Bonjour !
Voici le chapitre 9. Merci à Elyrine qui a pris le temps de le corriger malgré son emploi du temps.
Merci à vous pour vos messages, votre fidélité et votre soutien.
Dean prend enfin les choses en mains et décide de se rendre utile. Attention scène de sexe à la fin !
Bonne lecture et à jeudi
Sydney8201
Musique du chapitre :
Heroes de David Bowie
Chapitre 9 : Utile
« Être isolé du reste des hommes, c'est se sentir inutile. Se sentir inutile est pire encore que de se sentir coupable. »
Charles Ferdinand Ramuz
Dean sentait que les choses avaient changé entre Castiel et lui. Ils ne parlaient pas beaucoup plus et surtout jamais du travail de Castiel. Mais ils étaient plus à l'aise l'un avec l'autre. Et les moments passés ensemble semblaient plus vrais. Plus forts. Ils avaient conscience de leurs différences et de tout ce qui pourrait être amené à les séparer. Ils avaient juste choisi de les ignorer et de travailler côte à côte pour faire en sorte que leur relation fonctionne.
De ce point de vue-là, tout allait à merveille. Quand Castiel rentrait, Dean et lui faisaient généralement l'amour. Puis ils partageaient un dîner et se blottissaient l'un contre l'autre pour regarder quelque chose à la télévision. C'était parfait. C'était une histoire de couple comme beaucoup d'autres. Il y avait des non-dits, bien sûr. Mais puisqu'ils étaient d'accord pour les laisser ainsi, cela fonctionnait.
C'était le reste du temps que Dean n'allait pas bien. Car chaque matin, Castiel partait et le laissait seul. Il s'en allait sans lui dire où il allait et Dean avait alors de longues heures à tuer dans une maison qu'il avait fini par détester et de laquelle il se sentait prisonnier.
Beaucoup l'aurait sans doute trouvé difficile. Il avait tout ce dont beaucoup rêvait. La maison était luxueuse et avait tous les équipements nécessaires pour en faire une prison dorée. Elle restait toutefois une cage et Dean détestait ça.
La cuisine était parfaitement équipée. Il disposait d'une télévision dernier cri, de plusieurs consoles de jeu, d'une salle de sport, d'une piscine et d'un jacuzzi. Beaucoup auraient su s'en contenter. Mais pas Dean. Il avait toujours eu un but, un objectif dans sa vie. Que ce soit son travail ou s'occuper de son frère, i avait toujours eu quelque chose à faire. Et se retrouver avec tout ce temps à tuer sans savoir comment l'occuper était difficile à vivre pour lui. Il était convaincu qu'à ce rythme, il finirait par perdre la tête.
Dean n'était pas quelqu'un qui se souciait du luxe. Il ne recherchait pas la richesse ou l'argent. Il n'avait pas besoin de toutes ces choses qui faisaient rêver les autres. Il avait toujours estimé que la seule richesse dont il avait besoin était ses proches et sa famille. Il se fichait que son compte en banque soit débiteur. Il se fichait de ne pas pouvoir acheter des choses futiles ou sortir dans des endroits branchés. Il avait tout ce dont il avait besoin.
Mais il avait perdu tout ça. Et il ne savait comment trouver quelque chose pour remplir ce vide qui semblait prêt à l'engloutir.
Il avait fini par faire un bilan. Cela lui avait demandé quelques heures et avait réveillé des blessures qu'il avait cherché à ignorer jusque-là. Il n'était pas vraiment brillant.
Il avait déjà un travail mais il était clair qu'il ne pouvait plus l'exercer. Même si Castiel le laissait faire, Dean refuserait de retourner au bureau après tout ce qu'il avait vu, appris et caché. Il n'avait plus le droit de servir la justice quand il vivait avec un criminel qu'il refusait de dénoncer.
Trouver un autre travail était impossible. Il n'avait pas de diplôme et aucune expérience. Il pourrait retourner à l'école pour se former. Mais il serait alors le plus âgé des étudiants et il doutait d'avoir quoi que ce soit en commun avec des jeunes de dix-huit ans. Il n'avait de toute façon aucune idée de ce qu'il pourrait étudier et refuser de choisir une carrière par défaut. Et puis pourquoi s'engager sur un cursus long quand il n'avait aucune idée de l'endroit où il serait d'ici un mois. C'était stupide.
Les métiers qui n'exigeaient aucun diplôme et aucune expérience ne l'enchantaient pas non plus. Il avait toujours pensé qu'il n'existait aucun sous métier. Mais il voulait aider les gens. Il voulait se sentir utile. Défendre des principes et se battre pour les autres. Devenir serveur ne remplirait aucun de ses objectifs. Il changerait peut-être d'endroit mais il continuerait à s'ennuyer.
Il n'avait pas de hobby et dépenser l'argent de Castiel en futilité juste pour passer le temps n'était pas envisageable non plus. Il était dans une impasse et il n'avait aucune idée de la façon dont il pouvait s'en sortir.
Soin premier réflexe, avant, aurait été d'appeler Sam pour lui demander conseil. Ce n'était malheureusement pas possible. Il ne pouvait pas dire la vérité à son frère et sans lui faire part de son problème, il n'obtiendrait aucun conseil pertinent. C'était là tout le problème. Dean n'avait personne à qui parler. Quand Castiel rentrait, ils étaient occupés à autre chose. Il ne voulait pas gâcher les moments passés avec son petit ami en évoquant des sujets sérieux.
