Chapitre Huit
Après être sortie de la résidence de Madge, je me dirige directement chez le boucher du coin. Ma mère est exténuée ces temps-ci et je compte bien préparer le dîner pour elle et Prim. Je ne suis peut-être pas la meilleure cuisinière, mais je peux tout de même me débrouiller en suivant un des nombreux livres de recettes que j'ai maintenant à la maison. Effectivement, j'ai désormais un bureau avec une immense bibliothèque, ce qui a bien fait le bonheur de ma sœur qui a toujours adoré lire, mais qui devait se contenter à l'époque des livres de l'école ou bien parfois ceux de Madge.
Finalement, je me retrouve à m'en tirer pas trop mal avec le repas, je réussis même à faire quelque chose de plutôt bon, ce qui me surprends grandement vu ma condition. Après avoir toutes finies de manger, nous rangeons la table et nettoyons la vaisselle.
- Je vais dans la forêt, annonçais-je lorsque nous avons terminé.
- Tout va bien ?, me demande ma sœur en fronçant les sourcils.
- Oui ne t'inquiète pas, j'ai juste besoin de prendre l'air, la rassurais-je en lui caressant les cheveux.
- Et de parler à Gale ?
Mais qu'est-ce qu'elle peut être intelligente et intuitive pour une jeune fille de 12 ans ! À chaque jour, elle me surprend toujours un peu plus par sa maturité grandissante.
- Peut-être bien, lui répondis-je finalement en lui laissant un baiser sur le dessus du crâne.
Je quitte alors ma maison et, après une dizaine de minutes, je suis enfin arrivée dans la forêt. Ça me fait toujours un bien fou de me retrouver seule avec moi-même dans ce lieu apaisant. Par contre, je n'ai pas vraiment le temps d'en profiter puisque je ne reste pas seule pendant très longtemps. Je réussis à retrouver Gale qui n'était pas rendu bien loin, étant arrivé il y a peu de temps dans les bois.
- Salut Catnip.
Mon cœur se serre à l'entente de ce surnom, il essaye réellement de retrouver notre complicité d'avant et ça me fait plaisir de le voir faire son possible. Il ne m'a donc pas menti quand il m'a promis de faire des efforts. C'est déjà beaucoup plus que ce que j'espérais de sa part.
- Tu as des prises ?, lui demandais-je simplement, comme si les derniers événements n'avaient jamais existé.
- Non pas encore. J'étais en train de poser quelques collets.
Que ça me fait plaisir d'avoir un sujet de conversation aussi banal que la chasse avec lui, ça faisait bien trop longtemps que nous n'avions plus parlé ainsi. Je me rappelle soudainement ce pour quoi je suis venue avec une légère déception. Pour parler de Madge. La détermination dont j'ai fait preuve un peu plus tôt s'est maintenant dissipée, n'ayant pas du tout envie de gâcher ce moment de normalité pour parler de problèmes sentimentaux. J'élimine donc toutes ces pensées de ma tête et je profite de la réapparition soudaine de l'amitié entre Gale et moi, au moins pour un court instant.
Nous chassons donc pendant un bon moment tous les deux, sans vraiment engager de conversations, ce qui est de coutume lorsque nous sommes dans la forêt, nous restons silencieux pour être en harmonie avec la nature. De plus, nous ne voudrions certainement pas faire éloigner les animaux.
Le ciel commence à s'assombrir un peu plus tandis que mon angoisse monte en flèche. Les heures passent trop rapidement et j'ai peur de manquer de temps pour pouvoir lui parler de la situation que j'ai apprise un peu plus tôt aujourd'hui. J'ai toujours peur de sa réaction quand je me trouve obligée de discuter de ce genre de choses avec lui.
- Il y a quelque chose qui te tracasse ?, me questionne-t-il en voyant probablement mon air soucieux.
- C'est à propos de Madge. Je sais tout, répondis-je après un long moment d'hésitation.
- Elle te l'a dit ?, dit-il d'un ton ahuri.
