Chapitre 8

Chelsea était de retour dans la salle commune des Gryffondors, elle cherchait en vain sa mère depuis plusieurs minutes, passant auparavant par les toilettes de Mimi Geignarde mais sans aucun résultat. Où était donc passée sa mère ? Après avoir scruté plus attentivement la salle commune, elle se rendit compte que sa mère n'était pas la seule à avoir disparu de la circulation. En effet, la Miss Je-Sais-Tout avait aussi déserté. C'était une très mauvaise nouvelle. Si la Bouffondor était aussi maligne que sa fille elle ne tarderait pas à retourner sa mère contre elle, voir à lui faire perdre la confiance de celle-ci. Elle soupira, pensant qu'elle pourrait toujours les retrouver avec son badge mais si elle se pointait alors qu'elles étaient véritablement bien cachées, cela allait rendre les deux Gryffondors encore plus méfiantes. Il ne lui restait plus qu'à se rapprocher de son père en attendant de pouvoir réparer les dégâts que la Miss Je-Sais-Tout aurait pu commettre.

Astoria était remontée dans son dortoir, il fallait qu'elle soit prête à agir dès que Draco serait seul, peu importe le moment auquel ça arriverait, puisque la bâtarde restait collée à ses basques. Au moins pourrait-elle compter sur l'aide de Théo. Elle pourrait toujours lui demander d'essayer de séduire la jeune fille afin de l'éloigner de son père plus souvent. Pour l'instant, il fallait qu'elle récupère ce truc moldu qui allait s'avérer plus rapide que la préparation d'une quelconque potion. Elle récupéra rapidement un sachet contenant de la poudre blanche sous un de ses vêtements puis ressorti du dortoir. Elle n'en cru pas sa chance quand elle vit Draco seul près de la cheminé en train de lire un quelconque livre de cours. Elle avisa le jus de citrouille de son ami posé sur la table basse et y versa une partie du sachet sans que son camarade ne s'en rende compte. Quelques instants plus tard, après avoir vidé son verre d'un trait il se retourna vers elle.

_Asty, pourquoi y a des étoiles filantes dans la salle commune ?

_Ce n'est rien, ne t'inquiètes pas. Viens je vais te montrer un endroit génial, répondit-elle en l'entraînant à l'extérieur.

A l'extérieur de la salle commune, elle commença à l'embrasser, le caresser. Au début il essaya de se débattre puis totalement pris dans son délire cocaïné, il laissa Astoria graver son prénom dans la peau de son bras. C'était marrant on aurait dit que les lettres ondulaient, pensa-t-il sur le moment. Il essaya alors de se lever pour voir si elles continueraient leur danse une fois qu'il serait debout. Seulement il n'alla pas loin, une fois dans le couloir, il s'effondra contre un mur. Impossible d'aller plus loin, alors il resta debout là, et Astoria le rejoignit.

Scorpius cherchait un endroit tranquille où il pourrait faire mijoter l'antidote, mais pas trop sale afin qu'il puisse, éventuellement, continuer ses activités avec Miah. Bon sang il avait tant attendu ce moment ! Et les deux fois où il aurait pu enfin l'embrasser, goûter sa bouche et sentir sa langue sur la sienne, sa fichue demi-sœur débarquait. Et avec un sourire moqueur aux lèvres en plus ! Il se vengerait. Oh un truc sans grande conséquence, mais il n'allait pas laisser ces crimes impunis. Il regarda où ses pas l'avait mené, et remarqua une pièce totalement abandonnée, à l'écart des chemins habituels des étudiants. Il jeta un sort d'impassibilité sur la porte, ainsi qu'un sort de silence. Puis il signala la pièce sur son badge afin qu'elle soit reconnu par les autres pins existants, et afin que Miah puisse le rejoindre quand elle aurait son matériel. Enfin il commença à nettoyer la pièce de quelques coups négligents de baguette.

Gérémiah fixa désespérée la liste que lui avait donné Scorpius. Comment, par le caleçon à nounours roses en soie de Salazard, allait-elle pouvoir lui trouver tout ça ?! Elle parcouru à nouveaux la liste du regard, cherchant désespérément par quoi elle pourrait commencer, et quel serait le plus simple :

2 larmes de phénix

Utiliser le piaf du dirlo ?

