Merci pour les reviews :D

J'aimerai pouvoir retrouver le mercredi comme jour habituel d'un nouveau chapitre, mais je fais comme je peux. Je me suis dis que vous préfériez sûrement l'avoir avec deux jours de retard, plutôt qu'une semaine

Spéciale dédicace à Audrey qui était assise à côté de moi sans pouvoir lire ce que je traduisais. Maintenant, tu pourras me dire si tu trouves que j'ai raison à propos d'Alice :D

Bonne lecture à tous


Chapitre 9 - Girlfriend

(Petite Amie)


BPOV

C'était une super journée au studio. La nouvelle chanson de Jasper était inspirante. Je résistais à la tentation de le titiller parce que c'était l'une des meilleures choses qu'il n'avait jamais écrit et je voulais travailler dessus pour faire quelque chose de bien. Il y avait tellement d'énergie dans la chanson, et en nous alors que nous travaillions dessus. C'était comme si on était sur le point d'attraper la foudre dans une bouteille, cet instant créatif fugace quand la magie arrive. On n'avait pas fini, la chanson était trop brute ce matin pour qu'on la termine en une journée, mais ça avançait bien et se transformait en quelque chose de spécial. Butch semblait excité par la chanson et dit qu'il avait quelques idées qu'il voulait essayer avant qu'on fasse un plus gros travail en studio, on en avait donc fini pour aujourd'hui. On conclut sur une vague créative, totalement euphoriques.

Il nous restait quelques minutes sur le planning, en plus Rose et moi devions attendre Alice, de toute manière, alors on se mit donc à jouer et à plaisanter, réticents à laisser notre euphorie musicale disparaitre. Emmett suggéra qu'on joue quelque chose de notre liste de chansons qu'on avait appelés ''Interdit au Public''. Elles n'étaient pas sur notre liste habituelle de chanson parce qu'on n'avait pas les bons instruments pour, ou qu'elles n'étaient pas bonnes pour moi du point de vue vocales ou tout simplement d'un style trop différent du notre. C'était un paquet de chansons qu'on gardait pour des occasions comme celle-là, quand on voulait seulement s'amuser, se détendre, relâcher la pression. On ne les jouait jamais sur scène, ni même considéré de les enregistrer. Diable, on ne les avait jamais joués devant d'autres gens. Cette musique était juste pour nous.

"Alors, on joue laquelle ?" demanda Rose alors qu'elle s'entrainer à faire un mouvement de doigts particulièrement difficile sur sa guitare. Elle avait exceptionnellement agiles. Jasper était de bien des manières plus musical que Rose, mais il ne pouvait nier son habileté naturelle sur la guitare. Et c'était tout à son honneur de n'avoir jamais essayé, même s'il jouait depuis plus longtemps qu'elle.

"Oh, faisons cette chanson de blues, celle avec la super ligne de basse," suggérai-je.

"'Love Me Like A Man' ?" demanda Jasper.

"Oui, c'est celle-là !"

Jasper nous dirigea avec la ligne de basse qui cimentait toute la chanson alors que Rose commençait la ligne de guitare et Emmett tapa sur la batterie. Je passai un bon moment en la chantant, même si ma voix n'était terrible pour le blues. Mais ça n'avait pas d'importance. Les paroles étaient culottées, sexy et amusantes et c'était une bonne façon de s'éclater et se détendre. C'était exactement ce dont j'avais besoin. Je n'avais pas pensé à Edward Cullen ou à toute cette merde depuis des heures.

On était tellement pris dans notre chanson qu'on n'avait pas remarqué la présence de visiteur dans la cabine d'enregistrement.

=FI=

EPOV

''On cherche le groupe Éclipse ?" pépia Alice au garde de sécurité des Studios Sound Design.

Il lui lança un regard qui disait "Tu penses vraiment que je vais te laisser entrer ?" Je m'avançai donc dans sa ligne de vision. Ses yeux s'écarquillèrent. Oui, c'est moi. Vous seriez étonnés à quel point ça marche bien.

