Le capitaine Picard avait réuni ses officiers en salle de conférence. Après avoir visité cinq autres sites de disparition, ils n'avaient trouvé aucun autre indice. La seule bonne nouvelle est qu'il n'y avait pas de nouvelles disparitions, depuis que Starfleet avait envoyé des avertissements à tous les vaisseaux sur son territoire. Le seul vaisseau susceptible de disparaître était le Galaxy.
- Je vous ai réuni pour faire le point, commença Picard. Est-ce que les analyses sur la nacelle de secours sont complétées?
- Oui Capitaine, dit Geordy. La nacelle a subit un stress important, mais nous n'avons trouvé aucun autre information mises à part les bases de données.
Dans les base des données d'une nacelle de sauvetage se trouvaient souvent les enregistrements de vol du vaisseau, transférées automatiquement à bord de la nacelle par tranche de deux heures; c'était l'équivalant de la boite noire d'un avion du 21e siècle, et ça permettait de répondre à bien des questions.
- Qu'y avait-il sur les bases de données, demanda Picard?
Data se leva.
- On sait maintenant que le Bozeman est allé dans un autre monde. Cette nacelle a quitté le Bozeman et a réussi à revenir dans ce monde.
Il alluma l'écran et ils virent l'image de la lumière qui grandissait et absorbait le Bozeman. Ensuite, les senseurs ne révélaient rien, mais en visuel, il n'y avait que du blanc : une lumière blanche et un autre vaisseau tout près du Bozeman.
- Peut-on avoir une meilleure image de ce vaisseau, demanda Picard.
Data obéit et agrandit l'image, la forme floue du vaisseau se précisa.
- L'avez-vous identifié?
- Oui, capitaine, selon nos bases de données, il s'agit du Pioneer, un des vaisseaux disparus.
- Autre chose?
- Oui, regardez. À ce moment précis, il se passe quelque chose.
Sur l'écran, l'image trembla un court moment.
- Selon les senseurs, quelque chose a frappé le Bozeman au même moment, quelques minutes après, la nacelle a quitté le vaisseau et est revenue dans notre espace.
- Pouvons-nous assumer que ce qui a frappé le Bozeman était Q, demanda Beverly?
- C'est possible, mais ce n'est pas prouvé.
- Ça veut dire, coupa Riker, que notre espace était encore accessible à ce moment-là, puis qu'elle a pu revenir ici avec une nacelle de sauvetage.
Les yeux de l'androïde se mirent à bouger rapidement.
- C'est tout à fait possible commandeur. Ça signifie aussi que tout cet espace est fragilisé, une faille peut s'ouvrir à tout moment et nous absorber.
- Pourrions-nous aussi ouvrir une faille et ainsi permettre aux vaisseaux disparus de revenir?
- Nous n'avons pas assez d'informations pour pouvoir le faire. Il n'y a que deux personnes qui pourrait nous aider.
- La première étant Q, comprit le capitaine, si nous arrivons à la faire coopérer. Qui est la deuxième?
- Ce qui est la cause de ces enlèvements a la même origine que l'anomalie qui a causé la disparition de l'enseigne Léa Roberge. Elle est la meilleur spécialiste pour cette situation précise.
Le capitaine se rembrunit, se rappelant soudain sa séance d'hypnose et l'enlèvement de Léa.
- Notre meilleur espoir est donc de convaincre Q de collaborer, dit-il brusquement. Ce qui ne nous avance pas vraiment. La réunion est terminée.
- Capitaine, insista Data. Je voudrais pouvoir accès à ses travaux, ça pourrait nous être utile.
Picard soupira.
- Je vais faire le nécessaire. Vous êtes excusés.
Les officiers quittèrent la pièce, Troi resta.
- Que voulez-vous, conseillère, dit Picard sur un ton froid?
- Vous savez bien que je l'ai ressenti.
- Oui, dit-il, mais qu'est-ce que ça change? Elle n'est pas là, elle ne peut pas nous aider; alors à quoi bon raviver des souvenirs douloureux?
- Parce que, que vous le vouliez ou pas, elle est liée à toute cette histoire.
