Bonjour à toutes !

Une première partie de chapitre un peu spéciale, puisque Camus et Milo n'y apparaissent carrément pas, malgré la situation alarmante dans laquelle je les avais laissés au chapitre précédent.

Au programme : armure rebelle, amitié Verseau-Scorpion sans limite, Mü le rat de bibliothèque et Saga le beau, mais triste "veuf" inconsolable.

Enjoy !


Quelle ne fut pas la surprise de Mü ce matin là en inspectant les temples pour vérifier que chaque armure était bien à sa place de constater que non seulement celle du Cancer n'avait pas tenté de fuguer pendant la nuit, mais qu'en plus une surprise l'attendait dans le onzième temple.

Mais parlons tout d'abord de la folâtre armure du Crabe aux Pinces d'Or.

Apparemment, DM avait trouvé une parade, aidé par son inséparable compagnon le poisson pas frais. En effet, Mü remarqua que ces derniers l'avaient attachée au pilier central de la quatrième maison, à l'aide de ce qui semblait être une nouvelle variété de roses. Elles étaient d'un bleue royal profond et leur tige s'étirait comme un fouet, permettant de ligoter les adversaires ou les objets efficacement, car leur queue était hérissé d'épines.

Ingénieux.

De tous, Aphrodite était celui qui avait le plus progressé depuis le retour à la vie. Il faisait preuve d'inventivité et de créativité afin d'étendre sa collection de roses, toutes plus meurtrières les unes que les autres. Et la pire n'était pas forcément celle que l'on croyait. Mü et les autres chevaliers, hormis Angelo, ignoraient l'existence de la « Love Rose », qui malgré son nom et sa fonction s'apparentait à la nouvelle arme la plus fatale du suédois.

Mü s'était arrêté pour contempler le travail d'orfèvre du Poisson sur l'armure de son ami.

« Pas mal. Je ne sais pas si ça va tenir, mais... »

« T'en fais pas ! Fro' m'a expliqué que plus l'armure essayera de fuir et déploiera son cosmos, plus les roses lui pomperont son énergie. Pas de risque qu'elle se barre ! »

« Astucieux. C'est un peu comme le principe des sables mouvants qui veut que plus une proie se débat, plus elle s'enfonce. »

« J'ai rien pigé mais ouais, si tu le dis ! »

Mü avait légèrement gloussé avant de se remettre en route, se gardant volontairement et cruellement de prévenir DM qu'il avait remarqué des fissures dans la colonne, ce qui indiquait clairement que les roses ne marchaient pas si bien que cela, puisque l'armure avait causé des dégâts... d'ailleurs, le hurlement de DM qui retentit dans tout le Sanctuaire, laissa présager que l'Atlante avait vu juste et que le pilier avait du finir par s'affaisser...

Le reste de son inspection fut routinier.

Sauf... concernant la Maison du Verseau.

Hyôga s'y trouvait avec Jabu et c'était d'ailleurs ce dernier qui s'était précipité vers Mü en l'apercevant en bas de la colline.

« Jabu ? Un souci avec l'armure du Verseau ? »

« Non... avec celle du Scorpion ! »

« Du... Scorpion ? Mais je croyais que Camus l'avait emmenée avec lui ! »

« Oui, oui c'est bien le cas mais... elle est revenu ici ! »

Mü n'en croyait pas ses oreilles et il alla donc vérifier par lui-même, tel Saint Thomas, un Jabu essoufflé collé aux basques. C'était vraiment bizarre toute cette histoire.

Au centre de la pièce principale se trouvait Hyôga, attitude froide et distante, bras croisés sur sa poitrine, imitant parfaitement le futur Saint du Verseau qu'il était.

Et à côté de lui... l'armure du Verseau, sortie de sa Box et... la Pandora Box de l'armure du Scorpion, justement. Mü s'en approcha prudemment pour vérifier que l'armure était toujours dedans et c'était bien le cas, comme en témoignait son cosmos caractéristique.

« Jabu, demande à l'armure de sortir. »

Ce dernier hôcha de la tête. Il n'était pas encore le Saint officiel à la succession de Milo, mais l'armure semblait déjà avoir compris que Jabu la porterait certainement un jour, puisqu'elle répondait à ses appels.

