17 janvier 796
[chapitre écrit par vervex]

Capsule Corporation

La salle de gravité était silencieuse. Le carrelage ruisselait de sang et de sueur. Il ne restait plus qu'une personne à l'intérieur : Minutu. Elle n'avait pas suivi Végéta, Trunks et Takeshi vers l'infirmerie. La Saïyenne était assise près de la porte, accotée contre le mur de la pièce maintenant vide. Cet entraînement l'avait grandement épuisée et elle préférait se reposer. Elle savait aussi que sa présence au chevet de Kimiko ne l'aiderait pas à guérir plus vite. Ce dont la métis avait besoin, c'était un remède, chose que la nouvelle élève de Végéta ne possédait pas.

Elle soupira. La journée était loin d'être terminée et pourtant elle en avait assez de se battre. Elle ne voulait plus être en colère. Minutu avait besoin d'un moment de paix.

Quelques minutes passèrent. Puis, elle se leva, chancelante, et sortit de la salle.

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- Je veux l'amener au Palais!! Cria Takeshi.
- Il n'en est pas question! Elle restera ici! Riposta Végéta, les poings serrés.

Takeshi toisa son père avec un regard agressif et torturé. Le Saïyen resta de marbre, inébranlable. À leurs côtés, Kimiko reposait dans un lit blanc, inerte. Dai Kaio Junior lui tenait la main, assis à sa gauche, et Bulma était étendue dans un autre lit plus loin sous l'effet de sédatifs. Trunks et Bra avaient quitté la pièce aussitôt que le combat verbal entre Végéta et Takeshi avait éclaté.

Le métis s'énerva.

- Elle doit aller voir Kami! S'il y a quelqu'un qui sait ce qu'il faut faire c'est bien lui! S'écria-t-il, désespéré.
- Ce misérable Dendé ne sait rien de plus que nous! Cracha son père.

Le jeune homme lâcha un cri de frustration. Des larmes coulèrent sur ses joues. Jamais il ne s'était sentit aussi inutile qu'aujourd'hui. Sa sœur était malade et il ne pouvait rien y faire. Il jeta un regard vers la jeune fille étendue sur le lit, immobile, et lui fit une promesse silencieuse. Il allait la guérir, coûte que coûte. Une goute de sueur perla sur son front et glissa le long de son visage. En coup de vent, Takeshi quitta l'infirmerie, s'engouffrant dans les corridors de Capsule Corporation.

Végéta soupira. Il n'avait jamais vu son fils si agité. Lui-même était très inquiet mais Takeshi était beaucoup plus émotionnel que son paternel. Il se tourna vers le lit d'hôpital et serra les dents lorsqu'il vit Dai Kaio aux côtés de sa fille.

- Que fais-tu là? Demanda-t-il, les muscles tendus, protecteur.
- Votre enfant est affectée par un mal extérieur, répondit Junior, sérieux.

Le demi-dieu était concentré sur les traits figés de Kimiko.

- Une maladie est un mal extérieur. Penses-tu réellement m'impressionner avec tes phrases toutes faites? Siffla le Saïyen, debout au pied du lit.
- Si je vous ai dit cela, c'est parce qu'il ne s'agit pas d'une maladie.

Dai Kaio lança un regard vers Végéta qui plissa les yeux. Junior haussa un sourcil et sourit.

- Pensez-vous que la seule chose que je puisse faire soit de courtiser les femmes?

Le prince demeura silencieux, agacé. Le voyageur continua donc :

- Vous me sous-estimez, Végéta. En plus de connaître tous les revers de la drague et de l'amour, je sais aussi me battre. Certes, je ne suis peut-être pas aussi fort que vous, mais je serais tout de même pour vous un bon match.

Il fit une pause, regarda Kimiko, puis poursuivit :

- J'ai aussi certaines capacités extrasensorielles que les humains ne possèdent pas. Et je suis ainsi en mesure de vous dire que votre fille n'est pas malade, finit-il.
- Qu'a-t-elle alors?, demanda Végéta, impatient.
- Son esprit est ailleurs.

Le prince commença à s'énerver. La conversation n'aboutissait pas. Dai Kaio Junior remarqua que son interlocuteur était contrarié.

- …Ou si vous préférez, ce corps est vide. Kimiko est dans un autre endroit, probablement une autre dimension. C'est pourquoi elle est dans un coma, compléta-t-il.
- Et pourquoi serait-elle dans une autre dimension? Grogna le prince.
- Oh, ça, je ne le sais pas! Je spécule cependant qu'elle a été amenée de force dans une autre dimension, car elle ne semble pas avoir le contrôle de ce qui lui arrive.
- Elle est prisonnière quelque part?! demanda Végéta. Ne me raconte pas n'importe quoi…!

Junior soupira.

- Si vous ne me croyez pas, demandez à un autre Dieu! Tenez, même votre Dieu serait en mesure d'aboutir à cette conclusion! Vérifiez-donc!

Le Saïyen était hésitant. Les voyages interplanétaires, les combats contre des ennemis incroyables, le paradis et l'enfer… rien de tout cela n'était nouveau pour lui. Mais les promenades dans d'autres dimensions, c'était une autre histoire. Il regarda l'homme à la peau violette et trouva qu'il avait l'air honnête. Il ne sentait pas en lui de méchanceté.

- Très bien. Admettons que tu dis vrai… Comment fait-on pour la sortir de là? Peux-tu voyager dans d'autres…, il hésita… dimensions? Dit le prince.
- Moi? Non. C'est plus compliqué que ça en a l'air! Premièrement, il faudrait savoir où elle est exactement, et les possibilités sont infinies. Deuxièmement, il faudrait que la personne qui la tient prisonnière puisse nous donner accès à l'endroit où ils sont. Enfin, il faudrait trouver un moyen de s'y déplacer, termina-t-il, la mine basse.

