The Secret's In The Telling

Chapitre 9 : Quest For Reassurance

By Sakuri

Deux semaines plus tard, la lune était une écharde dans le ciel nocturne et Draco était en enfer. Pas par l'ingérence de Dumbledore... qui pensait toujours que ça le blessait... mais à cause de la maladie qui se répandait en lui.

Il se disait que c'était une maladie même s'il savait vraiment...

C'était une malédiction. Cette putain de malédiction qui semblait déterminée à détruire les moindres détails de sa vie parfaite. À cause de cela, il perdait tout... même tous ses bijoux en argent, pour l'amour de Merlin...

Son père n'était pas un homme qu'on ignorait et il lui avait envoyé lettre après lettre jusqu'à recevoir finalement une Beuglante rouge écarlate qu'il avait ouvert dans la Grande Salle. La voix froide et traînante de Lucius avait retenti pour que tout le monde entende combien il méprisait Draco pour être 'désobéissant' et il avait informé son fils qu'il lui coupait les vivres jusqu'à ce qu'il revienne à la raison. Draco s'était enfui de la salle, rouge de fureur et d'humiliation et avec l'envie de détruire tout ce qui lui tombait sous la main.

À l'époque, il n'avait pas prêté beaucoup d'attention à ses propres émotions.

Mais depuis lors, ça devint de pire en pire. Son humeur devenait rapidement incontrôlable. La moindre petite chose pouvait le mettre dans une fureur qui durait des heures et le moindre petit affront minuscule était suffisant pour qu'il déclenche une bagarre. Il avait eu plus d'heure de retenue et fait perdre des points à sa maison durant ces quinze dernières semaines que durant tout le reste de son parcours scolaire. Le pire, ça avait été quand Blaise avait innocemment fait un commentaire, il ne pouvait même pas se rappeler le moment mais ça lui avait fait quitter la salle commune de Serpentard en criant des obscénités. Il n'avait jamais vu son ami être si abasourdi.

Il y avait plus que cela, cependant. Ces réactions n'étaient pas naturelles, il en était sûr. Plutôt que de se contenter de victoires en remportant les combats qu'il déclenchait, il ressentait vraiment, vraiment l'envie de... faire du mal.

Ça avait commencé avec Potter... ne l'était-ce pas toujours ?... lorsque cet idiot avait fait un commentaire désinvolte sur le fait que Draco méritait ce qui lui arrivait. La vérité était... qu'il n'avait pas réellement eu l'intention de réagir comme il l'avait fait. En y repensant, son comportement était... eh bien, pas lui. À quand remontait la dernière fois où Draco Malfoy avait déclenché une bagarre avec quelqu'un ? Le blond s'était longtemps résigné à être de petite taille et pas vraiment fort et n'avait donc jamais fait en sorte d'attaquer le Gryffondor quand cela n'impliquait pas de magie.

Et alors qu'il était là, avec Potter coincé et sans défense, ça avait provoqué un frisson plaisir qu'il avait eu du mal à cacher. Durant un bref instant, la malédiction n'avait pas semblé si mauvaise. Il était fort, capable de déclencher une vraie lueur de peur dans ces infâmes yeux verts.

Mais c'était avant. Avant que vienne cette envie de faire du mal et d'attaquer et... et... putain... de mordre également.

Il allait devenir fou. Ça lui prenait quand il faisait des tâches quotidiennes. Un instant, il se promenait dans les couloirs avec Pansy et l'instant d'après, son état d'esprit changeait pour devenir vicieux. Sa vision se fanait jusqu'à ce qu'il voit tout en nuance de gris et le bruit autour de lui se faisait plus intense que jamais.

Ce n'était pas difficile de reconnaître les signes. Le loup prenait le contrôle.

Alors, maintenant il arpentait sa chambre comme un animal en cage, se forçant à rester dans son exil auto-imposé. Il ne pouvait pas être avec des gens ! Merlin, la pensée de ce qu'il pourrait faire...

Il pouvait sentir la créature frémissante sous sa propre conscience, sa fureur devenait la sienne, sa sauvagerie farouche l'infectait. Il se demandait si c'était ce que Lupin avait ressenti la nuit où il avait perdu le contrôle et, pour la première, il arrivait à comprendre comment l'homme avait commis l'erreur.

Il avait besoin... Merlin, il ne voulait pas l'admettre... il avait besoin d'aide. Draco n'avait pas la moindre idée de la façon dont il était censé contrôler cela, mais il savait que Lupin le faisait.

