Titre : Property of The Half-Blood Prince
Chapitre 9 – Un simple contact
.
Auteure : Thesewarmstars
Traductrice : Forêt Interdite
Catégorie : M
Résumé : Traduction d'une fiction de Thesewarmstars. Au cours de sa sixième année, Harry devient très attaché au mystérieux ancien propriétaire de son livre de potions, mais que va-t-il se passer lorsqu'il découvrira qui il est réellement ? SS/HP, spoilers Tome 6.
Déclaration solennelle : Je ne touche pas d'argent sur cette histoire. L'univers de Harry Potter appartient à J. K. Rowling.
Avertissement : Slash SS/HP, mentions de viol et de torture.
Note de l'auteure (Thesewarmstars) : Un grand nombre d'événements du tome six ont toujours lieu, même si certains ont été modifiés, et j'ai un peu joué avec les chronologies pour les adapter à mes besoins.
.
.
Property of The Half-Blood Prince
.
Chapitre 9 – Un simple contact
.
13 janvier 1997 : Harry
.
« Allez-y les copains, j'ai quelque chose à demander à Rogue au sujet de mes… heu… cours particuliers » dit Harry à Hermione et Ron. Hermione leva les sourcils – de toute évidence, elle voulait savoir exactement quelle était sa question – pourtant les deux repartirent sans lui.
Harry rangea ses livres très lentement et, une fois que tout le monde fut sorti, il s'approcha prudemment des bureaux de devant de la classe. Harry se rendit compte du moment où Rogue réalisa qu'ils étaient seuls dans la pièce, parce que son corps tout entier se tendit. Harry pouvait pratiquement le voir s'armer pour lancer un commentaire au sujet de leur dernier cours, prêt à frapper.
Harry ne put s'empêcher de se demander si Rogue portait le collier qu'il lui avait envoyé. S'il le portait, il devait être caché sous ses vêtements et Harry ne le saurait probablement jamais.
D'un ton de conversation le plus naturel qu'il puisse adopter, Harry lui demanda : « Avez-vous un moment à m'accorder, Monsieur ? »
« Un moment, un moment seulement. À quel sujet ? » demanda Rogue.
Harry jeta un coup d'œil en direction de la porte – elle était grande ouverte et le couloir était rempli d'élèves. Rogue comprit l'allusion et la ferma d'un petit mouvement subtil de sa baguette.
Harry prit une profonde inspiration, il voulait régler ce sujet rapidement. « Eh bien, Professeur, je me demandais simplement si, éventuellement, vous seriez disposé à me donner des vrais cours supplémentaires en défense. Vous savez, m'enseigner des choses qu'on n'apprend pas en classe, des choses que j'ai besoin de connaître. Je comprendrai tout à fait si vous n'avez pas le temps ou ne voulez pas, mais je me devais de vous le demander. »
Rogue le regarda en clignant les yeux.
Harry s'était attendu à devoir convaincre l'homme et ce n'était pas le scénario qu'il avait envisagé.
« Si vous voulez, heu, prendre le temps de réfléchir, je comprendrai tout à fait… » hasarda Harry. Cela sembla sortir Rogue de sa stupeur muette et une raillerie habituelle revint de plein fouet.
« Bien sûr que non, Monsieur Potter. Je pense que c'est la première idée intelligente que vous n'ayez jamais prononcée en ma présence, et j'avais besoin d'un moment pour me remettre du choc. »
Harry ne savait pas si c'était un compliment ou une insulte, mais ça sonnait comme si Rogue avait acquiescé donc il supposa que c'était bien.
« Ce soir, sept heures. » ajouta Rogue d'un ton neutre.
Ce soir ? Non ! Il avait entraînement de Quidditch ce soir ! Il avait déjà dû réorganiser le calendrier de l'entraînement autour de ses leçons d'Occlumancie, et maintenant ça ?
« Mais... » commença-t-il. Rogue leva un sourcil comme pour dire : "Ceci est votre demande, gamin impertinent, c'est à prendre ou à laisser."
