Un plongeon dans mon passé.
Pov Hitomi/Aelys
J'ouvris les yeux. Pour une fois, mon rêve était simple et beau. J'avais comme plongé dans le Léthé quand cet esprit m'avait effleuré le front. Une effusion de couleurs chatoyantes et de douces et jolies voix me rassurant. Je me rappelle encore de cette période où je maudissais le monde qui me rejetait à cause de ce nombre gravait dans mon dos. Seul Dieu me témoignait de l'amour, je le savais, je l'entendais. Je n'en parlais à personne sachant d'avance que personne ne me croirait. Mais cette période s'arrêta le jour où je rencontrai Kira. Nous étions au début de l'adolescence.
En entendant ses insultes, je sortis mes ailes et m'enfuit loin du monde. Je me posai près d'un lac auquel j'y jetai des pierres dans l'eau. Je sentis une présence derrière moi, je me retournai aussitôt. Je vis un jeune garçon d'à peu près mon âge, je ne fléchis pas face à sa beauté. Il me fixait des yeux comme si j'étais un animal.
« Qu'est ce que tu veux ? » l'agressai-je.
« Voici donc Aelys, la maudite. Je te voyais plus moche que ça. »
« La ferme, l'inconnu. »
« Kira. » Se désigna-t-il en souriant.
Je fis semblant de réfléchir un instant.
« Connais pas. Dégage. »
« Tu ne me connais pas ? Je suis le 29, tu sais. »
« J'en ai rien à faire ! » M'exaspérai-je.
« Bizarre… Normalement, tu serais déjà à mes pieds si tu étais une de ses filles. »
« Bah ses filles, elles doivent vraiment être bête pour te lécher les bottes. » Rétorquai-je, narquoisement.
Kira leva sa tête vers le ciel puis fini par dire :
« Bon faut que j'y aille. »
« Je m'en fiche. »
« A un de ses jours. »
« Adieu. » Lui balançai-je avant qu'il disparaisse.
Ce type était vraiment odieux et orgueilleux. A tous les coups, il ne viendra plus et temps mieux ! De toute façon, je filai le parfait amour avec la Solitude. Le lendemain, je le retrouvai avec stupeur au même endroit qu'hier mais je ne lui parlai pas, ni les jours suivants. Mais un matin, je me décidai de lui parler parce que c'était un peu lourd de le voir sans lui parler.
« Pourquoi ne vas-tu pas voir une autre fille ? »
« Tu me fascines. » Me dit-il automatiquement.
« Dégage de là. » Lui murmurai-je en essayant de cacher le léger rouge qui teintait mes joues.
Et il partit. Le lendemain, je le retrouvai à sa place habituelle. Je le rejoignis bêtement, tête baissée, honteuse d'aller le voir aussi soudainement. Quand je fus prêt de lui, il attrapa mon menton avec deux de ses doigts puis…m'embrassa. Je n'ai pas pu résister et j'ai enfin, comme il souhaitait, succomber à son charme. Tout se déroula à une vitesse folle, mais je préférais y aller doucement au cas où je me trompai de personne mais ça ne fut pas le cas. En ville, il n'hésitait pas à nous faire afficher ensemble, sous les regards jaloux de nombreuses filles amoureuses de lui. Nous passâmes de nombreuses journées à nous embrasser. Je n'avais jamais compris pourquoi il est venu vers moi, mais je m'en fichais un peu. J'étais…heureuse.
« Tu n'as pas peur de te faire rejeter à cause de moi ? » Lui demandai-je un jour.
« Je m'en fiche de tout ça. Tant que je suis prêt de toi, c'est tout ce qui m'importe. » Me répondit-il comme si la réponse était évidente.
Notre « love story » était en plein boom. Certes, nous avons eu des hauts et des bas mais ça ne nous empêchait pas d'être ensemble. Plusieurs filles ont tenté de nous séparer mais ce fût un échec lamentable pour elles.
« Aelys. Aelys. Mon Aelys pour toujours… » Me murmura Kira quand il fût pendant sa seule et courte période de romantisme.
D'ailleurs, ça lui allait hyper mal. Cet état d'esprit.
