CHAPITRE 9

L'atmosphère était aussi épaisse que celle qui règne en pays tropical, l'air pesait une tonne sur chacune des épaules des spectateurs de l'ultime face à face. Tous retenaient leur respiration. On aurait dit le début du film « Il était une fois dans l'Ouest », l'intensité qui y régnait était tout aussi pesante.

- Élisa commença Candy, si tu tires ... ta vie sera fichue ! Je ne sais pourtant pas pourquoi tu me hais à ce point-là. Raisonnes-toi !

Elle lâcha un petit rire sec.

- Tu as peur hein ?

- Élisa ... je n'aurais peut-être pas du naître ... alors mourir ... je sais que ce que je vais te dire ne servira hélas à rien.

- Tu veux savoir pourquoi je te hais ? Elle fixait sa future victime, sa main pourtant s'était mise à trembler, seul le Mexicain – habitué aux armes – le remarqua. Niel lui réfléchissait à toutes les éventualités, dont une de défigurer sa sœur dès qu'il le pourrait mais il parvint à reprendre le contrôle sur sa colère. Il savait depuis qu'il adorait Candy que celle-ci était mauvaise conseillère. Pourquoi je te hais ? Reprit plus fort la fille à la chevelure de feu.

- Oui soupira Candy.

- Tu es ... tu es jalouse de moi parce que j'ai de l'argent, tu voles mes amis ! Ils devraient m'aimer parce que je suis du même monde qu'eux ! Et toi ? Toi à chaque fois ils t'ont trouvé géniale ! Sympathique ! Pas fière (elle grimaça lorsque le mot franchi ses lèvres), ils auraient du MOI me trouver fantastique ! Mais c'est toi qui a attiré leur attention ! Elle me revenait ! Je l'acceptais « Tu parles ! » pensa Niel toujours les poings serrés derrière sa sœur mais qui subrepticement tentait de se rapprocher. Mais maintenant que tu les as tous eu pour toi ... (la colère la rendait rouge brique, confondant son visage avec ses cheveux coiffés à la mode anglaise), même l'Oncle William ... tu prends mon frère ! Tu vas me le payer. L'index d'Élisa exerça alors une pression sur la gâchette. Tout alla alors très vite.

José propulsa Candy hors du trajet supposé de la balle tandis que Niel attaquait sa sœur par derrière. Il parvint à passer son bras sous celui qui tenait l'arme et au moment où elle appuyait sur la détente lui fit dévier son tir ... vers le plafond. Le policier qui avait encore son arme la dégaina et mit en joue la jeune femme.

- Miss Legan je vous préviens que votre avenir est assez sombre, je pense que si vous ne vous reprenez pas il sera tout à fait obscur. Je vous conseille donc de ne pas tenter quoique ce soit. L'autre policier, le plus rond des deux s'approcha alors lui passa les menottes tout en lui récitant les droits.

- Je te hais Candy Neige André ! Je te hais ! De toutes mes forces ! Vous êtes tous avec elle parce qu'elle est belle, fragile ! Je suis la seule à la voir telle qu'elle est ! C'est une menteuse, une voleuse de dot ! Elle n'a rien c'est une moins-que-rien !

Le petit groupe la laissa vociférer encore un moment, c'est-à-dire le temps qu'il fallut aux policiers de la conduire dans la voiture de ramassage des malfrats. José Cortez par son acte héroïque fut laissé libre mais tenu de suivre le petit groupe afin de répondre de sa vie plus que trouble sur le territoire des Etats-Unis. Au bout d'un quart d'heure le calme réinvestit les lieux supposés être au calme, seulement troublés par l'eau du lac.

Niel avait aidé Candy à se relever et la serrait contre lui, le nez enfoui dans ses cheveux. Jamais il ne pourrait remercier Cortez pour cet acte héroïque, il se jura pourtant de tout faire pour l'aider dans ses déboires juridiques.

- Niel je suis désolée, renifla Candy.

- Désolée de quoi ?

- Ta sœur ... elle était à présent toute pâle, le contre coup du choc.

- Je pense que ... je pense que ça fait depuis très longtemps qu'elle est folle. Candy ... elle te haïssait à un tel point qu'elle est devenue folle. Le caramel de ses yeux enveloppa alors d'une douce chaleur son cœur, ramenant la chaleur sur ce visage qu'il adorait tant. Je t'ai longtemps détesté mais ... en fait au fond de moi j'adorais ta façon d'être, je t'ai toujours trouvé ... adorable. Je voulais quelque part, quand je te faisais mes petites mesquineries je dirais ... je voulais que tu me remarques, quelque part je pense que je voulais que tu me vois et que tu te dises « hum ... ce fils Legan est pas mal du tout ! ». Il se mit à rire. J'étais idiot. Le plus sérieusement du monde il replongea en elle, (elle comme collée telle une mouche prise dans du sirop, dans ses yeux ambrés), excuse-moi, lui murmura t-il doucement.