Végéta resta silencieux, ainsi que Junior. Un moment passa. Puis le prince s'écroula sur une chaise près du lit. Il passa une main sans ses cheveux hérissés. Qu'allaient-ils faire?

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Tiny était sans sa nouvelle chambre, assise sur son lit. Elle venait tout juste de se changer en vêtements civils; un T-shirt bleu et des pantalons de coton gris. Elle était très fatiguée mais elle n'avait pas le temps de dormir. Le coma de Kimiko était la priorité.

Elle ferma ses yeux et se concentra. Avec les forces qui lui restaient, elle appela son mentor :

Piccolo, m'entends-tu?

Quelques secondes s'écoulèrent. Enfin, elle entendit une voix familière.

Tiny, qu'y a-t-il?

C'est au sujet de Kimiko. Elle est dans un coma.

Elle marqua une pause, puis elle reprit.

Tu avais déjà remarqué, n'est-ce pas?

Bien sûr. Ce n'est pas un coma ordinaire, Tiny. L'esprit de Kimiko est dans une autre sphère de la réalité.

Est-elle en danger?

À court terme, non. Mais si elle n'arrive pas à en sortir, oui.

Y a-t-il quelque chose que je puisse faire?

Peut-être.

Piccolo?

Oui?

Je suis trop épuisée pour voler.

Je te rejoindrai à mi-chemin.

La conversation se termina ainsi. Tiny avait un léger sourire sur les lèvres. Elle se leva lentement et procéda vers la sortie du bâtiment. Dehors, il faisait soleil et c'était l'après-midi. La Saïyenne s'envola vers le ciel. Son ascension était beaucoup plus lente qu'en temps normal. Enfin, elle amassa ses dernières forces et s'élança vers le Palais.

À mi-chemin, Tiny était à bout de forces. Son esprit n'avait plus aucun contrôle sur son corps. Sa vitesse diminua et soudain, elle tomba dans le vide. Sa chute ne dura que quelques secondes; quelqu'un l'avait attrapée avant qu'elle ne tombe dans l'océan qui séparait la Capitale de l'Ouest du Palais de Dieu. La Saïyenne était dans les bras puissants d'un combattant. Sa tête reposait sur sa poitrine.

- Merci, murmura-t-elle faiblement.

Piccolo reprit de l'altitude et s'en alla vers sa demeure avec sa protégée.

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Capsule Corporation
21h30

Dans Capsule Corporation, une tension anormale régnait. Tous ses membres étaient silencieux et inquiets. Certains étaient au chevet de l'enfant malade; Dai Kaio Junior, Trunks, Bra, Bulma et quelques membres de l'équipe médicale qui, malgré leur formation, ne pouvaient rien faire. Végéta, quant à lui, faisait les cent pas dans sa chambre, là où personne ne pouvait le voir ni le déranger. Le problème auquel il faisait face ne pouvait être résolu par la force; ses muscles lui étaient inutiles. Ce n'était pas son combat. Et pourtant, un être qui lui était cher pouvait lui échapper à n'importe quel moment.

Les San qui avaient appris la nouvelle en fin d'après-midi étaient passé à Capsule Corporation mais étaient repartis bredouille; il n'y avait rien qu'ils ne pouvaient faire. Même le grand Sangoku ne pouvait sauver Kimiko. Cette pensée fit sourire Végéta, qui se sentit un peu mieux en sachant que son malheur était partagé.

Enfin, un membre de la maison était resté enfermé dans le laboratoire près de 8 heures. Takeshi avait travaillé sans répit, essayant de détecter la moindre anomalie médicale dans les résultats des tests. Après une journée de recherche intensive, il arrivait cependant à la même conclusion que les médecins; Kimiko n'était pas malade. Elle était seulement dans un profond coma inexplicable.

Le laboratoire était en désordre; des fioles, bouteilles et radiographies trainaient sur le sol, les tables et le comptoir. Takeshi était assis sur un tabouret, accoté contre le comptoir, sa tête reposant sur une pile de feuilles de notes et de photos médicales. Épuisé de ses recherches infructueuses, la frustration et les larmes passées, il ferma les yeux, entrant tranquillement le royaume des songes.

Le métis commença à rêver. Il courrait dans un champ et Kimiko courrait à ses côtés. Ils avaient cinq ans. Dans l'herbe haute qui leur montait jusqu'à la taille, il y avait des fleurs sauvages. Il faisait soleil. Takeshi leva la tête et vit à quelques mètres son père et sa mère, main dans la main. Il couru jusqu'à Végéta et s'accrocha à sa jambe. Il sourit à ce dernier qui lui répondu par un sourire sincère. Soudain, l'expression du guerrier changea et se figea en un masque de colère. Il leva la main et gifla Takeshi avec force. Le garçon cligna des yeux. Il posa sa main sur sa joue rougie. Il avait quinze ans et il venait d'apprendre à son père qu'il ne s'entraînerait plus car il commencerait des études poussées en médecine.

- Tu es une honte en tant que Saïyen!, avait craché Végéta, dégoûté par son propre fils.

Le métis n'avait rien répondu. Il croyait qu'en étant honnête, son père ne se fâcherait pas. Il croyait que Trunks, même s'il était maintenant à la tête de Capsule Corporation, était devenu assez fort pour satisfaire les attentes de son père. Il croyait que Kimiko, adorant le combat, était tout ce dont le prince avait besoin. Il regarda en silence son père se tourner et s'éloigner de lui.

Une brume noire commença à l'entourer. Il baissa la tête.

- AIDEZ-MOI!!

Une voix qu'il connaissait bien retentit dans l'obscurité formée par un épais brouillard noir. Takeshi avait l'impression de marcher dans un nuage sombre. Bientôt, il n'y eut plus que les ténèbres et il n'arriva plus à voir devant lui. Son cœur commença à battre de plus en plus vite, et la peur à couler dans ses veines.

