NDT : Bonjour ( ou bonsoir ^^ ) tout le monde ! Alors voilà enfin le chapitre 09 ! J'espère que la fiction vous plais toujours autant ! N'hésitez toujours pas à me laisser des reviews, j'adore vous parler !
Je profite de vous avoir pour faire un peu de pub pour un RPG Glee donc voici le contexte :

2012, les New Direction on gagné un concours leur offrant une place dans l'école de chant la plus prestigieuse de New York City : La Colombus School of The Arts . Ce n'est pas tout les jours qu'on se voit offrir une tel opportunité et les anciens New Direction devrons prouver qu'il y mérite leur place ! Comment nos chers anciens membres de la chorale vont-il réussir à rentrer dans cette école ? Et surtout réussiront-il à survivre à l'adversité une fois chose faite ?
Qui gagnera la guerre des clans entre les petits nouveaux et les " Colombiens" ?
Et un autre problème se pose : comment payer les frais exorbitant de l'école une fois la générosité du directeur arrivé à terme ?!
A La Colombus School Of The Art vous aurez l'occasion de croiser beaucoup de différents genre d'artistes, l'école proposant toutes les formes d'art possible. De la musique, au cinéma en passant par la danse, la mode et même la photographie ou le dessin vous ne serez jamais à cours de créativité là bas !

Si vous êtes intéressés laissé moi un MP ou dite le dans la Review ( en laissant le moyen de vous recontacté bien sur ;-)
Voilà sur ce je vous laisse à votre lecture ! :-)


NDA : Tous les autres fantômes partie 09, superhero!AU. N'oubliez pas il y a des tumblr fuckyeahtheghost et fuckyeahthephalanx pour vous occuper en attendant les mises à jour =)

Disclaimer: Heureusement les personnes à qui appartiennent vraiment ce truc sont trop occupées pour remarquer cette histoire et me traîner en justice *cœur*

Rating: R? On semble bloqué au rating R. Mais nous arrivons à une série de chapitres où je dois occasionnellement pencher la tête et essayer de cerné la différence entre R+ et NC-17-, gardez ça à l'esprit ?

Avertissements: Encore des histoires de féminisme dans ce chapitre, vous pouvez être sûrs qu'il y en aura plus à venir. J'essaye de me rappeler de la liste dingue d'avertissements que je vous ai donnée dans la première partie, utilisation banale et abusive de drogues, oh, et j'ai fait appel à ma propre phobie pour ce chapitre. Celle de ''massive, je peux vraiment pas faire face j'ai passé une très mauvaise journée j'ai dû quitté la boutique tellement j'avais peur, c'était plutôt embarrassant'', alors, je vous met un gros panneau attention pour les mannequins ? Personne ne vous prévient jamais pour ce genre de choses, va au diable Doctor Who;P

Résumé: Halloween, costumes, fantômes, bordel.

Note: Pourquoi est-ce que je suis aussi crévéeeee ;_; Le costume d'iBorg est porté par un des cinq membres du début des New Directions , hélas vous ne gagnerez aucun prix en devinant de qui il s'agit à part un extrême sentiment de fierté *cœur*

"Fantôme Fantôme Fantôme," souffle Phalanx depuis l'autre bout du toit. "Viens voir oh mon Dieu -"

Il arrête d'essayer de faire marcher le petit appareil électronique que Phalanx a acheté pour entendre les conversation des flics à travers leurs radios, douze étages plus bas, il rejoint Phalanx et laisse tomber le gadget dans ses mains. "Tiens, joue avec, j'arrive à rien. Qu'est-ce que je dois - oh."

Au bout de la rue, il n'est pas encore huit heures et il fait déjà nuit, un homme et une femme marchent avec deux jeunes enfants, chacun tenant la main d'un de leurs parents et un sac en forme de citrouille dans l'autre, remplis de bonbons. Chaque enfant - impossible de dire s'il s'agit de filles ou de garçons sous les capuches, et aucun ne peut avoir plus de six ans – est recouvert d'une cape grise sombre du Fantôme, virevoltant derrière eux. Phalanx a l'air de ne pas pouvoir vraiment contenir ce qu'il ressent, et le Fantôme croise les bras, se blottit dans sa propre cape, sentant le rouge lui monter aux joues. "Je devrais toucher des redevances pour tous ces trucs."

Phalanx lui frappe doucement le bras. "Ose prétendre que tu ne trouves pas ça adorable, ose prétendre que ce n'est pas génial parce que c'est le cas -"

"C'est mieux que ces affreux costumes de 'Fantômette sexy' que les filles ne portent presque pas tellement il y a peu de tissu -"

"Tu es leur superhéros préféré, ils ont attendu ce moment depuis des semaines, ils en ont sûrement parlé sans arrêt jusqu'à ce soir," dit Phalanx en fixant toujours ces enfants les yeux remplis d'étoiles, alors le Fantôme le regarde d'un air dubitatif (il rougit toujours, et oui son cœur palpite de manière légèrement douloureuse, pour ces petites choses dans la rue qui n'ont pas peur de lui et qui ne le shippent pas, ils pensent juste qu'il est – quoi ? Cool. Quand est-ce qu'il a une seule fois été cool ?) Puis il scanne de nouveau la rue des yeux, toujours des enfants et des parents qui sortent avant que la nuit ne devienne folle. Il lève les sourcils, attrape le visage de Phalanx dans ses mains, tourne sa tête dans la direction d'un autre groupe d'enfants – sûrement trois de la même famille si on compte le plus grand avec eux, une ado au dos arqué et traînant ses pieds recouverts de bottes et pas costumée . La petite fille qui marche avec elle porte une autre cape grise du Fantôme, et des baskets roses. Le petit garçon – il doit avoir environ huit ans – porte un masque de Phalanx, et a des hexagones verts en carton collés à ses épaules.

Le Fantôme regarde le visage de Phalanx. Phalanx a l'air d'être tellement heureux qu'il pourrait en pleurer.

"Police, radio. Phalanx. S'il te plait."

Phalanx se contente de fixer les enfants, émerveillé, et le Fantôme pourrait prétendre être énervé mais oh mon Dieu regardez-le, il est l'homme le plus adorable sur cette planète et quand est-ce que sa vie a-t-elle déjà était aussi parfaite ?

Parce que c'est le cas, aussi absurde que ça puisse paraitre pour quelqu'un qui se faufile hors de son appartement tous les soirs et se met en danger sans récompense et à un prix dérisoire. Il n'avait jamais remarqué à quel point il était malheureux, parce qu'il n'avait jamais vraiment su ce qu'était le bonheur, il pensait être réaliste alors qu'il ne savait jamais ce que la vie pouvait être. Phalanx - Blaine -

Chaque conversation est un don du ciel, chaque touche est un privilège, chaque baiser est un miracle. Il ne s'y habitue pas. Comment est-ce qu'il pourrait un jour arrêter d'être émerveillé par ça ? Chaque éclat de ses yeux est une bénédiction. C'est à vrai dire stupide à quel point il est heureux maintenant, il se trouve ridicule, mais quand il est de nouveau avec Blaine et qu'il est juste sans défense fasse à l'appel désespéré de son cœur pour lui, Blaine est le soleil et Kurt est une comète en orbite autour de lui. Il s'est toujours pensé être une personne à chat. C'est tellement bizarre de se découvrir le cœur d'un chien, loyal et rempli d'amour au point d'en être stupide, trop aveugle pour voir autre chose que lui, pour réaliser à quel point il est obsédé, rampant pour chaque caresse qu'il peut obtenir, chaque petite parcelle d'attention, et heureux de le faire.

Ce n'est pas que le contre-courant n'est plus là, le contre-courant apporté par tout le reste, ces choses noires, il fait comme si elles n'étaient plus là, comme si elles ne lui appartenaient plus. Il s'entête à dire que ces fantômes doivent appartenir à quelqu'un d'autre, cette froide présence, ce raffut de chaînes, non, il ne peut pas les entendre, les sentir, pourquoi est-ce qu'on ne changerait pas le sujet pour quelque chose de léger et de joyeux et qu'on oublierait le lourd murmure de la mort derrière son dos ? Il oublie juste d'être effrayé, quand il est avec Blaine. Phalanx. Il a confiance en ses boucliers, a confiance en ses bras accueillants, a confiance en son cœur de chien aussi, il le sent remuer sa queue dans la poitrine de Blaine, boumboumboumboum avec tout son bonheur. Il sait qu'il n'a jamais été doué pour combattre les contre-courants quand les contre-courants se transforment en rapides qui l'entrainent vers le fond, il s'avère juste qu'il n'a jamais été réaliste, il a toujours été optimiste. Peut-être que c'est comme ça qu'il a survécu à toutes ces années vides, en ne réalisant même pas qu'il croyait que les choses étaient mieux qu'elles ne l'étaient, et maintenant il a tout ça et il se dit que tout va bien aller, que ça va parfaitement marcher, tout, tout va bien aller . . . Regardez- le. Comment est-ce que les choses pourraient être autrement que parfaites ?

Il pose ses doigts gantés à l'arrière des cheveux de Phalanx. "Est-ce que tu es prêt à patrouiller ?"

Sa voix est rauque dans sa gorge. "Regardez il a même fait un petit bouclier en carton, oh mon Dieu."

Il passe ses doigts dans ses cheveux, soupire à travers le sourire qu'il ne peut réduire, et regarde les enfants avec Phalanx tandis qu'ils dévalent la rue, leurs capes noires flottant dans le vent et leur grande sœur jure, et crie puis les rattrape.


Le Fantôme s'accroupit sur le tarmac du parking à côté du garçon, sa tête tombante est recouverte d'un maquillage de zombie, tandis que Phalanx menotte son presque voleur à une rampe pour ranger les vélos. "T'es sorti avec des amis ? Petite copine, copain ? Tu étais seul ?" Il pose ses mains sur les poches du garçon, spectre son portable hors de sa poche et le tient au-dessus de son épaule sans tourner la tête; Phalanx le prend, et appelle le 911. "Est-ce que tu peux m'entendre ?"

Le garçon grogne, sa tête roulant de l'autre côté de sa poitrine, et le Fantôme attrape gentiment son visage avec ses mains, le lève doucement pour regarder ses yeux. "Est-ce que tu as juste bu ou tu as pris quelque chose ? Tu te rappelles ce que tu as pris ?"

Il marmonne dans sa barbe, secoue la tête pour se libérer des mains du Fantôme. Le Fantôme regarde Phalanx, pince ses lèvres, impuissant. "Il est peut être juste vraiment bourré, j'arrive pas à dire. Dis-leur aussi d'envoyer une ambulance."

"- et une ambulance pour la victime, aucune idée si c'est de la drogue ou de l'alcool mais il a peut-être besoin d'un lavage d'estomac. Merci!"

Le Fantôme – cache son sourire de son gant, les doigts se fermant au-dessus de ses yeux . "J'arrive jamais à croire que tu sois aussi joyeux quand tu appelles pour signaler une agression."

"Ce n'est pas comme si c'était la faute de l'opérateur si la situation est pourrie, ce n'est pas la peine de les faire culpabiliser pour ça."

