Merciiiii à touuus pour vos commentaires! Ca m'a fait super plaisir! :D Merci à Mariko89, qui laisse toujours une trace de son passage ponctué de remarques que j'apprécie énormément :). Merci à samnina. Merci à harmonye, et t'as pas tort, Iruka en frère de Shikamaru, j'crois que c'est du jamais vu :D. Merci à FanFicsNaruto, oui oui j'adore le nom du chien aussi, j'trouve ça trognon :D.

Bref, chapitre huitième. ENJOY! :)


Chapitre 8 : Ivres.

Tapant du pied avec ses talons le sol, Ankô sirotait un cocktail couleur pourpre devant Kakashi, qui faisait semblant de s'intéresser à ce qui se passait dans la salle.

-Dis Kakashi, c'était quoi tout à l'heure ?

Kakashi, le sourire aux lèvres, se tourna vers Ankô, une main trifouillant dans ses cheveux, signe qu'il était gêné.

-Heu…Mon gâteau d'anniversaire ? Il était très bon d'ailleurs !

Ankô soupira : il essayait depuis ce petit baiser d'éviter de donner toute explication plausible.

« Le gâteau d'anniversaire…Non mais j'vous jure. »

-Non Kakashi, pas ton cadeau d'anniversaire. Non mais tout d'même, tu peux me le dire franchement, ça fait plus de cinq ans qu'on bosse ensemble.

-Hm. Voui, ça fait cinq ans, effectivement, commenta Kakashi, essayant de retarder le plus possible l'explication. Il n'allait tout de même pas lui annoncer comme ça qu'il était fou, complètement fou amoureux d'elle. Si elle le rejetait…il n'osait même pas l'imaginer. De plus, il n'était vraiment pas homme à révéler ses sentiments comme cela, et Iruka était occupé avec une blonde à quatre couettes.

Rajustant son bustier en cuir, Ankô se planta le plus près de Kakashi pour essayer de le faire réagir, mais il restait bêtement planté là à la regarder, troublé, et osant à peine respirer.

-T'veux qu'j'te rafraîchisse la mémoire ? demanda-t'elle, provocante.

Les mots franchirent la bouche de Kakashi avant qu'il ne puisse les retenir : « Oui. »

Sans attendre qu'il ne puisse prononcer un mot de plus, Ankô déposa son verre et l'embrassa à pleine bouche. Ils flottaient tous les deux comme en apesanteur, chacun profitant de la saveur de l'autre sans se l'avouer. Puis Ankô se détacha peu à peu de Kakashi et l'observa, le regard brillant.

-Ta mémoire s'est rafraîchie ?

Le cerveau de Kakashi était vide de toute pensée, il n'y avait que le souvenir des lèvres d'Ankô sur les siennes.

-Oui, alors buvons à sa santé.

Prenant d'autorité deux verres de saké sur la table près d'eux, il en donna un à Ankô et enfila le sien cul sec. Mauvais choix. Sa tête commençait à tourner, il n'avait jamais vraiment tenu le saké, et là il en avait pris un bon verre…Ankô, elle, l'avait bu très facilement, elle avait l'habitude de l'alcool fort, mais pas à grande quantité. Et elle enfilait les verres avec lui ,leurs rires fusaient, ils se remémoraient les moments comiques de leurs « affaires », ils commentaient les attitudes de Sasuke, Neji, Naruto, Jiraiya, Tenten, Eric, et de tous leurs amis communs, ils reprenaient plusieurs verres, ils rigolaient pour un oui pour un non, ils s'embrassaient fougueusement, ils se caressaient, ils rigolaient, ils rougissaient, ils parlaient encore et encore, ils redemandaient d'autres verres, ils se mirent l'un dans les bras de l'autre, ils se disaient des mots qu'ils ne comprenaient pas, ils s'aimaient.

-Tu es ivre, constata en pouffant Ankô.

Kakashi l'embrassa et sourit bêtement : « Ouais, mais j'aime ça. »

Lui, son « patron », n'avait jamais osé lui dire quelque chose de déplacé, n'avait jamais osé lui faire des compliments sur sa beauté sauvage, n'avait jamais osé lui parler plus longtemps que nécessaire, n'avait jamais osé lui dire qu'il était amoureux d'elle.

Elle, son « assistante », n'avait jamais osé lui exprimer tout le respect et l'admiration qu'elle avait pour lui, n'avait jamais osé aller plus loin que le simple salut de tête le matin, n'avait jamais osé lui dire qu'elle le trouvait diablement attirant, n'avait jamais osé lui dire qu'il lui avait tapé en plein dans le cœur.

La nuit était assez avancée, ils étaient soûls, les invités se déchaînaient sur la piste, et tout le monde était plus ou moins euphorique et heureux de cette soirée.

