Chapitre 8 : Sora
Sora rentrait tout juste d'une mission qu'il avait dû effectuer en dehors de Fikternand. Cette fois-ci, il avait dû se rendre, avec son escouade, dans une petite bourgade tranquille, un peu perdue en plein milieu de la Forêt des Hiboux. En effet, un rapport inquiétant de la part d'un des habitants de Buxih – c'était le nom du village – indiquait qu'un voleur faisait rage toutes les nuits, et qu'il s'était alors porté volontaire pour en informer les membres de l'Élite. Saix, qui était en charge de distribuer les missions, avait donc ordonné à Sora et son petit groupe d'aller enquêter.
Une fois sur place, l'Épéiste accompagné de ses Miliciens, se fit passer pour un voyageur itinérant de repos à Buxih. Une fois la première nuit passée, le voleur eut la mauvaise idée de s'en prendre en premier à Sora, pensant qu'il serait manifestement sans défense ; ce n'était – malheureusement pour lui – pas le cas. Après une course poursuite effrénée, ses hommes et lui parvinrent à lui tendre une embuscade et ensuite l'arrêter.
Sora rentrait donc avec un prisonnier sur les bras. Le jeune homme passa à peine devant le bâtiment de l'Élite pour y déposer sa prise. Il repartit aussi vite qu'il était venu. Temps qu'il était loin d'ici, mieux il se portait !
Cela faisait maintenant quelques jours qu'il l'avait appris. Le plus lourd secret de Xemnas. Il savait tout. Enfin, pour être plus exact : Sora en savait une bonne partie. Mais elle était assez suffisante pour dévoiler au grand jour la véritable fonction de l'Élite. S'il avait su, jamais Sora n'aurait accepté toutes ces missions, toutes ces quêtes pour eux ! Il supposait qu'il en allait de même pour Naminé. D'ailleurs, le jeune homme n'avait pas revu sa meilleure amie depuis qu'il lui avait annoncé la terrible vérité. Elle avait l'air tellement… sonnée, choquée. Sora ne savait même pas comment décrire sa réaction ! De l'horreur, de l'incompréhension, du doute peut-être ? Pas envers son meilleur ami, mais envers elle-même. Tout cela pour dire que le châtain n'avait aucune nouvelle de son amie. Sans doute irait-il la voir dans la semaine, histoire de prendre de ses nouvelles. Mais aussi discuter de sujets plus… sensibles, plus graves. Importants.
Sora rentra chez lui. Il s'agissait d'un petit studio, tout ce qu'il y avait de plus simple. Une banquette par-ci, collée contre le mini-bar de sa cuisine, la télé par-là, juste en face. Une petite chambre toute simplette reliée directement à la salle de bain. Sora avait les moyens de se payer une maison de luxe s'il le voulait, grâce au salaire que l'Élite lui versait encore. Mais la simplicité lui plaisait bien. Le jeune homme préférait économiser son argent pour mieux le dépenser ensuite dans des améliorations pour sa lourde épée. En effet, il la chouchoutait comme s'il s'agissait de son petit bébé. Sora lui avait déjà acheté quelques petits sorts bon marché qu'il avait trouvé par-ci par-là lors de ses missions en dehors de Fikternand. Il n'achetait jamais de magie dans la grande cité. Le châtain trouvait qu'elle était de mauvaise qualité. Au bout de cinq utilisation, il fallait de nouveau remplir la sphère dans laquelle elle se trouvait. De plus, le prix de la magie était exorbitant à Fikternand ! Plus de deux-cents Munnies le flacon ! Et encore, ce n'était que de la magie basique. Du style Brasier ou Glacier. Dans des villages plus reculés, on trouvait pour le même prix trois flacons de magie différents, dont une était plus puissante que les autres, se rapprochant fortement de celles des Invoqueurs. Mais jamais les fabricants de magie n'étaient arrivés à un tel résultat ! Ils se rapprochaient de plus en plus, cependant. On pourrait croire que ce bas prix était une arnaque, mais il n'en était rien. La durée de vie de la magie était rallongée de trois utilisations contrairement à celle de Fikternand. Beaucoup dans la cité ignoraient l'arnaque que constituait la vente de la magie, car rares sont ceux qui osaient sortir de la ville. Et cela à cause des nombreux monstres qui rodaient en masse à l'extérieur. Il y en avait de plus en plus, ces derniers temps.
Se vautrant dans son canapé, Sora fit apparaître dans ses mains son épée. Cette arme était son seul souvenir de son père. D'après ce qu'il se souvenait, elle passait de génération en génération depuis des lustres dans sa famille. Sora ne savait pas depuis combien d'années exactement. Peut-être deux à trois siècles de génération. Tous ses ancêtres étaient des grands et puissants guerriers, ce qui expliquait son haut grade dans l'Élite. Plus fort que Saix mais pas autant que Xemnas. A force d'entraînement, il y parviendrait. Il le savait.