Il finit toutefois par se résoudre à le faire quand il admit qu'il n'avait de toute façon pas d'autre choix. Castiel sembla surpris d'apprendre qu'il s'ennuyait autant. Pour lui, le fait de disposer d'argent et d'un endroit aussi luxueux auraient dû suffire à l'occuper. Dean prit alors le temps de lui expliquer pourquoi ce n'était pas le cas. Il savait que Castiel ne pouvait pas vraiment comprendre. Mais il avait besoin qu'il l'écoute et qu'il l'aide.
Ce que son petit ami tenta de faire en lui proposant toutes les solutions que Dean avait déjà écarté. Le jeune homme dut alors lui expliquer pourquoi il ne pouvait pas l'envisager. Castiel ne protesta pas. Mais il n'avait pas d'autre idée et il semblait tout aussi impuissant que le jeune homme. Ce fut la fin de cette conversation.
Heureusement pour Dean, la solution se présenta à lui quelques heures plus tard. Il était assis à côté de Castiel sur le canapé, sa tête sur son épaule et l'esprit occupé à tenter de trouver une issue à son problème quand son petit ami lui expliqua qu'il serait absent le lendemain.
Dean s'apprêtait à protester quand Castiel lui donna quelques détails. Visiblement, il devait se rendre à un rendez-vous avec des associés récalcitrants. Il allait simple discuter avec eux pour les convaincre de continuer à travailler avec Crowley. Il n'en avait que pour une petite heure. Et pour une fois, il n'y aurait aucune violence. Juste une longue discussion.
Dean n'aurait probablement jamais envisagé de l''accompagner quelques jours plus tôt. Quand il croyait encore bêtement qu'il existait une issue à son problème, il aurait laissé l'information glisser sans s'en soucier. Mais il y voyait là l'opportunité de se sentir enfin utile. Bien sûr, cela impliquait qu'il soit mêlé aux affaires de Crowley. Il continuait à vouloir rester à l'écart. Il ne voulait tuer personne. Il ne voulait pas faire du mal à qui que ce soit. Mais il s'agissait d'une simple discussion. Il pourrait se montrer utile. Il devait juste mettre de côté le fait qu'en aidant Castiel, il aidait un criminel. Qu'il s'assurerait que plu d'armes ou plus de drogue ne soit vendu. Des innocents en paieraient le prix. Dean le savait. Mais il ne pouvait plus continuer à se sentir inutile. C'était pire encore que de se sentir coupable.
Il sauta sur l'occasion et suggéra à Castiel de l'emmener avec lui. Sin petit ami crut d'abord qu'il s'agissait d'une blague. Ce n'était pas surprenant. Quand Dean lui assuré qu'il était sérieux, il refusa aussitôt. Mais il finit par se laisser convaincre. Il voulait rendre son petit ami heureux. Et c'était sa seule option pour y parvenir.
Crowley donna son accord à contrecœur. Il précisa toutefois que si le jeune homme commettait la moindre erreur, Castiel en paierait le prix. Il devrait en assumer les conséquences. Il risquait gros en emmenant Dean avec lui. Ils le savaient tous les deux. Et cela rendait le jeune homme nerveux. Il ne renonça toutefois pas. Il en allait de sa santé mentale.
Le lendemain, Castiel lui fit enfiler un costume. De toute évidence, il s'agissait d'un rendez-vous formel qui impliquait une tenue adéquate. Dean détestait ça. Il n'avait jamais porté de costumes en dehors de la remise de diplôme de son frère, de quelques mariages et enterrements. Même au travail, il optait le plus souvent pour un jean et une chemise. Comme la majorité de ses collègues, il privilégiait le confort à l'apparence.
Il sortit de la salle de bains prêt à protester mais quand il vit la façon de Castiel le regardait, il ne dit rien. Car il était évident que son petit ami appréciait de le voir ainsi vêtu. Et cela lui promettait une soirée intéressante. Si bien sûr, tout se passait comme prévu d'ici là.
Le rendez-vous avait lieu dans un salon privatisé d'un hôtel de luxe au centre-ville. Castiel y pénétra en premier, Dean sur les talons. Le jeune homme n'avait aucune idée de ce que son petit ami attendait de lui. S'il devait participer ou juste observer. Il avait déjà fait face à des criminels dans le cadre de son travail. Certains étaient de simples délinquants qu'il était facile de convaincre avec quelques menaces et les bons arguments. Les autres étaient de riches hommes d'affaire qu'il était plus difficile de faire plier. Ils savaient pour la plupart que leur argent pourrait leur faire éviter la prison. Les menacer d'une sentence lourde ne suffisait pas. Il fallait alors se montrer plus intelligent qu'eux. Tenter d'entrer dans leur tête pour trouver ce dont il avait le plus peur afin de s'en servir contre eux. Dean espérait que les techniques apprises à l'époque fonctionneraient de nouveau cette fois. L'objectif était différent bien sûr. Mais ce n'était qu'un détail.
Il y avait deux hommes dans le salon quand ils entrèrent. Le premier était âgé d'une petite cinquantaine d'année et vêtu d'un costume visiblement hors de prix. Il observa l'extérieur depuis la baie vitrées, les mains jointes dans le dos. Il semblait détendu et calme. Le second était plus jeune. Il semblait également plus nerveux. Il tenait une mallette dans une main et tapait de l'autre sur sa cuisse. Il était évident qu'il n'était pas celui qui prenait les décisions. Son attitude le trahissait. Il n'était pas en charge des opérations. Il n'était sans doute là que pour assurer la sécurité de son patron. Ce n'était donc pas à lui que Dean devait s'adresser en priorité.