"Mademoiselle Swan est une amie à moi," dis-je. "Elle a dit qu'elle serait là."

Elle n'avait pas exactement dit que je pouvais passer, mais je laisser cette partie de côté.

"Oh…" bafouilla-t-il, après avoir retrouvé sa voix. "Bien. Ils sont au studio D. Prenez à gauche au bout du couloir. Frappez à la porte de la cabine. Butch est probablement parti, mais Kyle, l'ingénieur son devrait toujours être là et vous fera entrer."

Je souris et le remerciai, Alice bondit devant moi dans le couloir. Le temps que je la rattrape, Alice était déjà dans la cabine en train de se lier d'amitié avec l'ingénieur son. Il me fit un signe de la tête alors que je me glissai à l'intérieur et fermai la porte derrière moi.

Mon attention fut immédiatement capturée par la voix venant des haut-parleurs du studio. Était-ce… Bella ? Sa voix était magnifique, claire et vibrante, d'un riche soprano. Je levai les yeux pour voir d'où ça venait et la remarquai à travers la vitre du studio.

Ils faisaient une chanson de blues, Jasper était perché sur un tabouret au milieu de la pièce, conduisant la chanson avec la basse. Il y avait une incroyable Amazone blonde avachit sur le canapé grattant les cordes d'une guitare, les yeux fixés sur ceux de Jasper. Ils se souriaient comme des fous, ayant une sorte de conversation musicale. Un énorme gars aux cheveux sombres était derrière la batterie, perdu dans son propre monde. Bella se déhanchait derrière le micro en chantant. Elle était simplement habillée d'un jean et d'un t-shirt noir des Rolling Stones, ses longs cheveux sombres ondulant autour de ses épaules et dans son dos.

J'eus l'impression de recevoir un coup dans l'estomac en la voyant. Tout ce à quoi je pouvais penser pendant un moment était la sensation de sa bouche sous la mienne, ses mains emmêlées dans mes cheveux, mes doigts effleurant ses seins…

J'avais vraiment besoin d'empêcher mon cerveau d'aller de ce côté-là. D'accord, pour être honnête, mon esprit n'avait rien à voir avec ça. Peu importe.

"Enregistrent-ils ça ?" murmurai-je, sans la quitter des yeux.

"Oh, non." Kyle, l'ingénieur haussa les épaules. "Ils ont finis pour aujourd'hui, ils sont juste en train de s'amuser. Ce n'est pas vraiment leur style."

Je devais l'admettre, la voix de Bella, toute jolie qu'elle était, n'était pas vraiment faite pour le blues, mais ça n'avait que peu d'importance. Elle s'amusait. La chanson était impertinente et elle le jouait jusqu'au bout, ils le faisaient tous en fait, passant un bon moment les uns avec les autres. C'était intéressant à voir.

Alice se pencha pour me chuchoter dans l'oreille. "La blonde c'est Rosalie. C'est la sœur jumelle de Jasper. Et là, c'est Jasper, tu as dis que tu l'avais déjà rencontré. Le gars costaud à la batterie est Emmett, le cousin de Bella. Il est avec Rosalie. Ils se connaissent tous depuis qu'ils sont tout gamins."

Son cousin ? Comment ne savais-je pas ça ? Et comme Alice le savait ? Quand avait-elle fait tout ce travail ? Mais une fois encore, rien de ce que faisait Alice ne devrait me surprendre à ce point.

Maintenant, je réalisai que Laurent m'avait donné un dossier sur Bella et un iPod avec la saison entière de cette émission qu'elle avait faite dessus et je n'y avais jamais jeté un second coup d'œil. Si ça avait été le cas, j'aurai su qu'un membre de son groupe était son cousin. Et je saurai qu'elle magnifique voix elle avait et combien elle était la tentation incarnée quand elle chantait. Une autre chose pour se sentir pitoyable. Je repasser le conseil d'Alice dans ma tête. Commencer par réparer. Je rentrerai à la maison ce soir et regardera chaque foutu épisode de cette émission.