- Niel ... je t'aime tellement. Je ... ce n'est pas à cause de ton argent se dépêchât-elle d'avancer, je t'aime parce que tu as tellement changé ! Elle se mordit la lèvre inférieure et aussitôt la bouche de Niel s'en empara. Un baiser vaut mieux qu'un long discours parfois. Se fût le toussotement discret d'Albert qui y mit fin.

- Bon les jeunes ... désolé de vous interrompre mais je pense que nos fiancés du jour vont s'impatienter !

Niel et Candy éclatèrent d'un rire gêné.

- Où vous étiez ? Demanda Annie avec sur ses talons un Archibald toujours très classe.

- Des petits problèmes d'ordre familiaux à régler fit Niel le plus sérieusement du monde.

- Élisa ? La voix d'Archibald s'était étranglée sur le « A ».

- C'est ça en quelque sorte, soupira Niel.

- Au fait ... où est-elle ? Annie venait de constater son absence par un balayage ultra-rapide et efficace de son radar oculaire.

- Je crains qu'elle ne soit désormais en vacances forcées.

- Tant mieux ! Archibald arborait un magnifique sourire dévoilant une dentition des plus parfaite de toute la famille. Niel pouffa tandis que Candy le fixait les yeux ronds, mais la bonne humeur fut soufflée par un ouragan des plus furieux qui soit dans la poignée de secondes. Madame Legan, son chignon quelque peu défait, le visage rouge se dirigeait vers son fils et Candy. Cette dernière sut alors que sa belle-mère était prête aussi à se laisser engloutir par une vague scélérate au nom de « folie ».

- PETITE PESTE ! Gronda t-elle, les deux serres jaillirent alors et la poussèrent violemment. Candy tomba malgré tous les efforts de Niel pour ralentir sa chute.

- MAMAN !

- TOI TAIS-TOI ! Tout est de sa faute ! TOUT ! Depuis qu'elle est arrivée elle est le centre de la famille ! Ce que je ne comprends pas ! C'est une voleuse et une menteuse et là ... elle vient de m'enlever ma petite fille chérie parce qu'elle nous déteste ! Tu m'as pris mon Niel et maintenant Élisa ! QU'EST-CE QUE TU VEUX ? Je le sais ... enchaîna t-elle alors la voix glaciale, je le sais ... notre fortune ... c'est ça ? Une fille comme toi (une moue dédaigneuse effaça alors la beauté de son visage, beauté qu'elle mettait des heures à fabriquer avec les pommades et autres lotions les plus chères qui soient ... et totalement inefficaces), qui n'a riiiiiiennn, ne peut vouloir que ce qu'ont les autres !

- Mère, intervint alors Niel après avoir aidé Candy à se relever, mère ... ça suffit comme ça ... sa mâchoire se contracta simultanément avec ses poings, ses muscles (Candy les sentaient tendus comme prêts à l'affrontement) devinrent fermes, ses yeux eux étaient à présent inflexibles, il était temps qu'il montre à tous qu'il était celui qu'il fallait pour Candy, même si pour cela il devait affronter le dragon. Une pensée l'effleura tandis qu'il regardait cette femme sanglée dans un corset pour affiner sa taille, (parfaitement mise en valeur cela dit par une robe de prix), son visage duquel apparaissaient quelques rides malgré tous ses efforts pour les dissimuler, et enfin à la naissance de ses cheveux (encore châtains malgré sa cinquantaine passée) quelques rebelles s'étaient parés de blanc, il la chassa. Têtue, la pensée revient cette fois affirmative : Il ne l'avait jamais aimé. Une colère sourde alors naquit en lui, oui, il ne l'avait jamais aimé, mais elle lui avait fait durant longtemps peur ! Oui c'était bel et bien un dragon ! Il la détestait et depuis ces cinq ans il l'avait même avoué à Dorothy (leur domestique) qui l'avait gentiment rabroué en lui disant « qu'il ne fallait pas dire des choses comme ça ! », il avait planté alors son regard chaud dans les siens et avait enfoncé le clou (« -tu peux dire ce que tu veux Dorothy, je hais ma mère, elle est méchante ! J'ai bien vu quand elle t'a traitée d'idiote tout à l'heure ... et mon papa il préfère s'enfermer dans son bureau plutôt que d'être avec elle ... je la déteste ! »). Dorothy l'avait encore consolé et puis ses mauvaises pensées s'étaient évaporées. « Tu touches Candy, mère ou pas je te corrigerais » jaillit en lui une voix inconnue, déterminée et surtout furieuse à son tour.

- Je refuse que tu épouses cette peste, même fut-elle la fille de l'Oncle William ! À partir de ces paroles madame Legan perdit définitivement les pédales. Cet imbécile qui n'a jamais compris le petit jeu de cette mijaurée ! Elle sait qu'elle est mignonne mais c'est un démon ! Voleuse ! Et ...

- Ce n'est pas une voleuse. Niel subrepticement venait de passer devant la prunelle de ses yeux, il était l'archange St-Michel devant le dragon du mal. Ce n'est pas une voleuse Mère.

