Bonjour à tous et à toutes,

Merci à vous pour vos review, vos mises en favoris...

Disclaimer : Tous les personnages et l'Univers de Harry Potter appartiennent à JK Rowlings.

Rating : M+ pour les chapitres futurs

Genre : Aventure / fantastique / romance / slash / yaoi

Couple : HPDM / DMHP

Bonne lecture !


Chapitre 8 : Premiers coursLundi 2 Septembre 1991 - Poudlard

Les élèves bavardaient gaiement, installés dans la Grande Salle pour le petit-déjeuner. Soudain, des hiboux envahirent l'espace pour apporter lettres, journaux et colis aux enfants. Draco réceptionna un gros paquet qui s'avéra rempli de bonbons et autres douceurs. A la table des Gryffondor, Sophia se rengorgea bruyamment lorsque son hibou noir lui remit également un gros paquet de friandises sorties tout droit de chez Honeydukes. Draco ne put s'empêcher de lever les yeux pour voir si un autre volatile apporterait un colis identique à Harry. Il fut extrêmement déçu pour son ami qui ne sembla pourtant pas s'en formaliser.

Des murmures commencèrent à se répandre dans la Salle. Intrigué, Draco remarqua que plusieurs élèves détaillaient la Gazette du Sorcier avant de regarder alternativement Sophia et Harry. Se penchant, il attrapa un exemplaire au milieu de la table et laissa tomber une exclamation en lisant le titre de la Une avant de parcourir l'article.

« Le frère de la Survivante est vivant ! L'héritier Potter est de retour !

C'est avec stupeur que votre serviteur a découvert que Harry James Potter, frère de la Survivante et surtout héritier de la noble famille Potter était en fait bel et bien vivant. Alors que le jeune garçon avait été déclaré mort suite à une disparition totalement inexpliquée encore à ce jour, il semble qu'il ait regagné le domicile familial le jour même de son anniversaire, le 30 juillet dernier.

D'après nos sources, il aurait transplané, venant de nulle part, au beau milieu de la Grande Salle de Poudlard, apportant un nouveau mystère à ces évènements pour le moins étonnants. Nous vous rappelons que Poudlard, lieu le plus sécurisé du Monde Sorcier et actuel domicile de la famille Potter, est pourvue de protections magiques censées ne pas pouvoir permettre de transplanage, et encore moins d'intrusion étrange dans son enceinte.

La famille Potter ne semble pourtant pas beaucoup se réjouir de ce retour miraculeux si l'on en croit l'attitude des plus douteuses qu'a affichée James Potter à l'égard de son fils. Alors qu'il est de notoriété publique que les caprices de la Survivante sont réalisés dans la seconde, le jeune Potter s'est vu relégué à un second rang des plus indignes de la noble lignée des Potter. C'est avec une répugnance évidente que les parents Potter se sont résignés à effectuer des achats de seconde catégorie afin de pourvoir aux besoins nécessaires à un jeune enfant entrant à l'école de Poudlard.

Outre ces faits relevés par votre serviteur, il m'est également parvenu que le jeune Potter n'avait jamais bénéficié d'une attention parentale digne de ce nom – absence totale de dossier médical, non-instruction d'un enfant à qui ils n'ont pas daignés enseigner les rudiments de scolarité, soumission à des actes de légillimencie du Directeur Dumbledore sous l'autorisation paternelle. Il est plus qu'évident que les dits-parents ne jurent que par le nom de leur fille, désignée comme le vainqueur de Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom. Cependant, même si le rôle de cet enfant s'est révélé déterminant pour notre monde, ne devraient-ils pas accorder un minimum d'importance au seul enfant qui pourra transmettre le nom d'une si ancienne famille à la postérité.

Nombre d'entre nous se sont interrogés sur l'acte de magie qui nous a débarrassés de Vous-savez-qui. Aujourd'hui, je m'interroge sur la probité d'une famille qui privilégie à ce point une gamine capricieuse en délaissant un garçon garant de la pérennité d'un nom et d'une fortune ancestraux.

Slender Rooting »

A la table des professeurs, James et Lily Potter étaient rouges de rage. Ce satané journaliste avait une dent contre eux depuis qu'ils lui avaient interdit d'approcher Sophia. Le retour inexpliqué de Harry avait apporté de l'eau à son moulin et comme le vieux réactionnaire qu'il était, il n'avait pas tardé à broder une histoire insultante, les présentant comme des parents négligents. Ne pouvait-il donc pas comprendre que leur fille méritait toute leur attention ? James se demandait comment il avait pu être mis au courant de l'absence de dossier médical. Il était certain que cet horrible fouille-merde avait des moyens peu légaux pour fouiner ainsi dans ses affaires.

Albus faisait également grise mine. L'attention de Rooting le dérangeait également parce qu'il ternissait la réputation de « sa » famille parfaite. De plus, l'accusation – même si elle était réelle – d'avoir soumis un enfant à la légillimencie risquait de porter un coup à sa propre intégrité. Il se promit de lancer sa propre enquête pour découvrir comment ce reporter obtenait ses informations. Il devrait également discuter avec Lily et James pour veiller à ce que leur comportement envers Harry paraisse un peu plus … équitable, du moins en apparence.

A la table des Vert et Argent, Harry tentait de se faire oublier tandis que nombre de ses camarades l'épiaient, les questions visibles dans leurs yeux. Ce fut finalement Draco qui détourna l'attention en fusillant chacun d'un regard noir. Il savait pertinemment que ce qu'il avait lu était vrai, du moins en ce qui concernait les fournitures de son nouvel ami. De là à imaginer que le reste se vérifie également, il n'y avait qu'un pas. Il ne savait pas ce qu'était la légillimencie et ne voyait donc pas l'intérêt de le mentionner, mais si ce journaliste en parlait, c'est que ce pouvait être très important, tout comme l'histoire du dossier médical.