Il le devait. Pour la survie du Royaume tout entier, mais aussi des Royaumes alentour, Sora devait terrasser Xemnas. Coûte que coûte. Peut-être pas au point de le tuer. Il n'était pas comme cela. Peut-être juste le bannir dans le mythique Royaume Cauchemardesque. Histoire qu'il ne fasse plus des siennes.
Le Royaume Cauchemardesque était une légende urbaine que l'on racontait beaucoup aux enfants. S'ils n'obéissaient pas ou manquaient de respect envers leurs parents ou autrui, alors un ange des Enfers du Royaume Cauchemardesque viendrait les chercher. Ils les emmèneraient alors dans un lieu froid et sombre, où vivaient les créatures les plus dangereuses qui pouvaient exister. Un lieu parfaitement effrayant. Et cela marchait parfaitement. Enfants comme parents, tous avaient peur de cet endroit. Est-ce que ce Royaume existait réellement ? Ce qui s'y rapprochait le plus en tout cas se trouvait juste sous le bâtiment principal de l'Élite. Oui, Xemnas y aurait parfaitement sa place, là-bas, au milieu de tous ces monstres.
Sora se demandait comment il avait fait pour être aussi aveugle tout ce temps. Comment avait-il fait pour ne pas remarquer que Xemnas était bien trop discret et mystérieux pour cacher un terrible secret ? Et juste sous son nez ! Ou plutôt sous ses pieds.
Sora sortit alors de sa poche une sphère vert pomme. Elle était incroyablement mignonne, avec sa petite tornade de magie blanche en son centre. La couleur vert signifiait qu'il s'agissait d'une magie curative. Un sort de Soin pour être plus exact. Le jeune homme avait eut l'incroyable chance de tomber sur l'une d'elle lors de son escale à Buxih. Il avait sauté sur l'occasion, les magies curatives se faisant de plus en plus rare ces derniers temps.
En plus de celle-ci, il eut également droit à trois nouvelles fioles de Brasier et trois autres de Foudre. Il en possédait déjà des centaines, mais il valait mieux en avoir en réserves, en cas de coup dur ! Même si elles n'étaient pas très puissantes, elles faisaient tout de même de sacrés dégâts !
Pendant qu'il installait son nouveau sort, les pensées de Sora se dirigèrent vers l'Élite. Que devait-il faire ? Déserter ? Il se ferait poursuivre par la Milice à travers le monde entier pour cela. Jamais ils ne le laisseraient tranquille. Prévenir les Anciens ? Le croiraient-ils seulement ? Certes, le châtain aurait le soutient infaillible de Naminé, mais cela ne suffisait pas. Mais… et si ce qu'il pensait avoir vu était en vérité une toute autre chose ? Quand même, il n'était pas encore fou… ! Tous ces corps verdâtres, ensanglantés et enchaînés ! Et ces cris de supplications ! Ce ne pouvait pas être rien ! Cependant, comment ne pas être sûr que les Anciens y étaient eux aussi impliqués ? Sora ne savait même plus en qui faire confiance.
Quelqu'un tambourina violemment à sa porte d'entrée, ce qui le fit sortir de ses pensées. Le jeune homme rangea son épée puis se leva à contre-coeur pour aller ouvrir. Sans doute devait-il s'agir de Naminé. En tout cas, il l'espérait. Mais en y réfléchissant bien, c'était peu probable. La jeune Invoqueur n'était pas aussi violente avec les portes ! A moins qu'elle venait de découvrir une chose très importante. En tout cas, en étant un dimanche soir, ce ne pouvait être qu'elle.
Sora ouvrit. Les personnes qui se dressaient alors devant lui n'auguraient rien de bon. Pour sûr. Saix accompagné d'une dizaine de militaires. Ils avaient tous, pour l'instant, leurs armes baissées. Mais tout de même, les Miliciens ne sortaient jamais leurs fusils, sauf s'il s'agissait d'un cas d'extrême urgence. Fikternand était-elle sujette à une terrible menace qu'ils devaient éradiquer au plus vite ?
Saix tenait également ses doubles lames en or dont il était fier de raconter qu'elles avaient été forgées par des Elfes en personne. Le second de Xemnas ne prenait pratiquement jamais part aux missions. Alors oui, sa présence ici indiquait que quelque chose d'anormal se passait, ce soir-là.
‑ Qu'est-ce que je peux faire pour toi ? demanda Sora en fronçant les sourcils.
Même s'il était son supérieur en quelques sortes, le châtain s'autorisait tout de même à le tutoyer. Après tout, il était plus faible que lui.
‑ Ne faites pas l'innocent. Vous savez très bien la raison de notre présence ici.
Lui préférait le vouvoyer. Chacun ses préférences après tout.