- Je ne vois rien! À l'aide!!

Le jeune homme se ressaisit. La voix qu'il entendait était bien celle de Kimiko. Il avança dans la noirceur, désespéré.

- KIMIKO! KIMIKO!! OÙ ES-TU?!, cria-t-il à pleins poumons.
- Takeshi? Takeshi?, répondit la voix faiblement.
- KIMIKO! Dis-moi où tu es!
- Takeshi…

Il entendit une faible plainte dans l'obscurité.

- Ne vous approchez pas de moi! Allez-vous--en!!

Il perçu un cri lointain. Énervé et inquiet, Takeshi commença à courir. Mais dans la noirceur totale, il ne savait pas où il s'en allait et il tomba de tout son long sur le sol couvert de brume.

- TAKESHI!! AIDE-MOI!!

La voix de Kimiko était maintenant un écho. En courant, il s'était éloignée d'elle! Ou était-ce elle qui avait changé d'endroit? Le jumeau n'était plus sûre de rien. Il était désespéré, perdu, et sa sœur était introuvable dans ce monde de ténèbres. Il entendit quelques lamentations, puis plus rien. Le silence était lourd. Le métis se releva et, comme aveugle, avança à tâtons dans le brouillard.

- Kimiko! Kimiko répond-moi!

Mais il n'y eût aucune réponse. Il s'écroula par terre et commença à pleurer.

Un instant plus tard, Takeshi était dans son laboratoire, accoté contre une piles de papiers. Ses larmes avaient mouillées les feuilles. Il leva la tête et passa sa manche dans son visage, essuyant les larmes.

Avait-il rêvé? Ou avait-il bel et bien entendu Kimiko? Normalement sceptique, adepte de la méthode scientifique, il ne savait maintenant plus que croire. Et si c'était vrai, si sa jumelle était dans cet autre monde? Un cri s'étouffa dans sa gorge, et il souhaita de tout son cœur qu'il n'eût s'agit que d'un songe.

Il se leva de sa chaise et sortit du laboratoire, se dirigeant vers l'infirmerie.

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Elle ouvrit lentement les yeux. Elle était dans une pièce sombre, couchée dans un lit confortable… son lit. Dans l'obscurité, elle reconnut la petite chambre et sourit. Elle était seule en ce lieu.

Calmement, Tiny se leva de son lit et enfila ses souliers qui avaient été déposés avec soin au pied de la table de chevet. Quand cela fut fait, elle quitta sa chambre. Elle marcha le long des couloirs circulaires du Palais et escalada un escalier qui l'amena au bâtiment principal, duquel elle sortit pour aller rejoindre Dendé et Piccolo qui se trouvaient tous deux au milieu de la plate-forme. Entre les rangées de palmiers, ils l'attendaient.

- Bonjour Tiny, dit Dendé en souriant. Bien dormi?
- Très bien, répondit-elle. Je ne pensais pas me retrouver ici aussi rapidement…

Elle lança un regard vers Piccolo. Il était si grand qu'il projetait une ombre sur le visage de la Saïyenne. Il avait les bras croisés et portait sa lourde armure ainsi que son turban.

- Même si cela ne fait qu'une journée… vous m'avez manqués!, dit-elle.

Le grand Namek hocha la tête.

- Nous devons agir vite pour Kimiko, dit Piccolo, sérieux. Nous aurions eu plus de temps si quelqu'un n'avait pas dormi toute la journée…

Tiny se sentit blessée par l'accusation, puis remarqua un léger sourire sur les lèvres de son mentor. Bien sûr, comment aurait-il pu être sérieux? Piccolo ne l'avait jamais blessée par exprès.

- C'est l'entraînement de Végéta…, tenta-t-elle de justifier tout de même, il est extrêmement épuisant. MAIS, je maîtrise presque le niveau Super Saïyen!
- Presque?, demanda Piccolo en haussant un sourcil.
- Bon… pas tout à fait, mais ça s'en vient!, ajouta l'élève en riant.

Elle lut de l'amusement dans les yeux de Piccolo. Puis elle repensa à Kimiko.

- Bon… que pouvons-nous faire pour Kimiko?, demanda-t-elle, grave.
- Comme je te l'ai expliqué brièvement plus tôt, son esprit est ailleurs. Nous devons trouver où il est et aller le chercher, expliqua-t-il.

Tiny pinça les lèvres, songeuse. Dendé resta silencieux.

- Et comment allons-nous savoir où son esprit est?
- Mamie Voyante saurait où elle est, répondit Piccolo.
- Mamie Voyante?
- C'est la sœur de Tortue Géniale, commença Dendé. Sa spécialité est de trouver les choses… et aussi les gens.
- Ohhh, je vois, dit Tiny. Mais, disons que nous trouvons cette vieille femme et qu'elle nous dise où est Kimiko… comment allons-nous aller la chercher?
- Mamie Voyante peut voyager dans d'autres dimensions. Sa spécialité est le monde des vivants et des morts. Nous espérons cependant qu'elle soit capable de trouver et d'amener une âme dans la dimension où Kimiko s'est perdue, termina Dendé.

Piccolo hocha la tête. Tiny repensa à ce qui était arrivé à la fille de Végéta. Elle avait ressenti un malaise avant de sombrer dans un état comatique. Pourquoi? Son sensei, qui lut ses pensées, lui répondit :

- Certaines personnes ont des habiletés. Kimiko est une jeune fille très sensible et il est fort probable qu'elle ait été affectée par un changement dans notre monde.

Tiny réfléchit un instant.

- Veux-tu dire qu'elle sa sentit quelque chose d'hostile et qu'elle a été absorbée par une force mauvaise?

Le Namek hocha de nouveau la tête. La Saïyenne plissa les yeux.

