Quatre ans et demi passèrent. Takahisa continuait ses études d'économie dans un établissement modeste, et voyait Yuya tous les jours.

Yuya, lui, avait arreté ses études et travaillait dans une librairie. Il avait des horaires larges, qui lui permettaient de gagner correctement sa vie, mais, chaque jour, il n'attendait qu'une chose : retrouver les bras de son Taka et s'y blottir pendant des heures.

C'est ainsi qu'après une longue journée d'études, Takahisa alla sonner chez les Tegoshi.

Yuya, rentré depuis une demi heure à peine et fatigué, se précipita pourtant pour lui ouvrir, un sourire aux lèvres et referma la porte derrière lui.

- Ohayo, mon amour.

En souriant l'aîné le prit dans ses bras et l'embrassa tendrement.

Aaah, le meilleur moment de la journée. Avec un bonheur sans cesse renouvelé, le plus jeune se serra contre lui, posant la tête sur son épaule.

- Ne, Yu... J'ai trouvé un appartement. Tu veux vivre avec moi ?

- Honto ?! réagit-il immédiatement en relevant la tête.

- Ben oui puisque je te le propose, sourit-il.

- On emménage quand ?!

La question fit rire l'aîné.

- Tu es si pressé ?

- Très. J'ai hâte qu'on soit juste tous les deux.

- Alors je te dirais quand on pourra. Je dois rentrer maintenant, je voulais juste te prévenir.

- D'accord, alors à demain, mon amour, fit le plus jeune.

Les deux jeunes hommes s'embrassèrent longuement et se quittèrent sur un dernier je t'aime.

Une fois son Taka hors de vue, Yuya retourna dans la maison et, en passant devant la porte du salon, entendit la voix de son père l'appeler.

- Qu'est ce que tu veux ? demanda-t-il froidement depuis sa position.

- Que tu viennes, répondit l'homme en lui lançant un regard par-dessus ses lunettes.

- Si tu n'as rien à me dire, je vais dans ma chambre, fit Yuya en tournant les talons.

- Non, attends, fit le père en se levant pour le rejoindre.

Extrêmement sur ses gardes, le jeune homme se plaqua contre le mur.

- Pourquoi tu me fuis alors que je t'aime tant ? souffla le père en caressant sa joue du bout des doigts.

- Ne me touche pas ! riposta le jeune homme en repoussant violemment sa main.

Blessé par cette réaction, l'homme prit sa mâchoire dans sa main, dirigeant son visage vers le sien, le regard attristé.

- Pourquoi, Yuya ? Pourquoi tu ne m'aimes pas ?

- Comment tu peux oser me demander ça ?! Tu... Tu... Tu me dégoûte ! Ne t'approche plus de moi !

- Qu'est-ce que j'ai fait pour mériter une telle haine ?

- Tu te rend même pas compte de ce que tu fais en plus ?! Faut te faire soigner !

Un sourire malsain naquit sur les lèvres du père qui leva de nouveau la main vers lui pour la plaquer sur son postérieur pour en apprécier la courbe.

- Je t'ai dis de pas me toucher ! rugit Yuya en essayant de museler sa terreur, avant de s'écarter.

- Tu es incapable de me repousser complètement, Yuya... souffla-t-il en revenant masser son postérieur.

De nouveau, le jeune homme tenta de le repousser, de l'empêcher de le toucher, mais il n'était pas assez fort.

Avec une certaine habileté, le père caressa son postérieur, ses mains venant parfois sur ses hanches.

- Laisse-moi ! Laisse-moi tranquille ! Je... je vais partir !

- Comment ça ?

- Je vais emménager avec Taka, alors il faudra que... que... tu te contente de ta main droite !

- Je t'interdis de partir !

- Tu n'as pas le pouvoir de m'en empêcher ! Je suis presque majeur !

- Mais tu ne l'es pas encore, Yuya. Alors jusqu'à tes vingt ans, tu resteras ici !

- Non ! Je pars !

- Tu ne peux pas sans mon autorisation.