- Oui, tout à l'heure. Je venais pour te parler d'elle. Ne t'inquiète pas, je ne suis pas en colère, bien que j'aurais apprécié que tu m'en parles avant. On s'est toujours tout dit toi et moi.
- Je ne t'ai jamais parlé de mes aventures Katniss, tu le sais bien. Pourquoi Madge aurait fait une exception ?
- Parce qu'elle est mon amie.
- Eh bien désolé de t'avoir vexée.
- De toute façon, je ne suis pas ici pour te faire la morale. Je veux seulement te dire que tu pourrais peut-être lui laisser une seconde chance, lui proposais-je en ignorant son commentaire déplaisant.
- Quoi, ça ne te dérangerais pas ?, me demande-t-il avec scepticisme.
- Bien sûr que non. Tu ne pourras pas toujours attendre après moi, tu as le droit d'avoir une copine si tu en as envie.
- Mais je n'en ai pas envie. Pas si ça se trouve à être une autre que toi.
- Madge est une bonne fille pour toi Gale. Elle est désolée pour ce qui s'est passé en mon absence. Elle a encore des sentiments pour toi, tu sais...
Il ne quitte pas le sol des yeux, une ride se formant peu à peu au milieu de ses sourcils, elle apparaît à chaque fois qu'il est très concentré sur un sujet ou qu'il s'inquiète pour quelque chose de sérieux. Je n'ajoute rien, je lui laisse plutôt le temps d'encaisser mes paroles et de peut-être réaliser que ce serait bien de tenter sa chance avec elle.
- Je ne sais pas, fini-t-il par dire.
- Recommence à lui parler au moins, c'est tout ce qu'elle demande. Ensuite, tu pourrais lui proposer de venir dans la forêt, je suis sûre que ça lui plairait.
- Je vais y penser.
- Suis mon conseil. Je suis convaincue qu'elle réussirait à te faire ressentir le bonheur à nouveau.
- Mais c'est avec toi que j'aurais voulu partager ce bonheur..., m'avoue-t-il d'un air attristé.
- Je suis heureuse, là maintenant, avec toi dans les bois. C'est tout aussi bien, non ?
Ça me fait drôle de lui parler de cette façon, avec ce ton maternel. D'habitude, j'ai cette attitude seulement avec Prim. Tout s'est arrangé entre nous, mais il est toujours aussi malheureux, je le vois bien. Par contre, je crois que pour une fois, j'ai trouvé les bons mots pour le réconforter et peut-être le faire changer d'idée à propos de Madge. Il faut que leur relation fonctionne, il le faut pour qu'il puisse sourire sans se forcer pour paraître heureux, il le faut, car je ne veux plus le voir déprimer de la sorte, il le faut, car même si je ne suis pas amoureuse de lui, je l'aime tout de même...
- Ça fait du bien de ne pas se disputer, lâche-t-il avec un léger sourire après un certain moment de silence.
- Je suis bien d'accord.
Après une trentaine de minutes, nous décidons de quitter la forêt. Nous avions de plus en plus de difficulté à voir à distance dans la pénombre, ce qui n'est pas très efficace pour la chasse.
Il veut absolument venir me porter jusqu'à chez moi, donc nous nous dirigeons vers le Village des vainqueurs côte à côte. Lorsque nous arrivons proche de ma maison, je vois bien qu'il n'a pas envie de me laisser, depuis le temps que nous n'avions pas passé un moment aussi agréable tous les deux, je le comprends parfaitement. Il recommence la conversation, comme pour se trouver une raison pour rester un peu plus longtemps avec moi, ne serait-ce qu'une minute.
- Ma mère nous a tout raconté pour l'argent que tu vas nous donner à chaque mois. Tu n'es pas obligé de faire ça pour nous, c'est beaucoup trop.
- Au contraire, j'ai assez d'argent pour en partager et ça me fait plaisir de le faire.
- C'est tout de même vraiment généreux de ta part.