- Bien sûr que si ! Tu étais même là ! Dans la grange ...

- C'étaient moi et Élisa. Il ricana. Oui mère c'étaient moi et ma chère sœur. Nous savions tous les deux que tu nous traiterais en petit-ange, en enfants modèles. Mesdames et messieurs il est temps que le voile soit levé considérant ma fiancée. Il grimpa alors sur l'estrade désormais vacante, traînant une Candy réfractaire à cette mise en spectacle. Cette jeune femme est innocente de tout ce qu'on a pu dire d'elle. Il savoura quelques instants le silence qui s'était imposé dans l'assemblée. Sa mère était décomposée. Les yeux de Niel, voilés de colère et de rancœur ancienne se surprit à savourer cet instant, cet instant qui allait atomiser la grand'tante Elroy et sa mère. Il empoigna le micro et d'une voix forte commença :

« Mesdames et messieurs, Annie et Archibald je vous prie tout d'abord de bien vouloir m'excuser mais je dois éclaircir certaines zones d'ombres. Silence. Ma fiancée (il se tourna vers une Candy oscillant entre le rouge vermillon et la pâleur une agate) :

« -J'espère que tu veux toujours être ma fiancée ...

- Oui, firent les lèvres de Candy. Niel opina satisfait. »

- Ma fiancé donc ... a une réputation désastreuse mais hélas je dois avouer après tant d'années qu'elle est mensongère. Il se tût laissant à l'assemblée (ressemblant de plus en plus à une infâme limace grouillante de bruits de succion) digérer la première piqure. Oui c'était un mensonge. Le visage de Niel alors dévoila qu'il replongeait dans son passé, un passé fait de duperie et de sournoiserie envers tous ceux et celles qui n'avaient pas la naissance voulue. Il tenait toujours la main d'une Candy tremblante. Il lui lança un rapide regard qui signifiait « Ne t'inquiète surtout pas ! » et reprit son discours. Voyez-vous ... il se racla la gorge, Candy est la énième fillette a avoir été « adoptée » mais pas dans le but de faire partie de la famille, non ... non ... pour nous servir ma sœur et moi-même. Oubliez la charité ... ce mot est inconnu chez ma mère. « Qu'elle souffrance je vois en lui ! » Constata de son côté une Candy de plus en plus abasourdie par le courage dont faisait preuve Niel. Candy doit être la troisième ou la quatrième qui soit arrivée chez nous mais c'est la seule qui a survécu plus d'une journée ! Il y eut des exclamations éparses mais le jeune homme les ignora. Je me rappelle voyez-vous son arrivée. Elle avait un chapeau bleu turquoise, une robe de la même couleur, bien assortis, ses boucles blondes virevoltaient mais son visage était magnifique. Je crois que je l'ai aimé à ce moment-là mais cet amour ... vous vous doutez bien maintenant ... m'était interdit, alors ... je me le suis interdit. Ma sœur et moi avions prévus un accueil spécial à l'inconnue et dès que Candy fut passée sous le balcon nous avons déversé sur elle un seau d'eau glacée. Ce n'était pas la première fois. Les autres gamins avaient prit leurs jambes à leur cou et s'étaient sauvés mais pas toi (sa voix s'étrangla en plongeant ses yeux dans le vert émeraude des siens). Elle a prit son lasso et m'a alors enserré le bras, furieuse. Il y eut quelques applaudissements dans les spectateurs. J'ai alors hurlé « MAMAN ! » et Candy a du prendre alors la première remontrance de toute sa vie. Elle a été humiliée. Niel se mordit la lèvre, mais il s'employait aussi à lutter contre le rouge de la honte. Elle le savait. Il serra alors plus fort sa main, cherchant sans doute à lui prendre de son courage. Candy fut mise d'équerre. Nous commandions et elle en bonne esclave devrait toujours nous obéir, nous aurions toujours raison. Alors le champ désormais libre, ma sœur et moi avons tout fait pour qu'elle prenne la fuite. Il pouffa. Je ne la connaissais pas bien, le mot « abandon » lui est étranger. Alors pour vous la faire courte, nous avons réussi à la faire accuser de vol – ce qui fut très simple, vous vous en doutez ... – et Candy fut envoyée au Mexique. Ce vol déguisé était de notre fait. Nous avons attendu que Candy soit partie donner à boire aux chevaux et pendant ce temps nous avons été cacher le « butin » dans la grange, sa chambre. Candy est innocente de tout ce don on l'accuse. Il se tourna alors vers elle et lui souffla un « Je t'aime » des plus convaincant. J'en profite pour te demander ... pourquoi ... pourquoi nous as-tu supporté moi et ma sœur ?

- Je ... j'avais perdu une amie, je ne pouvais pas rester à l'orphelinat toute ma vie ... je ... j'avais fait en sorte de refuser toutes les adoptions qui s'étaient présentées à moi et ... là n'ayant plus mon amie et bien je n'ai pas vu l'intérêt. Je me disais aussi qu'après tout c'était peut-être mon destin.

