PARDON

Je laissais Edward derrière moi, non sans mal, je démarrais pour partir aussi vite que mon véhicule me le permettais. Arrivé devant la maison, je respirais un bon coup, jeta un œil dans le rétroviseur histoire de m'assurer que j'étais présentable devant Charly mais soupira en remarquant que c'était limite.

J'entrais dans le salon et heureusement mon père dormait toujours, j'en profitais pour aller me rafraichir et retourna à la cuisine préparer le petit déjeuner, il mangeait rarement le matin, mais j'avais envi de lui faire plaisir, une demi heure plus tard, il se levait, son café et ses œufs étaient prêts.

- Bonjour ma belle

- Salut papa, je t'es fait de quoi être en forme toute la journée

- Je vois ça

- Il est déjà 9h, je dois aller me préparer, Alice ne va pas tarder...

J'allais reprendre une douche, j'avais besoin de m'éclaircir les idées, après m'être habillé, je réfléchissais musique dans les oreilles à ce que je pourrais dire à Alice, car même si j'étais ravis de l'affection qu'elle semblait me porter, je devais m'éloigner, pas seulement d'Edward, mais de la famille Cullen, je restais là allongé, perdu dans mes songes lorsqu'en me tournant vers la fenêtre, je vis le réveil afficher 10h11, je me relevais pour me précipiter en bas.

Alice était là, assise avec mon père à papoter, lorsqu'elle me vit, elle m'adressa un grand sourire

- Prête Bella?

- Oui, comment vas-tu ce matin?

- Très bien, j'ai hâte de dévaliser les magasins avec toi

Elle se leva, je fis un signe à mon père et nous dirigions vers la voiture

Sur le chemin, Alice me parlait d'une nouvelle boutique qu'elle avait repéré à Port Angeles

- Je sais que mon frère t'as parlé de mon don et je sais que là bas, il y a une robe faite pour toi!

- Alice, comme je te l'aie dit la dernière fois, je n'ai pas trop les moyens

- Et comme je te l'aie dit la dernière fois, tu n'a pas à t'inquiéter de ça!

- Bella, puis-je te poser une question?

- Heu... oui

- Ne t'inquiète pas Edward m'a parlé du sujet à éviter! Je souhaitais savoir ce que tu pense de mon frère?

- Il est très gentil

- Bella, tu sais très bien ce que je veux dire, n'élude pas s'il te plait!

- Que veux tu que je te dise Alice? J'espère qu'il trouvera quelqu'un à sa hauteur

- Moi je pense qu'il l'a déjà trouvé

- Et bien tu vois? Sujet clos dans ce cas!

- Mais c'est de toi dont je parle voyons!

Je me statufiais, outrageusement étonné

- Alice... tu m'as bien regardé? J'ai dit à sa hauteur! J'ai pas envi de faire un remake de la belle et la bête avec moi dans le rôle de la bête

- Ne sois pas ridicule Bella! Tu es très belle, de toute façon c'est trop tard!

- Qu'est ce qui est trop tard?

Elle soupira comme exaspéré

- Mon frère t'aime beaucoup! Ne l'as tu pas remarqué?

- Ne plaisante pas avec ça Alice, ce n'est pas drôle!

- Je sais que j'ai l'humour facile, mais je ne plaisanterais jamais avec les sentiments de mon frère!

- Alice, même si c'était le cas, je m'y refuse

- Et pourquoi ça?

- Humm...c'est en rapport avec les sujets à éviter

- Bella...j'espère que tu ne va pas m'en vouloir, mais je sais pourquoi tu te sens si mal et tu ne devrais pas te culpabiliser à ce point, ce n'est pas ta faute...

Elle sait! Elle sait ce que j'ai fais, je sentais brusquement les spasmes s'emparer de mon corps, voyant mon état, elle se gara sur une petite place près d'une station service et me prit dans ses bras

- Bella, il faut que tu comprenne quelque chose, tu sais ce que nous sommes maintenant, nous sommes tous « végétariens » mais sache que certains d'entre nous ont déjà tué des humains. Crois-moi, nous savons ce qu'est la culpabilité, certains d'entre nous, surtout Edward et Rosalie, détestent ce qu'ils sont, alors crois moi lorsque je te dis que nous sommes à même de te comprendre, tu sais que j'ai des visions, je voudrais vraiment que tu te confis à moi et que tu acceptes l'affection que j'ai pour toi...

J'éclatais en sanglot et la voiture commença à trembler toute seule...

- Alice, je n'ai, j'ai pas pu l'aider, je l'ai laissé seule alors qu'elle avait besoin de moi, elle voulait que je la sauve et moi j'ai rien compris, je suis arrivé trop tard, elle n'a pas d'avenir, tout ça à cause de ma bêtise, de mon égoïsme... je me hais tant pour ça, tellement si tu savais. Quel intêret pourrais-tu avoir à devenir mon amie?

- Bella, je suis solide, je suis immortelle, il ne risque pas de m'arriver la même chose, laisse-moi être ton amie, s'il te plait...

La voiture s'arrêta de trembler, elle avait réussi à calmer ma crise avec quelques mot...

- Merci

- Il est peut-être temps que tu te confis, Bella, je voudrais vraiment que tu te confis à moi...

