EmilyRvn: Et voilà un nouveau chapitre ! J'espère que vous aimerez, je vous remercie encore une fois pour vos reviews, c'est vraiment vraiment motivant ! :)
Disclaimer: Les personnages appartiennent à Stephenie Meyer ! :)
"Well it rains and it pours when you're out on your own...
If I crash on the couch, can I sleep in my clothes...
...If it looks like I'm laughing, I'm really just asking to leave..."
"The Sharpest Lives" - My Chemical Romance
Chapitre 9 - Raccourci
Forks, Washington - Isabella Marie Swan
Edward est certainement celui qui m'a le plus aidé dans mon combat pour garder mon régime alimentaire sous contrôle.
Toute la famille Cullen le faisait. Ils étaient tous là pour moi. Carlisle me donnait des instructions; Esmée m'apportait du réconfort maternel; Emmett faisait des blagues dès qu'il le pouvait; Alice était toujours là avec son exubérance; Jasper m'offrait son soutien et son calme; Rosalie m'aidait à me changer les idées.
Et pourtant, Edward... Edward faisait toute la différence. Il n'offrait rien de plus que les autres Cullen, vu qu'ils m'apportaient différentes sortes de soutien, mais il me comprenait. Il avait réellement compris que c'était difficile pour moi, car j'avais du mal à me contrôler et à contenir ma soif. Il essayait de résoudre le problème, à soulager le stress, il savait précisément de quoi il s'agissait.
J'étais très reconnaissante pour son soutien alors que je fournissais un effort continu pour garder mes instincts sous contrôle. Si je n'avais pas eu Edward, je ne sais pas ce que j'aurais fait. En fait, j'en avais une vague idée - sans lui, je serais toujours seule. Seule au monde, avec l'éternité face à moi.
J'étais plus que reconnaissante envers lui à un point qu'il n'imaginait même pas, car il m'avait amené dans sa famille, dans un nouveau monde, avec un simple touché. C'est tout ce qu'il avait fallu pour que ma vie change complètement, et j'appréciais ça plus que je ne pourrais jamais dire.
Edward et sa famille m'avaient pris sous leur aile beaucoup plus vite que je le croyais, alors que nous avions parlé de «ma» chambre. Alice et Rosalie étaient revenues avec de beaux meubles pour moi.
Cette fois, Edward m'avait donné les noms de ces meubles. Mon vocabulaire semblait s'étendre un peu plus à chaque seconde que je passais avec lui. Alice tournait avec impatience autour de nous, ajoutant des petits commentaires, ainsi que Rosalie qui expliquait ce qu'elles avaient choisi pour moi. Et je fus stupéfiée lorsque je vis le résultat final.
Ma chambre était aménagée dans les tons qui correspondaient au reste de la maison. La moquette était la même que celle de la chambre d'Edward, ce qui me plu beaucoup - elle était épaisse et douce, dorée et moelleuse. Les murs étaient de couleur crème, et Alice avait peint des motifs complexes en noirs le long des murs et même sur le plafond.
Les deux soeurs avaient également choisi un très beau canapé, dans une couleur sombre qui ne me faisait pas penser à du «sang» mais plutôt à du «vin», pour une raison quelconque. Il avait l'air très traditionnel, le dossier était haut et encadré d'un bois sombre. Les rideaux étaient dorés, attachés au plafond devant la fenêtre et artistiquement éparpillés.
Ma partie préférée de la chambre était la bibliothèque, qui se trouvait face au canapé, contre le mur. Il était fait de bois sombre. Les dictionnaires et les livres sur le langage des signes étaient les premiers que j'avais ouverts. J'avais également eu une table en bois assorti, basse et élégante, au pied du canapé.
Lorsque j'avais vu la chambre, j'avais été en état de choc pendant un moment. Elle était belle et je l'ai aimé tout de suite, mais je ne savais pas comment exprimer combien ça comptait pour moi. Je m'étais surprise lorsque j'avais quitté Edward et que je m'étais jeté dans les bras d'Alice et Rosalie. Le silence absolu me rendait mal à l'aise, mais je ne pouvais pas arrêter de sourire et je restais accrochée à elles un peu plus longtemps avant que je reprenne la main d'Edward. Ils avaient tant fait pour moi.