- Tu me pardonnes ?

- Niel mais bien sûr ! Je t'aime. Une délicate rougeur venait d'envahir ses joues. Niel allait une nouvelle fois prendre sa bouche lorsqu'il y eut un cri de rage :

« - Ça suffit ! Niel tu mens ! Tu aimes cette fille alors forcément tu t'attaches à nous salir moi et ta sœur ! »

- Mère ... j'aime Candy et tu ne pourras rien y faire. Je suis prêt à ce que tu me déshérites ou même la tante Elroy ... je veux que vous sachiez que JAMAIS je ne renoncerais à elle.

La folie qui guettait comme une lionne sa proie, prit alors possession de cet être psychologiquement instable. Le visage de la démence chassa le masque de la bienséance et de l'étiquette, des rictus déformaient la bouche de la malheureuse, le chignon (point central de l'élégance et de l'étiquette de la bonne éducation) vola en éclat.

- JAMAIS TU N'ÉPOUSERAS CETTE FILLE !

- Oh que si rétorqua Niel, la voix sourde mais implacable. Il se tourna vers Candy, déterminé. Je vais trouver un travail. Il hocha la tête. Je ne dois pas être au service de l'argent de ma famille, tu as eu raison de t'en affranchir ... je ne veux rien leur devoir. Il avait murmuré ces mots à moins qu'ils ne fussent inaudibles à l'assemblée, occupée à présent à maîtriser une furie. Un homme suivi de plusieurs autres, ne tarda pas à intervenir.

- Madame Legan je vous conseille vivement de vous calmer commença Albert.

- Vous ... vous êtes un idiot. Vous n'avez pas remarqué le jeu de cette ... de cette ...

- Faîtes très attention à ce que vous allez dire.

- Elle vous ment !

- Je ne crois pas non ! En revanche je suis heureux de constater que d'ici quelques minutes la famille va être débarrassée définitivement des vipères qui sévissaient en son sein !

- Que voulez-vous dire ?

- Votre fille est en garde à vue pour tentative de meurtre. Toute compassion venait de quitter Albert.

- N ... QUOI ?

- Ne vous fatiguez pas susurra alors la voix sans joie de l'oncle William, je sais que vous et votre fille avez travaillé à ce plan machiavélique.

- C'est Candy qui a tout manigancé ! Pour paraître parfaite ! QUAND VERREZ-VOUS QU'ELLE VOUS TROMPE ?

- Ça suffit. Vous êtes en proie à la folie. Messieurs les médecins emmenez-là !

Niel ?

- Oui ... emmenez-la ... soignez-la ... si vous le pouvez !

Il y eut alors du grabuge. Madame Legan montra alors toutes ses ressources, comme une hydre face à Persée, ses bras jaillirent comme des tentacules, cherchant à se dégager de l'emprise inéluctable des gardes du corps du patriarche. Albert n'intervint pas, ne jeta même pas un regard à la grand'tante Elroy, atterrée.

La grand'tante Elroy se sentait comme plongée dans un cauchemar depuis plusieurs mois déjà, depuis que Niel Legan (ce garçon qu'elle avait toujours affectionné) avait eu l'idée saugrenue d'aimer cette fille qu'Albert avait adopté, Candy. Candy était tout ce qu'elle exécrait. Candy se fichait de l'étiquette (La tante Elroy ne pouvait envisager de s'en passer) Candy était belle (Ça n'avait jamais été son cas, surtout quand une de ses tantes l'avait qualifié de « Bonne sœur dont la place était le couvent », et de vieille fille dans l'âme alors qu'elle n'avait que dix ans) et donc quelque part trouvait cela très injuste qu'une telle qualité soit sur une orpheline enfin Candy était l'innocence (la tante Elroy ne pouvait même concevoir la réalité de ce mot car l'innocence n'existait pas dans son monde. Très tôt elle avait su que les humains cachaient de sombres desseins et que la fameuse « innocence » n'était qu'un leurre. Candy cachait-elle de sombres secrets ? Il semblait que non), et ça, ça c'était on ne peut plus suspect à ses yeux. Bref sa vie avait changé, surtout auprès de madame Legan et d'Élisa qu'elle adorait, lui trouvant des qualités comme l'intelligence et l'élégance, qualités introuvables même chez ce grand benêt d'Archibald. Alistair, sa mort elle ne s'en remettait pas. Alistair avait toujours eu ce tempérament « farfelu » et inadapté mais bon, on pouvait dire qu'elle l'aimait comme on aime une sorte d'handicap chez un enfant, mais celui dont elle regrettait le plus la mort était sans nul doute : Anthony. Elle avait toujours trouvé ce gamin trop sensible, une âme féminine dans un corps de garçon. Candy était comme une sorte d'écharde plantée dans un doigt et qui malgré tous les traitements refuse de quitter un doigt. Niel et tous les hommes de la famille semblait la vénérer. Cela lui était insupportable. Elle savait aussi que les fiançailles d'Annie et d'Archibald seraient troublées par des non-dits et de la colère, une atmosphère à couper au couteau planait depuis quelques temps déjà. Comme si la moiteur du Mexique s'était étendue jusqu'à Chicago ! À présent de son siège elle pouvait voir l'étendue des dégâts. Le missile Candy venait de faire exploser, désintégrer, le ciment familial, ce ciment auquel elle avait toujours cru ! VLAN ! Volé en éclat le ciment de ses certitudes ! Tout cela à cause d'une-seule-personne. Son cœur alors se ferma définitivement. Ils la dégoûtaient tous, elle était plus que la seule à voir son monde s'effondrer. Alors que les gens applaudissaient le nouvel héros du nouveau monde tel un christ revenu d'entre les morts sauver l'humanité, elle, la Reine du monde ancien se leva sans que quiconque n'y prêta attention. Avec les plus grandes difficultés gravit l'escalier, tourna à droite vers « sa » salle de bain, et d'une main tremblante ouvrit le petit meuble orné d'une croix blanche et rouge. Son monde était dévasté, elle ne s'y reconnaissait plus, elle était seule à présent. Ses piliers : Madame Legan et sa fille étaient, comment disent les jeunes déjà ? Ah oui ... out ! Il ne restait plus qu'elle et elle était assez fine pour se rendre compte que les fameuses règles, la fameuse « étiquette » ennuyait à présent la plupart des gens qu'ils soient de la famille ou non. Elle se saisit d'un flacon, l'approcha de ses yeux défaillants pour lire le nom du médicament, son visage parcouru par des rides qui se croisaient telles les lignes d'un morpion, s'étira d'un sourire triste. Elle savait ce qui lui restait à faire. D'un pas lent elle reprit sa route et entra dans sa chambre.