Je souris à ce flot soudain de souvenirs. C'était aussi à cette époque que j'ai eu ma première « vraie » crise de colère… C'était deux ans après que j'ai rencontré Kira.
Récemment, je m'étais liée à un petit animal marin, un hippocampe. J'allais le voir quand je n'étais pas avec Kira. Il était tellement mignon. Un jour, comme je ne le trouvai pas, je décidai d'aller en ville pour passer le temps. C'est à ce moment-là que j'entendis une voix.
« Alors, le démon ? Il est à toi, n'est ce pas ? » Dit une petite voix, sadique.
Je me retournai et je me figeai. Une bande de petits gamins tenait dans un petit sachet d'eau mon cher hippocampe. Je l'avais reconnu car celui-ci avait une couleur spéciale.
« Alors, il est à toi n'est ce pas. » Déclara-t-il, fièrement.
« Lâche-le… » Murmurai-je, froidement.
« Tu l'auras voulu, sale monstre ! »
Et le gamin tenant le sachet le fit tomber à terre, il commençait à sautiller pour essayer de trouver un semblant d'eau nécessaire à sa respiration. Je commençai à courir vers lui quand j'heurtai une barrière qui me renvoya en l'air, par terre. L'un des gamins possédait un don. Les gamins rigolaient devant ma réaction et la situation de l'hippocampe. Les passants s'arrêtèrent pour voir ce qui se passait et ne firent rien pour m'aider mais ils me toisèrent tous. Je me refroidis entièrement quand je vis que l'hippocampe ne donnait plus aucun signe de vie.
« Oh ! Dommage ! Il est déjà mort ! Railla un gamin tout en riant.
Je commençai à pleurer silencieusement, puis je me relevai pour les faire face.
« Et ça, prétendre être humain… » Murmurai-je à ses gamins. « C'EST VOUS QUI ETES DES MONSTRES ! » Hurlai-je, renfonçant mes pleurs.
Je sentis quelque chose en moi…se déverrouiller. J'entendis quelqu'un m'appelait.
« AELYS ! » Hurla une voix qui m'était familière.
Kira ? Mhh… Tant pis. Et je partis rejoindre les bras chauds et réconfortants de Dieu. Une lumière aveuglante quitta mon corps pour se propager.
Je rouvris les yeux, un voile les cachait. Dès qu'il sentit que je bougeai, Kira desserra son étreinte de moi. Et je regardai autour de moi. Tout n'était que sang et destruction. C'était moi qui avais fait ça ? Dans mon cœur, je savais que ce n'était qu'une petite partie de mon pouvoir qui avait été libéré. Les gamins qui avaient tué mon hippocampe adoré était à terre, couvert de sang, tandis que quelques adultes leur viennent en aide avant qu'ils ne partent à l'hôpital.
« Maintenant, ils ne pourront plus me faire du mal. » Murmurai-je, en souriant légèrement.
Ce fût les dégâts matériels qui furent les plus importants. Les gens me regardèrent avec peur et dégoût. J'entendis une fille, de quelques années de plus que moi, me traitait de monstre. Je souris ironiquement et je partis vers elle sous ses yeux, horrifiées. Et je lui adressai une gifle monumentale.
« C'est toi le monstre. » Dis-je.
Puis je m'adressai aux personnes qui étaient tout autour de moi.
« Si vous me traitez de monstres, c'est que vous en êtes un ! Pourquoi les humains sans dons sont aussi cruels avec le monde qui l'entoure ? C'est parce qu'ils sont trop faible ! Ses gamins ont tué mon hippocampe adoré sous mes yeux et ça serait moi le monstre ? Mais regardez la réalité en face et adressai moi la parole en personne si vous n'êtes pas si lâche que vous le prétendez. » Déclarai-je d'une voix forte et puissante.
Rien qu'en repensant à leur tête après ce que je leur avais dis, j'en rigolai encore. Au moins, ça leur a fait apprendre quelque chose de nouveau. En y repensant, ce sont les mêmes types de paroles que prononce généralement Chronos. Chronos… Je me souviens encore de ma rencontre avec elle.
