Résumé : Un akuma qui contrôle la pluie, un chat mouillé… et une sombre histoire de pain au camembert.
Note de l'auteur : Bon j'ai pu voir que le thème de hier a été un peu mal compris... désolée ! C'était clair dans ma tête, mais pas forcément dans la vôtre, je crois. Mais j'imagine que ce thème là sera plus clair ! : D J'espère qu'il vous plaira, surtout. Bonne lecture :3
9 – Prendre soin de l'autre quand il est malade
Marinette releva soudain la tête.
Elle n'en était pas sûre, mais il lui semblait… Il ne venait pas d'y avoir un bruit ?
L'orage s'était pourtant terminé l'après-midi même, au moment où ils avaient enfin vaincu cet akuma qui pouvait contrôler la pluie. Il n'y avait donc aucune raison qu'elle entende encore le tonnerre, non ? Pourtant, il lui semblait bien avoir perçu quelque chose, au-delà de la musique qui continuait de tourner dans son casque…
Ôtant ce dernier, la jeune fille recula sa chaise pour jeter un coup d'œil au bord de son lit – où elle aperçut Tikki. Celle-ci avait ouvert un œil ensommeillé qu'elle dardait à présent sur elle.
« Marinette… ?
- Tikki ? Tu as entendu quelque chose, toi aussi ? »
Le kwami hocha doucement la tête, avant de pointer une patte en direction du plafond au-dessus d'elle.
« Je crois… que ça venait du plafond ? »
Marinette fronça des sourcils.
Du plafond ? Ça ne devait pas être un orage alors – le bruit aurait été largement différent. Et puis, elle aurait vu un éclair, même aussi concentrée qu'elle était sur sa future tenue ! Et si ce n'était pas du tonnerre et que ça venait du plafond…
Définitivement curieuse, la jeune fille retira son casque de son cou, avant de se lever et de grimper à l'échelle menant vers son lit. Elle capta le mouvement de Tikki, qui filait se cacher dans la bibliothèque près de ses oreillers, tandis qu'elle-même débloquait la fermeture de son vasistas, se redressant sur ses jambes pour jeter un coup d'œil sur la terrasse et…
« Chat ?! »
La silhouette émit un vague gémissement, non loin d'elle.
Recroquevillé en une forme noire et à peine définissable dans l'obscurité, il ne bougea même pas une oreille quand Marinette s'extirpa de sa chambre pour venir s'accroupir près de lui. Il émit à peine un grognement quand la main froide de la jeune fille fit soudain contraste avec son front brûlant.
« Mais… Tu as de la fièvre ? Chat ! Qu'est-ce que tu as fait pour te retrouver dans cet état ? »
La question était stupide, en fait.
L'orage.
Ce fichu akuma les avait fait courir presque des heures sous l'eau glaciale. Et c'était bien connu, les chats abhorraient l'eau. Évidemment qu'il tomberait malade. Marinette aurait dû s'en inquiéter, lui dire de se ménager, de…
Une toux inquiétante poussa le jeune homme à se rouler encore plus en boule.
Ça n'était pas le moment pour elle de réfléchir. Il avait besoin de soins, d'être au chaud, qu'on s'occupe de lui – et il était hors de question qu'il tente de rentrer comme ça chez lui. Surtout quand elle savait, de sa propre bouche, qu'il avait souvent tendance à être laissé seul chez lui.
Avec un soupir, Marinette retourna près de sa fenêtre pour faire signe à Tikki de rester cachée. Puis, avisant le héros et l'ouverture, elle s'escrima ensuite à faire passer l'un dans l'autre.
Affaire qui fut loin d'être évidente.
Mais au prix de quelques minutes de réflexion, d'une certaine dose de manipulation et de quelques éventuels bleus chez Chat – elle s'excuserait plus tard – elle finit par faire entrer son ami dans sa chambre, l'allongeant dans ses draps en veillant à ce que l'addition « couverture plus combinaison de cuir » ne lui tienne pas trop chaud.
Pas qu'il fut en état de s'en plaindre – il était à peine conscient, de toute façon.
Observant Chat un instant, Marinette finit par prendre la décision de redescendre sur le plancher de sa chambre. Tikki l'y rejointe, se maintenant sous le lit pour éviter tout regard impromptu.
« Et maintenant ? chuchota-t-elle.
- Maintenant… On essaye de le soigner comme on peut. Je vais aller voir ce que je peux trouver en bas. »
Au vu de l'heure un peu tardive – et de la profession qu'ils exerçaient – ses parents étaient déjà couchés depuis bien longtemps. Elle erra donc dans l'appartement plongé dans le noir, récoltant des lingettes et une bassine d'eau froide, un thermos qu'elle remplit de thé bien chaud, et quelques fruits secs.