Quelques instants plus tard, les préfets louvoyèrent entre les tables pour apporter les horaires aux élèves des différentes années. Les Serpentard de première année se réjouirent de voir qu'ils débutaient l'année par le cours de Potions, dispensé par leur directeur de Maison, enthousiasme légèrement amoindri lorsqu'ils remarquèrent que le cours se déroulerait en compagnie des Gryffondor, leurs ennemis naturels. A la table des Rouge et Or, on pouvait voir plusieurs grimaces d'effroi ou de dégoût.

OoOoOoOoOoO

Les Vert et Argent étaient déjà installés dans les cachots, préparant silencieusement leurs affaires quand un brouhaha se fit entendre. Un instant plus tard, Sophia poussa la porte et vint s'asseoir, suivie par sa cour.

La porte se rouvrit soudain avec fracas, claquant contre le mur tandis que le professeur Rogue entrait dans la classe et se dirigeait à grands pas devant son bureau. Le bruit avait fait violemment sursauter les Serpentard – à l'exception d'Harry qui se souvenait avoir déjà assisté de nombreuses fois aux entrées théâtrales de l'Homme en Noir et crier de peur les Gryffondor.

- Vous pouvez ranger vos baguettes, vous n'en aurez pas besoin pour ce cours. Je suis là pour tenter de vous apprendre l'art subtil et délicat des potions, bien qu'à l'exception de quelques rares élus, ce soit d'ores et déjà sans espoir. Les Potions reposent sur la précision tant pour la préparation des ingrédients que pour leur utilisation. Il semble évident …

Severus arrêta de parler et fixa froidement Sophia qui discutait gaiement avec une fille blonde et une autre d'origine indienne. Ronald Weasley, dangereusement penché vers les jeunes filles, menaçait de chuter de son tabouret à chaque instant. Le professeur laissa passer quelques minutes sans que la Survivante ne se rende compte de quoi que ce soit, malgré une autre fille, aux cheveux bruns hirsutes, qui tentait d'attirer son attention.

- Miss Potter ! claqua la voix sèche, faisant sursauter la coupable. Vous imaginez peut-être que votre statut de … Survivante vous permet de ne pas prêter attention aux cours ? Voyons donc ce que notre célébrité connaît puisqu'elle se juge manifestement trop érudite pour écouter.

Au lieu de paraître penaude, Sophia arbora un sourire sarcastique que Severus avait vu à de nombreuses reprises chez James Potter.

- Qu'obtenez-vous si vous mélanger de la racine d'asphodèle à une infusion d'armoise ?

- Une affreuse mixture, répondit l'insolente.

- Où iriez-vous chercher un bézoard ? reprit Severus avec un regard noir, faisant quand même frissonner la gamine.

- …

- Quelle est la différence entre l'aconit et le napel ?

- …

- Bien, il est évident que votre célébrité ne vous sera d'aucun secours dans mon cours. Vous êtes totalement ignorante.

- A quoi ça sert de toute façon ! Il suffit d'avoir un bon apothicaire au lieu de perdre son temps à touiller un chaudron.

Un cri d'effroi secoua les rangs des élèves rouge et or tandis que les Serpents observaient la scène avec fascination, persuadés que la gamine arrogante allant en prendre pour son grade.

- Argument déjà mainte fois brandi par votre père. En plus d'être inculte, vous ne savez même pas penser par vous-même. Vingt points en moins pour Gryffondor et une retenue dès ce soir avec Monsieur Rusard. Et n'ouvrez plus la bouche, reprit Severus en voyant Sophia prête à vitupérer, sinon ce sera cent points et une semaine de retenue.

La fille blonde qui était assise à côté d'elle eut la bonne idée de plaquer sa main sur la bouche de Sophia pour l'empêcher de répondre.

Après l'avoir toisé avec un sourire mauvais, Severus se tourna vers Harry.

- Monsieur Potter, pouvez-vous répondre aux questions ? demanda le professeur, ignorant délibérément la Gryffondor échevelée qui tentait de toucher le plafond en levant la main.

- L'infusion d'armoise additionnée de racines d'asphodèles en poudre donne la Goutte du Mort Vivant, l'un des somnifères les plus puissants. Le bézoard est une pierre que l'on peut retrouver dans l'estomac des chèvres. Les caprins et les bovins ingèrent des pierres afin d'aider à la digestion des végétaux qu'ils mangent. Le bézoard est un antidote à de très nombreux poisons. L'aconit et le napel sont la même plante, également appelée Tue-Loup.

- Parfait, Monsieur Potter. Clair, précis et concis. Trente points pour Serpentard.

OoOoOoOoOoO

Le cours suivant était celui de métamorphose avec le professeur McGonagall. Une fois encore, les Serpentard et les Gryffondor étaient réunis. Les Rouge et Or avaient rapidement réquisitionné les places au premier rang, mené par une Sophia plus joviale que jamais. Souvent, elle arrêtait son regard sur Harry, lui promettant silencieusement une revanche. Elle n'avait pas digéré ce qui s'était passé dans les cachots et attendait avec impatience de pouvoir faire sauter sa punition. Son papy Albus ne pouvait rien lui refuser.

Les Serpentard avaient pris place à l'arrière de la classe, ayant élu tacitement Harry comme leur leader. Draco s'était assis à côté de lui, ne se gênant pas pour renvoyer un regard goguenard à Sophia chaque fois qu'elle se retournait pour les toiser.

