur lui, Malefoy s'enquit de la santé de mon compagnon.
_ Est-ce que tout va bien Mr McCarthy ? Vous m'avez l'air un peu crispé. Ne seriez-vous pas constipé par hasard.
_ Je croie plutôt qu'il nous fait une indigestion de Sang-Pur ! Ricane Blaise Zabini. Attention celui auquel tu t'attaques va certainement te rester en travers de l'estomac, il est particulièrement indigeste.
Kyle rougit furieusement, je ne sais dire si c'est de honte ou de frustrations. Mais, je me refusai obstinément de répliquer car cela signifierai l'affronter du regard et je n'étais pas sûr d'avoir tous mes moyens en ma possession.
Toutefois, je sentis le bout d'une chaussure parfaitement cirée contre ma cheville puis courir le long de mon mollet. Je sursautai et furieuse je plantai mon regard charbonneux dans ses yeux anthracites. J'avais le visage déformé par une contenance prête à exploser alors qu'il arborait son petit sourire en coins, le menton posé dans sa main, dans une position désinvolte particulièrement horripilante. Je venais de retrouver le petit con arrogant de ses jeunes années.
Pourtant, je ne ressentis pas de dégoût. Même si sur le coup, son geste ne me plût aucunement. Avec le recul, j'analysai son geste comme un caprice de petit garçon qui cherchait par tous les moyens d'attirer l'attention sur lui. Et cette fois ci, il cherchait une attention particulière : la mienne.
J'en fus touchée mais aussi je craignis cette réaction qui me secouai, je comptai encore pour lui et mon cœur battait à tout rompre rien qu'à cette pensée. Non j'étais sûre de n'être plus amoureuse de lui, mais je devais avouer que cette nostalgie qui m'envahissait me faisait un peu peur.
Soudain, juste après le dessert, Théodore fit signe au chef d'orchestre et celui-ci se mit à jouer une valse pour les jeunes mariés. Il s'inclina en face de Daphné et l'invita à ouvrir le bal. Elle sourit ravie et accepta avec une joie qui fit chaud au cœur la valse entraînante.
Pendant, une musique entière, ils dansèrent seuls, au milieu des invités qui étaient maintenant debout. Théodore était un excellent cavalier et Daphné éclipsait grâce à sa robe toutes les autres femmes présentes. Moi y compris et pour une fois, je ne fus pas jalouse de ma sœur. Ce moment de splendeur, elle le méritait amplement.
Je constatais par ailleurs, qu'ils étaient heureux ! Particulièrement heureux ! Ils dansaient même un peu trop proche par rapport à la bienséance. Les vielles pies aigries firent des remarques et les jeunes filles de bonne famille poussaient des soupirs mi-attendris mi-envieux. Enfin un couple de Sang-Pur qui se mariait par amour ! Il semblerait que parmi tous les Sang-Purs qui assistaient au mariage tous sans exceptions avaient regagné l'espoir dans leur for intérieur. L'amour existait sur terre même chez la noblesse !
Leur danse finit, se fut à notre tour d'entrer, les témoins et les parents encore une tradition. Théodore dû alors danser avec notre mère qui lorsqu'il la toucha pour la première fois fut prise d'un haut le cœur visible ; navrant. Daphné dansa avec Blaise puisque le père de Théodore était toujours à Azkaban. Daphné était allée le voir une fois, quand ils étaient allés lui annoncer leur mariage et elle en était ressortie bouleversée et n'avait plus jamais souhaité le revoir.
De mon côté, je saisis avec une nervosité certaine la main que me tendit Drago. Face à ma fraction de seconde d'hésitation, son sourire narquois disparu instantanément pour laisser place à une mine renfermée. J'eus le cœur serré et saisis sa main avec aplomb. Il fallait que je me ressaisisse Il m'entraîna sur la piste de danse sous le regard noir de Kyle.
Nous dansâmes d'une façon très protocolaire sans laisser transparaître la moindre émotion. Mais au bout d'un moment malgré nos corps tendus comme des cordes de violons, nous nous étions mis à parler :
_ Je ne suis pas sûr que ton cavalier apprécie particulièrement que nous dansions ensembles. Souleva-t-il en m'adressant un sourire narquois
_ N'en profite pas ! Le sermonnai-je le regard sévère
_Détend toi, c'est un mariage.
_ Facile à dire, quand on sait que c'est seulement la deuxième fois que nous parlions depuis... je ne sais même pas comment le nommer. Fuite, lâcheté, abandon... énumérai-je sarcastique
_Je t'ai déjà tout expliqué... soupira-t-il
_ Dans une lettre ! Contrai-je
_ Tu l'as si mal pris.
