nouveau personnage (inventé):

Nobu Suboka: patron de l'échoppe de livres sur le marché.


chapitre 9 (partie 1) : Séparation

Mardi 15 novembre

Mikan se rendit à son rendez-vous avec Subaru à l'académie. "Bonjour Mi… bon sang! Quelle mine affreuse! s'interrompit-il. ― Merci… dit-elle. ― Ce n'est pas… Tu dois faire attention pour ton bébé. Tu ne manges pas assez, ça se voit et on dirait que tu n'as pas dormi de la nuit. Tu ne dois pas te surmener. expliqua-t-il gravement.

― Mais, on dit toujours que ce n'est pas bon de trop manger pour le bébé, se défendit-elle. ― Mikan tu dois manger. Je vais te faire un régime comme ça tu ne mangeras ni trop ni trop peu. dit-il inquiet.

― Mais avec ces nausées, le matin je n'ai pas très faim. ajouta-t-elle. ― Tu devras te forcer un peu! insista-t-il. Je vais déjà noter le prochain rendez-vous. Tu vas revenir dans deux semaines. D'ici là, je veux que tu manges, c'est compris? lui intima-t-il. ― D'accord Subaru. dit-elle.

― Mikan, si tu ne fais pas attention à ton corps, ton bébé ne sera pas en bonne santé! lui expliqua-t-il. " Mikan eut peur. Son bébé était tout ce qui lui restait. Elle allait faire attention, mais ses différentes disputes avec Natsume, la scène de la veille et son départ pour l'hôtel lui avaient coupé l'appétit.

"Je te le promets Subaru. J'ai juste eu un horaire plutôt chargé ces temps-ci. Quelle est la date exacte du prochain rendez-vous? demanda-t-elle. ― Voyons voir… le mardi 29 novembre à 8 h. dit-il. ― Alors à bientôt Subaru et merci pour le régime. dit-elle simplement. ― A bientôt Mikan. dit-il en la regardant partir."

Heureusement pour elle, quelques jours à peine après son arrivée à l'hôtel, elle dénicha un petit appartement où elle pourrait reprendre ses marques. Elle prit ses dispositions pour la location qui commencerait au début de la semaine et resta à l'hôtel pour les derniers jours qu'elle avait déjà payés.

Son appartement se situait à proximité de l'endroit où se déroulait le marché, elle pourrait ainsi se fournir en denrées fraîches facilement et à moindre frais. Elle habitait toujours près de ses deux occupations principales et s'y rendait toujours à pied. La logeuse était gentille et ses voisins très calmes.

Une semaine s'écoula depuis le départ de Mikan. Natsume rentrait à l'appartement après son travail, mangeait, se lavait et se couchait tôt. De son côté, même si elle n'était plus stressée par les humeurs changeantes de son mari, l'absence de Natsume,elle, pesait lourd sur le moral de Mikan.


samedi 19 novembre : Appartement de Natsume

Ce fut son premier samedi sans sa femme. Il rentra après sa matinée de travail pour trouver l'appartement désespérément vide. Il fit le tour de toutes les pièces comme une âme en peine. La cuisine ne sentait plus le parfum du dîner comme les autres samedis quand sa femme était là. Le parfum à la fraise du shampooing de Mikan avait disparu de la salle de bain.

Durant la semaine, cela avait été plus facile de supporter son absence car les journées étaient déjà bien entamées lorsqu'il rentrait de son travail et les heures passaient plus vites. Ses nuits étaient devenues un supplice sans le corps de sa tendre poupée à ses côtés.

Il s'était rendu compte que les prouesses de sa maîtresse ne pouvaient ni remplacer la douceur du corps de son épouse ni ce sentiment de béatitude qu'il ressentait lorsqu'il faisait l'amour à sa Mikan. Il avait cessé de voir sa maîtresse trois jours après le départ de son épouse.