- Et vous… n'avez-vous donc rien sentit de malsain récemment?, demanda-t-elle, concernée.
- Nous avons tous deux un mauvais pressentiment depuis quelques mois, dit Dendé attristé.

La combattante croisa les bras.

- Et pourquoi ne m'avez-vous donc rien dit?
- Nous ne voulions pas t'inquiéter, justifia Dendé.

Elle soupira. Elle lança un regard accusateur vers Piccolo qui l'ignora. Bien sûr, il s'agissait d'affaires de Dieux. Mais la jeune fille qui avait vécu 8 ans avec les deux hommes sentait qu'elle avait tout de même le droit de savoir. Le pire dans cette histoire restait qu'elle n'avait rien remarqué. Combien de secrets la paire de Nameks cachaient-ils encore d'elle? Tiny roula les yeux. Elle y reviendrait plus tard.

- Bon, comment trouve-t-on cette Mamie Voyante?

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[Note : il y a 12 heures de décalage entre la Maison de Goku et la Capitale de l'Ouest.]

Maison de Sangoku – 18 janvier

Il était près de 11 heures du matin chez les San, maison située très à l'Est de la planète. Chichi faisait le ménage dans sa demeure toujours propre. L'épouse du Saïyen arrivait à chaque fois à trouver de la poussière cependant. Cela l'occupait. Le repas était en train de cuire. Sangoten lui avait promis qu'il viendrait pour le déjeuner. Il y avait plus d'une semaine qu'il n'était pas venu. Elle sourit à la pensée de le revoir et se remit au travail.

Trois coups résonnèrent. On cognait à la porte. Chichi posa son balais et alla répondre. Espérant que ce fut Goten, elle eut toute une surprise en ouvrant la porte. Devant elle se dressait Piccolo et à ses côtés sa jeune élève, la Saïyenne qu'il avait découvert huit années plus tôt.

- Bonjour madame San, dit Tiny poliment.

Elle resta bouche bée pendant quelques instants. Presque personne ne l'appelait ainsi! Puis elle se reprit et sourit.

- Bonjour! Excusez-moi, vous me prenez pas surprise! Qu'est-ce qui vous amène?

Elle jeta un regard suspect vers Piccolo.

- Nous cherchons Sangoku. Nous aurions besoin de son aide, expliqua la Saïyenne.

Chichi hésita. Elle remarqua la queue de la jeune fille, enroulée autour de sa taille. Elle pinça les lèvres. À chaque fois que quelqu'un demandait pour son mari, c'était que quelque chose n'allait pas. Elle se résigna cependant. D'ailleurs, elle n'avait pas le temps de bavarder longtemps; les légumes qui cuisaient dans la casserole devaient être brassés, sans quoi tout allait coller.

- Il est dans une clairière derrière la maison. C'est à environ 20 minutes de marche.
- Merci Madame San, répondit Tiny en penchant la tête en signe d'au revoir.

Alors que Tiny et Piccolo s'apprêtaient à s'envoler vers la clairière, Chichi leur cria :

- Mais ne l'occupez pas trop longtemps! Le déjeuner va être servi pour midi!! Vous avez une heure!!

La Saïyenne sourit en guise de réponse et s'envola. Chichi mit ses poings sur ses hanches. Elle sentait que Goku allait être en retard.

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Goku sentit la force des deux guerriers bien avant qu'ils n'arrivent et qu'ils frappent à sa porte. Il leva les yeux vers le ciel et sourit. Oob qui s'entraînait avec lui arrêta ses exercices.

- Qu'y a-t-il? Demanda le jeune homme.
- Nous avons de la visite, dit Sangoku, radieux.

Et comme il l'avait prévu, moins de deux minutes plus tard, Tiny et Piccolo se posaient devant lui dans le champ où le guerrier s'entraînait chaque matin.

- Piccolo! Tiny! Comment allez-vous?, dit-il joyeusement.

La joie de Goku était contagieuse. Le Namek sourit et laissa sa protégée répondre à sa place.

- Sangoku! Nous te cherchions! Nous allons bien.

Tiny remarqua Oob, quelques mètres derrière le Saïyen. Il lui sourit.

- Bonjour Oob! Nous ne nous voyons pas souvent, dit-elle en s'approchant pour lui serrer la main.
- En effet. Vous n'êtes pas souvent de passage chez les San, répondit-il.
- Et vous ne venez pas souvent au Palais, rétorqua Piccolo.

Goku rigola, les mains contre sa ceinture.

- Et bien, quelle belle réunion! Qu'est-ce qui vous amène?
- Nous avons besoin de ton aide pour trouver Mamie Voyante, expliqua Tiny. Nous croyons qu'elle pourrait nous aider à trouver Kimiko.
- Kimiko? Mais n'est-elle pas à Capsule Corporation, à l'infirmerie?, dit-il, perplexe.

Le combattant était simple d'esprit, elle le vit tout de suite. Mais cela ne l'arrêta pas.

- Le corps de Kimiko y est, mais son esprit est prit dans une autre dimension.
- Ohh, je comprends! Et Mamie Voyante pourrait trouver son âme!, s'exclama-t-il.
- Exactement, dit Tiny, tous sourires. Mais dis-moi, ne pourrais-tu pas trouver Kimiko toi-même avec le déplacement instantané?

Sangoku secoua la tête en signe de négation.

- Je peux trouver les gens en sentant leur ki. Dans le cas de Kimiko, je peux trouver son corps, mais pas son esprit, car il ne contient pas d'énergie physique.
- Oh, je vois…

Finalement, pas si bête que ça, Goku!, se dit Tiny. Elle haussa les épaules.

- Alors peux-tu nous aider à trouver Mamie Voyante? Et nous y amener?
- Bien sûr! Donnez-moi juste un instant.

Le Saïyen posa deux doigts sur son front et se concentra sur le ki de la sorcière. Quelques instants plus tard, il sourit.