Le temps avait disparu, remplacé par un goût d'éternité. Les bras de Niel l'enlaçaient et elle s'y lovait à présent avec délice. Niel était dans le même état qu'elle. De temps en temps ses lèvres parcouraient ses joues avec gourmandise quand ce n'était pas sur sa propre bouche qu'elles s'y posaient. Les danses s'enchaînèrent, les partenaires s'intervertissaient, et enfin l'aube s'invita doucement mais implacablement. Le navire festif se vida de ses occupants et chacun partit rejoindre Morphée et son monde onirique.

Dix heures en ce dimanche et une cavalcade remua les songes des dormeurs. Candy fatiguée et éprouvée par les émotions de la veille ne les entendit pas. Plutôt son cerveau fit en sorte de dissimuler à ses sens les bruits, puis les cris (quelques uns étouffés d'ailleurs) qui surgissaient comme des gouttelettes sur une vitre, dans le couloir des chambres. La plupart firent de même mais Albert n'eut pas cette chance. Cela faisait que deux heures qu'il était plongé dans un sommeil profond lorsque Georges, son homme de confiance, s'avisa de le secouer comme un prunier.

- Humm ... fit-il enfin, les traits tirés et de méchante humeur.

- Un drame monsieur !

Il se redressa dans son lit, non sans difficulté.

- Qu ... quel drame ?

- La grand'tante Elroy monsieur.

Il fixa Georges d'un drôle d'air. La grand'tante Elroy et ? Qu'est-ce qu'il en avait à faire de cette vieille bique ? Cette « fan » de l'étiquette ? Ce fossile inadapté à la vie actuelle ? Bon ... elle était un membre influent de la famille, ça devait donc être important.

- Qu'est-ce qu'elle a ? Lâcha t-il sur un ton légèrement impatient.

- Euh ... il semblerait qu'elle soit décédée, monsieur ... je suis désolé.

« -Moi pas » manqua de rétorquer Albert qui a présent était réveillé, les nappes des songes prometteurs se retiraient de lui comme une couverture joueuse dans la nuit.

- Vous n'avez pas à être désolé d'un événement qui n'est pas de votre faute. Il s'étira, et dit qu'il arriverait dans quelques minutes.

Son miroir lui renvoya l'image d'un homme fatigué. Et seul. Plus de tante Elroy pour le conseiller. « De toute façon tu ne lui demandais jamais de conseils, et quand bien même tu n'écoutes que tes conseillers financiers ... ». Il se passa la main sur son menton râpeux, pas le temps d'y mettre un coup de rasoir. Il prit son peigne et non sans effort parvint à désemmêler sa tignasse épaisse. Le souvenir d'une Candy à peine âgée d'une douzaine d'année s'invita lorsqu'elle l'avait prise pour un lion. Il sourit en se remémorant son visage effrayé. Il enfila un costume dit « de-tous-les-jours », le plus décontracté qui soit, il n'avait aucune envie de faire un effort vestimentaire. Enfin il apparut et joua des coudes pour constater le spectacle. Un médecin affligé se tenait aux côtés de la matriarche, la Reine Mère du clan. Des inconnus l'assistaient et vu les calepins et stylos de sortie, Albert conclu qu'il s'agissait de policiers. Un tube était mitraillé de flash, ceux-ci allant sans préférence entre l'objet du délit et le corps statufié de la morte. Albert soupira. Toute cette agitation autour de la famille allait se répercuter sur les affaires en cours.