Je la regardais à présent, elle avait l'air si sincère, je ne parvenais pas à comprendre comment elle avait pu s'attacher à moi, même à travers ses visions, mais je voulais me débarrasser de cette culpabilité qui me rongeait un peu plus chaque jour, j'en avais tant besoin

- J'avais à peine 14 ans, je connaissais Celia depuis la primaire, nous étions inséparable, nous faisions des tas de choses ensemble, elle ne m'invitait que rarement chez elle et je ne m'étais jamais posé de question à ce sujet, en faite je n'avais jamais rencontrer ses parents... et je ne me posais jamais de question sur rien. Un samedi, elle m'avait invité chez elle ce qui était plutôt rare, elle m'avait demandé de venir à 11h du matin pour qui nous puissions manger ensemble...

Je fis une pause, j'étais submergeais par mes souvenirs, elle me prit la main et me demanda de continuer

- Pour faire court, je suis arrivé avec plus d'une demi heure de retard, par ce que... avant de partir je voulais regarder mes mails, tu te rends compte? Juste pour regarder ces saletés de mails... lorsque je suis arrivé chez elle, j'ai sonné, encore et encore, aucune réponse, j'ai ouvert la porte pensant qu'elle ne m'avait pas entendu, la porte n'était pas verrouillé, je me suis dirigé directement dans sa chambre et quand je suis entré, quand...

Je fondis à nouveau en sanglot, elle serra doucement ma main...

- Continu Bella, tu te sentira mieux après

- Elle.. elle était sur son lit, ho Alice! Il y avait tellement de sang, tellement, elle s'était entaillé les poignées... je me suis précipité pour appeler les urgence mais c'était beaucoup trop tard, j'entendais les urgentistes parler entre eux, disant que cela faisait déjà 40 minutes qu'elle... qu'elle était morte...

Je secouais la tête en essayant de ne pas m'effondrer de nouveau, je m'en voulais d'être si sensible, d'être aussi faible.

- Bella, me dit-elle doucement, ce que je vois surtout c'est qu'elle souhaitait que tu sois heureuse, elle t'aimait tant, je suis sur qu'elle voudrait que tu vive ta vie.

Elle me reprit dans ses bras, Celia voulait-elle vraiment que sois heureuse? Comment pourrais-je oublier cette vision d'horreur qui me hanter?

- Je ne sais pas Alice, j'aurais dû être là pour elle, j'aurais dû arriver à temps

- Comment aurais-tu deviné? Et si tu avais su, tu aurais tout fais pour la sauver, tu ne dois pas t'en vouloir Bella, tu ne pouvais pas savoir, mais sois sur qu'elle n'aurait jamais voulu que tu te torture ainsi, tu veux savoir ce que je pense... ce n'est pas pour rien que tu es apparut sur notre route, celle de mon frère, la mienne, il faut que tu te pardonne enfin, entouré de gens qui t'aime, pour que tu sois enfin heureuse...

Je réfléchissais à ses paroles, il est vrai que depuis que j'étais à Forks, je me sentais mieux, surtout depuis qu'Edward était entré dans ma vie et maintenant Alice voulait être là également... je la scrutais, elle avait l'air si sur d'elle, comme si elle ne doutait pas de cette vérité...

- Alice, je ne te garanti rien, mais je promets de faire des efforts

- C'est tout ce que je voulais et avec notre aide, tu vas voir que tout va aller mieux et je t'interdit de me redire un jour que tu ne mérite pas d'être heureuse! C'est totalement faux et je te rappelle également que j'ai les moyens de te faire plié à ma volonté, dit-elle en levant le bras, comme pour me montrer les muscles de celui-ci!

Elle était si drôle, une petite chose comme elle, ses muscles étaient insignifiant mais je savais qu'elle faisait référence à son état de vampire plus qu'à ses biceps, je ne pus m'empêcher d'éclater de rire face à cette démonstration de force

- Alice si je ne savais pas que tu es un vampire, là, je crois que je n'aurais jamais pu m'arrêter de rire!

Elle me tira la langue et me fit un énorme sourire

- Maintenant écoute bien Melle Swan, si tu ne fais pas ce que je te dis, je t'attache en haut d'un arbre jusqu'à ce que tu cède! Maintenant, allons dévaliser ces fameuse boutiques et je ne veux pas entendre que tu n'a pas les moyens!

- Merci Alice, merci beaucoup, ça m'a fais beaucoup de bien de parler avec toi

- Je sais, j'avais vu notre conversation hier!

Je déglutis, elle démarra, elle savait déjà ce dont nous allions parler?

- Bella, je ne commande pas mes visions! Mais je suis heureuse de les avoirs, elles m'ont permis de rectifier le tir, dans la version d'hier, tu me demandais de te ramener chez toi, je n'avais pas trouvé les bons mots, mais c'est arrangé maintenant...

- C'est assez...déroutant...

- N'est ce pas? Regarde! C'est la boutique dont je te parlais!

Elle se gara sur le parking du centre commerciale, à peine sorti de la voiture, elle me traina par la main, comme une gamine traine sa mère vers le rayon bonbon...

Nous sommes resté plus de deux heures dans ce magasin où j'ai dû essayer une bonne cinquantaine de vêtements et bien sur, cette fameuse robe, mais je refusais qu'elle me paye quoi que ce soit, et ce, malgré son insistance.

Tout d'un coup, mon estomac me fit comprendre qu'il était temps de le nourrir, elle m'amena dans uns des restaurants du centre commerciale, me demanda de m'assoir et de commencer à mangé en l'attendant, prétextant souhait passer dans une bijouterie pour faire un cadeau à Jasper.

