Merci, merci, merci, à vous qui avez laissé des commentaires tout au long de l'aventure.
Je réponds rapidement à la remarque de LAurore : Une fin rapide ? oui… « et j'assume » comme on dit :).
J'aurais pu faire durer mais mon idée – avec des phrases courtes qui résument des actions longues - était de donner une impression de ralenti (paradoxal, non ?) comme les conclusions qu'on trouve souvent dans Bones ou Cold Case (et plein d'autres séries) où la fin de l'enquête et la vie des personnages ne sont que suggérés par des plans muets (on peut imaginer, quand Lisbon dit « je veux rentrer », ne la voir que prononcer les paroles et pas les entendre).
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Allez, le bonux, le bonux, le bonux… Je tiens à souligner que si je continue les aventures, je ne prendrai pas forcément en compte ce qui suit mais je sais que vous attendez ce qui va arriver… alors, pourquoi bouder son plaisir. On peu imaginer cette scène après le générique final.
Les ténèbres enveloppaient la voiture comme un linceul. Seuls deux minces traits de lumière éclairaient la route devant Jane.
Ils avaient quitté San Diego alors que le soleil plongeait dans la mer. Le ciel avait rosi dans toutes les gammes possibles puis bleui et enfin l'obscurité s'était installée.
Jane ne savait pas depuis combien de temps il roulait. En s'engageant sur l'Interstate 5, la circulation avait été dense puis au fil des kilomètres, il s'était retrouvé seul sur la route.
Il ne savait pas depuis combien de temps il roulait. Il se souvenait qu'en partant, il avait lancé Miles Davis sur le poste de la voiture. A cette heure de la nuit, il avait écouté deux fois Kind of Blue, une fois Sketches of Spain et Ascenseur pour l'échafaud tournait pour la troisième fois. La trompette de Davis berçait le conducteur.
Rapidement, il avait branché le control cruise et sa vitesse s'était bloquée sur 90 km/h. Lorsque la nuit était tombée, il avait coupé la climatisation et ouvert sa fenêtre. Le bras dehors, conduisant d'une main, il jouait à attraper le vent.
Lisbon avait abaissé son siège et s'était endormie presque à la sortie de San Diego, épuisée. Juste avant de sombrer, elle avait murmuré « c'est bien d'avoir un chauffeur de confiance ».
La trompette de Miles Davis continuait à bercer Jane lorsqu'il sentit Lisbon bouger sur son siège. Il jeta un coup d'œil. Elle le fixait.
- Bien dormi ? Demanda-t-il.
- Ca fait longtemps que la nuit est tombée ? fit Lisbon en remontant son siège.
- Un peu… J'ai perdu la notion du temps… Je ne sais pas quelle heure il est…
- C'est pas grave…
Elle prit une bouteille d'eau dans la boite à gant et but une gorgée. Elle tendit la bouteille à Jane. Il fit non d'un signe de la tête.
- Merci… ajouta-t-il.
Il y eut entre eux un silence que comblait la musique.
- C'est triste ce que vous écoutez. Finit par dire Lisbon.
- Ah bon ? C'est apaisant, je trouve…
- A propos de Dolson… commença Lisbon d'une petite voix.
- Laissez tomber… C'est un imbécile… coupa Jane.
- Non… pas un imbécile, un manipulateur… dit-elle doucement.
- Comme moi, alors… fit-il avec un petit sourire.
- Non… vous, vous êtes un gentil manipulateur…
Jane la regarda rapidement puis retourna ses yeux vers la route.
- Vous savez, Lisbon… Et si on arrêtait de jouer ?
- De jouer ?
- Oui… je suis fatigué et j'en crève de vous prendre dans mes bras… Vous voir partir l'autre soir avec Dolson… c'était…
- Oui. coupa sobrement mais avec fermeté Lisbon.
- Oui ? Demanda Jane.
