Note : Ceci est une traduction dont j'ai obtenu l'autorisation de la traduire.
Auteur:Hojaverde
Titre : Los profanadores del destino
Rating/ Paring :M Slash HD
Disclaimer : Malheureusement tous les personnages appartiennent à J.K Rowling et l'histoire à Hojaverde
Note : Merci à Anabanana94 pour sa correction!
Chapitre 9
McGonagall dit au revoir au Directeur des Poufsouffle et s'assit dans son fauteuil de Directrice, ressentant la satisfaction du devoir accompli. Elle avait proposé cette réunion dès qu'elle avait pris ses fonctions: réunir toutes les semaines les Directeurs des quatre maisons pour savoir ce qu'il se passait dans celles-ci. Jusqu'à présent, cette réunion n'avait pas eu lieu qu'une seule fois; quand elle avait eu de la fièvre suite à une variante de la dragoncelle. Après la réunion, il lui restait encore une chose à faire, noter toutes choses lui semblant importantes. Deux ou trois noms d'élèves se détachaient, des d'élèves problématiques, la petite rébellion des Serdaigle exigeant des chambres à coucher mixtes ou des filtres d'eau efficaces dans la salle commune des Serpentard. En résumant, rien qui ne pouvait être réglé. Elle ne savait pas si les années avaient fait d'elles une experte pour ces situations, mais diriger Poudlard lui semblait de plus en plus simple.
Comme si cet optimisme avait utilisé tout son quota de chance, la porte de son bureau s'ouvrit avec tellement de force qu'elle rebondit contre le mur, engendrant un bruit sec qui l'a fit sursauter. Elle n'aurait jamais cru que la personne qui s'approchait déjà à grand pas de son bureau, ferait un jour une entrée comme celle-là. Elle avait l'air en colère, mais Minerva en avait assez vécu pour ne pas être effrayé.
- Qu'est-ce qu'il se passe, Harry ?
- Je viens pour lui parler.
McGonagall suivit le regard qui se perdit dans son dos et elle vit qu'il était fixé sur le portrait vide de Dumbledore. Elle n'avait aucune idée de ce qu'il s'était passé, mais la magie incontrôlée qui entourait Harry lui conseilla d'être prudente. L'énergie furieuse agitait les parchemins sur son bureau et la moitié des bougies qu'elle gardait allumées de jour comme de nuit, étaient maintenant éteintes.
- Le portrait que tu cherches est resté vide toute la journée. S'il y a quelque chose en quoi je puisse t'aider, tu n'as qu'à me le dire.
- Je ne veux parler qu'avec lui. Seul à seul. Maintenant.
- Pourquoi ?
- C'est mon problème!
La magie ondula en éteignant les autres bougies et Harry serra les poings en essayant de la refréner. Du côté de McGonagall, la prudence commençait à laisser place à la colère. Elle appréciait Harry et elle savait qu'il devait avoir une raison d'agir ainsi, mais elle était la Directrice de Poudlard et personne n'avait le droit de faire irruption ainsi dans son collège sans aucune explication ou une autorisation. Elle ne le permettrait jamais.
- Monsieur Potter, tout ce qu'il se passe entre les murs de ce château me concerne. Si quelqu'un souhaite parler avec l'un des portraits de Poudlard, je crains qu'on doive au moins me le demander avec politesse, que ce soit personnel ou officiel.
Si le claquement de la porte avait été inattendu, le coup des mains de Harry sur la table ne le fut pas, sous son regard provocant et furieux.
- Je suis le Chef du Bureau des Auror et j'assure que j'ai toutes les maudites autorisations qu'il faut pour entrer dans ce bureau, Directrice.
Elle avait beau avoir un problème avec son ton, Minerva savait que Harry avait raison. Selon la Loi Magique britannique, la signature du Chef des Auror suffisait pour accéder à toute propriété publique ou privée. Harry pourrait rédiger l'ordre devant elle et le signer pour être protégé légalement sans qu'elle n'ait son mot à dire. Ce dont elle ne s'était pas attendue, c'était que Harry utilise les prérogatives de son pouvoir comme argument. Apparemment, la vie n'arrêtait pas de la surprendre.
- Je connais la loi, monsieur Potter. Il suffit d'un peu d'éducation pour l'appliquer.