J'avais vraiment très faim, je commandais un club sandwich et commença à le dévorer en attendant Alice, vingt minutes plus tard, elle arriva les bras rempli de paquets...

- Ne m'en veut pas Bella, s'il te plait!

- Hein?

- Ben, c'est pour toi tout ça, je voudrais que tu évite de me vexé en refusant, ça me fais tellement plaisir et puis tu sais, depuis les décennies que moi et les miens vivions, nous avons accumulé une vrai fortune, tout cela ne représente pas grand chose, je t'assure et puis si tu refuse, je mets tout à la poubelle... ce serait un vrai gâchis, alors accepte s'il te plait, ça me fais tellement plaisir

- Et bien je vois que je n'ai pas le choix

- Ho merci, bon, c'est pas fini, si tu as fini de manger, il faut y aller...

- Quoi! C'est pas fini? On continu pour toi j'espère?

- J'ai des choses à acheter pour nous deux, je vais rapidement à la voiture pour y mettre tous les sacs et je reviens!

- Je t'attends...

Elle attrapa tous les sacs et parti vers la voiture, moi je ne savais pas quoi penser de tout cela, j'avais vu les prix des vêtements dans cette boutique et je me doutais du totale de la facture! Mais elle avait l'air si heureuse...

- C'est bon, on y va!

Et nous avons continué pendant au moins trois heures, magasins de chaussures, de produits cosmétiques, je n'en pouvais plus, j'avais mal au pieds et fini par lui dire:

- Alice, c'est bientôt fini? Par ce que là je sens que je n'ai plus d'énergie...

- Oui c'est bon pour aujourd'hui

- Alice, je t'adore, mais ce genre de journée ne va pas se reproduire avant un bon moment...

- Ok, si tu le dis...

Et enfin, enfin... la journée shopping prit fin! Elle me ramena chez moi afin de poser « mes » sacs, puis nous répriment la route pour aller chez elle.

Arrivé à la maison des Cullen, Edward était sur le perron, à attendre, je sortais de la voiture et il se dirigea aussitôt vers moi...

- Alors! Je vois que tu as survécus...

- Oui, mais ça n'a pas été facile, je suis vanné...

- Je me doute, viens je vais te présenter mes parents

Je le suivais dans le salon où là je découvris le docteur Cullen et une femme, qui devait être « sa » femme

- Bonjour, Monsieur, Madame, dis je poliment...

- Appel moi Carlisle et voici ma femme Esmée

- Ravis de te rencontrer Bella, cette maison est la tienne, je veux que tu t'y sente comme chez toi

- Merci Esmée, répondis-je gêné

- Mais je t'en pris voyons

Cette femme était d'une gentillesse sans tâche, elle arborait un sourire tout à fait sincère, Carlisle, quand à lui me fit signe de le suivre

- Bella, j'ai parlé avec Edward, je souhaiterais m'entretenir avec toi s'il te plait, suis moi dans mon bureau

Nous passions une porte blanche et entrèrent dans un bureau qui devait faire trois fois la taille de ma chambre, il y avait toutes sortes de tableaux au mur et le mobilier était d'une autre époque...

- Edward m'a expliqué quelque chose d'assez surprenant, tu sais ce que nous sommes et même parmi les gens de notre espèce, les dons sont assez rare, alors que toi en étant humaine, tu sois capable non seulement de bloquer le don d'Edward mais en plus... de télékinésie, c'est tout bonnement incroyable...

- Ha bon...

- Oui, il m'a aussi expliqué que cela était récent et que tu avais des difficultés à contrôler ton pouvoir...

- Oui, il semble que « ça » réagit à des émotions fortes et lorsque Edward essaye de lire mes pensées, cela me provoque une douleur atroce au crâne, comme si quelque chose essayait d'entrer dans ma tête, sans pour autant réussir...

- Bella, si tu le souhaite, je peux t'aider à contrôler ton don

- Je vous en serais reconnaissante

- Alors c'est d'accord, mais cela va surement prendre un peu de temps, donc tu devra venir ici régulièrement de préférence le samedi, car je suis plus disponible. Si ça ne te dérange pas, je voudrais commencer aujourd'hui pendant une petite heure pour me faire une idée.

- Très bien que dois je faire?

- Nous allons commencer par provoquer tes émotions et comprendre exactement quel en est le déclencheur, par la suite je serais plus à même de t'expliquer comment le contrôler

La dessus, il me demanda de me mettre en colère, mais j'hésitais...

- Bella je t'assure que tu ne risque pas de me blesser, alors pense à quelque chose qui te met en rogne s'il te plait, s'il y a vraiment un problème Edward est en bas...

- Très bien.

Il n était pas difficile de me mettre en colère, il me suffisais de penser à ma « soirée » avec Peter, tous les meubles de la pièce se mirent à trembler brusquement... Carlisle me demanda de fermer les yeux et de ne penser qu'à ma colère, je m'exécutais, je sentais la rage monter en moi, je l'imaginais ayant réussi à avoir ce qu'il voulait, je l'imaginais faire ça à une autre fille, incapable de se défendre, j'avais l'impression que tout mon corps était en feu, la haine me consumer et là, j'entendis toutes les fenêtres exploser, j'ouvrais les yeux, tous les meubles lévitaient autour de moi, toutes les fenêtres étaient brisées et Carlisle me regardait les yeux remplis de questions, l'expression de son visage s'était figé, j'avais beaucoup de mal à retrouver mon souffle, je n'arrivais pas à me calmer...