Il se concentre de nouveau sur le garçon, qui essaye de descendre de la voiture sur laquelle il est assis pour se rouler en boule à même le sol. "Hey, non, allez, il fait vraiment froid. Tu peux pas t'allonger comme ça."

Le garçon se contente de grogner, blottissant sa tête entre ses bras. "La PLS naturelle," note sombrement Phalanx, et le Fantôme retire sa cape, l'étire sur le corps en position fœtale comme une couverture. "Ça va aller," murmure-t-il en frottant ses épaules. "Une ambulance arrive. Ça va aller. Tu as trouvé son numéro à appeler en cas d'urgence ?"

Il lève les yeux tandis que Phalanx lui tend quelque chose, il sourit et prend le sachet chauffant que ce dernier a activé, il le glisse sous la cape et contre la poitrine de l'homme, tandis qu'il essaye de se rouler encore plus en boule, son souffle tremblant à chaque fois qu'il expire. "Tout va aller parfaitement bien," lui dit le Fantôme, et Phalanx dit, "Je crois que son numéro d'urgence est celui de sa mère. Est-ce que tu veux vraiment qu'on appelle sa mère pour lui dire ça vers minuit ? Parce que, euh, la mienne péterait un plomb."

Le Fantôme frotte les épaules du garçon, parce qu'il est toujours allongé sur le sol froid d'octobre – plus que dix minutes avant novembre. Lui non plus ne voudrait pas qu'on appelle son père, coincé dans l'Ohio, pour lui dire ça au milieu de la nuit. "Regarde qui était la dernière personne qu'il a appelée."

"Okay . . . 'Becca', a onze heures huit. J'imagine qu'un autre appel ne la dérangera pas dans ce cas." Phalanx se retourne, fredonnant doucement, tandis que le Fantôme frotte le dos du garçon – il a froid lui-même sans sa cape sur ses épaules, et il se rend à moitié invisible, nerveux et mis à nu sans la capuche – tandis que Phalanx dit, "Hey ! Désolé, non, ce n'est pas Matt. Il s'appelle Matt," dit-il, et le Fantôme murmure, "Ca va aller, Matt, on est là, une ambulance arrive."

"Quelqu'un vient d'essayer de le voler et on a contacté les services d'urgence mais on aimerait savoir si vous pouviez peut-être venir à l'hôpital avec lui. Et nous dire si vous savez s'il a pris quoi que ce soit ? Il n'est pas vraiment réceptif. Non, on n'est pas – je ne suis pas un flic. S'il a pris de la drogue on ne va pas le trainer en justice, croyez-moi, on veut juste aider. Oh, hum, nous sommes juste des citoyens inquiets, plus ou moins." Il couvre le micro du téléphone, regarde le Fantôme. "Elle est assez évasive, il a pris quelque chose, oui. Okay, Becca, l'ambulance n'est surement pas loin maintenant, est-ce que vous pouvez peut-être aller à l'hôpital pour l'attendre ? Est-ce que vous êtes avec des amis ? Cool, si vous pouvez – j'entends des sirènes."

Phalanx abaisse le téléphone, et le Fantôme peut entendre le distant "-Allo ? Allo, quel hôpital-?" qui sort du haut-parleur tandis que les sirènes se rapprochent. Le Fantôme frotte le dos de Matt alors qu'il tremble. "Ça va aller. Ils sont presque là, tout va bien aller."

Une voiture de police se gare, et le Fantôme se rend complètement invisible, murmurant toujours, "Ils sont là maintenant, Matt, ils vont prendre soin de toi. Tout va bien maintenant." tandis que Phalanx tend le portable vers le premier flic qui sort de la voiture. "L'agresseur est dans le coin, cet homme a peut-être pris quelque chose que son corps n'accepte pas, ses amis vont avoir besoin que vous les guidiez jusqu'à l'hôpital quand l'ambulance sera là. Et merci d'avoir été aussi rapide."

"Vous êtes qui, bordel ?"

Le Fantôme pince les lèvres, dit un 'désolé' et prend sa cape du corps de Matt, la renfile. "Il est avec moi."

"Qu -" Un des flics a une main sur son pistolet; les boucliers de Phalanx se propagent autour de lui, ses nerfs à vif – il n'est toujours pas habitué à être occasionnellement à proximité de pistolets, et le Fantôme ne lui dira jamais, jamais de faire moins attention – il les laisse tomber pour que le Fantôme prenne son bras, et apparaisse assez longtemps pour dire, "Joyeux Halloween." tirant les bords de sa capuche comme pour faire un salut, avant que Phalanx ne lance le portable au deuxième flic, et le Fantôme les rend tous les deux invisibles.

"Qu'est-ce qui vient de-"

"Alors c'était bien lui cette fois, hein ?" dit le deuxième flic, le portable grésillant toujours dans sa main, en s'accroupissant à côté de Matt. "Okay fiston, voyons voir tout ça. Est-ce que tu peux m'entendre ? L'ambulance arrive . . ."


"Il est pas méchant," sanglote la femme habillée en démon, étalant du fond de teint rouge et de l'eyeliner noir en essuyant ses joues. "Il est juste, la nuit a été dingue et il a trop bu, il est toujours, quand il a trop bu -"

Phalanx garde l'entrée de l'allée, les bras croisés, tandis que le Fantôme lui offre un Kleenex et dit, "Est-ce que tu vis avec lui ? Tu seras en sécurité chez toi ?"

"Je – pendant qu'il est comme ça – faut juste qu'il se calme et - et -"

"C'est pas grave, ça va aller. Est-ce que tu peux passer la nuit chez un ami ? Il y a un refuge pour femmes à quelques rues d'ici, je peux t'y emmener si tu veux."

Elle se mouche et avec tout le rouge qu'elle retire de son visage on dirait qu'elle saigne du nez. "Je sais pas quoi – Je sais pas quoi -"

"On devrait peut-être aller au refuge, et tu pourras parler à quelqu'un là-bas."

"Il est pas comme ça normalement, il est juste – quand il a trop bu -"

"Je suis désolé," dit le Fantôme, et il lui tend un autre mouchoir, sa voix devenant plus douce. "Je suis désolé."

Elle se mouche encore, et commence à pleurer encore plus. "Parfois j'aimerais – ne pas être amoureuse de lui -"

"Je sais," dit-il, vraiment doucement. "Je suis désolé."

Phalanx regarde le sol de l'allée, parce qu'il se sent un peu mal à l'aise d'être témoin de ça. Ils ont fait fuir le garçon qui la tenait par les épaules et la secouait dans cette même allée, la femme criait terrifiée mais elle a crié encore plus fort quand Phalanx avait essayé de lui courir après - non, non, laissez-le, laissez-le - et maintenant le Fantôme prend son épaule en faisant attention, là où elle porte une combinaison rouge et avec un peu de chance il n'aura pas de peinture rouge sur ses gants, disant doucement, "Tu pourras boire un café et te réchauffer un peu quand on sera là-bas. Tu serais surprise de remarquer à quel point tout devient plus clair avec une tasse de café. Viens, ce n'est pas loin. Ça t'embête si je suis invisible sur le chemin ?"

Elle essuie ses yeux injectés de sang, comme s'ils essayaient de devenir rouges pour être assorti à son costume. "Ils veulent toujours t'arrêter, c'est toujours d'actu ?"

"Malheureusement oui."

"Parce que tu fais ça ? "

Il hausse des épaules, de manière à dire 'qu'est-ce qu'on peut y faire'. " Je serai juste à côté de toi. Tu peux tenir mon bras si tu veux. Phalanx, est-ce que tu peux attendre . . . ?"

"Bien sûr." Il sourit et crée un bouclier à la hauteur de sa taille pour s'y assoir, et la femme le fixe, fixe le Fantôme.

"Ils veulent t'arrêter parce que tu offres des Kleenex et des câlins, et Kyle-" Elle s'arrête, met une main devant sa bouche, et le Fantôme frotte doucement son dos, dit, "Viens, marche avec moi, on peut parler en chemin. Est-ce que tu en as déjà parlé à la police ?"

"Je ne veux pas qu'il aille en prison je veux juste – j'aimerais juste qu'il -"

". . . je sais. Je suis vraiment désolé."

Elle pleure encore plus fort tandis que le Fantôme se rend invisible, elle prend son bras et entoure l'autre autour de son dos, ils tournent au coin et descendent la rue. "Je veux juste qu'il ne me frappe pas -"

Phalanx peut l'entendre murmurer tristement, "Je suis tellement désolé." tandis qu'ils s'éloignent.

Il frotte légèrement ses bras, refroidis maintenant que la chaleur de l'adrénaline est partie. Un bordel absolu, avait dit le Fantôme. Ce n'est pas si loin de la vérité. Les clubs sont tous remplis à ras bord, c'est un chaos costumé et alcoolisé dans toutes les rues. Ils ont déjà arrêté un cambriolage commis par un gars habillé en lapin et un hold-up dans une supérette perpétré par trois gars en clowns, trois bâtards cheloux oui. Ce n'est pas comme ça normalement. Mais alors, d'un autre côté, il y avait vraiment toutes ces attentes dont le Fantôme lui avait parlé – attendre…Quand le mec en lapin s'était assommé en retombant par la fenêtre par laquelle il essayait de rentrer, alors ils avaient dû attendre les flics avec lui. Attendre avec l'homme terrifié à la superette après le hold-up jusqu'à ce que la police arrive, attendre que les flics arrivent avec le garçon drogué après cette agression. Phalanx commence vraiment à connaître le visage de certains flics, il essaye de rester loin d'eux comme le fait le Fantôme, mais le masque couvre la plupart de son visage et honnêtement il ne se reconnait jamais avec ses cheveux lâchés et avec autant de volume. Le Fantôme le rend invisible dès qu'il le peut, à chaque fois.

Ce genre de choses – il n'y a pas d'héroïsme dans ce genre de choses, pas de la manière dont le pense les autres, c'est tellement sale et tous les jours, faire fuir le petit copain de cette femme, le faire partir loin d'elle – c'est toujours ce qui le bouleverse le plus. Le Fantôme l'accepte sans ciller, terrifiant envers ceux qui commettent ce genre de crimes – il ne hante les gens que quand il est obligé, Phalanx le sait maintenant, parce qu'il peut généralement les menotter à quelques chose avant de devoir les hanter mais il y a toujours des fois où il n'hésite pas une seconde – et ensuite il est complètement, patient de façon désarmante et doux avec les victimes, Phalanx ne sait pas comment il peut autant s'oublier. Quand son cœur bat toujours fort et rapidement et qu'il est rempli de rage du combat, le Fantôme parle déjà doucement, se rend disponible et paisible et leur dit que tout va bien aller, et ils semblent le croire quand il le dit. Phalanx ne sait pas si c'est le soulagement ou quelque chose d'autre, les femmes en particulier semblent lui faire confiance, la douceur de sa voix. Il a maintenant réalisé, embarrassé par sa propre naïveté, qu'ils ont déjà sauvé un nombre de 'belles de nuit', toutes semblant connaître quelqu'un d'autre que le Fantôme a aidé dans le passé . . .

Il aide les gens quand personne d'autre ne le ferait. C'est peut-être ce que veut vraiment dire le mot 'héros'.