- Ce n'est pas mon travail, madame McGonagall. Sortez du bureau.
Il n'y avait aucune hésitation dans sa voix et encore moins dans son regard. Cependant, la magie de Harry continuait à s'échapper de son corps. Minerva se dit que l'affronter n'apporterait rien de bon. Ainsi, en levant le menton bien haut, elle sortit de son bureau en se promettant que Shacklebolt serait informé de tout ça. Une fois dehors, la porte se referma dans son dos avec la même force avec laquelle il l'avait ouverte.
- Allez viens, maudit vieux manipulateur! Je suis ici pour te voir! Reviens dans ton tableau!
Un souffle assez explicite se fit entendre du côté droit du mur. Le portrait de Severus Snape le regardait avec le même mécontentement habituel, nuancé maintenant par une légère grimace moqueuse. Les bras croisé sur un fond sombre, il murmurait un chapelet d'adjectifs qui allait de scandaleux à mal élevé. Harry sortit sa baguette et le fit taire, Snape fronça les sourcils avant de faire un demi-tour théâtral et de sortir du tableau.
- Albus Dumbledore! Je t'attends!
Harry sentit plusieurs paires d'yeux se braquer sur lui depuis les différents portraits du bureau.
- Et vous, qu'est-ce que vous regardez ? Allez le chercher!
Le bruit des robes se froissant se fit entendre quand leurs propriétaires disparurent des tableaux, certain allant se cacher dans le meuble le plus près. Harry était sur le point de lancer un sort au cadre vide, quand Dumbledore apparut en souriant et apparemment très ému. Si on regardait bien, les avait les larmes aux yeux sous ses lunettes en forme de croissant.
- Oh, Harry, mon cher enfant. Comme je suis content de te voir!
Harry serra plus fort la mâchoire.
- Tais-toi! Tu n'as pas aucun droit de me parler ainsi.
- Mais qu'est-ce qui se passe, mon garçon ? Quelque chose ne va pas? En quoi puis-je t'aider ?
- Je ne veux pas de ton aide! Plus jamais! Tu n'avais pas le droit de manipuler ma vie.
Le visage de Dumbledore était l'image même de l'innocence. Il le regardait comme un grand-père blessé qui ne comprenait pas la dureté injuste de son petit-fils. Harry s'y était attendu. Alors qu'il allait à Poudlard, il avait eu conscience qu'il serait presque impossible de parler à un portrait mais il avait besoin de crier sur Dumbledore, lui dire tout ce qu'il pensait et ressentait par sa faute. C'était ce portrait ou ouvrir sa tombe, et il préférait clairement la première solution.
- Tu as trompé mes parents. Tu les as trompés en leur disant que c'était pour mon bien, tu t'es assuré que ta meilleure arme serait dans la maison qui te convenait. C'est tout ce que j'étais pour toi, n'est-ce pas? Une maudite arme de guerre!
- Une guerre ? La guerre n'est-elle pas terminée?
- Elle est finie depuis vingt ans!
Dumbledore esquissa un sourire de soulagement.
- Je savais que tu le verrais un jour, Harry.
- Bien sûr que tu le savais! Comme tu connaissais l'existence de la prophétie quand tu es venu chez moi, n'est-ce pas? Et que je devrai mourir pour tuer Voldemort et des milliers d'autres choses que tu m'as toujours caché pour mon bien. Toujours pour mon bien! Mais tu sais ce que je crois, le vieux ? Que tu n'as jamais pensé à moi. Que je n'ai jamais compté pour toi.
Harry sentit sa voix faiblir et sa gorge se serrer. Sous cette rage qui s'était emparée de lui, il y avait une douleur tellement forte et vieille qui la rendait puissante. Il savait que s'il la laissait grandir, il s'écroulerait. Mais il ne voulait pas le faire devant un pathétique portrait amnésique. Il s'accrocha comme il le put à cette haine qui était capable de maintenir à flot toute cette mer de frustration et de déceptions.
- Et je ne pourrai jamais te le pardonner.
Pendant un instant, le portrait de Dumbledore sembla le comprendre. Son corps se rétrécit un peu et ses yeux reflétèrent une légère pointe de douleur. Il disparut, abandonnant son tableau. Cependant, il réapparut presque immédiatement, souriant comme au début
- Oh, Harry, mon cher enfant. Comme je suis content de te voir!
