Hello ! Me voilà avec la suite tant attendue ! Yaaaay ! Je tiens a remercier 221BRavenclaw, Traffy-D-Lamy et I Am The Chocolate Surgeon pour m'avoir laissés leurs reviews qui m'ont faite sourire. J'ai hâte de voir ce que vous pensez de ce chapitre. Bonne lecture :)
Chapitre 8.
On finit par arriver à destination, amenant un désordre aqueux par la même occasion dans le hall d'entrée. Je retire mes chaussures et les prends à la main, il m'imite après m'avoir regardée faire avec confusion. Seules les marchent craquantes et grinçantes remplissent l'atmosphère agrémentée par l'odeur de plats cuisinés s'échappant des appartements voisins.
Arrivés devant ma porte, je sors mes clés et ouvre rapidement cette dernière. J'entre sans attendre, pour aller chercher dans le placard du vestibule, une serpillère que je pose par terre et ou je dépose mes chaussures. Après un signe de tête positif de ma part, il s'autorise à entrer et pose ses chaussures à coté des miennes. Je laisse mon ciré sécher sur un porte-manteau, un peu trop chargé d'ailleurs. Mes chaussettes sont humides, ce qui m'empêche de glisser d'un bout à l'autre du studio, mon mode de déplacement favori depuis que j'ai découvert que les lattes du parquet sont propices au patinage en chaussettes.
Mais je dois d'abord trouver des couches de tissu adaptées au séchage physique. Je lui lance une serviette restée sur le canapé, témoignant de notre récente escapade pluvieuse et j'enroule une serviette autour de ma tête, lorgnant le sèche-serviettes depuis le comptoir.
Au même moment, quelques mètres plus loin.
Il regardait son hôte faire des allers retours dans l'appartement, se retrouvant occasionnellement en sous vêtements alors qu'elle retirait sa tenue précédente pour enfiler son pyjama. Mais il était trop stupéfait pour en prendre réellement conscience. Le fait est qu'elle était partie à sa recherche alors qu'il l'avait clairement laissée derrière. Et il avait du mal a accepter qu'elle n'ait pas pris ombrage de ses piques, agressives et violentes.
Pourtant, il se trouvait à nouveau dans son appartement. Il n'avait aucune explication à fournir face à cette gentillesse inattendue. En vérité, il regrettait d'avoir été aussi méchant. Un contact physique interrompt de façon soudaine ses réflexions. Elle lui sourit et lui tend une tasse emplie d'un liquide chaud et doré. Il prend la tasse et hume une nuance de miel. Il la regarde et elle hausse les sourcils, un petit sourire orne ses lèvres et il ressent la chaleur du thé se propager dans ses mains, ce qui lui rappelle qu'il est toujours trempé.
Elle acquiesce et lui désigne la salle de bains puis s'éloigne, enroulée dans un plaid.
Quelques minutes plus tard, de l'autre côté de la pièce.
Après avoir déambulé dans l'appartement pendant un moment, je m'assieds enfin sur le lit. Law ne tarde pas a me rejoindre. N'ayant pas de plaid, il se glisse directement sous la couette. J'attrape mon ordinateur et commence à écrire le pourquoi du comment sur le fait que je sois partie à sa recherche, ce qui semble le rendre vraiment confus. Je me relis rapidement et lui tends l'ordinateur, tout en essayant de ne pas fixer son visage pour observer ses réactions.
"Tout d'abord, je tiens a m'excuser. Vous devez vous sentir perdu dans ce nouveau monde et je n'ai fait qu'empirer les choses en vous donnant des énigmes en guise de réponses. Peut-être qu'en réalité, je ne peux vous aider mais je tiens a essayer. Parce que vous avez déjà fait tellement pour moi. Je suis un fantôme aux yeux des autres. Puisque je ne parle pas, je n'existe pas vraiment. Dans ce monde de bruit constant, mon silence dérange et est donc ignoré. Mais vous avez pris le temps de m'écouter et vous êtes resté avec moi. C'est pour cette raison que je ne peux pas vous abandonner. Parce qu'à travers vos yeux, je suis là, bel et bien présente. Et le simple fait que vous soyez ici, à mes côtés, représente beaucoup pour moi."
Alors que je me concentre sur le bruit des gouttes de pluie tapant contre la vitre et que je m'absorbe lentement dans mes propres pensées, j'entends le capot de l'ordinateur se refermer et le temps que je me sorte de ma méditation involontaire, je me fais rapidement plaquer contre le matelas. Il me surplombe et m'observe un moment. Il brise finalement le silence surpris.
-May Carter, ne vous traitez plus jamais comme un fantôme. Parce que vous êtes une personne magnifique, aussi bien intérieurement qu'extérieurement. Ceux qui vous ignorent ne comprennent pas quels trésors vous renfermez. Et je ne regretterai jamais de vous avoir adressé la parole parce que vous avez une voix sublime. C'est moi qui-...
N'y tenant plus, je me redresse légèrement pour finalement rencontrer ses lèvres, qui s'arrêtent de bouger et restent entrouvertes alors que je romps le contact de nos bouches. Il ne dit rien et embarrassée par mon acte impulsif, je regarde ailleurs. Son bras me bloque la vue mais le mur reste tout de même très intéressant en ce moment.
