Salut à tous ! J'ai tenu ma promesse, pas plus de deux semaines pour ce chapitre, ouais !

J'espère que ce chapitre va vous plaire. Moi je l'aime bien, surtout parce que j'ai fait un truc assez exceptionnel parce que je parle de tous les personnages. Il y a également du James et du Lily, j'ai remarqué que j'en avais pas du tout parlé dans ce lui d'avant. Et y'a même un peu de Peter, vous voyez tout y est !

Un grand merci aux revieweurs : Eni-gwada, Hulrik, Stef (J'ai de plus en plus l'impression d'écrire des Feux de l'amour sorciers moi aussi ^^ Mine de rien la bio ça peut se révéler intéressant ! Je détestais au lycée mais j'ai adoré en études supérieures ;) donc bon, et j'aime encore plus quand j'en mets dans mes fics. J'adore ta façon de voir les choses ^^ "Une souris, le premier meurtre de nos héroïnes !"), Zod'a, Caramelise, Fraize (Je suis moi-même fumeuse et je sais pas pourquoi mais j'aime bien donner ce vice à mes personnages... A part ça je suis en train de répondre à tes questions par mail, je finirais après avoir posté ça et j'essairai de t'envoyer ma réponse soit ce soir soit demain), Zachitoya, LaSilvana, Helizia Black et CFLM angel. Vos messages sont toujours aussi encourageants et plaisants à lire !

Disclaimer : Le monde d'Harry Potter appartient à la talentueuse JK Rowling. EDIT : Le titre de ce chapitre est extrait de la chanson "I don't like you anymore" de The Last Shadows Puppets. Ce chapitre contient également des paroles de la chanson "Brunette Localicous" de Shaka Ponk.

Un dernier truc, je me suis très peu relue pour la fin alors je m'excuse d'avance s'il reste quelques fautes.

Sur ce, Bonne lecture !


The Gentlest Feeling

9. I don't like you anymore, You're cracked and your face is changing


Et déjà cinq bouteilles, bues à une vitesse surprenante, décoraient le sol de leur salle commune.

La sixième fut celle de trop. James racontait laborieusement une blague désopilante à propos d'un énorme chien avec des carries et d'une dame octogénaire qui n'avait jamais connu l'orgasme (3) - c'était tout ce que Lyra avait retenu, et pourtant elle était pliée de rire. Le Whisky Pur Feu pouvait faire parfois très mal. Ou pouvait amener à des actes assez surprenants.

Le Maraudeur s'étouffait à moitié - encore - avec sa boisson lorsqu'il sentit deux lèvres se poser sur les siennes.

Ça ne dura qu'une seconde. Il eut à peine le temps de noter la main de Lyra sur son cou et sa bouche sur la sienne. Un son monta de sa gorge, entre le gémissement et le cri de surprise, ce qui provoqua un rire hystérique chez les deux adolescents.

Lyra se détacha de James et s'étala sur le canapé. Cette impulsion s'était emparée d'elle sans aucune raison, juste comme ça. Elle était trop ivre pour réfléchir avec clarté. Pourtant, déjà, ça la reprenait. Le Maraudeur riait encore quand elle se remit sur son séant et l'embrassa de nouveau. Un peu plus longtemps.

Elle se recula, plongeant son regard gris rieur dans le sien chocolaté, mais il la retint avant qu'elle ait pu trop s'écarter. Ils s'embrassèrent sans retenue cette fois, leurs lèvres se caressèrent maladroitement. Il la tira vers lui, une main placée dans son dos, encourageant Lyra à escalader ses genoux. Elle tomba sans élégance à califourchon sur lui, accueillit ensuite sa langue dans sa bouche avec un ronronnement de satisfaction.

Il finit par se détacher, l'ébahissement peint sur son visage. « C'est dingue comme t'embrasses super bien ! » Lyra rit nerveusement et voulut happer une nouvelle fois ses lèvres. Il l'interrompit, une étrange lueur brillant dans ses yeux.

- Je suis sérieux, j'ai jamais été embrassé comme ça avant !

Lyra haussa les sourcils « T'es sérieux ? Même pas Nicole ? » James secoua vivement la tête.

- Je te jure, je sais pas comment c'est possible mais tu embrasses mieux qu'elle.

Lyra n'eut même pas la décende d'être vexée par sa remarque. Même dans son esprit nébuleux, l'expérience de la métis lui avait toujours fait croire qu'elle était particulièrement douée pour n'importe quel exercice charnel. C'est pour cela que la brune fut plutôt flattée par la réflexion de James. Et qu'elle avait encore plus envie d'embrasser son ami.

- Merci, en tout cas, chuchota-t-elle.

Elle se rapprocha de lui jusqu'à écraser sa poitrine contre son torse. Elle déposa plusieurs baisers papillons sur sa bouche, et il prit l'initiative d'en approfondir un. Elle sentit le coeur de James s'accélérer dans sa cage thoracique - ils étaient carrément en plein exercice d'apnée - puis il plaça ses mains sur ses cuisses et remonta jusqu'à l'orée de sa jupe.

Très lentement, ses doigts disparurent sous le tissu et se rapprochèrent de sa culotte. Les mains de Lyra, jusque là posées sur ses épaules, entourèrent son cou. Elle pencha son visage de côté pour l'embrasser encore plus profondément. Elle voulut étirer son dos, jusque là plié en deux dans une position assez inconfortable. Sa position désormais précaire combiné à un soudain élan de sa part la fit dangeureusement osciller et... tomber en arrière. Entraînant James dans sa chute.

Ils s'étalèrent durement sur le sol, coupé dans leur actitivé. Lyra ne s'aperçut pas que sa nuque avait manqué de peu le rebord de la table et éclata de rire à la place. Perdus dans un enchevêtrement de bras et de jambes, James échoué de tout son poids sur elle, ils riaient à perdre haleine. La brusque pensée qu'elle allait bientôt mourir d'hilarité la fit haleter encore plus fort, et ni l'un ni l'autre ne se sentait capable de se relever.

Un bruit retentit, provenant d'un endroit qui leur sembla lointain. Cette interruption suffit à cesser leurs rires. James et Lyra se regardèrent, tendant l'oreille, et identifièrent des bruits de pas. Quelqu'un descendait des escaliers, dans leur propre tour. Ce quelqu'un se rapprochait dangereusement de la salle commune.

Affolés, ils se levèrent sans plus attendre. James attrapa la main de son amie et ils titubèrent jusqu'à la cheminée, se prenant les pieds dans une bouteille vide au passage. Les deux Gryffondors surbepticement alcoolisés se plaquèrent contre le mur bordant le foyer de feu, la seule cachette que James trouva sur le moment. Les pas se rapprochèrent, puis cessèrent.

Lyra devina que l'étudiant, ou l'étudiante, réveillé(e) par le boucan qu'ils faisaient à cette heure tardive, devait trouver le supposé vide qu'ils avaient laissé dans la salle commune très étrange. Peut-être était-il en train de se dire qu'il ou elle hallucinait, et qu'il était urgent pour lui ou elle de consulter. Elle plaqua une main sur sa bouche à cette pensée, pour étouffer un rire tout sauf discret, et James lui jeta un regard qu'il voulut sévère.

Heureusement, le ou la Gryffondor remonta se coucher. Lorsqu'ils entendirent le bruit d'une porte qui se fermait, ils laissèrent la tension s'évacuer et rirent un bon coup. Ce fut cette fois James qui surprit Lyra en écrasant sa bouche sur la sienne. Il la colla entre le mur et lui, posant une main sur la pierre pour se retenir de tomber tout en dévorant la cavité buccale de sa camarade.

James parcourut son corps de ses mains tremblantes - le stress, l'alcool, la fatigue, tout ça l'agitait monstrueusement - en écoutant à moitié ses gémissements trop bruyants. Il empoigna ses cuisses et la souleva, elle passa automatiquement ses jambes autour de sa taille, le collant encore plus à elle. Embrassant, léchant et mordillant la peau de son cou, il défit avec empressement les boutons de la chemise de la jeune fille et en fit sauter quelques uns involontairement.

Lyra tentait de s'accrocher inutilement aux pierres derrière elle, l'arrondi de sa bouche s'agrandissant ou rétrecissant selon ses besoins en oxygène - en vérité, sa tête tournait, ce crétin était sacrément doué avec ses mains et sa langue, mmhh, surtout sa langue... Ce n'est que lorsqu'elle sentit deux paumes froides contre son ventre qu'elle réalisa que sa chemise était grande ouverte.

Leurs bouches se séparèrent. James contempla avidement son buste des yeux. Sa poitrine était plus volumineuse qu'il ne l'aurait soupçonnée et, retenue prisonnière par son soutien-gorge, montait et descendait à un rythme irrégulier... Il releva les yeux et croisa ceux voilés de Lyra. Cela eut l'effet d'une douche froide sur eux. Leurs regards s'éclaircirent en même temps.