Kakashi susurra à l'oreille d'Ankô une proposition tellement crue, qu'il en aurait été choqué lui-même s'il était dans son état normal. Ankô gloussa, le prit par la main, et ils sortirent de la salle.

Ombres dans la nuit, se tenant la main, ivres.

*

-Hips…Enco-Hips…Encore un au…hips…ot' verre ! Hips !

- Vous ne croyez pas que vous avez déjà trop bu, mon pauvre ? demanda le barman, en essayant de limiter la consommation d'alcool de l'homme qui se tenait en face de lui.

-Non ! Hips ! Point-Hips du tout-hips !

Neji ne buvait jamais autant. C'était un point d'honneur qu'il appliquait à chaque fois. Apparemment, il ne l'avait pas appliqué à cette soirée.

Pourquoi ? Il ne le savait pas lui-même. Journée éprouvante peut-être ? Tenten, une femme, était devenue son amie. Akamaru avait voulu copuler avec sa jambe. Il avait osé tenir Tenten, son amie, par la taille, comme une vulgaire conquête. Tenten l'avait embrassé pour lui montrer qu'elle pouvait gagner à des petits jeux comme celui auquel il avait commencé à jouer. Elle avait gagné. Ca l'avait frustré. Et maintenant, il se retrouvait à boire comme un trou pour la première fois de sa vie. Pour évacuer cette frustration. Pitoyable.

-Neji ?

Se souvenant que c'était son prénom, Neji tourna sa tête vers la personne qui l'avait interpellé. Une voix de femme.

Il distingua des contours flous d'une jolie silhouette, qui avait des cheveux bruns chocolat coiffés en une tresse, les poings sur les hanches, le regard exaspéré, une robe noire qui moulait superbement ce corps, qui dévoilait tout de ses jambes par une énorme ouverture par devant et qui dévoilait également avantageusement sa poitrine.

Neji sourit d'un air béat devant l'apparition un peu floue.

-B'soir d'moiselle. On s'con-hips-naît ?

-Neji, t'es vraiment qu'un abruti. Tu t'es vu ? Le réprimanda l'apparition féminine.

-Abru-hips-ti ? Y'a pas de miroooooooiiir, comment –hips-, j'pourrais m'voir d'moiselle ? Dites, v'z'êtes floue, z'êtes qui ?

La jeune femme soupira, exaspérée.

-Neji, c'est Tenten. Youhouuuuu ?

-Tenten, hips, joli prénom. Dites, vous z'êtes vachement jolie, enfin j'vous vois flou, hips, mais bon, vous z'êtes vachement bien f'tue.

Tenten piqua un fard monumental, baissa les yeux, secoua la tête en signe d'exaspération, la releva le regard brillant, et gifla Neji de toutes ses forces.

Neji reçut l'impact terrible, ce qui le sonna terriblement, et il vit des petites étoiles.

-Y'a des étoiiiiiiileeeeees.

Tenten se massa la main, et l'affreuse vérité lui apparut soudain.

« Oh mon dieu, il est vraiment bourré. »

La jeune femme aux macarons pouvait vraiment être la seule à se vanter d'avoir vu Neji dans cet état-là, enfin si on ne comptait pas le barman, et avec un sourire carnassier, elle décida de le ramener chez elle pour voir la tête qu'il ferait demain matin, la tête vide de souvenirs de cette soirée, et avec une affreuse gueule de bois.

-Bon Neji, je te ramène chez moi.

-Chez vous ? Vous z'allez vite en besogne –hips- m'demoiselle, on se connaît à peiiiineeee.

A ces paroles, Tenten vit rouge, mais ne laissa rien paraître de sa confusion. Elle fit lever Neji, qui s'écrasa lamentablement au sol, le releva et le soutint autant qu'elle put. Puis discrètement, elle fit le tour de la salle, avec Neji appuyé contre elle qui lui parlait de n'importe quoi, pour sortir et ramener l'ivrogne d'une soirée chez elle.

Elle venait de le sauver d'une humiliation certaine. Tenten, cette héroïne…Enfin pendant un instant.

-Tenten !

« Oh non pas Lee. »

-Bonsoir Lee, tenta Tenten, gênée, en essayant de donner une posture plus digne au Hyûga qui fixait d'un air, qui n'annonçait rien de bon, Lee.

-Bonsoir Neji !

-Grmble.

-Dis donc, il n'a pas l'air en forme Neji, commenta Lee, en observant l'Hyûga.

-Mmh, dis donc comment ça se passe cette soirée pour toi ? Tenta Tenten pour dévier la conversation.