Il entrelace ses doigts gantés ensemble, les serre, lève les yeux vers le ciel au-dessus de lui qui est crasseux à cause des lumières de New York. Il apprend beaucoup de ce que veut vraiment dire le mot 'héros', il apprend que c'est ignorer ce qui est immédiatement en train de vous arriver pour le bien de quelqu'un d'autre, il apprend la dimension que peut prendre un sacrifice, il apprend le courage et la difficulté. Il avait plu, il y a deux nuits de ça, et le Fantôme l'avait regardé sous sa capuche et avait dit, "Tu ne croirais pas à quel point le taux de crimes baisse quand il pleut. Même les criminels ne sont pas assez stupides pour rentrer trempés juste pour ça." Et il l'avait emmené chez Tina et Mike au lieu de patrouiller. Mike avait besoin de prendre du sang de Phalanx, ça pouvait paraitre flippant, mais s'il avait eu besoin d'une transfusion au milieu de la nuit Mike n'aurait pas vraiment pu sortir dans la rue et demander des donneurs.

"Je vais pas voler ça à l'hôpital." avait dit Mike, tandis que Phalanx installait sa tête sur les cuisses du Fantôme sur le canapé, le Fantôme étendit les jambes et toucha les cheveux de Phalanx pour les dégager de son visage, Phalanx resta allongé et essaya de ne pas montrer qu'il ne voulait pas regarder l'aiguille. "Je risque beaucoup pour vous mais je ne vais pas être l'étudiant médical qui se fera virer pour avoir volé du sang, c'est juste- trop louche pour qu'on me laisse un jour tranquille."

Tina avait posé deux tasses à café sur la table basse, elle dit, "Je pourrais toujours en voler. Je pourrais dire que c'était pour une œuvre d'art."

"Personne n'a à voler quoi que ce soit," avait dit le Fantôme, ses mains posées en coupe autour de la tête de Phalanx, ses pouces caressant son front pour le calmer. "Enfin, rien qui ne pourrait manquer à quelqu'un, en tout cas. On est tous techniquement du côté des anges."

Phalanx avait regardé son visage au-dessus de sa tête, pensé, les anges sont surement de ton côté, en fait, puis s'était écrié, "Ow-" quand l'aiguille était rentrée dans sa peau .

"Désolé. Laisse-moi juste prendre le garrot – et voilà. Okay, okay Je crois que c'est bon."

"Ensemble ?" Avait joyeusement dit Tina, se penchant, ses cheveux formant un fin rideau contre sa joue. Phalanx avait souri, et le Fantôme avait de nouveau repoussé ses cheveux vers l'arrière, puis levé une main pour cacher un bâillement. Tina avait souri. "J'aurais pensé que les superhéros avaient une règle interdisant de sortir avec les gens qu'ils sauvent, comme les docteurs."

"Il brise beaucoup de mes règles." avait marmonné le Fantôme, et il avait gardé sa tête bien rentrée dans sa capuche. Phalanx avait levé les yeux vers lui, avait levé son bras libre et touché sa joue. "Tes règles sont un peu dures envers toi-même. Je ne fais – qu'équilibrer un peu les choses."

"Je pourrais mettre un film pendant qu'on attend," avait dit Tina, se dirigeant vers leur DVDtech à côté de la télé. "Qu'est-ce que vous voulez regarder ? On a deux trois films de superhéros . . ."

"Parce que ces trucs sont tellement réalistes."

Phalanx avait dit, "T'aimerais ces trucs s'ils étaient plus réalistes ?"

"J'aimerais au moins voir une scène où le héros jure en essayant de recoudre sa cape brulée, sérieusement qui sont leurs tailleurs - ?"

Tina avait fini par lancer une comédie musicale, un classique en noir et blanc et qui avait vraiment donné l'envie de danser à Phalanx – oublier son sang qui se vidait doucement de son bras, se contenter de prendre la main du Fantôme et le faire tournoyer autour de la pièce comme Gene Kelly – mais quand il avait relevé les yeux vers le visage du Fantôme quelques minutes plus tard, celui-ci était appuyé contre une de ses épaules, ses yeux rivés sur la télé étaient lourds de sommeil, et il s'était endormi dix minutes plus tard. Tina avait croisé le regard de Phalanx et sourit, elle avait enroulé une couverture autour des épaules du Fantôme en faisant attention, elle avait baissé le volume, puis s'était glissé dans la chambre.

Mike s'était baissé pour vérifier l'intra veineuse. "Ça fait combien de temps que vous faites ça pour lui ?" avait murmuré Phalanx. "Que vous prenez soin de lui comme ça ?"

". . . ça va faire quatre ans. Il pourrait être bien pire comme patient, on a juste eu deux ou trois situations vraiment effrayantes."

". . . est-ce que tu veux bien approfondir '' vraiment effrayantes'' s'il te plait ?" avait dit Phalanx, ses yeux bougeant rapidement pour vérifier si le Fantôme dormait toujours, les yeux toujours fermés, son souffle toujours lentement régulier sous le corps de Blaine, sa joue toujours appuyée paisiblement contre le haut du canapé.

Mike avait respiré, doucement. Il avait dit, "S'il ne t'a pas raconté ces trucs je ne sais pas si je devrais le faire. Il t'a – fait un topo de tout ce que ça implique, n'est-ce pas ? A quel point c'est dangereux. Il peut spectrer, les autres gens . . . si c'est assez pour le blesser quelque fois, c'est dangereux."

"J'peux me protéger." avait dit doucement Phalanx. "Oui, il m'a fait le'' topo''. De nombreuses fois. C'est juste – je ne veux pas qu'il fasse ça tout seul, il aide vraiment les gens et la seule récompense qu'il a en retour c'est – eh bien, pas assez d'heures de sommeil, pour commencer . . ."

Mike fut silencieux un moment, puis il s'était levé et dirigé vers la fenêtre, pour jeter un coup d'œil entre les rideaux, il les avait remis en place. Il avait dit, et Phalanx avait regardé ses épaules se tendre alors qu'il regardait les rideaux fermés comme s'il pouvait voir à travers ceux-ci et dans une autre nuit il y a très longtemps de ça, "Il l'a ramenée. Après ça – après que ces gars. C'était quoi . . . elle était tellement énervée et je savais que c'était ce qui l'avait aidée plus qu'autre chose, même pas le fait qu'il ait mis ces gars à terre, mais qu'il ait juste été là pour elle. Elle pleurait vraiment beaucoup, elle m'avait appelé de la rue pour que je vienne la rejoindre, et il était avec elle, elle le serrait contre elle et elle pleurait dans sa cape et il a juste – il m'a juste regardé, et l'a laissée avec moi, et il était tellement patient pendant qu'elle s'accrochait à lui. Et je n'y ai même pas réfléchi une seule seconde. Je lui ai dit que j'étais étudiant en médecine et que s'il avait besoin de quoi que ce soit, je lui devais ma vie. Elle est toute ma vie," avait-il dit, comme s'il avait vraiment besoin de clarifier ce point, il regarda vers Phalanx, qui se contentait de le regarder, il ne pouvait pas faire bien plus que de rester allongé sur son dos avec sa tête sur les cuisses d'un superhéros endormi.

"Il a disparu. C'est ce qu'il fait toujours. Et on n'a plus entendu parler de lui pendant – je sais pas, des semaines. Jusqu'à cette incendie, quelques chose a atterri dans notre escalier de secours avec un énorme vacarme à une heure du mat." Mike avait frotté sa nuque. "Un superhéros gelé jusqu'aux os, trempé, grillé au feu de bois, mais heureusement pas assez cuit. Il ne voulait pas que je l'emmène à l'hôpital, j'ai dû faire avec ce que j'avais sous la main. Je devrais le remercier, vraiment, c'était en fait le cours de médecine le plus intensif de ma vie . . ."

"Est-ce qu'il allait bien ? C'était quand ?"

"Cet immeuble incendié… Il y avait tous ces photographes . . . Il y a quatre ans maintenant, presque exactement. Il allait bien. Il n'a même pas pris la moitié du temps de repos que je lui avais conseillé et je le sais, mais ouais, il allait bien. Il prend soin de lui-même. La plupart du temps."

Cet immeuble incendié. Le Fantôme aspirant de l'oxygène qui lui était offert par le pompier, d'une manière ou d'une autre, entre ses voyages sans fin jusqu'au bâtiment jusqu'à ce qu'il s'écroule et c'était la première fois qu'il avait été vu par la plupart du monde. Il n'avait jamais su que le Fantôme . . . stupide. Bien sûr il était toujours à l'intérieur quand ça c'était effondré, et Phalanx n'avait jamais, même pas une seconde, su s'il avait été blessé par le bâtiment. Phalanx avait regardé son visage endormi et pensé, si j'avais été là ça aurait été différent. Si n'importe qui avait été là ça aurait été différent. Tu ne devrais pas avoir à faire ça tout seul . . .

Le Fantôme ne s'était pas réveillé une fois la collecte de sang finie, il ne s'était pas réveillé quand Mike avait coupé la télé, fait un sourire solidaire et avait fermé la porte de la chambre derrière lui. Une heure plus tard il avait finalement bougé, relevé la tête avec un sursaut et Phalanx avait murmuré, "Hey, je suis là, tout va bien." Et il avait de nouveau tendu sa main vers son visage.

Le Fantôme avait pris son poignet, ayant l'air si surpris par le monde à cet instant, ses yeux tellement jeunes.

Il fait les cent pas dans l'allée pour se réchauffer quand la voix du Fantôme dit, "Je suis là," et il apparait à ses côtés et soupire. "Désolé d'avoir mis si longtemps. Elle pleurait pas mal, je voulais pas juste l'arracher de mes bras et la laisser là."

"Non, c'est rien. Elle va bien ?"

"Je sais pas. J'espère que oui." Il ferme les yeux, et Phalanx frotte son bras, il le sent peiner à se détendre. "Je suis juste fatigué. Je me sent direct crevé après ça."

"On pourrait rentrer."

"Il n'est même pas une heure, les folies n'ont même pas commencé."

"Bon, et si on s'asseyait quelque part tranquille pendant un moment et qu'on essayait de faire marcher le hacker de radio, qu'est-ce que t'en dis ?"

"On aurait peut-être pu le faire marcher plus vite si quelqu'un avait pensé à prendre le mode d'emploi avec lui."

"Ce quelqu'un l'aurait fait si quelqu'un avait pensé à inclure des poches à leurs costumes."

"Quelqu'un aurait dû comprendre à quoi sert cette satané ceinture, Phalanx." réplique le Fantôme, et il fait claquer la ceinture sur ses hanches pour faire bonne mesure. Phalanx glapit avant de rire, et de tirer sur la capuche du Fantôme.

"Excuse-moi grand génie. Est-ce – que ça va vraiment aller pour elle ?"

Son visage – se referme. "Je sais pas. Ca dépend d'elle au final."

"Elle devrait le quitter."

"Je sais qu'elle devrait le quitter. C'est juste – je pense que c'est plus compliqué que ça."