- Bonjour fit-il la voix encore habitée par le sommeil, vous êtes ?

- Médecin. C'était un homme au visage rond, aux lunettes rondes, bref il était la bonhomie et la douceur même. Ce fût l'impression qu'Albert eu d'emblée. Une de vos domestiques a appelé la police, épouvantée ...

- Je veux bien le croire. Albert jeta un coup d'œil au tube à présent vide de comprimés, sur le sol, juste sous le rebord de la table de chevet. Il voulu s'en saisir mais la main trapue d'un policier l'en empêcha.

- Désolé monsieur, mais ce tube devra être analysé. Les empruntes ... nous penchons certes pour un ... un suicide mais ... nous voulons en être sûrs, vous comprenez ?

- Oh ... euh ... oui bien sûr !

La chambre qui grouillait comme une termitière soudainement réchauffée par les rayons du soleil, se vida de ses occupants temporaires graduellement. Puis le corps lui-même fut évacué. Pour le plus grand soulagement des lève-tôt qui venaient de rejoindre le chef de la famille.

Il était plus de 15 heures lorsque Candy émergea. Un brouillard enveloppait ses sens comme un film alimentaire ainsi que ses jambes et comme elles touchaient le sol elles se sentirent comme avalées dans du coton. Titubant presque elle s'assit à sa coiffeuse et prit en compte l'importance des dégâts de la veille. Bouffie. Candy détestât son image que le miroir sans pitié renvoyait d'elle. Elle se leva, prit de quoi se doucher et gagna la salle de bain. C'est alors qu'elle vit les scellés qui barraient l'entrée de la chambre de la matriarche. « Allons bon ... qu'est-ce que c'est que ça encore ? ». Elle tourna la poignée de la porte de la salle de bain et se dit qu'une bonne douche lui permettrait d'affronter la catastrophe à venir.

L'eau finit de dissiper sa torpeur. Le brouillard invisible fit place à la vapeur générée par l'eau chaude, sa fatigue de la veille la quittant pour se dissoudre dans l'eau. Elle entendit quelques années et venues, des pas qui marchaient à un rythme qui lui était inconnu devant son havre de paix.

Le choc voilà ce qu'elle ressentit tout d'abord. La tante Elroy avait – a priori – mit fin à ses jours. Les émotions négatives successives avaient eu raison d'elle et de sa résistance. Elle ne se reconnaissait plus dans ce monde qui supplantait progressivement celui rigide des convenances. Alors elle avait cédé – enfin – la place. Niel parut quant à lui un peu plus affecté. Craignait-il que ce soit à cause de lui ? Ou à cause de moi ? Candy savait en son fort intérieur que la tante la haïssait tout autant que madame Legan et sa fille. Niel la rassura en début de soirée, à la fin d'une réunion familiale extraordinaire organisée en fin d'après-midi. Une promenade s'imposait afin d'allier détente et réflexion et peut-être même y glisser quelques confidences.

- Niel, je crois que ... je crois que définitivement je porte malheur.

- C'est-à-dire ?

Candy ne répondit pas tout de suite, toute entière en proie à la réflexion, comme lui dire que tous ces malheurs étaient peut-être dus à elle ? Un corbeau croassa alors, comme si les cieux mêmes étaient en harmonie avec ses pensées. Niel revint à la charge.

- C'est-à-dire ?

- Et bien il y a eu la mort d'Anthony, puis celle d'Alistair, puis maintenant la tante Elroy ... sa voix n'était plus que murmure et Niel du se concentrer pour entendre puis comprendre ses paroles.

- Anthony s'était un accident.

- Je ... j'ai vu ce renard je crois passer ... son cheval s'est cabré ... puis l'a envoyé en l'air, je ... j'ai vu et je n'ai rien pu faire ! J'était comme tétanisée ... je m'en suis voulue de ...

- De ? Qu'est-ce que tu aurais pu faire ? Rien ! Niel reprit plus doucement « tu ne pouvais strictement rien faire, tu le sais ... ». Il la regardait comme s'il cherchait la lumière en elle, désespérément.

- Alistair ... je n'ai rien vu !

Niel lâcha un soupir. Alistair avait toujours été une sorte d'énigme, un farfelu, un « géotrouvetout », un être qui s'était tout bonnement trompé de planète. Quant il avait appris son engagement militaire ça avait été un choc, comme pour tout le monde à vrai dire. Sa mort un cataclysme. Toute la famille avait fini par s'habituer aux inventions inhabituelles d'un jeune homme pourvu par ailleurs d'une excellente éducation Niel savait aussi que la vieille Elroy espérait secrètement qu'Alistair mette de côté ses extravagances à son retour du Collège Royal de Londres. Espoirs déçus.

