8. Des câlins ! (Coeur)
Une petite semaine était passée ainsi selon une routine bien réglée. J'avais acheté le fameux moniteur le samedi et je pensais déjà l'avoir rentabilisé. Je voyais Alice tous les jours et on se voyait chaque fois que je ne travaillais pas chez Newton. Alice trouvait ça ridicule car elle pouvait m'offrir absolument tout ce que je voulais : son don était éminemment pratique pour investir en bourse. Mais je ne voulais pas me faire entretenir et tenais fermement à mon indépendance.
Même si objectivement, elle m'offrait absolument tout, à commencer par le fameux portable dont nous avions parlé il y a près d'un mois et demi de ça. C'était pour elle le moyen de me donner rendez-vous n'importe où, n'importe quand. Et de me prévenir s'il y avait un « problème ». Comme une bande de vampires non végétariens qui venait leur faire une petite visite de courtoisie, ce qui empêchait Alice de venir me rejoindre.
Edward avait vu que l'un des membres du groupe, un certain James, était un traqueur et rêvait d'un challenge pareil : une humaine protégée par un clan entier de vampire. Pour une raison que personne ne savait, James faisait une fixette sur Alice et surveillait chacun de ses mouvements. Donc pendant trois jours, elle sécha le lycée, ne vint pas me voir et ne me téléphona que cette fois-ci pour me prévenir du silence radio. Lorsque les nomades furent partis, Alice revint, visiblement soulagée mais pas totalement rassurée.
Ce groupe traînait dans les parages et reviendrait tôt ou tard simple question de temps. Cet épisode ainsi que les complications de nos premiers émois lui faisait adhérer de plus en plus à la vision d'Emmet. Humaine, j'étais faible et quand bien même nous arrivions tôt où tard à faire avec mes palpitations et son envie de me mordre, je resterais une proie facile pour des individus comme James. Il y avait au moins une dizaine de « James » rien qu'aux États-Unis et au moins vingt fois plus de par le monde.
Alors entre me transformer ou nous exiler en Alaska, avec le clan Denali, loin des autres vampires et de la civilisation, son cœur balançait, mais toujours, elle voulait que ce soit mon choix et non le sien. Elle avait juste un parti pris. Ce qui nous amenait à la problématique numéro un de notre couple mixte* : comment avoir une sexualité avec ma vampire de petite-copine sans que ça finisse dans un bain de sang ?
Là où je prenais le parti d'essayer, Alice me distrayait avec toutes les propositions possibles : cinéma, shopping, ballade... et même du base-ball avec sa famille. Tout était bon pour que je m'endorme épuisée le soir et qu'elle rentre sagement après avoir échangé un dernier bisou dans le dos de Charlie. Je voulais qu'elle reste au moins dormir : si Edward pouvait m'observer dormir sans craquer, nous pouvions bien partager les couvertures sans qu'elle me saute dessus, vampiriquement parlant.
Les négociations furent rudes et me tinrent tout le mois de mars. Au final, je ne cédai pas, elle non plus mais j'obtins un sympathique compromis. Alice qui voyait l'avenir avait pourvu à tout avant même la fin des négociations. Sa chambre était désormais pourvue d'un gigantesque lit à baldaquin en bois noir. Il va sans dire qu'elle avait sacrifié la moitié de l'espace disponible pour en faire l'acquisition.
Et que parce que c'était Alice, le lit était forcément rehaussé de voilages, de draperies en soie. Je ne sais pas si c'était l'idée qu'on se faisait du cliché romantique quand elle était encore humaine en tout cas, j'étais conquise dès que je vis le lit. Alice qui ne faisait pas les choses à moitié n'avait pas lésiné sur les bougies parfumées, les pétales de rose, bref, le cliché absolu tiré de je-ne-sais-quel film à l'eau de rose dont elle s'était inspirée sans aucun doute possible.
Bon, l'os, c'était quand même qu'elle n'acceptait de dormir avec moi qu'à condition que l'on soit à la villa Cullen. Le prétexte d'une soirée pyjama était passé comme une lettre à la poste auprès de Charlie qui croyait dur comme fer que j'avais encore onze ans, il fallait croire... mais ça m'arrangeait bien. Bref, je me retrouvai dans la chambre d'Alice, à moins d'une seconde du bureau de Carlisle à vitesse de vampire.