- Je l'ai trouvée! Accrochez-vous tous à moi, dit-il.

Oob s'approcha et posa une main sur l'épaule de Goku. Tiny et Piccolo firent de même. Puis, ils disparurent.

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En un clin d'œil, ils se trouvaient tous dans une très grande maison. Mamie Voyante lâcha un cri en voyant apparaître quatre individus à ses côtés. Enfin, elle réalisa qu'il s'agissait de Sangoku, Piccolo et de deux autres personnes qui lui étaient inconnues.

- KAMI!, jura-t-elle. Goku, ne fait plus jamais cela! Tu as failli me donner une crise cardiaque! Je ne suis plus jeune, tu sais!!

Goku rigola. Puis il offrit à Mamie Baba ses excuses. Elle les accepta avec retenue. Elle n'aurait jamais accepté une telle intrusion dans sa demeure, si ce n'avait été pour Sangoku, le sauveur de la Terre. Assise sur sa boule de Crystal, elle observa les nouveaux arrivant et leur demanda la raison de leur venue. Tiny s'avança.

- Nous venons car nous avons besoin de vos talents pour trouver une âme perdue, expliqua-t-elle respectueusement.

La jeune femme savait comment être polie, c'était certain. Mamie Voyante leva la tête.

- Et qui es-tu? Pourquoi devrais-je t'aider?

Elle hésita.

- Je suis Tiny, élève de Piccolo, ancien Dieu, et sœur de Végéta, prince Saïyen.

La sorcière s'étouffa lorsqu'elle entendit le nom de Végéta. Elle baissa les yeux puis remarqua la queue de Tiny. Elle disait donc vrai, c'était une Saïyenne.

- Je… Je ne savais pas que Végéta avait une sœur… dit-elle tout bas, nerveuse.
- Ahahah, Mamie, vous n'êtes pas à jour!, s'exclama Goku. Cela fait près de 8 ans qu'elle s'entraîne avec Piccolo.

Mamie Baba soupira. Que dire de Sangoku? Toujours si peu de manières. Piccolo prit le relais.

- L'esprit de Kimiko, la fille de Végéta, s'est perdu dans une autre dimension. Nous aurions besoin de votre aide pour la retrouver. Nous comptions sur vous pour nous y amener, dit-il courtoisement.

La sorcière pinça les lèvres. Elle n'avait rien à gagner en les aidant. Elle posa les yeux sur Tiny, puis repensa à Végéta. Bien qu'elle soit immortelle, elle pouvait souffrir. Elle avait à perdre en n'aidant pas la fille et la sœur de Végéta, définitivement. De plus, elle pourrait utiliser cette faveur comme argument si jamais l'occasion de présentait.

- Bon, bon… Il ne me sert à rien de vous faire combattre pour mériter mes services. Vous tueriez mes guerriers en un clin d'œil. Je vais vous aider, se résigna-t-elle.
- Oh, merci Mamie Voyante!, s'exclama Tiny.
- Il y a cependant une contrainte. Elle marqua une pause. Je ne peux transporter qu'une personne à la fois vers une dimension. De plus, cette personne devra être sous la forme d'un esprit. Rendue à destination, ce sera à elle de se débrouiller pour trouver l'âme perdue et de me la ramener, termina-t-elle.

Goku, Oob, Tiny et Piccolo se regardèrent.

- Oubliez-moi tout de suite, dit Oob. Je n'ai jamais voyagé hors de ce corps. Je ne saurais pas trop comment m'y prendre.

Piccolo posa son regard sur Goku.

- Même chose. J'ai voyagé dans bien des endroits, mais à chaque fois, j'avais mon corps, expliqua le Saïyen.
- Cela ne laisse que Tiny et moi.

La jeune femme leva les yeux vers son professeur. C'était vrai qu'elle connaissait bien la méditation, les combats mentaux et jusqu'à un certaine limite, les voyages astraux, mais elle n'avait jamais entreprit de voyage dans une autre dimension.

- Te sens-tu à la hauteur?, lui demanda Piccolo.
- Je… Je ne sais pas. Je n'ai jamais fait cela. Pourquoi n'y vas-tu pas?, interrogea-t-elle.
- Parce que tu auras plus de facilité à trouver Kimiko que moi. Je la connais très mal et n'ai aucun lien avec elle, dit-il sérieusement.
- Mais je ne vis avec qu'elle que depuis une journée!, s'exclama Tiny.
- Peut-être, mais elle est techniquement ta nièce. Elle est d'ailleurs partiellement Saïyenne, et de plus, le même sang coule dans vos veines. Vous êtes infiniment plus liées que je ne le suis.

La guerrière soupira. Il avait raison. Comme il n'y avait aucun membre de la famille Brief présent, la responsabilité de trouver Kimiko lui revenait. Elle avala difficilement sa salive puis se tourna vers Mamie Voyante.

- C'est moi qui irai, dit-elle.
- Très bien. Dès que tu seras sortie de ce corps, je t'amènerai là où Kimiko se trouve.

Piccolo fit signe à Goku et Oob de s'éloigner. Il expliqua que Tiny allait avoir besoin de silence pour se concentrer. Ils allèrent dans une autre pièce du château de Mamie Baba. La Saïyenne, seule avec la sorcière, s'assit en tailleur et se concentra.

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Infirmerie – 11h30 PM

Il n'y avait aucun son dans l'infirmerie mis à part le bruit émis par l'électrocardiogramme et les respirations régulières de Kimiko, prisonnière d'un profond sommeil. À ses côtés, Végéta et Takeshi veillaient sur elle. Bulma, Trunks, Bra et Junior étaient allés se coucher. D'un côté et de l'autre du lit, ils regardaient la jeune fille, ses yeux clos et sa poitrine qui se levait légèrement à chaque souffle. Le jumeau serrait la main se sa sœur. Ses yeux étaient cernés et il était mort d'inquiétude.