Un an après l'incident de l'hippocampe, j'appris, un peu en retard certes, l'arrivée d'une nouvelle venue parmi nos semblables : le 28. A ce que je savais, personne n'avait envie de s'approcher d'elle et personne ne connaissait son nom. Elle aspirait la terreur à cause de sa pâleur extrême et de ses yeux quasi-morts. J'eus envie de voir de plus près.
Elle était là. Assise sur un rocher, contemplant l'océan bleu azur, une ombrelle turquoise à la main. Elle semblait être aussi gracieuse qu'un oiseau. Le vent marin balaya mes cheveux et ma petite robe bleue. Elle s'aperçu de ma présence puis me toisa. Je fis comme si je n'avais rien vu et je me présentai.
« Je m'appelle Aelys. »
« Chronos. » Me répondit-elle, vaguement.
J'essayai de faire la conversation, même si je n'étais pas trop douée à faire ça, pour mieux la discerner.
« Tu te plais ici ? »
« Bof. » Me répondit-elle, sans réfléchir.
Ah. Ça commençait fort. En y repensant, j'étais toujours comme ça pendant ma période noire. Mais, elle n'était pas vulgaire. Tant mieux, car je pense que la vulgarité lui sied mal. Je ne sentis pas sa présence tout prêt de moi mais je sursautai dès qu'elle laissa ses prunelles quasi-mortes se plongeaient dans mes yeux.
« Qu'est ce que tu me veux ? » Me demanda-t-elle, froidement.
« Rien, je voulais juste voir à quoi tu ressemblais. »
« Alors fiche le camp, si tu ne veux pas mourir. »
Je ne pus retenir cet éclat de rire. Chronos me regarda, surprise, ne comprenant pas mon rire. Elle finit cependant par rajouter, incrédule :
« Tu n'as pas peur de moi ? »
« Pourquoi devrai-je avoir peur de toi ? » Lui demandai-je, surprise.
« Parce que tout le monde a peur de moi ! Où tu es idiote ? »
« Je ne suis pas idiote, je ne suis qu'Aelys. » Lui déclarai-je.
Elle ne répondit pas, mais repris sa contemplation de l'océan.
« Si tu veux toujours me voir. Rendez-vous, ce soir à 21 heures au seul bar de la ville. »
Et je partis. Il y avait peu de chance qu'elle vienne ce soir-là mais tant pis. 21 heures sonnèrent et j'étais assise sur un grand tabouret. Je gardai un œil fixe vers la porte d'entrée quand je la vis.
« Chronos ! » Lui criai-je, en lui faisant un grand signe de main.
Mon appel attira son attention sur elle et sur moi, pendant un instant, tout le monde regardait Chronos d'un regard assez terrifiant, mais elle s'en fichait. Elle s'installa silencieusement à côté de moi.
« Tu es venue. » Lui dis-je.
Et nous commençâmes, petit à petit à parler, un verre d'alcool à la main et elle se dévoila enfin à moi. Mais elle ne dit pas un mot de son don, qui doit sûrement être puissant.
Depuis, elle était devenue mon amie. Une amie à qui je pouvais me confier, une amie à qui j'offrais un peu de chaleur dès qu'elle avait un problème et je frappai toutes les personnes qui l'insultaient. C'est Chronos qui réussit à arrêter de frapper les gens. On se ressemblait énormément. Moi, j'avais Kira et elle avait Len. J'étais avec elle, quand elle le rencontra, c'est aussi à ce moment-là que je découvris son pouvoir. Tandis qu'elle, devra attendre très longtemps avant de découvrir le mien.
Chronos et moi aimions nous asseoir au bord de la fontaine du centre-ville de la capital Atlante, en fin de journée. C'était à ce moment-là qu'il y avait le plus de monde. Ce jour-là, elle me proposa quelque chose qui me fit, limite, tomber à terre.
« Je te propose de connaitre la fonction de mon don. »
« Qu… Quoiiii ? Pourquoi si soudainement ? » Lui dis-je, surprise.
« Un coup de tête. » Me dit-elle en souriant. « Tu veux toujours au moins ? »
« Mais oui, bien sûuuur que je veux connaitre la nature de ton don. » Puis j'ajoutai : « Mais ça ne sera pas dangereux pour toutes les personnes qui nous entoure ? » Chuchotai-je, un peu inquiète.