Notre discussion commençait à monter d'un ton et nous ne prîmes pas compte que la musique avaient changée et que d'autres couples avaient rejoint la piste de danse. Nous étions même arrêtés de danser pour aller nous isoler dans un coin, à l'abri des oreilles indiscrètes.
_Ça t'étonne donc tant que ça. Se faire larguer par une lettre c'est déjà pas terrible, mais ce n'est pas ça le pire ! Ce matin-là je me suis réveillée seule alors que je t'avais fait part de mes sentiments! Et malgré ce que tu as écrit dans cette foutue lettre, je me sentais coupable de ton départ !
_ Astoria, je...
Soudain, notre conversation fut arrêtée par un cri indigné que je reconnus comme celui de ma mère.
_ Jamais ! Vous m'entendez jamais je ne vous donnerai ma fille ! Hurla-t-elle dans tous ses états.
_ Je vous en prie soyez raisonnable, nous n'avons pas le choix. Dit une voix posée
J'accourus à ses côtés pour connaître la source de sa crise de nerfs. Lorsque j'arrivai à ses côtés, je trouvai en face d'elle, une femme élancée dont les cheveux blonds tiraient vers le blanc. Je mis un certain temps avant de la reconnaître, mais je n'eus aucun doute quand Drago prit le bras de cette femme pour l'emmener plus loin.
Mon cœur s'arrêta de battre un instant, c'était la grande dame. Celle de mon enfance ! Celle à qui je devais par-dessus tout plaire. Celle à qui on m'avait vendu...
J'eus du mal à avaler ma salive et quand je me tournai vers ma mère, celle-ci semblait sur le point de jeter un sort impardonnable afin de calmer la tempête qui grondait en elle. Je n'avais jamais vu notre mère dans une telle fureur, son visage était rouge, ses joues gonflaient, son front perlé de sueur et tout son corps tremblait de rage difficilement contenue. Elle ressemblait à un volcan qui s'apprêtait à entrer en éruption.
D'un regard, vers ma sœur, je compris qu'elle pensait de même. Je m'empressai alors de l'emmener dans une pièce à part. J'eus juste le temps de verrouiller la porte et de lancer un sort d'insonorisation sur la salle que ma mère explosa. Elle vomit alors des paroles incompréhensibles à un débit fol. Ses yeux étaient noirs de colère. Elle faisait les cent pas d'un rythme rapide. Elle semblait se convaincre elle-même qu'elle faisait le bon choix. Par intermittence, elle jurait contre la famille Malefoy, ces Mangemorts ! Plus incroyable encore, elle pestait contre son défunt mari, celui qu'elle pleurait jour et nuit !
Je ne compris pas tout de suite toute l'étendue de la discussion qui venait d'avoir lieux entre les deux mères et je ne savais même pas qu'elle me concernait de très près.
Une fois qu'elle fut plus ou moins calmée, elle sembla enfin remarquer ma présence. Elle fonça sur moi en quelques enjambées et se planta devant moi.
_ Qu'est-ce que tu fiches ici petite fille ingrate ! Sort d'ici ! Tout de suite ! Aboya-t-elle avec véhémence.
J'écarquillai les yeux de surprise et c'était profondément blessée que je sortis de la pièce sans un regard en arrière.
J'avais des idées plein la tête qui tourbillonnaient sans pouvoir réussir à s'assembler dans le bon ordre. Alors quand je vis Kyle qui venait vers moi avec son air jaloux qu'il arborait maintenant, je crus que j'allais à mon tour piquer une crise de nerf. Mais quand je vis tout autour de moi le nombre de personnes qui à leur tête exprimaient un grand intérêt pour savoir la cause de la confrontation entre Mrs Malefoy et Mrs Greengrass, je me tins droite comme un balais et je fermai mon esprit et contrôlai mes émotions. Rien ne devait m'atteindre.
Kyle ne comprit rien à la situation et il me fit la scène de jalousie du siècle, nous exposant à toutes les personnes en manques de ragots. Je ne sus comment je restais aussi insensible extérieurement alors qu'à l'intérieur je bouillonnais. Même quand je lui sifflais entre mes dents de se taire, il prenait un malin plaisir à en rajouter une couche. Plus personne ne parlait hormis lui, tous les regards étaient tournés vers nous. Je croisai le regard de ma sœur dont j'implorai le pardon. Je venais de ruiner son mariage, jamais de toute ma vie je n'eus aussi honte !