Harry, qui avait à peine ravalé le goût amer du besoin de se venger, jeta un encrier au visage de Dumbledore. Le verre éclata en morceaux et l'encre laissa une grande tache noire où se tenait avant le sourire et les yeux larmoyants. Un poids invisible pesa sur ses épaules tandis qu'il sortait du bureau. Sa démarche était rapide. Maintenant que ces années heureuses à Gryffondor résultaient être fausse, il devait vraiment sortir de Poudlard. Il marchait tellement vite qu'il ne remarqua pas les yeux qui le suivirent dans le couloir dans lequel débouchaient les escaliers de la gargouille.
Draco observa pendant un moment le blason fatigué de Serpentard sur le ciel de lit, il avait découvert des détails qu'il n'avait jamais vu. Il était partit tôt du Ministère, incapable de se focaliser sur les lois alors que son esprit était autre part. Malheureusement, même s'assoir sur le tabouret de la coiffeuse de sa mère ne lui avait pas éclairci les idées. Ainsi, sans s'en rendre compte, il s'était retrouvé dans l'ancienne chambre de Scorpius, allongé sur le lit et le livre de «L'histoire de Poudlard» entre les mains.
Il se rappelait l'avoir lu avant d'entrer au collège. A onze ans, il ne pouvait pas se permettre d'entrer sur un nouveau terrain sans le connaître. Ca ne l'avait pas beaucoup fasciné alors et ça n'était toujours pas le cas aujourd'hui, mais Draco avait cherché des informations sur le Choixpeau Magique. Le livre était rempli de chansons que les élèves avaient entendues pendant sept années. Draco se rappelait vaguement de celles qu'il avait entendu lors de la première soirée à Poudlard mais à partir de la quatrième année, il n'avait plus écouté ce que le vieux chiffon chantait à chaque fois. Mais peu importe, le message était le même depuis des siècles.
Les courageux allaient à Gryffondor, les intelligents à Serdaigle, les persévérants à Poufsouffle et les rusés à Serpentard. Le chapeau avait parfois essayé d'être original en substituant ces adjectifs par ceux de chevaleresques, savants, loyaux et sournois. Mais au-delà de ça, la rengaine était toujours la même. Rabâcheuse, simple et ennuyeuse. Draco relut certaines des chansons, sans changer d'avis.
«Serpentard pour les élèves ambitieux», avait dit le Choixpeau en 1932, 1967 et 1984. Tout un exemple de poésie.
Pour Draco il était clair que, si l'on y réfléchissait un peu, tout cela était ridicule. Et beaucoup plus en sachant que les Fondateurs n'avaient même pas respecté le Choixpeau, ce dernier créant sa propre sélection à travers les Profanateurs.
Il avait toujours voulu être un Serpentard non parce qu'il était un maître de l'astuce, mais parce que c'était la maison de son père et de sa mère. La maison de sa famille. Il n'avait jamais pensé en termes de qualité mais de couleur. Et plus tard, les années lui avaient appris qu'il y avait des courageux bleus, verts ou jaunes ou des rusés et intelligents rouges.
Il fallait être un chapeau déguenillé pour penser qu'une sorcière ou un sorcier pouvaient être aussi limités et inaltérables toute sa vie. Un chapeau déguenillé, un Weasley ou une Rita Skeeter, bourré de préjugés.
Cependant, ce qu'ils avaient fait à Harry n'était pas juste. C'était toujours mieux d'être soumis à la décision d'un chapeau cinglé que de souffrir de la manipulation de son propre destin. Draco ne savait pas avec exactitude comment réagirait Harry s'il le savait, mais il avait l'impression que sa colère ne serait rien. Après toutes ses années, il se demanderait jusqu'à sa mort qui il était vraiment. Bien que pour être sincère, Draco ne pouvait imaginer plus Gryffondor que Harry.
Mais peu importe. Il était clair que c'était un sujet dont il se fichait complètement. Peu importe la maison, il l'aimait pour ce qu'il était et pour ce qu'il était devenu. Et le fait qu'il soit à ses côtés.