Sora regarda tour à tour les Miliciens derrière Saix. Même sous leurs casques noirs, le jeune homme s'imaginait parfaitement les regards foudroyant que les soldats lui adressaient. Exactement les mêmes que son interlocuteur.
Saix leva soudainement le bras et tous les Miliciens sans exceptions levèrent leurs fusils dans la direction de Sora. Surpris, ce dernier leva immédiatement les bras, ne comprenant pas vraiment ce qu'il se passait. Ils n'allaient pas lui tirer dessus quand même ?! Il n'avait rien fait de mal ! Mis à part découvrir le plus gros secret de Xemnas mais… Une minute ! Se pourrait-il que Saix soit au courant ?!
‑ Épéiste Sora, reprit le bleu. Vous êtes en état d'arrestation pour tentative d'assassinat.
A partir de cet instant, tout se passa extrêmement vite pour Sora. Peut-être un petit trop pour lui !
Réfléchissant plus vite qu'à l'ordinaire – ses sens de combats s'étant immédiatement éveillés –, Sora essayait de recoller les morceaux. Accusé de… tentative d'assassinat ? Mais c'était complètement absurde ! Envers qui d'abord ?! Il n'avait pourtant fait de mal à personne, même s'il mourait d'envie d'envoyer certaines personnes dans le Royaume Cauchemardesque, jamais l'idée de tuer quelqu'un ne lui viendrait à l'esprit ! Essayer encore moins ! Cette déclaration farfelue apparaissait à ses yeux complètement ridicule ! Qui irait inventer une chose pareille ?! Tuer des monstres passait encore – ils étaient nocifs pour l'humanité – mais des humains jamais !
Alors que Saix s'apprêtait à entrer dans son appartement, Sora fit basculer la bibliothèque se trouvant juste à côté de l'entrée, parvenant ainsi à les empêcher de le rejoindre. Mais cette petite barricade ne tiendrait pas bien longtemps face aux membres de l'Élite, et il lui fallait dorénavant fuir le plus vite possible !
Sora se précipita ensuite vers sa fenêtre. Celle-ci, lorsque l'on regardait vers le bas, menait directement à un marché, ouvert tous les jours de l'année et vingt-quatre heure sur vingt-quatre ! Une chance, le jeune homme pourrait profiter ainsi de la foule pour se fondre dans la masse et donc espérer semer un temps ses traqueurs.
Juste en dessous de sa fenêtre était disposé un stand. Un toit en toile avait été posé juste au dessus de l'étal, pour protéger de la pluie. « Il aura une autre fonction aujourd'hui ! » pensa Sora. Il se trouvait seulement à quelques mètres en dessous, aucune chance pour qu'il se fracture une cheville en sautant d'aussi haut.
Entendant que Saix – ou les Miliciens – tentaient déjà d'enfoncer la porte de sa chambre, Sora pensa qu'il s'agissait du bon instant pour sauter. C'était maintenant ou jamais ! Sans trop y réfléchir d'avantage, le jeune homme ouvrit sa fenêtre et sauta par dessus le rebord. Dans sa chute, bien que très rapide, le châtain entendit plusieurs personnes crier. Sans doute de surprise. Personne ne s'attendait à voir quelqu'un sortir de chez lui en sautant du haut de sa fenêtre, sans doute !
Sora atterrit comme il l'avait prévu sur le toit en toile du stand. Cependant, celle-ci se déchira à cause de la vitesse à laquelle le jeune homme avait chuté. Ca, par contre, ce n'était pas prévu.
Le marchand eut un cri de terreur en voyant Sora étalé sur sa marchandise. Des fioles de magie, rien que ça ! Heureusement, mis à part les dégâts causés au niveau du toit, rien de grave ne semblait à déclarer. La magie était, par un miracle, restée bien en place dans leurs fioles. Et ces dernières n'étaient même pas fissurées, brisées, rien ! Mais le marchand de magie noire – parce qu'il n'y avait que des sorts de magie noirs dans ces flacons – ne semblait pas très content de voir un jeune homme débarquer à l'improviste dans son stand ! Et par le toit qui plus est !
‑ Non mais dites donc vous ! Je ne vous dérange pas trop ?!
Sora, toujours affalé lamentablement sur le sol, leva les yeux vers le marchand. Ce dernier était plutôt petit avec un énorme ventre grassouillet. C'était assez étrange, car ses bras ainsi que ses jambes semblaient plutôt squelettiques. Comme si la graisse ne s'était développée uniquement qu'au niveau de son ventre ! Le marchand portait également un grosse moustache blanche lui cachant une partie de sa bouche. Ses yeux violets regardaient sévèrement Sora. Et ce dernier n'avait pas besoin d'être un magicien pour lire l'expression de son visage : « Je vais vous tuer si vous ne partez pas d'ici immédiatement ! »
‑ Je… euh… Pardon ! Vraiment !