Bella décrocha le micro du porte-micro et se déhancha jusqu'à passer derrière Jasper. Elle tourna son dos contre le sien et se pencha en arrière, taquine alors qu'elle chantait. Ses cheveux sombres tombèrent sur ses épaules et son dos alors qu'elle descendait un peu le long de son dos tout en chantant.

I never seen such losers, darlin'

Even though I tried

To find a man who could take me home

'Stead of takin' me for a ride

And I need someone to love me

I know you can

Elle se retourna, posant sa poitrine contre son dos et passant sa main doucement à travers ses cheveux. Elle fit descendre un doigt le long de sa mâchoire de manière séductrice avant de sautiller pour retourner au porte-micro. Il lui fit un grand sourire et un clin d'œil.

"Don't you put yourself above me

You just love me like a man"

Pas son petit-copain, huh ? Putain de vrai. Peut-être que c'était une merde du genre amis avec un plan cul, mais c'était là. Peu importe. Je me rappelai que ce n'était pas mon affaire. Bien que je remarquai un sentiment inconnu et peu plaisant qui faisait son apparition dans mon estomac et mes dents se serrèrent de leur propre volonté.

De retour à son porte-micro, un sourire toujours présent sur les lèvres, elle se glissa lentement le long du porte-micro alors qu'elle chantait le couplet suivant.

"Oh they want me to rock them

Like my back ain't got no bone

I want a man to rock me

Like my… backbone was his own"

A la dernière ligne, elle se releva, faisant glisser le bout de deux doigts sur le porte-micro.

Putain de merde…

Ça serait tellement plus facile de faire ça de la bonne façon et de bien me comporter si elle ne faisait pas des merdes comme ça… et ne ressemblait pas à ça… et n'avait pas une voix si sexy. Putain… ça allait me prendre un siècle pour effacer cette image, et tous les fantasmes que ça évoquaient, de mon cerveau.

Elle chanta le refrain et puis libéra son micro alors qu'elle sautillait vers l'Amazone, Rosalie, et chanta le couplet suivant.

"I come home sad and lonely

Feel like I want to cry

I want a man to hold me

Not some fool to ask me why"

Elle et Rose se lancèrent des regards féroces et finirent par faire sourire l'autre. Bella se pencha en avant pendant une seconde, ses yeux fermés alors qu'elle tentait de retenir ses rires pour pouvoir finir la chanson. Je réalisai que c'était la première fois que je la voyais vraiment rire.

Elle se tourna une nouvelle fois vers l'avant et se remit à chanter le refrain et se détendit alors que Jasper et Rose terminaient la musique.

Ils s'arrêtèrent et s'applaudirent les uns les autres, riant et plaisantant pendant une minute avant qu'Alice ne puisse plus se retenir et traversa la porte du studio à toute vitesse.

"Bella !"

"Oh, salut, Alice ! Je ne t'avais pas vu arriver ! Les amis, c'est Alice, la sœur d'Edward. Alice, ce sont Emmett et Rosalie. Et tu connais Jasper."

Je passai la porte juste à temps pour attraper Alice et Rosalie ne train de se dévisager avec un regard extrêmement intense. Je n'avais aucune idée de ce dont il s'agissait. Je ne comprenais vraiment pas les femmes.

Bella m'aperçut par-dessus l'épaule d'Alice et se glaça. Tout le monde dans la pièce se tourna pour me fixer en silence. Sympa. Gênant.

Elle s'empourpra légèrement, puis sembla retrouver sa voix.

"Edward… je ne m'attendais pas à te voir." Et maintenant je me sentais mal d'avoir débarquer comme ça. Peut-être que j'aurai du l'appeler d'abord. Peut-être qu'elle était en colère que je sois venu sans prévenir. Ça ne marchait pas pour l'instant. "Rosalie, Emmett, c'est Edward. Et je pense que tu as déjà rencontré Jasper."