"Bon dieu! Qu'ai-je fait? Elle est vraiment partie. Comment vais-je vivre sans elle? dit-il déprimé." Il s'assit sur le lit et prit sa tête dans ses mains. Il se remémora toutes leurs disputes, les nuits qu'il n'oublierait jamais et toutes ces petites choses qui lui semblaient si évidentes lorsqu'elle était là.

Il trouvait normal que sa femme s'occupe du ménage, de la cuisine et des courses. Pourtant, elle travaillait comme lui en semaine et même le dimanche. Pas une fois, elle ne lui avait demandé de la remplacer car elle savait qu'il n'en avait pas envie. Elle s'inquiétait pour lui et lui demandait souvent comment se passaient ses journées.

Pas une fois, il ne s'était réellement intéressé à son travail sauf lorsqu'il l'avait vue avec un de ses collègues et que sa jalousie l'avait poussé à en savoir davantage. Il ne savait pas où se trouvait son agence de pub, encore moins en quoi consistait son second boulot l'après-midi.

La seule chose qu'il savait, c'est ce qu'elle lui avait dit lors de son accès de jalousie. Comme il l'avait rabrouée pour ses bavardages, en lui disant qu'ils lui donnaient la migraine, elle s'était arrêtée de lui parler tout simplement. Les seules phrases qu'elle prononçait étaient strictement pratiques. Le lendemain, il décida d'aller dans ce parc où il l'avait vue en compagnie de son partenaire de travail. Même s'il la voyait de loin, ce serait mieux que rien, se dit-il.


dimanche 20 novembre: Dans le parc

"Elle n'est pas ici, constata-t-il déçu. Mikan où es-tu? Comment as-tu pu me quitter? murmura-t-il." Il vit de nombreux couples assis sur l'herbe ou sur des bancs. Il ne put supporter le spectacle de ce bonheur qu'il avait perdu. Il rentra et fouilla l'appartement à la recherche de l'album photos de son mariage.

Lorsqu'il le trouva, il le feuilleta lentement. Plus il tournait les pages, plus il se rendait compte à quel point il l'aimait. Son sourire radieux, ses yeux et sa silhouette si gracieuse. "Tu es si belle ma Mikan. Tu semblais si heureuse à notre mariage. dit-il d'un ton triste."

Il regarda la pièce et s'arrêta sur le téléphone. Je n'ai même pas pensé à lui téléphoner, se dit-il. Il composa le numéro de son épouse, mais une voix lui répondit que celui-ci était hors service. Ainsi, elle avait même pensé à changer de numéro. Mais lui aurait-elle seulement répondu s'il avait réussi à la joindre après l'avoir trompée, rien n'était moins sûr.

Néanmoins, il ne perdit pas tout espoir et pensa que, peut-être, Mikan reviendrait. Après tout, elle connaissait son caractère et il lui était déjà arrivé, lors de leurs disputes à l'académie, de mettre sa fierté de côté pour leur permettre de se réconcilier. Si elle revenait, il se promit de lui faire des excuses car il devait reconnaître qu'il avait été horrible et souvent injuste avec elle.


Boutique de vêtements: la robe de Juliette

"Le catalogue est presque clôturé, il ne me reste qu'une robe à vous faire essayer. dit Kaoru enthousiaste. ― Avez-vous eu des nouvelles pour votre annonce? demanda Mikan.

― Encore une fois, vous avez fait des miracles. J'ai eu une dizaine de réponses de futures mamans qui étaient intéressées de participer en échange de quelques clichés où elles pourraient porter de belles robes de grossesse avec leur enfant dans leurs bras.

J'ai rencontré plusieurs de ces femmes et j'en ai retenue six. Vous êtes ma fée du commerce. Je ne vous remercierai jamais assez. Dans les prochaines semaines ou les prochains mois, n'hésitez pas à me dire si vous avez besoin d'un break pour vous reposer un peu. J'oubliais presque que vous êtes enceinte. Votre ligne est toujours superbe. ajouta-t-elle, un peu envieuse.