"Comment est-ce que ça peut être compliqué ? Il se bourre la gueule et la frappe, elle devrait-"

Les yeux du Fantôme lâche son regard. "C'est la cause de blessure la plus fréquente chez les femmes de son âge. Statistiquement elle devrait plus s'inquiéter de ça que de se faire agresser par un étranger. La plupart des femmes qui se font battre se font battre par des gens en qui elles ont le plus confiance, les gens qui vivent chez elle, et ne peuvent rien y faire. Alors oui, elle devrait le quitter, je sais qu'elle devrait le faire, mais." Il croise les bras, la tête baisée sous sa capuche. "Mais la vie semble prendre des tournants différents de ceux qu'elle devrait prendre la plupart du temps. Je suis désolé. C'est juste – je t'ai dit que ce n'était pas sympa."

Maintenant Phalanx regarde autre part, et frotte légèrement son propre bras. "T'as toujours ces statistiques dans la tête ?"

Il inspire. "T'as pas idée. Je – sais pas comment ça doit être pour elles quelque fois. Les femmes. Vivant sous le poids de certains évènements sur lesquels tu ne voudrais pas parier, en le sachant . Et j'arrive pas à croire que les hommes ne font pas plus pour réparer ça, si tu peux rendre les choses meilleures pour les autre alors pourquoi tu ne le ferais pas ?"

". . . pour les même raisons qui font qu'on vit encore avec le racisme et l'homophobie ?"

Le Fantôme ferme les yeux, puis ajuste sa capuche, secouant sa tête en arrière, il rouvre les yeux et pose un de ses regards triste et ferme sur Phalanx. "On sauve pas vraiment le monde à discuter autour des poubelles, n'est-ce pas ?"

"Viens." Phalanx lui offre sa main, et l'escalier de boucliers commence à apparaitre devant eux. "On va bosser sur la radio et trouver quelque chose, je sais pas de plus propre. . ."

"Quelque chose qui ne pue pas les poubelles, au moins."

"Mm," fredonne Phalanx, tandis que le Fantôme marche prudemment derrière lui, ses bottes s'accrochant avec attention sur le bord des boucliers teintés.

Sur le bord de l'immeuble, les bottes pendant dans le vide – il y a seulement une quinzaine d'étages, c'est dingue que Phalanx arrive à associer ''seulement'' et ce genre de distance - Phalanx plisse les yeux et essaye de régler le petit gadget, pas vraiment sur de ce qu'il fait. "C'est stupide." dit le Fantôme, resserrant sa cape autour de son corps. "Et il fait froid. Et je sens plus mon cul. Ça t'a couté combien ce truc ?"

"Ssh. J'écoute."

"T'écoute le silence." marmonne le Fantôme, et il lance un regard noir sur ses propres bottes. Phalanx a un frison tout d'un coup et le Fantôme jette un coup d'œil vers lui, et lance un coin de sa cape au-dessus du dos de Phalanx. Phalanx sourit en le regardant, se rapproche pour que leurs hanches se touchent.

"Tu regrettes de pas m'avoir rajouté une cape maintenant ?"

"Tu la coincerais dans tout et n'importe quoi. Je suis en train de bosser sur ton costume d'hiver, faut que je ressorte le mien."

"Est-ce que tu penses à tout ?"

Le Fantôme baille et dis à travers la fumée blanche qui sort de sa bouche, "Oui." Puis, "Et – t'as entendu ça ?"

"Entendu qu-"

. . . comme un avion, il y a toujours des avions au-dessus de leurs têtes, c'est New York. Mais -

Pas vraiment un avion. Comme un tout petit, minuscule, avion, qui se dirige droit vers -

La cape n'est plus sur la tête de Phalanx et le Fantôme est sur ses pieds, levant les yeux vers quelque chose qui brille comme une fusée et vole vers eux. Phalanx se dépêche de se relever et le Fantôme attrape son bras alors que la fusée appelle, "Hey les gars, ça m'a pris quinze ans pour - ah, merde."

Ils sont invisibles, le Fantôme serre le bras de Phalanx avant qu'il ne reconnaisse le gars qui se pose devant eux sur le toit, étincelant dans une armure complète, les lumières éblouissantes de ses propulseurs sur ses bottes en métal s'éteignant quand il se pose. "Qu- C'est iBorg. Oh mon Dieu-"

"Phalanx," souffle le Fantôme, mais il retire sa main de son bras et réapparait –c'est tellement bizarre de voir ses propres bras et jambes reprendre forme devant ses yeux – devant iBorg, qui tourne sa tête vers lui; il porte un casque complet en métal, avec des lunettes sur les trous pour les yeux.

"Hey, c'est le noob. Quoi de neuf."

"T'es iBorg ! Tu traines pas dans le coin de Chicago d'habitude ? Qu'est-ce que tu fais ici -?"

"Je suis à la recherche de ton, euh, autre moitié, en fait. Qui j'imagine est toujours - quelque part, dans le coin, ce qui est légèrement flippant, Halloween et tout ça, yo." Il se met à marmonner, se tournant doucement avec un bourdonnement d'équipements pour scanner le toit. "Sérieux, au moins la technologie est toujours sous tes yeux, comment est-ce qu'il fait ça . . . ?"

"Qu'est-ce que tu veux ?" Même Phalanx sursaute en entendant la voix sèche et sans corps du Fantôme, et Phalanx de son côté se sent énervé à cause de la peur. "Pourquoi t'es là pour moi ?"

iBorg lève les mains en l'air. "Relax, okay, c'est juste – je connais des gens qui trouvent dur d'entrer en contact avec toi. Est-ce que tu pourrais peut-être, genre, apparaître, comment tu . . . ?"

"C'est rien," dit Phalanx en regardant l'endroit où il avait vu le Fantôme pour la dernière fois. "C'est un héros, t'as pas entendu parlé de lui ? Il est de notre côté."

Il essaye de ne pas montrer qu'il sursaute quand il sent une main invisible se refermer autour de son bras. "On va peut-être devoir spectrer directement vers le bas à n'importe quel moment," murmure le Fantôme dans son oreille. "Panique pas. Contente-toi de retenir ta respiration si tu le sens."

"C'est un ros, qu'est-ce qu'il - ?"

"Dis-moi pourquoi tu es ici." dit le Fantôme, sèchement. "Pourquoi tu es ici pour moi ?"

iBorg lève les mains en l'air, sans arme, inoffensif. "J'ai simplement une proposition à te faire. J'me suis fait enrôlé dans cette nouvelle initiative de groupe, un truc du gouvernement, pour quand il se passe des trucs trop énormes pour qu'on puisse les gérer tout seuls. Ils veulent que tout le groupe des ''collants-capes'' travaillent ensemble, tu sais qu'ils ont besoin -"

"Je sais qu'ils ont essayé de faire un registre avec tous nos noms, je sais que n'importe qui avec un pouvoir, n'importe qui dont ils avaient peur a disparu bien plus drastiquement que je ne le peux. Pourquoi est-ce que tu leur ferais confiance ? Pourquoi est-ce que n'importe quel super voudrait avoir à faire avec eux ?"

"Eh bien, en fait, je ne suis pas un super." iBorg frappe deux fois sur le coin de son casque. "J'ai fait ça de mes propres mains, le seul super que je sois c'est un super-génie. Et une partie de la proposition que j'étais sensé te faire était une tonne d'excuses pour le truc de registre fait de manière absolument compulsive mais de toute évidence vous ne vous êtes pas faits enregistrer quand c'était une condition légale alors j'imagine que ce que je dois vraiment vous proposer c'est qu'on ne va pas vous traîner en justice pour ne pas vous être inscrits, surtout si vous vous inscrivez maintenant."

Phalanx se rappelle de cette loi. Il se rappelle des milliers de nuits passées sans dormir à fixer les ténèbres, la bouche sèche à penser à cette loi, la loi qui donnait aux humains avec des super pouvoirs les mêmes droits légaux que ceux d'une arme à feu, autorisés à agir seulement avec un permis. Ça n'a duré que deux ans, c'était infaisable, comment est-ce que vous faites pour amener les gens à venir et à faire enregistrer leurs pouvoirs ? Les supers sont une proportion si petite de la population comment être sûr que chacun d'entre eux est dans le registre ou non ? Et quand il était un ado terrifié Blaine avait pensé, qu'est-ce qu'ils feraient une fois au courant, pourquoi est-ce qu'ils voulaient savoir, il ne faisait de mal à personne qu'est-ce qu'il voulait de lui - ?

"Eh bien merci beaucoup," dit le Fantôme, sa voix devenant un murmure tremblant essoufflé, "pour cette magnifique offre menaçante. Mais tu peux leur dire que je ne veux rien avoir à faire avec eux. Il faut déjà que je m'occupe de toutes les troupes de police en plus des criminels, alors je ne peux vraiment pas penser à travailler avec les autorités alors que je ne sais toujours pas si je vais me faire arrêter pour ça ou non. Et tu peux rester loin de lui, il a déjà bien assez à gérer, t'as pas intérêt à le mettre encore plus en danger qu'il ne l'est déjà -"

Ça prend un moment à Phalanx pour réaliser que le Fantôme parle de lui.

"- et barre toi de ma ville. J'en ai rien à faire de ce qu'ils veulent, casse-toi de ma ville."

"Mec, je veux juste -"

"Je suis aussi ici pour protéger les supers de cette île. Je ne te veux pas près d'eux. Pars de ma ville. Maintenant. Pars."

iBorg reste là avec ses mains en l'air pendant encore un moment, puis dit, "Tu fais peut-être ça depuis plus longtemps que certains d'entre nous mais personne ne t'a nommé roi des supers, t'es au courant ?"

Phalanx n'a jamais entendu sa voix comme ça. "Je sais que cette armure ne me ralentirait même pas."

iBorg les fixe, autant qu'une armure qui ne peut pas cligner des yeux le peut. Puis il dit, ". . . alors c'est pour ça que les criminels sont terrifiés par le Fantôme Okay. Je pars maintenant. Juste – penses-y. C'est pas si mal d'avoir des renforts, et tu pourrais même en vouloir un de ces jours. Mais je – vais définitivement partir maintenant. M'éloigner de toute la peur. Hum." Il se tourne vers Phalanx. "Bonne chance avec lui," dit-il, et ses propulseurs se rallument, le faisant voler comme une luciole sur leurs lumières avant de s'envoler comme une fusée, dans le ciel noir, un faisceau tel un feu d'artifice.

La main de Phalanx trouve le bras invisible du Fantôme. "C'était quoi ça ?"

"Pourquoi je voudrais m'impliquer dans n'importe quoi avec eux ? Pourquoi est-ce que je le ferais ?"

"Okay, okay, je comprends ça mais- je veux dire, t'aurais pu être plus sympa avec lui, il ne faisait que -"

Les mains du Fantôme – ne sont plus sur son bras, il les sent légèrement spectrer à travers son os puis plus rien. "Fantôme -" dit Phalanx, et, doucement, au bord de l'immeuble, cette fameuse cape gris sombre réapparaît.

Il dit doucement, la tête baissée, "Tu sais comment je réagis quand j'ai peur."

La bouche de Phalanx se tord, et finalement il soupire et sourit. "C'est rien. Tu n'as pas à faire quelque chose que tu ne veux pas faire. Et tu sais que je serai là avec mes boucliers s'il arrivait quelque chose."