Mes yeux lui lançaient des éclairs et je levai un peu le menton. J'ai compris ton manège, connard. Il me renvoya le même regard. Il avait aussi compris le mien. Mais je n'étais pas venu ici pour faire un concours de regards noirs avec Jasper. Je pris une profonde inspiration et me tournai vers Bella.

"Je peux te parler pendant un minute ?"

"Uh, ouais. Bien sûr. Alice, mets-toi à l'aise. Jasper, pourquoi tu ne lui montre pas le studio ?"

Alice partit comme une fusée, parlant à toute vitesse aux trois autres. Je me reculai dans la cabine et Bella suivit. Elle ferma la porte derrière elle. L'ingé-son était parti quand ils avaient finis la chanson, nous étions donc seuls.

J'expirai lentement et frottai ma nuque avec ma main alors que je regardai le plafond. Merde, cette merde était dure.

Elle se tint contre la porte, les bras croisés sur la poitrine, attendant patiemment sans expression sur le visage.

"Écoute, je suis désolé pour hier soir. J'ai fait un tas des suppositions fausses et insultantes à ton égard. Et je t'ai traité de façon irrespectueuse à cause d'elles. Je n'avais aucun droit de faire… de faire tout ça."

Elle resta silencieuse un moment, réfléchissant.

"Oh… d'accord."

"D'accord ?"

"Ouais, d'accord." Elle haussa les épaules. "Tu ne me connais pas. Je suppose que c'était des suppositions assez normales à avoir, aux vues des… circonstances."

"Mais je n'aurai pas dû, um… te toucher comme ça." Je ne pouvais pas me souvenir de la dernière fois où je m'étais senti à ce point gêné.

Elle rougit jusqu'à la racine de ses cheveux et baisa les yeux sur ses pieds. Il semblerait qu'elle le soit aussi.

"J'aurai dû t'en parler d'abord, au lieu de supposer que tu serais d'accord."

"Ok. D'accord. Non, ce n'est pas grave," bredouilla-t-elle, ne levant toujours pas les yeux. "Je comprends pourquoi tu l'as fait. C'est seulement… um, ouais, peu importe. Oublions, d'accord ?"

Elle parvint finalement à me jeter un regard.

"Ouais, d'accord. On oublie. On peut recommencer du début ?"

"Quoi ? L'arrangement ?"

"Oui. On peut repartir de zéro ?"

Elle y réfléchit pendant un moment.

"Je pense qu'on peut faire les choses bien," dis-je, essayant de sembler sûr de moi. "Je veux dire que je peux faire ça bien. Si tu veux me donner une autre chance."

"Bien sûr. Ouais, on peut le faire." Elle laissa finalement échapper la profonde inspiration qu'elle retenait et se détendit légèrement. Tout comme moi. Je lui fis un petit sourire et les coins de sa bouche se soulevèrent un petit peu. D'accord, progrès. Un petit pas, mais du progrès quand même.

"Alors, ça te dit de faire quelque chose ? Un autre rendez-vous ?"

"Um, oui. Bien sûr. Qu'est-ce qu'il y a au programme ?"

"Un match de baseball. Les Dodgers. Demain."

"Baseball ?" demanda-t-elle, surprise.

"Bella, c'est le passe-temps national," dis-je d'une sincérité moqueuse et maintenant, elle parvint à avoir un vrai sourire. La tension sembla momentanément disparaitre. Je m'accordai un petit instant de triomphe. J'avais au moins réussi à réparer un peu ça.

"D'accord, alors baseball c'est bien."

"Je t'enverrai les détails par texto."

La porte s'ouvrit à la volée derrière Bella et elle trébucha en arrière dans Alice.

"Oh, mon dieu, Bella ! Désolée ! Je venais seulement voir si tu étais prête à partir." Elle poussa un hoquet de surprise et se recula rapidement. "Vous êtes toujours en train de parler ?"