- Monsieur Novak, lança l'homme près de la fenêtre en se tournant pour leur faire face.
Ses yeux se posèrent aussitôt sur Dean. Il le dévisagea avec intérêt une seconde avant de lui sourire.
- Je vois que vous n'êtes pas venu seul.
Castiel avança à son tour dans la pièce. Il partir servir deux verres de whisky qu'il rapporta avec lui. Il ne donna un à Dean avant de s'asseoir sur le fauteuil qui faisait face à son interlocuteur.
- Monsieur Parson, ne jouez pas les surpris. Je suis sûr que Crowley vous a prévenu de la présence de Dean.
- Il m'en a parlé oui et je n'y voyais aucune objection.
Dean fut soulagé. Il observa son verre de whisky mais n'en but pas une gorgée. Il avait besoin d'avoir les idées claires s'il voulait être utile. Il prit ensuite place à côté de Castiel sur un autre fauteuil.
- Je dois toutefois reconnaître que sa présence est une surprise, ajouta Parson en regardant Dean à nouveau.
- Pourquoi l'avoir fait venir ? Vous travaillez seul d'ordinaire. Sauf s'il est là pour nous distraire … en quel cas, c'est un cadeau que nous saurons apprécier à sa juste valeur, lança son acolyte.
Dean n'en revenait pas de ce qu'il suggérait. Il ne pouvait pas penser que Dean n'était qu'un jouet que Castiel utilisait pour satisfaire ses clients et associés. Ils ne pouvaient pas imaginer que le jeune homme allait se mettre à genoux pour eux et les satisfaire pendant qu'ils discutaient business.
- Pardonnez mon intervention mais je pense que vous allez être déçu. Je suis là pour aider Castiel et non pas pour m'occuper de vous. Et le simple fait que vous puissiez le pensez me prouve que vous avez une bien piètre opinion de lui si vous pensez qu'il a besoin d'un tel subterfuge pour mener cette négociation à bien.
Les deux tournèrent alors leur regard dans sa direction. Dean les soutint sans ciller. Il n'allait certainement pas se laisser impressionner par ces deux idiots. Peu importait que le plus jeune le dévisage comme un vulgaire morceau de viande. Il était plus intelligent et plus puissant que lui. Il n'avait pas peur. Il pouvait également sentir le regard de Castiel sur lui. Il espérait que son petit ami ne lui en tiendrait pas rigueur d'être intervenu.
- Ce que Monsieur Winchester entend par là, c'est qu'il est mon égal et que vous avez tout intérêt à lui montrer le même respect qu'à moi. Vous pouvez penser ce que vous voulez de sa présence. Je me fiche de votre avis et je ne vous demande pas votre opinion. Ce que je vous demande c'est de ne plus tenir de propos aussi désobligeants ou je serais contraint de mettre un terme à cette conversation.
Castiel était donc de son côté. Dean sourit. Avec le soutien de son petit ami, il se sentait tout puissant.
- Veuillez pardonner mon associé. Il est encore jeune et impulsif. Je peux vous promettre qu'il est désolé et que cela ne se reproduira plus. Maintenant, si vous êtes d'accord, j'aimerais assez que nous en venions à ce qui nous réunit aujourd'hui.
Dean tourna le visage entièrement dans sa direction. Ignorer l'imbécile qui l'avait insulté état le meilleur moyen de se venger. Il venait de se faire remettre en place par son patron quand Dean, de son côté, avait reçu le soutien de Castiel. Il n'avait pas besoin d'ajouter quoi que ce soit.
- Crowley m'a fait savoir que vous aviez quelques doutes quant à notre partenariat. Je vous avoue que je suis curieux de savoir lesquels, déclara Castiel.
Dean ne l'avait jamais vu ainsi dans son environnement naturel. Il était incroyablement impressionnant. Il se dégageait une force inouïe de lui. C'était en partie dû à la façon qu'il avait de parler calmement. Le ton de sa voix. Dean ne pouvait s'empêcher de trouver tout cela particulièrement excitant.
- Nous nous posons effectivement quelques questions. Nous savons que vous êtes recherché par la police Monsieur Novak. Et nous savons également que vous êtes une pièce maitresse de votre organisation. Si vous veniez à tomber, vous entraineriez tout le monde dans votre chute. Je ne suis pas sûr de vouloir courir ce risque.
- Vous pensez que je pourrais vous dénoncer si la police mettait la main sur moi ?
- Je ne peux pas l'exclure.
Dean fronça les sourcils, surpris par ce qu'il entendait. Il y avait quelque chose qui clochait dans le discours de Parson. S'il voulait mettre un terme à son contrat avec Castiel, il l'aurait fait par téléphone. Il n'aurait pas pris le risque d'être vu avec lui quand c'était justement ce qu'il redoutait tant. Le fait qu'il ait demandé un rendez-vous suffisait à éveiller les soupçons du jeune homme. Il ne savait toutefois pas s'il pouvait intervenir une nouvelle fois. Il ne voulait pas prendre le risque de compliquer la situation. C'était toutefois plus fort que lui. Il avait besoin de prouver qu'il n'était pas là juste pour faire joli. Et puisque Castiel ne semblait pas avoir envie de parler, il allait le faire pour lui.