- Vous le méritez, dis-je en haussant les épaules. Tu travailles tellement fort pour subvenir aux besoins de ta famille, ça te permettra d'avoir plus de temps libre. Je commencerai le mois prochain et tu ne peux pas m'en empêcher.
- Je m'en doutais bien, chuchote-t-il en souriant face à mon entêtement. Merci énormément Katniss, c'est très apprécié.
- Ça me fait plaisir Gale.
Il me prend dans ses bras de façon étonnamment amicale et je réponds à son accolade sans hésiter. Je lui dis finalement bonne nuit et je rentre enfin chez moi. J'aurais pu passer des heures et des heures en sa présence, sans même me fatiguer. C'est donc pour cette raison que son absence me pèse toujours un peu plus à chaque fois, surtout lorsque nous passons de beaux moments en compagnie de l'autre comme ce soir. J'ai tellement peur de le perdre et que son amitié me glisse entre les doigts alors que je dois affronter les obligations du Capitole, comme la Tournée de la Victoire qui se déroulera dans seulement quelques mois. Je soupire à cette pensée et je monte dans ma chambre sans aucune conviction, la joie que je ressentais en sa présence maintenant bien loin derrière moi.
Le lendemain matin, je me réveille à la suite d'un de mes habituels cauchemars, mais tout de même moins horrible que celui de la veille. N'étant plus capable de rester immobile dans mon lit, à ne rien faire, je me lève et je vais prendre une douche pour essayer de faire passer le temps un peu plus vite.
Quand j'y sors, j'entends du bruit dans la maison, annonçant qu'il y a des gens debout. Je m'habille en vitesse et descends rejoindre ma sœur et ma mère qui sont en train de préparer un bon petit-déjeuner.
- Oh Katniss, te voilà enfin. Le repas est presque prêt, m'annonce Prim avec enthousiasme. Il y a du bacon ! Je n'en ai jamais mangé.
- En parlant de nourriture, il faudrait que tu ailles faire quelques courses, me demande ma mère en déposant les couverts sur la table. Je l'aurais bien fait à ta place, mais je suis très occupée, je dois retourner voir le vieux Mcfly aujourd'hui.
- Pas de problème, répondis-je à ma mère en m'assoyant sur une chaise.
Après le repas, elle me fait une liste de ce que je devrai acheter et je les quitte pour les laisser à leur tâche de soigneuses. Prim adore l'aider, donc je ne me fais pas de soucis pour elle aujourd'hui, elle ne risque pas de s'ennuyer.
Je regarde les éléments écrits par la fine écriture de ma mère en sortant de ma demeure. Toutes sortes de produits médicaux et d'aliments se trouvent sur le bout de papier, c'est pourquoi je ne devrais pas m'étonner que le mot ''pain'', se retrouve parmi les nombreux items. Pourtant, à la vue de ce mot, je m'imagine beaucoup plus de choses que du simple pain. Je le mets automatiquement en dernier de ma liste. Depuis que tout le monde me dit qu'il y a de bonnes chances que Peeta soit intéressé à avoir une relation avec moi, mon cœur se met immédiatement à accélérer de nervosité à chaque fois que je pense à lui. Je ne voulais être que son ami et si ce que mon entourage me dit s'avère fondé, je devrai affronter le même genre de problème que je dois vivre avec Gale, ce qui n'est évidemment pas quelque chose de très tentant.
Plus que mes commissions avancent, plus que le stress monte en moi. Il n'y a pas de raison de s'énerver pourtant. Après tout, qu'est-ce qui me dit que ce n'est pas l'un des frères de Peeta qui est à la caisse à cette heure de la journée ? Et même si c'est lui, qu'est-ce que ça peut bien me faire ? C'est presque un ami pour moi maintenant, même malgré les soupçons que quelques-uns puissent avoir envers lui. De plus, il doit toujours m'aider avec Prim.