Alors que les Gryffondor faisaient un vacarme infernal, le chat qui était jusqu'alors passé inaperçu sauta du bureau pour reprendre la forme du professeur de métamorphose.

- Que chacun sorte son manuel et sa baguette, et en silence !

Le calme revint difficilement tandis que chacun obtempérait. Sophia continuait cependant à gazouiller avec Lavande.

- Miss Potter ! J'ai demandé le silence, cingla le professeur.

- Mais, Gr…

- Dix points en moins pour Gryffondor pour désobéissance.

Sophia prit une teinte cramoisie tout en jetant un regard horrifié à celle qu'elle considérait comme sa grand-mère. Cette dernière observa un instant sa petite-fille chérie, se retenant de venir la consoler. En elle-même, elle pensait :

« Oh ma petite-fille adorée, je suis tellement désolée, mais tu sais, il faut que je conserve ma réputation de professeur sévère, mais juste et impartiale. Je ne peux pas faire preuve d'un favoritisme flagrant envers toi. Mais ne t'inquiètes pas, tu verras, bientôt je me ferai pardonner et tu oublieras tout ça. »

- La métamorphose se divise en plusieurs branches. Pouvez-vous m'en citer une ?

La main de la jeune Gryffondor ébouriffée fusa dans l'air.

- Miss Granger ?

- On peut métamorphoser des objets ou des animaux.

- Exact. Cependant, plus l'objet est complexe, plus la métamorphose sera compliquée. Ce qui est encore plus difficile avec les animaux. Quoi d'autre ? demanda la professeur, ignorant la main à nouveau tendue de Hermione. Miss Potter ? Monsieur Londubat ? Monsieur Potter ?

- Il y a les transformations humaines, c'est-à-dire modifier certains détails de l'apparence grâce à un sortilège précis et aussi la transformation animagus, comme vous nous l'avez-vous-même montré il y a un instant, répondit Harry.

- Tout à fait correct. Pourquoi avez-vous précisé la transformation humaine par sortilège ?

- Parce qu'il y a une branche spécifique de métamorphose ne faisant pas appel aux sorts. On parle alors de sorciers ou sorcières métamorphomages.

McGonagall resta un moment interdite devant la réponse de Harry avant de se reprendre.

- Vingt points pour Serpentard, Monsieur Potter et cinq pour Gryffondor Miss Granger. Nous allons donc débuter avec la métamorphose des objets. Vous avez tous devant vous des allumettes. L'exercice du jour sera de les transformer en aiguilles. La formule à utiliser est Permutatio Sulphurato. Vous vous concentrez, pointez votre baguette et exprimez le sort à haute et intelligible voix.

Joignant le geste à la parole, le professeur pointa son allumette qui prit aussitôt un aspect brillant et pointu.

- Allez-y !

Toute la classe se concentra alors sur son travail tandis que Minerva passait entre les bancs. Elle se pencha un instant sur Lavande Brown et rectifia la façon dont elle tenait sa baguette avant de corriger la prononciation de Parvati Patil. Elle s'approcha ensuite de Sophia qui lui tourna délibérément le dos, boudeuse.

- Miss Potter ! Montrez-moi donc votre aiguille.

Sophia se plia de mauvaise grâce à l'injonction. Avec force de mélodrame, elle lança son sortilège sur l'allumette qui prit l'apparence d'une … allumette.

- Concentrez-vous, Miss Potter ! dit le professeur avant de s'éloigner pour observer les Serpentard.

Ils étaient tous concentrés sur l'exercice. McGonagall s'avança vers le bureau que Harry et Draco se partageaient.

- Messieurs, enjoignit-elle calmement.

Draco énonça le sortilège et son allumette présenta la forme d'une aiguille en bois.

- Veillez à votre diction, Monsieur Malefoy, et vous y arriverez.

Au troisième essai, Draco obtint une belle aiguille bien acérée et brillante.

- A vous, Monsieur Potter.

Conservant la main tenant sa baguette sur la table, Harry fixa intensément son regard pointa sur le petit bout de bois qui devint aussitôt argenté et pointu.

- Mais … Qu'est-ce que … commença le professeur interdite. Comment avez-vous fait ?

- Pardon, professeur ? Qu'est-ce que j'ai fait ?

- Vous n'avez pas utilisé votre baguette ni prononcé le sort !

- Oh, euh …

Harry ne savait que répondre. Il avait agi comme il l'avait toujours fait en ce qui concernait les sortilèges mineurs, c'est-à-dire utiliser la magie sans baguette et en informulé. Pendant un instant, il avait oublié qu'il était un élève de première année à Poudlard et qu'il ne devait normalement pas connaitre grand-chose sur la magie, du moins sur le niveau pratique.

- Je l'ai dit à voix basse, professeur, pour mieux me concentrer. Je n'avais pas compris qu'il fallait toucher l'allumette avec la baguette.

- Bien, recommencez ! demanda McGonagall.

- Permutatio sulphurato, déclama Harry en veillant à bien articuler et à effleurer l'objet.

Tous observèrent avec attention le bout de bois, mais celui-ci demeura inchangé. Le professeur lui fit réessayer une dizaine de fois avant que Harry ne réussisse à nouveau. McGonaggal s'éloigna, dubitative. Elle était persuadé que le jeune garçon avait réalisé le sortilège de manière informulée et sans baguette, chose impossible pour un sorcier non entraîné. Aurait-il été éduqué pendant sa longue absence ? Elle fronça les sourcils avant de chasser cette pensée. C'était sûrement la chance du débutant.

Au final, Draco et Harry, ainsi qu'une fille nommée Pansy Parkinson, réussirent leur sortilège parmi les Serpentard, récoltant chacun dix points pour leur Maison. Parmi les Gryffondor, Hermione Granger fut la seule à pouvoir réaliser la métamorphose correctement.