"Non, non !" dit rapidement Bella alors qu'elle retrouvait son équilibre. "On avait fini."

Alice me lança un regard plein de sous-entendus. Je lui fis un petit sourire et un léger signe de la tête. J'y travaille, crevette. Alice sembla apaisée.

"D'accord !" aboya-t-elle. "Rosalie est prête, alors allons-y !"

"Tu es dans les pattes d'une crevette accro au shopping, maintenant," dis-je à Bella, ma voix moqueuse et sérieuse. "J'espère que tu peux le supporter."

Bella rit tout haut et permit à Alice de la tirer dans le couloir.

Je me tins là un moment, émerveillé à combien ça faisait du bien de la voir rire comme ça.

=FI=

BPOV

Jusqu'à présent le shopping semblait bien se passer. Rose et Alice faisaient toujours cette danse un peu tendue autour l'une de l'autre, essayant de déchiffrer l'autre, mais ce n'était pas désagréable. Faire les boutiques, au moins ce genre de shopping, pour des vêtements chics, était l'une de mes activités les moins appréciées, mais Rose semblait vraiment aimé ça et pour Alice, c'était l'équivalent d'une expérience religieuse, alors de ce côté-là, elles s'entendaient très bien. Tout le monde faisait très attention à ne pas mentionner Jasper, ce qui était assez amusant, pensai-je, depuis qu'il était la raison de leurs présences à toutes les deux aujourd'hui.

Ça avait commencé d'une manière un peu étrange et dérangeante, du moins pour moi. Edward était la dernière personne que je m'attendais à voir, surtout là au studio, qui était un peu mon petit monde personnel qui n'avait rien à voir du tout avec lui. Et de tous les moments pour venir, il choisit d'arriver quand on s'amuse avec cette chanson de blues. Je ne pouvais pas être surprise dans le parc avec une de nos chansons, oh non. Je devais imiter une chanteuse de saloon. Dieu, je pense que je me suis même frotter contre Jasper à un certain point. Gah… tellement gênant.

On gardait ce genre de chanson dans notre répertoire de répétition justement pour ce genre de choses. Le reste du groupe semblait penser qu'elles m'aidaient à me lâcher sur scène. J'étais naturellement une chanteuse, mais pas toujours naturellement une artiste. Il m'avait fallu des années pour développer un personnage de scène et j'avais toujours tendance à être entravé par ma propre réserve personnelle. Alors Emmett et Jasper cherchaient constamment des chansons comme celle-là, celles qui selon les termes d'Emmett ''pour que je me lâche''. C'était idiot, mais ça marchait. Des chansons pareilles me permettaient de libérer ma rock-star intérieure. J'étais seulement désolée qu'Edward m'ait vu faire ça. C'était comme si il m'avait attrapé en train de chanter avec ma foutu brosse à cheveux devant le miroir de ma salle de bain.

Il n'était pas ce à quoi je m'attendais aujourd'hui. J'étais prête pour plus d'arrogance et de colère, prête à ce qu'il me dise que l'arrangement n'allait pas marcher. J'étais prête pour ça mais l'idée qu'il fasse ça ressemblait étrangement à du rejet, ce qui était bizarre pour moi. Mais je n'avais pas longtemps pour analyser ce que pouvait signifier ce sentiment parce que ce n'était pas tout ce qu'il avait dit.

Il s'était excusé, ce qui me rempli de joie pendant un moment. Et quand il a expliqué qu'il m'avait mal jugé moi et mes motivations, je compris, du moins un peu, son attitude. Je pensai aussi que c'était arrogant de sa part d'assumer que quelqu'un méritait d'être traité comme ça, peu importe, c'était du progrès, d'une certaine façon.

Et loin d'annuler toute l'affaire, il voulait sortir à nouveau. Alors maintenant je devais penser à ça et paniquer. Alice saisit l'opportunité.

"Un autre rendez-vous ? Où ?"

"Un match de baseball," dis-je sèchement. Rose rit mais ne dit rien. Ouais, elle me connaissait bien.