Lee soupira, et lança d'un grand air théâtral dramatique : « Je viens de me faire jeter par ma princesse aux cheveux roses que tu vois là-bas avec Sasuke, mon nouveau rival. Je me la sentais tellement destinée, mais finalement le destin en a décidé autrement. Je ne souhaite que le bonheur des femmes qui tombent sur ma route. Que la fougue de la jeunesse soit en toi, Tenten ! …Et en toi aussi Neji…t'en a bien besoin à mon avis. »

-Pas b'soin d'ton avis.

-Ah je te retrouve enfin, Neji ! Bon j'vous laisse, je m'en vais de ce pas, voir ce que le destin me réserve !

-Bonne soirée Lee, répondit Tenten en souriant. Et la jeune femme aux cheveux roses s'appelle Sakura, c'est une de mes amies. Tout ce que j'ai à dire, ce qu'elle a un sacré caractère.

Lee frotta sa joue, en levant son pouce de son autre main, toujours le sourire aux lèvres.

-J'en ai fait une remarquable expérience, je confirme.

Tenten rigola et sentit le poids de Neji devenir de plus en plus lourd sur son côté droit. Elle regarda s'il allait bien, enfin bien dans l'état où il s'était mis, et vit qu'il observait toujours Lee, ses yeux couleurs ivoire un peu troubles, les lèvres pincées, et son visage était légèrement plus coloré que d'habitude avec l'alcool qu'il avait ingurgité.

Lee avait déjà disparu de son champ de vision et Tenten soupira avant de se hâter vers la sortie pour ramener le cousin d'Hinata chez elle.

« Mais que va donc imaginer Hinata quand elle le verra chez nous ? Pauvre de moi. Et Neji ? Oh, fais chier. Tant pis, je lui sauve la vie. »

*

-Nara, arrête de fumer.

-Qu'est ce que tu viens faire chier, femme galère ? T'étais pas avec mon frère ? Répliqua amèrement Shikamaru, en prenant délibérément une autre bouffée.

Rouge, les yeux brillants, Temari le toisa de toute la hauteur dont elle était capable.

-Ton frère est allé nous chercher des boissons, et j'suis venue voir ce que tu faisais tout simplement.

-Ca ne se voyait pas de très loin ? Je fume.

Shikamaru avait la voix plus rauque que d'habitude, et commençait à se sentir euphorique, au fur et à mesure que les cigarettes défilaient dans ses longues mains aux doigts longs et fins, mais tellement viriles.

-Pourquoi tu fumes autant, Nara ? Hein ? Pourquoi tu fumes ?

Il observa la jeune femme qui se tenait devant lui. Tellement attirante, séduisante, piquante, charmante, fascinante, captivante, tentante, ensorcelante et ravissante. Jamais une femme ne lui avait fait un tel effet, et cela le fascinait autant que ça le terrifiait.

Shikamaru prit une fatale décision : plus jamais il ne penserait ça de Temari No Sabaku, plus jamais il poserait les yeux sur elle sans pensées détournées, plus jamais il ne lui parlerait autre que pour le boulot. Sinon il y passerait. Il l'avait bien compris avec ses 200 de QI. L'attirance insolite, qu'il ressentait pour la jeune femme blonde postée devant lui, ne lui ferait pas que des cadeaux, surtout si ce n'était pas réciproque.

C'est en prenant cette décision que Shikamaru regarda Temari droit dans les yeux avant de sourire en voyant son frère arriver avec les boissons, comme Temari le lui avait dit un peu plus tôt.

-Je…

Temari respira bruyamment. Son souffle s'accélérait. Elle avait vu le regard du Nara, et se demandait quelles pensées l'agitaient pour qu'il la regarde ainsi. Malheureusement pour elle, elle le trouvait très séduisant, autant même plus que son frère Iruka, et son esprit se plaisait à vagabonder ce soir-là, malgré le fait qu'elle laissait plutôt les réflexions romantiques à Sakura ou à Ino d'habitude.

« Que veut-il me dire ? »

Shikamaru hésita, comme s'il cherchait ses mots. Comme s'il devait lui dire quelque chose d'une extrême importance. Comme s'il cherchait à lui dire quelque chose d'inavouable.

-Je dois te dire quelque chose.

Temari avait le cœur qui s'emballait quelque peu. Un tout petit peu. Beaucoup.

-Accouche.

Le mot n'était pas tendre et fit sourire Shikamaru. Temari bouillonnait d'impatience et elle essayait tant bien que mal de ne pas le faire sentir.

-Tu formes un magnifique couple avec mon frère.

Amèrement, Temari sourit et ne put répondre car Iruka était arrivé et lui donna sa boisson.

-Tu fumes trop p'tit frère, commenta Iruka, jovial.

-Galère, tu vas pas t'y mettre toi aussi, soupira Shikamaru.

-Il a raison, Nara.