Il ne relève pas la tête. Phalanx se rappelle, Tu fais peut-être ça depuis plus longtemps que certains d'entre nous . . . et son sourire s'efface un peu. Il suit les superblogs depuis des années maintenant et il a du mal à penser à quelqu'un qui fasse ça depuis aussi longtemps que le Fantôme, cinq ans qu'il fait ça tout seul, c'est extrêmement long. Il avait dix-neuf ans, pense-t-il, il arrive à compter. Il avait dix-neuf ans la première fois qu'il a enfilé cette cape. Il a défendu la ville entière sans l'aide de personne depuis sa sortie du lycée, et est-ce que quelqu'un peut lui en vouloir de se surprotéger ainsi, de surprotéger qui que ce soit, se tenant comme un loup, grognant à côté de Phalanx, t'as pas intérêt à le mettre encore plus en danger qu'il ne l'est déjà -

Il marche vers lui, trouve la main du Fantôme sous sa cape, ferme ses doigts à travers les siens, fait légèrement balancer son bras. "Hey," dit-il. "On arrête bientôt ? Vu qu'on n'arrive pas à faire marcher ce truc pour -"

La radio prend vie en un crachat dans sa main et il la fixe, tandis que trois sirènes retentissent en un cri strident et urgent. "-cident, je répète super incident suspecté, approchez avec prude-"

Plus rien. Parce que le signal n'est plus là, il poursuit sa route vers sa destination.

"Phalanx-"

"Attends," dit-il, sautant sur le pont de boucliers, le Fantôme à sa suite, lâchant sa main pour enrouler ses bras autour de sa taille. "Et c'est reparti -"

Le vent souffle sur eux comme s'il était content de leur retour.


C'est la Cinquième Avenue. La Cinquième Avenue Est -

Pour un moment ils restent juste à l'entrée de la rue, fixant le tout en se tenant la main et invisibles. Phalanx espère ne pas être le seul à n'avoir jamais rien vu de tel. Il ne sait pas comment . . .

Des sirènes hurlantes, les gens qui crient. Des taxis abandonnés sur les routes, des morceaux de costumes laissés par terre, des balais, des tridents et des peut-être capes de Fantôme dispersés sur les trottoirs . . .

Tandis que les mannequins marchent vers eux, comme une horde de zombies plastifiés.

"Ils viennent de chez Saks," dit le Fantôme, faiblement, à ses côtés.

Phalanx se contente de les fixer. Il y en a des dizaines, Dieu sait combien ils sont, marchant avec l'allure menaçante et infatigable de quelque chose qui n'est pas vraiment vivant, un rythme un peu saccadé mais presque humain, ce qui rend Phalanx malade. "T'arrives à – savoir d'où ils viennent -?"

"Pose pas de questions, ils viennent de Saks." Certains sont habillés pour Halloween, des corsets noirs et des grandes jupes, des masques baroques sur leurs yeux vides. "Ils vont par là. Pourquoi est-ce qu'il - ?"

"Est-ce qu'ils attaquent quelqu'un ?"

"Lui."

Le Fantôme est visible en un instant – Phalanx aussi, partant à sa suite, un homme court dans un costume du Fantôme, un plutôt bon marché, une cape fine flottant derrière lui. Il court, à toute vitesse et bouche ouverte vers eux, et les mannequins accélèrent en le suivant. Des voitures de polices bloquent la route devant eux mais le Fantôme se met à courir, saute au-dessus des voitures, suivi de près par Phalanx et un flic crie, "Hey - !"

Le gars en costume du Fantôme les voit et les fixe, et le Fantôme lui fait un signal d'urgence; il accélère une toute dernière fois et les dépasse, il court tellement vite qu'il rentre dans une des voitures de police. "Vous – vous -" halète-t-il, retirant le masque et la cape du Fantôme, le visage rouge et brillant de sueur, assis lourdement sur la route derrière une voiture. "Vous -"

"Joyeux Halloween," dit le Fantôme en regardant toujours les mannequins. "Pourquoi est-ce qu'ils vous couraient après ?"

"Ne - Ne -"

"Ils – ils viennent toujours vers nous," dit Phalanx, des boucliers volant autour de lui, il est nerveux à cause d'eux. On dirait quelque chose en provenance d'un film d'horreur. Un film d'horreur écologique. Une apocalypse de zombies non biodégradables.

"Laisse-moi . . . essayer quelque chose." dit le Fantôme, et il devient invisible. Les mannequins ralentissent, commencent à se disperser, ne se concentrant plus sur cette cible déterminée. Phalanx voit quelque chose de gris dans un coin, regarde le Fantôme réapparaître de l'autre côté de la rue – et les mannequins se reconcentrent, se mette à courir vers lui.

"Pourquoi est-ce qu'il s'intéressent à toi ?"

Le Fantôme lève les bras, l'air irritable, comme pour dire, Qu'est-ce que j'en sais bordel ?, il se baisse pour éviter un bras en plastique, donne un coup de botte dans le ventre d'un mannequin, hésite et hante sa main dans la tête du suivant (il porte du blanc, et Phalanx remarque qu'il a choisi de le hanter plutôt que de lui mettre un coup de pied parce que le Kurt en lui ne peut pas supporter de le salir); le mannequin hanté ne réagit pas, se contente de frapper son bras à travers ses côtes.

A travers ses côtes; il spectre. Il se recule, se retourne et voit la horde qu'ils forment l'entourer,il se rend invisible. Les mannequins se rentrent les uns dans les autres, un méli-mélo de membres, ils se tournent et basculent et tombent – mais ils se relèvent et recommencent à bouger, toute cette terrible et catégorique détermination envolée sans leur cible présente.

La voix du Fantôme dit à l'oreille de Phalanx, "N'importe qui avec cette cape. Combien de gens dans cette ville porte une pâle imitation de mon costume à ce moment même à ton avis ?"

"Dans New York ? Le soir d' Halloween ?" Il hausse des épaules. "J'en sais rien, un cinquième de la population ? J'en porterais une si on -"

Un flic se penche par-dessus le capot d'une voiture. "Je sais qu'on n'est pas vraiment du même côté mais est-ce que tu peux faire quelque chose ? Ce genre de folie c'est ton rayon pas le nôtre !"

"Eh bien puisque vous avez demandé si gentiment, monsieur l'officier," dit le Fantôme, se rendant de nouveaux visible, irrité, "pourquoi vous ne me donneriez pas un coup de main ?"

Dès qu'il est de nouveau visible les mannequins se tournent de nouveau vers lui, et Phalanx recule la tête en voyant leurs yeux vides les fixer. L'homme en costume de Fantôme derrière la voiture est emmené par un autre flic, la cape retirée et oubliée, et le Fantôme croise les bras et regarde le flic, l'air de dire, Alors ?

Il tire six balles dans le mur de corps en plastique en approche. Les épaules et les visages explosent, les balles percent les vêtements sur les peaux de plastique, et le Fantôme grimace à côté de Phalanx; il tourne la tête et le Fantôme dit, "C'était du Alexander McQueen, il pourrait avoir un peu de respect."

Les mannequins n'arrêtent pas d'arriver. Le Fantôme inspire, dit, "Eh bien. Je suppose qu'on ne peut pas tuer quelque chose qui n'est pas vivant. Phalanx . . . ?"

Ils sont humains et non humains au même moment, ça lui donne la chair de poule et la nausée. Phalanx avale sa salive, puis lance ses mains en l'air, et un bouclier s'écrase dans le cou d'un mannequin approchant. Il chancelle, perd sa stabilité, et tombe d'une traite sur les fesses – puis il se balance maladroitement pour se relever, et sans sa tête, se lance de nouveau sur eux.

"J'vais en faire des cauchemars pour genre . . . toujours, en fait."

Les doigts du Fantôme se referment entre les siens, et il serre sa main. "Pas le temps. Ils vont me suivre, faut qu'on aille à Saks et qu'on trouve la source de tout ça."

"Qu -"

"On spectre à travers eux."

"On -?"

"Contente-toi de courir!"

Il se met à courir, et Phalanx est traîné derrière lui, fonçant droit vers les mannequins. Son souffle s'échappe de son corps sous le choc et il ferme les yeux -

Les sent-

Il ouvre les yeux. Ils courent à travers eux. A travers eux, une confusion de ténèbres et de lumières tandis qu'ils courent à travers les corps de plastique, leurs bras essayant de les attraper sans succès, une confusion de membres et de visages fermés en plastique. Ils passent à travers une grande lignée d'entre eux et le Fantôme trébuche sur un endroit dégagé de la route, Phalanx crie et attrape ses côtes alors qu'il tombe sur un genou et la tête pendante, haletant.

"- c'est trop," soupire-t-il. "Toi et moi, j'dois garder- la plante de nos pieds solide – c'est trop, j'peux pas me concentrer sur – je sais où sont mes pieds, t'es juste -"

Phalanx regarde par-dessus son épaule, les mannequins qui se tournent vers eux, lève les yeux vers les mannequins en train de les encercler, se rapprochant de plus en plus d'eux. Il crée un bouclier autour d'eux, un dôme d'hexagones emboîtés, et il resserre ses bras autour du Fantôme quand la première ligne commence à frapper dessus avec leurs bras vides. Le Fantôme touche son front sous la capuche, inspire et relève la tête.

"Tu peux suivre derrière. Ils vont me suivre, tu peux les suivre eux."

"Tout seul-?"

"J'peux pas nous spectrer tous les deux comme ça ! Ils peuvent pas me toucher, tu le sais, je vais bien. Juste – reste en sécurité, s'il te plait, juste – fait tomber les boucliers autour de nous, garde-les autour de toi. Rien que toi. Mets-toi en sécurité, s'il te plait."

C'est contre tout l'instinct présent en son corps et en ses muscles, ses os disent non. Laissez le Fantôme vulnérable – lui-même en sécurité et lui vulnérable -

Le Fantôme se tient la tête entre les mains, son regard soutenant celui de Phalanx, il lui dit doucement et avec un ton urgent, "Phalanx je vais bien et je sais ce que je fais et est-ce que tu pourrais s'il te plait faire ça pour moi parce que j'ai besoin que tu le fasses et s'il te plait, s'il te plait protège-toi." Puis il se relève et se recule autant qu'il le peut dans le petit cercle de boucliers, et il dit, "Lâche-les."

Il inspire et il obéit. Les mannequins se jettent en avant tandis que les boucliers se rétrécissent, juste autour de Phalanx, et le Fantôme évite un bras se lançant sur lui, il se retourne et spectre à travers le corps du mannequin qui l'a attaqué, il disparaît de la vue de Phalanx à travers son corps. La seule manière de savoir où il se trouve c'est parce que les mannequins se frappe les uns aux autres en lâchant ses boucliers, se jetant sur le Fantôme en remontant la rue. Phalanx les regarde, impuissant, jusqu'à ce qu'il soit assez rassemblés pour former une file autour de lui plutôt qu'une foule, et il peut laisser tomber ses boucliers, il marche avec eux – prêt à n'importe quelle seconde à faire apparaître d'autres boucliers, ce sont d'horribles choses avec leur manière robotique de marcher – il sait que le Fantôme est loin devant, seul.