Il y avait un bureau à côté de la bibliothèque. Après quelques jours, Carlisle m'avait ramené un ordinateur portable, et Edward m'avait expliqué les fonctions et comment l'utiliser. L'avancement technologique m'avait étonnée.
Au fil des jours, ma bibliothèque commençait à se remplir de livres, venant de Jasper. J'avais aussi découvert le shopping en ligne - avec l'aide d'Edward et d'une carte de crédit - et j'étais en mesure de m'acheter des livres par moi-même, des classiques pour la plupart. Ce type d'achat était très, très bénéfique vu que j'étais encore incapable d'entrer dans la société humaine sans lutter pour ne pas les massacrer.
La façon dont ils me souriaient lorsqu'ils faisaient quelque chose pour m'aider était incroyable. Ils adoraient ça, et même si je me sentais coupable, j'aimais la façon dont ils faisaient attention à moi. Après avoir été si seule, c'était absolument merveilleux d'avoir autant de gens autour de moi, surtout quand ils s'amusaient autant. J'avais le sentiment que j'avais été timide dans mon ancienne vie, et l'attention continuelle était déconcertante.
Mais j'ai été submergé quand ils ont commencé à apprendre le langage des signes pour moi. Plusieurs dictionnaires de langue était apparu dans la maison, et je libérais la main d'Edward de plus en plus souvent pour pouvoir répondre par moi-même.
Quand ils ont commencé à «signer» au lieu d'utiliser Edward comme traducteur, ça me faisait sourire. La culpabilité de garder Edward avait tellement diminuée maintenant que nous n'en avions plus besoin, même s'il m'assurait que ce n'était pas un problème du tout.
Le plus étrange, c'est que même si je n'entendais plus rien en quittant la main d'Edward, j'appréciais de pouvoir parler par mes propres moyens. C'était une expérience libérante, et je me rappelais de plus de chose quand mes nouveaux «frères et soeurs» et mes «parents» m'apprenaient les signes. Si j'avais des doutes, mon bloc de papier et un stylo était bien pratique.
En utilisant l'épellation digitale, je commençais à former des signes pour les noms des Cullen. C'était plus facile que d'épeler le prénom en entier, donc je raccourcis tout à une lettre et en utilisant ce que je savais à propos de chacun d'eux, j'ajoutais des symboles.
Alice est devenue la lettre «a», et je faisais une courbe vers mon visage, près de mes lèvres - comme un sourire, l'expression quasi-constante de son visage.
Jasper est devenu la lettre «j». Après avoir «signé» cette lettre, j'ouvrais mes mains comme si je tenais un livre, l'ouvrant puis le fermant.
Le prénom de Rosalie était plus délicat. En fin de compte, je signais un «r» et je formais un cercle avec ma main, comme le pneu d'une voiture.
Emmett était «e» et je déplaçais ma main de la même façon que pour Alice, car ils étaient tous les deux les personnes les plus joyeuses que je connaissais.
Esmée était aussi un «e», et j'ajoutais un cercle - celui-ci représentait l'amour éternel qu'elle avait pour ses enfants.
Carlisle était un «c», sur le front. Je me souvenais que c'était un chef, et j'ajoutais le signe pour «père».
Pour Edward, c'était dur. Son prénom devint un «e» que je faisais près de mon coeur, parce qu'il signifiait beaucoup pour moi, parce qu'il avait fait énormément de choses pour m'aider et que tous les jours il en faisait d'avantage.
L'expression de son visage lorsque je lui avais montré chacun des prénoms avec mon explication était amusée, et il riait à plusieurs reprises. Mais quand je lui ai dis la signification de son signe, il avait été vraiment touché.
Le fonctionnement de son esprit m'avait également apporté une image plus claire de lui. Il ne semblait pas se rendre compte que je me sentais plus forte près de lui parce qu'il avait été là pour moi depuis le début de cette aventure étrange. Je ne comprenais pas pourquoi il ne pouvait pas voir qu'il avait une grande signification pour moi.