Alice fronça les sourcils, concentrée.

"Eh bien, c'est notre priorité, alors. Quelque chose à porter pour l'occasion."

"Alice," protestai-je. "Ce n'est pas l'avant-première d'un film. C'est un match de baseball. Je peux sûrement porter mes propres vêtements. Quelque chose que j'ai d'avant."

Elle m'observa d'un regard inquisiteur.

"Ce sont tes propres vêtements ?"

"Oui."

"Um, alors non. On a besoin de faire les boutiques."

Je pris une profonde inspiration et essayai de ne pas m'offenser. Après tout, c'était son monde, pas le mien. Elle s'y connaissait probablement mieux. Rose retint ses rires. Elle était amusée par Alice, je pouvais le dire. J'étais contente de ça, je décidai donc de me terre et de laisser Alice faire les choses à sa manière.

On commença donc par une boutique à Beverly Hills qui était l'une des préférées d'Alice. Elle avait apparemment appelé à l'avance, parce que de nombreux porte-vêtements étaient déjà mis de côté pour que j'essaye. Toutes les personnes présentes étaient familier avec Alice et la tutoyait, bien évidemment. Je ravalai ma fierté et disparus dans les cabines d'essayage pendant qu'Alice et Rose s'installaient sur les chaises face à la porte. J'apparus dans chaque tenue et Alice émit un jugement. Ce n'était pas des vêtements que je choisirai pour moi-même si c'était mon choix, mais jusqu'à présent, je devais admettre qu'Alice faisait un bien meilleur travail que la première styliste. Rose semblait le penser aussi. Elle ne dit pas grand-chose, mais je la vis apprécier chaque tenue et s'accordait silencieusement avec le jugement d'Alice.

A un point, je sortis vêtue d'un jean de designer stupidement cher (qui je devais le reconnaitre m'allait mieux que les jeans que j'avais eu avant) et une blouse rose de soie. Alice semblait déchirée. Je soulevai un cintre.

"La blouse existe aussi en bleue. Laquelle ?"

Sans attendre, Alice et Rose répondirent à l'unisson. "Bleue."

Elles tournèrent la tête pour se regarder dans les yeux et ça y était… Alice était entrée. Je souris avec fierté. Je savais que Rose l'adorerait.

On garda le jean, je le porterai demain m'informa Alice. Elle trouva aussi une blouse sans manche de couleur verte qu'elle disait parfaite pour le baseball, peu importe ce que ça voulait dire.

Deux heures plus tard, j'avais une énorme quantité de vêtements usuels et un tas de robes de soie. Alice dit que maintenant qu'elle m'avait vu dans certains de ces vêtements, elle m'enverrait plein d'autres vêtements à ma maison pour essayer. Ugh. Fantastique.

Les vendeurs serviables commencèrent à passer les vêtements à la caisse et je tendis la main pour mon sac. La petite main d'Alice attrapa mon poignet et elle secoua la tête.

"Uh-uh. Edward paye," dit-elle sévèrement.

"Quoi ? Hors de question, Alice. C'est tellement inapproprié. Je ne peux pas le laisser faire ça !"

"Bien sûr que tu le peux. Premièrement, il ne le remarquera même pas. Deuxièmement, il m'a dit… ah… ce qui s'est passé la nuit dernière, et il a besoin de se faire pardonner."

Je dus passer par toutes les teintes de rouges, parce qu'Alice attrapa ma main et la serra de manière rassurante.

"Bella, ce n'est rien de grave. Oui, il me l'a dit, mais je l'ai vu en ligne cet après-midi. C'est partout sur le net."

"Oh mon dieu, tu plaisantes ! Ça n'aide pas, Alice !"

"Détends-toi, Bells," joignit Rose. "Tu savais que ça allait arriver. Ok il y a quelques photos de toi en ligne en train d'embrasser le plus bel homme d'Hollywood. Oh putain de mon dieu."