James recula aussitôt, mais les jambes de Lyra autour de ses hanches le retinrent et, à l'instant où elle glissa à toute vitesse le long du mur parce qu'il l'avait privé de son appui, il tomba - pour la deuxième fois de la soirée - en arrière. Leurs postérieurs rencontrèrent douloureusement le sol en un unique « BOUM » assourdissant.

Le plus gigantesque fou rire qui soit s'empara d'eux, et ils mirent de longues minutes avant de s'en remettre.

La même pensée traversa leurs esprits relativement clairs. Et ben, ils l'avaient échappé belle !


Le lendemain, une Lyra épuisée entra dans la Grande Salle aux alentours de dix heures. C'était samedi, le jour où prendre son petit-déjeuner à cette heure-là n'étonnait personne. Elle remarqua qu'aucune de ses amies n'étaient présentes et choisit de s'assoir à côté des quatre Maraudeurs. Juste en face de James, mais celui-ci ne l'avait pas encore remarqué. Il dormait à moitié, la tête enfouie dans ses bras croisés sur la table.

Les prunelles ambres de Remus passa de la silhouette avachie de son ami aux traits tirés et apathiques de Lyra « Vous avez fait quoi cette nuit ? »

Lyra se racla la gorge sans répondre. James s'aperçut alors de sa présence mais ne semblait pas vraiment réagir. Il paraissait beaucoup moins frais que la jeune fille. S'il tenait l'alcool aussi bien qu'elle, le lendemain, c'était une autre paire de manches.

- Pourquoi tu dis ça ? demanda Sirius.

Lyra se sentait de moins en moins endormie. Les bras croisés devant elle, elle n'avait pas touché à la nourriture et observait James se réveiller doucement, un léger sourire amusé sur les lèvres.

- J'ai pas vu James rentrer hier soir » expliqua Remus. Sirius et Peter avaient dû passer la nuit à l'infirmerie à cause d'un affrontement avec les Serpentards qui s'était mal terminé.

Leurs regards se croisèrent. La dernière fois que le gris de Lyra avait rencontré le marron de James, ils s'étaient magistralement cassé la figure. James ricana discrètement, se souvenant du fou-rire qu'ils avaient eu et de la bêtise - coucher ensemble - qu'ils avaient failli faire. Lyra se mordit la lèvre pour retenir un sourire.

- Vous avez encore passé votre nuit à vous saouler ? fit Peter en haussant un sourcil désapprobateur.

Le plaisir commun que Lyra et James éprouvaient à s'enivrer ensemble était décidément connu de tous. Sauf que cette fois, ils ignoraient une partie de l'histoire. Aucun des deux ne nia ni ne rectifia.

James fit semblant de se racler la gorge, son poing contre sa bouche. Le rire qui le secouait passa inaperçu pour les trois autres, mais pas pour Lyra. Cette dernière s'était préparée en vitesse un thé, avait porté le bol à ses lèvres mais n'avalait rien. Elle s'en servait pour cacher son hilarité.

- Il est bon ton thé ? bredouilla James d'une voix très rauque.

Elle lui lança un regard faussement méchant, et les trois garçons entendirent un grognement étrange de sa part alors qu'elle se retenait toujours d'éclater de rire.

Remus leva les yeux au ciel « Vous êtes encore complètement déchirés, pas la peine d'essayer de le cacher ». Sirius les regardait en haussant les sourcils, avec l'air de les découvrir pour la première fois.

- Vous êtes vraiment bizarres.

- Du coup, t'as eu le dortoir pour toi tout seul cette nuit ? réalisa Peter.

- T'as choisi ton mauvais jour, pour rompre avec Nicole du coup, lança Sirius.

Peter se mordit les lèvres en secouant la tête de gauche à droite « Bravo Patmol, t'as rien trouvé de plus subtil ? » Remus sourit légèrement puis haussa les épaules.

- Ça m'a permis de super bien dormir, dit Remus. Enfin à un moment, je me suis réveillé. Il devait être deux heures du mat', et j'ai entendu un énorme bruit. Comme si un éléphant s'était cassé la gueule dans la tour.

Sirius et Peter rigolèrent, mais ce ne fut rien à côté de James et Lyra. La jeune fille s'étrangla avec une gorgée de thé, qu'elle s'était finalement mise à boire tandis que l'attention s'était détournée d'elle. Elle se pencha en avant et posa son bol sur la table tout en y recrachant son thé, puis éclata franchement de rire.

Son rire redoubla quand elle vit que James avait disparu. Seule sa main était posée sur la table, et elle entendait - comme tous ceux présents dans la salle - les sons étouffés du Maraudeur. Il parvint finalement, après s'être rapidement calmé, à se relever du sol. Cependant, lorsqu'il vit Lyra secouée d'un rire silencieux, le visage enfoui dans une main et l'autre qui tapait du poing, il s'effondra sur la table en se tenant de nouveau les côtes.

- Complètement tarés, dit Sirius en secouant la tête, désespéré.

Peter haussa les épaules et se contenta de dire avec sagesse « C'est l'alcool qui fait encore effet ».


- Je t'ai cherché partout !

Remus sursauta en sentant la main de Dylan se poser sur son épaule. Elle avait parlé un peu trop fort et Mrs Pince, qui chérissait le silence de sa bibliothèque, les fusilla du regard. La Serdaigle se pencha et murmura à son oreille - Remus se détesta d'avoir des frissons pour si peu - « Il faut qu'on parle ».

Il la suivit en dehors de la bibliothèque, elle l'emmèna jusque dans un couloir relativement tranquille, peu emprunté. Elle croisa les bras, l'air d'attendre quelque chose. Remus gardait sa tête baissée, les cheveux cachant son visage.

- Et bien, je t'écoute.

Un demi-sourire naquit sur les lèvres du lycanthrope qu'elle ne put voir. Il releva la figure en s'humectant les lèvres, le sourire disparu. C'était à lui de s'expliquer ? Bah voyons...

- Et puis quoi encore ! Tu crois pas que c'est toi qui me dois d'abord des explications ?

Dylan sembla perdue « Qu'est-ce que j'ai fait ? » Remus émit une exclamation outrée. La colère commençait insidieusement à monter en lui.

- C'est une bonne question, tiens. Tu m'aurais pas laissé tout seul dans une chambre du Chaudron Baveur, y'a cinq mois ? cria-t-il.

Ça y'est, il avait fini par exploser. Des mois que cette question lui trottait dans la tête. On pouvait sincèrement se demander pourquoi il n'avait pas craqué plus tôt. Il avait fallu qu'il voye son visage innocent, comme si elle n'avait strictement rien à se reprocher... Ça l'avait mis hors de lui.

La compréhension éclaira le regard de la sorcière et elle passa une main sur son visage, où s'exprimait une vague lassitude.

- On va faire un marché, Remus » Ses yeux menthe à l'eau le vrillèrent avec intensité, mais il réussit à ne pas détourner le regard « Tu commences à me raconter ce qui t'a pris hier, et après, je te dis tout ce que tu veux savoir.

Il la défia du regard pendant quelques instants. Puis, sans lâcher ses yeux des siens, il déballa le tout.

- J'ai rompu avec Nicole. J'étais paumé, figure-toi. Si ça n'a jamais marché avec elle c'est à cause de toi, et toi seule » Remus parlait vite et mécaniquement, pour se débarasser de cette corvée, en crachant méchammant ses mots pour lui faire comprendre que c'était de sa faute « Tu me manquais et j'ai craqué, je t'ai sauté dessus hier. Fin de l'histoire.

- Hein ?

- C'est ton tour.

- Non, non attends » Elle secoua son index de gauche à droite « Comment ça, à cause de moi ? Qu'est-ce que j'ai fait pour vous séparer, Nicole Wheeler et toi ? »

Remus avait rarement été aussi irrité par son ex petite-amie. Ne pouvait-elle pas comprendre toute seule ? Devait-il toujours tout faire pour deux ? Etait-il obligé d'aimer pour deux, ce qui lui prenait la tête depuis le début de l'année ? D'accord, là c'était un tout autre sujet.

- Quand on s'est revu cet été, je m'étais à peine remis de notre séparation » Il grimaça en se rendant compte que cette façon de parler faisait de lui une vraie gonzesse « Ensuite on a couché ensemble, et tu m'as laissé. Tu m'as complètement abandonné »

Il parlait d'une voix plus douce, où pointait comme une certaine mélancholie qui lança une grande claque dans la figure de Dylan. « En faisant ça, tu ne m'as pas laissé une seule chance de... guérir » Nouvelle grimace « une deuxième fois. J'ai fait l'erreur de me lancer avec une autre fille et, sans surprise, ça a capoté »

Dylan hocha la tête, passant et repassant distraitement le bout de son index sur sa lèvre, habitude qu'elle avait lorsqu'elle se sentait un peu perdue. Elle était consciente qu'elle l'avait blessé en partant ce jour-là, mais elle avait fini par se dire qu'il s'en étais remis. Remus n'était pas du genre à ruminer le passé - du moins le croyait-elle. Elle avait surtout vu les conséquences que toute cette histoire avait sur elle. Après tout, c'était elle qui avait été obligée de rompre, parce que c'était elle qui...