Sora se releva d'un bond et fouilla dans une des poches de son pantalon bouffant noir. Il tendit au marchand une petite liasse de billets bleus.
‑ Tenez, deux cents Munnies pour les réparations. Encore désolé !
Sora sauta par dessus le comptoir du stand et reprit sa course. Le marchand le regarda partir, sidéré. Deux-cents Munnies ?! Mais ce garçon était un ange tombé du ciel ! Les réparations ne lui coûteraient rien du tout : il en avait plusieurs, des toiles de rechanges. Et son étal n'avait même pas été abîmé durant la chute ! Le vieux bonhomme eut un petit peu l'impression d'avoir abusé de sa gentillesse, sur le coup…
Sora continuait toujours de courir. De plus en plus vite. Il y était habitué, et heureusement ! Mais d'ordinaire, il avait le rôle du poursuivant, pas du poursuivit ! Le jeune homme essayait de ne pas trop réfléchir, car sinon son pas de course ralentirait et il se ferait rapidement rattraper. Il ne savait même pas vers où il se dirigeait ! Le châtain prenait des rues un petit peu au hasard, espérant semer le trouble dans les troupes ennemies et ainsi avoir une chance de sortir de la ville. Oui, voilà, c'était ce qu'il devait faire. Sora devait quitter Fikternand au plus vite. Cette ville demeurait beaucoup trop dangereuse pour lui désormais. C'était comme rester coincé dans la gueule du loup sans jamais pouvoir en sortir !
Sora prit à droite lors d'une intersection. Grave erreur. Il s'agissait d'une rue étroite avec énormément de passants. « Pourquoi il y a autant de monde ?! » s'interrogea le jeune homme. Il zigzaguait entre les Fikternandiens, essayant de ne pas les bousculer du mieux qu'il le pouvait. Il percuta malheureusement quelques passants sans le faire vraiment exprès.
‑ Hé ! Tu peux pas faire un peu attention ! hurlait un.
‑ Sérieusement, les jeunes de nos jours ! criait un autre.
Mais Sora continuait sa route, sans prendre en compte les insultes qu'on lui lançait. S'il s'arrêtait maintenant, il était fichu !
La rue déboucha alors sur la place principale de Fikternand. Celle avec la fontaine représentant la Déesse en son centre. Sora aperçu la maison de Naminé, juste à quelques pas de lui. Peut-être devrait-il aller la voir. Lui demander de partir avec lui. Mais il se ravisa bien assez tôt et chassa cette folle idée de sa tête. Il ne voulait pas mêler sa meilleure amie à cette histoire. Elle l'était déjà trop impliquée à son goût, et lui infliger la fuite de leur Royaume ne l'enchantait pas.
‑ Il est là ! hurla soudainement la voix d'un Milicien.
Sora fit volte-face et remarqua avec effroi que les soldats de l'Élite l'avaient suivi jusqu'ici. Le jeune homme lâcha un juron entre ses dents. Ne parviendrait-il donc jamais à les semer ?!
Il envisagea alors de se rendre à l'autre bout de la place, la sortie de la ville se trouvant dans cette direction-là. Mais il se ravisa soudainement en voyant que des Miliciens barraient également cette voie. Cette fois-ci, il était complètement fichu ! Il n'avait aucun moyen de passer sans en venir à la violence. Sora refusait de faire du mal à des êtres humains, mais il n'avait pas le choix. Il essaierait de faire de son mieux pour ne pas les tuer. L'idée de les blesser ne lui plaisait pas non plus, mais c'était l'avenir du Royaume tout entier qui reposait sur ses frêles épaules. Et il se devait de protéger son Royaume, car il en avait fait le serment en entrant dans l'Élite.
Sora fit donc apparaître son épée dans sa main droite à contre-coeur. Il ne s'en prendrait pas à ceux se trouvant derrière lui. Juste les hommes qui lui barraient la route.
Tandis qu'il réfléchissait à quelle stratégie employer, une minuscule balle passa juste à côté de son oreille gauche. Le sifflement de celle-ci lui glaça le sang. Ils n'hésiteraient apparemment pas à lui tirer dessus, eux ! Ces Miliciens n'avaient aucun sens de l'humanisme !
‑ Baisse ton arme ! ordonna l'un d'eux, à l'arrière.
Les fusils levés dans sa direction, Sora constata qu'ils profitaient de ce moment de confusion pour se rapprocher petit à petit de lui, faisant des pas lents et calculés, magnifiquement coordonnés entre eux. Que c'était beau, le travail d'équipe ! Ou pas tellement que cela dans cette situation-là…
Sora réfléchissait à la vitesse de l'éclair. Chose inhabituelle venant de sa part. Que faire pour parvenir à passer leurs défenses sans les tuer ou au minimum les blesser ? Les soldats s'approchaient de plus en plus, ils n'étaient plus qu'à une dizaine de mètres.