― Ma poitrine va sans doute vous poser problème pour les essayages, j'ai l'impression qu'elle augmente à chaque fois que je la regarde. dit-elle." Mikan rit nerveusement.

La taille de sa poitrine la tracassait un peu. Elle avait déjà dû acheter de nouveaux soutiens-gorge. Elle qui voulait continuer à économiser pour s'acheter un appartement pour elle et son bébé, cela semblait un peu compromis. Elle soupira découragée.

Elle se rappela la promesse qu'elle avait faite à Natsume en lui disant qu'elle reviendrait après la naissance du bébé pour lui demander si il l'aimait toujours ou non, mais ne se fit aucune illusion. Il l'avait déjà remplacée par une autre. Il avait toujours eu beaucoup de succès auprès des femmes, il n'avait que l'embarras du choix, pensait-elle résignée et triste.

De plus, les accès de mauvaise humeur de son mari ne pourraient que nuire au bien être de son bébé. Et ça, elle ne pourrait pas le supporter. Elle voulait rendre son enfant heureux quoi qu'il lui en coûte.

"Pour cette robe cela ne posera pas de problème. Etes-vous une fan d'histoires romantiques? s'enquit Kaoru, la sortant de ses sombres pensées. ― Oui, j'aime beaucoup. Particulièrement l'histoire de Romeo & Juliette. avoua-t-elle gênée.

― Alors c'est le destin qui a parlé. C'est la scène du balcon que je voudrais réaliser avec une robe digne d'une princesse. dit-elle amusée.

― Kaoru, vous avez beaucoup de modèles plus jeunes et plus jolies que moi pour ça. Pourquoi m'avoir choisie? demanda-t-elle. ― Parce que tous mes modèles n'ont pas ce visage de pureté et d'innocence que je retrouve chez vous. De plus, j'avais dans l'idée que cela vous plairait. acheva-t-elle.

― Merci. Puis-je voir la robe? demanda-t-elle curieuse. ― Vous allez l'a-do-rer! affirma-t-elle fièrement. " Le visage de Mikan s'illumina en la voyant. " Elle est ma-gni-fi-que! s'extasia-t-elle.

Elle était blanche et rouge, du même rouge que les yeux de Natsume. Les manches et les deux côtés de la robe étaient en velours rouge. Le reste de la robe était en coton blanc. Le corsage était ajusté par un lacet rouge et le décolleté du corsage dévoilait un peu le renflement de sa poitrine qui était maintenant plus généreuse. Les manches étaient amples et s'évasaient à partir des épaules. La robe tombait en mouvements fluide jusqu'au sol.

Mikan essaya la robe et Kaoru resserra légèrement le lacet pour souligner la finesse de la taille, mais fit attention de ne pas exagérer pour ne pas causer du tort au bébé de Mikan. La vendeuse demanda alors à Marko de la coiffer. Il choisit de lui prendre deux mèches de ses cheveux de chaque côté des oreilles, de les tresser et de les attacher à l'arrière de la tête (en demi-queue) avec une pince faite de fer entrelacés et de perles en forme de larmes.

Sur sa tête, on lui mit un diadème médiévale (genre de collier servant de diadème que l'on place sur les cheveux et que l'on voit apparaître sur le front). Pour finir, la vendeuse la maquilla très légèrement pour faire ressortir le teint de pêche de sa peau et l'éclat de ses yeux. Lorsqu'elle fut enfin prête, elle se leva pour faire face à Kaoru.

"Vous êtes tout simplement éblouissante. dit la vendeuse sincère. ― Euh… merci. dit-elle en rougissant." Elle se regarda dans le miroir. Elle ne reconnut pas la jeune femme qui se reflétait dans la glace. Le diadème qu'elle voyait sur son front et la robe lui donnait un air intemporel.

Kaoru appela Suke qui resta figé face à la jeune femme. "Mikan… vous êtes … On vous croirait sortie d'un conte de fée. dit-il admiratif. ― A votre tour maintenant… mon Romeo! dit-elle flattée en lui faisant une petite révérence comique.