- Appelez Edward s'il vous plait!

En moins de deux secondes, je le vis ouvrir la porte, le mal de tête se fit sentir et tous les meubles tombèrent en même temps...

Et moi aussi, je m'écroulais...

Je me réveillais sur le canapé du salon, hébété, Calisle, Esmée,Alice, Jasper et Edward étaient tous autour de moi

- Désolé Bella, je t'en es peut-être un peu trop demandé pour une première, mais tu as une puissance incroyable en toi, il faut absolument que tu apprenne à la contrôler

- Oui, sans doute, avant d'avoir la mort de quelqu'un sur la conscience, dis-je tristement, désolé pour le désordre dans votre bureau...

Ils se mirent tous à rire

- Je devrais peut-être rentrer chez moi maintenant...

- Ha non! C'est la fête ce soir, tu reste avec nous! Pourquoi crois-tu que je t'es pris cette robe?

- Par ce que tu es une acheteuse compulsive? Répondis-je en souriant

Là, le rire des Cullen redoubla d'intensité, comme une seule voix, ils avaient l'air d'accord avec moi, Alice leur tira la langue!

- Aller! tu ne restera pas tard...

- Pourquoi est-ce que je n'arrive jamais à te dire non à toi?

- Mais par ce que tu m'aime bien sur! Me dit-elle tout sourire

Il est vrai que j'adorais littéralement cette fille, si gentille, si joyeuse, si douce...

- Bien, de toute façon je dois rentrer pour mettre cette fameuse robe...

- Je vais t'accompagner, intervint Edward

- Bonne idée, fit Alice tout sourire

- Je ne sais pas, je ne suis pas sur que...

- S'il te plait Bella, m'implora t-il

- Très bien...

- Merci

- Mais en quel honneur cette fête? Demandais-je

- Il nous arrivent souvent d'organiser des fêtes pour le plaisir, mais ce soir quelques amis d'Europe, viennent nous rendre visite, me répondit Alice

- On y va Bella? S'impatienta Edward

- Heu oui...

- Hé Bella! Contente toi de prendre les deux sacs rose et le noir!

- Alice... bon d'accord, me résignais-je

Edward attrapa ma main et m'emmena jusqu'à sa voiture, sur la route, je remarquais qu'il roulait plus lentement que d'habitude

- Est-ce que ça va mieux Bella?

- Hein?

- Je ne lis pas dans ton esprit mais celui d'Alice ne me pose pas de problème tu sais...

Je n'en revenais pas, il savait ce qui s'était passé, ce que j'avais dis à Alice...je déglutis en reportant mon attention sur la vitre

- Je n'ai vus que la fin de la conversation, me rassura t-il, j'espérais que tu aurais envi de m'en parler

- J'ai eu assez d'émotions fortes pour la journée, pour toute une semaine même..

- Je comprends, je voudrais te parler de quelque chose, veux-tu bien passer un moment avec moi ce soir?

- Hé bien, je serais chez toi ce soir Edward

- Je voulais dire... tous les deux...

- Ne t'es-je pas demandé quelque chose? Soupirai-je

- Alors tu ne supporte vraiment pas d'être seul avec moi?

- Ce n'est pas ça...

Nous arrivions chez moi, j'allais rapidement dans ma chambre prendre la robe, les chaussures et le sac contenant les produits de beauté et je redescendais aussitôt, laissant au passage un mot à mon père lui expliquant que je passerais une partie de la soirée chez Alice et je rejoignis Edward, en espérant qu'il me facilite un peu plus les choses...

- Tu as fais vite!

Il m'installa dans la voiture, mit mes sacs dans le coffre et nous nous miment en route...

DÉCLARATION

A peine Edward m'avait fait sortir de la voiture qu'Alice se précipita pour prendre les sacs et m'attrapa par la main pour m'amener directement à la salle de bain, il est vrai qu'il été déjà assez tard, en passant, je vis dans le salon, deux hommes et une femme que je crus reconnaître, mais je ne voyais pas son visage, il me semblait qu'ils avaient tous les mêmes caractéristiques physiques que les Cullen,je n'eus pas le temps de les observer d'avantage que je me retrouvais sur une chaise au milieu de la salle de bain et une Alice ravis de pouvoir s'occuper de mon cas!

Une bonne demi heure plus tard, Alice fini par me dire ce que j'attendais depuis le début...

- Fini!

- J'ai failli m'endormir, Alice, j'espère que mes cheveux sont encore en vies?

- Viens, viens, on est déjà en retard, on descends, éluda t-elle

Je descendais les marches me conduisant au salon qui était illuminés de dizaines de bougies, les lumières dansaient avec les ombres au gré de nos mouvements... c'était magique, là se trouvait toute la famille Cullen et les trois personnes de tout à l'heure, je pouvais à présent observer la jeune femme...Tanya! La déesse qui m'avait débarrassé de Peter

Soudain tous les regards furent à notre attention à Alice et moi, Edward lui, me dévisageait sans ménagement, ce qui eu le don de me réchauffé les joues.