Ses yeux se tournèrent alors vers la fontaine. De l'eau… Que pouvait-il faire avec… ? « Mais oui bien sûr ! » s'écria-t-il en son fort intérieur. Il venait apparemment de trouver un plan.
Le jeune homme attendit patiemment que ses adversaires soient assez proche de lui. Ils avançaient. Ils y étaient presque. Sora sentit la pointe d'un fusils contre son dos. Sur le coup, il frissonna. Le châtain leva les bras, sans pour autant lâcher son épée.
‑ Allez, rends-toi sans faire d'histoire maintenant ! cria un des Miliciens.
‑ Vous pensez réellement que ça serait aussi facile ? questionna Sora.
Les soldats, derrière leurs visières noires, se lançaient des regards d'incompréhension. Il était fait comme un rat, alors pourquoi s'obstinait-il à prétendre que tout n'était pas encore fini ?
‑ Suis-nous maintenant.
Le Milicien baissa lentement son fusil. Tout se passait exactement comme Sora semblait l'avoir prévu. Les Miliciens vinrent alors l'encercler, de sorte à ce qu'il ne puisse pas s'enfuir. Effectivement, le jeune homme ne pouvait pas s'enfuir sur les côtés, mais qu'en était-il des airs ?
Sora s'arrêta soudainement, ce qui fit se poser bon nombre de questions aux Miliciens l'entourant.
‑ A quoi tu joues encore ?! s'énerva l'un d'eux.
Le jeune homme, désormais agenouillé au sol, esquissa un sourire en coin, déjà fier de son prochain coup. Prenant appui sur un seul de ses pieds uniquement, Sora se donna la force nécessaire pour faire un saut d'un dizaine de mètres au dessus du sol. Cela lui permis de s'éclipser sournoisement de la garde rapprochée des Miliciens. Le châtain avait également calculé son saut de sorte à pouvoir se retrouver à proximité de la fontaine.
‑ Tirez ! Mais ne le tuez pas, sinon le boss sera furieux ! cracha celui qui devait sans doute être le chef de cette petite escouade.
En effet, depuis le début, il s'agissait toujours de cette même voix rauque qui hurlait des ordres.
Des dizaines de balles en plombs fusaient dans l'air à la seconde près. Heureusement que ces Miliciens ne savaient pas viser comme il le fallait, sinon Sora serait mort depuis longtemps ! Plusieurs balles manquèrent de le toucher à de multiples reprises, mais aucune ne l'atteignit directement !
Sora atterrit les deux pieds dans la fontaine. Il s'agenouilla pour éviter les tirs des soldats.
‑ Cessez le feu !
Le chef de la bande s'avança vers l'ancien Épéiste. Même s'il portait un casque, Sora savait pertinemment que ce simple Milicien le toisait de haut. Il n'avait pas à se prendre pour le plus fort. S'il était ici, c'était uniquement parce qu'il avait échoué à l'examen d'entrée pour devenir un Épéiste. En somme, pas de quoi être fier.
‑ Tu es piégé. Arrête de résister et nous ne te ferons aucun mal.
‑ Tu penses vraiment servir une bonne cause ? lâcha Sora entre ses dents.
Voir des hommes aussi dévoués à l'Élite le répugnait. Si seulement ils savaient la vérité. Si elle éclatait au grand jour, sans doute se remettraient-ils sérieusement en question. Peut-être se rendront-ils compte qu'il agissaient pour le compte d'un affreux tyran.
‑ N'essaie pas de nous déstabiliser ! Ton petit manège ne marche pas avec nous !
‑ Dommage, j'aurais essayé. Je suis vraiment désolé pour vous.
Sora se releva, un petit sourire dessiné sur les lèvres.
‑ Ca risque de picoter un peu.
Le jeune homme les aspergea alors d'eau. Les Miliciens ne purent s'empêcher de rire face à un tel acte. Il ne devait plus avoir toute sa tête !
‑ De l'eau ?! s'exclama leur chef. Mon garçon, je crois que tu es totalement fou. Attrapez-le vous autres !
Tandis que les Miliciens finissaient de rire, Sora matérialisa une nouvelle fois son épée dans sa main. Il ferma les yeux puis leva son arme vers le ciel. Même s'il ne voulait pas en arriver là, il devait tout faire pour échapper à la Milice.
‑ Foudre ! hurla-t-il.
Un coup de tonnerre se fit subitement entendre. Tous les soldats, le chef y comprit, eurent un hoquet de surprise. Qu'avait-il l'intention de faire, ce fou ?! Un rapide éclair descendit soudainement des cieux, sans prévenir, et vint violemment s'écraser sur les têtes des Miliciens. Tout le monde savait cela : l'eau et la foudre ne faisaient pas bon ménage. Jamais.