C'est en bousculant tout le monde que Sophia sortit de la salle, bien décidée à aller se plaindre auprès de ses parents et du directeur au sujet du manque de considération qui lui avait été témoigné au cours de la matinée.

Le premier cours de Défense contre les Forces du Mal était attendu avec beaucoup d'impatience par de nombreux élèves, mais leur impression fut plus que mitigée à sa sortie. Le professeur Quirrel, même s'il semblait savoir de quoi il parlait, était bégayant et peu sûr de lui. Les Serpentard l'avaient toisé pendant toute la durée du cours tandis que les Gryffondor acclamaient Sophia qui ne perdait pas une seule occasion pour répéter chacune des phrases hésitantes de l'enseignant.

Harry ne dit rien, à l'instar de ses camarades vert et argent, mais il retira de la fréquentation de l'homme une sensation dérangeante et malsaine.

OoOoOoOoOoO

Quelques jours plus tard, les premières années assistèrent à leur premier cours de vol. Comme à son habitude, Sophia ouvrait la marche, expliquant à qui voulait bien l'entendre qu'elle-même possédait un Nimbus 2000 et qu'elle allait faire partie de l'équipe de Quidditch de Gryffondor.

Les élèves arrivèrent dans un espace découvert, devant les murailles du château. Une quarantaine de balais étaient au sol, en deux lignes parallèles. Les discussions allaient bon train, les sorciers-nés et certains sang-mêlé racontant leurs exploits plus ou moins vrais, tandis que les nés-moldus s'inquiétaient de ce moyen de transport pour le moins exotique à leurs yeux quand Madame Bibine, professeur de Vol et arbitre des matchs de Quidditch, fit son apparition. Elle avait une silhouette sportive et les cheveux gris et courts. L'élément le plus étonnant chez elle était ses yeux. Elle avait des yeux de faucon, résultat d'un accident de sortilège. Madame Bibine n'avait jamais voulu se faire soigner, estimant que cela représentait un atout de taille dans son métier.

- Bonjour les enfants ! Eh bien, qu'attendez-vous donc ? Placez-vous à côté d'un balai, étendez la main au-dessus et dites « Debout » avec foi et conviction. Lorsque vous serez prêt, je vous donnerai la suite des consignes. Que je ne vois personne dans les airs avant cela si vous ne souhaitez pas vous retrouver en retenue pour un mois avec Monsieur Rusard.

Aussitôt, les élèves prirent place comme demandé et des exclamations fusèrent de toutes parts.

Au premier commandement, le balai choisi par Harry lui sauta dans la main. Draco lui lança un regard torve avant de réessayer encore. Après trois essais, il récupéra enfin son balai. En face d'eux, Ronald Weasley, un Gryffondor, se fit proprement assommer par le manche en bois qui s'était redressé d'un coup. Quelques minutes plus tard, tous les élèves tenaient fermement un balai en main, attendant la suite des instructions. Enfin, pas vraiment tous les élèves. Sophia continuait à hurler sur le pauvre ustensile, sans obtenir le moindre frémissement. En désespoir de cause, Madame Bibine lui intima de simplement le ramasser pour pouvoir continuer son cours.

- Bien, maintenant que tout le monde est prêt, vous allez enfourcher le balai, en le tenant fermement à deux mains pour ne pas glisser. Ensuite, à mon signal, vous frapperez légèrement le sol du bout du pied, vous élèverez de deux mètres avant de vous pencher doucement pour revenir au sol. A mon sign… Monsieur Londubat ! Monsieur Londubat, redescendez !

Tandis que le professeur expliquait la marche à suivre, le balai de Neville avait commencé à s'élever lentement, terrorisant un peu plus l'élève joufflu. Madame Bibine tentait de le ramener au sol mais il continuait à s'élever et Sophia ricanait méchamment.

Ne réfléchissant pas plus, Harry s'élança à son tour, rapidement suivi par Draco. Neville atteignait déjà la flèche de la tour quand un éclat brillant attira l'attention du jeune brun. Aussitôt, il se lança à sa poursuite et cueillit in extremis le rapeltout qui avait glissé de la poche du Gryffondor et allait se fracasser au sol, avant de remonter en flèche.

Pendant ce temps, Draco avait commencé à essayer de rassurer Neville, sans beaucoup de succès.

- Neville ! cingla Harry pour attirer son attention et faire cesser les petits cris de peur.

Surpris, le Rouge et Or le fixa un instant, oubliant enfin sa situation précaire.

- Neville, il faut que tu te calmes. Respire bien profondément, expliqua Harry en joignant le geste à la parole pour l'inciter à suivre son exemple. Bien… Maintenant, redresse-toi et desserres un tout petit peu les mains, détends-les pour ne plus t'agripper au manche. Regarde la position de Draco et imite-le.

Très lentement, Neville corrigea sa position, se redressant et tenant le manche plus légèrement.

- Parfait ! continua Harry. Maintenant, nous allons redescendre. Draco et moi, on reste près de toi, tu n'as rien à craindre. Tu vas te pencher un tout petit peu et on va descendre lentement.

Petit à petit, les trois balais rejoignirent le sol jusqu'au moment où les pieds de Neville touchèrent enfin la terre ferme à son plus grand soulagement.

- Messieurs Potter et Malefoy, vous avez fait preuve d'une … commença Madame Bibine.

- … initiative bien courageuse pour sauver l'un de vos camarades, coupa la voix froide de Severus Rogue. Dix points chacun pour votre action.