Super, grogna-t-il silencieusement à lui-même.


Remus était assis tout seul ce soir-là, comme il le faisait toujours ces derniers temps, refusant de rester dans le château plus longtemps que nécessaire. La cabane d'Hagrid s'était transformée depuis qu'il y séjournait et était maintenant parsemé de piles vacillantes de livres et d'une collection de bibelot qu'il avait acquis tout au long de sa vie. Il y avait une Glace à l'Ennemi dans un coin et des échecs sorciers près de la cheminée. Il jouait une partie contre lui-même depuis deux jours. Une casserole de soupe au poulet était gardée au chaud sur les braises de l'âtre et l'odeur dérivait agréablement à travers la pièce.

Il avait adapté le mobilier à ses propres goûts, transformant les chaises en bois d'Hagrid en fauteuil en chintz. Le lit dans le coin qui faisait office de chambre avait également été amélioré avec l'ajout de son propre matelas, couette et oreillers. La vielle couverture de Crockdur au sol avait été enlevée car le chien s'était mis à dormir avec lui au pied du lit. La couleur prédominante de la cabane était celles des Gryffondors, quoi que le rouge qui était utilisé était plus fade que celui de l'école et l'or était remplacé par du beige.

Soupirant, il se rassit sur sa chaise et se frotta les yeux. Sur la table en face de lui se trouvait les leçons de la semaine prochaine, griffonnée de sa propre main maladroite. La plume avait laissé des tâches d'encre noire sur ses doigts.

Crockdur grogna soudainement, levant la tête et regardant la petite fenêtre sombre. Remus regarda le chien, puis tendit ses propres oreilles, essayant d'entendre ce qui avait bien pu attirer l'attention de Crockdur. Mais il n'y avait aucun bruit, sauf le tapotement régulier de la pluie hivernale sur la vitre.

Secouant la tête, le loup-garou se leva et se dirigea vers la cheminée où sa soupe au poulet l'attendait. Il venait de s'accroupir pour la récupérer quand quelque chose sembla heurter fortement la porte en bois. Crockdur bondit aussitôt en aboyant.

Fronçant les sourcils, il se redressa lentement et rejoignit le chien qui grattait la porte.

« - Bouge, garçon. » Ordonna-t-il alors qu'il saisissait la poignée et ouvrait.

Il fut surpris de voir Draco Malfoy, qui utilisait la porte pour se soutenir, chutait rapidement en arrière quand Remus ouvrit.

Mais si le vieux loup-garou s'attendait à ce que le garçon reste sur le seuil, il se trompa. La prochaine chose que Remus sut, c'est qu'il se retrouva attaqué par un blond grognant d'une fureur maladroite. Il fut renversé en arrière alors que Draco sautait sur lui tandis que Crockdur sautait sur le blond. Les trois chiens se débattirent maladroitement et indignement au sol alors que Remus tentait de repousser les attaquer non coordonnées du Serpentard tandis que Draco essayait seulement d'atteindre n'importe quelle partie du professeur, tout en ignorant le chien massif qui le piétinait actuellement dans un effort pour défendre son maître.

C'était un spectacle pour lequel Colin Crivey aurait donné sa vie pour pouvoir prendre un cliché.

Utilisant la force qu'il avait souvent méprisée, Remus réussi finalement à repousser le garçon et se redresser. Il saisit également le collier de Crockdur avant que le chien puisse attaquer.

Pendant un moment béni, ce fut le silence, seulement brisé par la pluie et la respiration haletante des trois. Puis Draco se reprit et s'élança à nouveau, atterrissant cette fois à genoux devant le loup-garou et tendant la main pour saisir sa chemise.

« - Qu'avez-vous fait ? » Siffla-t-il, les yeux écarquillés et ressemblant presque à ceux du loup blanc. « - Ca me tue ! Ça... Ca gagne ! Je deviens fou ! »

Surpris, Remus recula presque devant l'image que Malfoy lui donnait. Le garçon semblait brisé, dans tous les sens du mot. Ses cheveux humides blonds tombaient devant ses yeux tandis que les gouttelettes de pluie s'écoulaient rapidement. Le reste de son corps était trempé également. Il ne semblait pas avoir pris la peine de prendre un manteau avec ses vêtements, presque identique au style moldu, un jean et une chemise blanche sans fioriture. Ses mains tremblaient alors qu'il s'accrochait désespérément à Remus... non, c'était son corps entier qui tremblait.