- Remus, je suis dé-

- Ton tour, coupa-t-il abruptement.

Elle soupira longuement et eut le courage de tout lui dire en le regardant dans les yeux.

- Ça va... te surprendre, je suppose. Je... Voilà, Remus, je vais me marier.

Ceci était plus ou moins confidentiel pour l'instant, ce qui faisait que Remus était la première personne à laquelle Dylan annonçait cette heureuse nouvelle. Une fois dit à voix haute, tout cela prenait une tournure différente, remarqua-t-elle. Plus concrète.

Le lycanthrope crut recevoir un coup dans la poitrine. « Tu vas te... » Elle hocha tristement la tête. Le regard de Remus se perdit dans le vague, le temps de digérer la nouvelle.

- Qui ? finit-il par demander.

- Maximilien Macmillan.

Il retourna ce nom plusieurs dans son esprit « Ça devrait me dire quelque chose ?

- Pas forcément. Il était en dernière année à Poudlard quand on était en troisième » Remus se mit brusquement à haïr le nom de celui qui lui volait Dylan.

Oui, l'étendue de ce qu'un mariage impliquait s'imposait doucement à Dylan. Elle parla d'une voix songeuse, distante, presqu'ailleurs « Je ne suis pas amoureuse de lui, tu sais. Bordel, en fait je ne l'ai vu que deux fois dans ma vie.

- C'est un mariage arrangé ? demanda-t-il d'une voix sourde.

Elle hocha la tête « Je l'ai appris cet été. Quand j'ai rompu avec toi l'année dernière, c'était vraiment parce que je trouvais que tu avais trop changé, et j'avais eu du mal à gérer tout ça... Mais finalement j'ai jamais cessé d'avoir des sentiments pour toi, et s'il y avait pas eu ce... ce mariage, j'aurais tout fait pour qu'on se remette ensemble »

Elle avait parlé à toute vitesse, et prit une grande inspiration quand elle eut terminé. Remus fit de même avant de reprendre la parole, cherchant à calmer ses accès de rage « Donc ce sont tes parents qui t'obligent à te marier » C'était injuste.

- Oui.

Dylan venait d'une très ancienne famille de sorcier, au sang pur. Du même calibre que celle de Sirius, le côté racisme et magie noire en moins. Remus l'avait toujours su, mais cela ne s'était jamais présenté comme un problème avant, en partie parce qu'il n'avait jamais vu sa petite-amie - du temps où elle l'était - souffrir à cause de sa famille comme Sirius.

- Et ce... Macmillan, c'est un sang-pur je suppose ?

Elle acquiesça de nouveau « Tu connais ma famille, Remus. Les Wash-Gorgman ont une réputation à tenir et ils tiennent à leurs traditions » Remus était tellement occupé à réfléchir qu'il n'entendit pas l'infime pointe de fierté dans la voix de Dylan.

Il voyait très bien quel genre de famille était celle de Dylan. Le genre qui n'accepterait jamais que leur fille épouse un loup-garou. Oh bien sûr, ça, même elle l'ignorait. En tout cas, les parents de la jeune fille n'accepterait pas un sang-mêlé comme lui dans leur famille.

Les Wash-Gorgman était le genre de famille conservatrice qui ne partageait pour autant pas les idéaux des plus radicalistes. Ils toléraient les nés-moldus et ne souhaitaient en aucun cas les éliminer ; pour autant, ils se considéraient supérieurs à ces derniers - et aux sang-mêlés comme lui - et préféraient largement rester entre sangs-purs.

- Pour eux, l'entendit-il continuer, l'amour vient en second plan.

Oh oui, c'était une grande famille de sorciers fiers de leurs valeurs, de leur histoire. Nombreux furent les élèves d'ascendance moldue qui demandèrent à Dylan si ses parents étaient divorcés. Au fil des années, elle leur avait à tous expliqué pourquoi elle était si fière de porter ce nom composé.

Le mage norvégien Gorgman était célèbre au XVII siècle pour avoir élevé des mangéliacés, ces gros lézards bleus ou jaunes aux dents de sabres, et pour avoir créé une potion dont l'ingrédient principal était le venin de ces bestioles. Cette potion était capable de guérir la paralysie des membres supérieurs. La renommée de Gorgman s'étendit au reste de l'Europe occidentale lorsqu'il y importa ce traitement.

Aléficius Wash épousa l'arrière petite-fille du mage. Soucieux de garder la notoriété d'un nom si illustre, il choisit d'accoler le nom de son épouse à la suite du sien et de léguer ce nom composé à sa descendance.

La généalogie mise à part, retour au présent où Remus tenta de dissuader Dylan d'accepter cette union imposée.

- Mais t'es vraiment obligée ? Tu pourrais pas expliquer à tes parents- » Il l'ignorait encore, mais qu'importe tout ce qu'il pouvait dire. Le problème était là ; Dylan était fière de son histoire, de son nom, d'appartenir à ce genre de famille.

- Remus, je ne peux pas renoncer à mes obligations familiales juste pour toi. C'est impossible.

Elle s'était redressée et avait légèrement levé le menton. Sa voix était ferme, bien que douce pour tenter de lui faire avaler la potion le moins douloureusement possible. Jamais Remus ne l'avait vue participer aux traditionnelles réceptions réunissant les vieilles familles. Il ne reconnut ainsi pas l'expression qu'elle abordait lorsqu'elle se trouvait avec d'autres sorciers « de son rang ».

Il ne comprit pas non plus son entêtement « Je ne parle pas forcément de moi, de nous, mais de ta vie ? Tu veux vraiment te condamner en te contentant d'être une épouse parfaite dans un milieu de sang-pur ? »

Il n'essayait plus de lui parler de leurs sentiments, à présent. Il essayait seulement de comprendre.

- Je ne me force en rien, répondit-elle, sa voix plus forte et plus assurée. C'est mon rôle. Ma famille compte sur moi. J'ai un certain prestige à léguer, tu comprends, je suis la seule héritière et c'est à moi de reprendre le flambeau.

Rendu muet par la surprise, il la laissa s'enflammer dans son discours « Mes parents ont consacré leur vie à leur enfant ainsi qu'à leurs affaires. Je dois leur rendre hommage, les remercier en respectant leurs choix. Si tu ne comprends pas que je fais ça par amour pour eux et que j'ai choisi d'accepter ça, je ne peux rien faire pour toi »

Remus eut un petit rire qui dura à peine une seconde. Elle n'était pas sérieuse, si ? Elle ressemblait à une gamine complètement soumise à l'endoctrinement de ses parents. C'était tellement étrange de la voir ainsi. Surtout pour lui, qui avait assisté au combat permanent, acharné, de Sirius contre ses parents pendant cinq ans ; qui ignorait complètement qu'il était tombé amoureux de ce genre de fille.

Il mit plusieurs secondes à réaliser que cette mascarade était loin d'être une plaisanterie. Il baissa les yeux, fixa ses chaussures alors qu'elle attendait patiemment sa réaction. Il releva la tête avec une expression décidée, ignorant la complainte douloureuse de son coeur.

- On n'a plus rien à se dire, alors.

L'air résolu et fier de Dylan se fendit aussitôt, l'abattement prit place sur son visage. Elle lui prit la main « Tu sais, les choix que nous faisons ne nous rendent pas toujours heureux. Te perdre est la dernière chose que je veux. Mais c'est comme ça. Ne crois pas que ça ne me fait pas de mal, c'est tout »

Il arracha violemment sa main à son étreinte. La colère était revenue, et il l'accueillit, à bras ouverts, comme s'il retrouvait avec plaisir une vieille amie.

- Tu veux à la fois être considérée comme la victime et celle qui prend les décisions dans cette histoire. Tu veux que je me sentes triste pour toi, pour nous, mais quand j'essaye quelque chose pour t'aider, tu... tu me rejettes en disant que je ne comprends pas et que ça ne sert à rien ! Globalement, il n'y a pas d'issue.

Elle accepta ses reproches sans rien dire mais il savait qu'elle ne les comprenait pas entièrement. « Tu fais comme si tu étais la seule à comprendre ce que c'est que d'avoir une famille ! Moi aussi j'en ai une, moi aussi je l'aime ! Mais quand ta famille t'aime toi, elle doit faire en sorte de ne pas détruire ta vie, tu comprends ça ?

- Je ne les laisse pas détruire ma vie.

- Tu crois ça ? Tu les laisses t'obliger à tirer un trait sur nous deux, voilà ce qu'il se passe. Un coup tu m'aimes et je suis l'homme de ta vie - et si c'était vraiment le cas tu ne te laisserais pas faire aussi facilement - et puis la seconde d'après tu remercies presque tes parents de t'imposer un mariage arrangé ? Désolé Dylan, mais je ne te suis plus du tout.