- Oui… Je ne veux pas refaire les mêmes erreurs éternellement… tu es entré dans ma vie, cassé, meurtri… nous avons appris à nous connaître, à nous aimer… à nous reconstruire ensemble… Et je suis fatiguée moi aussi de reculer sans cesse, de trouver de fausses excuses pour ne pas te trouver à mes côtés au petit matin… Alors, oui… Essayons de faire un bout de chemin ensemble… Qu'importe les obstacles devant nous…
Elle se redressa correctement et en se penchant, embrassa avec passion un Jane surpris.
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Sur l'Interstate 5, à quelques heures de route de San Diego, une voiture fit une embardée sur une route déserte.
Et des rires se répercutèrent jusqu'à l'infini.
FIN
Bonux bis ! Enfin, je ne sais pas trop si ça vous intéresse mais, souvent, je me demande comment, vous, vous écrivez vos fic' : est-ce que vous les planifiez ou pas, etc… ?
Ci-dessous, voici comment je procède (une sorte de making of !)… Généralement, le premier chapitre est écrit direct sans véritable idée de l'intrigue (tout juste le lieu où cela va se passer, enfin, les informations minimum)… juste une mise en bouche… J'ai une idée de scène et j'écris. Puis, une fois que le chapitre est sur le site, il faut bien trouver quelque chose pour nourrir l'histoire (c'est la pression qui fait composer et les chapitres sont écrits au fur et à mesure) et ça donne ça sur une feuille (souvent c'est juste par écrit… là, pour une fois, j'ai fait propre, c'est pour cela que je vous le propose) :
Agents de San Diego : Agents Franck Dolson et Agnes Rodriguez
Victime : Cuisinier
Le cuisinier tête de cochon, ancienne gloire, exigeant jusqu'à l'outrance, en perte de vitesse. Problèmes d'alcool : absentéisme
Meurtrier : critique culinaire en vu
Pourquoi : vengeance et jalousie
Se sont engueulés dans un des restaurants : le critique avait déjà fait de mauvais papiers, reconnu par le cuisinier, a essayé de le foutre dehors. Un nouveau mauvais papier et la carrière du cuisinier était foutue.
Comment :
Critique culinaire viré du restau va dans une fête. Reçoit le coup de fil du cuisinier. Fait un nouveau scandale dans la fête pour qu'on se souvienne de lui.
Le cuisinier a invité le critique après le service pour lui faire gouter sa dernière création – empoisonné par vengeance.
« La chose la plus délicieuse que j'aie jamais goûté… une bénédiction descendue des cieux… avec ça, il allait faire fortune… un porc comme lui ne méritait pas de créer un tel plat. »
Le critique tue le cuisinier d'un coup de couteau dans le cœur.
Toxicologie apprend (test de routine) que l'un des plats est empoisonné.
« - Le plus ironique dans l'histoire, c'est que je mourrai par le plat pour lequel j'ai tué… Vous croyez qu'ils servent de la truffe en prison ?
- si j'en crois le légiste, je ne suis même pas sûr que vous ayez l'opportunité de le vérifier. »
Autres suspects :
Le gérant : le cuisinier mettait en péril ses investissements. Vu dans une boite de nuit à l'heure du crime. La même que le critique. Se sert de lui comme alibi.
Le second : pourrait reprendre la place du chef. Humiliations constantes. Besoin d'assurer le service pour le chef. Chez lui avec sa petite amie ?
Ex femme du chef : en instance de divorce. Battue ? (pas elle : Jane pense qu'elle ne l'aurait pas tué dans le restaurant). Existence supposée d'une autre femme (Lisbon pense : la maitresse rejoint le chef après le service au restaurant, la femme suit, tue le chef après le départ
Love interest ? Le policier de San Diego qui les reçoit.
Fait du rentre-dedans à Lisbon. Se laisse prendre ?
L'équipière : belle femme. Porte des pantalons.(TL : et machine ? C'est un beau brin de femme… et vous ne lui êtes pas insensible… PJ : non, ça ne peut pas marcher entre nous… TL : ah ? et pourquoi ? PJ : vous n'avez pas vu ? Elle porte des pantalons TL : et alors ? moi, aussi je porte des pantalons… PJ : oui mais vous, vous vous rasez les jambes et les aisselles…TL : ça va ça va Jane…) Jane down.