Les soldats de l'Élite crièrent leur douleur. La décharge électrique produite par cet éclair était surpuissante. Elle s'insinuait dans tous leurs membres, leur lançant par moment des horribles picotements. Ils se figèrent sous l'impact. Les Miliciens ne pouvaient même plus bouger le petit doigt !
Tandis que les hommes tombaient tour à tour au sol, complètement électrocutés et vidés de leurs forces, leur chef luttait incroyablement contre la douleur physique, voulant à tout prix remplir la tâche qu'on lui avait ordonné : rapporter Sora vivant à Xemnas. Mais ses forces quittaient peu à peu son corps fébrile.
‑ Crois-moi, on se reverra ! Et la prochaine fois, je te laisserai pas t'échapper aussi facilement ! ragea le chef de la petite escouade avant de lamentablement s'effondrer au sol.
Le jeune homme lui adressa un regard désolé. Il ne voulait pas les blesser, mais il n'avait pas d'autres choix. Il ne pouvait pas laisser l'Élite gagner.
Ce n'était qu'après avoir repris sa course pour sa survie que Sora remarqua que beaucoup de Fikternandiens avaient assisté à cette scène. Il savait pertinemment ce qu'ils pensaient de lui désormais. Autrefois traité comme un héros aux yeux de la ville, le voici à partir de maintenant réduit au rang d'infidèle. Du point de vue des habitants, c'était lui le méchant de l'histoire. Après tout, il s'en prenait à ses propres camarades. Mais ils pensaient et parlaient sans savoir.
Sora essaya de ne pas prêter attention à ces regards beaucoup trop curieux et accusateurs. Bientôt, ils le remercieront. Mais pour cela, il fallait sortir d'ici !
Sora emprunta la grande allée menant vers les portes de marbre, la sortie de Fikternand. Jusque là, il n'avait pas encore rencontré de Miliciens et il s'en réjouissait ! Mais d'une autre part, cette absence soudaine d'ennemi l'inquiétait. Ils préparaient quelque chose, ça, il en était certain. Ce n'était pas du genre de l'Élite d'abandonner aussi facilement une mission. Même perdue d'avance, ils continuaient sans relâche. Car des fois, tout se jouait de peu.
Pas très rassuré, Sora accéléra un tout petit peu plus le pas. Pas question que Saix ou les Miliciens le retrouve maintenant, si près du but !
Il percuta soudainement quelqu'un dans sa course. Secoué par la violence à laquelle il venait de heurter cette personne, Sora tomba tête la première au sol. Lâchant un juron, de une parce que sa course venait d'être subitement arrêtée et de deux parce que tomber sur la tête lui faisait mal, le jeune homme se releva lourdement. Il fixa un instant la personne qui l'avait fait tomber. Une jeune fille ! Sora prit un instant pour la détailler. De beaux cheveux auburn, des sublimes yeux rouges sangs – ils ressemblaient beaucoup à ceux de Naminé d'ailleurs !
Sur le coup, le jeune homme se dit qu'il devait se montrer un minimum courtois ! Il s'agissait d'une jeune fille tout de même ! Et Sora aimait beaucoup se servir de ses charmes dans des situations comme celles-ci.
‑ Est-ce que tu vas bien ? lui demanda-t-il avec la voix la plus doucereuse qu'il puisse avoir.
L'auburn leva ses beaux yeux rouges vers lui. Elle ne lui sourit même pas. Mais Sora crut apercevoir une pointe de surprise et de peur dans ses iris.
Le jeune homme lui tendit une main pour l'aider à se relever. Cette dernière la regarda un instant, incertaine. Elle finit par la saisir, mais toujours sans dire un seul mot.
Alors qu'elle peinait à se remettre sur ses pieds, Sora en profita pour la détailler plus amplement. Cette drôle de jeune fille portait une robe rose pâle lui descendant à peu près à mi-cuisse. Cette robe comportait des bretelles légères qui laissaient apercevoir un t-shirt blanc également sans manches. Elle avait une peau incroyablement blanche. Elle semblait tellement pure ! L'adolescente chaussait une simple paire de bottines mauves.
La jeune fille regarda Sora droit dans les yeux. Elle semblait complètement ébahie de se retrouver là, en face de lui. Comme si elle n'en croyait pas ses yeux. Jamais le châtain n'avait fait cet effet-là à une fille ! Et il se sentait plutôt gêné…
‑ Euh… Je… dois y aller, annonça le jeune homme en se grattant nerveusement les cheveux.
En vérité, quelque chose l'attirait fortement vers cette fille. Sora souhaitait rester plus que tout avec elle. Mais d'où lui venait cette soudaine envie ? Jamais il n'avait ressentit une telle chose auparavant ! Même son désir de rester plus de temps avec Naminé ne lui infligeait une telle douleur au niveau du cœur. Et comment expliquer cette sensation si forte qu'il ressentait ? C'était complètement fou ! Il ne la connaissait même pas ! Et pourtant, quelque chose au fond de lui lui prouvait tout le contraire. Qu'est-ce que cela pouvait bien être ? Il s'agissait de quelque chose de si étrange et tellement… inconnu… Sora aimait bien cette sensation. Là, à cet instant précis, il ne pensait à rien. Oubliée sa fuite, son envie de vengeance, son désir ardent de sauver le Royaume. Tout ce qu'il voulait, c'était la regarder encore.