Chat n'avait pas bougé quand elle retourna auprès de lui, remontant près de son lit les divers ustensiles qu'elle avait réunis, réussissant par miracle à ne pas renverser d'eau froide ni sur son lit, ni sur son ami. Il ne bougea pas non plus lorsqu'elle entreprit de le rafraîchir avec les linges humides. Il sembla reprendre un peu conscience lorsqu'elle l'exhorta à se réveiller pour boire un peu – mais ce ne fut que l'espace de quelques instants.
Non, Chat ne broncha véritablement pas.
En revanche… sa bague le fit.
Il était là depuis déjà peut-être une heure quand un bipbip que Marinette connaissait trop bien pour l'avoir souvent entendu près de ses oreilles résonna dans la chambre. Paniquée, la jeune fille lança un coup d'œil au bijou de Chat, qui avait déjà perdu un des coussinets de la patte de chat l'ornant.
Il allait se détransformer.
Il allait se détransformer, et qu'est-ce qu'elle pourrait faire ?!
« Tikki ?! »
Le kwami fut près d'elle en moins d'une demi-seconde. Elle se peletonna près de son oreille par prudence, au cas où Chat ouvrirait les yeux de façon impromptue.
« Tikki, je fais quoi ?! Je peux pas rester là, il va… et je… mais on doit s'occuper de lui ! Comment est-ce que je peux… ?
- Descend dans le salon. Je reste ici pour demander à son kwami de quoi il a besoin pour se recharger, d'accord ? Je te rejoins. Va ! »
En quelques secondes et seulement un bip, la jeune fille avait disparu par la trappe, se réfugiant dans l'obscurité rassurante de son salon. C'est là que Tikki la trouva, quelques minutes plus tard, assise sur le sofa et les yeux dirigés vers les lointaines lumières de Paris.
« Alors ?
- Plagg m'a dit qu'il avait une très nette préférence pour le fromage. Du camembert, pur si tu as. Sinon il se satisfera de ce que tu pourras trouver, mais il m'a demandé de te faire jurer de ne pas le dire à Chat. Sinon il ne voudra plus le fournir en camembert, il en est sûr. »
Marinette pouffa.
Elle n'avait jamais vu ce kwami, mais il lui semblait plutôt drôle, comme personnage. Rassurée sur le fait qu'il allait assez bien, elle se releva pour s'approcher du frigo sur la pointe des pieds. Ce dernier ne contenait pas grand-chose – et encore moins de fromage. Ce n'était donc pas là qu'elle trouverait quoi que ce soit d'intéressant.
En revanche…
Ouvrant la porte menant à la boulangerie aussi discrètement que possible – cette dernière était vieille et avait trop tendance à grincer pour être honnête – elle se glissa dans l'escalier. La pièce était là aussi plongée dans le noir, mais bien heureusement, elle la connaissait suffisamment bien pour ne pas se cogner ou avoir à chercher son chemin.
Elle fouilla les étagères un petit moment avant de trouver ce qu'elle cherchait.
Du pain au fromage.
Plus précisément – du pain dont on avait découpé le dessus en un motif de croix, pour y glisser des morceaux de camembert, et qu'on avait ensuite fait griller au four. Un vrai délice, même si elle n'était pas une grande fan de fromage. Mais son père était très doué pour le faire. Ce n'était peut-être pas du camembert pur, comme il l'avait demandé, mais ce dénommé Plagg se satisferait probablement de ça.
Se tournant vers Tikki, elle chuchota :
« C'est un gros mangeur, ou… ?
- De ce que je me souviens, assez. Et il a dit qu'il était fatigué par la maladie d'A—De Chat, donc il aura encore besoin de se retransformer plus tard, je pense. Tu ferais mieux d'en prendre autant que tu peux. »
Hochant la tête, Marinette embarqua la miche entière.
Elle remonta en quelques secondes, laissant la porte fermée derrière elle. Elle grimpa l'escalier les yeux fermés, ouvrant la trappe juste le temps de laisser la miche sur le sol, posée sur une assiette. Elle la referma aussi doucement que possible juste après, laissant à Tikki le soin de venir taper sur le bois quand Plagg aurait fini de manger.
Ce fut le cas, plusieurs minutes plus tard. Elle entendit le grattement sourd sur le bois, et se releva pour entrer en silence dans sa chambre. D'un coup d'œil, elle aperçut la sombre silhouette de Chat, toujours sur son lit, et la miche à moitié entamée, à côté d'elle. Tikki lui lança un sourire radieux.