Mais seulement à ses appels, en fait. Jamais elle ne se posait sur lui.

Le jeune homme s'avança donc et posa sa main sur la boîte. Un faisceau lumineux en sortit et l'armure se dévoila, plus rayonnante que jamais. De l'eau s'échappa de son réceptacle et attira l'attention de Mü.

« Se pourrait-il que... »

« Pouah ! Elle sent vraiment la marée cette armure ! » Fit Jabu en s'éventant.

« Apparemment, elle a fait un séjour sous la mer pour sentir le sel et le fruit de mer à ce point. » Poursuivit Hyôga.

« Et moi qui croyais que seule celle du Cancer était un crustacé... » Ajouta le futur Scorpion en devenir.

« Silence, j'ai besoin de l'examiner. »

Mais pas sûr qu'elle se laisse faire... d'ailleurs, elle s'était posté et même collée à celle du Verseau.

« Je me demande ce qui a bien pu se passer... »

Mü la détailla sous toutes les jointures, sans remarquer de dégât particulier ou quoi que ce soit d'anormal, bien que la présence de quelques algues et l'odeur qui s'en dégageait, semblaient confirmer la théorie de Hyôga. Mü se tourna alors vers le moins blond des deux. Si l'armure du Scorpion était retournée à sa place, ça pouvait vouloir dire que...

Non, il espérait se tromper.

Mais il ne sentait plus le cosmos des deux chevaliers envoyés en mission depuis déjà deux jours...

« Jabu, peux-tu ordonner à l'armure de venir sur toi ? »

« Comment ? Mais... elle a toujours refusé jusqu'à présent... »

L'éternel rival de Seiya préférait prendre l'armure sacrée avec des pincettes. Elle s'était toujours montrée effroyablement caractérielle quand Milo n'était pas là.

« S'il te plaît, j'ai besoin de vérifier quelque chose. »

« Bon, d'accord... »

Après tout, que risquait-il à part se prendre un vent magistral venant d'un bout de ferraille ?

Mentalement, il intima à l'armure de venir sur lui et cette dernière, comme il fallait s'y attendre, ne bougea pas d'un pouce, trop occupée à conter fleurette à celle du Verseau apparemment.

« Essaie encore. » Ordonna Mü en fronçant des sourcils et en se positionnant près de Hyôga.

Jabu soupira et l'appela de nouveau.

Cette fois, elle bougea.

Et son cosmos flamboya alors qu'elle se séparait en plusieurs morceaux pour venir se poser sur Jabu, qui n'en croyait pas ses yeux. C'est avec un sourire aux lèvres qu'il l'accueillit. Enfin, elle l'acceptait ! C'était un vrai miracle !

Et si c'était le cas, alors... ça ne pouvait vouloir dire qu'une chose : il était arrivé malheur à Milo. Soit l'entité l'habitant avait pris le total contrôle de son corps et empêchait l'armure sacrée de reconnaître son maître, soit il... non, Mü se refusait à y penser.

Il ne pouvait même pas vérifier la véracité de cette hypothèse en demandant à Hyôga la même chose, puisque l'armure du Verseau l'avait depuis longtemps choisi, de même que Camus. Si elle se posait sur le blond russe, cela ne prouverait en aucun cas la mort de son ancien porteur.

Jabu, lui, jubilait. Il ne semblait pas se rendre compte de ce que cela signifiait et Mü comprenait très bien l'enthousiasme du jeune homme. Lui aussi la première fois qu'il avait revêtu la Cloth du Bélier, il s'était senti galvanisé par sa puissance. On se prenait très vite au jeu.

« T'as vu ça, Hyôga ! Ca y est ! Toi et moi, nous sommes à égalité ! »

Le blond était sceptique, sentant que quelque chose de foireux se tramait. Pas qu'il remette en doute la capacité de Jabu à porter l'armure du Scorpion dans un futur proche (quoi que...), mais là, quelque chose le dérangeait. C'était trop tôt, tout simplement.

Et son intuition lui donna raison comme brusquement l'armure s'agita, se mettant à trembler dangereusement. Son cosmos devint hors de contrôle alors que Jabu se mettait à paniquer.