J'ai tout ce qu'il faut à part, bien sûr, ce fameux pain. Je suis sur le point d'abandonner et de me trouver une raison de ne pas en avoir achetée lorsque je me ressaisis enfin, trouvant mon comportement extrêmement immature. Je relis une dernière fois le bout de papier pour être certaine que je suis belle et bien arrivée à la fin de ma liste et je rentre dans la boulangerie en regardant immédiatement la personne qui s'occupe des clients.
Je suis extrêmement soulagée – et, étrangement, un peu déçue - de ne pas retrouver Peeta derrière le comptoir, mais bien son frère avec qui j'avais déjà fait connaissance. Cette nervosité m'a été inutile et je me trouve bien ridicule d'avoir espérée malgré tout que je puisse le revoir pendant quelques minutes.
- Si ce n'est pas Katniss ! Heureux de te revoir, me dit l'un des frères Mellark en souriant ; j'ignore si c'est un vrai ou un faux sourire, mais je lui réponds tout de même avec un léger salut.
Je regarde les différents produits offerts et je remarque qu'il n'y a malheureusement plus de petits pains au fromage. C'est définitivement mon coup de cœur de toute la boutique, ils sont encore meilleurs que ceux que j'ai pu goûter pendant mon séjour au Capitole.
- Ils seront prêts dans quelques instants, m'annonce-t-il comme s'il lisait dans mes pensées.
- D'accord, répondis-je en continuant ma tournée.
Je me choisis quelques trucs quand la porte de l'arrière-boutique s'ouvre, laissant apparaître un Peeta avec les cheveux en bataille qui lui donne définitivement une allure différente - et plutôt plaisante, je dois l'avouer - de ce à quoi il a l'habitude. Il porte un tablier qui est entièrement couvert de farine et transporte dans ses mains une plaque remplies de ces fameux pains au fromage. Je l'analyse pendant quelques secondes et je ne suis qu'à moitié consciente de mes actes lorsque mon regard s'abaisse sur ses bras, dont les muscles sont seyants grâce à la lourdeur du plateau. Je redescends les pieds sur terre quand il remarque ma présence en scellant mes yeux aux siens avec cette lueur dont lui seul en est capable. Je me sens rougir à la pensée qu'il m'ait surprise durant mon moment d'observation qui n'était probablement pas des plus subtiles. Il me fait un sourire joyeux, effaçant automatiquement la fatigue qui était un peu plus tôt collée à son visage, tandis que j'avale difficilement ma salive.
- Hey Katniss !, s'exclame-t-il en déposant la plaque sur le comptoir, faisant ainsi relâcher ses muscles avec une légère déception de ma part.
- Salut Peeta, répondis-je en lui souriant timidement, espérant qu'il ne puisse pas savoir toutes les choses auxquelles je suis en train de penser.
Il s'essuie les mains du mieux qu'il le peut sur son tablier en essayant d'enlever le plus de farine possible, ce qui ne s'avère pas très efficace, puisque le morceau de tissu en est déjà rempli.
- Alors, qu'est-ce que tu fais ici ?, me demande-t-il pour engager la conversation.
- Je suis...
- Elle venait chercher du pain, qu'est-ce que tu crois ?, me coupe son frère avec un ton narquois.
Je le regarde en fronçant des sourcils. Déjà que je n'aime pas me faire couper la parole, il faut en plus qu'il le fasse pour enfoncer Peeta. Je me retourne vers ce dernier en augmentant la superficie de mon sourire, simplement pour en boucher un coin à son frère, mais également pour que Peeta retrouve son air rayonnant.
- Oui c'est vrai. Mais j'ai encore besoin de ton aide, tu sais, lui dis-je alors que ma technique s'avère efficace pour les deux d'entre eux.
- Ne t'inquiète pas, je ne l'avais pas oublié, m'annonce-t-il en souriant de nouveau.
Après ce petit échange, il y a un étrange malaise qui surplombe la pièce. Une chance qu'aucun client n'est présent dans la boutique. L'aîné des garçons Mellark se racle alors bruyamment la gorge et recommence à parler.