Et la moindre odeur de sang ferait rappliquer la famille entière pour éviter qu'Alice ne me vide entièrement si elle flanchait. Bon, il n'y avait pas d'antidote qui empêche la transformation si elle me mordait mais c'était un risque que j'avais accepté dans la seconde où j'avais su ce qu'elle était. C'était ça ou la quitter de mon plein gré, en promettant de garder leur secret et en priant pour que les plus sceptiques, genre Emmet, me laissent partir sans me tuer.
Autant dire, la peur d'Emmet n'avait eu aucun poids dans ma décision. Alice me manquait. Alice était prête à me voir vieillir et mourir à ses cotés en tant qu'humaine. C'était un avenir qu'elle avait entrevu comme possible... Donc j'avais accepté. Je n'avais pas pris de décision. Et si elle me mordait par accident, je n'aurais plus de décision à prendre. Je nous faisais assez confiance, à toutes les deux pour ne pas prendre de risque inconsidéré.
oOoOo
Bref, nous étions là, au bout du bout, dans sa chambre, après de féroces négociations, prêtes à tenter de passer une nuit complète, toutes les deux, dans les mêmes draps. Sans qu'il ne se passe rien de compromettant, bien entendu... une victoire à la fois et à chaque jour suffit sa peine. Je prévoyais déjà de renouveler l'expérience une bonne dizaine, avec ou sans l'accord de Charlie.
Puis quand il serait avéré que l'on peut passer la nuit sans risque côte à côte, je la convaincrait doucement mais sûrement de tenter mon petit lit une place. Et une fois fait et à force de cajoleries, je finirais par la convaincre de tenter plus que quelques bisous et quelques câlins toutes habillées. Je suis géniale, je sais... c'est bon pour l'estime de soi.
Et puis, le principal argument d'Alice est qu'elle risquerait de ne plus contrôler ses envies et de déraper en plein acte. Enfin, c'est Alice dont on parle et je sais que derrière sa réserve et son self-control, elle est aussi délurée et passionnée que pour tout le reste. J'espérais simplement ne pas avoir à passer par la case vampire avant de la découvrir sous cet angle car je n'ai pas envie que ma décision soit motivée par la libido...
Même si pour elle, c'était très ouvertement le nerf de la guerre depuis l'accident James :
Si j'étais comme elle, ce serait tellement plus simple, tellement plus facile et nous pourrions consommer notre relation sans avoir peur de ce qui pourrait se passer au moindre câlin. Mais au delà de ça, elle ne me forçait pas du tout la main... logique de vampire perverse et sadique qui a tout le temps et la patience nécessaire pour obtenir ce qu'elle veut.
Mais là, tout de suite, je voulais juste m'extasier sur le lit, sur les bougies parfumées et sur ma délicieuse petite-amie. Les pétales de roses, c'était juste too much.
-Je croyais qu'on s'était mises d'accord pour un lit deux places... et tu me sors un lit king size et tout ça ? Tu ne veux même pas me toucher et tu me sors le grand jeu... Alice Mary Cullen, souffrez-vous d'un dédoublement de personnalité ou cherchez-vous juste à me rendre complètement dingue ?
-Le lit était déjà acheté avant même que l'on négocie la chose et de plus... que l'on se contente de passer la nuit chastement toutes les deux ou que l'on tente plus, le bureau de Carlisle reste toujours à la même distance en cas d'accident. » renchérit-elle d'un ton espiègle. Et je sus dans l'instant qu'elle avait tout prévu. Tel est pris qui croyait prendre, hein ? Oui, je suis une grande maligne mais j'étais bonne perdante.
Je la détaillai toute entière d'anticipation alors que nous comblions les centimètres quand mon petit moniteur se mit à biper, signe que je m'excitais trop vite. Alice me sourit très fière d'elle et je fermai les yeux, tentant de me calmer. C'était mauvais signe si mon cœur commençait à s'emballer avant même que l'on se soit ne serait-ce que touchées.
- J'ai chassé avant d'aller te chercher. Je suis aussi repue que je peux l'être. On peut peut-être revoir la sensibilité de ce petit appareil à la hausse...
- Tu es sûre ?