Suke lui sourit, puis alla se changer. Il portait une simple chemise blanche dont il avait laissé ouvert les trois premiers et les trois derniers boutons. Ses épaules étaient recouvertes d'une courte cape noire. A sa taille, il portait une ceinture où était attachée une dague et enfin il portait un collant et des bottes noires.

Le décor était déjà prêt et Kaoru avait même fait installer un balcon pour la mise en scène. Mikan monta précautionneusement sur celui-ci. "C'est du solide Mikan, ne vous inquiétez pas. assura-t-elle. Vous allez d'abord poser seule. J'aimerais que vous ayez une expression rêveuse comme si vous pensiez à votre prince charmant. expliqua-t-elle."

Mikan sourit en entendant le mot «prince charmant». Elle s'accouda au balcon et fixa le plafond. Elle pensa à Natsume quand il était à l'académie. Elle le revoyait avec ce costume réservé au bal de Noël qui lui allait si bien. Il était si mignon en ce temps là, pensa-t-elle.

Kaoru prit plusieurs photos de Mikan, son expression fut parfaite. Elle avait l'air d'être sur une autre planète. Kaoru la rappela à l'ordre et elle posa alors avec son partenaire. "Mikan, je sais que ça ne va être facile, mais j'aimerais que vous regardiez Suke comme si vous en étiez amoureuse. dit-elle."

Son alter ego était placé au dessous du balcon. Elle mit ses mains sur ce dernier et regarda vers le bas. Elle croisa le regard de son partenaire, mais fut incapable de le regarder comme le voulait Kaoru.

"Mikan, un petit effort. l'encouragea-t-elle. Suke est plutôt séduisant. Est-ce si difficile de vous imaginer amoureuse de lui? ― Je… je suis désolée. Je n'y arrive pas. avoua Mikan.

― Hum…J'ai une idée. On va remplacer votre partenaire par un carton et vous penserez à votre mari. Je ferai ensuite pareil avec Suke. Je n'aurai plus qu'à faire un montage avec les deux photos. proposa-t-elle." Mikan fut soulagée.

L'idée de Kaoru fit mouche. Mikan eut plus facile de penser à Natsume en fixant un carton que de regarder une personne. "Ouf! C'est ter-mi-né! Le catalogue est bouclé. dit-elle satisfaite. Je suis vraiment contente, je n'ai plus qu'à passer à la mise en forme. Mikan vous allez avoir quelques semaines de repos bien méritées. lui confia-t-elle."

Mikan dit au revoir à Kaoru, Marco et Suke puis rentra à son appartement. Elle rangea un peu, se prépara à souper puis s'affala sur son lit et s'endormit. Les jours qui suivirent la ramenèrent à un rythme normal. Elle se sentit plus calme et put penser à regarder sérieusement le régime prescrit par Subaru. Elle planifia ses prises de nourritures et ses menus.

Elle devait reprendre quelques affaires à l'appartement de Natsume et décida d'attendre samedi matin. Il travaillerait, elle ne risquait donc pas de le rencontrer.


samedi 26 novembre: appartement de Natsume

Elle prit quelques vêtements et fit le tour de l'appartement. Elle ne put se retenir de ranger la cuisine qui était sans dessus dessous. Elle fit un tour rapide au marché et approvisionna un peu le frigo qui était vide. Elle soupira. Elle ne put s'empêcher de s'inquiéter pour son mari.

En jetant un coup d'œil sur le calendrier, elle s'aperçut que son anniversaire était le lendemain. Elle fut triste de ne pas pouvoir le passer avec lui. Elle fit un rapide aller-retour au supermarché, puis lui confectionna un gâteau aux fraises et à la crème fraîche comme celui qu'elle lui avait déjà préparé par le passé et le mit au frais.