-Lequel ? répliqua, amusé, Iruka, en buvant une gorgée de son punch.

-Le p'tit frère.

-Au fait Temari, t'as quel âge ? demanda Iruka, hilare.

-26, bientôt 27 ans, pourquoi ? interrogea Temari, qui ne comprenait pas totalement où Iruka voulait en venir avec cette question.

-Tu supportes d'avoir un supérieur plus jeune que toi ? Pouffa Iruka.

Temari comprit tout de suite. Shikamaru était plus jeune qu'elle et c'était son patron. Il lui donnait des ordres alors qu'elle était plus âgée. Mais finalement, elle n'en avait cure. Des patrons plus jeunes que leurs employés, y'en avait à la pelle dans ce monde.

-Rien à foutre, tant qu'il fait pas trop chier. Dans le cas de Nara, ça peut encore passer pour l'instant, il est pas trop chiant.

-Ma chère Temari, il va te falloir apprendre à appeler mon petit frère par son prénom parce que moi ça me perturbe, répliqua Iruka, toujours le sourire aux lèvres. Je crois toujours que tu t'adresses à moi, quoique ça me dérangerait pas que tu bosses sous mes ordres.

-Pardon Iruka, fit Temari en lui pinçant la joue comme si elle avait affaire à un vieux grand-père grincheux.

Shikamaru ne pouvait plus supporter cette scène. Il ne pouvait non plus supporter ses hormones qui le poussaient à embrasser la piquante jeune femme qu'était Temari. Sa libido sexuelle était surchauffée, et ça ne lui était pas arrivé depuis son adolescence.

« Galère ces hormones. »

-J'vais fumer.

Temari se retourna vers Shikamaru, en le regardant comme si il était attardé.

-Mais tu fumes déjà là, abruti.

-J'vais prendre ça comme un compliment. Je reformule ma pensée : j'vais fumer dehors.

-Tu lâches comme ça la fête de votre copain ?

-Si t'avais pas remarqué, femme galère, Kakashi s'est tiré depuis un petit bout de temps avec Ankô, son assistante, et il a mieux à faire, je pense, que de s'occuper de savoir qui reste ou pas à sa petite soirée d'anniversaire, répliqua Shikamaru d'un ton qui n'admettait aucune réplique.

Iruka fit le tour de la salle avec ses yeux, en regardant attentivement tout le monde, avant de sourire encore plus. Son frère avait raison : son meilleur pote s'était éclipsé avec Ankô.

-Il s'est enfin décidé. Il était temps, dis donc.

-Nara tu restes ici !

-Lequel ? demanda innocemment Iruka, adorant embêter de cette manière Temari.

-Gnh, Shikamaru.

-Pourquoi tu veux que je reste là Couette-couette ? Tu as si tellement besoin de ma présence ou quoi ? La nargua Shikamaru.

Temari tiqua. Couette-couette ? Elle allait lui en donner du couette-couette ! Non mais pour qui se prenait-il ? Couette-couette…Il allait payer cet affront, foi de Temari No Sabaku.

-COUETTE-COUETTE ? NON MAIS CA VA PAS ?

-Un problème ? demanda-t'il avec un sourire nonchalant.

Avant que Temari ne puisse répliquer, Shikamaru s'éloigna à son rythme, laissant en plan son frère et son employée, et commençant à sortir son paquet de clopes de sa poche pour en tirer une.

-SHIKAMARU, ESPECE DE MACHO D'ANANAS !

-Enfin tu nous différencies, commenta Iruka.

-Iruka, me cherche pas, le prévint Temari.

Shikamaru en essayant de se faufiler parmi les danseurs, tirait de lentes bouffées exhaustives de sa cigarette et appréciait l'ambiance qui régnait autour de lui. La sortie s'offrit à lui, mais son instinct de survie lui commanda de se retourner une dernière fois avant de partir. Le regard de Temari reflétait encore une fois une forêt de sapins en feu, et il apprécia la couleur blond cendré de ses cheveux.

-Nara, je t'ai posé une question ! Alors tu restes ici jusqu'à ce que tu m'aies répondu, fulmina Temari.

Cette requête arracha un soupir à Shikamaru. Combien de fois avait-il soupiré pendant cette soirée ? Il ne comptait plus.

-Ca ne te regarde pas Temari.

-M'en fous.

Iruka n'avait pas suivi le mouvement de Temari, préférant inviter une jolie rousse à danser, donc laissant nos deux jeunes querelleurs s'affronter verbalement.

-Il y a une raison à tout, et je veux savoir pourquoi tu fumes comme ça. Je ne te vois jamais t'arrêter, reprit Temari.

-Tu ne dors pas avec moi que je sache, c'est bien normal, répliqua Shikamaru, railleur.