- Bella, tu es magnifique! Me complimenta Esmée

- Heu... merci, répondis-je heureuse que la pièce ne fut éclairé que par des bougies

- Je te présente, Néo, John et Tanya

- Enchanté, me dit Néo

- Bella, je suis ravi de te rencontré, me salua John

- Bonsoir, me cracha Tanya sans même un regard

Je les saluais à mon tour et décidais d'en profiter pour la remercier convenablement, je me tournais donc vers elle

- Je souhaite te remercier pour la dernière fois...

- Je ne l'aie pas fait pour toi! Me balança t-elle avec un regard dédaigneux

Elle devait me détester autant que Rosalie, j'aurais bien voulu savoir pourquoi...

- Nous étions en visite chez Tanya en Alaska et nous sommes passé ici pour saluer nos vieux amis avant de repartir pour l'Europe, m'expliqua Néo qui avait l'air aussi gêné que moi de l'attitude de Tanya à mon égard.

La soirée avait commencée, Emmet vint me saluer et Rosalie se contenta d'un bref regard, Néo continua à me parler de l'Europe, de ses voyages, en fait, il ne me lâchait pas, je scrutais la pièce, cherchant Edward, il était sur le perron avec... elle. J'aurais préféré éviter ce tableau cela me rendait triste, d'un autre côté, c'est ce que j'avais voulus,Tanya était si belle, elle s'accrochait à son bras, ils avaient l'air bien, j'essayais alors de reporter mon attention sur autre chose et alla me servir un verre, car même si les vampires ne buvaient pas, ils avaient eu la gentillesse de préparer du puch et de quoi grignoter.

Alice était venu me rejoindre, elle ressentit le besoin de m'expliquer que Tanya faisait partie du clan des Denali, qu'ils vivaient en Alaska et qu'elle essayait désespérément d'avoir Edward, sans succès depuis pas mal de temps. Elle aimait dont Edward, mais pourquoi autant d'animosité envers moi? Je n'étais pourtant pas avec lui, je trouvais son attitude un peu exagéré, elle avait encore toutes ses chances, pourtant elle avait l'air de me détester comme si j'avais brisé tout ses espoirs. Je regardais à nouveau vers le perron et vis qu'ils avaient disparus, je finis par me dire qu'il avait eu raison de changer d'avis au sujet de cette déesse...

Le téléphone d'Alice sonna, elle était juste derrière moi et je n'eus aucune difficulté à écouter

- Allo?

- Ha! Mais t'es où?

- Bon ok, mais essaye de revenir vite

Elle raccrocha, je me doutais de qui il s'agissait et qui était avec lui, j'en avais mal au ventre

- Bon Alice, je ne vais pas tarder, le temps de saluer tous le monde et j'y vais...

- Ha non pas déjà! S'emporta-t-elle

- On s'était mise d'accord, je ne resterais pas tard

- Ho je t'en pris Bella, il n'est que 10h et puis Edward m'a dit qu'il revenait bientôt...

- Je ne vois pas le rapport avec Edward

- Et bien il m'a demandé de ne pas te ramener, d'attendre son retour...

- Écoute Alice, moi je pense qu'il vaut mieux le laisser tranquille avec son amie, ramène moi s'il te plait!

- Bella... bon attends juste une seconde, je vais chercher quelque chose dans ma chambre et on y va

- Ok...

Cela faisait déjà cinq bonnes minutes qu'Alice était partit chercher son « quelque chose » dans sa chambre et je me demandais comment un vampire pouvait être aussi lent, me doutant qu'elle souhaitait gagner du temps, je pris mon portable et me dirigea vers le perron pour appeler un taxi, pas question de l'attendre pour le voir arriver main dans la main avec Tanya, je me retournais...

Et là, je vis Edward s'approchant de moi à grand pas...

- Je vais te raccompagner, Bella, me dit-il en me prenant la main pour m'entrainer vers la sortie

- Non merci, chuchotais-je

Il plongea ses yeux de miel et d'or dans les miens...

- Je t'en pris, me supplia t-il

- Edward... très bien...

Je saluai tout le monde en sortant, dehors, je vis Tanya qui était elle aussi revenu et qui me lança un regard à me faire dresser les cheveux sur la tête, je lâchais la main d'Edward comme si j'avais fait quelque chose de mal, je ne voulais pas faire de peine à cette fille, elle avait l'air si éprise de lui, alors, devant la voiture, je stoppais net

- Edward, peut-être qu'Alice devrait me raccompagner?

- Et pourquoi ça?

- Ma présence n'a pas l'air de plaire à ta petite amie et je ne voudrais pas...

- Isabella Swan! Grogna-t-il, Tanya n'est et ne sera jamais ma « petite amie » comme tu dis, je n'ai jamais voulu d'elle et encore moins en ce moment...

Mais pourquoi s'énervait-il de cette façon? Il était pourtant resté avec elle toute la soirée...

- Mais elle a l'air si triste...

- Tu parle! Vu les pensées qu'elle se permet d'avoir, triste n'est pas vraiment le bon mot, ne t'inquiète pas pour elle s'il te plait, monte!

- Très bien, me résignais-je en soupirant

- Tu est magnifique Bella, désolé de ne pas te l'avoir dit avant, tu m'as... captivé

- Merci, mais s'il te plait évite les compliments, j'ai l'air ridicule quand je rougis

- Bella, si je te demande un service, voudras-tu essayer de me faire plaisir? Me demanda t-il avec une voix pleine de douceur

- Heu... si je peux, que puis-je faire pour toi? Demandais-je solennel

- Accepte le fait que je te trouve merveilleusement belle lorsque tu rougis et si possible... laisse moi te faire rougir

Je déglutis bruyamment, gêné outre mesure. Il s'arrêta à l'entrée du bois et se tourna vers moi

- Tu es si mignonne Bella! Murmura t-il avec un large sourire, comme tu peux le voir, je ne t'ai pas ramené chez toi, je voulais venir ici avant...