- Désolé mais il me semble évident que vous mentez Monsieur Parson, lança t-il.
Parson qui regardait Castiel jusque-là tourna le visage vers lui. Il semblait surpris de le voir intervenir de la sorte. Il semblait également surpris par ce qu'il entendait. Mais il n'était pas inquiet. Pas encore. Dean allait faire en sorte que cela change.
- Oh vraiment ? Et je peux vous demander ce qui vous amène à penser cela ?
Dean haussa les épaules. Castiel le regardait aussi à présent. Mais il ne pouvait pas lâcher Parson du regard pour s'assurer que son petit ami n'était pas en colère. Il ne voulait pas perdre le peu de crédibilité qu'il avait gagné quelques minutes plus tôt.
- Si vous aviez voulu mettre un terme à votre contrat, vous n'auriez pas demandé à nous rencontrer. Vous l'auriez fait par téléphone … pour éviter le risque d'être vu en compagnie d'un homme recherché par la police. Le fait que nous soyons là me prouve que vous cherchez autre chose.
- Peut-être ai-je simplement voulu me montrer poli. C'est peut-être une notion qui vous échappe mais c'est ainsi que j'ai été éduqué.
Dean secoua la tête. Il pouvait laisser passer l'insulte. Il avait la peau suffisamment dure pour ne pas se vexer pour si peu. Mais il était toutefois déterminé à mettre Parson en défaut. Pour cela, il devait poursuivre sa démonstration.
- Ce n'est pas uniquement la politesse qui vous motive. Non. Bous avez une idée derrière la tête. Et je crois que je sais où vous voulez en venir.
- Ah oui vraiment ? Et bien éclairez nous Monsieur Winchester. Je vous avoue que je suis curieux, lança Parson en s'asseyant finalement à côté de son associé.
Dean prit quelques secondes pour mettre ses idées en ordre. Il savait qu'il n'avait pas le droit à l'erreur. Il venait de prendre un risque. Et s'il était plutôt sûr de lui, il n'était pas convaincu que Parson accepterait de reconnaître qu'il avait menti. Il pourrait décider de partir. Et Crowley le ferait alors payer à Castiel. Le jeune homme ne pouvait pas lui faire çà.
- Je pense que vous êtes venu en espérant pouvoir renégocier votre contrat. Vous espérez utiliser le fait que Castiel est recherché pour obtenir de meilleurs tarifs. Et vous savez déjà exactement combien vous souhaitez nous proposer.
- Comment pouvez-vous savoir tout cela ?
- Et bien je reconnais le type de mallette que votre associé tient entre ses mains. Ce modèle est sécurisé par empreinte digitale et personne d'autre que vous ne peut l'ouvrir. Ce qui signifie qu'elle contient quelque chose d'extrêmement important pour vous. Et je sais qu'un homme tel que vous n'a aucune possession plus importante que son argent. La somme que vous souhaitez nous proposer se trouve dans cette mallette. Et vous croyez bêtement qu'on l'acceptera sans sourciller.
Il avait conscience qu'en employant le pronom « nous » aussi souvent, il s'incluait totalement dans les affaires de Castiel après avoir juré ne pas vouloir en faire partie. Il l'avait fait sans réellement s'en rendre compte. Et il ne pouvait plus revenir en arrière.
- Là où vous faites erreur, c'est que nous ne sommes pas aux abois. Nous n'avons pas besoin de votre argent. Nous pouvons nous permettre de perdre un client. C'est pour ça que nous ne renégocierons pas.
Il espérait ne pas dire de bêtises en tenant de tels propos. Il espérait que Parson mordrait à l'hameçon et commencerait à s'inquiéter.
- Alors peut être devrions nous aller voir vos concurrents, avança t-il.
- Peut-être … sauf que vous l'auriez déjà fait si vous pensiez que c'était une possibilité. Et s'il avait accepté le montant que vous souhaitez dépenser, vous auriez déjà affaire avec eux. Ce qui peut signifier deux choses. Soit ils refusent d'abaisser leur tarif, soit vous ne les avez même pas contactés. Et je pense qu'il s'agit de la seconde option. Vous ne pouvez pas aller voir les autres parce que nous sommes les meilleurs. Notre marchandise est sans équivalent et vous le savez tout aussi bien que nous. Ce qui m'amène à la conclusion de ma petite tirade.
- Quelle est t-elle ? demanda Parson.
- Vous avez plus besoin de nous que nous avons besoin de vous. Vous le savez. Nous le savons. Alors inutile de poursuivre. Nous ne renégocierons pas. Vous acceptez de payer le montant prévu ou vous allez voir ailleurs. Point final.
- Point final ? Monsieur Novak … aussi distrayant que votre ami puisse être, j'aimerais assez que nous discutions de tout ça entre nous. Il est évident que ce n'est pas Monsieur Winchester qui décide.
Dean tourna enfin le visage vers Castiel. Il semblait pensif mais toujours aussi calme. Il faisait tourner son whisky dans son verre et semblait fasciné par le mouvement du liquide. Il ne releva même pas la tête quand il reprit la parole.
- Non, Monsieur Winchester n'a pas le pouvoir de prendre les décisions, confirma t-il calmement.
Dean sentit son cœur se serer alors qu'il vit Parson sourire du coin de l'œil. Il avait commis une erreur et il savait qu'il allait la payer au prix fort.