1 bézoard

Il y a-t-il une chèvre dans le coin ?

5 grammes de poussière d'étoiles

Les allés-retours en fusée sont gratuits, peut-être ?!

1 demi-litre d'huile de mandragore

Elle qui faisait une fixette sur l'hygiène...

200 grammes de framboises

Est-ce que les framboises allaient toute survivre avant qu'elle ne les mange ?

3 grammes d'aconit coupé en rondelle

Comme si elle allait en trouver dans une des serres de l'école !

1 chaudron en cuivre calibre 5

Pourquoi un calibre 5 ? Un normal, ce n'est pas suffisant ?

1 scalpel en argent

En argent, en plus ! L'argent pousse dans les arbres, peut-être !

1 cuillère en bois d'ébène

Pourquoi cet arbre-là en particulier ? Même les potions sont capricieuses, ou c'est Mr Malfoy lui-même, qui voulait l'embêter ?

1 dizaine de fioles vides

Pourquoi autant ?

5 litres d'eau

Heureusement qu'il y en avait partout !

300 grammes de chantilly

Même sort que pour les framboises...

Elle était peut être nulle en potion, mais il lui semblait que les framboises et la chantilly n'entraient pas dans la recette de l'antidote de l'Amortentia. Étonnamment ce serait le plus facile à trouver, rigola-t-elle intérieurement. Elle se dirigea donc d'un pas dansant vers les cuisines.

Saki et Théodore se dirigeaient tranquillement dans les couloirs vers les cachots, afin de reprendre leurs missions en cours. Alors qu'ils tournaient à un angle, ils surprirent une scène qui choqua la jeune fille. En effet à quelques mètres de là, Astoria était à genoux devant Draco, alors que ce dernier prenait visiblement du plaisir. En soi, cela n'avait rien de choquant entre adolescents qui ont des hormones en folie, elle aurait pu comprendre. Non ce qui l'avait choqué c'était le regard vide de son père, et le nom gravé dans la peau de son bras apparemment avec une lame. Il semblait que son père n'était plus lui-même et cette fille lui faisait du mal. Elle allait s'élancer vers eux quand Théo, la ceintura et la poussa derrière le coin du mur. Saki était en état de choc, elle tremblait et semblait perdue ailleurs. Théodore soupira, la jeune fille allait lui en vouloir mais il n'avait pas le choix. Il lui lança un sort de sommeil et la cacha derrière une des statues avant de se montrer dans le couloir.

Harry soupira. Dans quoi s'était-il encore fourré ? Quel idiot sortirait avec une fille juste pour l'empêcher d'être triste. Rien que par cette décision il était sûr de s'être enfermé lui-même auprès de Ginny. En même temps, s'il n'avait rien fait Ron lui en aurait voulu de faire du mal à sa pauvre petite sœur sans défense. Il soupira une fois de plus, il aurait aimé faire connaissance avec sa fille, mais il ne la trouvait nulle part. Il aurait aimé lui expliquer pourquoi lui et la fouine s'était impossible, et qu'il était désolé pour elle. En même temps, Hermione lui avait bien dit que ce n'était pas comme un meurtre, elle n'existait pas encore donc ce ne serait pas comme si il la tuait, elle n'existerait pas. Et puis, d'après Hermione, même le directeur ne lui en voudrait pas, puisque ce dernier avait bien précisé que chacun était maître de son avenir. Donc, s'il ne voulait pas coucher avec Malfoy cela ne regardait que lui. Et puis, si elle était sa fille elle ne voudrait que son bonheur, donc elle comprendrait.

Théodore se racla la gorge dans le couloir quasi désert afin qu'Astoria le remarque. Cela ne manqua pas, cette dernière leva immédiatement la tête. Théo lui sourit tout en retenant ses envies de meurtre, et se cala doucement contre le mur à côté de son camarade.

_C'est ça ton plan ? Le droguer et profiter de lui après l'avoir blessé ? dit-il tout en contrôlant sa voix, ne laissant aucunement paraître une once de colère.