Comment Jane le coince ?
En deuxième interrogatoire peut être une mise en scène dans un restaurant : lui propose de déjeuner. Fait porter une copie de la création du soir. Le critique goûte et le repousse
« - Ca n'a aucun goût, par rapport…
Par rapport ?
Par rapport à rien…
Par rapport à l'autre soir, n'est ce pas ?… ce que vous avez devant vous est une recréation d'un plat que personne ne connait encore…
Une seule personne l'a vue intouchée et c'est l'assassin de machin… vous M. bidule…
Vous pouvez voir qu'il y a des bouts de dialogues où il manque des noms (parce que pas décidé comment les perso s'appellent), d'autres qui ne se retrouvent pas dans le texte final parce que, entre-temps, la nature des relations entre persos on changé (par exemple, ici, la relation Jane / Rodriguez qui, au départ était juste une nana qui fait du rentre dedans à Jane qui essaie de se dépatouiller avec… la situation était drôle mais risquait de tourner en rond), ou pour des raisons de longueur du texte (toute la partie sur la femme du cuisinier aurait été beaucoup trop longue à développer).
Vous voyez aussi qu'au départ, le plat devait être vraiment empoisonné (contrairement au texte où c'est juste une ruse) avec, en exemple, un très mauvais dialogue (lourdingue).
Donc, entre le plan et le texte final, il y a beaucoup de différences.
Puis je fais un document word par chapitre où je résume ce que je veux y mettre avec plus ou moins détail, selon l'inspiration. Et ça donne ça (dernier chapitre) :
Lendemain matin. D et L vont voir la femme.
J et R au commissariat. Reçoivent les premières conclusions des spécialistes : relevé téléphonique du portable de Delfeuille. A appelé Fultard tard dans la soirée de sa mort.
Décident de le faire venir au commissariat vers 13h30
J disparait avec les photos. Dis a R qu'il a une course a faire.
13h30 : J balade R en lui disant que L lui laisse souvent interroger les suspects pour « préparer le terrain ».
Fultard arrive en nage et avec des aigreurs d'estomac. Se plaint que la scene gastronomique de SD n'est plus ce qu'elle était.
Au moment d'entrer en salle d'interrogatoire R donne à J une copie du rapport du légiste.
D et L arrivent en discutant leur théorie sont étonnés de voir J interroger mais le regardent faire.
Jane tourne un peu autour du pot en lisant le rapport.
Fultard demande une aspire ou de l'alka setlzer.
Jane lui propose de déjeuner
appelle
on apporte le même plat que les photos (discussion entre L, D et R)
Fultard change de figure, ironise, goute : pas mal mais manque qqchose / Delfeuille touch ? / Exact…
Fultard se mord imperceptiblement la lèvre inférieure…
J dit que c'est exactement le même plat qu'il a gouté le soir avec Delfeuille… le poison en moins. Delfeuille l'a empoisonné. Symptomes du poison sont ceux qu'a Fultard (J lui demande si c'est bien ce qu'il a)
Fultard balance tout : Le plat était divin, Delfeuille ne méritait pas le talent qu'il avait… blablabla
Scène entre D et L.
Même topo : il y a des différences en le plan et le texte final. Changements de dernières minutes, rythme, réorganisation du texte, rajout des paroles de chansons.
La « scène entre D et L » a été écrite bien avant d'être arrivé à ce chapitre et vous pouvez voir que quand j'ai commencé à l'écrire, Fultard devait encore mourir empoisonné… Pourquoi changer ? chépô… Peut être que j'ai finalement considéré que Jane ne devait pas être celui qui apporte les mauvaises nouvelles… Who knows ?
Voili voilou… si vous êtes arrivés jusqu'ici merci d'avoir lu toutes les fadaises ci-dessus et si vous voulez faire partager votre expérience d'écriture, comment vous bossez etc, n'hésitez pas à laisser un commentaire, je suis très intéressé…
Encore merci et à bientôt peut-être…
R2F