- Ne sommes nous pas prêt de la clairière?

- C'est tout à fait ça, tu sais avant c'était en quelque sorte « ma » clairière, j'y viens souvent pour réfléchir, je suis ravis qu'à présent ce soit la notre, de pouvoir la partager avec toi...

- Tu as décidé de me faire rougir toute la soirée?

Et c'était vrai, je ne m'arrêter pas de rougir, il fallait que ça s'arrête, ne pas me laissé emprisonner...

Il sorti une couverture de son coffre, me pris par la main et m'emmena vers ce qui était devenu « notre » clairière. Mon cœur battait tellement fort que j'eus peur qu'il s'arrête définitivement, j'avais peur... peur de ce que je ressentais, il s'arrêta, étala la couverture et m'invita à m'y allonger à ses côtés...ce que fis, il était assez rare que le ciel fut aussi dégagé et j'en profitais pour admirer les étoiles en essayant de mettre ma gêne de côté

- J'ai envi de te faire un autre compliment, mais j'ai un peu peur que tu te fâche!

- Me fâcher pour un compliment? Rougir sans doute...

- Tu as une voix magnifique

- Merci, mais... comment tu sais ça au juste?

- Je t'es entendu, la première fois, tu étais de l'autre côté du bois sur le capot de ta voiture, la deuxième est la première nuit ou nous nous sommes vus ici...

- Alors, je n'avais pas rêvé, j'avais bien sentis qu'il y avait quelqu'un...

Je pris conscience que s'il avait entendu ça, il m'avait également entendu parler... je décidais de changer de sujet

- Puis-je te poser une question?

- Oui, évidemment!

- Es-tu déjà entré dans ma chambre? Enfin, c'est peut-être une question stupide, il m'a semblé... laisse tomber c'est ridicule

- C'est vrai Bella, avoua-t-il, disons que depuis quelques temps, je... j'aime te regarder dormir, au début, je me contentais de regarder par la fenêtre, mais la nuit où tu as fais ce cauchemar, ça m'a inquiété, alors je...

Il baissait la tête honteux, attendant certainement que je me mette en colère, mais moi j'étais plutôt flatté, à un point qu'il ne pouvait imaginer, il est vrai qui si quelqu'un d'autre m'avais fait une telle confession, j'aurais certainement explosé de colère...

- Je suis heureuse de savoir que je ne suis pas totalement folle, lui dis-je en souriant

- Tu...t'es pas fâché?

- Et bien, à ma grande surprise pas vraiment, je suis peut-être folle tout compte fait...

- Je ne pense pas

- Il est vrai que je trouve étrange que tu perdes ton temps à me regarder dormir, mais n'en parlons plus, soufflais-je gêné

- Tu es vraiment à part Bella Swan! Dis moi, comment s'est passé la « séance » avec Carlisle?

- Et bien, tu as vu par toi même! Il m'a demandé de me mettre en colère, j'ai réussis assez facilement, admis-je

- Tu arrive donc à te mettre en colère sur commande? Rigola t-il

- Il m'a suffit de pensé à Peter, avouais-je honteusement, quelques secondes ont suffis

- Je voudrais savoir se qu'il t'a fait? Tu as dis que tu été venus ici pour lui échapper

Je replongeai instantanément dans mes souvenirs, je me sentais si sale. Après tout, j'étais responsable de cela, j'avais fini par accepter sa proposition sachant très bien que jamais je ne ressentirais quoi que ce soit pour lui, mais ce jour, ce jour ou il avait pleuré... il semblait si triste, il disait être désespérément amoureux de moi et il en avait l'air, j'avais eu peur, peur de lui faire du mal...

Edward prit ma main me ramenant à la réalité

- Bella, si tu ne veux pas en parler, je comprends, je ne te poserais plus de questions, si tu le souhaite...
Gêné, je récupérais ma main...

- Ce n'est en rien ta faute, c'est de la mienne, il faut que j'assume mes erreurs, je ne peux pas me contenter de fuir, soupirais-je. En fait, j'ai rencontré Peter au lycée, au début on se disait juste bonjour, nous avions des amis en commun, il nous arrivait de sortir en groupe de temps en temps, mais rien de particulier ne laissait présager quoi que ce soit le concernant et puis quelques mois plus tard, il m'a envoyé une lettre me disant qu'il était tombé amoureux, fou amoureux, c'est ce qu'il disait...
Edward me fixait, je baissais les yeux, confuse et je poursuivais. Deux jours après, il laissait un énorme bouquet de roses devant ma porte avec un mot: Je veux que tu m'aime, tous les jours, j'avais droit à un petit mot, puis à des cadeaux, j'avais beau lui dire que je ne l'aimais pas, que je ne serais jamais amoureuse de lui, lui rendre ses présents, il n'abandonnait pas, et ce pendant plus de trois mois... Un soir alors que j'étais allé à l'anniversaire d'une amie où il était également, le frère de cette copine est venu me dire bonjour, il avait un peu bu et m'a enlacé, mais vraiment rien de méchant et Peter lui a sauté dessus. Je me suis tellement énervée contre lui, j'ai tellement hurlé qu'il n'avait aucun droit de faire ça que je n'avais plus de voix, je lui avais même dis que je ne voulais plus jamais le revoir que j'en avais cassé ma voix. Mais bien sur, dès le lendemain, il était devant ma porte, au début, je l'est très mal pris, puis il s'est mit à pleurer, à me dire qu'il ne survivrait pas sans moi, qu'il fallait au moins que je lui laisse une chance de me prouver ses sentiments et que si après ça je ne l'aimais toujours pas, il me laisserais tranquille définitivement, en entendant ses paroles, j'ai eu peur, il avait vraiment l'air fragile ce garçon pour s'attacher à moi de cette façon, alors j'ai accepté de le voir régulièrement pendant un mois, tout en lui disant que je ne changerais certainement pas d'avis et précisant qu'il n'était pas question de contacts physiques...