Alice rit et je haussai les épaules. Rose avait raison. C'était exactement ce pourquoi on était là, pour que les gens le sache. C'était seulement si personnel quand c'était arrivé, que maintenant je découvrais que toute l'Amérique y avait jeté un coup d'œil toute la journée. Ugh…

On se déplaça ensuite vers le magasin de chaussures et Alice trouva des sandales à semelles compensées en cuir qu'elle dit parfaite pour un match de baseball, ainsi que plusieurs autres paires qu'elle appelait 'les chaussures à talons essentielles'. Une fois encore, je chouinai à propos des talons et cette fois Rose et Alice s'allièrent contre moi et argumentèrent leur nécessité, je n'avais aucune chance.

Il y avait quelque chose de différent sur le shopping des gens riches, remarquai-je. En fait, il y avait beaucoup de choses qui étaient différentes, mais la plus folle d'entre toutes était la façon dont les vendeurs nous traitaient, comme si on était des amis de passage, pas des clients. Chaque boutique offrait des rafraichissements, une tasse de thé, quelques amuses-bouches, un verre de vin. Je dis oui pour le vin à la première boutique, juste pour me détendre un peu, puis on a continué à dire oui après, juste… parce que. On s'arrêta pour manger des tapas et plus tard, après bien trop de pichets de sangria, toutes trois étions comme des sœurs perdues de vue et complètement bourrées. Dieu merci Alice avait louée une limousine pour la journée parce qu'elle ne voulait pas avoir à gérer le parking, ou on aurait du passer un coup de fil gênant à l'un des garçons pour qu'il vienne nous chercher.

On tituba hors du restaurant à 23h, bourrées et stupides, et nous installâmes dans la voiture.

"Alice, on va te déposer en premier," offris-je. "Tu habites où ?"

Elle agita la main devant son visage. "Je suis chez Edward pour l'instant."

"Pourquoi ?"

"Pourquoi pas ? Sa maison est mieux." Elle haussa les épaules.

Elle dirigea le chauffeur vers la maison d'Edward et ordonna qu'il augmente le son de la radio… à fond. On passa le trajet à chanter à pleins poumons des mauvaises chansons de pop et à glousser comme des ados. Le chauffeur arriva devant le portail d'Edward et Alice parvint à s'extirper du siège pour taper le mot de passe et retomba dans la voiture sur mes genoux.

"Bella on a besoin de te donner le code d'entrée du portail ! Et une clef !" dit-elle comme si c'était un fragment d'information crucial que tout le monde avait oublié.

"Pourquoi j'aurai besoin de ça, Alice ?"

"Parce que tu es la petite-amie d'Edward ?"

"Alice ! Non, ce n'est pas vrai !"

"D'accord, d'accord. Tu es sa prétendue petite-amie. Et c'est le plus proche de ce qu'il ait jamais eu ! Et c'est plutôt cool !"

On était à la maison maintenant, et ma mâchoire tomba par terre. Même à travers mon regard teinté par l'alcool j'étais impressionnée. C'était magnifique, moderne, à plusieurs étages, avec des murs de vitres s'étirant sans fin dans toutes les directions. Comment diable une seule personne pouvait utiliser tout cet espace ?

"Vous devez rentrer avec moi !" s'exclama Alice.

Et parce qu'on était complètement bourrés, ça semblait être une idée putain de fantastique. Raison pour laquelle on finit par trébucher à travers l'entrée de la maison d'Edward en rigolant comme des folles.

Alice essaya de nous faire taire bruyamment, ce qui nous fit encore plus rire, elle aussi.

"On a besoin de plus d'alcool !" cria Alice.

"Alice, je vais m'endormir sur ce sol où je me tiens si je bois une goutte de plus," gémit Rose.