« Que lui arrive t-il ? Bon sang ! J'étouffe ! »

Il essaya de l'ôter, en vain. Cette dernière restait collée à lui comme une moule à son rocher. Mü essaya d'intervenir de même que Hyôga, mais l'armure envoyait des décharges d'énergie dorée qui les empêchaient d'approcher.

« Mü ! Il faut faire quelque chose ! Elle va tuer Jabu ! » Cria le disciple de Camus.

En effet, l'armure se resserrait de plus en plus autour de sa proie, sous le regard impuissant de ses deux compagnons d'arme. Jamais Mü n'avait vu cela. Normalement, une armure qui n'accepte pas son porteur se contente de s'éjecter de son corps.

« Je vais chercher Shion ! »

Il avait plus d'expérience que lui en matière d'armures folles. Mais alors qu'il s'apprêtait à sortir, l'Atlante fut stoppé dans son élan par l'énergie dégagée par l'armure du Verseau. Cette dernière lança un rayon de lumière en direction de sa consoeur. Jabu hurla de douleur, mais heureusement, l'armure du Scorpion desserra sa prise mortelle et envoya le chevalier de la Licorne faire un vol plané de toute beauté, pour venir s'écraser contre l'un des murs du dôme.

Hyôga couru s'assurer de l'état de son rival.

« Jabu ! Ca va ? »

« Je ne m'attendais pas à un baptême de l'air, mais... globalement... ça peut aller. »

Il se frotta le dos et les épaules en grimaçant. Hyôga l'aida à se relever, un sourire doux sur le visage. Bon, bien qu'il refuse de l'admettre de vive voix, il avait vraiment eu peur pour le téméraire bronze.

« Mais je me demande ce qui lui a pris... »

Les deux adolescents se tournèrent vers la fautive qui s'était calmée immédiatement et replacée près de sa compagne du Verseau, sagement. Mü était agenouillé près d'elles, ne comprenant plus rien.

« Je suis complètement dépassé. Apparemment, l'armure du Scorpion t'avait accepté, mais je crois que c'était plutôt un piège qu'elle nous a tendus. Heureusement que l'armure de Camus est intervenue, sinon tu étais mort mon pauvre Jabu. Je n'aurai pas du te demander de la porter malgré les risques évidents que cela comportait, je te demande pardon pour ma négligence. »

« Tu ne pouvais pas savoir Mü, t'es pas responsable et puis, ces foutues armures sont vraiment mystérieuses, y a encore plein de trucs qu'on ignore à leur sujet. »

« J'avais jamais vu une chose pareil non plus. Personne ne pouvait le prévoir. » Affirma Hyoga en posant une main sur l'épaule du valeureux Bélier.

« Il faut que j'en parle à Shion. Il y a peut-être eu des antécédents ou peut-être qu'il sait quelque chose sur ce disfonctionnement. En tous cas, ne la touchez pas ou ne faites rien qui serait susceptible de vous attirer sa colère pendant mon absence. »

« Bah de toutes façons... on va la laisser tranquille ici avec l'armure du Verseau. »

Mü tilta sous les paroles de Jabu. Effectivement, l'armure du Scorpion avait choisi de son propre chef de se réfugier ici, auprès de sa compagne du Verseau. Et c'était cette dernière qui avait secouru Jabu en raisonnant de manière un peu musclée l'armure rebelle après quoi l'armure de Milo était venue se postée près de celle de Camus. Jamais Mü n'avait rien vu de semblable. Il savait les armures animées d'une volonté propre, mais ça dépassait tout ce qu'il avait déjà entendu jusqu'à maintenant. Normalement, l'armure de Milo n'aurait jamais du retourner par ses propres moyens au Sanctuaire et si elle l'avait fait malgré tout, elle aurait dû choisir pour destination sa maison d'origine et non celle du Verseau !

« N'empêche que... toute cette histoire veut quand même sûrement dire que Milo est encore en vie, si l'armure n'a pas choisi de nouveau maître. »

Oui, Hyôga marquait un point. LE bon point de toute cette histoire abracadabrantesque. C'était presque rassurant même si Mü aurait préféré que l'armure du Scorpion le révèle autrement qu'en se montrant violente à l'égard de son futur porteur. Bien qu'elle avait toujours eu l'habitude se montrer facétieuse avec Jabu, jamais encore elle n'avait été aussi rude envers le jeune homme.