Je le laissais, cependant. Edward était parti pendant une minute, avant de revenir avec un signe pour moi. Un «b» qu'il faisait près de son coeur. Il m'avait expliqué que je signifiais beaucoup pour sa famille, aussi, et que je faisais partie d'eux maintenant. Je compris alors qu'il avait été touché de signifier autant pour moi.
Ils avaient appris très vite, et bientôt, j'étais capable de communiquer facilement avec chacun d'entres eux. Parfois, c'était plus facile d'écrire les choses, surtout si c'était une longue explication. Je n'avais pas d'objection à ça.
Mais je passais quand même beaucoup de temps avec Edward, pour améliorer mon contrôle ou tout simplement pour parler. J'étais encore dans mon insatiable appétit d'apprendre tout et n'importe quoi, et Edward était une cible facile pour répondre à mes questions. C'était toujours très facile et rapide d'obtenir des réponses de sa part.
Nous nous comprenions très bien. Je supposais que c'était parce que nos esprits étaient proches l'un de l'autre lorsque nous parlions dans l'intimité de nos têtes. Il était d'accord.
Mes mains hypersensibles avaient été testées après quelques jours, et il s'est avéré que je pouvais puiser dans les capacités d'Alice et de Jasper. Carlisle pensait que mes mains avait été sensibles en quelque sorte avant mon changement, et qu'elles étaient devenus plus fortes après ma transformation.
Finalement, Carlisle m'avait jugé assez forte pour aller dans le monde des humains - avec au moins un membre de ma famille, bien sûr. L'espoir était que finalement, je sois capable de vivre comme le reste de mes frères et soeurs - peut être même aller à l'école. Le concept de l'école était exaltante pour moi, mes frères et soeurs pensaient que j'étais très étranges.
Cette première excursion dans le monde des humains était aussi la première fois que les êtres humains de Forks allaient me voir. Mon espoir, c'était que je sois capable de me contrôler suffisamment pour pouvoir aller à l'école, dans environ un mois.
Carlisle m'avait dit que ça aurait dû me prendre un peu plus de temps pour garder le contrôle, mais il pensait que mon alimentation étrange au fil des années m'avait permis de m'adapter plus facilement. Il semblait que mon corps se préparait à n'avoir que de l'alimentation animale. Mais ça sera beaucoup plus difficile plus tard, quand mon corps aura appris que ce n'étais pas juste une simple «pause» de sang humain.
Toutefois, j'étais très curieuse d'aller dans la petite ville de Forks. J'avais la certitude que je pouvais gérer mes instincts, et j'avais hâte de voir plus de choses que je n'avais jamais vu avant, du moins pas de l'intérieur. Les magasins avaient l'air intéressants du point de vue d'Alice, et j'étais impatiente de les découvrir par moi-même.
Alice me forçait à porter des jeans serrés qui me rendaient mal à l'aise ainsi que des débardeurs, pour une raison étrange qu'elle était la seule à connaitre. Il faisait chaud dehors lorsque nous sommes allés en ville. Apparemment, c'était l'été. Je n'avais pas besoin de lunettes de soleil, car mes yeux étaient devenus plus or que rouge, il restait seulement un soupçon de mon ancienne couleur.
J'étais nerveuse dans la voiture sur le chemin de Forks. Seul Alice, Rosalie et Edward allaient m'accompagner pour ma première excursion, Emmett et Jasper avaient également quitter la maison - mais pour aller ailleurs, à Port Angeles. Carlisle et Esmée passaient la journée ensemble à la maison.
Edward n'avait pas pris ma main pendant le trajet, alors que je tentais de me faire à l'idée que je ne pourrais pas l'avoir en permanence. Je voulais qu'il soit en mesure d'être libre dans son esprit, de ne pas se sentir obligé d'être près de moi. Même si ça me faisait de la peine de ne plus «entendre», je devais le faire pour lui.
Lorsque nous sommes arrivés en ville, je remarquais tout de suite que tous les yeux suivaient la voiture. Il y avait beaucoup de gens dehors, Alice avait dit que c'était à cause du temps anormalement chaud, même sous le ciel nuageux. On m'avait dit que les vampires étaient étrangement séduisants pour les hommes: c'était l'une de nos armes, pour les attirer. Ça allait être un trait inutile pour le reste de ma vie, car je n'aurais plus jamais l'intention de me nourrir d'humain.