- Celle de mama suffira !

- Je vais lui interdire de t'en faire une.

- Mais t'as vraiment un problème psychologique ma parole ! Faut te faire soigner mon pauvre ! Dégage !

- Ne me parle pas sur ce ton ! rugit l'homme de sa voix grave.

- Je te parle sur le ton que tu mérite !

- Je suis ton père, tu n'as pas à me parler comme ça. !

- Tu n'es pas mon père, tu es... tu es juste un détraqué sexuel !

- Je suis bien ton père, Yuya, que tu le veuilles ou non !

- Ca ne te fais rien de toucher ton fils de cette façon ? fit le jeune homme, la voix tremblante.

- Non.

- Arrête... Je t'en prie, arrête... supplia le jeune homme qui avait perdu sa morgue.

- Non. Tu vas te laisser faire, pour une fois.

- Non... Non, je veux pas... Je veux... Il n'y a que Taka qui... Je t'en prie...

- Ca ne sert à rien de me supplier, ça fait trop longtemps que j'attends ça, et davantage jours après jours...

- Pourquoi je suis pas resté Yumi... Mama avait raison...

- Oh non. Elle avait tord. J'aurais pu t'avoir bien plus vite...

Une dernière fois, le jeune homme essaya de se sauver vers sa chambre, mais il n'avait plus beaucoup d'espoir.

- Reste là ! cria l'homme en le rattrapant par le bras pour le plaquer contre le mur du couloir. Tu es à moi, Yuya... A moi seul...

Avec un sourire à faire froid dans le dos, il s'approcha de lui et posa ses lèvres dans son cou.

Révulsé, dégoûté, terrifié mais pris au piège, Yuya fut obligé de se laisser faire. Il souhaita que la terre s'ouvre sous ses pieds pour qu'il disparaisse, qu'il n'ait à subir rien de plus que ces attouchements obsènes. Il aurait voulu mourir avant que le pire n'arrive... mais il savait que ça n'arriverait pas.

- Ta peau est si douce... souffla-t-il en la parcourant de sa bouche, remontant vers sa mâchoire, une main passant sous le pan de son t-shirt.

Il ferma les yeux, serra les dents et crispa les poings, puis eut une ultime idée pour, peut-être, lui échapper : il tenta de lui donner un coup de poing dans le ventre.

Le coup, bien que correctement placé, ne suffit par pour faire lâcher prise à son père qui se colla davantage à lui, suffoquant légèrement.

- On essaie de s'échapper ? fit-il contre sa peau. Je vais devoir te donner une leçon...

Il déboutonna alors le pantalon de son fils avant de le laisser glisser au sol, passant sa main sur sa virilité pour la faire réagir.

- Taka... murmura Yuya, son esprit essayant de s'évader vers son bien-aimé.

Si son père parvenait à ses fins, il ne pourrait plus jamais regarder son Taka en face. Il serait sali à tout jamais.

Après quelques instants de ce traitement infâme, le membre de Yuya finit par se dresser entre les doigts rudes de son père qui, avec ce même sourire malsain, se laissa glisser contre lui pour venir le prendre en bouche, ses mains palpant son postérieur avec envie.

- Non... Non... Arrête... dit encore Yuya, des larmes de honte coulant sur ses joues.

Il faisait courir sa langue sur toute la longueur, ses lèvres décrivant à peu de chose près le même trajet, avant de commencer des va et viens d'un rythme plutôt soutenu.

- Arrête... Arrête... continua le jeune homme, espérant toujours un remord de son infernal géniteur.

Mais celui-ci avait tout sauf envie de cesser de prodiguer ses soins, l'une de ses mains venant même masser ses bourses.

Traumatisé, le garçon cessa d'oposer la moindre résistance, il avait compris que plus rien ne pourrait l'arrêter désormais.

Ses mouvements se firent plus rapide, plus appuyés, plus précis, cherchant à le faire partir. Il voulait recevoir sa semence, goûter à ce à quoi seul Takahisa -et encore il n'en était pas certain- avait eu droit.