Sans plus attendre, Mü était sorti rejoindre Shion dans le Palais du Pope. Ce dernier possédait bien des connaissances au sujet des Cloth du fait de son statut de Pope et également de réparateur d'armures de longue date, alors que Mü était un débutant à côté.

Le doyen des Atlantes était présent dans la salle du trône. En l'absence de Saori, c'était lui qui régissait le Sanctuaire, parfois épaulé par Saga. Il faut dire qu'il était assez occupé dernièrement avec la trahison de Milo et le recrutement de nouveaux apprentis dont il fallait assurer la formation. Pourtant, ce fut au beau milieu d'un paisible moment de détente que Mü le trouva. Shion était assis avec Kiki sur ses genoux et il lui lisait une histoire. Jamais de sa vie Mü n'avait vu ce petit diablotin qui lui servait de disciple se tenir aussi sage. Sauf peut-être en présence de Shiryu. En tous cas, cette scène reposant fit sourire Mü qui hésita un moment à venir les déranger, mais Shion nota sa présence et l'invita à approcher. Il ne portait pas son masque. Il ne le portait plus que lors des exhibitions et des rencontres avec les futures recrues pour se donner un air plus mystérieux et impressionnant. De plus, figurant parmi les derniers de leur race, Shion se devait de conserver une certaine discrétion, au risque d'attirer de malsaines convoitises, alors ses apparitions publiques se faisaient toujours sous couvert de ce masque dont la couleur avait changé du rouge au doré. Athéna le trouvait moins effrayant ainsi et plus noble, surtout. A l'image de son porteur.

« Mü, approche, je t'en prie. »

« Kiki, tu peux nous laisser, s'il te plaît ? Je dois parler à mon maître en privé. »

« Mais je ne suis plus ton maître, Mü. »

Il souriait si délicatement... et de voir Kiki se balancer sur les genoux de Shion lui rappela bien des souvenirs heureux partagés avec l'ami de Dohko. Le rouquin descendit sans broncher et salua Shion avec plein d'entrain, promettant de revenir le voir ensuite pour lui tenir compagnie.

« C'est un bon petit... »

« Oui, un peu remuant, mais il a bon fond. »

« Il ne te ressemble pas du tout au même âge. Tu étais toujours si calme, si doux. Ca a vraiment été facile de t'entraîner car tu étais très obéissant et tu voulais toujours bien faire. »

« J'avais un maître bon et dévoué, c'est sans doute pour cela. »

« Que puis-je pour toi, Saint Aries ? »

« Ce n'est pas en tant que Chevalier d'Or que je viens vous faire une requête, mais en tant que Réparateur. »

Cela surpris Shion.

« Une armure s'est abîmée lors d'un entraînement ? »

« Non c'est... l'armure du Scorpion, elle est revenue. »

« Oui, je l'ai sentie... »

« Et elle se trouve dans le Temple du Verseau. Elle ne veut pas en bouger et elle a attaqué Jabu. »

« Je vois... Je savais que cette armure avait un problème depuis qu'elle a refusé que Milo la porte. Mais ça a sûrement un lien avec « l'accident », je suppose. »

« Sans doute, mais ça n'explique pas pourquoi elle est de retour et pourquoi elle a fait du mal au futur Saint du Scorpion. Ni pourquoi elle insiste pour rester avec la Cloth du Verseau. D'ailleurs, si l'armure de Camus n'était pas intervenue, Jabu serait certainement mort. »

« Intervenue ? Comment cela ? »

« Elle a envoyé un rayon de cosmos sur celle de Milo et ça l'a fait lâcher prise, heureusement. »

Shion resta pensif un instant.