« Plagg dit que quiconque a fait ce pain devrait être élevé au rang de saint. Je crois qu'il l'a vraiment apprécié. »
Marinette se laissa aller à rire un peu. Elle s'assurerait le lendemain de transmettre le message. Nul doute que son père apprécierait !
Avec un soupir, elle se dirigea vers le lit, grimpant rapidement pour rejoindre son ami. Ce dernier brûlait toujours de fièvre, les yeux fermés, les joues rouges et la peau moite. C'était dans ces moments qu'elle maudissait leur identité secrète – tout aurait été si simple, si elle avait pu lui enlever sa combinaison…
Rougissant à la soudaine pensée qui venait de traverser son esprit, la jeune fille secoua vivement la tête. Enlever sa combinaison à Chat, n'importe quoi !
Attrapant le linge posé sur son front, elle le replongea dans la bassine d'eau froide près des oreillers, avant de l'essorer pour le passer sur tout le visage de son ami, récoltant un soupir d'aise. Reposant le tissu sur son front, la jeune fille soupira à son tour.
La nuit promettait d'être longue.
.oOo.
« Plagg… ? »
Adrien ouvrit un œil, la bouche sèche et la gorge serrée. Quelque chose n'était pas comme d'habitude. Pourquoi est-ce qu'il… ?
« Chuuuuuut. Tu vas la réveiller. »
Le murmure dans son oreille manqua de le faire sursauter. Tournant la tête sur sa gauche, Adrien aperçut son kwami, caché dans sa chevelure. Qu'est-ce qu'il se passait ? Pourquoi se cachait-il ? Et pourquoi avait-il ce poids sur la…
… poitrine ?
« Tu es tombé malade, continua Plagg près de son oreille. Ton instinct a dû te conduire chez elle quand tu as senti que tu n'en pouvais plus. Elle a pris soin de toi – et de moi – durant la nuit. »
Un coup d'œil sur sa droite – en direction de sa poitrine – manqua de faire s'arrêter son cœur.
Une fille. Là. Allongée sur lui. Enfin… ramassée en tas, plutôt. Ça ne semblait pas confortable. Mais sur lui ! Totalement sur lui, endormie et paisible. Et ce n'était pas n'importe quelle fille… C'était Marinette !
Marinette… avait pris soin de lui ? Mais alors, elle savait ? Elle avait découvert que…
« Elle…
- Ne sait rien, finit Plagg pour lui. Elle a quitté la pièce à chaque fois que j'étais trop épuisé pour te transformer. Et elle m'a nourrit ! Tu devrais prendre exemple sur elle et lui demander de ce pain au fromage, c'est une véritable…
- Il faut y aller !
- Bien d'accord. Mais tu pourrais pas… ?
- Plagg ! »
Un vague grognement fut sa réponse.
Un éclair vert après, Chat Noir était de retour, dans presque toute sa splendeur. Il lui fallut un bon moment et une sacrée dose de doigté et de patience pour réussir à déloger Marinette de sa poitrine et l'allonger correctement sous les couvertures, dont il sortit en même temps.
Il n'arrivait pas à croire qu'elle avait veillé ainsi sur lui toute la nuit, jusqu'à, visiblement, s'endormir de fatigue sur lui, à moitié assise, à moitié couchée. Qu'avait-il fait pour mériter une amie si… si loyale ? Si attentionnée ?
Il y réfléchirait un autre jour. Ou plus tard.
Là, il était plus que temps pour lui d'y aller.
Assuré que sa princesse dormirait bien, Chat se pencha pour poser un baiser sur ses cheveux. Il la sentit remuer un peu sous la caresse, lui arrachant un sourire. Un silence plus tard, il s'était échappé par le vasistas, le refermant doucement derrière lui.
M&CN
Petite note : il y a un trou dans cette histoire sur laquelle on pourra bien se questionner, c'est "comment Plagg fait-il pour retransformer Chat, vu que ce dernier est dans le coltard ?". J'ai pas vraiment de réponse, à part que pour moi, quand Marinette quitte la pièce pour le laisser se reposer et manger, Plagg arrive à plus ou moins réveiller Adrien pour lui faire prononcer les mots, mais ce dernier, délirant de fièvre, ne s'en souviendra pas. Voilà c'est mon explication bancale qui tient pas la route.
Un prochain thème pour détourner votre attention ? Allez ! Alors rendez-vous demain pour Regarder les étoiles. Un thème que j'ai adoré écrire et dont je suis très fière. J'espère qu'il vous plaira tout autant ! :3