- Mais cela ne l'empêche pas d'avoir raison, ajouta finalement Castiel.
Dean aurait voulu pouvoir le prendre dans ses bras à cet instant précis. Il venait de recevoir son aval. Il venait d'obtenir son soutien. Et la confirmation qu'il avait vu juste. Qu'il pouvait être utile et mener ce genre de discussions à bien.
- Il est évident que votre objectif aujourd'hui était d'utiliser mon statut de fugitif pour obtenir un meilleur arrangement. Et je suis convaincu que la somme que vous alliez nous proposer était dérisoire. Peu importe ceci étant dit puisque nous n'avons pas l'intention de négocier quoi que ce soit de nouveau. Vous pouvez choisir de vous en tenir à votre contrat ou choisir de le rompre. C'est à vous de voir.
- Vous êtes prêt à perdre un client pour si peu ?
- Je suis prêt à perdre tous mes clients si c'est nécessaire. J'en trouverais d'autres en un claquement de doigt. Nous sommes les meilleurs Monsieur Parson. Je le sais. Vous le savez. Dean le sait. Discuter plus longtemps ne nous mènera à rien. C'est à prendre ou à laisser.
Dean n'en revenait pas de la décontraction dont Castiel faisait preuve quand Parson semblait plus nerveux à chaque seconde. Il savait qu'il avait l'avantage. Il se sentait en position de force. Et cela le rendait tout puissant. Il était incroyable à voir. Dean avait très envie de lui à cet instant précis.
- Peut-être devrais-je appeler Crowley pour lui faire part de cette conversation. Je ne suis pas sûr qu'il serait aussi affirmatif que vous.
- Il sera de mon avis. Il me fait confiance pour prendre ce genre de décisions. Appelez le si ça vous chante mais ça ne changera rien. Ou vous pouvez vous montrer raisonnable et acceptez de continuer à travailler avec nous sans modifier les termes du contrat.
Parson se savait pris au piège. Cela se lisait sur son visage. Mais il n'était sans doute pas prêt à l'admettre ouvertement. Il ne voulait pas perdre la face. C'était toujours comme ça avec les hommes dans son genre.
- Laissez-moi quarante-huit heures pour y réfléchir, avança t-il alors.
- Vous avez vingt-quatre heures et pas une seconde de plus. Si je n'ai pas de vos nouvelles dans ce délai, je considèrerais notre contrat comme terminé. Vous retrouverez votre liberté et nous la nôtre.
Parson soupira longuement avant de se lever. Il fit ensuite signe à son associé de le suivre puis se dirigea en direction de la porte. Il aurait pu ajouter quelque chose mais il ne ferait qu'aggraver la situation. Il avait perdu et il le savait parfaitement. Dean espérait juste qu'il ne choisirait pas de mettre un terme au contrat juste pour garder la face. Il était presque sûr que Crowley n'apprécierait pas vraiment la nouvelle.
Le jeune homme regarda Parson et son associé quitter la pièce puis reporta son attention sur Castiel. Maintenant qu'ils étaient seuls, il ne pouvait s'empêcher de se demander ce que Castiel pensait de sa façon de gérer les choses. S'il était en colère contre lui. Il tenta de le deviner en lisant l'expression sur son visage mais il était entièrement fermé. Le jeune homme déglutit avec peine.
- Cas, je suis désolé si j'ai … commença t-il.
- Dean, tais toi, le coupa son petit ami aussitôt.
Il posa ensuite son verre sur la table basse devant eux puis se leva de son fauteuil. Il vint alors se planter devant Dean et s'accroupit jusqu'à pouvoir poser ses mains sur ses genoux. Dean ne savait pas comment interpréter son comportement. Il ne savait pas si tout ceci était bon signe ou non.
- Cas, je … tenta t-il à nouveau.
- Non Dean, c'est à moi de parler, intervint Castiel d'une voix forte.
Le jeune homme tenta alors de se soustraire à son regard mais son petit ami lui saisit le menton pour l'obliger à le regarder dans les yeux. Dean avait le cœur qui battait trop fort dans sa poitrine et il pouvait senti l'angoisse s'emparer de lui. Il espérait pouvoir éviter une nouvelle crise. Il était presque sûr que cela mettrait Castiel plus en colère encore.
- Tu as été incroyable. Prodigieux. Magnifique, déclara finalement son petit ami.
Pendant une très courte seconde, Dean ne réussit pas à analyser correctement ce qu'il venait de dire. Son cerveau assimila ses propos à des reproches et il ouvrit aussitôt la bouche pour s'excuser. Castiel ne lui en laissa pas le temps et enchaina.
- J'ai toujours su que tu en étais capable. Tu es fait pour ça. Fait pour voir du pouvoir. Mais te voir … te voir leur tenir tête et négocier merveilleusement, c'était … merci pour ça Dean. Je crois que tu as grandement mérité une récompense.
Castiel n'était pas furieux. Bien au contraire. Il semblait satisfait par le jeune homme. Il semblait même fier de lui. Et il lui promettait une récompense. Dean était perdu. Il ne savait pas comment réagir ou quoi dire. Il n'était même pas sûr d'avoir le droit de parler.
- Je suis tellement fier de toi. Tu n'as pas idée, ajouta Castiel après quelques secondes.