- De toute façon, cet appareil n'est là que pour te rassurer toi. Si ton cœur se met à palpiter, je le percevrai bien avant ton appareil et même avec toute la bonne volonté du monde, tu ne pourrais pas calmer ton rythme cardiaque à temps si je perdais le contrôle.
- Merci de casser le mythe et de m'ôter tout semblant de contrôle sur la situation...
- Il fallait bien que je te le dise un jour ou l'autre. Cette petite chose peut t'aider potentiellement à te calmer, bien avant que je perde le contrôle, certes mais c'est tout. 80 pulsations minutes, c'est rien. Et ce petit appareil ne prend pas en compte d'autres facteurs : ta pression sanguine, la dilatation des artères, le sang à fleur de peau quand tu rougis. Tu te contrôles beaucoup mieux, moi aussi mais ce petit appareil n'est rien d'autre qu'un placebo high-tech... et particulièrement bruyant.
J'écoutais attentivement ce qu'elle disait, sceptique, mais n'en diminuai pas moins par deux la sensibilité de l'appareil. Il nous dérangerait beaucoup moins.
- Ôte-moi un doute. Tu me dis ça maintenant juste parce que c'est la stricte vérité ou parce que tu as décidé de me séduire ce soir et que cet appareil est un obstacle à tes plans.
- Héhé. Je suis percée à jour. Oui, c'est l'entière vérité et oui, ton bidule me gêne dans mes plans. Je te convaincrais bien de l'enlever pour de bon mais je sais que ça te rassure donc garde-le.
Je me serais bien contentée de reprendre là où nous étions arrêtées mais je devais reconnaître que mon petit tranquillisant placébo m'avait coupé tous mes effets. J'allai donc m'installer sur le lit, après m'être frayée un chemin à travers les voiles et fis signe à Alice de me rejoindre. Calée en position assise contre les oreillers, nous discutâmes un bon moment. Je finis par me retrouver presque allongée sur elle, blottie dans ses bras sans même savoir comment on y était arrivées.
Puis ses mains se mirent à me caresser, doucement, invitantes. N'y tenant plus, je finis par me redresser et me retourner pour pouvoir lui répondre, et lui faire face. Jusque là, rien de nouveau, des câlins très chastes et un premier baiser, tout aussi chaste. J'essayais de me rappeler comment les choses s'étaient déroulées, dans le bois, avant que ça tourne court. J'essayais de retrouver cette intensité perdue, cette spontanéité qui nous avait conduites aussi loin.
Il fallait faire pont entre l'ambiance actuelle, plutôt sage, et l'ambiance urgente et passionnée de cette fois là. Alors je laissais un petit baiser en suivre un autre, se chercher, se faire de plus en plus taquin, et demandeur. Puis nous finîmes enfin par prolonger le baiser, chacune répondant au désir de l'autre, patiemment, sans urgence. Et c'était tout aussi bon. Plusieurs baisers furent échangés ainsi avant que ses mains glissent sous mon haut.
Mes propres mains étaient trop occupées à fourrager dans ses cheveux et à jouer avec ses épis pour opposer la moindre résistance. J'étais en confiance. Elle se contrôlait et je lui laissais le contrôle. Je profitais. Ma chemise fut bien vite déboutonnée. Beaucoup trop vite pour des mains humaines et je lui concédais de lever les bras pour lui faciliter la tâche. J'entrepris de faire pareil avec le sien mais notre baiser s'approfondit avant que j'arrive à mes fins.
C'était bon de la sentir de nouveau de cette manière. De se chercher mutuellement, de se jouer l'une de l'autre, de se taquiner du bout de nos langues. C'était toujours aussi étrange et merveilleux. Ce n'était que la deuxième fois après tout. Finissait-on seulement par s'en lasser un jour ? Lorsque le baiser cessa, son haut avait rejoint le mien et nous étions peau contre peau. Ses lèvres dans mon cou prenaient une toute autre signification à présent.
Mais nous n'étions pas dans un film ou dans un roman. Elle pouvait me mordre au poignet comme à la jugulaire que ça aurait le même effet. Dans un cas comme dans l'autre, elle pouvait me vider de mon sang en trois ou quatre battements de cœur. Dans un cas comme dans l'autre, si elle s'arrêtait à temps, rien ne pourrait interrompre la mutation qui s'en suivrait. Elle pouvait explorer mon corps entier, je lui faisais confiance et le lui rendais bien.