Il l'aimait... Reconnaître ce fait ne l'avait même pas étonné. Il n'avait aucune raison de le nier, il était tombé amoureux de Harry à une vitesse phénoménale. À chaque rencontre, chaque regard, chaque baiser et corps à corps. Il lui était impossible de penser à lui sans que son estomac ne fasse le yoyo. Il ne lui avait pas dit de peur d'être le seul à se sentir ainsi. Il ne savait pas si le Choixpeau Magique l'aurait nommé lâche ou rusé, mais il avait l'espoir que Harry soit suffisamment courageux pour le dire en premier.
Au moins, il se chargerait d'aplanir le terrain. Draco ferma le livre et prit une décision. À partir de cet instant, il enfouissait le secret qui menaçait de les éloigner aussi loin que possible. Ca ne servait à rien de revenir sur ce qui s'était passé et rien ne pouvait changer. Harry était en sûreté, aucune malédiction ne le guettait et pour lui il serait toujours un Gryffondor. Personne ne devait le savoir.
C'était le moment d'enterrer le passé.
Dès que Harry fut sorti de la cheminée, il entendit un cri perçant et se reçut de plein fouet Hermione dans les bras. Au-dessus de son épaule, il vit le soulagement se dessiner sur le visage de Ron et il se rendit compte du souci qu'il leur avait causé.
- Merlin, Harry... Nous avions tellement peur! On a cru que les Langues-de-plomb t'avaient attrapé. Après on a vu qu'il y avait un souvenir dans la Pensine et on a compris que tu avais réussi. Mais tu n'étais nul part et on ne savait pas où te chercher, si tu avais fait une folie, ou quelque chose d'autre... - Hermione le regardait angoissée au milieu de cette flopé de mots. Harry arrivait à peine à contenir sa propre angoisse mais il essaya de la consoler en la serrant dans ses bras.
- Calme-toi, Herm... Je vais bien. J'avais seulement besoin de prendre l'air.
Ron posa aussi une main sur son épaule.
- Je suis content de savoir que tu vas bien. Nous n'avons pas touché la Pensine. Veux-tu nous raconter ce que tu as vu ?
Harry le voulait mais en même temps non. Il avait besoin de le partager et c'était quelque chose qu'il n'allait pas cacher à ses meilleurs amis mais pour certaine raison, il avait besoin d'autre chose. D'une autre personne.
- J'aimerai que vous le regardiez. Faites-le, s'il vous plaît. Je vous promets de venir demain et qu'on en parlera calmement, d'accord?
- Demain ? Tu t'en vas ?
- Crois-moi, j'en ai eu assez pour aujourd'hui.
- Mais tu n'as pas l'air d'aller bien. Où vas-tu ?
- Chercher Draco.
Il ne mit pas longtemps à le trouver. Il examinait les chiffres de ses affaires en Amérique du Nord quand Harry apparut au milieu du salon du manoir Malfoy, où il l'avait l'habitude de l'attendre. Dès que Draco l'aperçut, il laissa ses papiers de côté et se dirigea vers lui en souriant avant de l'embrasser. Harry ne laissa pas les derniers événements contrecarrer les plans de Draco. Il se laissa aller dans ses bras, respirant l'odeur de la peau douce de son cou, ce qui le calma enfin depuis qu'il avait vu le souvenir. Mais il ne put s'empêcher de soupirer. Draco lui caressa le dos, le berçant avec douceur d'un mouvement presque imperceptible.
- Tu vas bien ?
- On peut parler ce soir ?
La question sonnait comme un reproche. Elle n'en avait pas du tout le ton, mais Draco savait qu'ils avaient passé des journées immergés dans le sexe pour éviter toutes autres choses. De son côté, il savait pourquoi il l'avait fait mais apparemment il n'avait pas été le seul à focaliser son attention sur le désir, et il était clair qu'il n'était pas aussi le seul à s'en être rendu compte.
- Bien sûr que oui. Veux-tu que j'allume un feu ?
- Oui, s'il te plaît.
Une fois, Harry lui avait dit qu'un feu de cheminé lui procurait un sentiment de sécurité. C'était peut-être dû à toutes ces heures passées avec ses amis en face de la cheminée de sa salle commune, mais il avait toujours trouvé que le feu conférait une l'atmosphère intime parfaite pour les confessions. Draco, qui depuis son expérience avec le feu maudit préférait un bon sort réchauffant, n'utilisait presque jamais celles du manoir Malfoy. Mais depuis que Harry était rentré dans sa vie, il allumait assez souvent celle du salon. C'était une chose qui le caractérisait. Draco alluma le feu et leur servit deux verres de vin. Quand il revint vers le canapé, Harry était assis sur le tapis. Essayant de ne pas porter trop d'attention à la proximité du feu, il lui tendit le verre et s'assit à côté de lui, appuyant son dos contre le canapé.