_Le droguer pour l'approcher, dit-elle en se relevant, l'exciter ensuite pour tomber enceinte de lui, ainsi il sera obligé de rester avec moi, c'est la loi chez les sang-pur.

_Et ton nom sur son bras ? questionna Théo en essayant de rester le plus calme possible.

_Une blessure morale pour sa bâtarde et une marque qui l'empêchera de sauter Potty, dit-elle avec un sourire sadique avant de descendre ses bas.

Alors qu'elle le laissait tomber au sol, un bruit retentit plus loin dans le couloir. Les deux adolescents se retournèrent, et virent l'ombre d'un chat suivit d'un homme se diriger dans leur direction.

_Ton plan est remis à plus tard, désolée Astoria, fit mine de compatir Théodore, Rusard arrive par là.

_Dommage, heureusement qu'il me reste de la poudre, sourit-elle. Je te laisse Draco, ajouta-t-elle et elle partit sans se retourner, après avoir remonté ses bas.

Heureusement Rusard prit un autre couloir à l'intersection et Théodore en profita pour rhabiller son camarade en soupirant. Il le transporta ensuite jusqu'à la salle de classe désaffectée à côté de lui, puis il alla chercher la jeune fille, et une fois tous les trois dans la salle, il jeta un sort d'impassibilité sur la porte, suivit d'un sort de silence. Une fois cela fait il hurla un coup tout en lançant son poing dans un mur. Ca faisait mal mais ça faisait du bien. Heureusement qu'Astoria était loin, sinon il lui aurait réglé son compte. Il s'assit doucement au sol, veillant sur le sommeil des deux jeunes gens en attendant leur réveil. Il fit alors apparaître trois feuilles de couleur rouge sang et y inscrivit un message, à l'adresse de Chelsea, Gérémiah et Scorpius, leur indiquant où ils se trouvaient, ainsi qu'un message d'alerte.

Mes Grimlins,

Je me trouve avec Saki et Draco dans une salle désaffectée,

près de la salle commune de Serpentard.

On a un gros souci avec Astoria...

Conseil de Guerre, avec un grand G comme Gérémiah

Il transforma ensuite les trois feuilles en serpents d'origami et les envoya quérir au plus vite les trois autres. Il fallait qu'il leur parle au plus vite de ce qu'il avait vu et qu'ils trouvent un moyen de guérir Draco de ce que lui avait fait Astoria.

Gérémiah soupira. Framboises et chantilly c'était fait, restait les choses plus compliquées. Quoi que... Snape n'était pas là, la réserve était donc sans surveillance. Un sourire machiavélique illumina son visage. Si elle se débrouillait bien, elle pourrait même faire d'une pierre deux coups. Elle adorait les ricochets et les dommages collatéraux, surtout quand ils étaient dans le camp adverse. Arrivée près de la porte de la réserve, elle lança le sort de détection et soupira, blasée. Ces protections étaient beaucoup plus simples à contourner qu'à son époque, c'était d'une tristesse. Elle déjoua toutes les protections, se faufila à l'intérieur, fit son marché, puis sorti une touffe de cheveux de sa poche. Elle en coinça quelques-uns dans un gond de la porte, puis en mis quelques-uns par terre. Granger ne l'embêterait plus trop au retour de Snape. Ensuite elle sortit, puis ayant envie de s'amuser et se rappelant très bien de l'orgueil et de la vanité de la Miss Je-Sais-Tout, elle lança sur le bureau des protections que cette dernière connaissait sans aucun doute et qui étaient plus puissantes que celles placées par Snape. Elle tapota ensuite son badge et se dirigea vers Scorpius, avec tout le matériel demandé. Finalement ce n'avait pas été trop dur et ça avait même était amusant.

Scorpius avait fini de nettoyer la pièce, il métamorphosa donc un débris qui traînait en paravent pour créer une sorte d'alcôve où il pourrait faire ses potions, en plus l'un des murs était recouvert d'étagères, il pourrait donc y entreposer son matériel. Il se tourna vers le reste de la pièce qui était complètement vide, et métamorphosa un canapé puis une table basse et trois fauteuils. Dans un coin il y avait une cheminé, il y mit donc des débris de bois qui restaient et alluma un feu pour réchauffer la pièce et lui donner une allure un peu plus conviviale. Alors qu'il allait se laisser tomber dans le canapé pour attendre Gérémiah, la porte de la pièce s'ouvrit sur cette dernière, les bras remplis du matériel dont avait besoin le touilleur de potions.