« - Dr... Draco, calmez-vous... »

« - Je ne peux pas ! » Grogna le garçon en réponse, son expression presque sauvage. « - Je ne peux pas, je ne peux rien faire ! C'est incessant ! Toutes les cinq minutes, je veux détruire quelque chose, je ne peux pas rester avec mes amis au cas où je voudrais les mordre, bordel de merde ! Et c'est de votre faute ! »

Remus n'avait pas besoin que le Serpentard lui dise que quelque chose n'allait pas. Même si Malfoy était un rebelle, comme il aimait se considérer, il ne s'attaquait généralement jamais physiquement à un enseignant chez lui. Et il n'aurait certainement pas accepté d'être vu en public dans un état si perturbé.

Se secouant rapidement, Remus bougea et s'empara des poignets du garçon et de retirer fermement la prise sur sa chemise. Il était temps d'être adulte, se rappela-t-il. Tu as causé tout cela, à toi de t'en occuper. Arrête de l'éviter.

« - Draco ? Expliquez-moi exactement ce qui se passe... »

Le Serpentard lutta pendant un moment, mais le vieux loup-garou ne lâcha pas ses poignets. Remus craignait à moitié qu'il attaquerait à nouveau s'il le lâchait.

« - C'est plus fort que moi ! » Siffla finalement le blond avec ressentiment. « - Je pensais... je pensais qu'il ne pouvait me changer qu'à la pleine lune ! Comment est-ce possible ? »

Remus le regarda fixement, essayant de croiser son regard paniqué avec le sien et le calmer. « - Vous l'avez ignoré, n'est-ce pas ? »

« - Quoi ? »

Il soupira. « - Draco... il faut cesser de penser à vous-même comme si vous étiez le même qu'avant... »

« - Je suis le même... ! »

« - Non. » Tristement, l'homme secoua la tête. « - Je suis désolé, Draco. Merlin, je suis tellement désolé... Mais vous ne l'êtes plus. Vous n'êtes plus un sorcier normal. Vous n'êtes plus un Sang-Pur. Vous n'êtes même plus... plus humain... »

« - Taisez-vous ! » Vicieusement, le blond se défit de sa prise, tombant sur le dos dans le processus et s'éloignant de l'autre loup-garou.

Mais Remus n'abandonna pas. « - Cela ne signifie pas que vous êtes moins que ce que vous étiez, vous êtes juste différent. L'important est que vous devez l'accepter. »

« - Pourquoi devrais-je ? Putain, pourquoi... »

« - Parce que cela vous permettra de garder le dessus ! »

Ils se regardèrent en silence, Remus essayant de communiquer l'importance de ce qu'il disait, se forçant à ne pas détourner le regard sous sa propre culpabilité tandis que Draco secouait la tête, continuant de nier.

« - Je... je peux vous aider si... si vous le permettez. » Proposa Remus avec hésitation après un certain temps. Il comprit, enfin, que c'était peut-être pour cela que Dumbledore voulait qu'il reste, pour l'aider à traverser cela.

Draco se moqua de lui. « - N'en avez-vous pas assez fait ? » Il souleva défensivement un genou contre sa poitrine, enveloppant un bras autour de la jambe habillée du jean. Il porta son autre main tremblante à sa bouche, puis la passa dans ses cheveux avant de la poser près de l'autre sur son jean, ne sachant pas quoi faire de toute évidence.

« - Néanmoins. » Continua Remus. « - Je comprends la malédiction mieux que vous, je sais comment vivre avec elle... si seulement vous m'en laissez l'occasion, vous devriez écouter... »

« - Oh mon dieu. » Le blond le regarda avec de grands yeux. « - Je n'avais pas pensé à ça. Ils vont commencer à remarquer les changements. Oh mon dieu, ils vont se rendre compte... »

« - Ssh, non, ils ne le feront pas. Calmez-vous. Écoutez, nous pouvons résoudre ce problème... »

« - Nous ne pouvons RIEN résoudre ! » Explosa le blond, le prenant par surprise et faisant se crisper Crockdur à nouveau. Remus cligna des yeux et regarda Draco avec étonnement.

La présence du loup disparut pour le moment et les yeux blancs-bleus changèrent rapidement pour redevenir gris, puis se brouillèrent de larme. Baissant la tête, il cacha ce moment de vulnérabilité en posant son avant-bras sur ses yeux, puis enfouit la tête entre ses genoux alors qu'il essayait de se cacher d'un Remus choqué.