« Non. » Me dit-elle tout en se redressant.
Je fis de même et m'écartai un peu. Je la vis décrocher sa précieuse montre à gousset, puis effectua un deux balancement lent tout en fermant les yeux pour se concentrer. Un clignement de paupières. Deux clignements de paupières. Puis, l'aiguille des secondes de l'immense horloge du centre-ville s'arrêta.
Le temps s'est arrêté. Tous les habitants de la ville, enfin ceux qui étaient autour de nous, étaient immobiles.
« C'est ça mon pouvoir. » Dit Chronos, fièrement.
« … Whouah ! Alors ton prénom et ton don sont liés ! »
« Oui. Par contre, mon pouvoir n'agit pas sur les personnes ayant des dons. C'est pour ça que tu as été épargnée. »
Je ne m'attendais pas du tout à ça, mais whouah ! Il est génial ce don ! Puis nous entendîmes toutes les deux, une voix.
« Qu'est ce qui se passe ici ? » Dit une voix masculine, incrédule.
Par réflexe, nous nous retournâmes en même temps et nous découvrîmes un garçon qui n'a pas été figé. Je regardai Chronos mais celle-ci c'était figé en le regardant, pareil pour le garçon. Je clignai des yeux stupéfaits, puis je comprends. Ils ont été victimes d'un coup de foudre. Mais comme même… Chronos amoureuse ! J'essayai de réveiller Chronos et le gars en même temps et ils sursautèrent tout les deux puis tournèrent leur tête, gênaient. Je me retins de rire, puis tous les habitants qui étaient figés se « réveillèrent » comme s'il ne s'était rien passer. Apparemment, il y avait une limite à son pouvoir.
« Chronos. » Se présenta-t-elle. « Et voici Aelys. » J'hochai la tête.
« Len. » Dit-il, ne quittant pas ma Chronos des yeux.
Il y a eu une sorte de silence. J'inventai une excuse pour les laisser tranquille.
« Bon, je vous laisse. Il faut que j'aille voir quelqu'un. » Dis-je, avant de m'enfuir.
« Aelys ! » Me cria-t-elle, gênée que je veuille m'enfuir puis je lui souris.
C'était la première fois que je voyais Chronos agir de la sorte. Où était passée ma Chronos, froide comme la glace et possédant un cœur de pierre ? Bref, j'irai la voir dès ce soir. Je jetai un coup d'œil rapide vers eux, ils parlaient. Je partis, donc, à la recherche de Kira, soucieuse. Comme d'habitude, il m'attendait de pied ferme chez lui, enfin, il était plutôt occuper à aider son père adoptif. Je décidai de les aider pour faire passer le temps tout en racontant à Kira ce qui s'est passé.
La nuit tomba et je décidai d'aller chez Chronos pour voir si tout aller bien. Je sais, je me comporte en mère poule mais elle venait juste de rencontrer ce Len et j'avais un peur pour elle. Quand je pénétrai dans son salon, je découvris avec stupeur des vêtements jonchés sur le sol. Je compris immédiatement ce qui se passait. En même temps, il n'y avait pas trente-six solutions pour ce genre de situation. Ça craint pour elle. Chronos qui m'avait entendu, se précipita au salon.
« Aelyyyys. Qu'est ce que tu fais ici ? » Me demanda-t-elle, assez gênée, enroulé dans une serviette.
« Chronooos. T'étais obligée de le faire le premier jour ? » Lui répondis-je par une autre question.
Elle eut un rire forcé. C'est à ce moment-là que Len décida de venir vers nous, en tenue d'Adam.
« Qu'est ce qui se passe Chronos ? » Il se tourna vers moi et sursauta. « Ah ! … Bonsoir. »
Mes joues se tintèrent d'un rouge, cette fois-ci de gène.
« Chronos. Tu pourrais demander à ton AMI d'aller se changer ? » Demandai-je en tournant la tête.
Len ramassa rapidement ses affaires et partit se changer avant de nous quitter. Il embrassa rapidement Chronos sur la bouche et s'enfuie. J'adressai un sourire narquois à Chronos qui partit elle aussi se changer tandis que je me laissai tomber sur son canapé, après l'avoir fait, elle s'assied en face de moi.