- Tu crois que c'est si simple de tirer un trait sur sa famille ? s'écria-t-elle, perdant pour la première fois son sang-froid.

Remus pensa à Sirius. Lui l'avait fait, et ce n'était même pas par amour. Alors que l'amour donne des ailes, non ? « Non, je ne crois pas que ça soit simple. Mais ne me fais pas croire que ce que tu ressens pour moi est si fort si tu n'as même pas essayé de sauver notre relation »

Dylan restait figée, complètement sonnée. Remus s'aperçut qu'il n'y avait plus rien d'autre à dire. Il fit un geste pour partir quand elle s'exclama « Remus, je t'aime ! »

Il ferma les yeux avec fatalité, accusant le coup non pas sans douleur. Lorsqu'il les rouvrit, il vit que ceux de Dylan brillaient de larmes contenues.

- Moi aussi » Il refusa de prononcer ces trois mots sans trop savoir pourquoi « Mais ça ne veut rien dire, n'est-ce pas ? Sinon tu ne m'aurais pas abandonné, cet été »

Elle emprisonna de nouveau sa main dans la sienne, désespérée alors qu'elle le voyait se détacher d'elle pour toujours « Embrasse-moi. Une dernière fois, je t'en prie »

Il contempla son visage avidement, comme si c'était la dernière fois qu'il la voyait. Il chercha à imprimer le plus discret des détails. Une larme coula sur la joue de Dylan et il sentit son coeur se déchirer, avant que celui-ci ne se mette à battre rapidement. Il allait craquer, il allait l'embrasser, il le savait.

Il se pencha vers elle, mais au dernier moment, bifurqua vers son oreille.

- Je n'embrasse pas la femme d'un autre, murmura-t-il simplement.

Et il tourna les talons, s'éloigna d'elle sans se retourner. Cette violente douche froide lui avait dévoilé un côté de la personnalité de son ex qu'il n'avait jamais soupçonné. Remus venait de franchir le pas qui le faisait entrer dans la dernière étape du deuil de sa relation avec Dylan.

Elle n'était plus celle qu'il avait aimé, désormais. Elle avait décidé, en suivant sa famille, de n'être plus que l'héritière Wash-Gorgman, future Mrs Maximilien Macmillan. Dylan, la fille dont il était éperduement amoureux, n'existait plus.


Son devoir d'Astronomie n'avançait pas. Quelle importance, Lyra était une des meilleures dans cette matière. Elle partageait la première place avec Black - à croire que les sorciers nommés d'après une constellation céleste se destinaient à de bonnes notes en Astronomie.

Quoique. Liana lui avait raconté que Sirius lui avait dit que tous les membres de sa famille portaient des noms d'étoiles ou de constellations. De ce fait, on l'avait obligé à étudier les cartes du ciel pendant une bonne partie de son enfance. Contrairement à Lyra, qui elle travaillait cette matière par passion.

Son esprit ne cessait de vagabonder de cette manière depuis qu'elle s'était assise sur une chaise de sa salle commune tout en essayant de faire ses devoirs. C'était toujours comme ça, quelques jours avant les vacances, la majorité des étudiants n'éprouvaient plus aucune envie de travailler. D'ailleurs, ils faisaient preuve d'un effort surhumain et estimaient qu'ils méritaient une médaille lorsque, par exemple, ils mettaient le point final à une composition...

Suçotant distraitement le bout de sa plume, ses yeux se posèrent sur la cheminée. Un léger sourire fleurit sur ses lèvres. Elle fit un rapide calcul dans sa tête ; quatorze heures plus tôt, une Lyra et un James qui ne ressemblaient plus à rien s'embrassaient comme des damnés contre ce mur.

Quelqu'un s'assit sur la chaise à côté d'elle « Tu peux pas t'empêcher d'y penser, j'me trompe ? » Elle tourna les yeux et rencontra le large sourire amusé de James.

Lyra était infiniment soulagée de ne ressentir aucune attirance pour son ami. Elle avait été victime d'un moment de folie, l'alcool, tout ça. Heureusement qu'ils s'étaient arrêtés avant d'atteindre le point de non retour.

- On était bourrés, hein ?

- Ben, pas mal, ouais, ricana James.

- C'est dingue, j'ai même été contente quand tu m'as dit que j'embrassais mieux que Nicole.

Son ton d'autodérision signifiait qu'elle se trouvait parfaitement idiote, mais James répondit avec un rire dans sa voix « Tu es encore maintenant contente de savoir que t'embrasses mieux que Nicole »

Lyra plissa brièvement des yeux mais son sourire la trahit « Ouais, c'est vrai » Il ébouriffa joyeusement les cheveux longs de son amie.

- Tu crois qu'on aurait été jusqu'au bout ? finit-elle par demander pensivement.

James l'évalua du regard avant de répondre « Franchement... Je crois que oui » Ils se fixèrent pendant une éternité, sembla-t-il, chacun des deux ayant peur de ce qui allait suivre.

- On essaye ? tenta timidement Lyra sans trop croire à ses propres paroles.

Mais si elle n'avait pas fait le premier pas, James s'en serait chargé à sa place. Il sourit mutinement et humidifia nerveusement ses lèvres sèches.

- Qui sait, tu es peut-être même un meilleur coup que Nicole.

Elle s'était déjà levée et lui administra une boutade sur l'épaule pour parler aussi crûment. Il lui donna une légère tape sur les fesses.

- Arrête ! chuchota-t-elle vivement en regardant autour d'eux pour s'assurer que personne n'avait surpris ce geste équivoque.

Une fillette de quatrième année les contemplait avec des yeux ronds, que Lyra lui obligea à baisser de son air sévère. Puis elle se tourna vers James et parla d'un ton léger « Alors, on va où ? »

James réfléchit quelques secondes, puis « Je pense qu'il y a personne chez nous » Elle fit un geste de la main, l'invitant à se rendre dans son dortoir et indiquant qu'elle le suivait.

Peter était cependant présent, en train de lire une revue de blagues, étalé sur son lit, avec une tonne de devoirs qui l'attendaient sur son bureau. James lui demanda de partir car Lyra devait lui dire quelque chose d'important, mentit-il. Le châtain aux yeux bleus pâles ne fut pas totalement dupe, bien qu'il se trompa sur leurs intentions.

- J'ai aucune envie de voir ça, dit-il en se levant avec son magasine à la main. Je sais pas où t'as caché les bouteilles, Cornedrue, mais là je te préviens, ça ressemble à de l'alcoolisme.

Lyra commença à rire - elle ne savait faire que ça depuis hier soir, c'était dingue - mais s'arrêta en se mordant l'intérieur des joues. Peter continua son sermon tout en se dirigeant vers la sortie « Bourrez-vous la gueule si vous voulez, et je vais bien me marrer quand vous vous inscrirez aux Alcooliques Anonymes ».

James ne posa sa question que lorsque son ami eut disparu « Les quoi ? » Lyra haussa les épaules, se voulant nonchalente, alors qu'elle évitait consciensieusement son regard.

- Un truc de moldu. Les moldus alcooliques se réunissent pour faire des thérapies de groupes et se racontent leurs problèmes pour essayer d'arrêter de boire. Mais personne ne se connaît à la base, d'où le Anonyme.

- Ok.

Il s'essuya ses mains moites sur sa robe puis fit un pas vers elle.

- Bon, dit-il simplement.

- Oui, sourit-elle nerveusement.

Elle planta résolument ses yeux dans les siens et attendit qu'il passe ses bras autour de sa taille. Très lentement, elle posa les siens sur ses épaules. Confuse, mais surtout nerveuse, elle se demanda pourquoi le temps semblait tant s'étirer alors qu'elle s'était jetée sur lui en moins d'une seconde la veille.

Leurs lèvres se touchèrent enfin, excepté que cela n'avait rien à voir avec une brusque envie ; c'était plutôt ne plus croiser le regard de l'autre. Leur baiser était maladroit, hésitant. Rien à voir avec hier.

- Attends » James s'écarta et posa son front contre le sien. Il respira à grandes goulées d'air, voulant s'immerger complètement dans sa douce odeur féminine.

Sentir le souffle tremblant du garçon contre ses joues fit un drôle d'effet à Lyra. Quelque chose s'insinua brusquement dans son estomac, quelque chose qu'elle reconnut comme une soudaine impulsion de désir. Ils s'embrassèrent de nouveau, d'un baiser plus effréné et plus vorace, et leurs corps se collèrent l'un contre l'autre.

Pourtant aucun des deux n'amorça de geste pour aller plus loin. Ils s'écartèrent l'un de l'autre, ouvrirent les yeux, puis se détachèrent pour de bon.

- Je pense que ça va pas le faire, dit simplement James.

Lyra croisa les bras sur sa poitrine, subitement grandement intéressée par ses chaussures. Un index se plaça sous son menton et lui releva le visage. « Hey, ça va ? » Les iris de James exprimaient une telle douceur qu'elle ne put s'empêcher de lui sourire.