J'étais très nerveuse lorsque nous nous sommes garés devant un magasin. Déjà, je luttais pour garder ma soif sous contrôle. Comment allais-je pouvoir rester plusieurs heures parmi ces gens ?
Edward me jeta un coup d'oeil, et pris ma main. Il me dit de ne pas avoir peur, que lui, Rosalie et Alice allaient être avec moi toute la journée. Ils étaient sûr que je pouvais me débrouiller. Ils seraient avec moi.
Et juste comme ça, je me sentais mieux. J'hochais la tête et le remerciais, et Alice bondit hors de la voiture. Avant que je n'ai eu le temps d'ouvrir ma porte elle l'avait déjà ouverte elle-même. Edward lui demanda de se calmer juste avant de relâcher ma main et de sortir à son tour. Puis je sortis enfin de la voiture, fermant doucement la porte derrière moi.
Je fus immédiatement mal à l'aise. Il y avait tant de regards sur moi, depuis un mois les seuls regards qui s'étaient dirigés vers moi étaient ceux de ma famille. Le nombre de personne autour de moi était écrasant. Ce qui était encore plus intimidant, c'était le fait que beaucoup d'entres eux étaient des jeunes, encore à l'école: peut-être mes futurs camarades de classe.
Edward posa une main sur mon épaule pour attirer mon attention, alors que je regardais la rue animée autour de moi. Puis Rosalie s'installa à côté de moi en souriant et en avançant à grandes enjambées près de moi. Elle m'avait tiré loin de la main d'Edward, mais je pouvais le sentir nous suivre derrière.
Alice se précipita face à moi, en marchant à reculons, vu qu'elle commençait à «signer». Je remarquais qu'elle le faisait plus lentement, et je me basais sur sa vitesse pour répondre. Ça devait être la vitesse humaine, je lui posais la question.
Elle rit, hocha la tête et montra le magasin où nous nous dirigions. Puis elle commença à détailler ce que nous allions faire, et je dû agiter mes mains plusieurs fois pour avoir son attention et lui dire de juste me montrer.
L'après-midi, elle courait d'un magasin à un autre pour me montrer pleins de choses. Tous les styles étranges et les vêtements, toutes les dernières choses sur la mode. Je pouvais à peine suivre tout ce qu'elle - et Rosalie - me présentait.
Dans quelques magasins, elles entraient dans des cabines d'essayage et je m'asseyais sur des bancs. Je voulais apprendre, voir et explorer, mais Alice pouvait être un tel tourbillon ! Nous allions partout dans le centre commercial, elles revenaient toujours avec de nouvelles choses.
Puis Edward s'asseyais à côté de moi, en «signant» une conversation qui occupait la majeure partie de notre attente. Je souhaitais lui prendre la main et écouter ce qu'il disait, mais ce n'était pas humain ou normal, et ça ne se faisait pas.
À ma grande surprise, j'étais capable de me contrôler. Les actions d'Alice et Rosalie me distrayaient du sang qui se trouvait autour de moi, à travers les coeurs des humains.
C'était difficile de me contrôler. C'était difficile de rester concentrée sur le fait qu'un meurtre n'était pas bien. Mais je réussissais, et je trouvais le trajet de retour à la maison très agréable grâce au contrôle que j'avais pu garder.
Pour le reste du mois, mon contrôle était toujours un succès, et je commençais peu à peu à m'habituer au monde des humains avec mes frères et soeurs. Je devenais un visage connu à Forks.
L'explication que nous allions donner était que j'étais la plus récente des Cullen qui avait été adoptée, ce qui était, en quelque sorte, vrai. J'étais sourde depuis ma naissance, et j'utilisais le langage des signes pour communiquer, ce qui était aussi vrai. Et j'allais aller au lycée avec les Cullen pour les années à venir, j'en étais ravie, c'était également vrai.
Je travaillais de mon mieux pour rester en contrôle, puis arriva l'aube de mon premier jour d'école.