De toutes ses forces, Yuya tenta de se retenir, il tint le plus longtemps qu'il put, mais il était seulement humain. Le traitement finit par avoir raison de sa résistance et il se libéra brusquement, terrassé de honte.

Avalant avec grand plaisir, le père se redressa, caressant le corps de son fils à travers ses vêtements, et approcha ses lèvres des siennes pour l'embrasser.

Incapable de réagir, le jeune homme se laissa faire, terrassé de honte, sali, irrémédiablement souillé.

Le père posa finalement ses lèvres sur les siennes et se mit à l'embrasser à pleine bouche, sa langue courant à la recherche de son homologue, ses mains le parcourant sans cesse, le caressant sans délicatesse, le palpant, le touchant.

Totalement sans réaction, l'esprit évadé de son corps, Yuya n'était plus qu'une poupée de chiffons entre les bras du pervers qui l'utilisait comme un objet.

Après l'avoir soigneusement parcourut, l'homme le saisit au bras et poussa la porte de sa chambre pour le jeter sur son lit, avant de l'y rejoindre, ouvrant déjà sa ceinture et son pantalon.

Sazae, de son côté, venait de rentrer des courses. Elle posa le tout dans la cuisine et se dirigea vers le salon, pour demander l'aide de son fils, mais ne l'y trouvant pas, se rendit à sa chambre où elle ne le vit pas davantage. Un mauvais pressentiment lui serrant la gorge, elle s'approcha de leur chambre et étouffa difficilement un cri en appercevant l'horrible scène qui avait lieu sous ses yeux. Voir son fils à demi nu et sans réaction face à son père manifestement prêt à le violer lui fut insoutenable. Elle devait sauver son Yuya, même si ça devait être la dernière chose qu'elle ferait. Courant à la cuisine, elle s'empara d'une poële, entra dans la chambre et en frappa le crâne de son mari de touteses ses forces.

Celui-ci se tétanisa alors, puis tomba sur le côté, franchement assommé, alors qu'il était prêt de faire l'irréparable acte. Le coeur battant, Sazae le repoussa de toutes ses forces. Le corps inanimé glissa sur le sol et elle se précipita vers son fils. Tout en tirant le plaid habituellement plié au bout du lit pour les nuits fraiches, elle le prit dans ses bras, l'enveloppant dans la chaude couverture.

- Yuya ?

Mais le garçon resta sans réaction, des larmes continuant, seules, à couler de ses yeux fixés sur le néant.

- Yuya, mon grand, réponds-moi... implora-t-elle en lui caressant les cheveux. S'il te plait...

- Mourir... murmura le garçon, à peine audible.

- Eh ? Mais qu'est-ce que tu racontes ? fit-elle, les yeux exorbités et le coeur battant.

- Je veux mourir...

- Non ! Non, ne fais pas ça, Yuya ! Je t'aime ! Taka-chan t'aime aussi ! pria Sazae en le serrant contre lui.

- Je suis sale... si sale...

- Ca va passer, trésor, je te le promets. Oh, tu veux que j'appelle Taka-chan ?

- Non... Taka... Il peut plus me toucher... Je suis plus... Je suis plus rien... rien du tout...

- Ne dis pas de bêtises, voyons. Il t'aime à en mourir. Ca se voit. Il fera ce qu'il faut parce qu'il est celui qui te connait le mieux.

- Je suis plus rien... Un objet... Juste un objet... Je veux mourir...

- Ne dis pas ça, Yuya ! Je ne veux pas que tu meures !

Le jeune homme se tut et se mura dans le silence.

- Je ne veux oas que tu meures, et je suis sûre que Taka-chan non plus. Tu veux le rendre triste ? Tu veux briser tous ses rêves de pouvoir vivre avec toi et de pouvoir t'épouser ?

Mais Yuya, profondément traumatisé ne réagit plus, ne remua plus et ne prononça plus un mot.

- Yuya... dis quelque chose...