- Tout va bien, répondit-elle.

Ils éprouvaient le même immense soulagement. Puis James parut légèrement inquiet, bien qu'il essaya de le cacher « Ça change rien entre nous deux, n'est-ce pas ? » Lyra lui offrit un visage rassurant.

- Bien sûr que non.

- Tu vas le dire à Lil- Evans ?

Lyra avait déjà réfléchi à cette question plus tôt dans la journée « Non, pas tout de suite. Je lui dirais quand ça sera le moment » James ne chercha pas à comprendre ce qu'elle entendait par le moment.

La brune le regarda avec intensité, puis secoua la tête comme pour remettre ses idées en place. James rit, plus parce que c'était une habitude qu'autre chose, et demanda « Qu'est-ce qui t'arrives ?

- Je me disais juste... T'imagine si on était devenu des amis qui couchent ensemble ?

Il l'observa d'un air songeur alors qu'elle s'asseyait sur un des quatre lits. « Je suis sûre que ça n'aurait pas marché » dit-elle « Suffit de regarder Liana et Sirius.

- Mouais, ça n'a rien à voir tu sais. Liana est amoureuse de Sirius depuis longtemps, c'est normal que ça ait pété. Mais vu qu'entre toi et moi y'a rien de tout ça...

Il laissa sa phrase en suspens tout en lui lançant un regard interrogatif. Elle mit ses mains devant elle « T'inquiète, je n'ai pas ces sentiments là pour toi ! » Il parut soulagé.

- Voilà, puisqu'on a une relation seulement platonique, reprit-il, ça aurait sûrement été sympa, tu crois pas ?

Elle pencha légèrement la tête de côté en réfléchissant.

- Peut-être. Mais ça aurait pu dégénérer à un moment, et on aurait pu risquer de ruiner notre amitié.

- En fait, tu as raison, réfléchit James. Conclusion : on a pris une décision super mature !

Son grand sourire arracha un rire joyeux à son amie « Carrément adulte même ! On s'est pas laissés guider par nos hormones » Avec un air plus complice que jamais, ils se tapèrent dans les mains pour se féliciter mutuellement.

- On va embêter des Serpentards pour redevenir des ados de seize ans ? proposa James.

Elle haussa un sourcil « Tu m'as prise pour Black ou quoi ? » Il lui tira puérilement la langue. Elle continua, amusée « Et t'as pas besoin de moi, t'arrives très bien à redevenir un gamin tout seul » et reçut un oreiller dans la figure.


Aujourd'hui se déroulait le dernier cours de Défenses Contre les Forces du Mal consacré aux Patronus. Ce qui désespérait beaucoup James, puisqu'il n'y arrivait toujours pas. Oh, il était loin d'être le seul, peu étaient pour l'instant capables de lancer ce sort en sixième année. Trois à Serdaigles, Bertram Aubrey et Evan Rosier à Serpentard, Agatha Timms chez les Poufsouffles. À Gryffondor, seuls Lyra et Sirius l'avaient réussi. Celui de Lyra était un taureau, celui de Sirius était une buse, un rapace plus petit qu'un aigle.

Histoire de se donner un coup de fouet pour ce dernier cours, James avait même rapporté son livre de Défenses de l'année dernière. On ne savait jamais, des fois qu'il y ait quelques renseignements à l'intérieur - alors qu'il connaissait déjà le bouquin par coeur, pour l'avoir feuilleté des milliers des fois à l'occasion des BUSEs...

Ce fut en parcourant le chapitre traitant des CMM - Créatures Marines Maléfiques - qu'il tomba sur un morceau de parchemin glissé entre les pages, plié en deux. Il s'agissait sûrement d'une conversation papier de l'année dernière, soit avec les Maraudeurs, soit avec une fille quelconque. Pendant que tous ses autres camarades s'entraînaient au Patronus, il laissa son livre de côté et ouvrit le parchemin.

Alors ça... « Hey tu sais quoi, je n'aime pas les mecs qui ramènent des fleurs, je déteste les rendez-vous ennuyeux, je suis pas du genre romantique non plus » James ricana. Le mot venait d'Evans. À l'époque où il la harcelait de la manière la plus effroyable possible - c'était fait exprès - pour qu'elle sorte avec lui, ses manigances continuaient en cours où il lui envoyait petit mot sur petit mot. Elle lui répondait toujours vertemment. Il se rappela d'ailleurs avoir pensé quelque chose comme « J'aimerai que toutes les filles prennent exemple sur toi, chérie » après avoir lu ce mot.

Il tourna une autre page et découvrit cette fois plusieurs morceaux de parchemins, numérotés de un à quatre. Elle avait dû les lui envoyer l'un après l'autre et il les avait numéroté lui-même, reconnaissant son écriture, pour garder l'ordre précis. Il prit le premier « Hey tu sais quoi » Puis le deuxième « J'ai envie de jouer » Il haussa un sourcil amusé avant d'ouvrir le troisième.

« Viens plus près » Il imagina un instant une Lily aguicheuse remuer un doigt sensuel dans sa direction pour qu'il s'approche d'elle. Secouant la tête, il ouvrit le dernier parchemin « Viens plus près que je puisse t'EMASCULER ENCORE ET ENCORE ET ENCORE ! » L'encre était plus noire et les mots en reliefs sur la fin, signe qu'elle avait appuyé fort sur sa plume en écrivant. (1)

Tout comme le James passé de cinquième année, le James présent de sixième éclata de rire sans aucune retenue. Il comprit pourquoi le James passé avait tenu à mettre un numéro sur les parchemins pour garder l'ordre.

Il leva les yeux pour chercher l'auteur de ces mots. Comme tous les autres, elle travaillait son sort - du moins le prétendait-elle. Il l'avait suffisamment observée l'année dernière pour reconnaître sa petite moue fainéante, ses yeux perdus dans le vague, son mouvement de la baguette trop mou.

- Hey, Evans !

Il se dirigea vers elle. Non, les cours de Moroz étaient loin d'être une anarchie, mais lorsqu'il s'agissait de la pratique ses élèves bénéficiaient d'une certaine liberté. Pour les Patronus, ils étaient beaucoup à aller voir d'autres camarades pour chercher à se rappeler un souvenir heureux avec le plus de justesse.

Il posa les parchemins sur son bureau « Lis ça » et elle le fit, James l'examinant avec attention pendant sa lecture. Il vit un sourire apparaître progressivement sur son visage et entendit un gloussement de sa part à la fin. Lorsqu'elle releva la tête, ses yeux pétillaient et elle secouait la tête de gauche à droite tout en se mordillant les lèvres.

- Mais qu'est-ce que j'étais con, dit-elle.

Sa remarque ne visait pas les nombreuses fois où Lily avait repoussé James, mais plutôt la manière prétentieuse dont elle le faisait. Tout cela se déroulait à l'époque où Lily venait d'avoir seize ans. Elle découvrait à peine l'ascendant qu'elle pouvait avoir sur les garçons et sortait avec un type d'un an plus vieux, un Dom Juan notoire qui la trompait sans vergogne.

La Lily-de-tout-juste-seize-ans racontait à qui voulait bien l'écouter qu'elle s'en fichait, qu'ils étaient dans une relation non-exclusive - tout ça était vrai au début -, qu'elle méprisait toute forme de romantisme et refusait d'être assimilée aux gamines fleurs-bleues à la recherche du prince charmant. Elle n'avait pas beaucoup changé depuis puisqu'elle ne se sentait toujours pas motivée pour avoir une relation vraiment sérieuse, mais reconnaissait qu'un petit geste gentil et sensible du garçon qui lui plaisait était parfois agréable.

Bref, pour revenir à l'époque où Lily était beaucoup trop sûre d'elle, James était très au courant de son aversion du romantisme. Il n'en était pas trop fan non plus, mais il adorait la titiller avec ça - puisqu'à l'époque il avait ce jeu stupide de la draguer d'une telle manière qu'il savait qu'elle n'accepterait jamais de sortir avec lui, tout ça juste pour qu'elle fasse attention à lui - oh oui, la Lily et le James-de-tout-juste-seize-ans étaient aussi tordus l'un que l'autre. Donc il ne cessait de la harceler avec des poèmes, des fleurs, des sérénades dans les couloirs, etc...

- Moi j'aime bien la fin, dit James. Sur l'émasculation et tout, ça a l'air sympa.

Ils rirent de bon coeur. Ces mots n'avaient que quelques mois, mais ils avaient l'air de deux vieilles connaissances qui se rappelaient du bon vieux temps. Alors qu'à l'époque, ils avaient chacun failli chopper un ulcère à l'estomac tellement l'autre les insupportait.

- Quand même, continua-t-il, tu me répondais toujours des tirades incroyables quand on était en cours. Me suis toujours demandé comment tu faisais

Elle joua des sourcils, comme pour dire qu'elle ne lui révélerait jamais son secret. Puis eut un grand sourire « Mais je me souviens maintenant ! En fait, j'avais tiré celles-là d'une chanson de...