_Wow, man, dépote la piaule que t'as trouvée.

_Merci, sourit le blond. Donnes, je te débarrasse.

_Avec plaisir, parce que c'est lourd.

Scorpius lui prit le matériel des mains, lui effleurant la peau au passage. Si Gérémiah avait été déstabilisée par ce contact, elle n'en montra rien et alla se vautrer, mais avec classe, sur le canapé. Scorpius alla déposer son matériel derrière le paravent, vérifiant si tout était bien là. Une fois cela fait, il installa le tout devant lui. Il métamorphosa une balance, avec un débris qui traînait non loin et pesa les cinq grammes de poussière d'étoiles, les deux-cent grammes de framboises, les trois grammes d'aconit en rondelles et les trois-cent grammes de chantilly.

Lorsqu'il releva la tête, Miah était entièrement allongée sur le canapé, un bras derrière la tête, l'autre dans le vide, l'air d'être plongée dans une grande réflexion. Lorsqu'il se retourna complètement, il aperçut sur le mur d'en face leur logo, représentant une tête de lion juste devant trois têtes de serpents, ainsi que le nom de leur quatuor : Team Camétiboc. Il sourit et reposa son regard sur la brune, qui n'avait pas bougé d'un cil. Ne voulant pas la déranger dans sa cogitation intense, il se posa sur l'un des fauteuils, attendant qu'elle lui adresse la parole, mais il aperçut quelque chose ramper près deux. Il s'agissait de deux serpents en origami, de couleur rouge sang. Intrigué par cette couleur, qui n'était proche ni à Saki ni à Chelsea, ils ne pouvaient provenir que de Théodore. Il en ramassa un, l'autre grimpant sur le canapé, le long du bras de Gérémiah.

_Les Grimlins ? Ça c'est tonton Théo, il utilise déjà le surnom qu'il nous donnera dans plusieurs années, sourit la brune.

_Regardes la suite du message, lui dit Scorpius d'une voix blanche.

Ce qu'elle fit, son visage se déformant par la surprise. Elle se leva ensuite précipitamment et couru vers la porte, le blond sur ses talons.

Chelsea frappa discrètement à la porte du dortoir des garçons de septième année de Gryffondor. Son père ne pouvait être que là. La porte s'ouvrit sur Harry Potter, surprit qu'on vienne frapper à la porte. Il resta figé un instant en reconnaissant Ginny, cherchant déjà une excuse pour ne pas la voir.

_Désolée, Ginny, mais je ne me sens pas très bien, alors...

_Moi c'est Chelsea, lui répondit la rousse.

_Oh... euh...

Il ne savait plus quoi dire. Chelsea en profita pour entrer et alla s'asseoir sur son lit, reconnaissable entre tous, grâce au matériel de Quidditch.

_Je me suis dit qu'on pourrait discuter, on ne l'a pas beaucoup fait depuis ce matin.

_Oui, c'est vrai, mais...

_Tu ne veux pas de moi ?

Alors là, il ne s'y attendait pas du tout. Si elle voulait le mettre devant le fait accompli, c'était la meilleure façon de le faire. Il bafouilla, bégaya, hésita et tout un tas qu'autres trucs encore, évitant de lui répondre. Lui répondre quoi, d'ailleurs ? Qu'il voulait d'elle mais pas de sa demi-sœur ? Impossible, elle le détesterait. Et si elle avait le caractère de sa mère, elle ne lâcherait pas l'affaire et réussirait peut-être à le convaincre de... Non, c'était impossible. Il ne coucherait jamais avec Malfoy, même bourré ou drogué ! Même sous l'emprise de l'Imperium ou d'un philtre d'amour ! Il était Harry Potter, tout de même ! Il n'était pas n'importe qui, que diable !

Il s'ébroua, fier de sa pensée et alla s'asseoir près de Chelsea. Lorsqu'il ouvrit la bouche...

_Euh...