Le professeur de Potions revenait de la Forêt Interdite quand il avait croisé le professeur McGonagall qui le cherchait pour une réunion impromptue avec le Directeur. Les deux Directeurs de Maison s'étaient arrêtés pour observer leurs élèves durant ce premier cours de Vol.

- Mais ils ont tous deux désobéis, souligna McGonagall.

- Peut-être Minerva, reprit Bibine, mais ils ont brillamment aidé leur camarade qui aurait pu être gravement blessé. Il faut pouvoir faire preuve de tolérance quand les circonstances l'exigent. Néanmoins Messieurs, je vous demanderai un essai sur l'importance de la sécurité lors de l'usage des balais en guise de punition pour votre désobéissance.

- Bien, Madame Bibine, acquiescèrent les deux garçons.

OoOoOoOoOoO

Tandis que le cours se poursuivait, McGonagall et Rogue reprenaient leur route vers le bureau du Directeur. Ils avaient été convoqués par ce dernier parce que celui-ci souhaitait modifier le règlement de l'école et qu'il voulait en discuter avec les Directeurs de Maison.

Perdu dans ses pensées, Severus se demandait ce que Dumbledore voulait faire. Il craignait que celui-ci ne revienne sur la répartition des élèves et le choix que le Choixpeau avait offert à Harry. Cependant, ses craintes furent rapidement oubliées aux premiers mots d'Albus.

- Je vous ai demandé d'être présents afin de modifier les conditions d'accès aux équipes de Quidditch.

- Comment cela ? demanda Flitwick.

- Sophia Potter souhaite faire partie de l'équipe des Gryffondor et je vais l'y autoriser.

- Mais c'est une première année ! s'indigna Chourave. Elle est bien trop jeune pour participer à cette compétition.

- Enfin Dumbledore, vous savez que l'interdiction faite aux premières années l'est uniquement pour leur sécurité. Ils n'ont pas l'entraînement, l'endurance et les connaissances nécessaires pour faire face aux élèves plus âgés qui pourraient profiter de cette faiblesse, argumenta le professeur de Sortilèges.

- Voyons, je vous rappelle que nous parlons de la Survivante. Elle veut faire partie de l'équipe.

- Eh bien, elle attendra l'année prochaine pour participer aux sélections, comme tout le monde, fluta Flitwick.

- Je pensais d'ailleurs que l'équipe des Gryffondor était complète pour cette année, interrogea Chourave.

- Nous avons annoncé à Olivier Dubois que Stevenson ne pourrait plus jouer cette année. Ses résultats sont vraiment limite et il doit impérativement se concentrer sur ses études s'il veut pouvoir obtenir ses ASPICS. Sans cela, il ne trouvera jamais de travail, expliqua Minerva à sa collègue.

- Mais je croyais que Stevenson voulait se lancer dans le Quidditch professionnel ? Qu'il avait d'ailleurs déjà été approché par quelques équipes à ce propos ? reprit Pomona.

Minerva et Albus échangèrent un regard légèrement coupable avant que le vieux sorcier ne reprenne.

- Il n'empêche qu'il doit obtenir son diplôme quand même. Donc, cette année, nous autoriserons une première année à rejoindre l'équipe de Quidditch.

- Dans ce cas, vous devez permettre à tous les élèves d'y participer, souligna sèchement Severus, avec l'approbation de Chourave et de Flitwick.

- Mais les autres élèves sont …, tenta Albus.

- Si Sophia Potter peut jouer, il n'y a pas de raison que d'autres élèves en soient interdits, dit Flitwick d'un ton ferme.

- Je suis d'ailleurs persuadé que certains de mes Serpents en seront ravis, ricana Severus en toisant Minerva.

- Par contre, j'exige que chaque première année passe un examen médical auprès de Pomfresh et reçoive l'accord de Rolanda, dit Pomona.

- Mais … commença Minerva.

- C'est tout à fait logique, convint Filius. Il ne faut pas oublier qu'il faut une excellente condition physique pour voler correctement sur un balai. De plus, qui mieux que Bibine serait à même de décider si un élève est apte à jouer ou non.

Sous la pression des trois professeurs, le Directeur fut bien obligé de céder, mais il se promettait par devers lui que sa petite-fille adorée jouerait pour les couleurs de Gryffondor cette année. Cependant, Chourave, Flitwick et Rogue n'étaient pas dupes un seul instant. Ils savaient pertinemment que Dumbledore n'en ferait qu'à sa tête.

Plus tard ce soir-là, le même discours fut tenu dans les salles communes. Les élèves qui le souhaitaient, toutes années confondues, seraient autorisés à participer aux sélections pour les équipes de Quidditch, pour les postes libres, avec comme conditions sine qua non que les premières années obtiennent les autorisations de l'infirmière et du Professeur de vol. Chez les Vert et Argent, un regard vert rencontra des yeux de mercure, la même pensée les traversant.

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Le samedi suivant, Harry et Draco se précipitèrent à l'infirmerie pour obtenir le précieux sésame. L'infirmière, peu encline face à la décision du directeur, ne put cependant pas le leur interdire. Les deux garçons étaient en parfaite santé et présentaient un poids et une taille idéaux pour leur âge. D'autre part, elle avait longuement parlé avec Rolanda Bibine qui lui avait rapporté l'incident survenu pendant le premier cours. D'après elle, si des premières années étaient aptes à intégrer une équipe, il s'agissait bien des deux petits serpents.

L'autorisation médicale obtenue, Les Serpentard allèrent à la rencontre du professeur de Vol qui leur donna également son accord. Bibine avait été très étonnée de leur sang-froid avec le jeune Londubat. Le devoir qu'elle leur avait donné en punition lui avait prouvé également qu'ils étaient tous deux largement conscients des risques inhérents au vol en balai mais aussi des dangers que l'on pouvait rencontrer dans un match de Quidditch, surtout face à des personnes plus âgées et donc plus aguerries.