- Raconte-moi tout.
Harry but la moitié de son verre avant de commencer à parler, ce qui n'était pas bon signe. Mais ce fut encore pire quand il but le reste du verre d'une traite et quand il se rendit compte que sa voix ne voulait pas sortir. Draco lui prit la main et il entrelaça leurs doigts.
- Je suis là, Harry, tu peux tout me dire. Quoi que ce soit.
Harry le regarda avec intensité et, dans ses yeux, il sembla trouver le courage dont il avait besoin.
- Depuis que tu m'as dit que j'avais une cicatrice, je n'ai pas arrêté d'y penser. J'ai fait quelques recherches. Je ne t'ai dit rien parce que je ne voulais pas t'impliquer tant que je ne savais pas où ça me mènerait. Je me suis dit que si les choses tournaient mal ou que je découvrais quelque chose d'inquiétant, tu serais en sécurité car tu n'y aurais été pas mêlé.
Draco but une gorgée de vin. Que cette cicatrice n'ait rien à voir avec lui, était la chose la plus fausse que Harry ait jamais dite. Si la conversation prenait cette direction, ça allait être difficile pour tous les deux. Il pria Merlin pour que sa main ne commence pas à suer comme le reste de son corps et pour que sa voix reste ferme.
- Mais tu m'en parles maintenant et je t'en remercie. Dis-moi, comment se sont passées tes recherches?
- Au début, je n'ai rien trouvé. Personne d'autre ne pouvait voir ma cicatrice et je ne trouvais rien mentionnant une malédiction pareille, même du côté de celles que les Mangemorts utilisaient pendant la guerre.
Son père. Il était impossible que Draco ne comprenne pas son insinuation et la petite pression sur sa main le lui confirma. Draco lui adressa un sourire qu'il espérait, fut reconnaissant, et Harry reprit sa confession.
- J'avais arrêté les recherches jusqu'à ce que l'un des Auror voie la cicatrice. Je n'avais pas besoin d'autre confirmation, mais pour être sincère Ron et Hermione avaient des doutes sur l'existence de cette cicatrice car toi seul pouvait la voir.
Bien, Draco ne pouvait pas leur en tenir rigueur. Lui aussi n'avait pas confiance en Granger et Weasley. Il avait toujours été un homme réaliste, le plus important était que Harry l'ait toujours cru.
- Tu leur as tout raconté ?
- Oui, j'allais devenir fou si je ne le faisais pas. Je leur ai aussi dit qu'on était ensemble.
Draco haussa un sourcil, surpris.
- Et ils ont survécu à l'impact ?
- Beaucoup mieux que je m'y attendais. Hermione a insinué que c'était ce que j'attendais.
- Elle a toujours été intelligente.
- Je ne peux pas le nier. En fait, ils ont promis de m'aider, même à avoir un souvenir que j'ai trouvé dans la Salle de la Mort. Je crois qu'on arrive à la partie illégale.
- Attends, attends... Raconte-moi cette histoire avec la Salle de la Mort. Tu y es allé ?
- Oui, j'ai demandé une permission pour accéder au Département des Mystères. Je voulais savoir si les Langues-de-plomb avaient les réponses que je cherchais. Mon intuition m'a dit que je devais aller à la Salle de la Mort. Et j'y ai trouvé des galeries mémorielles, une pour les ministres, l'autre pour les chefs des Auror et une pour les directeurs de Poudlard.
- Sérieusement ? Ils les enterrent là-bas ?
- Non. Ce sont plutôt des monuments commémoratifs qui contiennent des objets personnels des défunts. C'est dans celui de Dumbledore que j'ai trouvé le souvenir. Il y avait une inscription : «Godric's Hollow, 1980». Comment ne pouvais-je pas l'emporter ?