Enfin, elle ne put résister à l'envie de prendre un vêtement de son mari pour sentir son parfum. Elle regarda l'album photos de leur mariage et se dit qu'elle pouvait l'emporter avec elle car Natsume ne le regardait jamais. Elle se dépêcha de partir pour éviter de le croiser et fit un tour dans le parc qu'elle connaissait si bien avant de retourner chez elle.

Natsume rentra fatigué et déprimé. Il se changea et pensa à se faire à manger. Les plats préparés, cela allait un temps, mais il ne fallait pas en abuser. Il avait toujours su cuisiner, mais n'avait pas pris le temps pour ça. Il fut étonné de trouvé la cuisine rangée et nettoyée. Il ouvrit le frigo et vit que quelqu'un y avait ajouté quelques provisions. Quand il vit le gâteau, il sut que Mikan était passée.

" Pourquoi ne m'as-tu pas attendu? Je voudrais tant te voir. Ma Mikan, tu me manques tellement! dit-il tristement. "

Il se prépara à dîner et dégusta le gâteau qu'elle lui avait apporté. Son regard fit le tour de la pièce et s'arrêta sur le calendrier. Il sut pourquoi elle avait ajouté un gâteau dans le frigo.

"Demain, c'est mon anniversaire. Tu n'as pas oublié. Mon premier anniversaire sans toi depuis l'académie. dit-il. "Il eut un pincement au cœur. Il se sentit seul et fut frustré d'avoir raté l'opportunité de voir Mikan.


mardi 29 novembre: Cabinet de Subaru

Mikan montra son planning et la liste des menus qu'elle avait préparés à Subaru. Il les approuva et lui nota la date de son prochain rendez-vous: le jeudi 29 décembre. Elle changea la date de l'heure du rendez-vous qui passa de 8 h à 17 h 30. Elle pourrait ainsi passer après son travail sans devoir se presser.

Le mois prit fin lentement et Mikan ayant ses week-end complètement libres tournait en rond et ne pouvait s'empêcher de penser à Natsume. Elle décida qu'il était temps de s'occuper d'une manière ou d'une autre. Elle trouva un petit travail de vendeuse de livres sur le marché. Elle travaillerait de 8 h à 12 h30 tout les samedis. Le marché était à deux pas de chez elle et elle commençait le dix décembre.

Elle ouvrit un compte à la banque pour son enfant et décida que l'argent qu'elle n'économisait plus pour cette maison que voulait Natsume et qu'ils ne partageraient jamais, servirait au bébé qui, elle se le promit, ne manquerait de rien.

Il lui avait été facile de supprimer ses excès de gourmandises et ses achats de vêtements. Lorsqu'elle avait décidé de devenir moins dépensière, elle s'était fixée un budget pour la nourriture et les frais occasionnés par leur ménage. Tout le reste allait sur le compte pour la maison.

Dorénavant, ses économies seraient pour son bébé. Elle ne gardait plus d'argent pour se faire plaisir, donc elle n'était plus tentée d'acheter quoi que ce soit d'inutile. De plus, grâce à son job en tant que modèle, elle avait eut la possibilité de porter de très belles robes sans devoir les acheter, même sil elle ne les portait que le temps des séances photos.

Le samedi trois décembre, elle fit les boutiques pour acheter de nouveaux soutiens-gorge avec l'argent qu'elle n'avait pas encore transféré sur le compte de son enfant. Elle espéra que sa taille allait se stabiliser car elle n'avait pas envie de gaspiller son argent pour ses sous-vêtements alors qu'elle pourrait l'utiliser pour la future garde-robe de son bébé.

Le samedi dix, elle commença son boulot au marché. Son patron la laissa feuilleter et emprunter quelques livres. Ça l'aida à passer ses temps libres, mais aussi à conseiller les clients. Les ouvrages qu'elle ramenait à l'appartement étaient variés, mais elle privilégia surtout les ouvrages parlant de grossesses.