Je fixais le ciel comme pour me donner du courage, je n'avais pas l'habitude de me confier...

- Et je l'ai fais, pendant un mois, je l'ai vu toutes les semaines, cinéma, restaurant etc... mais rien n'y faisait, ses parents sont riches, il espérait surement que cela ferait pencher la balance, mais c'est mal me connaître. Pour finir, deux jours avant la fin de « l'échéance » il m'a invité chez lui insistant sur le fait que ce serait la dernière fois qu'il me voyait, quand je suis arrivé, il avait bu, il a voulut me faire boire aussi, mais j'ai refusé, et puis... il a...
Edward me souleva doucement pour me prendre dans ses bras, pour me bercer, me consoler

- Comment peux-tu croire que c'est de ta faute? Tu as tout fais pour ne pas le faire souffrir, jusqu'à accepter son chantage, ce garçon était obsédé par toi, il est complétement dérangé, tu n'y es pour rien, même lorsqu'il est venu te voir au lycée, la seule chose qu'il avait en tête c'était de te... de couché avec toi, tu n'y es vraiment pour rien...

- Alors, c'est peut-être que j'ai juste la poisse...

Je me libérai de son étreinte et me remis sur le dos, face aux étoiles, si ce n'était pas de ma faute, alors j'avais vraiment la poisse ou j'étais maudite, faire régulièrement du mal aux gens sans jamais l'avoir voulu, c'est fort! Qu'est ce que ce serait si je le faisais exprès? Pas question de faire subir quoi que ce soit à celui qui s'était approprié mon cœur, il me fallait trouver une solution pour l'éloigner de moi et le visage de Tanya m'apparut aussitôt, avec une énorme boule au ventre, je me décidais à argumenter en sa faveur...

- Tanya est très belle Edward, tu devrais lui céder, elle a l'air de tenir à toi...

- Mais moi, je n'aime pas Tanya! Me répondit-il contrarié

- As-tu seulement essayé? Insistais-je

- Pourquoi me dis tu cela? Tanya n'est vraiment pas le genre de femme qui m'attire! Pour tout te dire, c'est plutôt toi qui tiens cette place.
Les mots s'étaient surement échappés de sa bouche. Je préférais éluder, j'avalais difficilement ma salive en essayant de calmer les hurlements de mon cœur...

- Qu'est ce qui te déplais tant chez elle? Elle...

Il me fis taire en plaçant un doigt sur ma bouche et se redressa pour se pencher sur moi

- Elle n'est pas toi, dit-il dans un souffle. C'est juste qu'elle n'est pas toi...
Il me regardait avec une telle intensité comme pour me laisser voir la vérité dans ses yeux, que répondre à ça?

- Edward, soupirais-je

Je tournais la tête sur le côté pour éviter son regard, qui avait tendance à m'hypnotiser

- Bella, dit-il avec un large sourire, n'as-tu pas dit toi même que je te faisais ressentir certaines choses? Pour ma part, depuis que je t'ai rencontré j'ai l'impression que mon cœur à reprit vie, cela faisait 90 ans qu'il me semblait avoir disparut, je me surprends même à avoir des rêves, des envies, des besoins...

- Avec ma poisse légendaire, je risquerais de te contaminer, de plus je n'ai pas le droit de ... je n'ai pas envi de souffrir, désolé, murmurais-je
Il me fit assoir et se mis bien en fasse de moi, voyant que je baissais la tête, il releva légèrement mon menton, son visage se fendit d'un large sourire

- Bella, avant que tu arrive dans ma vie, j'étais si vide, je survivais tout juste, rien n'avait de sens, j'étais perdu dans ce corps, perdu dans cette immortalité, mort de l'intérieur et puis tu es apparus, au début, je t'es haï, tant j'avais envi de ton sang... tant j'avais peur de redevenir un monstre et puis très vite j'ai compris que même s'il m'étais difficile de résister à sa fragrance, ce n'était pas réellement ce que je voulais, je te voulais toi... en vie, j'ai compris que j'étais tomber éperdument et irrémédiablement amoureux de toi...

Je restais là, bouche bée, j'en oubliais même de respirer, comment une chose comme moi pouvait inspirer ce genre de sentiments à un dieu comme lui? C'était irréelle, impossible. Devais-je lui dire que je l'aimais aussi? Je semblais en être incapable. Je restais là, tétanisé à l'idée d'être en train de rêver, car si cela était un rêve, il ne fallait surtout pas que je bouge, je n'avais aucune envie de me réveiller...