- Tu crois qu'elle va s'en sortir?, demanda-t-il en un souffle.

Végéta, qui était assis au fond de sa chaise, se redressa légèrement.

- Je l'espère.
- Tu crois que nous allons trouver une solution?, murmura Takeshi, les yeux rivés vers sa sœur.
- Je ne sais pas, répondit Végéta. Demain nous irons au Palais.

Les yeux de Takeshi s'illuminèrent. Il jeta un regard vers son père. Il avait l'air calme, mais il savait qu'au fond il était aussi inquiet que lui.

- L'homme mauve a dit qu'il tenterait de trouver une solution demain, continua Végéta. Mais je ne lui fais pas confiance.

Les yeux du jeune homme retournèrent se poser sur le corps immobile de sa jumelle. Il se sentait comme un moins que rien, incapable d'aider sa moitié. Il mordit sa lèvre. Il aurait aimé être fort, plus intelligent. Il aurait aimé savoir que faire. Soudain, un fait le frappa.

- Papa… sais-tu où est Tiny? Je ne l'ai pas vu de la journée.
- Min'tu? Elle est disparue dès que nous avons appris le coma de Kimiko. Je ne compterais pas trop sur elle si j'étais toi, répondit le Saïyen en croisant les bras.

Takeshi réfléchit un instant.

- Tu crois qu'elle a trouvé une solution?, demanda le jumeau, plein d'espoir.
- Elle s'est sauvée, voilà tout, grogna le prince, les poings serrés. Elle n'a aucune fierté.

Le métis baissa les yeux, laissant son père ruminer sa colère. Tiny les laisserait-elle vraiment dans un tel moment? Il ne savait plus quoi penser.

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Château de Mamie Voyante

Un espace blanc et sans bruit entourait Tiny. C'est non sans difficulté qu'elle avait finalement réussi à se concentrer et à méditer. Ayant beaucoup de pression sur les épaules, faire le vide s'était révélé être tout un défi. Elle y était néanmoins arrivée. Ou enfin presque. L'apprentie savait trouver une balance entre son esprit et son corps, lier les deux parties d'elle-même pour qu'ils puissent se mouvoir en harmonie. La tâche qu'on lui avait assignée cette fois était un peu différente; elle devait séparer son esprit de son corps. Le concept de voyages astraux n'était pas nouveau pour elle, mais la Saïyenne n'était jamais allé bien loin de son corps, en admettant qu'elle eût été capable de s'en défaire. Cette fois, elle devrait non seulement s'en détacher mais elle devrait aussi s'en éloigner. Malgré l'angoisse que généraient ces pensées, elle redoubla d'efforts. Kimiko dépendait d'elle.

Quelques instants passèrent avant que Tiny ne réussisse à sortir de son corps. La pièce dans laquelle elle se trouvait était vide, sauf pour son corps, assis au dessous d'elle et Mamie Voyante qui la fixait.

- Il n'était pas trop tôt!, s'exclama la sorcière. J'ai cru que tu n'y arriverais jamais!
- Ce n'est pas facile, vous savez…, répondit Tiny, vexée, les poings contre les hanches.

Mamie Voyante soupira et fit signe à l'esprit de s'approcher d'elle. L'essence de la Saïyenne se posa sur le plancher et marcha doucement, à demi flottant, vers la vieille femme. Cette dernière lui tendit une petite main ridée que Tiny prit avec désintérêt. Elle remarqua sans surprise qu'elle pouvait voir au travers de sa propre paume. Elle jeta un dernier regard vers son corps dorénavant vide.

- Ne t'inquiète pas, rien ne lui arrivera, dit la sorcière, devinant ses pensées.
- Je m'inquiète plutôt de l'avenir de mon âme pour l'instant. Où m'amènerez-vous? Est-ce dangereux?, demanda la jeune fille.
- Nous le saurons très bientôt.

En un clin d'œil, toutes deux disparurent, laissant seuls dans le château Goku, Oob, Piccolo et le corps de Tiny.

- Elles sont parties, murmura Piccolo, debout dans une autre pièce.

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Mamie Baba et la Tiny réapparurent dans ce qui leur sembla être un nuage très dense et très obscur. La Saïyenne regarda autour d'elle mais n'arriva pas à voir plus loin que le bout de son nez. Elle voyait à peine Mamie Voyante qui se trouvait à quelques centimètres d'elle.

- Quel est cet endroit?!, dit-elle stupéfaite. Kimiko est-elle vraiment ici?
- Oui, je sens son esprit en ce lieu. Cet espace ressemble beaucoup aux limbes, sans l'être réellement, murmura la sœur de Tortue Géniale.

Tiny haussa un sourcil.

- Et comment suis-je supposée trouver Kimiko là-dedans?, demanda-t-elle. Je n'y vois rien!
- Ahahah!!, ricana doucement Mamie Voyante. Tes yeux ne te servent à rien ici mon enfant… De plus, tu es un esprit! Tu n'en a pas besoin!

La jeune femme fit la moue. Elle n'y avait pas pensé. Elle regarda de nouveau ses mains transparentes. Décidée, elle ferma les yeux. Dans cet espace sombre et brumeux, il n'y avait aucun son. Elle arrêta donc d'entendre. Elle ne respira plus, car elle n'avait plus besoin de respirer. Finalement, elle ne sentit plus rien. Elle cherchait, elle attendait.

Enfin, elle détecta une présence. Il s'agissait d'une faible énergie. Elle avança lentement vers la source de vie. Soudain, elle entendit un cri :

- À L'AIDE!!

Surprise, Tiny s'arrêta net. N'avait-elle pas fermé son ouïe? Était-ce alors de la télépathie? Le cri semblait venir de la direction contraire. Sceptique, elle continua tout de même à avancer vers la petite source d'énergie. Puis, elle entendit de nouveau une plainte :

- AU SECOURS!! Je ne vois rien!