Recroquevillé sur le vieux tapis élimé qui recouvrait le sol du Professeur Lupin, Draco Malfoy pleura pour la première fois depuis qu'il avait été mordu.


Au moment où il revint à Poudlard, après être sorti de la cabane en regrettant d'y être venu, il était presque dix heures du soir et le couvre-feu approchait dangereusement. Sa colère était encore présente, mais elle avait été totalement éclipsée par l'humiliation qu'il ressentait après avoir perdu sa dignité d'une telle manière.

Il avait été là-bas… et avait complètement détruit sa dignité...

Il n'y avait pas de mot pour décrire comment c'était mortifiant. Il avait... il avait pleuré ! Sur le sol ! En face de... Lupin ! Et ce connard l'avait consolé !

Il voulait pleurer de nouveau en y repensant.

Alors, quand il entendit des voix au loin et des rires qu'il reconnut, il se félicita de la diversion qui se présenta. Pressant le pas, prenant instinctivement sa baguette à la main, il tourna à l'angle du couloir à temps pour voir Potter, la Sang-de-Bourde et Weaslaid se séparait d'un groupe qui semblait composé la moitié de l'école. Draco hésita quand il vit des Gryffondors, des Poufsouffles et des Serdaigles sortirent d'une pièce dans laquelle ils s'étaient entassés. Qu'est-ce que...

Puis il le reconnut. C'était le même endroit où ils s'étaient tous réunis l'année dernière, quand il avait lui-même contribué à mettre un terme à leurs petits rassemblements.

Retenant un ricanement, il s'avança une fois que la masse d'autres étudiants eut disparut, ne laissant que le Trio d'Or. Il était impatient de déverser sa colère sur quelque chose, même le souvenir de la gifle de Granger ne fut pas suffisant pour le dissuader.

« - L'Armée de Dumbledore revint à son ancienne gloire alors ? » Déclara-t-il moqueusement.

Les trois se retournèrent avec surprise puis le fusillant du regard quand ils entendirent sa voix. Cela dura en tout trois secondes... avant que leurs expressions changent lentement pour redevenir surprise.

La Belette laissa échapper un grognement de plaisir. « - Merde, Malfoy, qu'est-ce qui t'es arrivé ? »

Draco cligna des yeux, n'ayant pas la réaction qu'il avait prévue.

« - Étais-tu à l'extérieur ? » Demanda Granger, sa voix haut perchée allant directement titiller les nerfs de Draco.

Le Serpentard baissa les yeux sur lui-même et grimaça. Il avait même oublié son aspect... une première sûrement et quelque chose qui témoignait sa détresse. Merlin, c'était bien le moment de s'encanailler à mettre des putains de vêtements moldus... des vêtements moldus humides !

« - Ce ne sont pas tes affaires d'où je suis allé, Granger. » Cracha-t-il en la regardant. « - Bien que je voudrais bien savoir ce que les forces rebelles pensent faire à cette heure de la nuit. »

Potter haussa un sourcil, incrédule. « - Ouais, bien sûr, c'est nous qui sommes les plus méfiants ici. Qu'est-ce que tu faisais à l'extérieur du château ? »

Draco plissa les yeux. « - Je n'ai pas l'habitude de me répéter, mais je pense que je viens de dire que ce n'était pas vos affaires ! »

Le rouquin fit un pas en avant, la baguette déjà à la main. « - C'est nos affaires si tu complotes quelque chose, comme laisser entrer des monstres et des Mangemorts dans Poudlard... »

« - Pour l'amour des dieux, Weasley ! » S'écria le blond, levant les mains avec dégoût et exaspération. « - Tu as quoi... Cinq ans ? Des Montres ? Le seul monstre ici est votre précieuse créature du clair de lune ! » Résolument, il ignora Potter, gardant ses yeux braqués sur les deux autres.

La Sang-de-Bourde réagit la première. « - Le professeur Lupin n'est pas un monstre, Malfoy ! Il est aussi humain que toi et moi ! »

Weasley fronça les sourcils. « - Laissez, Hermione. Ça ne sert à rien d'expliquer ça à ce furet... »

Draco le coupa, portant toute son attention sur la jeune fille. Il se força à prendre une expression dédaigneuse. « - Humain ? Il n'est même pas un vrai sorcier. Pas un sang-pur. C'est une créature ! Que peut-il bien être ? »

Granger eut l'air de vouloir le frapper, mais il prenait soin à garder une certaine distance entre eux pour le moment.