- Les pains sont prêts Katniss, si tu en veux, me propose-t-il, d'une voix encourageante et plutôt sympathique, comme s'il voulait se rattraper de l'embarras général qu'il a causé.
Peeta commence alors à déposer machinalement les pains dans le compartiment réservé à cette sorte. Je m'approche de lui et il m'en donne un. Au contact de ma main, il retire presque aussitôt la sienne, comme s'il avait ressenti quelque chose que je n'ai pas remarqué. Je trouve cette réaction légèrement bizarre, mais je ne fais pas de commentaires.
- Tu veux que je t'aide à tout apporter chez toi ? Tu as déjà les mains pleines en plus de ta besace..., me propose Peeta en haussant les épaules alors que je suis en train de payer le tout.
- Oh non, tu n'es pas obligé, répondis-je, gênée d'accepter à nouveau son aide.
- Ça ne me dérange pas du tout.
- Tu es certain ?
- Évidemment !
Il enlève alors son tablier et souffle quelques mots à son frère que je n'ai pas pris la peine d'écouter, étant beaucoup trop concentrée sur sa proposition et, surtout, au court moment que nous passerons ensemble. Il prend la plupart de mes sacs avec galanterie en ne me laissant même pas le temps de rouspéter. Le sang à mes veines peut enfin recommencer à circuler correctement, ce qui était impossible avec la lourdeur de mes achats.
J'avoue que je ne suis pas habituée d'avoir ce genre de traitement de faveur, habituellement, c'est moi qui dois soutenir les choses des autres. Même Gale ne m'a jamais fait de gestes de courtoisie de la sorte. Ce qui m'étonne le plus, c'est que j'apprécie cette politesse dévouée. Ce n'est tellement pas coutume pour moi et c'est probablement pour cette raison que j'affectionne autant cette attention. Peeta a toujours cette façon bien à lui de me surprendre.
- Merci, le remerciais-je en sortant de la boulangerie. C'est très gentil de ta part, mais tu sais, tu n'as pas à te donner tant de mal.
- Je sais, mais ça me fait plaisir de le faire. En plus, je me trouverais n'importe qu'elle raison pour sortir de l'arrière-boutique. L'ambiance est toujours froide. Je déteste ça.
- Qu'est-ce que tu aimerais faire autre qu'être boulanger ?
- C'est le commerce familial, je vais faire du pain pour le reste de ma vie, c'est une obligation non écrite..., déclare-t-il avec un air épuisé sur le visage.
- Mais admettons que tu avais le choix.
- Il y a quelque chose que j'aimerais particulièrement, devenir peintre. Je sais qu'ici, au District 12, ce serait impossible, les gens sont loin d'avoir les moyens pour s'acheter des peintures. Pourtant, je suis sûr que j'adorerais ça, même si je n'ai jamais essayé.
- Après avoir vu les décorations de tes gâteaux, je suis certaine que tu serais bon.
- Merci, me dit-il, reconnaissant, avec un sourire radieux. Ah ! Et j'ai parlé avec l'une de mes amies, pour ta sœur. Est-ce que tu aurais assez confiance en Delly ?
- Oui, je suis même plutôt satisfaite que ton choix se soit arrêté sur elle.
- Parfait ! En plus, son petit frère est dans la même classe que Prim, alors ça va être convaincant.
- Ça ne lui pose pas de problèmes ?
- Non pas du tout. Tu connais les Cartwright, ils feraient tout pour n'importe qui !
- C'est très apprécié, tu remercieras Delly et son frère de ma part.
- Je suis certain qu'elle apprécierait encore plus que ce remerciement vienne de toi.
- Je ne la connais pas...
- Et alors ? Elle est la personne la moins gênante que je connaisse et probablement aussi la plus gentille.