« Alors ? »
« Len est...juste un ami. » Me répondit-elle, doucement.
« Mais bien sûr ! » Raillai-je. « Un ami avec qui te couche dès le premier jour ! »
Chronos ne me répondit pas.
« Sérieux, je ne te reconnais plus. Comme se fait-il que tu craques aussi facilement sur un garçon ? » Lui demandai-je, sérieusement cette fois-ci.
« … Tu crois au coup de foudre ? »
« Non. »
« Moi non plus, jusqu'à ce que je le rencontre. »
Et elle me raconta tout. De sa discussion avec lui jusqu'à ce qu'il traîne jusqu'à son lit. Au départ, je n'aimais pas beaucoup ce type, mais petit à petit, j'ai commencé à l'apprécier. Il possédait un don psychique, ce n'était pas vraiment un don d'attaque, c'est pour ça qu'il était classé en dessous des 10. Malheureusement, je détestai son don. Il était télépathe. Mais par gentillesse et par respect, il bloquait nos pensées. C'était un garçon assez sympa, peut être un peu trop intelligent mais c'était supportable. J'ai fait de mon mieux pour l'accepter pour ne pas faire de la peine à Chronos.
C'était la première fois que je la voyais sourire de cette manière.
L'évolution de leur relation était bien différente de celle entre Kira et moi. Malgré tout, ils étaient heureux… Jusqu'à cet horrible accident où Len perdit la vie.
*L'éternité était quelque chose, mais la mort en était une autre.*
Peut de gens le savait, mais nos semblables n'étaient pas tous immortels. Cela dépendait de la puissance du don et de la bonté de Dieu. J'étais au courant mais je ne savais pas lequel était touché par cette « malédiction ». Chronos, elle, n'était pas au courant, trop occuper à passer son temps libre avec Len. Pourtant, cette journée serait signe de malchance. Notre oracle nous l'avait dit, pourtant, une petite minorité ne croit pas au discours de cet oracle et le paye très cher.
Comme j'ai été blessé lors d'une partie de chasse, on m'obligea à rester cloîtré dans mon lit pendant une semaine. Tous les jours, Chronos et Kira venait me voir pour prendre de mes nouvelles. C'était mignon, surtout les nombreux baisers que m'offraient mon Kira chaque jour. Tout se passait bien, jusqu'à ce qu'ils ne vinrent pas le dernier jour. Je crus qu'ils avaient été pris, donc dès le lendemain, je fis comme s'il ne s'était rien passer et passa une journée normale. Cette même journée, Kira toqua à ma porte. Il me prit dans ses bras puis me murmura :
« Tu devrais aller voir Chronos… »
« Pourquoi ? »
Il ne me répondit pas mais afficha une mine sombre.
« Qu'est ce qu'il y a ? » Articulai-je.
« … Len est mort. »
Je me figeai puis essayait de reprendre mes esprits.
« Qu…Comment ? » Demandai-je, choquée.
« Un animal l'a attaqué. »
« C'est pas vrai… » Murmurai-je tout en cachant mon visage avec mes deux mains pour cacher mes pleurs.
Il sécha mes larmes, aucune expression n'apparaissait sur son visage.
« Tu devrais vraiment aller Chronos. Elle ne veut voir personne mais je pense qu'elle te laissera entrer. »
Sur ce, je suivis en toute hâte Kira. Enfin arrivée, il y avait pas mal de monde en face de la porte de Chronos qui essayait tant bien de mal de la faire sortir de chez elle. Kira les interpella.
« C'est bon, je l'ai ramené. »
Des sourires se dessinèrent sur le visage et ils se poussèrent pour que j'aie la voie libre. Je m'appuyai contre la porte.
« Chronos, c'est Aelys. »
Silence.
« S'il te plait ouvre moi la porte ! »
Silence.
Je laissai échapper un soupir puis je murmurai :
« Tu sais, la vie est nulle sans toi. J'aime nos soirées passaient ensemble. J'aime passer mes journées à critiquer tous les passants avec toi. Tu me fais rire et pleurer à la fois, tu es…comme une grande sœur pour moi, tu sais. Alors… s'il te plait… »
Il y eu comme un bruit de déverrouillage puis la porte s'ouvrit doucement, m'invitai à entrer.