Dean fronça les sourcils puis sentit les mains de Castel se poser sur la ceinture de son pantalon et il perdit toute faculté à penser à autre chose. Tout allait trop vite et son cerveau ne parvenait pas à faire le point. Mais ça n'avait aucune importance. Car la main de Castiel glissait sous l'élastique de son boxer et il ne voulait pas penser à quoi que ce soit d'autre qu'au sensation que son petit ami semblait prêt à lui procurer.
- Je n'aurais pas pu faire mieux que toi. Et j'aurais aimé que Crowley soit là pour te voir. Pour comprendre que je ne me suis pas trompé en te choisissant. Car tu es fait pour tenir cette place à mes côtés. Tu es fait pour être mon bras droit Dean. Je t'aime.
Le jeune homme gémit quand Castiel saisit son sexe dans sa main. Il souleva instinctivement les hanches et laissa son petit ami lui baisser son pantalon et son caleçon jusqu'aux cuisses. Ils ne se retrouvaient pas souvent dans cette position. Généralement, c'était Dean qui était à genoux. Il savait que ce moment était rare et il avait bien l'intention d'en profiter pleinement. Il dut retenir un cri quand Castiel prit finalement son sexe dans sa bouche. Il était évident qu'il ne faisait pas ça souvent. Il manquait de technique et d'expérience. Là où Dean adorait se retrouver dans une telle position qui lui donnait une certaine sensation de pouvoir, Castiel la voyait comme le symbole de sa soumission. Il se sentait alors vulnérable. Et pour quelqu'un comme lui, ce n'était pas envisageable.
Dean referma une main derrière le crâne de son petit ami. Il ne chercha pas à le guider ou à la forcer à faire quoi que ce soit. Il voulait juste le sentir bouger. Cela rendait l'expérience plus forte encore.
Il savait qu'il ne pourrait pas durer longtemps. Il était bien trop excité par tout ce qui était arrivé et par le cadeau que Castiel lui faisait. Il pouvait déjà sentir son orgasme s'emparer de lui. Il aurait aimé que cela dure. Il aurait pouvoir en profiter pendant de longues minutes. Mais c'était impossible. Car malgré un manque de technique évident, Castiel parvenait à lui procurer des sensations incroyables. Sa langue pressait contre son sexe. Dean sentit qu'il heurtait finalement le fond de sa gorge après quelques tentatives infructueuses. C'était parfait. Et après quelques secondes, il sut qu'il ne pourrait pas se retenir plus longtemps.
- Cas, je vais jouir, le prévint-il.
Il ne savait pas si son petit ami était prêt à avaler. S'il était à l'aise à l'idée de lui donner cela en plus de tout le reste. Dean aimait sentir le gout de Castiel dans sa bouche. Il aimait qu'il jouisse dans sa gorge. Mais ce n'était pas pareil pour tous les hommes. Beaucoup de ces anciens partenaires n'avaient pas voulu le faire. Il n'aurait pas été surpris que cela soit aussi le cas pour Castiel.
Mais quand il eut prononcé ces mots, son petit ami le surprit en ne reculant pas. Il se contenta d'ajouter une main sur son sexe pour couvrir la partie qui ne se trouvait pas dans sa bouche. Il le masturba en levant les yeux sur lui. Ce fut trop pour Dean. Il poussa un dernier cri et s'abandonna finalement à son orgasme. Il jouit longuement en regardant le mouvement de la gorge de Castiel. Cela lui sembla durer une éternité. Et quand ce fut fini, il n'avait plus aucune force. Son petit ami relâcha finalement son sexe quand il devint trop sensible pour supporter la stimulation. Dean lui adressa alors un petit sourire satisfait. Il pouvait sentir son cœur battre jusque dans ses tempes. Il avait chaud et son front était couvert de sueur. Mais il se sentait bien.
- Merci, murmura t-il.
C'était probablement un peu stupide mais il avait ressenti le besoin de signaler à Castiel qu'il lui était reconnaissant. Ce dernier lui rendit son sourire avant de se lever. Il déboutonna ensuite son pantalon puis le baissa sur ses jambes. Dean doutait d'être capable de faire quoi que ce soit de trop fatigant. Il pouvait à peine bouger. Mais il voulait rendre la pareille à son petit ami. Il voulait lui procurer du plaisir à son tour. Il se redressa donc et se contenta d'ouvrir la bouche. Castiel sut aussitôt ce qu'il avait en tête.
- Parfait, répéta t-il alors.
Il s'avança ensuite puis fit glisser son sexe entre les lèvres de Dean. Ce dernier resta immobile et le laissa aller et venir dans sa bouche sans protester. Certains auraient probablement dit que Castiel l'utilisait. Qu'il n'était rien de plus qu'un jouet pour lui. Mais Dean savait que ce n'était pas le cas. Même quand il se contentait de recevoir, il ne se sentait pas utilisé. Il avait tout de même un certain contrôle. Car il lui aurait suffi de dire « stop » à Castiel pour que ce dernier s'arrête aussitôt. Il lui faisait un cadeau en se soumettant de la sorte. Et il savait que son petit ami en avait tout autant conscience que lui.
Il laissa donc Castiel aller et venir entre ses lèvres. Il se contenta de presser sa langue contre son sexe. Il se força à respirer par le nez quand son petit ami heurta le fond de sa gorge. Il l'écouta gémir et jurer entre ses dents. Il savait l'effet que voir Dean ainsi soumis avait sur Castiel. Il savait combien il aimait se sentir tout puissant. C'était un jeu entre eux. Un échange de pouvoir qui se faisait naturellement. Le jeune homme avait eu un peu de mal à l'accepter au début. Mais il l'avait accepté. Et il était tout à fait prêt à explorer cet aspect de sa vie sexuelle maintenant. Il était même impatient de voir ce qui en résulterait.