- Bella, respire, enchaina t-il en élargissant un peu plus son sourire.

Dès que j'eus inspiré profondément, il plaqua ses lèves de neige sur les miennes, au début, je me contentais de rester immobile, surtout ne pas se réveiller, surtout ne pas se réveiller, me répétais-je, je voulais encore dormir...
Puis brusquement, je m'accrochais à lui, comme à une bouée de sauvetage à laquelle on s'accroche pour ne pas se noyer pour lui rendre son baiser, de la façon la plus passionné qu'il me fut possible... très vite, je me reculais, gêné d'avoir été si entreprenante, je baissais les yeux, mes joues certainement rouge pivoine, je remerciais le ciel d'être en pleine nuit et voua un culte à la lune par la même occasion...

- Tu es sur de ne pas avoir peur de moi? Demanda t-il la voix tremblante...

Mon dieu, comment pouvait-il penser cela? Même s'il décidait en cette instant d'aspirer toute l'hémoglobine de mon corps, j'utiliserais le peu de temps qu'il me reste à vivre pour remercier le ciel d'avoir la chance de mourir de ses mains ou plutôt de sa bouche. Je pris son visage en coupe, en fermant les yeux, cela m'aidait à dire des mots que je n'avais pas l'habitude d'utiliser, malgré tout, ma timidité était très forte, je sentais une multitudes d'émotions me transperçant agréablement la poitrine, tentant de reprendre une respiration régulière, je réussis à souffler quelque chose...

- Je t'aime Edward, chuchotais-je

Non qu'est ce que je viens de dire? Tu ne peux pas, tu n'as pas le droit! Répliqua une petite voix dans ma tête

- Répète-le les yeux ouverts...

- Non.

- Pourquoi?

- Me faire rougir ne te suffis donc pas? Veux tu que je m'évanouisse aussi? Je ne suis pas très résistante contrairement à toi...

Il embrassa mes yeux, doucement, délicatement...

- Répète-le s'il te plait, même les yeux fermés, je veux être sur de ne pas avoir rêvé

C'était décidément le monde à l'envers...

- Je t'aime, répétais-je un peu plus fort cette fois, j'avais l'impression que mon cœur allait prendre la fuite hors de ma poitrine...

- Ouvre les yeux maintenant...

Je me fis souffrance pour obtempérer, de toute façon, il me faudrait bien les rouvrir à un moment et là je vis des centaines de feuilles et de pétales de fleurs de la clairière qui tournoyaient autour de nous, éclairé par la lumière de la lune, c'était... sublime...

- Comment tu fais ça? Demandais-je émerveillé

- Mais moi je ne fais rien, me dit-il avec un grand sourire, mais maintenant je suis sur de ne pas rêver...

En entendant cela, mes joues me brulèrent jusqu'aux oreilles et tout retomba lentement au sol

- Je suis flatté de te faire un tel effet, mais si tu préfère rougir, ça me va aussi bien, désolé, mais tu es toujours aussi mignonne quand tu rougis, l'obscurité n'y change rien...

Je n'en pouvais plus, je ressentais une émotion si forte que j'eus l'impression que tout mon corps allait flancher

- Je crois que j'ai eu assez d'émotions fortes pour ce soir, dis-je timidement, il se fait tard, Charly va s'inquiéter...

Il avait l'air déçu, je ne supportais pas de le voir triste...

- Ais-je fais quelque chose de mal? Me demanda t-il

Une nouvelle fois, je repris son visage dans mes mains en évitant toutefois de croiser son regard, j'inspirais un bon coup...

- Ne crois surtout pas ça, j'ai besoin de reprendre mes esprits, c'est nécessaire pour préserver tous mes neurones dis-je en souriant, et tu dois comprendre que je n'ai pas l'habitude des démonstrations affectives, cela me demande beaucoup d'efforts, il me faut du temps pour assimiler, de plus, j'ai un père adorable, mais qui pose parfois trop de questions, merci pour ce merveilleux moment...

- Merci à toi, j'ai adoré le spectacle illustrant tes paroles...

- C'est très gênant de se trahir sois même sans s'en rendre compte, rétorquais-je presque vexé.

- Ne le sois pas! c'était magnifique...

Il prit ma main pour m'aider à me relever et sur le chemin du retour nous restions silencieux, lui se contentant de me caresser la joue ou de m'embrasser la main. J'étais aux anges, heureuse, je ne me souvenais pas avoir ressenti dans ma vie, ne serai ce qu'une infime partie du sentiment de plénitude qui envahissait tout mon être en cet instant, j'en frissonnais.

Au moment de sortir de la voiture, il avança son visage vers le mien

- Tu me manque déjà, me dit-il en caressant ma joue, aurais-je la chance de te voir demain?

- Je dois aller voir un ami demain après midi...

Son visage s'assombrit

- Un ami... important?

- Un ami de la famille...

Comment pouvait-il être jaloux?Était-il fou?

- Alors je viendrais te voir demain soir, si tu veux bien, proposa-t-il timidement comme prit par le doute...

- Je laisserais la fenêtre ouverte, promis-je

- J'ai hâte d'être à demain dans ce cas, bonne nuit, il mio cantante

- Pardon?

- Je t'aime, souffla t-il

Il démarra en trombe, me laissant là, le corps paralysé par les frissons, dès que j'eus récupéré mon souffle, je rentrais chez moi en ayant l'impression que mes pieds ne touchaient plus le sol...