Harry soupira. « Oui, monsieur. À ce soir, alors. »
Comme DCFM était son premier cours, Harry passa toute la journée à anticiper sa leçon particulière, oscillant entre excitation et anxiété. Il y avait tant de choses que Rogue pouvait lui apprendre, mais il allait sans doute le mettre en pièces en le faisant. Il ne pouvait que croiser les doigts et espérer acquérir assez d'habileté pour faire face à Voldemort et s'en sortir indemne.
La journée s'éternisa ; paradoxalement, sept heures arrivèrent bien trop vite. Harry se tenait devant le bureau de Rogue, exécutant le rituel maintenant bien familier consistant à balancer son corps d'avant en arrière afin de rassembler tout son courage de Gryffondor. Il y parvint partiellement et, néanmoins, toqua à la porte.
Une fois qu'il fut autorisé à entrer, il se souvint d'une chose qui l'avait tracassé.
« Professeur, avant que nous ne commencions, est-ce que cela vous dérangerait si je vous demandais quelque chose ?
– Je suis certain que vous constaterez que vous venez juste de le faire, mais si vous avez une autre question vous pouvez aussi bien la poser. »
Harry ravala la remarque cinglante qu'il avait sur le bout de la langue. Il ne fallait pas provoquer l'homme même s'il ne le méritait. Au moins pas avant avoir obtenu une réponse satisfaisante à sa question.
« C'est au sujet de cette… euh… sorte de picotement qui arrive lorsque… vous savez… lorsqu'on se touche... Est-ce que vous voulez bien m'expliquer ce que cela signifie ? »
Rogue ne répondit pas immédiatement, et Harry était sûr qu'il allait lui dire que cela ne le concernait en rien ou que puisqu'il ne pouvait pas le comprendre lui-même c'est qu'il ne méritait pas d'en savoir plus.
Au lieu de cela, il déclara : « Je pense qu'une démonstration est de rigueur. »
Harry dut admettre qu'il ne s'attendait pas vraiment à recevoir une réponse nette et précise – ce n'était définitivement pas le genre de Rogue – il suivit donc Rogue sur le côté de la salle de classe. Rogue semblait avoir aménagé cet espace pour leur cours – il y avait des blocs de pierres de différentes tailles contre le mur, et Harry pouvait sentir un champ de confinement magique autour d'eux.
« L'incantation Reducto, si vous le voulez bien. » dit Rogue en indiquant le premier bloc de pierre sur la gauche. Harry visa le rocher.
« Reducto » prononça-t-il, et la pierre fut soufflée en une douzaine de morceaux qui retombèrent au sol quand ils buttèrent contre le charme de confinement. Tout semblait parfaitement normal. Il interrogea Rogue du regard – qu'était-il donc supposé voir ?
« Donnez-moi la main » ordonna Rogue en tendant la sienne. Harry allongea la main et dès que Rogue la lui saisit, il éprouva la sensation liée aux étranges picotements magiques. Il garda les yeux sur leurs mains jointes. Les mains de Rogue étaient vraiment très élégantes, en y réfléchissant. Il imaginait que les mains du Prince pourraient être assez similaires – des mains de potionniste.
Cette fois, Rogue tint jusqu'à ce que le fourmillement ait totalement disparu, ce qui ne dura qu'à peine une minute. Le premier réflexe de Harry quand Rogue relâcha son emprise fut de resserrer la sienne. Il réussit à ne pas y céder en se disant que c'était juste ce picotement machin-chose qui était tellement cool.
Rogue désigna le bloc suivant et dit « Encore ».
Harry visa donc et répéta le sortilège.
La roche explosa comme si elle était bourrée de dynamite et Harry faillit plonger pour éviter les retombées avant de se rappeler de l'aire de confinement. Le champ de force magique brillait et scintillait d'une lueur bleutée là où les morceaux pratiquement pulvérisés s'étaient écrasés contre lui.
Il se tourna vers Rogue, les yeux grands ouverts, voulant savoir, au nom de tout ce qui était magique, ce qui venait juste de se passer.
« Notre magie est sympathique, Potter » dit Rogue, comme si cela expliquait tout. D'aussi loin que Harry s'en souvienne, cela ne lui disait rien du tout. Rogue avait bien dû s'en rendre compte parce qu'il leva les yeux au ciel comme pour signifier quelque chose du genre Harry-Potter-est-une-espèce-d'idiot et retourna à son bureau en désignant à Harry la chaise en face de celui-ci.