- Une chanson ? s'étonna James.

- De... Des Slicing Pepperoni, voilà » Le Maraudeur fut secoué d'un rire en entendant ce nom ridicule « Tu te moques, Potter, mais leurs chansons sont géniales.

- C'est moldu ?

- Non, sorcier. Mais ils n'existent plus. Le chanteur leader a été assassiné par V- » Elle déglutit mais se reprit rapidement « Voldemort cet été »

Dans quelques jours, sa mère allait être morte depuis deux ans. Elle fut assassinée par un Mangemort, à l'époque où on ignorait encore tout d'eux et de Voldemort. Etaient mortes avec elle les mères de Lyra et Liana, Solène et Susan, également les meilleures amies de Sarah, la mère de Lily. Une sale histoire. Une tragédie qui s'était abattue sur elles alors qu'elles n'avaient pas quinze ans.

De ce fait, alors que cet « anniversaire » approchait, Lily se sentait moyennement à l'aise quand elle prononçait le nom du Lord Noir. Ils étaient déjà beaucoup à Poudlard à ne plus oser le nommer autrement que Vous-Savez-Qui...

- Et y'avait une raison ? demanda James.

- Et bien, ils étaient assez provocateurs, surtout pour leur dernier album. Rien que leur nom faisait déjà référence aux pizzas, un plat moldu, parce qu'il y a souvent des tranches de pepperoni sur le dessus.

- C'est pour ça que Voldemort les a attaqué ? s'étonna Potter.

Lily secoua la tête « Non non, pas que ça. Dans leurs chansons, ils parlaient toujours de la même chose. Le sexe, la drogue, et l'éclate. Mais y'avait toujours une subtilité, fallait lire entre les lignes, et ils parlaient de trucs plus profonds. Comme l'homophobie.

- Et l'intolérance pour les nés-moldus, c'est ça ?

- Leur dernier album parle presque que de ça, ouais, acquiesça-t-elle. Toujours en subtil, hein. Mais ils ont donné une interview dans Wands of Art en expliquant justement de quoi parlaient leurs chansons, et en rendant publiques leurs origines. Y'avait deux nés-moldus et deux sangs-mêlés.

- Ils ont été plutôt courageux.

Lily esquissa un sourire « Surtout stupides et suicidaires. Mais oui, c'était du courage. Puis le chanteur est mort, alors le groupe aussi.

- Ça va, je vous dérange pas trop ? coupa une voix glaciale.

L'intervention d'Isée Moroz fit sursauter les deux élèves. Ils avaient partiellement oublié qu'ils n'étaient pas supposés discuter en cours. Elle les fixait du regard le plus froid qu'elle avait en réserve « Vous êtes-vous crus dans un salon de thé, mes chers enfants ? Potter, retournez immédiatement à votre place. Aux dernières nouvelles, vous n'arrivez toujours pas à maîtriser le Patronus »

James la défia du regard, mais finalement obéit. Elle n'avait presque rien dit à Evans, alors qu'elle non plus ne maîtrisait pas le Patronus (2).

Et James pensait savoir pourquoi. Les Maraudeurs avaient catégoriquement refusé de participer à ses cours d'Approfondissement Magique, Moroz devait l'avoir en travers de la gorge. Pour se venger, elle était devenue partiale, chouchoutait ceux qui y allaient et dénigrait ceux qui avaient fait l'affront de décliner. C'était une ancienne Serpentard, rien d'étonnant.

Le Maraudeur à lunettes se décida finalement à lever sa baguette et s'exclama avec fermeté « Spero Patronum » Pour une raison qu'il ignorait, il pensa au sourire que Lily Evans avait eu en relisant ses mots de l'année dernière sur le parchemin qu'il lui avait passé.

Une épaisse fumée argentée s'échappa du bout de sa baguette magique. Avec un sourire enthousiaste, il l'observa se matérialiser en une petite boule à peine plus grosse que son poing, boule qui virevolta devant lui pendant une fraction de seconde avant de disparaître. Enfin un résultat concluant ! Bon, son Patronus n'avait pas encore pris la forme d'un animal particulier, mais c'était déjà mieux que le maigre filet d'argent de la semaine dernière.

- James, viens voir ! l'appela soudain Sirius.

Potter fit volte face. Il vit Sirius, son Patronus-buse perché sur son épaule, et Remus regroupés autour de Peter. Ce dernier, bouche bée et yeux grands ouverts, était immobile, son bras statufié levé devant lui tenant encore sa baguette. Aux pieds de Pettigrew glissait un serpent de la taille d'une grosse couleuvre, ses écailles d'argents brillants sous la lumière du jour.

- T'as réussi Peter ! s'exclama Remus en lui donnant une tape dans le dos avec un grand sourire. Bravo !

Ce contact ramena Pettigrew à la réalité et fit ainsi disparaître son Patronus. Un immense sourire fendit son visage « Bordel, c'est dingue mais... Je l'ai fait ! » Euphorique, il tapa dans les mains de James, puis dans celles de Sirius.

- Ce n'est pas une raison pour être vulgaire, Mr Pettigrew, intervint Moroz, nonchalamment appuyée contre son bureau. Cela dit, félicitations, vous faites partie des dix premiers à avoir réussi sur la totalité de votre promotion.

Le sourire ne quittait plus son visage. À vrai dire, Peter était d'excellente humeur depuis le petit-déjeuner de la veille. Il avait reçu une lettre de sa mère qui lui demandait simplement de ses nouvelles. Cela faisait des années qu'elle ne s'était pas donnée la peine de lui écrire. Si Peter s'était analysé lui-même, comme il savait si bien le faire avec les autres, il aurait immédiatement vu une relation de causalité entre la lettre et sa réussite du sort du Patronus.

- Tu nous cacherais quelques petits sombres secrets, Peter ?

Son sourire se figea lorsque Vicky Nelson entra dans son champ de vision. Ils étaient sortis ensemble et leur relation s'était plutôt mal terminée, quelques semaines plus tôt. Depuis, elle faisait tout pour lui montrer qu'elle était en colère contre lui.

- Excuse-moi ? demanda-t-il le plus poliment possible.

- Allons, Peter, un Patronus-serpent ? » Son sourire à elle faisait froid dans le dos « Ça me semble trop gros comme coïncidence. Peut-être que le Choixpeau a loupé ta répartition et que tu appartiens en fait à la maison de Salazar. Personnellement, ça ne m'étonnerai pas.

Sirius posa une main sur son épaule et répondit à la place de Peter, qui lui se contenta de lever les yeux au ciel « Parce que tous les vrais Gryffondors devraient avoir un lion comme Patronus ? Comme d'habitude, t'es pas aller chercher ça bien loin, Nelson. À se demander pourquoi toi tu es à Serdaigle.

- Et bien, on ne le saura jamais, non ?

Elle haussa les épaules et s'éloigna. Sirius fit une grimace désopilante au dos de la Serdaigle et Peter rit. Puis le Black enleva son bras de son épaule.

- Quand même, ça serait sûrement mieux que ça n'arrive pas jusqu'aux oreilles des Serpentards.

Il lui fit un sourire rassurant, mais Peter n'avait pas peur. De toute façon, les Serpentards s'excitaient pour un rien du moment que ça concernait l'un d'entre eux. Il les attendait de pied-ferme.


Ce matin, ce ne fut qu'après avoir pris sa douche que Liana remarqua un paquet sur sa table de nuit. Il était de forme carrée, pas très grand, environ cinq centimètres de largeur, enveloppé dans du papier cadeau rouge cramoisi à la fois très sobre et très chic. Une petite carte était épinglée sur le dessus.

Liana resserra le noeud de sa serviette sur sa poitrine avant de s'emparer de la carte et de la lire. « Edition limitée de Honeydukes, j'espère que ça te plaira. En même temps, j'ai encore jamais rencontré quelqu'un qui n'aime pas le chocolat. Bises, Sirius. »

La Gryffondor haussa les sourcils si haut qu'ils disparurent sous sa frange. Elle était tellement surprise qu'elle ne sut pas comment réagir, et n'eut même pas un sourire.

Elle passa sa journée à observer Sirius du coin de l'oeil, le plus discrètement possible. Après plus de trois ans en étant secrètement amoureuse de lui, elle était devenue maîtresse dans cette discipline. Elle ne se rendit cependant pas compte que Sirius faisait de même. Comme elle, il l'avait espionné une bonne partie de la journée, en quête d'une réaction concernant son cadeau.

Le soir-même, peu avant minuit, Liana était assise devant le feu de la Salle commune. Plusieurs Gryffondors étaient encore présents, mais personne ne faisait attention à elle. Le cadeau de Sirius, qui s'avéra sans surprise être une boîte de chocolat, était ouvert sur ses genoux. Elle mangeait lentement, une friandise à la fois. Liana reconnaissait que Sirius ne s'était pas moqué d'elle, elle n'avait jamais mangé de chocolats aussi délicieux.