Peut-être que tout le monde s'est trompé à son sujet ? Peut-être que c'est de elle dont il est amoureux ? Mon cerveau essaie soudainement de se trouver des preuves pour me prouver du contraire, ce qui est plutôt étrange, puisque si c'est elle qu'il aime, je n'ai plus à m'inquiéter de gâcher mon amitié avec lui. J'aimerais bien comprendre pourquoi ma tête veut me faire changer d'idée à ce point-là, ce serait tellement égoïste de ma part de souhaiter que ses sentiments soient pour moi et moi seule, lorsque je ne suis même pas capable de rendre cet amour à quiconque. Depuis la fin des Hunger Games, je crois que je veux tout simplement me faire aimer de tout le monde, car j'ai réellement peur qu'ils voient enfin la vrai Katniss - la tueuse - et qu'on me déteste pour cette raison. La maigre confiance en moi que je possédais à l'époque s'est complètement effacée, me laissant à espérer que les autres puissent m'apprécier même si je ne mérite pas cette affection après les horreurs que j'ai commises dernièrement.
- Si tu ne veux pas, ce n'est pas plus grave que ça, me rassure-t-il, me ramenant à la réalité.
- Non, ça va. Je la remercierai, si tu me la présentes tout d'abord.
- Pas de problème.
Nous arrivons au pied de la porte de ma résidence et je l'invite à entrer à l'intérieur. Nous sommes seuls, ma mère et ma sœur doivent déjà être chez l'un de leurs patients. Je me dirige donc vers la cuisine et il ne prend pas de temps avant de me suivre, toujours avec la grande majorité des sacs dans les mains.
- Ta maison est gigantesque, souffle Peeta, impressionné. Je savais que les maisons des vainqueurs étaient grandes, mais je ne m'attendais pas à ça !
- Moi aussi j'ai été surprise la première fois. Je ne m'y suis toujours pas habituée d'ailleurs.
- Sûrement pas ! Ce doit être étrange de devoir changer ton environnement et tes habitudes d'un trait comme ça...
- Oui. Le pire c'est de savoir qu'il n'y a aucun retour en arrière de possible. Je suis loin de vouloir m'attrister sur mon sort. Ma vie est comme ça maintenant et je n'y peux rien.
- Tu ne devrais pas penser de cette façon, tu devrais essayer de t'adapter du mieux que tu le peux et profiter de tous les nouveaux avantages de ta nouvelle vie, tu ne penses pas ?, me propose-t-il doucement en commençant à vider les sacs sur le comptoir.
- Peut-être, mais les avantages ne sont pas très nombreux, à part de ne plus jamais me soucier de mourir de faim. Sinon, l'argent, l'immense demeure, la gloire, la célébrité, je m'en passerais bien, déclarais-je en retenant fortement toute la colère que je ressens à la pensée de cette vie qui est loin d'être celle que j'aurais voulu mener.
- Tu as peut-être raison... Mais il y a au moins un bénéfice dont je suis sûr et certain ! Si ça n'avait pas été des Hunger Games, je ne sais pas si un jour j'aurais eu le courage de te parler. Ça ne s'accorde peut-être pas pour toi, mais c'est très important pour moi, le fait d'apprendre à te connaître.
Je sens automatiquement mes joues commencer à prendre de la couleur et je me tourne précipitamment pour placer les aliments dans le réfrigérateur pour ne pas qu'il l'aperçoive. Le voilà à me dire ce genre de phrases niaises et je me surprends à trouver ça agréable. Qu'est-ce qui se passe dans ma stupide tête ?
- Je ne crois pas que je serais venue vers toi non plus, avouais-je d'une toute petite voix.
- Donc on peut compter ça comme un élément positif ?
Je ne le vois pas et, pourtant, je suis facilement capable d'imaginer son sourire s'étirer juste à entendre le ton ravi de sa voix.
- Oui, répondis-je finalement, moi aussi le sourire aux lèvres.
Enfin mon chapitre huit est terminé et publié ! La relation de Peeta et de Katniss évolue tranquillement, je ne crois pas vous avoir déçu sur ce point ! Mais est-ce que ça va se développer et dépasser le stade de l'amitié ? À vous de le savoir en lisant la suite !