Ce ne fut que grâce à l'intervention de Blaise et de Pansy que l'attention se détourna de nous. Blaise avait agrippé l'épaule de mon concubin en prétextant jouer à une partie de Magicpoker. En sentant la poigne puissante s'abattre sur son épaule et ne voulant pas se faire démettre une épaule, Kyle devint muet et se laissa entraîner par l'ami des mariés. De son côté, Pansy engagea la conversation avec moi, comme si de rien n'était, elle fit même semblant que je lui donnais des réponses et s'exclamait suffisamment fort pour que toutes les personnes dans les environs comprennent que le scandale était passé et reprennent leur activité n'ayant plus rien de croustillant à se mettre sur leur langue de vipère.
Une fois qu'elle fut sûre que personne ne nous écoutaient, elle me parla normalement et je lui en fus reconnaissante de ne pas me parler de ce qu'il venait de se passer. Cependant, malgré tous ses efforts pour me vider la tête, j'avais encore un bourdonnement désagréable au niveau des oreilles et surtout un mal de crâne poignant. J'avais l'irrésistible envie d'aller m'enterrer à l'autre bout du monde. J'avais besoin de m'isoler et de laisser échapper toute ma frustration.
Pourquoi ne pourrais-je pas vivre dans mes deux mondes à la fois ! Celui de la noblesse et celui du commun des mortels ! J'en voulais à Kyle de ne pas plus essayer de me comprendre sur ce point. J'étais à la fois haineuse et triste. J'avais l'impression qu'il fallait que j'opère un choix cornélien. Abandonné ma famille que j'avais retrouvé ou abandonné la vie qui m'avais accueilli quand j'avais renié mes origines. Aujourd'hui je mesurai pleinement les conséquences de la voie que j'avais choisie des années auparavant. Moi qui avais pensé faire le meilleur choix pour moi à l'époque, les conséquences qui apparaissaient maintenant me déchiraient profondément. Être libre et appartenir à la noblesse m'étaient impossible.
Soudain, Pansy arbora un sourire qui me sortit de mes réflexions puis j'entendis la voix chaude de Blaise :
_ J'ai convaincu ce cher McCarthy de rentrer chez lui.
_ Merci... murmurai-je déconnectée de la réalité.
_ J'ai parlé à Daphné et à Théo. Ils s'inquiètent de ton état moral.
_ Ah. Lâchai-je platement. Je suis profondément désolée d'avoir gâché leur mariage.
_ Ils ne t'en veulent pas. Ils sont juste inquiets pour toi.
Je poussais un profond soupire de dépit. J'étais fatiguée par cette ambiance, ces faux semblants, j'avais besoin de me reposer. J'avais toujours ce mal de tête qui m'empêchait de me concentrer correctement.
De plus, savoir que ma sœur et Théodore s'inquiétaient pour moi, ne me permettait pas d'aller mieux. Au contraire, je me dégoûtais plus encore. Ce devait être le plus beau jour de leur vie et je venais de le gâcher royalement ! Je ne méritais pas en plus qu'ils s'inquiètent pour moi ! Je voulais disparaître de la surface de la terre pendant un instant. Le temps que je fasse le point sur ce que je voulais réellement et trouver une solution pour essayer de concilier mes deux mondes. Du moins ce que je pouvais.
_ Je vais aller me reposer à côté. Déclarai-je affable. Je suis épuisée.
Les deux amis des mariés me regardèrent avec compassion et j'eus envie de vomir. Je n'étais pas à plaindre, j'allais m'en sortir, comme je l'avais toujours fait ! J'avais bien pris à neuf ans la décision de renier ma famille ! J'avais bien pris la décision de devenir soignante puis accoucheuse ! J'avais bien pris la décision de rester auprès des malades pendant la guerre ! J'avais bien pris la décision de soigner Drago Malefoy ! Toutes ses décisions qui avaient façonné ma vie je les avais toujours prises seule et je ne regrettais rien finalement !
Je détournai les talons et je me dirigeai avec toute la dignité qui me restait vers la bibliothèque, le seul lieu où il n'y aurait personne et où je pourrais réfléchir concrètement à mon avenir !
Sur le chemin qui mène à ce saint lieu de la connaissance, je ne croisais personne. J'en fus soulagée, je n'avais vraiment pas la tête à faire bonne figure. Je poussais les lourdes portes en chêne et tous mes questionnements se dissipèrent. Je ne prêtais plus attention à mon mal de tête, ni à mon envie de m'isoler.