Nous nous arrêtâmes, une éternité plus tard, sans aller plus loin que d'autres baisers passionnés et l'exploration que nous avions commencée ce soir là. Les pantalons avaient rejoints les hauts mais nous gardions le reste pour plus tard. Nous avions le temps et j'étais déjà trop heureuse de cette avancée, que je n'espérais pas avant plusieurs semaines.
Sa peau était merveilleusement douce sous mes mains. Ses mains sur mon corps étaient froides et me laissaient pleine de frissons. Je me sentais pourtant de plus en plus chaude là où elle venait de me toucher comme un fantôme des frissons qu'elle avait provoqué à son contact. Nous étions arrivées jusque là sans incident. Qui peut le plus peut le moins et qui peut une fois peut dix fois. J'étais certaine que nous pouvions recommencer, encore et encore.
Et tenter un peu le diable avant d'atteindre les limites de ses résistances. Elle avait failli me mordre pour moins que ça il y a moins d'un mois. Elle se contrôlait beaucoup mieux, je rougissais beaucoup moins et mon cœur se montrait beaucoup plus sage. Et ce soir là, je m'endormis tout contre elle, peau contre peau. Son odeur embaumait les draps. Sa fraîcheur me suivait jusque dans mon sommeil. J'étais bien rien que de la savoir présente, à veiller sur mon sommeil. Et si la nuit fut courte, je n'avais pourtant jamais aussi bien dormi.
oOoOo
Lorsque je m'arrachai aux bras de Morphée, j'étais encore dans ceux d'Alice, preuve que ma nuit avait été particulièrement calme et réparatrice. D'habitude, je m'agitais dans mon sommeil et mon lit au réveil ressemblait plus à un paysage de désolation qu'autre chose. Et aujourd'hui, j'étais confortablement installée et en fait, affalée sur elle. J'avais donc bien bougé un peu pendant la nuit, mais mon subconscient avait dû me trahir tellement j'étais lovée contre elle.
Je ne la gênais pas pour respirer, elle n'en avait pas besoin. Et elle aurait voulu respirer ou simplement se mouvoir qu'elle aurait pu sans difficulté. Un éléphant n'aurait pas suffi à entraver ses mouvements donc, a fortiori, je ne pouvais me permettre autant de prétention. Si elle restait sous moi, immobile, à veiller sur mon sommeil, c'est qu'elle le voulait bien. Je me fis violence pour m'extraire de notre étreinte et ouvrir péniblement les yeux. Je n'étais pas du matin mais paradoxalement, je n'avais jamais aussi bien dormi bien que ce fut encore l'heure du petit jour.
-Bonjour ma Bella, bien dormi ?
-Bonjour Alice, oui, comme un charme. Et toi, tu as passé une bonne nuit ?
-Intéressante. Tu bouges beaucoup... et tu parles en dormant. » me dit-elle tout sourire.
-Je n'ai rien dit ou fait de compromettant au moins ? » lui demandais-je, un peu gênée.
-Tu veux dire à part murmurer mon nom, soupirer d'aise et t'agripper à moi toute la nuit ? Non, rien de spécial... » me répondit-elle goguenarde, très fière de son effet. Et je rougissais violemment, incapable de la regarder dans les yeux. Je savais que je devrais mieux me contrôler surtout pour elle, mais je me sentais beaucoup trop honteuse pour que cela ne transparaisse pas sur mon visage.
Prenant mon visage entre ses mains froides et apaisantes, elle me força à la regarder, sans violence mais avec fermeté, laissant nos yeux se trouver avant que son front rejoigne le mien dans un geste rassurant. Elle aimait vraiment agir ainsi et je devais admettre que je n'avais pas à me plaindre. Puis comme prise d'une inspiration soudaine, ses mains vinrent me masser derrière les oreilles, comme si elle avait fait ça toute sa vie et j'en gémis sans aucune honte tellement c'était bon.
Ses doigts n'avaient pas bougé mais ses yeux étaient plantés dans les miens lorsqu'elle reprit la parole, illustrant ses gestes à la perfection.
-Hey ! J'ai adoré cette nuit passée avec toi. C'était merveilleux pour moi et il n'y a rien, absolument rien dont tu aies à avoir honte. On recommence quand tu veux, soit dit en passant » Elle ajouta cette dernière phrase en m'embrassant sur le front. Un geste qui me laissa sur ma faim, ce dont elle avait parfaitement conscience à la lueur que je vis dans ses yeux.