« Ne vous inquiétez pas. Je vais la sortir de là ! » Déclarai-je en souriant, aux autres.
Et je pénétrai dans le lieu sombre et humide, avec une Chronos dépressive m'observant. Elle se laissa tomber par terre et s'appuya contre l'un des canapés. Elle avait les yeux rouges à cause des pleurs et pleurer encore. Je l'enlaçai de toutes mes forces pour la consoler.
« Chronos… »
« Je l'aimai Aelys ! Je l'aimai ! » Me cria-t-elle, tremblante.
« Je sais. »
Voir Chronos avec les yeux rouges était une chose courante chez nos semblables mais la voir pleurer… On aurait cru voir un petit enfant pleuré sa poupée perdue. C'était assez choquant de la voir ainsi, en sachant parfaitement que j'étais nulle dans l'art de consoler une personne. Je savais que ça allait finir mal…
« Chronos… Restez ici ne mènera à rien, il ne te ramènera pas Len. » Lui déclarai-je, fermement.
« J'ai rigolé quand il s'est fait attaquer par cet… animal ! J'ai rigolé, parce que je le croyais immortel comme nous. Mais quand je l'ai vu immobile, le sang coulait à flot. Il était trop tard ! »
Je me mordillai la lèvre inférieure. Bien sûr qu'elle n'était pas au courant de ces cas-là. Alors, Len aussi n'était pas immortel. Quand un des nôtres meurt subitement, il est automatiquement remplacé par un être qui née avec un don et ce nombre dans le dos. Il doit être sûrement né. La personne qui remplacera Len. Je lui racontai tout.
« Pourquoi tu ne m'as rien dit ? Pourquoi ? »
Je ne répondis pas. Elle explosa en sanglots, mais j'explosai avec elle, d'une manière bien différente. Je la giflai puis lui criai, perdant le contrôle de moi-même. J'avais l'impression d'être avec la Chronos, enfant, aussi faible qu'un nouveau née.
« Ça suffit ! Réveille toi, Chronos ! Je ne te reconnais plus du tout ! Tu as changé depuis que tu l'as rencontrée et je l'ai acceptée pour que tu sois heureuse ! Ne fait pas ton enfant, merde ! Ce n'est pas parce que Len est mort que tu dois faire n'importe quoi. Maintenant, tu vas sortir de cette maison et tu vas regarder l'océan s'étendre comme tu le faisais avant ! »
Je respirai difficilement après avoir dit ce long et « beau » discours. Chronos était surprise. Surprise de la gifle et surprise de mes mots. Elle se leva difficilement. Puis m'enlaça, j'en eu le souffle coupé.
« Merci. » Me murmura Chronos. « Merci de m'avoir fait sortir de ma cage. »
Puis elle posa un baiser sur mes lèvres. J'étais…surprise. J'appris plus tard que c'était un geste de remerciement, sincère cette fois. Et nous sortîmes de chez elle, sous de grands applaudissements. J'étais vraiment heureuse d'avoir pu lui parler de cette manière, au moins, elle aura compris que je n'étais pas une fille facile. Cependant, Chronos prit un an pour oublier Len et pour ne plus pleurer dès qu'on parle de lui. Ce garçon lui avait en quelque sorte, réchauffait le cœur. Elle, qui avant ne penser qu'à elle et qui était extrêmement associable. Je lui remercie d'exister, je lui dois vraiment une…
« Aelys ? »
Je sursautai. Kira m'avait réveillé de mes songes. Il enfonça sa tête dans le creux de mon épaule nu. Le lit était couvert de plumes. De nos plumes.
« Oui ? »
« Tu étais dans tes pensées. » Précisa-t-il, pour me demander à quoi je pensai.
« De vieux souvenirs. Je pensai juste à de vieux souvenirs. » Murmurai-je, encore rêveuse.
« A notre rencontre ? »
« Oui. Et aussi avec Chronos et Len… »
Il me regarda puis caressa doucement mes lèvres, sérieux c'était une manie là, et m'embrassa. Puis j'ajoutai :
« Dès demain, je cueillerai des fleurs pour lui et je les ferai voler en plein ciel ! »