-Heureusement d'ailleurs si t'es aussi flemmard au pieu qu'au boulot, riposta Temari, les joues en feu.

-Tu crois ça ?

-Oui je le crois, et je le dis haut et fort. Comment une femme peut-être comblée avec toi, je me le demande, rétorqua la jeune femme.

Shikamaru écrasa le mégot de sa clope avec son talon, s'approcha de Temari, piqué au vif dans son orgueil de mâle, sachant que c'était pure folie de faire ce qu'il allait faire, mais il voulait la faire taire, lui faire comprendre qu'elle n'avait pas toujours raison, et qu'elle le sous-estimait gravement.

Temari le voyait approcher mais n'y fit pas attention et continuait de le regarder avec des yeux luisant de défi et de confiance en soi.

Etant plus grand qu'elle, Shikamaru lui prit la nuque avec autorité. L'approche de Shikamaru avait surpris Temari. Elle ne s'y attendait pas le moins du monde. Intime, possessive, elle lui coupa instantanément le souffle et Shikamaru s'empara de ses lèvres avant qu'elle ne puisse esquisser le moindre mouvement de fuite. Elle était citadelle à conquérir.

Temari sentit les lèvres de Shikamaru contre les siennes. Douces. Chaudes. Et instinctivement, elle ouvrit ses lèvres à celles de son patron. Les troupes ennemies étaient devenues alliées.

Shikamaru n'avait sûrement pas eu l'intention de la prendre dans ses bras. De la tenir. D'explorer de ses mains sa peau si douce. Mais il n'était malheureusement plus maître de lui, son intelligence de génie ne l'avait pas préparé à ça. Plus il la touchait, plus sa maîtrise lui échappait. Lorsqu'un soupir de Temari vint glisser sur sa langue, le rythme de son pouls doubla.

Elle se pressait contre lui, bouche ouverte. Son corps était musclé, réactif. Toujours en phase. Jamais soumis.

Temari se sentait comme entre volupté et apesanteur. Jamais elle n'aurait cru qu'un baiser du macho flemmard qu'elle venait d'engueuler aurait pu la ravir à ce point. Elle aurait encore moins cru qu'elle en redemanderait encore, et qu'elle désirerait encore se presser contre lui, encore et encore. Un sourire sincère flottait sur ses lèvres lorsqu'ils s'écartèrent l'un de l'autre.

Ayant la désagréable surprise de constater qu'il ne tenait plus très bien sur ses jambes, Shikamaru fut traversé par un éclair de lucidité, jeta à Temari un regard désolé rempli de doute et de désir réfréné. Puis il partit. Sans un mot. Laissant Temari complètement déstabilisée, une sensation de vide sur ses lèvres, les bras ballants de chaque côté de son corps.

Reprenant ses esprits, mille et une questions traversaient la tête de Temari. Extrêmement troublée, la jeune femme essaya de repérer ses amies dans la petite foule de la salle. Elle ne voyait pas Tenten, Hinata discutait avec un blond sur un canapé, Sakura aussi discutait avec le brun qui s'appelait Sasuke, et Ino rigolait doucement avec un brun aux étranges tatouages sur les joues.

Ne doutant pas que ses amies ne s'inquièteraient pas pour elle avant demain, Temari sortit de la salle, descendit les escaliers du Mansfield Night Club, sentait les regards des hommes sur elle, mais n'en avait cure. Elle sortit dehors, respira l'air frais de la nuit et frissonna. Plus loin, elle repéra une silhouette familière devant qui une petite flamme semblable à celle d'un briquet tremblotait.

Temari s'enfonça dans la nuit, marchant entre les passants, et hélant un taxi pour pouvoir rentrer chez elle, s'affaler tranquillement dans son lit et réfléchir à la situation dans laquelle elle était.

Très compliquée pouvait la résumer.

« Comme dit l'autre, galère. »

*

Fascinée, Sakura regardait droit dans les yeux Sasuke. Son regard d'onyx était plutôt paralysateur et elle ne pouvait s'empêcher de frissonner devant lui.

-Vous avez froid ? S'enquit poliment Sasuke.

-Non, pas du tout.

Le silence reprit sa place. Légèrement pesant. Sakura ne savait pas comment réagir, et Sasuke ne faisait rien pour l'aider, donnant l'apparence d'un intérêt poli pour la jeune femme.

Il avait vu Shikamaru embrasser la blonde sauvage, puis partir. Il avait vu Neji, pour la première fois soûl, soutenu par sa collègue Tenten. Il avait vu Naruto parler enfin à la cousine de Neji, heureux. Il avait vu, surpris, Kiba parler à Ino, une des amies de Sakura, sans chercher apparemment à la draguer.