Il ne peut pas bouger un bouclier immobile. Il comprend ses propres pouvoirs, comprend comment ils marchent instinctivement; ils peuvent être lancés, ou peuvent être immobiles, et ce sont ses deux seules options. Un bouclier qui a été créé immobile ne peut pas être bougé et un bouclier créé mobile ne peut pas être arrêté, bien qu'il puisse les faire disparaître. C'est une limitation vraiment irritante, parce que ce n'est pas comme s'il pouvait aller n'importe où quand il est à l'intérieur d'un bouclier, il ne peut pas les porter comme une carapace de tortue et rester en sécurité en marchant, il doit rester où il est. A la limite il pourrait s'entourer de boucliers mouvants mais s'il ne bouge pas assez vite ils pourraient le frapper d'un coup sec dans le dos. Il se rappelle des limitations des pouvoirs du Fantôme, ses difficultés à courir avec Phalanx en les spectrant tous les deux -

Ça lui vient à l'esprit que la raison de pourquoi le Fantôme a arrêté d'essayer c'était parce que s'il n'avait pas bien su quelle partie de Phalanx devait rester solide et où se trouvait le sol en relation avec eux, il aurait pu très facilement faire spectrer les pieds de Phalanx à travers le sol et s'il avait été distrait ... les rendre de nouveau solides trop tôt. Il ne veut même pas y penser.

Il suit les mannequins qui suivent le Fantôme, et il cherche dans sa tête une nouvelle fête préférée, qui soit moins flippante, il a toujours bien aimé la Saint Valentin . . .


Ce n'est pas qu'il n'a pas peur.

(Oh, pense Kurt, la nouvelle collection de Jason Wu, oh j'aime ce qu'il a fait avec le drapage-)

Ce n'est pas qu'il n'a pas peur, tandis qu'il court tête basse avec sa cape volant derrière lui, spectrant à travers des mannequins aux yeux blancs se tombant les uns sur les autres en essayant de le frapper avec leurs dures mains en plastique. Une armée de monstres immortels (habillés pour la plupart avec goût mais il refuse de se faire tuer par ceux qui portent des vêtements affreux à lui en donner la gerbe) veulent sa mort, et tout ce qu'il peut faire c'est trébucher, tout ce qu'il peut faire c'est ne pas spectrer à temps, tout ce qu'il lui faut c'est une demi seconde pour faire une connerie et ils le réduiront en pièce sanglante avec leurs doigts en plastique acérés. Alors, non, ce n'est pas qu'il n'a pas peur.

C'est juste qu'il n'a pas le temps de ressentir cette peur pour le moment.

Phalanx est ici, Phalanx qui se laisserait blesser pour le sauver en un battement de cœur, ce qui lui donne encore plus de raisons de s'inquiéter. Il y a la police, des gens, mon Dieu il sait qu'il sont sûrement chez eux allongés dans leurs lits à cette heure mais une boule s'est formée dans sa gorge en pensant à tous ces enfants portant cette cape, tous ces enfants qui aurait pu être blessés si c'était arrivé plus tôt -

Les portes brisées de Saks sont droit devant, des portes et fenêtres en verre éclatées sur le trottoir comme du verglas, et il est devant la plupart des mannequins maintenant, juste quelques traînards à l'arrière – alors qu'il court directement à travers eux – ils se lancent sur lui alors qu'il approche. Dans le magasin il peut voir une femme en train de regarder, ses mains devant sa bouche avant de se reculer, et il court droit sur elle alors qu'elle se retourne et fuit.

Les débris de verre brisés glissent et craquent sous ses pieds et la femme court devant lui, ses cheveux noirs rebondissant, criant tandis que les mannequins qui leur courent après brisent les derniers fragments de fenêtre, faisant tomber des portants par terre alors qu'ils reviennent dans le building qu'ils viennent de déserter. Le Fantôme la rattrape avant qu'elle n'atteigne le premier comptoir, il attrape son bras et tourne tout son corps alors qu'elle essaye de le frapper de son coude, coinçant ses bras derrière son dos. Il la tient entre lui et les mannequins en marche et elle crie de nouveau et il hurle, "Si c'est de ta faute alors arrête-les -"

Elle se débat, essaye de le frapper et il tire ses bras ensemble derrière son dos, il grogne, "Je ne veux pas te faire de mal, crois-moi, je ne veux pas te faire de mal mais je n'aurai même pas à le faire si tu ne les arrêtes pas -"

Ils sont presque sur eux, et il devra les spectrer à n'importe quel moment pour qu'ils ne soient pas réduit en pièces, mais la femme pleure, la tête penchée, elle pleure, sanglote, "Ils ont ma fille, ils ont ma fille, ils ont ma petite -"

Les mannequins ralentissent. Leurs expressions ne changent pas, ils n'ont pas à le faire, pas de grimace de haine ou de fureur, juste un visage fixe et passif tandis qu'ils ralentissent leurs pas, rentrent les uns dans les autres, se frappent dans les comptoirs et font tomber des bouteilles de parfum, l'air rempli de leurs senteurs. Le Fantôme recule d'un pas alors que les mannequins ralentissent, leur donnant juste quelque secondes de plus, il dit, "Qui – je peux aider, tu n'as pas à faire ça, je peux aider -"

Les mannequins ralentissent, ralentissent, ralentissent, comme s'ils n'avaient plus de batteries.

Puis ils se relèvent, comme s'ils avaient été mis en place ici, les visages vides et les bras étirés vers le Fantôme, qui lâche les bras de la femme pour qu'elle les mette sur son visage et pleure.

Il y a un tabouret derrière le comptoir des parfums sur lequel il la fait s'asseoir, et il lui donne un mouchoir. À ce moment, les mannequins sont poussés, il peut entendre une voix approcher tandis que les mannequins tanguent de droite à gauche, un d'eux tombe et commence un effet domino jusqu'à ce qu'il se tape à un mur - "-excusez-moi, désolé, désolé, désolé, c'est moi qui ai fait ça ! Oh mon Dieu, excusez-moi-"

Il l'interpelle, "Est-ce que tu t'excuses envers des mannequins ?"

Phalanx se fraye un passage jusqu'au-devant de la foule silencieuse, et lui sourit derrière un mannequin habillé en Burberry. "C'est un peu dans mon instinct. Est-ce - qu'elle -?"

Le Fantôme frotte légèrement le dos de la femme parce que ça c'est dans son instinct, il passe beaucoup de temps à réconforter des gens en pleurs. "Dis-nous ce qu'il se passe. On peut aider."

Elle inspire avec difficulté, se mouche. Sa voix est légèrement rauque, presque celle d'un fumeur, elle serre le mouchoir au coin de sa bouche pendant une seconde puis dit, "Des Neandertals de la famille Motta ont ma petite fille. Ils ont dit -que je dois te tuer. Si je veux la revoir. Ils – ils ont découvert que je pouvais faire ça, je peux pas dire non, ils vont – je peux pas -"

"Hey, whoa," dit doucement Phalanx, se reculant quand quelques mannequins tremblent à côté de lui, se réveillant.

"Où est-ce qu'ils la détiennent ? " dit rapidement le Fantôme. "Je peux la sortir de là en sécurité, tu le sais. Dis-moi où elle est."

"Ils le remarqueront si je n'essaye pas de te tuer, tu penses vraiment que je peux prendre le risque ? C'est ma fille, ils vont- je peux pas risquer de compter sur toi , il faut -"

"On peut en parler," dit Phalanx, se reculant d'un coup pour se tenir avec eux maintenant que les mannequins commencent à se remettre droit, relevant leurs têtes vers le Fantôme. Phalanx ne peut détourner ses yeux d'eux. "Personne n'a à faire quoi que ce soit, quoi que ce soit de . . . permanent."

Le Fantôme pose une main sur son front, les dents serrées en signe de frustration, puis il voit -

Une des vitrines a dû être remplie de mannequins en costume d'Halloween, il y a des confettis noirs étalés sur le sol avec le verre brisé, des feuilles orangées et foulées recouvertes de paillettes, un balai en morceau. Et . . . les restes d'un mannequin, mis en pièces, des membres de plastique détachés, torse et tête écrasés et à peine reconnaissables, gardant une vague forme humaine grâce à la pâle combinaison serrée qu'il portait quand il a été détruit, déchiré et étiré et vide là où le plastique a été perforé. Étalée sur le sol, enroulée, avec des traces de pas et froissée, se trouve une cape à capuche sombre.

Il dit. "Ils ne vont pas savoir que tu n'essayes pas de me tuer. Pour ce qu'il en savent c'est toujours exactement ce que tu es en train de faire."

"Tu penses qu'on ne va pas m'observer, tu penses qu'ils ne vont pas -"

Elle s'arrête terrassée par la surprise quand il marche jusqu'à la cape froissée sur le sol, la lève et la secoue pour en retirer le verre et les paillettes, puis se tourne vers Phalanx et la pose sur ses épaules. Phalanx le regarde dérouté alors qu'il la noue autour de son cou, et relève la capuche. "Oh," dit-il, ses yeux s'éclairant. "J'ai compris. Je vais pas te mentir, c'est pas le premier Halloween que je vais passer habillé comme toi."

"Stalker," dit le Fantôme affectueusement, tirant sur la capuche, puis il se tourne vers la femme. "Les mannequins vont le chasser et je vais mettre ta fille en sécurité. Tout ce que tu as à faire c'est me dire où elle est." La femme le fixe, les yeux rouges et les mains tremblantes, serrant le mouchoir roulé en boule dans sa main. "Si ça tourne mal," murmure-t-elle. "Ma fille -"

"Je le jure," dit-il, soutenant son regard sous l'ombre de sa capuche, "Je les laisserai me tuer plutôt que de les laisser lui faire du mal. Je le promets. Et – je laisse quelque chose de précieux pour moi avec toi en terme d'assurance de toute façon." Il laisse tomber son regard sur le côté, et sa main trouve celle de Phalanx sous la cape, il la serre; Phalanx serre en retour, et continue à regarder la femme. Le Fantôme lèche ses lèvres. "Crois-moi tu n'es pas la seule – avec quelqu'un à qui tu tiens en danger dans cette situation."

Elle les fixe, pendant un moment plutôt long, puis s'éclaire la gorge. "Quel âge vous avez, vous ressemblez à . . . mon Dieu vous êtes des gosses. Pourquoi vous faites ça, vous pouvez pas le cacher et juste vivre des vies normales -?"

Le Fantôme dit, "Je sais pas comment tu définis ''normal'' pour les gens comme nous. Dis-moi où elle est et comment elle s'appelle je veux pas lui faire peur."

Elle les regarde, et avale sa salive, et serre le mouchoir dans sa main. Puis elle dit, doucement avec sa voix rauque, "Elle s'appelle Beth. Ils l'ont – il y a trois hommes avec des pistolets dans notre appartement, à Elmhurst."

Phalanx murmure, "Où est ce -?"

"C'est à un million de kilomètres, mon Dieu, va falloir que je taxi-surf. Ça va prendre un moment. Est-ce que tu peux – tu peux les retenir aussi longtemps, est-ce que tu peux rester en sécurité -?"

"Hey." Il serre de nouveau la main du Fantôme. "Boucliers, tu te rappelles ? Me garder en sécurité, je sais faire. Ça va. Toi – fait attention."