Il ne savait toujours pas quoi lui dire. Il réfléchit un instant, puis déclara :

_Si, bien sûr que si, je veux que tu viennes au monde...

_Mais pas Saki.

Touché. Le Survivant ne savait une nouvelle fois pas quoi dire. Chelsea allait au cœur des choses, sans prendre de gants.

_Ne parlons pas de ta s...

_Ma demi-sœur ?

_Oui, c'est ça, ne parlons pas d'elle, parlons de nous. Alors, je suis un bon père ?

_C'est plutôt à Saki, que tu devrais poser cette question. Je ne t'ai croisé que très rarement dans le futur et tu as élevé Saki. Enfin, je dis ça, je ne dis rien, comme on dit.

Coulé. Vingt-milles lieux sous les mers. Comment répondre à ça ? Il n'y avait que la vérité, qui pourrait aller. Il se racla la gorge et la regarda dans les yeux.

_J'ai envie que tu naisses.

_Mais pas Saki, dit-elle d'un ton calme, mais ferme.

_Mais pas Saki. Pour la simple et bonne raison que je ne me vois absolument pas faire... ce que je pourrais faire avec ta mère, avec Malfoy, enfin, tu comprends ? dit-il, les joues rouge.

_Non, répondit simplement la rousse.

_Non ?

_Non.

_D'accord... Écoutes, Chelsea, je n'ai rien contre elle, je te l'assure, mais, contre Malfoy...

_Ce n'est pas une dent que tu as contre lui, mais la mâchoire complète ? proposa la jeune fille.

_Exactement. Et puis c'est un homme et moi aussi et comment un bébé peut naître de cette manière ?

_Ce n'est pas pour rien, qu'on appelle les personnes comme Saki ou Gérémiah, des « Bébés Magiques ».

_Certes, je te l'accorde, mais...

_C'est le fait d'être en dessous, qui te gêne ?

_Quoi ?!

_En dessous ? C'est ça qui te gêne ?

Chelsea passe vraiment trop de temps avec cette Gérémiah se dit Harry. La brune avait vraiment une trop grande et malsaine influence. Il faudrait qu'il remédie à ça dans le futur. Sa petite fille ne pouvait pas continuer de fréquenter une telle personne ! C'est vrai, il adorait Olivier, mais il fallait avouer que Gérémiah n'avait pas un langage formel, loin de là !

_Tu comptes le lui dire ?

_Hein ?

_Deux, j'ai gagné. A Saki, poursuivit la rousse, sans une once d'amusement dans la voix. Tu comptes le lui dire, qu'elle ne verra jamais le jour par ta faute ?

_Ma... ma faute ? Attends, Chelsea, pour faire un enfant il faut être deux, tu sais et je ne pense pas que...

_Le rêve de son autre père est d'avoir une fille un jour. Et il adore déjà Saki.

Là, Harry était soufflé. Malfoy, vouloir de Saki ? Ça aurait même dû être le premier à la rejeter ! Mais alors, ça voulait dire que Malfoy n'était aucunement gêné d'avoir un enfant avec lui ? Avec un autre homme ? Il fallait avouer qu'il avait remarqué le changement de comportement de Malfoy, depuis la fin de la guerre. Il n'embêtait plus personne, il passait même pratiquement pour invisible aux yeux des autres. La seule chose qui le faisait remarquer était sa couleur de cheveux. Il n'y avait que lui, pour avoir une telle couleur de cheveux. Blond très clair, presque blanc, qui donnait envie d'être caress... Il s'égarait. Il ne toucherait jamais Malfoy de cette façon, point à la ligne et point d'exclamation final !

_Je n'approcherai jamais Malfoy de cette manière. Ça me fais mal de te dire ça mais...

_Non.

_Quoi ?

_Tu n'as absolument pas l'air d'avoir mal. Tu veux juste me ménager, pour ensuite m'annoncer que je n'aurais jamais de demi-sœur. Alors, non, tu n'as pas mal, tu n'es pas non plus désolé, tu es juste un lâche et un assassin.

_Je ne te permet pas de me parler comme ça ! s'énerva le Survivant en se relevant.

_Pourtant c'est la vérité. Tu n'as même pas cherché à parler avec elle, alors que si tu le faisais, tu verrais à quel point elle est géniale !