Du doigt, Sasuke montra Ino et Kiba à Sakura, qui ne comprit pas tout de suite, mais reconnut Kiba de par la description qu'Ino avait faite à Temari, et elle-même. On ne pouvait pas le rater avec ses tatouages rouge sang.

-Vous le connaissez ? demanda Sakura à Sasuke.

-Oui, et vous ?

-Ino le connaît, répondit tout simplement Sakura.

Tout était dit. Leurs chemins s'étaient croisés. Ils étaient amis, elles étaient amies. Quel étrange coup du destin. Sasuke n'y croyait pas spécialement, mais voir chacun de ses amis avec une des amies de la jeune femme aux cheveux roses à qui il avait tenu compagnie toute la soirée le perturbait quelque peu. Il aurait bien voulu que Sai soit là, à ce moment précis, pour pouvoir éluder ces stupides pensées au sujet du destin avec des raisonnements complètement illogiques et inhumains mais si rassurants. Mais non, Sai était à son vernissage. Sasuke aurait bien voulu être présent, les autres aussi, il le savait. Mais non, il se fallait d'être présent pour Kakashi. Leur mentor. Leur ami. Celui qui leur avait tout appris, celui qui les avait encouragés malgré son apparente indifférence, celui qui les avait soutenus quoiqu'il arrivait.

Décidant de mettre un peu plus à l'aise Sakura, malgré son caractère taciturne et n'ayant que de l'intérêt pour ses amis et pour lui-même, et non pour les femmes en général, Sasuke lui demanda quels goûts elle avait pour la lecture, qu'il affectionnait énormément. Ils en parlèrent longtemps, appréciant leurs goûts plutôt communs, et se conseillaient cordialement d'acheter un tel ou un tel livre. La conversation dériva sur la peinture, et le nom de Sai fut cité quelque fois, Sakura étant surprise qu'il soit un des meilleurs amis de Sasuke, ayant lu ou vu à la télévision quelques articles sur Sai Ichikawa et ses peintures.

Ils discutèrent de tout et de rien pendant une heure environ. Sakura étouffa un bâillement de fatigue, et Sasuke comprit qu'elle était quelque peu fatiguée.

-Je te raccompagne à la sortie et je vais t'appeler un taxi. Tu sembles un peu fatiguée Sakura, je me trompe ?

-C'est gentil Sasuke. Merci.

-Hn.

Sakura ne prit pas la peine de prévenir Ino, imaginant qu'elle ne rentrerait pas chez elles ce soir, et sortit en compagnie de Sasuke dehors. Malgré elle, elle était fascinée par l'homme qu'était Sasuke. Il pouvait être aussi amical que froid, et il pouvait faire preuve d'une totale indifférence alors que ses yeux étaient animés d'une passion couverte. Sakura savait que la femme qui saurait percer sa carapace, qui apprendrait à le connaître, qui saurait le séduire pour l'enchaîner à elle pour la vie, serait une femme totalement comblée et heureuse. Mais cette femme existait-elle ?

Il était déjà deux heures du matin, mais heureusement pour elle, Boston était une ville légèrement animée la nuit et les taxis se faisaient un devoir d'être là.

-Je vais traverser la rue, ce sera plus facile pour moi d'attraper un taxi là-bas, fit Sakura à Sasuke, en lui souriant.

-Hn.

-J'ai beaucoup apprécié ta compagnie.

-Dire le contraire serait faux.

-Alors, au revoir Sasuke. Peut-être à bientôt.

Sakura traversa la chaussée sans attendre de réponse de Sasuke et n'entendit pas sa réponse : « Assurément. »

Ne la quittant pas des yeux, Sasuke attendit quelques secondes avant de se décider à tourner les talons mais un mouvement au coin de la rue attira son attention. Une voiture roulait extrêmement vite sur la chaussée, le conducteur était au téléphone et ne faisait attention à rien. Il vit comme au ralenti la voiture foncer sur Sakura et instinctivement, comme un vieux réflexe, il courut vers elle, et la poussa de toutes ses forces sur le côté avant de se prendre la voiture.

Sakura n'avait pas compris. Tout d'abord, il y avait eu les feux aveuglants d'une voiture, puis quelqu'un l'avait poussé et elle s'était retrouvée à terre. Elle avait entendu le bruit de quelqu'un qui se fait renverser par une voiture et constata, horrifiée, que c'était Sasuke qui lui avait évité un accident et qui avait été renversé à sa place. Elle poussa un cri épouvanté en voyant Sasuke près d'elle, devant la voiture, par terre, en train de la regarder avec un demi-sourire, son bras formant un angle bizarre.

-T'es lourde, Sakura, murmura-t'il avant de sombrer dans l'inconscience et d'apercevoir les yeux couleur émeraude de Sakura terrifiés.