-Qu'est ce que tu dirais d'un petit déjeuner ?
-Parce que vous avez autre chose que du sang dans le frigo ? » Elle me lança un regard noir, puis sourit percevant l'humour sous mon innocence feinte.
-Oui, on fait des courses de temps en temps. Pour entretenir l'illusion, tu vois... Aussi pour attirer le gibier, les carnivores ont meilleur goût mais sont moins faciles à débusquer. Et dernièrement un peu pour toi aussi.
-Hmmm... Qu'est-ce que la maison propose au menu, alors ?
-On a pas grand chose, justement. Mais on a de quoi faire des French Toast... à moins que tu sois partante pour de la viande de bon matin ?
-Des French Toast, sérieusement ? Tu veux me faire prendre dix kilos, c'est ça ton plan ? Avoue-tout !
-Dix kilos, peut-être pas. Mais si tu veux devenir un vampire, autant être à ton avantage, non ? Regarde-moi, par exemple, j'ai l'air d'une anorexique et avec ma petite taille, je n'impressionne personne... » Et je la regardais me décrire tout ce qu'elle n'appréciait pas chez elle, comme si elle n'était pas à tomber comme tout le reste de sa famille. Enfin, je suppose que lorsque l'on est un vampire et que la beauté est la norme, on a plus le souci de ce genre de détail. Surtout que désormais, elle était figée, avec cette image d'elle-même, pour l'éternité.
-Je vois. À choisir, je préférerais tout de même m'étoffer avec du muscle, plutôt qu'avec des kilos en trop. Sauf que je suis tellement maladroite que je n'ai trouvé aucun sport où je m'en sortais sans plaies, ni bosses. » Je me tâtai mon petit ventre pour illustrer mon propos. Dès la puberté, j'avais eu un petit ventre, en plus des autres attributs qui venaient à cet âge. J'avais aussi abandonné les régimes car rien n'y remédiait et j'avais vraiment l'air d'une anorexique que ce petit ventre était toujours là, à me narguer, quoi que je fasse.
-C'est un peu l'aléa de tout sport, les plaies et les bosses, non ? Enfin, je n'y connais pas grand chose, mais pour le peu que j'en ai vu. Il faut souffrir pour être belle, à ce qu'il paraît. Non que tu aies besoin de ça... mais oui. Si tu te mets au sport maintenant, tu seras plus forte si tu deviens un vampire par la suite.
Ce serait plaisant de te voir battre Rosalie ou Emmet. Ou que tu battes Edward à la course. Physiquement, je suis la mieux coordonnée. Je sais quoi faire de mon corps et c'est pratique au combat. Mais je suis la moins forte et la moins rapide de la famille et tu ne peux pas savoir à quel point c'est frustrant. »
Je méditai là dessus. Si je devais être changée demain, par choix ou par accident, être à mon avantage et en forme serait un plus non négligeable. Je n'étais pas très bonne en course mais ça pouvait se travailler. Niveau coordination, il suffisait que j'arrive à mettre un pied devant l'autre. Les vampires, même végétariens, devaient parfois se battre, autant apprendre tant que j'étais humaine. Et Alice avait déjà décidé de m'initier à la danse...
-La danse compte comme un sport ? » lui demandai-je en haussant un sourcil interrogateur.
-Évidemment que oui. » Répondit-elle, ponctuant ses dires d'un rire cristallin.
-Je pourrais sans doute caser de la course dans mon agenda de ministre. Sinon tu te contrôlerais assez pour m'apprendre à me battre ?
-Tu es sérieuse ? Oui, bien sûr. Tant que tu ne te blesses pas, ce n'est pas plus dangereux que ce qu'on fait au lit tu sais ? En investissant dans des protections et des tatamis, ça devrait le faire... je pense »
-Oui, très sérieuse. Et tu as raison : mieux vaut que je sois au top de ma forme, juste au cas où. Bon, on parlait de petit-déjeuner je crois bien. » L'excès de motivation me rendait euphorique et affamée. Je n'avais de contrôle sur rien dans cette relation, même pas l'aider à se contrôler un peu mais je ne voulais pas flancher et abandonner aussi facilement. Je voulais faire quelque chose, ne pas être juste un poids et j'avais ça auquel m'accrocher. Un nouveau placébo ? Peut-être, peut-être pas...