- Comment?
- Admettons que vos rêves soient vraiment des souvenirs et non des fantaisies. Il y a visiblement une intelligence derrière tout ça et ceux qui sont venus chercher Léa dans le Nexus sont les mêmes qui ont fait disparaître ces vaisseaux. Si nous pouvions comprendre pourquoi ils l'ont enlevée, ça nous aiderait à résoudre ce mystère.
Le capitaine réfléchit.
- C'est peut être à cause de ses anti-chronitons ou à cause de ses connaissances sur le sujet. Ils l'ont kidnappée pour l'empêcher d'agir alors qu'ils s'apprêtaient à attaquer.
- Ou bien, ils voulaient l'utiliser. Ses anti-chronitons sont peut-être une arme entre leurs mains.
- Je vois ce que vous voulez dire. Data a raison : nous avons besoin d'elle.
- Mains nous ne pouvons l'atteindre.
- Nous le pouvons, dit-il avec confiance, d'une certaine façon.
- Là, c'est moi qui ne vous suis plus.
- J'ai passé beaucoup de temps avec elle dans le Nexus, nous avons parlé de tous les sujets possibles, nous avions aucune contrainte temporelle. Je ne me souviens que de brides. Mais si elle m'a parlé de ses travaux, la connaissance est en moi. Vous allez devoir m'hypnotiser à nouveau.
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Quand Riyax entra dans l'infirmerie, Léa était assise sur un lit et tenait sa tête à deux mains, des larmes coulaient le long de ses joues. Le docteur Pulaski essayait de lui parler, mais elle ne répondait pas.
- Que s'est-il passé, demanda le conseiller?
- Elle étudiait les données des sondes avec Dunagan quand elle s'est effondrée en se mettant les mains sur les oreilles. Elle criait à un ennemi imaginaire de la laisser tranquille.
- Et là, que fait-elle?
- Elle ressent de la douleur et ça semble très intense, mais il n'y a aucun problème médical, et les antidouleurs ne font pas effets, alors je ne peux pas l'aider.
Riyax approcha Léa et s'assit à ses côtés sur le lit.
- Léa, pouvez-vous me dire c e qui se passe?
- Ils… m'ont… retrouvée…, dit-elle avec difficulté.
- Qui? Ont-ils un nom?
- Les Omz… Pourquoi ne les sentez-vous pas?
- Léa, reprit le Dénobulien avec prudence, notre expérience avec eux n'est pas la même que la vôtre. Peut-être que vous pouvez les ressentir à cause de ces anti-chronitons ou à cause de votre passage dans le Nexus, sinon à cause de qu'ils vous ont fait.
Elle se prit le la tête à deux mains.
- Ça brûle!
- Je suis désolée, Léa, mais nous ne pouvons rien, à moins de sortir d'ici. Vous êtes notre spécialiste, nous avons besoin de vous pour sortir d'ici.
Son visage était crispé par la douleur.
- C'est ma faute si vous êtes ici!
- Que voulez-vous dire?
- Ils m'utilisent comme arme… pour attaquer leurs ennemis. Dans leur univers… mes anti-chronitons… comme de l'antimatière. Quand, ils attaquent… ça fragilise l'espace et… absorbe un vaisseau de notre espace.
Elle reprit son souffle.
- Harg ! Ça empire!
- Que vous font-ils donc, s'inquiéta le Dénobulien?
- Ils se préparent à attaquer à nouveau. RECULEZ!
Riyax s'éloigna rapidement du lit. Léa devint tout à coup blanche et lumineuse, la lumière devint si aveuglante qu'il du détourner le regard. Et pendant un bon moment, elle hurlait, entourée par la lumière. Puis, il n'y eut plus de lumière. Léa gisait, inconsciente sur le sol. Pendant que le docteur Pulaski se précipitait pour lui donner des soins, le conseiller activa son communicateur.
- Riyax à passerelle, il vient de de passer quelque chose à l'infirmerie, avez-vous détecté quelque chose de nouveau?
- Vous pouvez dire ça, répondit le capitaine. Le USS Bozeman vient d'apparaître juste devant nous.