« - Espèce de sale petit connard ! » Cria-t-elle, perdant tout son calme. « - Remus Lupin est un meilleur homme que tu ne le seras jamais et dix fois meilleur sorcier ! Comment oses-tu... ! »

Le Wonder Boy choisit ce moment pour intervenir, passant un bras autour de la sorcière et lançant un regard pointu au roux. Weaslaid lança un regard menaçant à Draco avant de prendre la place d'Harry.

« - Viens Hermione, revenons à la salle commune. »

Elle le repoussa avant de tourner les talons et s'éloigner à grands pas dans le couloir. Avec un pathétique regard inquiet sur son visage stupide, Weaslaid courut après elle, abandonnant Potter.

Les yeux verts l'observèrent alors qu'il ne disait rien.

Draco fronça les sourcils, voulant être en colère, voulant avoir une cible, voulant autre chose que ce silence effrayant.

« - Qu'est-ce que tu regardes ? » Cracha-t-il, venimeux lorsque son regard croisa le sien sans ciller.

Potter croisa les bras et pencha la tête sur le côté, ayant l'air fâcheusement indifférent. « - Malfoy, si tu veux être rassuré, il y a des moyens plus subtils pour le faire. »

Draco faillit s'étrangler. « - Excuse-moi ? »

Le brun haussa les épaules. « - Eh bien, Hermione va être énervée par cela pendant une semaine, maintenant que tu le sais, tu devrais vraiment... »

« - Rassurer ? » Répéta le blond, comme si c'était le seul mot qu'il avait retenu des paroles de Potter.

« - Eh bien, je suppose que c'est pour cela que tu voulais lui dire ces choses à ce sujet. As-tu obtenu ce que tu voulais ? »

Le Serpentard gronda avant de s'éloigner de lui, partant dans le même sens que les deux Gryffondors venaient de prendre. Potter, pas du tout perturbé, le suivit.

« - Éloigne-toi de moi, Potter ! » Ordonna-t-il, en accélérant.

« - Quoi ? Ai-je touché une corde sensible ? » Son rival marcha au même rythme, à l'irritation de Draco. « - C'est là que tu étais, n'est-ce pas ? Chez Remus. »

« - Va-t'en. »

« - Il t'a donné quelques conseils pour petit loup-garou ? Es-tu... »

Draco n'eut pas conscience d'avoir bougé jusqu'à ce que son poing entre en collision avec la bouche du brun. Potter trébucha un peu, puis leva une main pour essuyer le sang qui perlait sur ses lèvres. Lentement, il leva les yeux pour regarder le Serpentard avec quelque chose qui ressemblait curieusement à de la jubilation dans ses prunelles vertes.

« - C'est pathétique, Malfoy. » Déclara-t-il joyeusement au blond, essuyant le sang. « - J'imagine que tu as tout de l'être humain cette fois, hein ? »

Draco cligna des yeux, ne comprenant pas vraiment au premier abord. Il regarda le Gryffondor avec perplexité avant de lentement réaliser.

Il agissait toujours humainement. Il était furieux, oui, mais rien n'avait changé. Pas d'envie bestiale de mordre, aucune force surnaturelle, rien.

Potter leva brusquement sa baguette vers lui. « - Tu ne penses pas que je vais rester là et te laisser me frapper, hein ? »

Pour la première fois depuis trop longtemps, Draco ressentit un frisson si familier ! Cela... Merlin, cela ne changerait jamais, cette inimitié, peu importe ce que l'un d'eux était devenu. C'était une constante, un facteur fiable... et au milieu du chaos, c'était exactement ce dont il avait besoin, mais il refusait de reconnaître que Potter lui faisait une faveur en déclenchant un combat qu'il avait imploré.

Ce fut McGonagall qui les surprit quelques minutes plus tard, au milieu de leur duel impromptu, jetant des sortilèges au hasard. Elle les saisit par la peau du cou et les traîna physiquement à travers le couloir, retirant une quantité impressionnante de points à leurs Maisons respectives.

Ça n'avait pas d'importance. Alors qu'ils se tenaient dans son bureau et que l'écossaise leur criait dessus pour avoir dépassé le couvre-feu et pour leur rivalité et sur leur manque de maturité, il jeta un coup d'œil en direction de Potter et Draco pensa apercevoir sa propre satisfaction se refléter dans les yeux verts.

À suivre...