En entrant dans la cuisine, Emmet et Rosalie, s'y trouvaient en grande conversation, chose étonnante sachant que c'était la seule pièce de la maison qui ne servait pas. Et puis, cela me frappa : ils attendaient. En témoignait l'assiette de pain perdu qui m'attendait sur la table. Autant pour moi, il était visiblement impossible d'avoir une conversation privée dans une maison remplie de vampire à l'ouïe fine.
-Bien dormi ? » Demanda Emmet, souriant jusqu'aux oreilles d'un air facétieux.
-Oui comme un charme » Répétant mot pour mot ma réponse à Alice. C'est beau, la constance, des fois.
-En fait, c'est juste la manière peu subtile d'Emmet de vérifier s'il s'est passé des choses intéressantes depuis ton réveil » Expliqua Rosalie, avec un demi-sourire. On devrait sans doute passer en alerte météo. J'avais cru entendre Rosalie « essayer » de se montrer sympathique...
-Un bisou sur le front ça compte ? – à ma question répond le rire gras d'Emmet – Apparemment, non. J'avais besoin d'un petit-déjeuner. Je suis vidée »
-Visiblement, tu n'es pas la seule » renchérit Rosalie.
-Je me contrôle » Avait répondu Alice, avant que je comprenne. Ses yeux ambre hier soir étaient de nouveaux noirs.
-Oui pour l'instant » La voix de Rosalie était pleine de sous-entendus. « Tu as beau te croire au dessus de ça, tu ne vaux pas mieux que Jasper en ce moment »
-Jasper ? » demandai-je.
Je n'eus pas le temps de comprendre ce qu'il se passait qu'Alice se trouvait désormais dangereusement proche de Rosalie et grognait alors que cette dernière, s'apprêtait à me répondre.
-Rosalie, Stop. » Lâcha Alice, la voix pleine de menace.
-Je crois que les tourterelles ont besoin de se parler en privé. » Énonça Emmet à sa compagne en la prenant tendrement par le bras dans un geste d'apaisement. Et ils partirent, nous laissant rien que toutes les deux.
-C'était quoi ça ? » Demandai-je avec fermeté.
-Une tentative de Rosalie pour te blesser. Elle désapprouve. Aujourd'hui c'était ça. Et demain... qui sait ? » Argua-t-elle avec une certaine lassitude.
-Si c'était supposer être blessant alors dis-moi : qui est ce Jasper ? » Je ne lui en voulais pas de me protéger mais je ne voulais pas que Rosalie ou qui que ce soit puisse profiter de mon ignorance.
-Mon ex. » Répondit-elle. Je comprenais pourquoi ça aurait pu être blessant dans la bouche de Rosalie mais je n'étais ni choquée ni étonnée. J'étais à peine née que ma mère et mon père s'étaient séparés. Ou plus exactement, ma mère avait quitté Charlie il ne s'en était jamais vraiment remis elle, si fin de l'histoire.
C'était normal de voir celle qu'on aimait comme étant la seule et l'unique, à la vie à la mort. C'était plus souvent vrai chez les vampires : pas beaucoup de choix de partenaires, une vie très longue où le célibat pouvait durer des siècles.
C'était moins normal de s'offusquer car ce n'était pas le cas. Elle ne m'en avait pas parlé. Je n'avais pas demandé. Ce n'était pas important. Mais j'étais curieuse.
-Tu as bien fait. Par contre, pourquoi a-t-elle dit que tu ne valais pas mieux que lui ? »
-Dans les années soixante-dix, Jasper a voulu transformer une humaine. Elle était douée, elle était jeune, mais elle ne l'aurait pas supporté. J'étais contre, Carlisle aussi. Il l'a tuée. Je l'avais prévenu, il ne m'a pas écoutée. Je ne pouvais pas accepter une relation où la confiance était à sens unique. Ce serait à refaire qu'il recommencerait.
Alors il est parti et je suis restée. Il vit avec le Clan Dénali la moitié du temps et avec le Clan Sibérien l'autre moitié. Et on ne s'est pas revus depuis, ce qui porte sur le moral de toute la famille. On avait beau être en désaccord sur ce point, il faisait partie de la famille et partageait nos valeurs.