Il s'écroule alors sur moi, mon souffle se coupe brièvement et selon la règle : jamais deux actes impulsifs sans trois, je passe automatiquement mes doigts dans ses cheveux. Il ne réagit pas plus que lors du baiser, je crois que je viens de le perturber sérieusement. Quant a moi, ma température corporelle a augmenté soudainement et je ne sais pas si c'est dû au fait que je l'ai embrassé ou alors qu'il est maintenant couché sur moi et qu'il ne semble pas décidé à bouger.
Au bout d'un long moment qui me paraît une paisible éternité, il finit par se redresser pour me regarder longuement.
-Vous avez osé m'interrompre.
Je hausse les sourcils, m'attendant plutôt à un commentaire sur mon baiser impulsif qu'à une plainte. Je me tourne sur le côté, attrape l'ordinateur et écris ma réponse pour essayer de le faire réagir. Et il ne me rend pas la tâche facile en laissant ses mains de chaque côté de ma tête.
"J'ai osé vous embrasser."
Il fronce les sourcils en lisant la phrase et j'appréhende un autre coup de gueule.
-Personne n'a jamais osé m'interrompre.
Je fronce les sourcils a mon tour, confuse par le fait qu'il trouve plus important de réagir au principe de l'interruption plutôt qu'au baiser en lui-même. Mais comme je suis bornée, je décide de continuer à l'interroger jusqu'à ce qu'il réponde.
"Revoyez vos priorités, bon sang ! Je vous ai embrassé et vous n'avez pas réagi. Pourquoi ?"
Il m'observe à nouveau et cette fois, un léger sourire étire ses lèvres. Il se penche pour chuchoter dans mon oreille.
-Parce que je ne vois pas ça comme un problème, May. Vous pouvez recommencez quand vous voulez.
Alors que je me sens rougir, son sourire s'étire et je cache mon visage dans mes mains. Ensuite, lentement mais surement, je me dégage de cette zone dangereuse et découvre qu'éventuellement, le matelas n'a pas une place infinie donc je tombe tête la première mais je me relève rapidement et file à la salle de bains sans demander mon reste.
Quelques instants plus tard, il apparaît dans l'embrasure de la porte, je lève mes yeux débordants de larmes vers lui, il me sourit d'un air compatissant avant de s'approcher et d'examiner mon crâne douloureux.
-Vous n'êtes pas tombée de haut alors ça devrait faire l'affaire.
Il me tend un sachet de petits pois congelés que je pose sur ma tête, le froid soulageant les élancements perçants de ma boite crânienne.
-Je suis désolé, May. Je ne voulais en aucun cas vous effrayer.
Je secoue la tête et me montre du doigt, essayant de faire passer le message que je suis la seule fautive mais sans papier ou ordinateur, c'est compliqué de communiquer. Toujours est-il qu'il acquiesce, il a du comprendre de façon approximative. Lorsque les élancements se réduisent à un agacement chuchotement, je retire le sachet et frotte doucement mon cuir chevelu, grimaçant devant mon talent inexistant pour me sortir des situations délicates.
Si j'avais pu parler, je pense que j'aurais fait la même chose que celle que je fais désormais, c'est à dire aller me glisser sous la couette et la rabattre de façon à ce que je disparaisse totalement sous une immensité cotonneuse.
Il me rejoint rapidement et je sens qu'il se penche sur la forme informe de mon corps pour me parler.
-Moi aussi, je peux venir ?
Je ne lui réponds pas mais ouvre la couette de l'autre côté. Il finit par se glisser à mes côtés et ce n'est qu'au bout d'un long moment de silence que je m'aperçois que son rythme respiratoire s'est ralenti. Je ferme les yeux et finis aussi par m'endormir.
Quelques heures plus tard :
Trafalgar Law fronce les sourcils en sentant un corps chaud mais étranger dans ses bras. Il ouvre lentement les yeux pour observer May qui s'est inconsciemment glissée dans ses bras mais le plus surprenant, c'est qu'il n'a rien fait pour bouger. C'était si facile de la laisser faire, de la suivre quand elle l'entraîne dans cet appartement réconfortant et de l'écouter quand elle avait tellement de choses a partager.
Le brun n'était pas sûr de son futur et encore moins fier de son passé mais pour ce qui est de son présent, il le passe avec elle et il veut mémoriser chaque particularité de son nouveau quotidien.
Alors qu'il réfléchissait sur sa vie actuelle, il sentit la blanche se mouvoir doucement puis se figer soudainement. Comme si elle venait de réaliser ce qui se passait. Il baisse la tête vers elle et chuchote des paroles qu'il veut apaisantes.
-Vous n'avez rien fait de mal, May. Restez encore un peu, s'il vous plaît.
N'étant pas dupe, il s'attend à ce qu'elle recule. Mais au lieu de fuir, elle passe les mains dans son dos et se blottit un peu plus, à la manière d'un chat. D'abord surpris par cette bravoure affective inattendue, il sourit et la serre contre lui, enfouissant son nez dans cette chevelure voluptueuse dont il inspirait profondément le parfum d'amande.