Chelsea s'était elle aussi relevée et toisait son père d'un regard de braise.

_Pourquoi tu veux bien de moi et pas elle ? Dans le futur tu l'as gardé, pourtant ? C'est que tu l'aimes, non ? Malfoy peut-être pas, certes, mais elle oui. Elle n'a rien fait. Elle est juste née. Pourquoi la rejeter, pour une chose dont elle n'est que le résultat ?

Pour ne pas changer, Harry ne savait pas quoi dire. Chelsea avait raison. Il ne devait pas en vouloir à Saki. Elle n'y était pour rien dans cette histoire.

_Hermione a dit que ce n'était pas un assassina, puisqu'elle n'existait pas encore.

_A notre époque, si, elle existe. Tu crois que, quand on va rentrer chez nous, Scorpius, Miah et moi, sans Saki, on va se réjouir parce qu'elle n'est plus là ?

_Vous ne vous souviendrez peut-être pas d'elle...

_Mais c'est la pire des choses qui pourrait arriver ! s'énerva Chelsea. Tous les trois on a des souvenirs fantastiques avec Saki. C'est grâce à elle qu'on connaît Gérémiah, avec Scorpius. J'ai vécu toute seule avec lui pendant des années, il a toujours était infernal, infecte avec tout le monde, même avec ses parents. C'est grâce à Saki, qu'il s'est assagi. Et Miah, je crois que c'est la première fois en dix-sept ans, que je le vois amoureux de quelqu'un. Et tu aurais vu sa réaction, quand il a appris que Saki était sa sœur... je crois que, toutes situations confondues, c'est la première fois que je le voyais pleurer de toute ma vie. Et tu veux briser tout ça ?...

Les larmes glissaient toutes seules sur les joues de Chelsea. Harry s'en voulait. Il ne pouvait laisser un tel être ne pas voir le jour, mais en même temps... Il était terrifié. Il ne savait absolument pas quoi faire ni dire. A l'instant, il ne savait pas s'il devait consoler Chelsea ou pas. Il s'approcha d'elle et la serra dans ses bras. Elle nicha sa tête dans son cou et pleura à chaudes larmes. Étrange, se dit-il, lorsque Ginny avait pleuré contre lui toute à l'heure, il n'avait pas senti toutes ces perles d'eau salées, qui roulaient sur sa peau.

Chelsea releva un peu la tête et cru apercevoir quelque chose ramper vers eux. Harry étant dos à ladite porte, ne le vit pas. La jeune fille se frotta les yeux, toujours coller à son père et reconnu un petit serpent d'origami. Sauf qu'il était rouge. Ceux de Saki étaient verts, ceux de Gérémiah noirs et ceux de Scorpius étaient argentés. Il ne pouvait s'agir que de Théodore. Elle se détacha des bras de son père, le contourna en continuant de lui faire face et laissa le petit serpent de papier, onduler sur sa jambe, pour atterrir dans sa main, caché derrière son dos.

_Je suis désolée... je ne voulais pas que ça se passe comme ça entre nous... fit-elle d'un air gêné.

_Non, non, je comprends parfaitement. Moi-même, si j'avais des frères et sœurs et même des demi-frères et des demi-sœurs, je ferais tout pour qu'ils viennent au monde...

Harry marqua un temps d'arrêt, réfléchit quelques instants, puis ajouta :

_Écoute, je ne te promets rien, mais... je veux bien prendre le temps de... rencontrer Saki comme il se doit...

_C'est vrai ?

_Oui, sourit Harry.

Le visage de Chelsea s'illumina d'un sourire.

_D'accord, je lui dirais. Merci... Papa.

Et elle se sauva en courant. Elle traversa la salle commune à vive allure et se réfugia dans un couloir désert. Elle remit alors ses idées en place et déplia le reptile de papier. Son visage perdit à nouveau ses couleurs, alors qu'elle lisait le message de Théodore Nott. Un souci avec Astoria ? Conseil de Guerre avec un grand G comme Gérémiah ? Que se passait-il ? Elle ne tergiversa pas plus sur la question et partit en courant vers le lieu indiqué.