*

Naruto l'observait pendant qu'il parlait. Il savait qu'il parlait trop, ses amis le lui avaient déjà reproché gentiment sans pour autant essayer de l'arrêter, et il n'avait pas envie de jouer un rôle avec la jeune femme qui se trouvait devant lui, Hinata… Il avait envie d'être lui-même, et de lui raconter sa vie, malgré le fait qu'il ne la connaisse qu'à peine. Naruto avait toujours été quelqu'un de très ouvert et de confiant, suivant son instinct.

Elle le regardait lui parler encore, et encore. Il avait un sourire un peu enfantin, gamin, tellement attendrissant. Il lui parlait de tout et de rien, lui posait des questions sur elle-même, sur ses goûts, sur ses loisirs, sur ce qu'elle aimait et ce qu'elle n'aimait pas, comparait avec ses propres goûts, faisait un éloge aux ramens, et il lui montrait, surtout, sans s'en apercevoir, sans le comprendre, qu'il ne lui parlait pas pour son nom, pour son argent, pour son héritage.

-Dis Hinata, tu dois rencontrer beaucoup d'hommes dans ton métier ? demanda Naruto, avec une petite moue boudeuse.

Hinata fut surprise par la question, et n'en voyait pas le sens exact, donc elle opta pour la vérité.

-Oui je rencontre beaucoup d'hommes, répondit-elle, prudemment.

-Je suis jaloux, répliqua Naruto, ses yeux bleus azur pétillants d'amusement.

-Ja-Jaloux ?

La pauvre Hinata Hyûga avait les joues en feu, et elle tripotait nerveusement ses doigts.

-Mais oui ! Ils te charment sûrement, te font des avances, te regardent tout simplement ! renifla Naruto d'un air indigné. Après, ils reviennent en prétextant qu'ils viennent chercher des fleurs pour leur mère, leur fille, leur sœur, ou quelqu'un de votre famille, mais c'est en fait pour te voir, t'admirer, te parler.

-Tu…tu te trompes, Naru-Naruto.

-Oh, ça m'étonnerait mais en tout cas, c'est ce que je ferai à leur place, assura Naruto en riant et en se passant une main dans ses cheveux.

Hinata savait que ses joues étaient rouges et qu'elles ne reviendraient pas pâles avant un moment, mais la menace de l'évanouissement était proche.

-Mer-Merci Naruto.

En riant toujours bêtement, Naruto lui plaqua un baiser sur la joue. Et ne s'attendit pas du tout à la réaction qui suivit.

-Hinata ? Heu…Hinata ?

« Ben merde alors. »

*

Kiba l'admirait pendant qu'elle racontait en riant l'histoire d'un de ses clients qui avait achetés un superbe bouquet de fleurs pour sa maîtresse, et qui l'avait envoyé, par une énorme erreur tellement stupide, à sa femme, avec le petit mot qu'il y avait joint : « Pour la nuit dernière qui était tellement si agréable avec toi à mes côtés. J'ai hâte de te revoir. » Et si on en prenait en compte le fait qu'il n'avait pas dormi avec sa femme la nuit dernière, et qu'il était censé être à une réunion à San Francisco pour son travail, sa femme ne l'avait pas spécialement bien pris.

-Comment ton livreur a été renvoyé ? Demanda, amusé, Kiba.

-D'une manière peu orthodoxe, répondit Ino, en riant de plus belle. Cette histoire est assez insolite, je dois l'avouer. Il doit avoir mon âge ou un an de moins, et la femme est âgée d'une quarantaine d'années, soit l'âge environ de la mère de Sergio, le livreur, et ce jour-là, Dieu en est témoin, il a appris le plaisir ou le déplaisir, j'en sais rien, de faire l'amour avec une femme mûre, humiliée et outragée, qui avait voulu se venger de son mari infidèle avec un pauvre livreur de fleurs innocent qui passait par là.

En entendant cette histoire sordide, Kiba éclata de rire. De son rire si semblable à un aboiement en sourdine, dévoilant ses dents anormalement pointues, et qui lui donnaient un air si carnassier quand il souriait. Un air sauvage, bestial, qui l'attirait énormément, et qui la changeait de ses conquêtes constamment propres sur elles, élégantes, fiers d'exhiber une blonde bien foutue avec eux et d'agiter leurs bagues à leurs doigts aux ongles parfaitement manucurés. Pour Ino, il ne fallait jamais se fier à des hommes avec ses mains-là.

Inconsciemment, elle observa les mains de Kiba : grandes, masculines, à l'air robuste, et aux ongles courts coupés vite fait bien fait au coupe-ongles apparemment. Des mains sans fioritures. Saines. Et Ino savait quels plaisirs elles pouvaient procurer.