« Désolé, mais je crains de ne pouvoir t'aider à ce sujet. Il faudrait que tu consultes les Archives Sacrées. »

« Les Archives Sacrées ? Alors, elles existent vraiment ? »

« L'entrée se trouve sous la Statue d'Athéna et les galeries descendent à plusieurs mètres de profondeur sous le sol. Elles s'étendent sous tout le Sanctuaire, partant du Palais et allant jusqu'au Temple du Bélier. »

« Je vais mettre des jours à m'y retrouver... j'espère que c'est bien classé, au moins. »

« Ca m'étonnerait. Je n'y suis jamais allé personnellement et j'ignore à quand remonte la dernière visite en ces lieux, mais apprête-toi à voir les plus grosses toiles d'araignées de ta vie ! »

« Heureusement que je ne suis pas allergique à la poussière. » Sourit l'Atlante aux cheveux couleur lavande.

« Et pas arachnophobe. D'ailleurs, si tu croises le Chevalier de la Mygale, passe-lui le bonjour de ma part. »

Ils échangèrent un léger rire et Mü salua son ancien maître, prenant congés. Il avait intérêt à s'y mettre tout suite, armé d'une lampe de poche et d'une centaine d'aspirateurs s'il voulait avoir fini avant le prochaine Guerre Sainte...

Après être allé se ravitailler à son temple avec tout ce qu'il jugea utile de posséder pour mener à bien son exploration, lampe en mains, corde sur les épaules, bloc notes attaché à la ceintures et une bonne dose de courage, Mü se décida à aller soulever la trappe qu'il avait déjà remarquée derrière la statue d'Athéna qui surplombait le Sanctuaire, sans jamais se soucier de ce dont il s'agissait réellement.

Il avait en effet toujours pensé qu'il s'agissait d'une trappe d'entretien ou peut-être qu'elle donnait sur une issue de secours pour fuir le Sanctuaire en cas d'attaque surprise. La porte se montra un peu récalcitrante mais c'était normal, puisqu'elle n'avait pas été ouverte depuis longtemps. L'odeur qui s'échappa du souterrain était vraiment nauséabonde. Ca sentait le renfermé, l'humidité, la poussière et Mü se demanda un moment comment il allait pouvoir respirer là-dessous. Il soupira et prit une bonne bouffée d'air frais avant de s'engouffrer dans le long boyau peu accueillant. Comme prévu, il faisait très sombre à l'intérieur, mais impossible de se perdre comme il n'y avait qu'un seul chemin possible. C'était déjà ça. Il n'aurait pas de mal à rebrousser chemin si cela devenait trop critique.

Il descendait depuis un petit moment maintenant déjà, ayant perdu la notion du temps. Jamais il n'en verrait le bout ? Il faut dire qu'il n'avait pas encore croisé l'ombre d'un document perdu pour le moment et il commençait à perdre un peu patience. Plus il avançait, plus il faisait noir et plus la pente était raide. L'air était froid, chargé d'humidité et Mü craignait de retrouver les livres dans un état lamentable qui les rendrait illisibles.

Heureusement pour le Bélier, le calvaire prenait fin comme il se trouva face à une lourde porte de bois gonflée par l'eau. Il la poussa et elle s'ouvrit sans résister en grinçant sinistrement, donnant sur une immense salle ressemblant traits pour traits à une bibliothèque. L'Atlante laissa échapper un soupir de soulagement, au moins il y avait des étagères de rangement. Bon, restait plus qu'à fouiller un peu et espérer trouver vite le bon bouquins parmi tout ce foutoir. Il y avait même des piles de feuilles par terre, écrites en toutes les langues possibles et imaginables, même mortes depuis des bilions d'années.

La salle donnait vraiment le tournis. Il y avait des centaines d'étagères et on n'en voyait pas le bout. Sans compter que tout se ressemblait alors se perdre entre les rayons semblait très probable. Il fallait faire preuve de méthode et de discernement, mais Mü en avait mal à la tête rien que d'y penser ! Il en avait pour des siècles et il n'avait rien prévu à manger... il aurait peut-être du prévenir Kiki de lancer un avis de recherches s'il ne revenait pas à la nuit tombée... enfin, de toutes façons, impossible de savoir quelle heure il était ici tant la pièce était vaste et coupée du monde extérieur. Ce silence de mort qui régnait faisait vraiment peur et rappelait à Mü la mort.

L'Hadès.