Il garda les yeux rivés sur Castiel durant tout le temps que cela dura. Il n'avait pas oublié combien de fois son petit ami avait exigé qu'il le regarde. Il n'en comprenait pas vraiment l'intérêt mais il voulait lui faire plaisir. Ce n'était pas une question d'obéir aux ordres. C'était uniquement parce que Dean le voulait. Parce qu'il avait besoin que l'expérience soit la plus agréable possible pour Castiel. Il était prêt à tout lui donner pour le sentir jouir violemment dans sa gorge.
Ce qu'il obtint après quelques nouveaux allers et retours de son petit ami dans sa bouche. Il le connaissait suffisamment pour savoir exactement quand il allait jouir. Il le sentit accélérer le rythme de ses hanches. Ses mains se refermèrent de chaque côté de son visage. Puis il propulsa son sexe en avant une dernière fois, heurta le fond de sa gorge et poussa un cri. Dean le sentit alors se répandre dans sa bouche. Il avala autour du sexe de Castiel lui arrachant un gémissement. Quand ce dernier se retira finalement, ils étaient tous les deux à bout de souffle. Dean savait l'image qu'il devait donner à présent. La bouche entrouverte, les muscles de sa gorge bougeant pour l'aider à avaler, les lèvres enflées et les joues rouges. Il savait combien Castiel aimait le regarder comme ça.
Ils ne bougèrent donc pas pendant de longues secondes. Puis son petit ami se rhabilla rapidement avant d'aider Dean à en faire de même. Il s'éloigna ensuite et se laissa tomber sur le fauteuil qu'il avait occupé durant le rendez-vous. Dean reprit son verre sur la table et en but une gorgée. Il n'aimait pas le whisky. Cela lui rappelait trop la période où son père était encore alcoolique. C'était la boisson qu'il choisissait dans ces moments-là. Et Dean ne voulait surtout pas devenir comme lui. Mais il pouvait faire une exception. Après tout, ils avaient quelque chose à fêter.
- Tu es sûr que tout se passera bien avec Parson ? demanda t-il ensuite en observant son verre de whisky.
- J'en suis convaincu. Tu as su trouver les bons arguments. Et tu avais raison sur toute la ligne. Il a plus besoin de nous que nous de lui. Et je dois reconnaître que je suis surpris que tu aies vu juste aussi facilement.
Dean tourna finalement le visage vers lui. Il devait reconnaître qu'il était lui aussi surpris d'avoir été aussi efficace. Il avait eu peur que ses techniques ne soient pas applicables à cette situation en particulier. Il était soulagé de constater qu'il avait eu tort de s'inquiéter.
- J'ai déjà fait face à des criminels dans son genre. Bien sûr, jusque-là, c'était uniquement pour les faire tomber. Pour les pousser à avouer des choses et à dénoncer leurs associés. Mais j'ai appris des choses sur leur façon de fonctionner et sur ce qu'ils redoutent le plus. Je n'ai fait qu'appliquer ces méthodes pour ce rendez-vous là.
- Et pour la mallette ? Tu étais sûr de toi ou tu as juste tenté ta chance ?
- J'étais sûr de moi. J'en avais vu avant. Pour ce qu'elle contenait, je n'étais pas certain. Mais je sais ce qui y a de plus important pour les gens comme Parson … et c'est l'argent. J'en ai tiré les conclusions qui s'imposaient.
- Prodigieux, souffla Castiel à nouveau.
Dean sentit un nouveau sourire étirer ses lèvres. Il n'aurait jamais cru qu'entendre quelqu'un le complimenter aurait un tel effet sur lui. Peut-être était-ce dû au fait qu'il se sentait enfin utile. Ou peut-être ce uniquement parce qu'il s'agissait de Castiel. Il n'aurait pas su le dire. Mais l'essentiel était ailleurs. Il se sentait bien. Il se sentait à sa place. Et il ne voulait pas penser à tout ce que cela pouvait signifier.
- Je ne suis pas sûr que Crowley sera du même avis. Si Parson l'appelle, il sera sans doute furieux que tu m'aies laissé intervenir.
- Je me fiche de ce qu'il peut en penser. Il va devoir comprendre que tu es avec moi et qu'en conséquence, tu seras amené à reproduire la même chose dans l'avenir. S'il ne prend pas conscience de ton énorme potentiel, alors tant pis pour lui. Il devra s'y faire d'une façon ou d'une autre.
- Cas, je ne veux pas que cela t'attire des ennuis. Il n'y a pas que Crowley qui verra tout ça d'un mauvais œil … Gabriel ne va pas être ravi non plus.
- Gabriel n'a pas son mot à dire. Et s'il essaie, je me ferais un plaisir de le remettre à sa place.
Dean hocha la tête. Il continuerait probablement de s'inquiéter mais pour le moment, les mots de Castiel suffisaient à faire taire son angoisse. Il voulait profiter de ce moment avec son petit ami. De cette victoire qu'il avait remportée. Il penserait au reste le lendemain.