Draco vit Harry froncer les sourcils et ce dernier porta, sans s'en rendre compte, le verre vide à ses lèvres. D'un mouvement de baguette, il le lui remplit ainsi que le sien au passage. Il était sûr qu'il en aurait besoin.
- Et tu l'as prise ?
- Non pas le jour même, elle était protégée par une barrière magique infranchissable. Mais je me suis renseigné sur la façon dont l'annuler et je suis allé la chercher aujourd'hui.
Les doigts brûlés de Harry. Draco ne mit pas longtemps à faire la concordance. «Une barrière magique» il lui avait dit ce jour-là. Il ne lui avait pas menti. Combien de choses lui avait-il caché? Ça commençait à faire trop. Mais il devait se rappeler tout ce qu'il lui cachait.
- Et tu l'as regardé ?
- Oui.
Le changement fut immédiat. Pour l'instant, Harry avait été plus ou moins calme mais se rappeler de ce qu'il avait vu le secoua fortement. Il essaya de le cacher comme il le put, mais sa main tremblait dans la sienne et il avait le regard fixé sur le feu, qui dessinait des ombres sur son visage. Draco était sur le point de l'embrasser quand sa voix résonna, tremblante à cause des larmes qu'il ravalait.
- J'ai vu mes parents. Je n'étais qu'un bébé... Ma maison était chaude, on s'y sentait bien...
Draco se dit que Merlin était de son côté ce soir. Harry n'était peut-être abattu que par un souvenir d'enfance, lui faisant prendre conscience plus que jamais de ce qu'il avait perdu.
- Dumbledore était là, essayant de les convaincre que je devais être un Gryffondor. Ils ont douté... Mais il a insisté jusqu'à ce qu'ils acceptent.
Draco ferma les yeux. Apparemment, Merlin n'avait pas l'intention de l'aider. Il retint sa respiration, attendant le dénouement qu'il pressentait, comprenant que Dumbledore était le Profanateur qu'il avait cherché.
- Alors, il a fait un rituel... Il m'a entaillé la main avec l'épée de Gryffondor et il a manipulé ma vie. Sans sourciller, Draco. Il a manipulé toute ma putain de vie depuis le début.
C'était officiel, Merlin n'allait pas l'aider. Mais peu importait maintenant. La douleur de Harry était tellement grande que ça occultait tout. Draco pouvait presque la voir émaner de son corps et il ne pouvait pas le supporter. Il prit avec douceur le verre des mains de Harry et le posa avec le sien au sol, et il l'embrassa en mettant toute la tendresse qu'il pouvait. Harry se colla à lui, comme s'il avait besoin de sentir chaque morceau de son corps, accroché à son dos et l'entourant de ses jambes. Il ne mit pas longtemps avant de pleurer silencieusement, comme il avait appris à le faire quand il était petit. Draco le serra encore plus fort, tandis qu'il caressait son dos tout en posant de petits baisers dans ses cheveux.
- Je ne sais plus... ce que je suis... qui je suis...
Il avait l'air tellement désespéré que Draco ne savait pas comment le consoler. Le sort avait prit le pas sur ses pensées, lui rappelant ce qu'il ne pouvait pas dire. Il ne lui restait plus que ses sentiments. Il essaya de les transformer en mots, mais quelque chose de plus fort que sa volonté le réduisit au silence. Le Choixpeau Magique lui cria " lâche" depuis le pays des chapeaux.
- Toute ma vie... est fausse...
Draco retrouva enfin sa voix.
- Non, elle ne l'est pas. Je ne connais personne d'autre plus Gryffondor que toi. Et c'est réel, personne ne t'a manipulé pour que tu sois avec moi. C'est réel, Harry.
Réel, si l'on oubliait les secrets. Mais réel, ne voulait pas dire être sincère. Draco se sentit tellement mal qu'il eut envie de se mettre à pleurer aussi, alors que Harry embrassait son cou en pleurant toujours. Et il prit une décision, soutenant Harry, aplatit par son secret et se noyant dans ce qu'il ressentait.
On lui avait dit une fois que le passé revenait toujours.
Il retournerait en Bretagne.
A SUIVRE...
Et voilà la suite! Désolé mais je n'ai pas le temps de répondre aux reviews, à peine de publier le chapitre, cependant n'hésitez pas à me laisser vos impressions! Bisous et à la semaine prochaine, encore merci d'avoir lu!