Elle n'eut pas à attendre longtemps car elle entendit bientôt des bruits de pas venant de l'escalier des garçons. Sans hésitation, Sirius Black se dirigea vers le canapé où elle était assise. Liana se retrouva dans une semi-obscurité, vu qu'il s'était posté juste devant elle et sa silhouette lui cachait la lumière du feu. Elle leva les yeux et rencontra les siens.

Ils échangèrent un long regard en silence, sans parvenir à lire quoi que ce soit dans les prunelles de l'autre. Liana finit par esquisser un faible sourire et murmura « Je savais que tu finirais par descendre ». Il pencha légèrement la tête sur le côté, cherchant sans doute quoi dire. Elle mit fin à son malaise en lui tendant son propre cadeau.

- Merci » Il prit un chocolat et le fourra dans sa bouche en s'asseyant à ses côtés.

- Merci à toi » Elle fixa le feu pour éviter de le regarder.

Ils ne s'étaient pas parlé depuis le match, le jour où Kay Stevenson s'était confiée à eux. Depuis, Sirius avait souvent voulu faire le premier pas, mais tout ce qu'il arrivait à faire lorsque leurs regards se croisaient malencontrueusement, c'était fermer la bouche et hocher la tête. Il ne savait pas quoi lui dire. Quant à elle, elle préférait l'éviter, pour changer.

- Alors... » Sa voix était hésitante, et c'est à ce moment que cela frappa Sirius. Il ne savait vraiment pas quoi lui dire. Cela voulait-il dire que leur amitié était réellement terminée ? Non, il s'y refusait « Tu ne me détestes plus ? »

Elle tourna la tête vers lui et haussa un sourcil. Puis secoua la tête et parla d'une voix calme « Non, Sirius. Je ne te détestes plus » Elle se tortilla sur le canapé et replia ses jambes sous elle.

- Je crois que j'avais juste besoin de temps... et d'un geste gentil » Elle désigna les chocolats avec un grand sourire « Merci de m'avoir laissé de l'espace, et merci aussi pour le cadeau »

Il acquiesça. Sirius n'osa pas demander si elle lui avait pardonné ou non, si elle lui en voulait encore - ou si elle était toujours amoureuse de lui. Non, il avait trop peur des réponses. Autre chose le frappa ce soir-là. Depuis qu'il avait couché avec elle et s'était aperçu qu'elle l'aimait, Sirius semblait avoir perdu son courage gryffondorien lorsqu'il s'agissait de Liana.

Sirius tendit la main vers la boîte de chocolat au moment où Liana eut la même idée. Leurs doigts se heurtèrent et ils se retirèrent vivement. Sirius leva les yeux vers elle, sans savoir comment réagir. Liana perdit son air figé et éclata de rire.

Le Maraudeur sourit et se détendit immédiatement.

- Tu sais, dit-elle après avoir englouti une autre ganache, c'est vraiment bien ce que t'as fait pour Lily. Rompre avec Peterson pour elle...

Il leva le doigt en l'air pour l'interrompre « Je t'arrête tout de suite, ce n'est pas pour elle que j'ai rompu avec Caro » Il constata, avec soulagement, que son mutisme en sa présence avait disparu.

- Elle aurait traité n'importe qui de sang-de-bourbe, j'aurais eu exactement la même réaction !

- Oui, je sais. Mais tu n'as pas non plus douté de Lily. Alors qu'elle aurait pu te mentir, remarqua Liana.

Sirius fronça les sourcils.

- C'est Carlson qui me l'a dit, pas Evans.

- Parce que Lily l'avait raconté à Lyra. Mais elle aurait très bien lui mentir pour te mener en bateau.

Sirius eut l'air interdit « Et... c'est le cas ? » Liana secoua négativement la tête.

- Oh, non. Lily ne mentirait jamais à Lyra. Du moins, rajouta-t-elle après réflexion, pas sur un sujet aussi sérieux. Ce que je veux dire, c'est que tu n'y as pas pensé une seule fois, alors que je n'aurais pas été étonnée que tu soupçonnes Lily d'avoir menti. C'est pourtant ta... pire ennemie.

Sirius garda un silence pensif. Liana avait raison. Un coup il se disputait violemment avec Evans parce qu'elle avait transformé les cheveux de sa petite-amie en serpents, et la minute d'après il rompait avec elle parce qu'elle avait insulté sa... pire ennemie. Et alors, est-ce que ça avait une importance ?

Il voulut changer de sujet, mais Harper fut plus rapide.

- C'est vrai que tu l'attaques jamais sur son sang. Et elle, elle s'en prend presque jamais à ta famille.

Sirius lui jeta un regard curieux et surpris, se demandant quel chemin avait pris sa réflexion pour en arriver là. Encore une fois, elle tombait juste.

- Parce que ça n'a aucun intérêt » finit-il par répondre en haussant les épaules « C'est nul de s'attaquer aux origines de quelqu'un, à ce qu'on ne peut pas changer. Et c'est beaucoup plus drôle de devoir gratter un peu pour chercher les défauts des gens » Un sourire mutin fleurit sur ses lèvres « Quoique pour ta copine, j'ai jamais eu à chercher longtemps »

Liana étouffa un rire et lui balança un coussin du canapé en pleine figure. Ils rirent de bon coeur.

Jamais Sirius n'avait insulté Lily sur ses origines moldues, tout simplement parce qu'il ne voulait pas être comme sa famille. Quant à Evans, elle ne ramenait que très rarement le sujet des Black dans leurs disputes, sûrement parce qu'elle ne voulait pas donner d'excuses à son rival pour agir en parfait crétin. Du moins, c'était ce que Sirius supposait.

Liana continua son interrogatoire. Pourtant, cela ne le gênait nullement. Discuter avec elle et se confier à elle lui avait manqué, mine de rien.

- En tout cas, tu t'es calmé sur les filles, non ?

- Ouais. En fait, j'arrête pas de tomber sur des filles sans intérêt. Parfois des folles ou des psychopathes » Liana pouffa de rire « Et c'est comme ça depuis Kay » Ce nom avait toujours plus ou moins été tabou entre eux, mais le fameux match de Quidditch avait changé cela « C'est fatiguant, tu peux pas savoir. Tant qu'à passer deux semaines avec une fille, autant que ça soit quelqu'un qui vaille le coup. Même si pour ça, faut chercher un peu plus »

Liana hocha la tête, mais cette fois, aucun espoir ne gonfla son coeur. Elle avait réalisé quelque chose - comme elle s'en était rendue compte de nombreuses fois ces dernières années, mais jamais avec autant de clarté. Sirius et elle ne seraient jamais un couple. C'était comme ça.

D'ailleurs, il était possible que, peut-être, elle ne soit déjà plus amoureuse de lui. Honnêtement, c'était un véritable soulagement.


- Attends » Concentrée dans sa manoeuvre, Lyra fronça les sourcils et le bout de sa langue sortit d'entre ses dents « J'y suis presque » Sa fourchette et son couteau emprisonnèrent finalement la tranche de bacon croustillante qui lui faisait bien envie « Ça y'est ! »

Elle redonna son attention à Lily qui faisait une moue amusée « Donc tu disais ? Tu sais comment tu vas leur annoncer ? » La sorcière aux yeux verts laissa brusquement tomber ses couverts dans son assiette et posa ses mains sur son ventre.

- M'en parle pas, ça me donne envie de vomir rien que d'y penser, soupira Lily. Pétunia va péter un câble...

- C'est clair. Mais » Elle brandit sa fourchette vers elle et l'agita, moralisatrice « Faut pas que tu flanches. Tu dois leur dire »

Elle ne put aller plus loin dans sa leçon qu'un hibou lui jeta une lettre directement sur les genoux. « C'est le hibou de ton père, non ? » demanda Evans en observant le volatile rejoindre la volière.

Lyra hocha la tête et commença à lire sa lettre. Ses yeux s'écarquillèrent au fur et à mesure de sa lecture, et elle finit par pouffer de rire « C'est pas croyable » gloussa-t-elle.

- Quoi ? demanda Lily avec un petit sourire.

- La maison a été infectée, ou plutôt envahie par des scroutts à pétards.

- Nan !

- J'te jure, c'est une catastrophe. Mon père est allé chez son cousin, qui habite à Manchester. Le point positif, c'est que ça lui a permis de vraiment reprendre contact avec lui.

- Toujours à voir le côté positif partout, hein ?

- C'est mon père » Lyra haussa les épaules « Le hic, c'est que je pourrais pas passer les vacances avec lui chez nous.

Lily grimaça « Tu vas faire comment alors ? » Lyra se mit à regarder fixement son assiette en pianotant des doigts sur la table, à la recherche d'une solution.

- Papa me laisse décider ce que je veux faire. Chez son cousin, y'a pas assez de place.

- Viens chez moi !