Le second cri venait de la droite. Tiny s'immobilisa de nouveau.

- Est-ce une farce?!, se dit-elle tout bas en serrant les dents.

Un peu énervée, elle tenta de retrouver son calme. On lui jouait un mauvais tour, elle le savait. Si elle n'avait pas été en contrôle d'elle-même, elle aurait sans doute commencé à courir vers la voix qui l'appelait. Elle ne se laisserait pas prendre. Elle continua donc sa procession funèbre.

Elle sentit la petite énergie se rapprocher alors qu'elle avançait vers celle-ci. Ses yeux était toujours fermés. Elle ne savait où elle était, ni quelle heure il était. À quoi bon savoir l'heure et son emplacement dans un monde obscur, se dit-elle, un sourire en coin. Enfin, elle sentit une chaleur tout près d'elle.

- Tiny? TINY??, s'écria une voix familière.

La Saïyenne ouvrit les yeux lentement, incertaine. Et elle vit Kimiko couchée par terre en boule, ses genoux accotés contre son menton. Tiny se pencha vers la métis visiblement apeurée et lui tendit la main.

- Tiny, j'ai peur, chuchota Kimiko.
- Tout va bien aller, Kimiko. Je suis là. Prend ma main, dit-elle doucement.
- Je… je crois que quelque chose d'horrible va bientôt nous arriver, murmura-t-elle, tremblante.
- Kimiko, prend ma main, ordonna la Saïyenne, grave.

Kimiko leva les yeux vers Tiny. Était-elle réellement là, ou était-ce son imagination qui lui jouait des tours? Elle lui donna tout de même sa main. Sa jeune tante la hissa sur ses pieds en un instant et la prit dans ses bras.

- Ferme tes yeux, Kimiko.

La métis obéit. Elle sentit Tiny avancer, l'amenant avec elle.

- Lève tes pieds, Kimiko. Tu n'en as pas besoin ici.

Elle leva les pieds et remarqua qu'elle flottait. Elle se laissa transporter docilement par la Saïyenne. Jamais elle n'aurait cru que ce soit Tiny qui viendrait la sauver. Elle avait entendu la voix de Takeshi auparavant, mais il n'était jamais venu. S'était-il perdu?

- Take…
- Il va bien, coupa Tiny.

Soulagée, Kimiko se tut. Elles avancèrent dans la noirceur, Tiny se concentrant sur l'esprit de Mamie Voyante qui n'était maintenant plus bien loin. Alors que la prisonnière s'agrippait à elle, la Saïyenne commença à sentir une présence malsaine autour d'elles.

- Kimiko… qu'est-ce que c'est que ca?, murmura-t-elle.
- Je ne sais pas, dit-elle, le souffle court, nerveuse.

Tout en progressant vers la sorcière, Tiny pensa à la sombre brume et à la vibration négative qui régnait en ce lieu. C'est ainsi là que la métis avait été absorbée, affectée par cette noirceur anormale. Elle avança plus vite, sentant Mamie Baba très près. Elle ouvrit les yeux et vit la vieille femme devant elle. Aussitôt, elle lui tendu la main, que Tiny prit avec hâte.

- Amenez-nous loin d'ici!, s'écria la jeune fille.

Mamie Voyante ne se le fit pas dire deux fois.

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Capsule Corporation
18 janvier - 6h AM

La tête de Végéta reposait sur le dossier de sa chaise. Ses yeux était clos. Il avait veillé sur Kimiko toute la nuit et s'était permis de s'endormir vers 4h du matin. Takeshi, les paupières lourdes de fatigue, serrait toujours la main de sa jumelle, assis à ses côtés.

Trunks, qui venait tout juste de se lever, entra dans la pièce, un café à la main, habillé légèrement.

- Comment va-t-elle?, demanda-t-il tout bas, ne voulant pas réveiller son père.
- Même chose, marmonna Takeshi, la mine basse.

Le grand frère s'approcha et posa une main sur l'épaule du cadet.

- Je sais que c'est difficile pour toi Takeshi… Mais Kimiko va s'en remettre, j'en suis persuadé.

Le jeune homme ignora les paroles de l'aîné et enfouit son visage dans sa manche. Trunks soupira. Ses yeux se posèrent sur la figure de sa sœur. Malgré son coma, elle avait l'air paisible. Était-elle toujours là? Peut-être pouvait-elle-même les entendre?

Il porta sa tasse de café à ses lèvres et but une gorgée, songeur. Puis, un miracle se produit : les yeux de Kimiko s'ouvrirent d'un coup et elle lâcha un cri.

Végéta se réveilla en sursaut. Takeshi leva la tête et resta figé. Trunks avala de travers sa gorgée de café. Enfin, ils se reprirent et s'approchèrent de Kimiko qui haletait.

- Où suis-je?!!, cria-t-elle.
- À la maison!, s'exclama son jumeau, les yeux plein d'eau.

Il lui sauta au cou et ne la lâcha plus. Végéta se leva et sourit malgré la fatigue; sa fille était rétablie, et il ne pouvait rien demander de mieux. L'aîné de la famille des Brief sortit en courant de la pièce, pressé d'annoncer la nouvelle aux autres.

- Oh Papa, Takeshi…, bredouilla Kimiko, tremblante. Quelque chose de terrible arrive vers la Terre.

Des larmes mouillaient ses joues. Malgré la peur qu'elle avait sentie pendant les dernières heures, elle était soulagée d'être enfin chez elle.

- Tout va bien maintenant, dit son frère, rassurant.
- Takeshi, je t'ai entendu. J'ai entendu ta voix dans mes rêves!
- Moi aussi Kimiko, dit-il en la serrant de plus belle.
- Mais tu ne m'as pas trouvé…, constata-t-elle.