Pour toute réponse, le garçon se recroquevilla sur lui-même et ferma les yeux.

- Yuya, s'il te plait...

- ... rester yumi... murmura-t-il d'une voix à peine audible.

Sazae soupira imperceptiblement et le releva pour le diriger vers la salle de bain.

- Il faut que tu prennes une douche, mon coeur. Tu te sentiras mieux après. J'appelle ton Taka en attendant.

Docilement, il se laissa piloter, avançant comme un automate, puis, une fois dans la douche, se mit à se savonner comme un fou, encore et encore et encore, cherchant à faire disparaitre une saleté invisible, jusqu'à mettre sa peau à vif.

Lorsque la mère revint, elle se précipita vers lui en voyant à quel point sa peau était rougie, et lui prit le gant des mains, éteignant ensuite l'eau, pour le faire sortir. Elle le drapa dans une grande serviette propre et le sécha délicatement.

- Ton Taka arrive bientôt, je l'ai appelé.

L'information arriva au cerveau perturbé du jeune homme, qui écarquilla les yeux.

- Non ! Il faut pas ! Il faut plus ! Je le mérite plus ! Empêche-le !

- Yuya, il est le seul qui arrivera à t'apaiser. Fais lui confiance. Il t'aime.

- Non ! Non non ! Il faut plus ! Je vais le salir aussi ! Il faut pas !

- Si ! cria-t-elle. Ne dis pas de bêtises. Tu vas le voir et il va t'aider.

Le garçon, terrifié, resta figé.

- Vas t'habiller, mon grand, sourit-elle piteusement en le tournant vers sa chambre.

- Il va revenir, ça sert à rien... Plus rien ne sert à rien...

- Il ne reviendra pas, fais-moi confiance. Je vais tout faire, je te le promets.

Dix minutes plus tard, Yuya était habillé et pelotonné sous sa couette.

C'est à ce moment là que Takahisa vint sonner à leur porte, inquiet, étant donné que Sazar lui avait seulement dit que Yuya avait besoin de lui. La mère, affolée de l'état psychologique de son fils, se précipita ouvrir.

- Taka-chan... commença-t-elle avant d'éclater en sanglots.

- Hé, mais qu'est-ce qu'il se passe ? C'est si grave que ça ?

- Son… père... Il... Il a... essayé... de... de...

- De quoi ?

- Si je... n'étais pas a... arrivée... il l'aurait...

- Qui ? demanda encore Takahisa, pâlissant à vue d'oeil.

- S... Son père... il l'a... p… presque...

Le sang reflua encore davantage du visage du jeune homme alors qu'il comprenait.

- Et... Et Yu ? Comment il va ?

- Il... Il parle de m... mourir...

- Je peux le voir ?!

- Il... Il ne v... voulait pas que... je t'a... appelle. il a d... dit qu'il... qu'il é... était sale et qu... qu'il allait te s... salir...

- Il est dans sa chambre ? demanda-t-il en faisant un pas vers la porte.

- Hai...

Masuda se dirigea alors vers celle-ci, toqua doucement à la porte et l'entrouvrit pour y passer la tête.

- Yu ?

Mais la forme recroquevillée sous la couette ne remua pas. Rien ne laissa supposer que l'interpellé l'avait même seulement entendu.

- Mon coeur ? fit-il encore, avançant un peu plus vers le lit.

Le petit nom tendre ne déclencha pas davantage de réaction. Le palpitant battant contre ses côtes, Takahisa s'approcha encore et s'agenouilla à côté de lui, posant sa main sur ce qui semblait être son épaule.

- Yu, c'est moi...

Mais la réaction ne fut pas celle escomptée. Un cri de terreur jaillit de sous la couette, aussitôt suivi de sanglots convulsifs.

- Yu ! fit-il avant de soulever la couette pour le découvrir et le voir.

Ce qu'il découvrit n'était pas beau à voir. Les rares parcelles de peau du plus jeune étaient rouges et à vif, ses yeux gonflés d'avoir pleuré en vain et il tremblait de tous ses membres.