C'est avec joie qu'ils se présentèrent ensuite devant Marcus Flint, capitaine de l'équipe des Serpentard pour présenter leurs candidatures. Les sélections se tiendraient l'après-midi même et deux postes étaient à pourvoir : celui envié d'attrapeur et un de poursuiveur.

Les deux amis voulaient tous deux être attrapeur, mais ils décidèrent de concourir aux deux places. Une dizaine d'élèves se présenta et Marcus entama une série d'exercices visant à éliminer les plus faibles, sous l'œil averti de Bibine qui surveillait les sélections de chaque Maison.

Après deux heures de tests divers, Draco et Harry restaient les deux seuls en lice. Ils étaient aussi bons l'un que l'autre, que ce soit en tant qu'attrapeur ou que poursuiveur. Ne parvenant pas à se départager, Harry cédant sa place à Draco tandis que Draco faisait de même en faveur de Harry, les deux garçons finirent par proposer au capitaine de se partager les deux postes. En fonction de la stratégie choisie et de l'équipe à affronter, ils alterneraient les positions. Marcus étudia un instant la suggestion et convint que cette solution leur permettrait de déstabiliser leurs adversaires. C'est ainsi que Harry et Draco devinrent membres de l'équipe de leur Maison. Les Serpentard décidèrent de garder le secret afin de pouvoir surprendre les autres Maisons. Ils furent les seuls premières années à réussir les sélections. Sophia, quant à elle, fut intégrée d'office comme attrapeuse des Gryffondor, McGonagall et Dumbledore l'ayant imposée à Olivier Dubois, sans la moindre considération pour les refus de Pomfresh et Bibine.

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Jeudi 31 octobre 1991 – Halloween – Poudlard

Les élèves de Gryffondor et de Serpentard suivaient un cours de sortilèges avec le minuscule professeur Flitwick. Ce dernier, perché sur une pile de livres, expliquait le sortilège de lévitation.

- Cet enchantement permet de faire flotter des objets et de les déplacer. Son incantation est Wingardium Leviosa. Répétez après moi Wingardium Leviosa.

- Wingardium Leviosa, scandèrent les élèves.

- Bien ! Maintenant, rappelez-vous le mouvement de poignet. On lève et on abaisse, tout en prononçant le sort en accentuant le GAR. Wingardium Leviosa, dit le professeur en pointant un livre placé devant lui qui s'éleva aussitôt dans les airs.

Les élèves commencèrent l'exercice, les Serpentard et les Serdaigle réunis du côté gauche de la salle, les Gryffondor et les Poufsouffle à droite. Harry calqua son rythme sur Draco. Il maîtrisait déjà ce sortilège, comme de nombreux autres, mais il ne devait pas attirer plus l'attention qu'il ne le faisait déjà.

Il savait que ses professeurs étaient très intrigués par la facilité avec laquelle il suivait les cours et l'aisance manifeste qu'il montrait dans la réalisation des sorts et des potions. Ils s'interrogeaient tous sur la maîtrise qu'il avait de sa magie et surtout sur sa puissance. Sa sœur, la Survivante, qui suivait pourtant des cours depuis l'âge de six ans, était incapable de réaliser ses sorts avant de nombreux essais infructueux, et encore, ceux-ci étaient loin d'être parfaits.

Six semaines après le début des cours, il avait été convoqué à l'infirmerie où il avait découvert ses parents, Sirius, le directeur, les professeurs Rogue et McGonagall. Il avait une nouvelle fois subi d'innombrables tests physiques avant que Dumbledore ne pénètre encore dans son esprit.

Confronté à la même brume qu'il avait constatée lors du retour de Harry, le Directeur, grand amateur de bonbons au citron, avait enfin convenu que le jeune garçon devait être un occlumens naturel pour lui interdire ainsi l'accès à sa mémoire. Harry en était cependant ressorti avec une migraine atroce qui l'avait poursuivi plusieurs jours.

Ils l'avaient tous questionné, partant du principe que s'il était occlumens, il n'était probablement pas amnésique, mais le jeune Serpentard n'avait pas dévié d'un mot sur l'histoire de sa disparition. Seul Severus n'avait pas été dupe, mais il n'avait pas fait part de ses soupçons. Il appréciait énormément son jeune élève et estimait que celui-ci avait bien le droit de ne pas révéler ses secrets s'il ne le souhaitait pas, sans compter qu'il n'appréciait pas du tout l'attitude des parents Potter, ni celle du Directeur.

Après cette nouvelle confrontation, Harry avait donc décidé de modeler ses réussites sur celles de Draco et Hermione, les deux meilleurs élèves de sa promotion. Il veillait même à rester juste un cran en dessous. C'est pour cette raison qu'il feignit de ne réussir le sortilège de lévitation qu'au septième essai.

En face de lui, Sophia esquissait de grands gestes en déclamant l'incantation mais sa baguette lui échappa soudain, la laissant fixer sa main vide, les yeux écarquillés. En regardant autour d'elle, elle aperçut l'artéfact fugueur entortillé dans les cheveux d'une Lavande Brown ahurie. Un éclat de rire secoua les rangs des Vert et Argent ainsi que des Serdaigle et des Poufsouffle tandis que les Gryffondor se mordaient les lèvres pour rester impassibles. Avec un soupir, Hermione prit sur elle de dégager la baguette prisonnière pour la rendre à sa propriétaire.

- Tu ne dois pas faire de si grands gestes, sois plus … sobre. Et puis ne scande pas ton sort comme un poème, sois fluide et précise, tenta-t-elle d'expliquer à la rousse orageuse.