Il était là assis dans un canapé en train de siroter un verre de brandy. Je m'arrêtais stupéfaite de le voir ici. Il releva la tête vers moi et fut tout aussi surpris de me voir. Pendant un long moment, nous restâmes à nous dévisager sans dire mot. Puis, il fut le premier à faire un geste, il se leva et s'approcha de moi. Je retins ma respiration jusqu'à ce qu'il s'arrête à une distance raisonnable. Ses yeux anthracites me transpercèrent, c'était comme s'il cherchait à lire en moi. Alors, plongée dans l'abîme orageux de ses yeux, il parla enfin :
_ Veuillez pardonner à ma mère sa discussion houleuse avec la vôtre, Miss Greengrass. Déclara-t-il sur un ton courtois qui m'horripila.
_ Astoria. Répondis-je au tac au tac.
Un sourire narquois vint fleurir ses lèvres et mon cœur fit un bond dans ma poitrine. J'avais l'irrésistible envie de me blottir contre lui. J'étais bien, je ne pensais à rien d'autre qu'à sa présence. Mais il me fit revenir à la réalité brutalement.
_ Nous avons un problème. Commença-t-il en me fixant droit dans les yeux, puis quand il eut toute mon attention, il poursuivit. Te souviens-tu de cette cérémonie à laquelle nous avons participé quand nous avions respectivement neuf ans pour toi et onze pour moi ?
Je hochais du chef, incapable d'émettre le moindre son.
_ Nous avons participé à une ancienne cérémonie de magie noire. Nous ne pouvons-nous défaire du serment que nous avons prêté. Nous sommes toujours fiancés. Asséna-t-il.
Étrangement, je ne réagis pas comme je l'aurais fait. D'habitude avec mon caractère j'aurais tempêté. Mais là, je ne fis rien. J'étais si lasse de tout ce protocole et surtout je n'avais pas envie de comprendre ce que cela impliquait. Je voulais qu'on me laisse tranquille pour un petit moment, rien qu'un petit moment.
_ Je n'ai pas la tête à ça, Drago. Dis-je en soupirant les yeux délavés.
Il montra des signes d'étonnement. Je pouvais me vanter d'avoir fait sauter le masque d'impassibilité du grand Drago Malefoy. Mais il reprit très vite du poil de la bête, comme on pourrait s'en douter avec lui.
_ Tient ce n'est plus Mr Malefoy, maintenant ? Ricana-t-il en s'amusant.
_ S'il te plaît, je ne suis vraiment pas d'humeur à jouer avec toi. Soupirai-je en le regardant consternée.
_ Et cette humeur aurait-elle à voir avec ta dispute avec Mr McCarthy. Il faut dire qu'elle était mémorable. Je suis certain qu'elle fera les choux gras de la presse à scandale. Et...
_S'il te plaît, assez... le coupais-je la mine lasse.
Il s'arrêta soudain et son visage reprit un sérieux déconcertant. Il avait même l'air inquiet. Il avança d'un pas et je ne résistai pas. Je me jetai dans ses bras qui m'entourèrent instinctivement les épaules. Il resta un instant ébahit puis il me pressa fermement contre lui à m'en étouffer, posant son menton sur le sommet de ma tête tandis que je logeai mon visage dans son cou.
Son odeur corporelle emplit mes narines et me fit sentir de suite en sécurité. Ses bras m'avaient horriblement manqués. Mais pas que cela, ses sourires en coin aussi. Je découvris aussi avec plaisir son timbre de voix parfaitement clair et une posture plus impressionnante, plus sécurisante aussi.
Je savais que c'était mal, que je ne devrais pas faire cela que c'était contraire à l'étiquette et dangereusement tentant. Mais dans l'état actuel des événements, je n'étais pas en mesure de me raisonner.
Alors j'en profitais. Je ne pouvais m'empêcher d'apprécier le contact. Je me promis que c'était la dernière fois que je me laissais aller ainsi, la dernière fois. Mais pour le moment une seule pensée occupée mes esprits :
Drago Malefoy m'avait manqué
Notes :
1 : la tradition des quatre éléments :
quelque chose de bleue
quelque chose d'ancien
quelque chose emprunté
quelque chose de neuf
J'ai choisis de respecter cette tradition uniquement par ce qu'elle est ancré dans les mariages anglophone.
2 : ces paroles latines sont celles prononcées par la mariée romaine dans l'antiquité. Puisque le latin est la langue utilisée par J.K Rowling pour les sorts, je me suis dit que mettre une référence latine était tout à fait plausible.
3 : tradition sortie purement de mon imagination