Incapable de le regarder sans rien faire, l'aîné le prit immédiatement contre lui, l'entourant de ses bras pour le serrer et le protéger, pour lui faire comprendre qu'il resterait pour toujours à ses côtés.

- Non ! Non ! Taka ! Je veux pas ! laisse-moi ! Takaaaaa ! s'écria le cadet, si traumatisé qu'il n'arrivait pas à reconnaitre celui qu'il appellait si fort.

- C'est moi, Yu. Je suis là, dit-il d'une voix qu'il voulait apaisante.

- Sale... si sale... Je veux pas le salir... Il ne doit plus me toucher... Trop sale... Mourir...

- Non !

Terrifié à l'idée de le perdre, il le tourna vers lui et le força à le regarder.

- Je suis là, Yu. C'est moi, ton Taka... Je suis là.

Le plus jeune délira encore un moment en répétant sans cesse les mêmes phrases, puis finit par s'endormir d'un sommeil agité.

Incapable de le laisser, Takahisa le garda étroitement serré contre lui, déposant régulièrement des petits baisers tendres dans ses cheveux ou sur son visage.

Après un bon moment, les tremblements de Yuya s'arrêtèrent et son sommeil se fit plus calme, signe que ce dont il avait été la victime avait, au moins provisoirement, quitté son esprit. Mais même à ce moment là, l'aîné ne cessa pas de l'embrasser tendrement en le serrant contre lui, espérant que ses "bras doux et forts" finiraient par réellement calmer celui qu'il aimait. Yuya rouvrit les yeux presque deux heures plus tard et son regard tomba immédiatement sur le visage de celui qu'il aimait tant.

- Taka ? Taka ! répéta-t-il avant d'enfouir son visage contre lui.

Celui-ci, tiré de sa somnolence, le serra contre lui avec force, heureux qu'il le voie enfin.

- Yu... j'ai eu tellement peur...

- Taka... Il.. J'ai... il a... Et moi j'ai... balbutia le cadet, incapable de terminer la moindre phrase, avant de se remettre à pleurer.

- Shhht... calme toi, mon coeur... Calme-toi, je suis là... fit-il doucement en lui caressant les cheveux.

- Je suis si sale... des millions de douches n'y changeraient rien...

- N'y pense plus, mon ange... Repose-toi, calme-toi... on en parlera plus tard, quand tu seras remis.

- Si tu me touche, tu seras sale toi aussi... Tu le mérite pas. Je te mérite plus...

- Ne dis pas ça. Je t'aime, je ne te laisserai pas. Je suis prêt à te suivre jusqu'en enfer, alors ne me dis pas que tu ne me mérites plus.

- Taka...

- Ne dis pas des choses pareilles alors que je t'aime à en mourir, Yu...

- Il m'a... Je ne voulais que toi, mais il... il...

- Shhht... N'en parle plus...

- J'ai... pas pu me retenir... Je voulais pas mais... continua pourtant le plus jeune qui semblait avoir besoin d'évacuer malgré tout.

- Comment ?

- Je... dans sa... bouche... murmura-t-il, écrasé de honte, en fuyant le regard de son aîné. j'ai... J'ai essayé de... de ne pas... mais j'ai pas pu...

- On ne choisit pas de se retenir ou pas dans ces circonstances, Yu. Le principal est que tu ailles bien. Il ne t'a pas fait mal ?

- Non...

- Tant mieux...

- Jusque là il s'était toujours con… contenté de me toucher sans… rien faire dautre. Mais aujourdhui... il a dit qu'il a… avait assez attendu et qu… que je lui appartenais, dit encore Yuya en étouffant un sanglot.
- Tu ne lui appartiens pas et tu ne lui appartiendras jamais. Moi seul ai le droit de te toucher...

- J'ai e… essayé de le repousser de… toutes mes forces, continua le plus jeune en se serrant contre son Taka comme s'il voulait entrer en lui, mais il était… trop fort pour moi. Il reviendra, Taka, et il me… prendra... Je suis… encore mineur, je ne peux rien faire sans... sans...