- Eh bien, fais le puisque tu sais toujours tout !

Piqué au vif, Hermione effectua le mouvement d'un geste délicat et prononça la formule Wingardium Leviosa pour voir s'élever gracieusement la plume.

Avec un mouvement d'humeur, Sophia claqua sa baguette sur le banc et croisa les bras, boudeuse. Au même instant, une explosion retentit. Ron, la moitié du visage noirci par de la suie, toisa méchamment Seamus, assis à côté de lui, qui lui arborait un visage intégralement noir et des sourcils légèrement brûlés, tandis qu'une plume incandescente flottait devant eux.

Lorsque la sonnerie retentit, Sophia sortit suivie de Lavande et Parvati, bousculant Hermione au passage.

- Elle est pas croyable cette fille, toujours à ramener sa science. Une vraie miss-je-sais-tout ! Pas étonnant qu'elle n'ait pas d'amis ! dit-elle en regardant la jeune brune droit dans les yeux.

La fillette devint livide avant de se détourner et de partir sans adresser un mot à quiconque. Harry lança un regard dégouté à sa sœur avant de suivre ses amis pour le prochain cours.

OoOoOoOoOoO

Lorsqu'ils entrèrent dans la Grande Salle pour le repas du soir, les élèves furent époustouflés par la décoration, y compris les anciens. Des chauves-souris voletaient de ci, de là tandis que des araignées filaient leurs toiles entre les bougies flottantes, approchant parfois dangereusement – danger tout relatif représentés par des figurines inoffensives – de certains étudiants très légèrement arachnophobes. Au milieu des bougies, des citrouilles sculptées dansaient avec les fantômes qui s'en donnaient à cœur joie, n'hésitant pas à carrément traversés les corps de leurs « victimes » dans le simple but de les voir frissonner. Pour vous donner une idée de la sensation, plongez-vous dans une baignoire remplie non seulement d'eau glacée mais également généreusement garnie de glaçons.

- Joyeux Halloween à tous, déclara Albus en ouvrant le banquet.

Avec un temps de retard, les élèves remarquèrent que certains des professeurs étaient déguisés pour l'occasion. Le directeur arborait un large kimono de soie bariolée de couleurs les plus improbables, comme si les tubes de couleurs d'un artiste psychotique s'étaient entretués sur le tissus, avec un chapeau d'empereur chinois plat et noir, la barbe et les cheveux agrémentés d'une multitude de rubans et nœuds plus colorés encore que son kimono. A côté de lui, McGonagall portait un uniforme de militaire datant des années quarante. Flitwick s'était habillé tout en vert et avait appliqué un sortilège de métamorphose sur ses oreilles afin de ressembler un peu plus encore à un lutin. Chourave, elle, s'était transformée en … salade de fruits. Personne ne comprit en quoi Hagrid avait voulu se déguiser. Il portait simplement une peau d'animal étrange, à mi-chemin entre un plumage et des poils. Les Potter avaient apparemment puisé dans les souvenirs de Lily. D'après Seamus, ils représentaient un couple de grands criminels moldus appelés Bonnie et Clyde. Lily arborait un tailleur serré et tenait un pistolet à la main. James portait un costume trois pièces, bleu foncé finement rayé de blanc et balançait une mitraillette avec désinvolture. Sirius quant à lui avait fait bouclés ses cheveux et s'était fait poussé une moustache en forme de guidon de vélo retombant. A la place de sa main droite, il y avait un crochet en fer. Il portait également une redingote rouge à jabot avec un pantalon blanc et des bottes montantes. Sur la tête, il avait un chapeau emplumé. Seul Severus n'avait pas fait de frais vestimentaires. Il est vrai que le professeur des Potions présentait déjà une ressemblance troublante avec un vampire.

Les conversations battaient leur plein quand la porte s'ouvrit avec fracas sur un professeur Quirrel affolé et plus bégayant que jamais.

- Un … un Tro … Troll dddd… dans lll… les caca-cachots ! Je vou-voulais ju-jus-juste vous vous prév… cria-t-il avant de s'effondrer sur place.

Un silence à couper au couteau tomba sur la salle avant d'être déchiré par des hurlements de peur de la part des élèves. Se jetant un Sonorus, Dumbledore intervint.

- Silence ! Que tous les préfets ramènent leurs condisciples dans leurs Salles Communes. Les professeurs, vous m'accompagnez.

Ces quelques mots déclenchèrent la débandade parmi les plus jeunes tandis que les adultes s'esquivaient par l'antichambre, à la suite du Directeur.

Harry et Draco, pas plus rassurés que les autres, s'apprêtaient à suivre leurs camarades lorsqu'ils surprirent une discussion entre Sophia et ses amies.

- Et Hermione ? demanda Lavande.

- Quoi la miss-je-sais-tout ? répondit avec irritation la fille des Potter.

- Ben, elle est enfermée dans les toilettes depuis le cours de Flitwick, elle est pas au courant pour le Troll, dit Parvati.

- Oui, ben moi, je vais à la Tour. J'ai pas l'intention de prendre des risques pour cette fille ! De toute façon, elle manquera à personne. Mais allez-y si elle vous intéresse tant que ça, rétorqua Sophia en prenant ses jambes à son cou.

Après un regard incertain, les deux filles prirent exemple sur elle et s'enfuirent tout aussi vite.

- Il faut qu'on prévienne quelqu'un, dit Harry.

- Mais qui ? demanda Draco. Les profs sont partis, et les préfets aussi.

- On ne peut pas la laisser là-bas.