Soudain, il comprit. C'était de la sorcellerie ! Oui, ce ne pouvait être que cela ! Personne ne pouvait ressentir quelque chose d'aussi fort pour une inconnue ! Cette fille devait être une envoyée de l'Élite pour le forcer à ralentir ! Sora se maudit d'être tombé si facilement dans leur piège !
Sans un mot pour la jeune auburn, Sora reprit une nouvelle fois sa course pour sa survie.
Les Miliciens commençaient à le rattraper. Sora pesta contre lui-même. Comment avait-il pu être tombé dans ce piège aussi grossier ?! Il avait perdu tellement de temps ! Les soldats se rapprochaient de plus en plus ! C'en était fini de lui, ça, le jeune homme en était persuadé ! Ah, s'il retrouvait cette fille aux yeux rouges, il la ferait payer cher ! Il ne savait pas encore comment, mais il se vengera !
Tout à coup, une petite fille lui barra le chemin. Bras écartés, elle semblait lui demander de ne pas aller plus loin. Sora grinça des dents. Encore un coup de l'Élite, à coup sûr ! Xemnas comptait vraiment l'empêcher d'emporter son secret hors de la ville, ça, il ne fallait pas être un magicien pour le deviner !
‑ S'il te plaît, arrête-toi, demanda soudainement une petite voix dans sa tête.
‑ Hein … ?
Surpris, Sora stoppa une nouvelle fois sa course et se planta pile devant la petite fille. Un pas de plus, et il lui serait rentré dedans comme avec la jeune fille un peu plus tôt.
Le châtain fronça les sourcils. Cette petite lui paraissait tellement jeune… Peut-être devait-elle avoir entre six et huit ans, pas plus. Ses longs cheveux roux tombaient en cascade dans son dos. Elle portait une simple petite robe blanche mais ne chaussait rien à ses pieds. Ses yeux verts fixaient Sora gravement. Mais qui était-elle, et pourquoi vouloir l'empêcher de passer ? Et cette voix dans sa tête, était-ce la sienne ?
‑ Ne craint rien, reprit la voix dans sa tête, tout va bien. Tu es en sécurité.
‑ Pas vraiment, non. Alors si tu veux bien me laisser passer, j'ai des gardes à semer, moi… »
Heureusement que personne ne se trouvait dans les alentours. Sans doute le prendrait-on pour un fou à le voir se parler tout seul ainsi !
En face de lui, la petite fille ne bougeait toujours pas d'un pouce. Cette voix dans sa tête ne pouvait être que la sienne. Elle était douce et agréable à entendre. Elle correspondait parfaitement à la voix d'une enfant de son âge. Pourtant, même ses lèvres ne se mouvaient pas au son de sa voix. C'était ce point-ci qui le fit hésiter.
‑ Tu es en sécurité ici. Regarde derrière-toi.
Sora fit ce qu'elle dit. Pas vraiment rassuré, s'attendant à voir une horde de Miliciens à ses trousses, le jeune homme écarquilla cependant les yeux face à la scène en face de lui. Les soldats semblaient complètement figés, tels des statues. L'un avait été stoppé en plein dans son pas de course, un autre s'était arrêté juste avant de s'écraser au sol, plus que quelques centimètres seulement et sa tête viendrait épouser les dalles de pierres !
Les yeux grands ouverts, Sora se tourna de nouveau vers la petite fille, complètement estomaqué. C'était vraiment elle qui venait de réaliser une telle chose ?! Mais comment… !?
‑ J'ai arrêté le temps, dit la voix de la petite rousse dans son esprit.
Venait-elle réellement de lire dans ses pensées ?! Sora n'en croyait pas ses yeux. Etait-il en train de rêver depuis tout à l'heure ? D'abord l'Élite qui le pourchassait à travers toute la ville sans aucune raison, l'étrange jeune fille aux yeux rouges hypnotisant, et maintenant cette petite aux pouvoirs surnaturels ?! Même les Invoqueurs, aussi puissant étaient-ils, ne possédaient aucune magie liée au temps ! Pas de doute, il nageait en plein délire !
‑ OK…
‑ Tu te demandes qui je suis.
Encore une affirmation ! Cette petite était tout simplement incroyable ! Avait-elle une sorte de pouvoir de divination ? Même si c'était le cas, son jeune âge le troublait fortement ! Comment pouvait-on posséder d'aussi étonnant pouvoirs à quoi, huit ans maximum ?