- Je sais que tu as du mal à croire aux compliments qu'on te fait et je sais que tu as souvent des doutes sur ta propre valeur et sur l'importance que tu peux avoir pour les autres … pour moi. Mais tu finiras par comprendre Dean. Tu finiras par me croire quand je te dis que tu es fait pour moi. Que je t'ai choisi parce que j'ai toujours su que tu étais quelqu'un d'exceptionnel. Quelqu'un d'unique.
Dean sentit son cœur s'accélérer dans sa poitrine. Castiel avait déjà tenu des propos similaires par le passé. Il savait qu'il était sincère. Il avait toutefois du mal à s'en souvenir parfois. Il voulait vraiment travailler sur ce point et ne plus s'en faire constamment. Il était fatigué de douter en permanence. Mais cela ne pourrait pas s'arranger du jour au lendemain. C'était quelque chose qui demanderait des années sans doute. Il espérait que Castiel serait patient.
- Je ne serais pas contre l'idée de t'aider à nouveau. Je ne veux pas … je ne pourrais pas tuer quelqu'un ou faire souffrir une personne mais … si tu as d'autres rendez-vous de ce genre alors tu peux compter sur moi.
C'était sans doute hypocrite de sa part. Il savait bien qu'en aidant Castiel aujourd'hui, il avait e fait quelque chose d'illégal. Il avait aidé une organisation criminelle à prospérer. Il avait fermé les yeux sur ce qu'ils vendaient et ne s'était concentré sur le fait de devoir convaincre Parson. Refuser de participer aux autres activités de Castiel était ridicule à présent. Il avait mis un doigt dans l'engrenage et il était coupable au même titre que son petit ami. Mais il continuait de penser que tuer un homme était franchir un cap. Et il ne serait jamais prêt à le faire.
- Je saurais où te trouver si c'est le cas, répliqua finalement Castiel.
Dean lui sourit alors avant de vider son verre. L'alcool lui brûla la gorge et pendant une seconde, il se demanda comment son père avait pu apprécier autant cette sensation. Il chassa cette idée de sa tête rapidement néanmoins parce qu'il refusait de penser à sa famille après ce qu'il venait de faire. Il savait ce qu'ils penseraient de tout ça. Il était convaincu qu'ils seraient déçus. Il détestait l'idée de leur faire de la peine.
Castiel vida son verre à son tour puis se leva finalement de son fauteuil. Il tendit ensuite la main à Dean pour l'inviter à en faire de même. Une fois debout, le jeune homme passa ses bras autour du cou de son petit ami et déposa un rapide baiser sur ses lèvres.
- Merci de m'avoir fait confiance, murmura t-il contre sa bouche.
- Merci de m'avoir prouvé que j'avais raison, rétorqua Castiel.
Ils échangèrent un nouveau baiser puis prirent ensemble la direction de la porte. Ils la franchirent main dans la main. Dean n'avait jamais été particulière adepte des démonstrations publiques d'affection. Il avait une certaine pudeur de ce point de vue-là. Et il savait que bien des gens n'étaient pas prêts à accepter de voir deux hommes se tenir par la main. Mais il était convaincu que ce geste était important pour Castiel. Il voulait lui prouver qu'il n'avait pas honte et que leur relation ne serait jamais un secret. Dean l'accepta sans protester et le suivit dans le hall de l'hôtel la tête haute et un sourire sur les lèvres.
Ils reprirent la voiture puis la direction de la maison. Dean n'avait pas nécessairement hâte de rentrer. Il continuait de voir cet endroit comme une prison dorée dont il ne pouvait pas s'échapper sans Castiel. Mais il avait le cœur un peu plus léger qu'en la quittant quelques heures plus tôt. Il ne savait pas si ce sentiment durerait le lendemain ou si l'ennui reprendrait le dessus. Mais il avait au moins quelque chose à quoi se raccrocher à présent. Il n'était plus totalement inutile.
Une fois changés, ils s'installèrent devant la télévision et choisirent un film à regarder ensemble. Dean ne prêta pas vraiment attention à l'histoire. Il se blotti contre Castiel et apprécia juste la présence de son petit ami et le côté étrangement normal de ce moment. A cet instant précis, ils n'étaient plus un criminel et un ancien agent du FBI. Ils n'étaient plus deux hommes que tout aurait dû séparer. Ils étaient un couple heureux de passer du temps ensemble. Un couple amoureux que rien ne semblait pouvoir séparer.
Le jeune homme finit par s'endormir avant la fin du film. Il sentit Castiel passer un bras autour de ses épaules pour le garder près de lui. Il se sentait en sécurité ainsi collé à son petit ami. Et pour la première fois depuis le début de leur cavale, il se sentait également à sa place. Il y avait encore beaucoup de choses à régler et Dean savait que rien ne serait facile dans l'avenir. Mais il se sentait fort. Il se sentait indestructible et de taille à affronter tout et tout le monde. La dernière chose qu'il sentit avant de sombrer dans le sommeil pour de bon fut les lèvres de Castiel contre le sommet de son crâne. Il l'entendit murmurer quelque chose mais il ne comprit pas les mots qu'il prononçait. Ça n'avait pas d'importance de toute façon. Il en avait une vague idée. Depuis qu'il lui avait dit qu'il l'aimait pour la première fois, Castiel n'hésitait pas à le répéter encore et encore. Il était bien plus à l'aise que Dean dans ce domaine de là. Le jeune homme se promit de le lui dire aussi plus souvent. Et ce fut cette dernière pensée qu'il l'accompagna quand le sommeil s'empara de lui définitivement.