« Notre magie est sympathique » répéta-t-il en parlant comme s'il s'adressait à une personne déficiente dotée de quatre ans d'âge mental. « Cela signifie que, lorsque nous nous trouvons à proximité l'un de l'autre, votre magie résonne avec la mienne et vice versa. Cette résonance occasionne aux réserves magiques qui demeuraient en repos de se libérer, peu à peu. La plupart des personnes possèdent plus de magie que ce qu'elles n'utilisent effectivement, soit parce qu'elles ne savent pas comment puiser dans ce potentiel, soit parce qu'elles n'en n'ont tout simplement jamais eu besoin. Cela est particulièrement vrai pour les jeunes sorciers et sorcières, puisque nous apprenons plus généralement à accéder à notre magie quand nous grandissons. En bref, chaque fois que nous établissons un contact un corporel, une petite quantité de magie qui était auparavant inaccessible pour nous sera mis à disposition ».
Harry sourit et dit exactement ce qu'il pensait. « C'est génial ! » Pas étonnant que les choses lui aient paru un peu plus faciles – sauf pour l'étude, tout bien réfléchi.
« Et c'est fréquent ? Pour deux personnes d'avoir leur magie sympathique ? » demanda-t-il.
Rogue semblait un peu mal à l'aise et pinça des lèvres légèrement avant de répondre. « Certainement pas. Même si je suis sûr qu'il doit y avoir une ou deux autres paires de personnes à travers le monde, je ne connais qu'une seule paire de personnes vivant avec leur magie sympathique.
– Une seule paire ? Et qui c'est ?
– Arthur et Molly Weasley » répondit Rogue.
« Ainsi, chaque fois qu'ils se touchent » – ce qui était assez fréquent, Harry s'en souvenait bien – « ils ont accès à plus de magie ? » Cela lui semblait tenir mieux.
Snape secoua la tête. « Plus maintenant, j'en suis sûr. Cela ne peut arriver jusqu'à ce que toute la magie de la personne ait été libérée. À ce moment-là, un toucher devient... un simple contact. »
Pour ce qu'il en était entre lui et Rogue, Harry était quasiment certain qu'un toucher ne deviendrait jamais un simple contact.
.
.
25 janvier 1997 : Rogue
.
Rogue scruta son verre de scotch, en essayant de se vider l'esprit. C'était un excellent scotch – provenant de la bouteille qu'Albus lui avait offerte, en fait – mais il allait lui falloir en ingurgiter beaucoup plus pour arriver au stade où il voulait se trouver.
En dépit de ses meilleurs efforts, son esprit restait toujours actif. Malefoy était encore aussi stupidement discret sur ses desseins. Rogue voyait bien que le jeune homme commençait à paniquer, et il redoutait qu'un autre fiasco surgisse de plans mal conçus. Maudite soit Narcissa pour son inquiétude ! Maudit soit Drago pour son entêtement ! Et maudit soit Albus pour sa demande enjouée d'être tué !
Et il ne savait toujours pas qui lui avait envoyé le collier. Il ne voyait que deux groupes d'élèves qui pensaient qu'il était un professeur de potions digne de valeur. Le premier comprenait ses Serpentards, et comme le collier n'était ni vert ni en forme de serpent, il se sentait assez à l'aise pour l'écarter. Le second n'était pas un groupe en tant que tel puisqu'il s'agissait de Hermione Granger, et que cette notion était au-delà du ridicule. Donc, en supposant que le don n'était pas une blague – un point qu'il n'était pas encore prêt à concéder – il ne provenait pas d'un élève. Aucun de ses collègues membres du corps enseignant n'avait agi différemment envers lui ; en outre, il en connaissait assez sur leur capacité financière pour savoir que très peu d'entre eux aurait pu lui offrir un tel présent. Il était aussi possible que ce cadeau vienne de quelqu'un vivant en dehors de Poudlard, mais il avait été délivré par une chouette de l'école... Non, il n'était pas près de résoudre l'énigme !