"Alice ?" La voix profonde d'Edward venait du haut du large escalier central devant nous, nous arrêtant d'un coup. Nous restâmes silencieuses pendant un moment alors qu'on le fixait toutes les trois avant de se remettre à exploser de rire. Puis il réalisa exactement ce qu'il avait sur les mains et leva les yeux au ciel avec un petit sourire alors qu'il descendait les escaliers. Putain, il était tellement beau. Il portait un t-shirt vert foncé, un jean sombre qui reposait très bas sur ses hanches et il était pied-nus. J'allais devoir m'enfuir de là vite, surtout que l'alcool avait sérieusement affaibli mon filtre et mon self-control. Une combinaison dangereuse autour d'Edward Cullen.

"Je suis désolée," marmonnai-je, me sentant soudainement mal d'avoir envahi son espace de cette manière. Il doit penser que je suis lunatique. "On a simplement bu en mangeant et…"

"Et bu avec les courses !" ajouta Rose, obligeamment.

"Oui." Je hochai la tête avec enthousiasme. "Et on a bu en faisant les boutiques, et eh bien… nous voilà."

"Oui," dit-il avec un sourire en coin. "Vous voilà." Il souriait et faisait une nouvelle fois ce truc d'éblouissement. Pas bon. Dois s'échapper. Ou dois coucher avec lui. Coucher avec lui serait bon, aussi. Coucher avec lui serait super ! Non ! Non, s'échapper est mieux ! Dois rentrer à la maison !

"Pourquoi es-tu là ?" J'entendis ma propre voix sans réaliser que j'avais décidé de parler.

Edward me fit une grimace et semblait confus. "Je vis ici, Bella."

"Non, pourquoi tu es ? Quand ils nous ont mis ensemble, ils m'ont dit que tu faisais la fête tout le temps et que tu sortais toutes les nuits. Mais tu es là. Et nous étions en train de faire la fête."

Alice et Rose trouvèrent ça hystérique et se mirent à glousser derrière moi.

"Il ne sort plus, n'est-ce pas, Edward ?" taquina Alice, d'une voix chantante. "Ouaip, depuis que Bella est arrivé, tu as vraiment été un bon garçon."

"Alice, ferme-la," grogna Edward.

"C'est vrai ?" demandai-je, passant soudainement un bras autour de son cou. Quand mettais-je approché si près de lui ? Je croyais que je me tenais là-bas ? Merde, il sent bon. Danger !

Il me fit un sourire, quelque chose se réveillant dans ses yeux et que je reconnus dans mon cerveau embrumé. Il tendit la main pour la poser sur mes hanches, me retenant. Merde. Danger !

"Je dois rentrer à la maison," murmurai-je, m'écartant de lui et trébuchant. Il tendit le bras pour attraper mon avant-bras.

"Alice, la limousine est toujours là ?" demanda-t-il, tenant toujours mon bras pour m'empêcher de tomber, ce qui était une bonne idée, parce que j'avais l'impression que ça serait le cas.

"Ouais, le chauffeur est là," dit-elle avant de laisser un énorme bâillement s'échapper.

"Il peut m'emmener avec Rose. Oh flûte ! Mon camion ! Il est toujours au studio !" pleurnichai-je.

"Je m'en occuperai," dit Edward doucement.

"Quoi ? Comment ?"

"Donnes-moi juste tes clefs. Je te l'amènerai. Il sera là demain quand tu te réveilleras. Je te le promets." Il sourit doucement, me montrant sa main pour lui donner les clefs.

J'y réfléchis une demi-seconde avec de les sortir de mon sac et de les lui donner. Elles n'allaient pas me servir à grand-chose dans cet état de toute manière.

"Merci."

"Pas de problème. Je te verrai demain."

"D'accord. Rose ?"

Je passai un bras tremblotant autour de ses épaules et on marcha en zigzague jusqu'à la voiture, lançant des déclarations d'amour et de dévotions éternels à Alice par-dessus nos épaules tout en gloussant. Edward se tenait sous le porche, les bras croisés sur son torse, nous regardant jusqu'à ce que la voiture soit hors de vue.


Pensez à laisser un petit message

Review = teaser n'oubliez pas :D