-Etre fleuriste nous fait parfois rencontrer des personnes qui peuvent soit nous distraire par des histoires sordides, soit nous faire rencontrer des personnes qui peuvent changer notre vie, non ?

Kiba en prononçant cette phrase, l'avait observé attentivement et vit apparaître sur les lèvres d'Ino un sourire alors qu'elle fixait quelque chose ou quelqu'un dans la salle.

-Oui, et j'ai un très bon exemple pour ta deuxième hypothèse sous les yeux. Tu vois la jeune femme là-bas aux cheveux si noirs qu'ils en paraissent bleus ?

Regardant la personne désignée par Ino, Kiba reconnut son ami aux cheveux blonds avec la jeune femme décrite par Ino.

-Oui je la vois.

-Cet homme, je me suis renseignée avec une de nos amies, elle l'a rencontré dans notre magasin. C'est mon associée, expliqua Ino devant l'air dubitatif de Kiba.

-Il est venue chercher des fleurs pour sa mère et elle l'a conseillé, c'est bien ça ?

Les yeux d'Ino revinrent à la personne de Kiba, surpris.

-Comment tu le sais ?

-Cet homme est un de mes plus proches amis : il s'appelle Naruto et il a totalement flashé sur la petite brune, cousine de Neji Hyûga, un autre de nos amis et mon colocataire. Il désespérait un peu qu'elle ne l'appelle pas, mais il savait qu'il avait une chance de la revoir : il pouvait aller au magasin de cette chère jeune femme, ou convaincre Neji de la lui présenter plus officiellement. Mais dans l'un comme l'autre, il lui fallait l'accord de Neji car sans vouloir le montrer et malgré tout, Neji est quelqu'un de très protecteur envers sa famille, expliqua Kiba, plus sérieux.

-Mmh, ce fameux Neji ne travaillerait pas avec une certaine Tenten ?

-Si, c'est sa coéquipière si j'me trompe pas.

-Tenten est une de mes plus proches amies aussi, et c'est la colocataire de Hinata. C'est elle qui m'a raconté pour Naruto et elle.

-Le monde est petit, s'amusa Kiba.

Ino acquiesça doucement, et son regard se tourna une nouvelle fois vers leurs amis.

-Il semble avoir un caractère plutôt explosif, remarqua Ino.

-C'est un vrai hyperactif, et son trait dominant est une vraie passion pour les ramens, plaisanta gentiment Kiba.

-Ils font faire des étincelles avec deux caractères si différents, murmura Ino. Hinata est une jeune femme très délicate, très discrète, qui n'a jamais un mot plus haut que l'autre, et qui a une peur bleue d'exprimer ses sentiments.

Kiba hocha la tête, signe qu'il comprenait.

-Je vois. Naruto est hyperactif, toujours à parler pour un oui pour un non, le vrai comique de service, qui se met toujours dans des situations impossibles, et est quelqu'un d'assez bruyant et excessif, qui n'a aucune peur de montrer ses sentiments et de montrer ses opinions.

-Ne dit-on pas souvent que les opposés s'attirent ?

Kiba eut encore un de ses sourires carnassiers.

-Mais ne dit-on pas aussi que qui se ressemble, s'assemble ?

Et Ino savait pertinemment que Kiba ne parlait pas de leurs amis Naruto et Hinata. Il n'y avait pas que ces derniers qui prenaient un tournant décisif dans leurs vies.


Et voilà fin du chapitre huitième. :)

J'ai essayé de parler un peu de tous les couples dans ce chapitre, certes de manière peu équitable, mais tout de même ! :D

Ankô et Kakashi, bourrés, que va-t'il advenir d'eux quand ils auront dessoûlés ? Et Neji ? Comment va-t-il réagir en se retrouvant chez Tenten et ne se souvenant pas exactement de tout ? Que va lui dire Tenten ? Comment finira la soirée pour Kiba & Ino, et Hinata & Kiba ? Comment va finir Sasuke ? Quelqu'un va-t-il aider Sakura ? Shikamaru va-t'il respecter sa décision après avoir embrassé Temari en voulant la faire taire ? Comment va réagir Temari au cours des prochains jours à son boulot ? Et Iruka, dans toute l'histoire ? Où qu'il est ? Et Sai ? Faut pas l'oublier lui, hein ! J'aimerais beaucoup que le couple Sai/Tayuya apparaisse dans cette histoire, mais je ne sais pas encore si ce couple aura un happy-end ou pas. ^^ Qu'est ce que vous en pensez ? Vous verriez bien ce couple ? Perso, je ne l'ai encore jamais vu :)

Brefouille, certaines réponses à ces questions seront présentes dans le prochain chapitre. J'attends avec impatience vos commentaires ! :) N'oubliez pas que c'est mon seul salaire huhu.

A la prochaine ! ;)