Le Fantôme regarde ses yeux, chauds et sûr d'eux et – il y a une profondeur en eux à laquelle il ne veut pas penser, la profondeur des sentiments que Phalanx a pour lui, sa tête est trop légère pour qu'il y pense. "Reste en sécurité," murmure-t-il, faisant courir son pouce sur la main ganté de Phalanx, et Phalanx regarde ses yeux et sourit, gentiment, posant son autre main sur celle du Fantôme pendant une seconde avant qu'ils ne se lâchent tous les deux. Le Fantôme se retourne vers la femme et dit, "Qu'elle est votre adresse ?"

Une fois le Fantôme disparu, sorti dans la nuit, Phalanx remue légèrement sa propre cape – bizarre de la porter, de la sentir toucher son dos et ses épaules de cette manière – et il dit, "Alors, comment ils marchent ? Vous – les amenez à la vie ? Comme des zombies ?"

"Comme des golems," dit-elle. "Tu as de la chance que ce soit des mannequins et pas des statues, elles laissent un bordel monstre quand elles se mettent à frapper les choses. Je leur donne une pensée pour laquelle vivre. Tout ce qu'ils peuvent faire c'est obéir à cette pensée." Sa bouche forme un petit sourire hanté. "D'habitude c'est juste des poupées pour faire jouer ma fille."

"Mais vous leur avez donné comme pensée . . ."

Elle hausse les épaules, passe sa main dans ses cheveux, essayant de se calmer, déplisse sa jupe. "Tuez-le."

"Okay. Est-ce que – vous pouvez me donner un peu d'avance avant de les réveiller de nouveau ? Il faut que je sois dehors si on a besoin de témoin de toute façon. Je m'appelle - Phalanx, en passant."

Elle est assise le dos droit et apaisée maintenant, même si elle tient toujours le mouchoir en boule dans sa main. "Shelby," dit-elle.

"Heureux de faire votre connaissance, Shelby. Vous me faites un décompte depuis vingt ?"

Elle fronce les sourcils, et il sourit, se retourne et se dépêche de passer à travers les mannequins, il est de nouveau dehors dans une nuit d'octobre – il est minuit passé, novembre maintenant et le froid mord l'air – il tient la capuche au-dessus de sa tête avec une main, la cape flottant alors qu'il court.

Derrière lui, les premiers mannequins se remettent à marcher.


Elle se réveille de nouveau quand les hommes rigolent puis se mettent à se disputer au sujet de quelque chose qui passe à la télé. La télé est trop forte de toute façon, et elle vient juste de s'endormir, et maintenant elle est de nouveau réveillée et elle a de nouveau peur, et elle est fatiguée, tellement fatiguée et tellement tellement effrayée.

Elle se fait toute petite dans son lit, serrant Chaton Bleu contre elle. Leurs voix résonnent dans ses os, comme s'ils étaient rentrés dans le sol et dans les murs et qu'ils secouaient son lit, secouaient son corps, comme s'ils étaient dans chaque partie de l'appartement, rendant chaque pièce de l'appartement dangereuse. Aucune partie sûre. Ils ont fait pleurer sa maman et elle l'a laissée seule avec eux. Sa maman a promis de revenir, elle a repoussé ses cheveux de son visage et a embrassé son front, laissant des larmes sur elle. Et maintenant elle est dans le noir dans sa chambre toute seule et il y a des méchants hommes dehors criant au-dessus de la télé trop forte et elle a déjà tellement pleuré que son oreiller est mouillé -

Dans la pile de jouets au coin de sa chambre, sa veilleuse Clochette s'allume. Elle cligne des yeux, les essuie, la regarde, tandis que les ailes de Clochette battent et s'éclairent deux, trois fois, puis s'éteignent de nouveau. Elle la fixe mais Clochette est silencieuse maintenant. Mais alors sa lampe de chevet en forme de tulipe s'allume toute seule, donnant une lumière rose à la chambre. Les hommes ne l'ont pas allumé quand ils ont fermé la porte, et elle avait trop peur pour sortir de son lit et aller l'allumer. Tout ce qu'elle pouvait faire était pleurer dans le noir.

Dans la lumière rosée, sa poupée Ariel sort de la pile, et lève un de ses bras pour lui faire coucou.

Beth avale sa salive, lève une main de sous ses couvertures et lui fait coucou en retour.

Ariel met un doigt sur sa bouche, fait chut.

Beth cligne de ses yeux mouillés et met un doigt sur sa propre bouche. Chuuut !

Et doucement un homme apparaît dans sa chambre, assis à la mode indienne sur le sol, un homme en vêtements pâles avec une cape sombre. Il lève Ariel, et lui fait faire de nouveau coucou, et Beth - sourit, légèrement, et pointe son doigt vers le tableau noir dans le coin, où elle a dessiné un fantôme pour Halloween. Elle l'a dessiné en violet parce qu'elle préfère le violet.

Le Fantôme regarde vers elle, et sourit. Puis il murmure, "Coucou, Beth, ta maman m'a envoyé te chercher. Tu dois t'habiller bien chaudement, il fait froid dehors, tu as un blouson ici ?"

Il l'aide, en silence tandis que les hommes rigolent de l'autre côté de la porte, il lui met sa grosse veste rouge et ses bottes d'hiver, et il enroule une écharpe autour de son cou. Elle tient Chaton Bleu sous un bras et Ariel sous l'autre, et il la soulève de manière un peu gauche, la soulève plus haut sur sa hanche. "Si tu fermes les yeux '' murmure-t-il, "Je peux nous rendre invisibles. Ça peut être un peu effrayant mais je te promets qu'on sera invisibles, ils ne nous verront pas. Okay ?"

Elle serre Chaton Bleu, et ferme les yeux. Et il commence à marcher.

Quelque chose – passe sur eux. Puis la télé devient plus forte, les voix des hommes sont plus fortes, ils sont dans l'autre salle – son cœur bat dans sa gorge sèche mais il continue de marcher, et les voix des hommes ne changent pas, ils ne font que rire face au stupide jeu télé qui passe sur l'écran. Puis il y a encore quelque chose qui passe sur eux et leur voix sont effacées, et il murmure, "Tu peux rouvrir tes yeux, Beth."

Ils sont dehors, dans le couloir. Il la laisse par terre et tient sa main – il attend patiemment tandis qu'elle met Chaton Bleu et Ariel en sécurité sous un bras – puis il dit, "On va devoir prendre deux trois bus, et on doit le faire en étant invisibles, alors tu vas devoir rester silencieuse. Est-ce que tu peux faire ça ?"

"Oui." dit-elle. Comme si être silencieuse était difficile.

Il sourit encore, dit, "Tu es très courageuse. Tu tiens ça de ta maman."

Elle essuie ses yeux, parce qu'elle a encore pleuré. Il s'accroupit et efface les larmes de ses pouces, il dit, "Ça faisait vraiment peur. Mais tu as été très courageuse. Je dirai à ta maman à quel point tu as été courageuse."

Elle - sourit, un peu, et il sourit en retour et son propre sourire s'agrandit en conséquence. Puis il se relève et tient sa main tandis qu'il marche vers la porte, et elle dit, "Est-ce qu'on peut être encore invisible ?"

"Si tu me promets d'être très silencieuse."

"Oui. Je te promets!"

Il fait un petit bruit, comme un rire mais il l'étouffe, et alors elle ne peut plus voir son bras, elle ne peut plus voir Chaton Bleu et Ariel même si elle les tient, et elle sautille un peu alors qu'ils marchent, et cette fois il rigole réellement.


La rue est un cimetière de plastique, et Phalanx est hors d'haleine.

Il doit s'arrêter un moment se reposant dans son bouclier, assis avec ses bras sur ses genoux pliés et haletant, tandis que des serres de plastique griffent les hexagones verts et glissants et que des yeux blancs le fixent directement à travers ceux-ci. Ils griffent les boucliers jusqu'à ce que leurs doigts cassent puis ils continuent avec leurs mains jusqu'à ce que leurs poignets cassent puis ils les frappent avec leurs moitiés de bras jusqu'à ce qu'il ait à fermer ses yeux sous la capuche, Dieu. Et il est encerclé maintenant. Il ne sait pas combien de temps est passé depuis que le Fantôme est parti, il ne sait pas pourquoi le soleil n'est pas encore levé, mais il en a mis à terre autant qu'il le pouvait – détruire leurs poitrines semblait être le plus important, pas la tête mais le cœur où Shelby a implanté les mots pour les réveiller – il a recouvert la rue de membres et de têtes et de vêtements déchirés et ils n'arrêtent pas de revenir. Ils sont infatigables. Il est fatigué.

Et maintenant il est encerclé. S'il laisse tomber les boucliers, ils vont lui tomber dessus dans la seconde. Il n'aura pas le temps de les détruire avant qu'ils ne – mais s'il ne peut pas retirer les boucliers il ne peut rien faire, il est coincé, pris au piège dans son petit dôme vert pendant qu'ils se mettent en pièces dessus, il met sa main devant ses yeux pour ne pas les voir. C'est horrible et ça ne s'arrête pas et il ne peut pas fuir. Il pourrait; il pourrait retirer la cape et il perdrait tout intérêt pour eux instantanément. Mais alors il partirait chercher quelqu'un d'autre portant la cape pour le tuer, et il ne sait pas qui ils pourraient trouver . . .

Il essaye de les ignorer, de retrouver son souffle. Ils sont bizarrement silencieux, ils ne font pas de bruit à part celui de leur mains et de leurs bras contre les boucliers. Ils ne s'arrêtent jamais, ne ralentissent jamais. Et il commence à réaliser, maintenant, parce qu'il n'a simplement jamais été dans ce genre de situation avant – que les boucliers le fatiguent effectivement. Il ne s'est jamais poussé à ce point, et maintenant il sait que ça prend du temps et beaucoup d'efforts, mais il ne peut pas les tenir éternellement. Dieu à un moment donné il va tomber dans les pommes à cause de la fatigue de toute façon et dans ce cas il est foutu. Mais il y a de l'effort à mettre la dedans et il ne peut pas les tenir indéfiniment, pas pour toujours, il est – si il est un héros alors il n'est pas ce genre de héros, ou pas encore, ou il ne le sera jamais, il ne peut tout simplement pas l'être. Il est toujours humain. Il est toujours incroyablement humain et vulnérable.

Il avale sa salive, parce que sa bouche est sèche.

Le Fantôme l'a prévenu. Ça ne fera pas de toi quelqu'un de plus que qui tu es maintenant, Blaine. Non. Il a ce pouvoir mais il est toujours lui et il faiblit toujours, au final, il échoue toujours. Il n'est pas un dieu, il n'est pas un personnage de comic, il n'est pas le Fantôme comme le pense certains, il n'est pas plus qu'humain. Tout ce qu'il est c'est lui-même dans un bouclier entouré de diaboliques mannequins morts vivants (même pas vivants), seul et épuisé et la bouche pâteuse et effrayé même s'il essaye vraiment de l'ignorer parce que Dieu si il lâche alors la manière dont il le tueront -

Ne pense pas à ça. Le Fantôme a besoin que tu fasses ça. Tu penses qu'il n'a jamais fait ça, dépasser ses limites, les limites qu'il pensait avoir ? Il est retourné dans cet immeuble en feu treize fois, il ne s'est arrêté que parce que celui-ci s'est effondré et l'a emporté avec lui. Si tu meurs comme ça il ne sera pas juste triste, il sera déçu. C'est dur et tu ne veux pas le faire mais tu es toujours en vie et personne d'autre ne peut faire ça -

Il serre les poings, respire, relève la tête. Et les mannequins ne s'en prennent plus à ses boucliers. Il fixent leur forme, immobiles, leurs mains toujours levées pour frapper et gratter, les yeux sur lui mais ne le regardant pas, aussi mouvants que du plastique. Il se relève, se retourne pour tous les regarder, tout immobiles, tous morts. Puis, inspirant doucement, il laisse tomber ses boucliers.