- Alors, on va la chercher, répondit Draco qui se figea soudainement, comme s'il ne croyait pas qu'il avait pu dire ça. Oh non, mon père va me tuer. Moi, un Malefoy aller au secours d'une sang-de…

- Je te déconseille de finir ta phrase, le coupa brutalement Harry.

- Oh, euh… bafouilla Draco en rougissant furieusement, ce qui le perturba encore un peu plus. Euh, désolé…

- Ouais. Ecoute, le Troll était dans les cachots. Ça m'étonnerait beaucoup qu'il ait pu monter au deuxième étage.

- D'accord, on fonce. Mais on fait attention, hein, souffla-t-il.

Les deux Serpentard sortirent en courant de la Grande Salle. Ils arrivaient au niveau des toilettes des filles du deuxième étage quand ils entendirent un grognement étrange. Tétanisés par le bruit, ils virent le Troll faire son apparition au bout du couloir.

La créature qui faisait trois mètres de haut, traînait derrière elle une massue qui rebondissait sur les dalles du couloir. Harry l'observa quelques instants, se disant que, vraiment, les Trolls n'avaient jamais eu l'air intelligent, mais que celui-ci battait tous les records. La bestiole observait les deux enfants comme s'il se demandait ce qu'ils pouvaient bien faire là.

- Quoi faire ici ? demanda Harry dans un étrange borborygme qui étonna Draco.

- Savoir pas, répondit le Troll.

- Quoi ?

- Où être ?

- Ecole … Château Poudlard, rétorqua le Serpentard.

- Quoi être école ?

- Lieu pour apprendre. Enfants ici vivre.

- Enfants ? Sorciers ?

- Oui.

- Pourquoi moi là ?

- Pas savoir. Quoi faire toi ?

- Odeur compagne.

- Toi sentir compagne ?

- Oui.

- Impossible. Pas compagne école.

- Odeur suivre, insista le Troll.

Harry réfléchit un instant. Manifestement, le Troll avait été attiré dans l'Ecole par l'odeur de sa compagne, ce qui était impossible. Il se concentra pour faire appel à l'air et purifier l'atmosphère du vieux Château. Une légère brise courut dans les couloirs.

- Odeur toujours ? demanda-t-il au Troll.

- Partie. Où ?

- Pas compagne Château. Fausse odeur. Toi partir.

- Comment ? Chemin pas connaitre.

Une nouvelle fois, Harry se concentra. Un petit feu-follet voleta devant lui.

- Suis Flamme. Mener dehors vers Interdite Forêt.

- Merci.

Et sans un mot de plus, le Troll suivit le feu-follet sautillant. Avec un soupir de soulagement, Draco observa Harry.

- Je ne savais pas que tu parlais aux Trolls. Et puis, c'était quoi cette petite flamme ?

- C'est … enfin c'était un secret, répondit Harry avec un peu de défaitisme.

- C'en est toujours un, le rassura Draco.

- Oui, les fit sursauter la voix de Hermione, le nôtre maintenant.

Harry n'eut pas le temps de réagir que les professeurs firent leur apparition au détour du couloir, ayant apparemment suivi la trace du Troll.

- Que faites-vous là ? cria McGonagall, son calot militaire pendouillant sur son chignon défait.

- Nous avions entendu S… un élève dire qu'Hermione était dans les toilettes. On est venu la chercher, dit Harry.

- Et pourquoi n'avez-vous pas prévenu un professeur ou un préfet ? demanda James Potter rouge et essoufflé, en lançant un regard méfiant aux deux garçons.

- Ils étaient déjà tous partis. Comme le Troll était dans les cachots, on s'est dit qu'on pouvait venir la chercher nous-même, expliqua Draco.

- Et vous n'avez pas vu le Troll, interrogea Albus, semblant chercher quelque chose dans l'air.

- Rien professeur, répondit Hermione, clignant des yeux devant la tenue étonnante du directeur.

- Que faisiez-vous ici, Miss Granger ? s'enquit le professeur McGonagall avec suspicion. Pourquoi n'étiez-vous pas avec vos camarades dans la Grande Salle ?

- Je … commença la jeune fille. Je voulais m'isoler et …

- Des élèves ont fait des commentaires insultants à Hermione et elle voulait rester seule. Moi non plus, je n'aimerais pas rester auprès de ceux qui sont méchants, souligna Harry.

- Et moi non plus, reprit Draco en hochant la tête.

- Il faut apprendre à grandir, Miss Granger, dit Dumbledore. Ce n'est pas en vous cachant que vous allez régler vos problèmes. Retournez tous à vos dortoirs maintenant.

- Je ne crois pas qu'il soit très sûr de laisser ces trois jeunes gens seuls dans les couloirs tant que nous ne savons pas où est passé le Troll, le coupa Severus. Je vais les raccompagner moi-même.

Et d'un geste, il intima aux enfants de le suivre, ne laissant pas le temps au Directeur de réagir. Après un temps mort, les professeurs reprirent leur course à travers le château.

Ils ramenèrent d'abord Hermione jusqu'à la Tour avant de redescendre vers les cachots. Arrivés devant le tableau qui masquait l'entrée de la salle commune des Serpentard, Severus retint les deux garçons.

- Si je ne me trompe, nous ne retrouverons pas le Troll de sitôt ?

- Non professeur, il est parti, répondit Draco.

- Et c'est à vous que nous le devons, n'est-ce-pas Monsieur Potter ?

Harry ne répondit pas, mais son regard parlait pour lui.

- Très bien. Vingt points pour Serpentard pour avoir porté secours à une camarade, encore une fois. Faites quand même attention, certains ont peut-être des œillères, mais ils finiront bien par comprendre un jour que vous cachez pas mal de choses, Monsieur Potter. Maintenant, allez dormir.

TBC