Lyra ne rata pas la pointe d'espoir dans la voix de sa meilleure amie et lui lança un regard sévère « J'y ai pensé, figure-toi. Mais si je viens, jamais tu ne leur diras.

- Mais si ! Tu vas me soutenir comme ça !

- Je te connais, Lil's » Elle pencha la tête sur le côté, semblant reconsidérer la chose « On va dire que je viens chez vous en dernier recours »

La brune sentit soudainement deux lèvres se poser sur le sommet de son crâne. La caresse fut si brève et si légère qu'elle crut rêver, mais le visage tendu de Lily lui confirma la réalité du baiser.

- Salut Evans, s'exclama James Potter en s'asseyant à côté de Lyra. Quoi de neuf ?

Son amie lui sourit, puis posa la lettre de son père sur son assiette encore propre « Tiens, lis. Tu vas te marrer »

Lily s'immobilisa dans son geste d'apporter son verre à ses lèvres lorsque Potter se lança dans sa lecture. Elle n'aurait pas pensé que Lyra et lui puissent être amis au point qu'elle lui laisse lire son courrier personnel.

Sans grande surprise, le Maraudeur éclata de rire « C'est excellent !

- C'est surtout pas de bol » renchérit Lily. James la regarda sans comprendre « Lyra ne sait pas où passer ses vacances »

Lyra regarda ses deux amis en silence, un léger sourire se dessinant sur ses lèvres. L'absence d'agressivité, de sécheresse ou même d'indifférence dans la voix de Lily lorsqu'elle s'adressait à James était un réel progrès.

- Mais bien sûr que si ! T'as qu'à rester à Poudlard !

- Toute seule, à Noël ? s'écria Lily, scandalisée.

- Bah, on fête plus vraiment Noël depuis la mort de Maman, tu sais Lil » relativisa Lyra « Et mon père m'a parlé de cette possibilité. En plus, il dit que ça reste quand même l'endroit le plus sûr en ces temps sombres » Elle échangea un regard entendu avec Lily et leva les yeux au ciel « Mais c'est surtout pour noyer le poisson qu'il a dit ça.

- C'est surtout que Sirius et moi, on reste ici, indiqua James. Mes parents doivent partir en mission je-ne-sais-où, donc on va fêter Noël ici. Tu seras pas toute seule !

Bizarrement, il avait l'air plus que réjoui « Ça va être géant ! Y'aura personne, on est vraiment pas beaucoup cette année, on pourra faire ce qu'on veut ! » Lily lui lança un regard moqueur, mais Lyra réfléchissait. Cette éventualité lui plaisait de plus en plus.

- C'est vrai que ça peut être pas mal...

- Tu plaisantes ? Deux semaines toute seule avec deux crét- deux Maraudeurs ! se rattrapa Lily in extremis.

- Ouais, mais je ne déteste pas Sirius, remarqua Lyra sur un ton neutre.

Tout joyeux, James passa un bras autour de ses épaules et la serra contre lui « Et on rigole bien, toi et moi ! T'inquiète Evans, je veillerai sur elle » Il lui fit une bise sonore sur la tempe et regarda la presque soeur de son amie avec son air le plus innocent.

Elle planta son regard dans le sien, un regard qui signifiait 'Si jamais elle a un truc qui va pas, gare à tes fesses', avant de se détendre « Toute façon, je suis pas sa mère. Lyra fait ce qu'elle veut »

L'intéressée se dégagea de l'étreinte du Maraudeur, puis tourna la tête vers la table des professeurs.

- Tu crois que c'est trop tard pour aller voir McGo et lui demander de m'inscrire pour que je reste ?

I don't like you anymore
You're cracked and your face is changing
And there's nothing but corners
There is no escape from these
Walked into your trap and breathed your disease
And your finale line can't be described as fine


(1) : Les mots de Lily sont des paroles de chansons extraites de "Brunette Localicious" de Shaka Ponk : "Hey don't you know, I don't like the men with the flowers, I don't like the boring cafés, I'm not into romantic lovers (I wish every girl knew you baby) Hey don't you know, I like to play, Come closer now, Come closer and kick me again and again and AGAIN AND AGAIN !". Ce sont les paroles originales, j'ai juste changé la fin (qui aurait fait un truc du genre Come closer so I could kick you again and again...). Et "kick" ne se traduirait pas vraiment par "émasculer" mais j'ai trouvé ça marrant. Vous serez gentils de remarquer l'analogie entre le vrai groupe et le groupe sorcier que j'ai créé au niveau des initiales : Shaka Ponk et Slicing Pepperoni (me suis tapée un gros délire pour le mot Pepperoni). J'ai décidé, quand je cites des groupes moldus trop récents, d'en faire des groupes sorciers avec les mêmes initiales plutôt que de faire un anachronisme. Je l'ai déjà fait pour Porcupine Tree et Pumpkin Trigger (le groupe préféré de Remus dont je parlerai encore).

(2) : je fais un petit rappel. Si vous vous souvenez des chapitres 5 et 6, il se trouve que oui, Lily sait jeter le Patronus. Sauf que personne n'est au courant... Je le redirais sûrement plus loin dans la fic mais je l'explique ici pour répondre aux éventuelles questions, Liana et elle ont fait semblant de ne pas savoir lancer le Patronus en cours parce qu'elles ont le même que Lyra. Et comme c'est très bizarre, elles n'ont pas voulu attirer l'attention sur elle. C'est pas non plus LE truc de ouf hein, mais être au centre de l'attention de tout Poudlard et des profs c'est pas vraiment leur truc. Et puis bien sûr, Moroz garde le secret. Elle en garde des tas, vous verrez, vous allez adorer ^^.

(3) : Vous avez le droit à un petit bonus ! Pour qui veut se marrer, voici la blague que James a tenté de raconter à Lyra. Attention elle est pas de moi, je précise, je vous raconte la version "moldue" originelle : Un homme rentre dans un bistrot quelconque et s'assoit directement au bar. Il commande un pastis, puis voit sur le comptoir une petite coupelle remplis de billets de 10 euros. Il demande au barman de quoi il s'agit, et ce dernier lui répond : "C'est un pari qui se déroule ici. Vous mettez dix euros pour y participer, il y a trois épreuves et si vous les réussissez toutes, vous gagnez le tout" "Quelles sont ces trois épreuves ?" "Premièrement, vous devez boire un shot de la téquila la plus pure sans vous étouffer. Deuxièmement, il y a un énorme chien très méchant dans l'arrière cour qui a une vilaine carrie que vous devez retirer. Troisièmement, au dernier étage de l'immeuble, il y a une vieille dame octogénaire qui n'a jamais connu l'orgasme et vous devez y remédier". L'homme trouve le pari complètement idiot et se contente de boire pastis sur pastis. Mais au bout de plusieurs verres, bien bourré comme il faut, il donne les dix euros au barman et clame qu'il va participer et gagner ce foutu pari. Il boit le verre de téquila, grimace et pleure tellement l'alcool est fort, mais ne s'étouffe pas. Il va ensuite dans l'arrière cour du bar pour la deuxième épreuve en fermant la porte derrière lui. Le barman et les autres clients du bar entendent le chien japper, l'homme gémir et crier, puis plus rien. L'homme revient dans le bar, ses vêtements déchirés d'un peu partout. Il se met alors à crier "BON ALORS, ELLE EST OU LA VIEILLE, AVEC SES CARRIES ?". Voilà blague terminée, c'est loin d'être du haut niveau hein, mais c'est une des blagues les plus drôles que j'ai jamais entendu et elle m'a faite pleurer de rire ^^.

Petite anecdote : la scène entre James et Lyra à la fin où ils ont seulement failli coucher ensemble a été imaginée bien avant que Les Liens ait vu le jour. Au départ, j'avais envie d'écrire sur Harry, Ron et Hermione. J'avais imaginé une OC, Lily, Mary Sue à souhait à laquelle je m'identifiais vachement, et cette scène, avec les exactes gestes, la cachette près de la cheminée, etc, devait avoir lieu entre Ron et cette Lily avant que Ron et Hermione soient ensemble. Bien sûr cette fic n'a jamais été écrite, mais je voulais à tout prix garder cette scène, alors je l'ai mise entre James et Lyra quand j'ai imaginé Les Liens, et l'écrire aujourd'hui m'a autant éclatée qu'émue. Quoique je la trouve, après écriture, franchement médiocre.

En tout cas ça y'est, on sait pourquoi Dylan a agi comme une garce cet été ! Alors, vous vous y attendiez ? Quant au fameux truc important que doit faire Lily... Vous le saurez quand même au prochain chapitre. Mais si vous avez quelques souvenirs de "La vie n'est pas un jeu", peut-être que certains d'entre vous le devineront :).

La suite arrivera peut-être dans deux semaines, peut-être après. Le chapitre sera essentiellement consacré à la première partie des vacances de Lyra, Sirius et James, j'espère que vous serez pas trop déçus de ne pas trop voir Lily, ou même Liana et les autres maraudeurs.

A toute !