La petite fille baissa les bras. L'expression de son visage s'adoucit peu à peu. Un sourire angélique se plaqua alors sur ses lèvres. Les mains derrière le dos, elle s'exprima enfin d'elle-même :
‑ Disons que… je suis une amie.
‑ Ca m'aide pas vraiment, dit Sora en croisant ses bras sur son torse. Bon, je suis un petit peu pressé tu vois, donc si tu voudrais bien me laisser passer, ça serait gentil…
‑ Non.
Sora haussa les sourcils. Sa réponse, tellement sèche, était sortie si naturellement de sa bouche ! Elle ne semblait vraiment pas décidée à lui laisser le passage.
‑ Ce n'est pas ton destin.
Le jeune homme fronça les sourcils. Qu'entendait-elle par là ? Est-ce qu'elle connaissait son avenir ?! Si oui, alors il avait absolument besoin de se renseigner sur un détail capital :
‑ Dis-moi : Fikternand, est-ce que je vais arriver à la sauver ?
Sora lui avait demandé cela en lui attrapant fermement les épaules, ses pupilles bleus océan intensément plantées dans les yeux émeraudes de la petite fille.
Cette dernière se contenta de baisser la tête et de fermer les yeux. Sora ne pouvait pas le voir, mais son sourire enfantin venait de disparaître. Un souvenir douloureux semblait remonter à la surface. Et elle essayait ne pas y penser.
‑ Sora, ne fais pas la même erreur que moi, annonça la petite.
‑ Hein ?
Le châtain n'eut pas le temps de lui en demander plus. Sans prévenir, la petite fille se transforma soudain en de la vapeur d'eau et s'évapora dans l'air, disparaissant instantanément. Le temps reprit également son cours.
Sora fronça les sourcils. Était-elle un fantôme ? Cette petite serait-elle morte aussi jeune ? Pauvre petite…
‑ Il est là ! Foncez ! tonna la voix d'un Milicien à l'arrière.
Celle-ci était différente de la voix du Milicien à la fontaine. Il s'agissait même de la voix d'une jeune femme ! Il arrivait quelques fois que les femmes se présentaient pour devenir Épéiste. La gent féminine manquait énormément au sein de l'Élite. Les seules rares femmes que l'on pouvaient croiser appartenaient à la branche des Invoqueurs – le peuple de Naminé – ou alors étaient des Miliciennes. Une seule femme était parvenue au rang d'Épéiste, mais jamais Sora n'avait eut l'occasion de lui parler. Il l'avait croisée plusieurs fois, mais jamais il ne lui avait adressé une seule fois la parole.
Sora voulut reprendre sa course, mais une barricade de soldats lui barrait le chemin. Encerclé des deux côtés, cette fois-ci le jeune homme était fait comme un rat ! Impossible de s'enfuir de nouveau. Il était pris au piège. Serrant les dents, il n'arrivait pas à se faire à l'idée que cette étrange petite fille ait pu prédire son avenir ! Comment avait-elle fait bon sang ?!
Saix menait le petit groupe de Milicien en face de lui. Il fit apparaître ses épées en or et s'avança doucement vers Sora. Ses yeux vairons lui envoyaient des éclairs de satisfaction. Il semblait fier d'avoir accompli une tâche donnée par Xemnas en personne.
Le bleu leva l'une de ses lames vers la gorge de Sora, lui forçant à relever la tête pour ne pas se retrouver décapité. Un large sourire mesquin était fièrement plaqué sur son affreux visage de prétentieux.
A contre-coeur, le châtain leva les bras en l'air. Pour l'instant, mieux valait pour lui qu'il ne montre aucune trace de résistance. De une, la lame dorée de Saix lui transpercerait la gorge sans ménagement, et de deux les Miliciens n'hésiteraient pas à lui tirer dessus. Sora savait que sa mort était inévitable. Xemnas le tuerait à coup sûr dans les prochaines heures à venir. Il ne pouvait pas se permettre de laisser son secret courir les rues.
‑ Tu vas nous suivre bien gentiment, annonça Saix d'un ton dédaigneux. Xemnas sera ravi de te voir.
‑ Je n'en doute pas une seconde, ironisa Sora.
Saix rabaissa son épée. Il appela ensuite des Miliciens pour venir lui passer les menottes, histoire que l'envie de s'enfuir ne lui prenne pas. Il ne pourrait pas aller bien loin, de toute façon.
Sora se laissa tranquillement faire. Bouillant intérieurement de rage, il se remémorait tout son parcours et essayait de comprendre où il avait fait l'erreur de ralentir. Le jeune homme se rappela alors la jeune fille aux étranges yeux rouges. Elle. Bien évidemment. Cette affreuse sorcière venant tout droit de l'Élite l'avait ensorcelé avec il ne savait quelle magie. Mais une chose était sûr désormais : la prochaine fois qu'il croiserait son chemin, il le lui ferait férocement payer.