Toutefois, cela ne l'empêchait pas d'attacher le fermoir autour du cou chaque matin. Il ne se sentait en rien proche d'un fou sentimental – quelque chose dont il n'avait jamais été accusé d'être par le passé – pourtant il y avait quelque chose comme ça. Il aimait l'avoir et le toucher. La magie en lui était trop chaleureuse, sûre et amicale – presque familière – trop gentille pour être niée. Cela lui faisait simplement du bien de le porter. Ce qui, bien entendu, le rendait profondément mal à l'aise, mais pas assez cependant pour l'en empêcher.
Au moins Potter progressait, quelque chose dont Rogue était beaucoup moins surpris que ce qu'il aurait dû être. Ils s'étaient réunis deux fois par semaine et tandis que son Occlumancie n'avait que très légèrement progressé, ses qualités en défense avaient avancé à pas de géant. Sans doute certaines d'entre elles provenaient de son niveau de puissance accrue, mais Rogue ne pouvait faire semblant d'en ignorer la véritable cause.
Il était étrangement satisfaisant de voir Potter bien faire. Parfois, à la fin de leurs cours, Rogue s'était retrouvé dans une ambiance chaleureuse avec une boule de sensation serrée dans la poitrine qu'il ne pouvait expliquer de manière adéquate. C'était aussi – et c'était assez effrayant – à ces moments-là qu'il se mettait à regretter être sorti en toute hâte de l'esprit du jeune homme lorsque Potter avait lancé le maléfice à Malefoy. Il aurait voulu voir comment cela finissait.
Des trains de pensée pareils étaient de ceux qui le laissaient assis devant un feu mourant, tentant de se perdre dans une bouteille de scotch. Rogue soupira. L'alcool n'était d'aucun secours et il se faisait tard. Il était plutôt temps d'essayer de se perdre dans le sommeil.
Dans la chambre à coucher, il retira ses vêtements en veillant à les plier ou, au besoin, à les suspendre soigneusement puis entra dans la salle de bain pour effectuer ses ablutions nocturnes et récupérer sa chemise de nuit accrochée derrière la porte.
Il y avait un assez grand miroir au-dessus du lavabo – il avait été livré avec ses appartements et avait résisté à tous les sortilèges de disparition – et il essaya de l'éviter pendant qu'il se lavait le visage mais finit par céder à l'inévitable et leva les yeux. Il pouvait observer son reflet jusqu'à ses hanches et son regard fut attiré par une déchirure relativement nouvelle, une cicatrice de plus qui lui striait l'abdomen sur environ quinze centimètres.
Il parcourut la cicatrice du bout du doigt. Celle-ci était pour avoir été un vilain garçon. Il en suivit une autre, juste à gauche de son nombril. Pour s'être soumis à son père. Une brûlure sur son bras. Pour avoir laissé sa mère mourir. Une griffure profonde sur la poitrine. Pour être si laid.
Il traça, cicatrice après cicatrice, ses péchés en revue. Pour avoir été battu par des Gryffondors arrogants. Pour avoir une âme vide. Pour être tombé amoureux de MacAllister. Pour avoir pris la Marque. Pour avoir tué des gens qu'il avait connus. Pour avoir tué des inconnus. Pour le premier homme qu'il avait torturé. Pour avoir aimé ça. Pour avoir fait du mal. Pour être brisé. Pour cet endroit sur son corps où était dessinée la Magie Noire. Pour être indigne d'amour. Pour avoir promis de tuer son seul ami. Pour être un mauvais mentor. Pour avoir failli à protéger ses élèves.
Pour désirer ses élèves. Non, pas ses élèves.
Un élève.
Il ne pouvait pas continuer. Il se hâta de revêtir sa chemise de nuit, ajouta à la dernière minute "Pour être un lâche" et se glissa dans son lit. Il posa soigneusement son collier sur la table de chevet, lui donna une ultime caresse et ferma les yeux.
.
.
À suivre…
.
.
.
.
Commentaire de la traductrice :
.
Alors, pour vous, que sont ces picotements et ces chatouillis ? Est-ce que l'on ne se rapproche pas d'un couple d'Âmes Sœurs ?
.
.