Il ne put achever et fondit en larmes.

- Mon coeur... Ne pleure pas, on trouvera un moyen... Ta mère peut te donner son autorisation, ça suffira...

- Il lui... inter... dira de le f… faire. Il l'a d… dit... Je p… pourrais pas, Ta... ka. Je su... supporterais pas qu'il me t… touche encore. Je me t… tuerais.

- Non ! Il est hors de question que tu m'abandonnes ! Je te jure que je ferai tout pour que tu partes, fit-il en le serrant désespérément contre lui, je ne veux pas te laisser ici, Yu.

- J'ai p… peur, Taka... J'ai peur de v… vivre.

- Mais qu'est-ce que tu dis, baka? C'est parce que tu vis qu'on s'est rencontré...

- Mais si j'é… tais mo... mort, il p… pourrait plus ri... rien.

Blessé par ces mots, l'aîné le lâcha et le regarda durement.

- Je vois que tu préfères mourir plutôt que de te battre pour rester avec moi... Je ne te savais pas aussi peu intéressé par notre relation...

Stupéfait et effrayé, Yuya s'accrocha à lui comme un désespéré.

- Si ! Sinon je n... n'aurais pas a... ccepté de t... t'épouser ! Mais j'ai peur !

- Alors arrête de dire que tu préfèrerais être mort ! Tu t'imagines ce que je ressens quand tu dis des choses pareilles ?!

- G... Gomen... murmura le plus jeune en baissant la tête.

- C'est comme si je disais que je voulais mourir... souffla-t-il en le reprenant contre lui.

- J'ai... pas pensé que...

Il s'interrompit et nicha le nez dans son cou sans plus rien dire. Un moment plus tard, vaincu par l'émotion, il s'endormit profondément, toujours accroché à son Taka.

Celui-ci le serrait contre lui avec tendresse, l'embrassant parfois en caressant doucement son visage ou ses cheveux. Il voulait le protéger, empêcher cet homme de le toucher, et il ferait tout pour cela.

Le lendemain, alors que Yuya était au travail depuid quelques heures, Takahisa alla sonner chez les Tegoshi.

Se trouvant a proximité, Sazae alla ouvrir.

- Oh Taka-chan, bonjour. Yuya est au travail tu sais.

- Bonjour, Sazae-san. Oui, je sais. Je voulais vous parler en fait.

- Oh. Entre, je ten prie. Tu veux boire quelque chose ?

- Je veux bien, merci.

- Assieds-toi, fit-elle en séloignant, avant de revenir avec une bouteille de coca dont elle servit deux verres. Je t'écoute.

- Je ne sais pas si Yuya vous l'a dit, mais j'ai trouvé un appartement et je lui ai proposé d'emmémager avec moi.

- Si il m'en a parlé.

- Le problème, c'est qu'il a besoin d'une autorisation puisqu'il est encore mineur. Vous pouvez la lui faire ?

- Je suis prête à tout pour qu'il échappe à son père. Même à l'émanciper s'il le faut.

- Alors donnez votre accord s'il vous plait. Je ne veux plus qu'il vive de telles choses...

La mère sauta sur un stylo et des feuilles pour rédiger rapidement deux lettres. Elle lui tendit l'accord pour lappartement, puis déclara que, pour la sécurité de Yuya, elle allait le faire émanciper.

- Merci beaucoup, Tegoshi-san, fit-il en s'inclinant profondément. Je peux vous demander un dernier service ?

- Si cest pour mon Yuya, avec plaisir.

- Vous pourrez nous aider à l'emménager ? On ira plus vite avec une paire de bras en plus. Ma mère aussi va nous aider et je pensais que ça serait mieux quand votre... mari sera au travail.

- Bien sûr. Et jamais je ne lui donnerais votre adresse. Quand veux-tu que nous le fassions ?

- Quand les papiers seront transmis. Ce sera dans trois jours tout au plus, je pense.