Les mannequins restent là, immobiles dans la nuit.

Maintenant qu'ils ont tenté de le tuer durant les dernières heures il est très méfiant en les touchant, il en pousse un en faisant attention jusqu'à ce qu'il tombe et entraîne d'autres avec lui dans un mélange de membre raides. Il passe au-dessus d'eux, se retourne pour regarder les voitures de police, leur lumières clignotant dans la nuit, et il regarde vers le Saks -

Où à l'intérieur de la devanture brisé du magasin se trouve Shelby accroupie, serrant une petite fille dans un manteau rouge dans ses bras, et le Fantôme court vers lui tandis que Phalanx retire la capuche. Le câlin du Fantôme le fait tournoyer sur lui-même, personne ne s'est jamais jeté sur lui avec tellement de force avant, le serrant fort et le faisant trébucher, tâtonner sur ses pieds et tournoyer, lâchant dans son oreille, "J'étais tellement inquiet t'as pas idée -"

Il enroule ses bras autour de lui, pose sa main derrière sa nuque au-dessus de la capuche. "Je vais bien. Je vais bien."

Le Fantôme se recule juste légèrement, ses bras autour de ses épaules, il fixe son visage - Phalanx pense qu'il est sur le point de dire quelque chose, mais alors il cligne des yeux et tourne son regard vers Shelby et la petite fille. "On doit les sortir de la ville. Elles ne sont pas en sécurité ici."

Rien que le travail, il se détache de ses bras, pas de baiser de superhéros pour Phalanx maintenant. Il tourne la tête vers les voitures de police, toutes les formes noires derrières les barrières, avale sa salive et acquiesce. "Ouais."

Mais il prend la main du Fantôme, pour retourner vers cette petite famille terrifiée avec lui. Il pense qu'il mérite au moins ça.


Ils mettent Shelby et Beth dans un taxi en direction de l'aéroport pour prendre le premier vol, parmi tous les endroits au monde, à destination de l'Ohio. "J'y ai quelques connections, on peut s'y cacher pour un moment." a-t-elle dit, ses bras toujours autour du cou de Beth tandis qu'elle se tenait devant ses jambes, la tête vers le haut et la bouche ouverte pour fixer les deux héros ayant l'air vraiment débraillés à l'heure avancée de la nuit qu'il était. Ou plutôt du matin. "Ça va être une vraie aventure, hein Bethie ?"

"Est-ce que ça va aller pour vous ?"

Elle hausse les épaules, sourit légèrement. "S'ils savent alors d'autres pourraient savoir, on ne serait pas en sécurité ici de toute manière. Tout ce qu'on peut faire c'est d'aller dans un endroit tranquille et essayer d'être tranquilles. Ça va aller. Hein ma chérie ?" Elle caresse les cheveux de Beth. "Tout va parfaitement bien aller."

Le Fantôme dit doucement, "Elle a été très courageuse." et Beth appuie sa tête contre les genoux de sa mère, trop fatiguée pour la garder droite.

De nouveau seuls, Phalanx frotte ses yeux, baille, se penche vers le Fantôme. Ils ont fui la scène, invisibles, se dirigeant vers le sud; ils sont bien plus près de chez Kurt que de chez Blaine maintenant. "On rentre maintenant ?" dit-il, tandis que le Fantôme passe son bras autour de sa taille, caresse ses côtes. "J'suis fatigué."

"Ça va te prendre une éternité pour rentrer chez toi."

"Encore un truc auquel tu penses pas vraiment quand t'es pas un superhéros. Tu peux pas vraiment prendre de taxi en costume." Il sourit, garde les yeux fermés, sa tête sur l'épaule du Fantôme. "C'pas grave. J'ferai la grasse mat'."

Le Fantôme dit, "Tu pourrais dormir chez moi."

Phalanx ouvre les yeux.

C'est une offre faite de manière banale – une offre faite de manière banale mais prudente aussi – mais il y a cependant une certaine inflexion sur le mot 'dormir', il a appuyé un peu sur le mot, comme un avertissement sans menaces pour noter que tout cela n'est qu'une offre pour dormir. Phalanx - sourit, et enroule son bras autour de la taille du Fantôme sans relever sa tête. "Mon héros," dit-il, et le Fantôme rigole légèrement, et ses doigts passent dans ses cheveux tellement agréables qu'il pourrait juste s'endormir appuyé contre lui dans une allée, sur ses pieds mais dans ses bras . . .


Kurt se réveille ce samedi matin avec un garçon dans son lit.

Ils ont roulé à un moment donné dans la nuit, Blaine s'éloignant de Kurt et Kurt tournant avec lui, alors maintenant Kurt est collé contre son dos, leurs pieds emmêlés au bout du lit, son nez contre une des épaules de Blaine dans un des vieux t-shirts de Kurt. Il passe un moment juste allongé comme ça, ne faisant rien de plus que de respirer, de cligner des yeux ci et là, réchauffé et bien installé et encore somnolant, et heureux, alors tout ce qu'il fait est se rendormir, tenant Blaine comme ça .

Mais alors Blaine bouge, étire ses pieds qu'il démêle de ceux de Kurt, bouge et tourne sous les couvertures pour s'allonger sur son dos. "Bonjour," dit-il, se frottant un œil, il sourit en n'ouvrant pas encore ses yeux, et Kurt fixe son visage – il doit déjà se raser, sa barbe devient plus visible bien plus tôt que celle de Kurt, ses cheveux ébouriffés par la nuit et sa peau tellement proche est juste là, il est tellement réel, si incroyablement lourd et solide sur le matelas de Kurt -

"Bonjour," murmure-t-il, et Blaine penche sa tête, ouvre les yeux pour le regarder, roule son cou pour regarder vers le plafond de nouveau.

"Si j'ai une haleine du matin affreuse est-ce que ça va te dégoutter ?"

Il met immédiatement une main devant sa propre bouche. "Est-ce que j'en ai une -?"

Blaine le regarde à moitié endormi, il lève une main pour baisser celle de Kurt. '' Rien ne pourrait jamais me dégoutter à ton propos."

Il l'embrasse une fois, doucement, puis dit, "J'ai vraiment vraiment besoin d'aller aux toilettes." et il passe au-dessus de Kurt pour sortir du lit, le faisant rebondir sur le matelas et rire, le frappant d'une main. Il lui souffle un baiser depuis la porte de la chambre, un grand sourire aux lèvres, et part en direction de la salle de bain habillé d'un t-shirt et d'un jogging de Kurt. Kurt se contente de rester allongé encore un moment , savourant la chaleur de son corps toujours contenue dans le matelas, jouant avec le bord chaud du duvet posé sur lui.

Samedi matin, ils ont loupé leur rendez-vous café du vendredi soir avec Mr Conti avec toutes les folies de la veille. Ils iront un autre soir de la semaine. Il les grondera mais ça ne l'embêtera pas, et il voudra savoir tout ce qu'il s'est passé, et ils parleront baseball avec Phalanx pendant un moment, et le Fantôme pourra juste rester assis en paix avec son café et les écouter, écouter à quel point il est entouré, à quel point il est tout le contraire de seul. Comme s'il était enfin dans la chaleur du bâtiment qu'il admirait à travers les fenêtres toute sa vie.

Rachel n'est pas dans le coin, elle a dû rester chez Finn hier soir. Il est dans la cuisine quand Blaine réémerge, sortant des choses du frigo, disant, "Je pensais faire du pain perdu, je fais pas de petit déjeuner d'habitude, j'ai jamais le temps, j'me prend un café et je grignote toute la matinée, ce qui est terrible, tu n'as pas besoin de me le dire, mais si je brûlais pas toutes ces calories chaque nuit je ferais la taille d'un ballon de plage et je ne veux même pas penser à -"

Les bras de Blaine s'enroulent autour de son bras depuis l'arrière de son dos, tandis que Kurt se tiens là avec une boite à œufs dans une main et du beurre dans l'autre, et il frotte confortablement contre la nuque de Kurt. Il marmonne contre celui-ci, toujours à moitié endormi et tellement chaud et heureux, "Je t'aime."

Le cœur de Kurt s'arrête. Son cœur s'arrête comme s'il avait arrêté le temps, pour que ce soit toujours cette seconde dans laquelle Blaine a dit à Kurt qu'il l'aimait, et Kurt, désarmé de toutes ses défenses aux premières heures du matin, l'a cru.

Puis il se met à battre de nouveau, et il respire, "Je t'aime aussi."

Blaine dit, "T'as besoin d'aide avec quelque chose ?"

"Non, c'est - bon. Tu peux, euh, mettre la table si tu veux, les assiettes dans le placard sous -"

Des assiettes font du bruit derrière lui, et le beurre est pâle dans le poêle à frire avant de fondre et de baver. Et Kurt tient sa spatule dans ses doigts engourdis, comme si son cœur ressentait trop d'émotions en ce moment pour que tous les autres sentiments de son corps puissent faire face .

Je t'aime. Je t'aime aussi.

Il se sent médusé, comme s'il avait attendu toute sa vie que Blaine dise ça, et maintenant que c'est arrivé il ne sait pas ce qu'il va se passer par la suite. Tout ce qu'il peut imaginer pour la suite c'est Blaine.

Je t'aime. Je t'aime aussi.

Peut-être que ça va aller après tout . . .


Réponses au Reviews :

Soso: Haha tu as vu :') Par contre pour imiter Phalanx c'est un peu plus coton... A part peut être si je fait BOUCLIER ! ^^ Anwww mais tu es adorable ! Et bien si je suis le soleil alors toi tu es mes étoiles ( ouais je préfère la nuit ^^ *coeur ) Oh et bien je pense bien à toi au paradis là alors ^^ ! :DD Et bien le voilà ton chapitre d'Halloween, à la hauteur de tes espérances ? ;) Et pour quand est ce qu'ils vont se dire ( je te cite) "je t'aimeeeee" bordel de m*rde ?!'' Et bien il n'y avait qu'à demandé ;p OMG Mais je ne pense que à ça! Quand j'écoute ma musique je pense toujours au chansons qui pourrais collé pour ma playlist ou bien je pense direct à Kurt quand on me dis ''fantôme '' et à Blaine quand on me dit '' Mythologie Grec'' :') Mais bon je l'ai un peu choisi et ça ne me dérange pas tellement au final ^^ Pour les confessions.. Je te dirais bien dans encore 3 ou 4 chapitres, patience (effectivement adorable mais aussi triste.. Enfin tu verra bien ! ) C'est une vraie deese ! Je devrais aller lui parler d'ailleurs mais je crois qu'elle est encore en voyage là ^^ De rien pour la trad, merci à toi de lire et de toujours me laisser un petit message :-) A la prochaine ! *coeur*