À moi aussi il me manque. Pas romantiquement. Notre relation était plus intellectuelle que physique. Il avait le double de mon âge quand on s'est rencontrés. Il était mon ancre avant que j'ai ma première vision des Cullen et qu'on se fasse une place dans la famille. »
-Donc elle sous-entend que tu reproduis le même schéma. Que tu vas me tuer et que ça fait de toi une hypocrite ? » Avais-je énoncé. Je ne voulais pas relever le reste. Ça avait beau être fini entre eux, je préférais égoïstement que Jasper reste loin. Oui, j'étais irrationnellement jalouse et possessive. Et j'assumais. Mais je ne voulais pas le reprocher à Alice, jamais.
-Oui, c'est exactement ça. » Me regarde t-elle étonnée. « Tu as traîné trop longtemps avec Rosalie. Faut que je sorte tout ça de ta tête avant que son mode de pensée te contamine pour de bon » Elle me shampouina vigoureusement la tête, taquine, tout en m'attrapant par la taille. Et nous allions passer nos dernières heures seules à seules. Et j'oubliai Jasper, j'oubliai Rosalie. j'oubliai tout.
Note de bas de page :
* couple mixte : couple mixte ce dit d'un couple ou les deux individus n'ont pas la même couleur de peau, la même ethnie, la même religion...entre autres. Je me suis donc dit qu'un couple humain/vampire serait un couple mixte au regard de leur régime alimentaire. hahaha. (merci Noominaome pour avoir soulever cette ambiguïté qui me semblait évidente.)
Réponses aux reviews de la semaine :
Evilys : J'espère que ce chapitre comprend assez d'action et de dialogue à ton goût. On en était encore au chapitre 4 que je me demandais déjà ta réaction au chapitre présent. Comme tu l'as mentionné entre nous, première apparition de Jasper dans cette fic. J'essaye de lui donner une vraie place et plus de complexité dans les chapitres que j'écris actuellement. Pas facile de lui donner de la profondeur mais j'en avais vraiment envie, alors j'attends aussi de voir ce que tu penseras de ma version de Jasper en temps utile. On verra bien. En tout cas, je suis impatiente de lire ta prochaine review, tu n'imagines pas à quel point... :3
Manà'x : Oui, une Bella qui se pose plein de questions. Des questions que je me suis posée. Une question que je n'ai pas encore posée mais à laquelle j'espère répondre un jour : "Qu'est-ce qui arrive si un vampire ne se nourrit pas, pas du tout, durant un temps relativement long ?". Une hypothèse ? Et non, on a une Bella qui se pose des questions, plein de questions et ce n'est pas totalement fini, même si ce sera plus light à l'avenir. Le mercredi suivant est toujours très très loin, même pour moi, mais je m'astreints à ma petite discipline stricte. (même si j'avais très envie de poster ce chapitre pour la Saint Valentin...il s'en est fallu de quatre jour, snif :'( )
Noominaome : 80 pulsations minutes, c'est supposé être un tout début de palpitation pour une personne en parfaite santé. À noter que le pouls n'est pas exactement le même selon l'endroit où on le prend. Si tu es au dessus de 85 pulsations minutes au repos (assis sur une chaise, ça compte), c'est que tu es trop sédentaire : faire un peu de sport, sans excès est bon pour le coeur...il vous en remerciera. Sinon, pour la question de ta review : tu ne lis pas les autres réponses ? (Même si ça ne me dérange pas de me répéter). Actuellement, j'écris le chapitre 15 et suivant.
Un grand merci à Evilys qui vous permet de lire cette histoire avec un minimum de fautes ! À Noominaome aussi pour sa contribution.
C'est un chapitre qui était très attendu et j'espère qu'il satisfait à vos attentes. Promis, il y aura d'autres scènes d'amour, ne serait-ce que pour marquer l'évolution du couple ! Une petite review pour dire que vous avez aimé le chapitre ? J'y ai mis tout mon petit coeur, vous savez... :3 (tentative non dissimulée de chantage affectif)
Je vais avoir une semaine de vacances pour écrire autant que je veux, en espérant que la motivation sera au rendez-vous... Sur ce, je vous dis à la semaine prochaine pour le chapitre suivant ! :D