Elle n'eut désormais plus qu'un seul objectif, son enfant. Au travail, elle continuait à sourire et ne pensait qu'à ce qu'elle devait faire. Les seuls moments où Natsume venait la hanter était lorsqu'elle faisait ses trajets jusqu'à ses différentes occupations ou lorsqu'elle était à son appartement.


dimanche 11 décembre: Boutique de vêtements féminins

Elle rendit visite à la vendeuse pour avoir de ses nouvelles et ainsi se changer les idées. "Bonjour Kaoru, comment ça se passe ici? demanda-t-elle gentiment. ― Le catalogue est sous presse et je vais pouvoir débuter la suite avec vous.

Pourriez-vous reprendre le travail à partir du dimanche 8 janvier? Les séances seront bien sûr allégées comme pour mes autres modèles. Votre nouvel horaire serait de 14 h à 16h. précisa-t-elle. ― Sans problème. répondit Mikan. " Elle nota ses nouvelles heures de travail dans son agenda ainsi que la date du début des sessions.

"Je vais bientôt récolter le fruit de mes efforts. Les grandes affiches sont prêtes et n'attendent plus que ma décision pour qu'elles soient affichées. Je dois encore réfléchir à leur emplacement, mais j'ai décidé que dans moins de deux semaines, je pourrai venir les admirer." Mikan sourit de l'air rêveur de la vendeuse.

― Je n'ai jamais pensé à vous le demander, mais toutes ces robes ce sont vos créations n'est-ce pas? interrogea-t-elle. ― Oui, en effet. répondit-elle d'un ton fier. ― N'est-il pas un peu tard pour afficher des robes d'été, ce n'est plus la saison? interrogea Mikan. ― En fait, le catalogue servira à la saison prochaine, mais les robes que j'ai choisies sont des robes de soirée qui peuvent servirent à n'importe quel moment.

Au fait, il y a cette robe bleue en velours qui vous allait si bien que je voulais mettre uniquement sur le catalogue car aviez peur de la jalousie de votre mari. Je n'ai pas pu m'y résoudre, je l'ai tout de même choisie pour les grandes affiches et si cela vous ennuie vraiment je la remplacerai par une autre, mais ça me fendrait vraiment le cœur. dit-elle. ― En fait,… cela n'a plus beaucoup d'importance aujourd'hui… Je… mon mari et moi sommes séparés. avoua-t-elle finalement.

Mikan se dit qu'il n'y avait aucun risque de le dire à la vendeuse. Kaoru ne connaissait ni ses amis ni sa famille, elle ne pourrait donc pas révéler sa rupture avec son mari à quelqu'un de son entourage. Personne, hormis Natsume ne savait qu'elle travaillait comme modèle, se dit-elle.

"Je suis navrée. Ce n'est pas à cause de ce travail au moins? dit-elle navrée. ― Mais non, rassurez-vous. Vous pouvez utiliser cette affiche. Ce serait un peu bête qu'elle ne serve à rien. conclut-elle."

Mikan soupira, mais se dit qu'au fond, sa rupture aurait quelques avantages pour Kaoru qui pourrait mettre les photos de son choix sur ses affiches. Ces robes n'étant pas du tout indécentes, quel mal cela pourrait-il faire? pensa-t-elle.

"Ah! Bien. Je voulais aussi vous dire. Grâce à votre idée d'intégrer des enfants, j'ai créé des répliques de mes robes en version enfantine comme vous me l'aviez suggérer. dit-elle reconnaissante.

― C'est génial! Me laisserez-vous voir le catalogue lorsqu'il sera terminé? demanda Mikan, heureuse d'avoir aidé la vendeuse. ― Bien sûr. Je vous en donnerai même un exemplaire. dit-elle simplement, avant de laisser la vendeuse à ses occupations.


appartement de Natsume

Cela faisait maintenant plusieurs semaines que Natsume était seul. Il avait les traits tirés et avait du mal à penser à autre chose qu'à Mikan. Il devait la retrouver et la ramener. Il ne savait pas encore comment, mais il la ramènerait. Il prit aussi la décision de changer de travail. Il avait été la cause de ses changements d'humeurs et au final de sa rupture avec son épouse.