- Comment tu aurais pu ? Je le côtoyais plus souvent que toi et ... j'avoue que nos rapports étaient distants, à l'époque je ne t'aimais pas, bien au contraire ... quand j'ai commencé à te voir d'un autre œil, Alistair était déjà parti pour l'Europe. La tante recevait du courrier de temps en temps mais rien d'exceptionnel. Elle n'a – je pense – en revanche jamais su pourquoi il s'était engagé. Ça reste un mystère pour nous tous, surtout qu'il avait Patricia.

- Je sais. Il ne m'a jamais fait part de ses motivations.

- Tu vois, cesse de te culpabiliser ! Si ça se trouve c'est la vi... tante Elroy qui est responsable de ses propres malheurs, elle a failli mener la famille à la ruine ! Heureusement qu'elle a mit Albert à notre tête. À ces mots, Candy eut un petit rire. Qu'est-ce que j'ai dit de drôle ?

- Ne te fâche pas ... je pense juste que fut une époque tu n'aurais jamais dis ça !

- C'est vrai. Les choses changent. Il s'arrêta et la prit par le bras pour l'attirer à lui. Les gens changent.

La nuit commençait à gagner la bataille face au jour, la pénombre recouvrait tout et y comprit leurs visages, Candy ne parvenait plus à discerner la couleur des iris des yeux de Niel. Pourtant elle pouvait ressentir leur chaleur en elle.

- Oui Niel les gens changent souffla t-elle alors qu'elle mourait d'envie que la bouche de Niel la fit taire. Son vœu fut exaucé.

- Épouse-moi, gronda t-il ensuite contre sa gorge.

- Oui !

- Oui ?

- Oui Niel mais promets-moi que tu me laisseras travailler ... je ne veux pas dépendre de toi pour ce qui est de ... de ...

- L'argent ?

- Oui.

- Je compte reprendre moi-même la suite de mon père, tu le sais ... je ne veux pas être tributaire du bon vouloir d'Albert ou de qui que ce soit d'autre.

- C'est le mieux, non ?

- Tout à fait. Quel est ton projet alors ? Travailler à l'hôpital Ste-Johanna ?

- Non ... en fait je pense que je vais seconder Mademoiselle Pony qui se fait âgée et Sœur Maria. Je vais voir si je peux me former comme institutrice ou quelque chose comme ça.

- Nous pouvons commencer à nous renseigner.

- Niel ... j'avoue que j'ai du mal à croire que ...

- Que je ne t'encourage pas à être comme les autres femmes ? Des femmes oisives, heureuses de se pavaner dans des toilettes que leur offre leurs maris ?

- C'est ça.

- Je sais que tu es aux antipodes de ce genre de femmes.

Le vent vint levers les cheveux de Candy et un frisson la parcourue. Niel l'attira à nouveau à lui, l'embrassa puis ils reprirent le chemin du retour.

Les fiançailles officielles de Niel et Candy furent proclamées pour la fin de l'année (en pleine période de Noël, exactement le 28 décembre), un samedi. Les invités prévenus par courrier n'étaient pas nombreux, et seulement une poignée de journalistes (triés sur le volet) furent invités aux festivités. Madame Legan était absente, toujours en proie à des accès de furie devenant à présent un danger pour elle et pour autrui. Élisa fut condamnée à dix ans de prison pour tentative de meurtre. Cortez lui, n'eut droit qu'à du sursis et regagna au plus vite le Mexique en proie à une guerre de plus en plus féroce. Avant son départ il vint quand même leur rendre une petite visite de courtoisie. Niel lui avoua que ce n'était plus un choix familial de conserver leur résidence dans ce pays. José Cortez ne put que convenir que résider dans un tel pays était effectivement des plus risqué mais promit à la grande surprise de Niel de veiller à l'intégrité de la maison et des employés.

- Merci.

- Bah ... je n'ai plus grand chose à perdre ... ma sœur va certainement épouser un militaire, un homme de confiance qui ne me trahirait sous aucun prétexte et plus je vous avouerais que j'ai un faible pour une de vos domestiques.

- Julia ?

José Cortez sourit.

- Oui Juliana. J'ai été stupide fit-il perdant d'un coup sa superbe et son élégance. J'ai failli me faire avoir par votre sœur. Je ne regrette pas d'avoir sauvé votre amie.

- Je vous dois une dette incommensurable.

- Non ... j'ai réparé ma faute. Vous avez une femme formidable.

- Je le sais !

- Je sais que vous le savez. Au fait où est-elle ?

- Oh ... elle a choisi de donner une autre direction à sa carrière d'infirmière. Elle travaille auprès de mademoiselle Pony et de sœur Maria, compte passer un diplôme – oui il en faut un et je l'ignorais jusqu'à tout récemment à vrai dire ! – pour devenir Directrice d'un Établissement accueillant des orphelins. Un bruit de moteur l'interrompit, la voiture était reconnaissable entre toutes. Vous allez la voir ... c'est sa voiture qui vient d'arriver.

- Ça ne vous ennuie pas que votre femme travaille ?