Ses souvenirs, tout comme la dimension dans laquelle elle s'était perdue, étaient brumeux, incertains. Elle se rappelait l'horreur cependant, ce sentiment toujours présent.

- Comment t'en es-tu sortie?, demanda le jumeau, concerné.
- Quelqu'un… Quelqu'un est venu me sauver. La personne m'a prise dans ses bras et m'a ramené ici, murmura-t-elle.

Elle n'arrivait plus à se souvenir de qui il s'agissait. Et pourtant, elle connaissait bien son sauveur. Elle se concentra. Végéta, qui jusque-là avait écouté, prit la parole :

- Était-ce Dai Kaio Jr.?!, questionna-t-il avec une pointe de frustration.
- Non. Non c'était quelqu'un d'autre, dit-elle doucement.

Le prince se sentit soulagé. Il n'aurait pas pardonné à cet étranger d'avoir touché à sa fille, même si c'était en rêve. Il ne voulait d'ailleurs pas lui devoir quoi que ce soit. Le personnage avait déjà l'estime gonflée à bloc; pas la peine d'en rajouter. Mais qui d'autre avait pu sauver son enfant? Soudain, la mémoire revint à Kimiko :

- C'était Tiny! C'était elle!, s'écria-t-elle.
- Comment?!, s'exclama Végéta.
- Oui, c'était bel et bien Tiny, dit-elle en hochant la tête.

Takeshi recula un peu, laissant à sa sœur l'occasion de s'exprimer et de respirer plus librement. Le prince, debout à côté du lit d'hôpital, croisa les bras, contrarié. Ainsi, la Saïyenne ne s'était pas éclipsée pour rien…

Tout à coup, autres individus apparurent littéralement dans l'infirmerie. Végéta sursauta, Kimiko sourit et Takeshi resta bouche bée. Goku, Oob, Piccolo et Tiny venaient de faire irruption à leurs côtés.

- Carot, constata Végéta en jetant un regard vers son rival. Je savais bien que tu devais être derrière tout cela…
- Oh je n'y suis pour rien!, s'exclama Goku, tous sourires.

Tiny s'approcha du lit où Kimiko était maintenant assise.

- Tu te sens mieux?, demanda-t-elle sincère.
- Beaucoup mieux, dit-elle. Merci.

Elles se sourirent. La Saïyenne se retourna vers Goku et Oob qui s'apprêtaient déjà à repartir.

- Merci pour votre aide, leur dit-elle. Je me souviendrai de venir vous rendre visite plus souvent, ajouta-t-elle.
- Tu seras toujours la bienvenue!, dit Goku, jovial.

Il mit une main sur l'épaule de son élève et ils disparurent. La jeune femme posa son regard sur son sensei.

- Nous nous reverrons bientôt, lui dit-elle.

Il hocha la tête. Il l'attendrait. Piccolo fit un signe d'au revoir aux Brief et s'envola par la fenêtre la plus proche.

Enfin, Trunks, Bra, Bulma et Dai Kaio Junior entrèrent dans la pièce en criant.

- OH MON DIEU, MON BÉBÉ EST GUERRIE!!, s'écria Bulma qui se lança au cou de son enfant.

Dai Kaio Jr. posa son regard sur la Saïyenne. Ainsi donc avait-elle réussi? Impressionnant, se dit-il. Si seulement il pouvait s'en approcher… Il lui fit une révérence, que Tiny ignora en tournant la tête. Junior fit mine de sourire; il l'aurait d'une autre façon. Il avait toujours ce qu'il voulait, surtout lorsqu'il s'agissait de femmes.

Alors que toute la famille questionnait et collait Kimiko, Tiny en profita pour sortir de l'infirmerie sans être remarquée. Elle marcha sans bruit dans le corridor qui l'amènerait à l'escalier, sa queue lousse derrière elle. Soudain, une voix s'éleva, provenant de l'autre extrémité du couloir:

- Minutu!

Il n'y avait qu'une personne qui l'appelait ainsi. Elle se retourna néanmoins, la main sur la rampe d'escalier, prête à descendre. Elle attendit. Le prince s'approcha d'elle à pas de loup et s'arrêta à quelques pieds.

- Merci, dit-il tout bas.
- Ça m'a fait plaisir, Végéta.

Non sans orgueil, elle lui sourit. Le combattant plissa les yeux. Elle n'avait pas idée de combien cela lui coûtait de la remercier ainsi. Ou peut-être le savait-elle et trouvait-elle cela amusant?

- Comment as-tu fais?, l'interrogea-t-il.

Minutu lui répondit par un large sourire.

- Je t'expliquerai un jour, grand frère.

Du coup, elle se retourna et descendit l'escalier, laissant Végéta seul au beau milieu du couloir. Arrogante, sûre d'elle… Comme il l'avait jadis été. Cela pourrait être amusant. Ou vexant. C'était à voir. Tout de même irrité, il retourna vers l'infirmerie pour investiguer cette « terrible chose qui arrivait sur Terre ». Il sourit à cette pensée. Son sang Saïyen bouillait dans ses veines. Cela sentait le combat. Cela sentait la violence.

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Chez Goku

- SANGOKU! TU ES 6 HEURES EN RETARD!!, cria Chichi à tue tête.

Oob regarda sa montre. Il était bel et bien 6 heures du soir chez les San. Il était vrai que la méditation de Tiny avait été longue, mais il n'aurait jamais cru qu'autant de temps avait passé!

- Chichi… excuse-moi!, dit Goku. Cela a prit plus de temps que nous le pensions!, tenta-t-il d'expliquer.
- PLUS DE TEMPS?! C'est l'heure du SOUPER!

La vie de Saïyen n'est pas facile, il faut l'admettre. Heureusement pour Sangoku, après de longs instants de négociation, les deux guerriers réussirent à rentrer chez eux, avec l'aide de Goten qui réussit à calmer Chichi.