Le vide.

Le néant.

Un frisson parcourut son échine.

Il décida de se mettre immédiatement au travail pour ne pas laisser l'ampleur de la tâche et l'ambiance mortelle de l'endroit lui détruire le moral. Ses amis avaient besoin de lui ! N'empêche qu'il trouvait ça un peu cruel de la part de Shion de l'avoir laissé partir seul connaissant pertinemment l'immensité de l'endroit. Il aurait du ordonner qu'une délégation l'accompagne pour l'aider. Oui, mais en fait non... il fallait de solides références linguistiques pour déchiffrer certains dialectes écrits dans un patois local disparu depuis des siècles et le premier venu en serait incapable.

Mü décida donc se s'installer là et de prendre le premier feuillet lui tombant sous la main. Il fallait faire attention, car la plupart des documents étaient très anciens et abîmés, s'effritant entre ses doigts fins. Il passa des heures à éplucher minutieusement la première pile posée près de lui et à essayer d'y remettre de l'ordre, car les pages étaient mélangées ce qui ne facilitait pas sa tâche. Si bien que... le malheureux Bélier se maudit lorsque les piles de sa lampe le lâchèrent. Pourquoi n'avait-il pas pensé à prendre des rechanges ?

Il était à présent enterré et dans le noir. Quelle chance ! Doucement, il fit flamboyer son cosmos pour signaler la présence et se faire un peu de lumière, mais il ne devait pas forcer sous peine s'épuiser et ne plus jamais pouvoir sortir d'ici. Pourtant, faire demi-tour ne lui effleura même pas l'esprit, il DEVAIT trouver avant et s'il se débinait à la première difficulté, c'est qu'il n'était pas digne de la confiance de ses compagnons. Il fallait continuer...

« Tu vas t'user les yeux à force de rester dans le noir. »

Une voix s'était élevée derrière lui et Mü n'avait rien senti venir. Bon sang, ses réflexes s'étaient amoindris depuis leur résurrection... et quelle ne fut pas sa surprise de découvrir le chevalier auquel il s'attendait le moins ! Saga ! Pourtant, cette voix belle et profonde ne pouvait être que la sienne et Mü se réjouit de constater la présence de son aîné. Il se précipita pour l'accueillir.

« Qu'est-ce que tu fais là ? »

« J'ai vu de la lumière alors je suis entré. »

Saga qui faisait de l'humour ? HORRIBLEMENT BIZARRE, mais Mü n'en tint pas compte et il gloussa légèrement, trop content de cette compagnie imprévue.

« Je suis venu voir si tu avais besoin d'aide... Shion m'a prévenu que tu étais ici à cause de l'armure de Milo qui a fait des siennes. Regarde, je t'ai même amené une lanterne pour y voir plus clair, c'est plus fiable que tous ces trucs modernes... »

« Oui... Merci, Saga, c'est donc mon maître qui t'envoie ? »

« Pas vraiment. J'ai décidé de venir ici de mon propre chef, je me suis dit que je pourrai t'aider. »

« Oh mais avec plaisir Saga ! Il y a une telle somme de travail ici que je ne sais par où commencer ! Mais à deux, ce sera plus facile ! »

Mü jubilait, trop content de pouvoir compter sur quelqu'un pour lui mâcher le travail et le soutenir psychologiquement dans son entreprise. Et puis, Saga n'était pas n'importe qui. C'était un chevalier très cultivé et connu pour son sérieux alors le Bélier n'aurait pu rêver meilleur comparse.

Mais l'ancien Gémeaux semblait préoccupé et affichait grise mise...

« Quelque chose ne va pas, Saga ? » S'inquiéta le doux mouton.

« Je peux rester t'aider, tu es sûr ? »

« Mais oui enfin, pourquoi ? »

« Parce que... je suis un traître... »

« Oh non tu ne vas pas recommencer avec cette histoire ? C'est le passé, Saga ! C'est terminé ! Nous savons tous que ce n'était pas ta faute, que ce n'était pas toi ! Même Aioros l'a compris et il t'a donné son pardon... il temps pour toi de tourner la page. »

« J'aimerai tellement mais... je ne m'en sens pas capable. Vous m'avez peut-être tous pardonné, mais moi, je ne me le pardonnerai jamais Je me sens si inutile, Mü... j'aurai mieux fait de rester là-bas, avec Aioros... C'est ma vraie place. »

« Ne dis pas ça... » Murmura Mü, blessé.