Il regarda dans les affaires de sa femme si elle n'avait pas laissé une adresse ou un quelconque indice où il pourrait la trouver. Il ne pouvait pas appeler leurs amis sans qu'il ne soit obligé de leur dire que Mikan l'avait quitté et qu'il n'avait pas la moindre idée de l'endroit où elle se trouvait en ce moment. Or, c'était quelque chose qu'il voulait éviter à tout prix. Sa fierté l'en empêchait.

Comme il ne pouvait rien faire pour l'instant, il se mit à la recherche d'un nouvel emploi. Il éplucha les petites annonces et en nota plusieurs. Le lundi matin (douze décembre), il demanda à être reçu par son directeur et lui remit sa démission. Ce dernier lui demanda un préavis de trente jours. Natsume soupira, mais accepta. Il savait qu'il en avait le droit et savait aussi que plusieurs de ses collègues avaient déjà donné leur démission depuis plusieurs semaines.

Luca démissionna le même jour que son meilleur ami. "Je pensais que tu ne te déciderais jamais. lui avoua Luca. ― J'en ai plus qu'assez. Ce job me détruit moralement et physiquement. confia-t-il à son meilleur ami. ― Heureusement, tu as une épouse adorable qui te soutient. ajouta-t-il en souriant." Natsume se figea un instant, mais ne répondit rien.

Luca remarqua le mutisme de son ami, mais n'insista pas. Il avait promis à Mikan de ne plus lui parler de sa femme durant ses heures de bureau. Ils se remirent au travail en silence. Il avait remarqué les traits tirés et la lassitude sur le visage de Natsume, mais il était loin de se douter que c'était la rupture avec sa femme qui en était la cause.

Les jours qui suivirent, Natsume passa plusieurs entretiens pour les jobs qu'il avait repérés dans les petites annonces quelques jours plus tôt. Après quelques entrevues infructueuses, il fut engagé dans une banque. Comme il devait terminer son préavis pour la boîte immobilière, son nouveau patron lui proposa de commencer dès qu'il serait libre. Il commencerait donc le 19 janvier pour un horaire similaire à son emploi précédent. A l'exception du samedi qui serait libre dorénavant.

Il se sentit plus léger. A présent, lorsqu'il travaillerait à l'agence immobilière, il verrait chaque jour le rapprocher un peu plus de sa libération et de sa nouvelle fonction.


samedi 24 décembre : Au marché

Ce fut son troisième samedi en tant que vendeuse de livres et elle aimait ça. Son patron, Nobu Suboka, un homme d'une soixantaine d'années, fut très gentil avec elle et quand un homme tentait de l'approcher d'un peu trop près, il venait à son secours et remballait gentiment le prétendant.

Il avait choisit d'engager une vendeuse car à son âge, il pensait que cela l'aiderait un peu. Il fut enchanté de la capacité de Mikan à mettre ses clients à l'aise. Sa gentillesse et son sourire attirait la clientèle. Il appréciait beaucoup sa compagnie. Il serait triste quand elle devrait s'arrêter pour son bébé.

Après son travail de vendeuse, elle fit ses courses et rentra chez elle. Elle soupira. On était la veille de Noël, mais elle n'avait rien de prévu. Elle le passerait seule. Personne n'était au courant de sa séparation avec Natsume et elle ne voulait pas gâcher les fêtes de fin d'année de ses amis et de son oncle.

Elle attendrait le moment opportun pour en parler. En effet, elle ne pouvait s'isoler indéfiniment sans qu'Hotaru, Luca, son oncle ou Shiki ne finissent par s'en rendre compte. L'isolement de leur couple paraissait normal pour l'instant du fait qu'ils étaient jeunes mariés et désiraient surement passer leur temps libre en amoureux, mais cela ne pouvait durer indéfiniment.