- Je préfère qu'elle travaille qu'elle s'ennuie comme les pierres, avoua Niel.

- Je comprends.

Candy gara sa voiture d'occasion dans son box. À côté trônait celle de son futur mari, rutilante et briquée comme un œuf de Fabergé qui aurait coûté une fortune. Elle sourit. Sa vie était merveilleuse, elle allait épouser l'homme qu'elle avait apprit à aimer et qui le lui rendait bien.

Quelle ne fut pas sa surprise en voyant cet homme, la peau mat, les cheveux tout aussi noir, vêtu d'un Jean (nouveau type de pantalon à la mode), une chemise blanche (des plus saillante pour son grain de peau), et les yeux noirs se posant tels deux papillons sur elle, engagé dans une banale conversation avec son Niel ! José Cortez dans son salon !

- Bonjour fit-elle sur un ton des plus méfiant.

José se déplia alors avec la grâce féline qui le caractérisait, et lui rendit son bonjour.

- Que ...

- José est venu nous faire une petite visite de courtoisie avant de reprendre la route pour le Mexique.

- Éxactement. Ravi de voir que vous vous portez à merveille !

- Grâce à vous d'ailleurs dans la cabane.

- Ce qui est arrivé était de mon entière responsabilité.

- Ma sœur n'était pas étrangère.

- Oui votre sœur, quel tempérament !

- Je ne vous le fais pas dire, grinça la voix de Niel.

Le mariage se déroula le 19 juillet 1919. Il faisait beau ce jour-là, un temps idyllique était de la partie. L'ensemble de la cérémonie se déroula à la maison de Pony. C'était un choix de Niel au départ. Certains invités se montrèrent surpris du lieu, peu conventionnel. La journée se déroula comme dans un rêve pour Candy, les enfants, les gérantes de l'établissement, le marié et le reste de la famille. Terry avait lui aussi reçu une invitation mais il la déclina, ayant fait le choix de tenter une nouvelle carrière en Europe. Candy supposa que cette décision avait un lien avec l'emprise qu'exerçait sur lui la mère de Susanna Marlow.

La fête se termina au petit matin. Candy et Niel s'engouffrèrent avec plaisir dans le lit conjugal, le corps fatigué et la tête dans les nuages d'un bonheur sans nuage.

Le soleil était déjà haut lorsque les invités émergèrent. Les enfants n'étaient pas étrangers à leur réveil, hurlant et criant alors qu'ils jouaient dans la cour. Niel et Candy choisirent de paresser au lit, peu pressés de se joindre à l'effervescence encore palpable des réjouissances de la veille.

Midi était passé lorsqu'ils apparurent au public. Les traits tirés mais la mine réjouie ils furent accueillis par un tonnerre d'applaudissements. Albert en tête était aux anges.

Tout se passa pour le mieux mais hélas trop rapidement, les habitudes reprenant leur ancrage quoi qu'il arrive.

Candy donna deux beaux garçons, tous les deux les yeux marron, les cheveux châtains, grands et à la stature d'athlètes lorsqu'ils furent majeurs. Ils ressemblaient à leur père, un potentiel de séduction inaliénable, et ils devinrent (lorsqu'ils furent en âge de prendre femme), les garçons les plus courtisés et invités des gents de la haute, des Etats-Unis. Les parents s'en amusèrent et ne perdaient pas une occasion de chambrer gentiment Marvin leur ainé et Paul, le cadet, des tentatives féminines pour les épouser. Candy par ailleurs devint dix ans plus tard directrice de l'orphelinat, puis de quelques autres en grande difficulté. Elle passa avec succès toutes sortes de diplômes relevant de la psychologie et de l'éducation et devint vite une référence pour l'éducation des enfants et écrivit plusieurs livres sur le sujet.

Niel qui avait repris les rennes des affaires paternelles s'en tira avec les honneurs, montrant à tous qu'il avait des ressources insoupçonnées pour la finance et le commerce. Albert se montra même reconnaissant envers lui pour certains coups de géni et l'invita à être son homme de confiance, ce qu'il consentit. La mère de Niel fut internée jusqu'à sa mort, haineuse et vindicative dès qu'elle entendait prononcé le mot de sa belle-fille, elle n'accepta jamais le mariage de son fils avec cette « trainée » comme elle l'hurlait, entravée dans une camisole de force qui ne la quittait pas. Élisa fit son temps en prison mais elle aussi refusa cette union. Intelligemment et sachant que désormais tout était perdu, demanda en secret à Albert de l'envoyer en Europe. Ce qu'il fit tout en faisant promettre à la jeune femme que plus jamais elle n'enverrait de ses nouvelles à qui que ce soit de la famille. Elle accepta.

Merci à vous de m'avoir lu à bientôt pour une autre histoire peut-être à moins que je réalise mon rêve d'écrire mon propre projet.

Merci de m'avoir lu et encouragé, j'ai pris note de vos suggestions autant que possible et j'espère avoir contribué à vous faire passer un bon moment.