L'Altante posa sa main sur le bras de son frère d'arme et il le regarda avec compassion. Saga n'était pas homme à se plaindre, mais depuis leur retour, tout le monde voyait qu'il était mal. L'état du bras droit du Pope n'était un secret pour personne, tous les chevaliers avaient été secoués, mais Saga avait tout perdu, lui. Sa place, son frère, son titre, son amour, sa vie.

« C'est la vérité. Personne n'a besoin de moi... Kanon est le nouveau chevalier des Gémeaux, j'ai été destitué. »

« C'est faux, c'est toi qui as renoncé à l'armure à son profit. Jamais on ne t'a renvoyé de ta fonction. »

« Peut-être, mais je continue à penser que Kanon mérite plus cette armure que moi. »

« Et c'est un choix que nous respectons tous, mais ne va jamais croire que nous avons souhaité t'évincer. Après tout, tu es le bras droit du Pope et tu lui succéderas certainement. Pour de bon et officiellement cette fois. » Tenta t-il de le rassurer.

« Ca ne m'intéresse pas, Mü. Et Shion n'a pas réellement besoin de moi, Dohko lui porte déjà très bien conseils. Si seulement je pouvais me rendre utile... j'avais pensé veiller sur la Maison du Sagittaire en l'absence de Seiya, mais l'armure, elle... »

Mü se releva alors brusquement, paniqué.

« Oh bon sang, je l'avais oublié celle-là aussi ! »

Saga s'était réveillé quelques jours après la résurrection et le retour au Sanctuaire de Camus et Aiolia, les deux premiers chevaliers arrivés là. Bien qu'on pouvait lui envier le fait d'être directement réapparu ici, Saga n'avait pas eu de chance. En effet, le destin semblait s'acharner sur lui en jouant avec ses nerfs puisqu'il l'avait fait renaître dans le neuvième temple, celui d'Aioros, qu'il avait fait assassiner sauvagement à l'époque où le Gémeaux était possédé.

Pauvre Saga, jamais il n'avait eu de chance et comme si cette situation hautement symbolique et inconfortable ne suffisait pas, l'Armure du Sagittaire avait décidé de lancer une véritable vendetta contre le malheureux. Dès qu'elle sentait le cosmos de Saga proche d'elle, elle entrait dans une fureur inqualifiable. Ce jour-là, Saga avait failli repartir aussi sec pour le monde des morts si Camus n'était pas intervenu pour l'arracher à la folie de la Cloth d'or.

« Je suis désolé, j'ai négligé ce problème. Mais je vais réparer cela et en profiter pour enquêter là-dessus puisque nous sommes ici. »

« Mü... tu ne m'en veux pas ? »

« De quoi, Saga ? »

« J'ai tué ton précieux maître tout de même et tu as du fuir le Sanctuaire comme un malfrat alors que tu étais innocent... j'aurai très bien pu te tuer, aussi. »

« Arrête de te faire du mal. Comme je te l'ai dit, c'est le passé et ce n'était pas toi. Le seul responsable, c'était Arès et il n'est plus à présent. Ce serait stupide de te faire endosser toute la responsabilité de ses actes, alors que tu es celui qui en a le plus souffert. »

Il lui adressa un faible sourire et lui prit la main cette fois, la serrant dans la sienne, plus petite. Il avait toujours eu une affection particulière pour Saga. Petits, tous les chevaliers d'or avaient eu un coup de foudre passager ou non pour Aioros ou pour Saga qui étaient des modèles pour eux. Les deux chevaliers plus âgés s'étaient impliqués dans leur éducation et chaque chevalier d'or de la génération suivante s'était entiché de l'un d'eux. Pour Mü, c'était Saga.

Ca avait toujours été Saga.

Jamais le doux Bélier n'était parvenu à lui en vouloir et ça lui brisait le coeur de voir Saga souffrir comme ça, sans pouvoir faire quelque chose pour soulager sa peine.

« Ecoute... on ne va pas se laisser dicter notre conduite par un bout de métal un peu têtu, non ? »

« C'est plus qu'un bout de métal et tu le sais. » Le coupa le chevalier déprimé.

« Quand bien même. Aioros t'as pardonné, lui. Elle doit le faire elle aussi et respecter sa volonté. »

« C'est évident que le problème vient de ce que j'ai fait subir à son porteur, alors je la comprends tu sais. La différence entre l'armure du Scorpion et l'armure du Sagittaire dans leur rébellion, c'est que la Cloth d'Aioros a toutes les raisons de m'en vouloir et que sa haine envers moi est totalement justifiée et motivée par son désir de vengeance. Il ne s'agit pas d'une anomalie de fonctionnement, comme c'est sûrement le cas pour celle de Milo. L'armure du Sagittaire ne fait juste qu'exprimer sa rancœur envers moi et elle en a parfaitement le droit. »

« Je n'en sais rien, Saga. C'est trop facile. J'aurai du m'occuper de ce souci en priorité, mais je me suis laissé déborder par les évènements. La reconstruction du Sanctuaire, la réparation des Armures et le recrutement de nouveaux disciples. Excuse-moi pour t'avoir négligé. Je te promets de faire le nécessaire pour trouver une solution. »

« Ca ira Mü. Je m'en sortirai... après tout, même si je pense que je ne mérite pas de vivre, Athéna et Aioros semblent estimer que ma place est parmi vous et je ne souhaite pas les décevoir. Alors je vais juste me contenter de rester à bonne distance de cette satanée armure et aller de l'avant, en espérant qu'elle finisse par entendre raison. »

« Je préfère t'entendre parler comme ça. »

Nouveau sourire sucré.

Qui trouva une réponse semblable chez son aîné, cette fois. Et quand Saga souriait comme ça, si chaleureusement, Mü se sentait prêt à déplacer des montagnes...

...fussent-elles en papier !

D'ordinaire, le plus âgé des jumeaux ne souriait pas ou alors de cette manière si triste et mélancolique que cela vous prenait aux tripes. Ici, plus personne ne lui en voulait. Comment lui en vouloir ? Il fallait n'avoir aucun coeur pour cela ! Sa réintégration s'était faite plus vite et plus naturellement que Kanon que peu avaient connu, alors que Saga étai l'idole de toute une génération. Qui plus est, le beau Grec était un coeur à prendre... puisque sa tendre moitié avait préféré l'abandonner dans cette nouvelle aventure. Mü rougit soudainement rien que d'y penser, il avait un peu honte. C'est vrai Saga était attirant, irrésistible avec son air angélique et blessé, mais ce n'était pas une raison pour en profiter. Saga était à Aioros, comment pouvait-on penser à détourner ceux deux âmes soeurs l'une de l'autre ? Mais d'un autre côté, la décision d'Aioros avait été d'un égoïsme lui ôtant tout droit sur Saga. Mü ne comprenait même pas que ce dernier continue d'être épris aussi profondément de l'ancien Sagittaire, qui l'avait délaissé et depuis, Saga semblait errer sans but ici. Kanon s'était rapidement adapté à ses nouveaux compagnons alors que Saga s'isolait, se refermant chaque jour un peu plus. Alors Mü était content que le merveilleux ancien Pope ait décidé de venir lui offrir son aide, sa présence rassurante.

En parlant de présence rassurante, d'ailleurs...

Mü reprit ses recherches après ce bref instant de camaraderie. Il décida de fouiller les rayons avec Saga, peut-être y trouveraient-ils une indication qui les orienterait ? Mais c'est bien connu, à force de fouiner on fait des découvertes pas toujours très heureuses...

Comme ce squelette que Mü trouva au détour d'une rangée de livres. Il ne s'y attendait pas alors il avait hurlé comme une fillette et par réflexe, il avait sauté dans les bras du Gémeaux qui l'avait attrapé comme une mariée. Les bras autour du cou de Saga, recroquevillé contre lui, Mü tremblait légèrement.

« Bon sang Saga ! C'est quoi cette blague ! Et d'abord, qui c'est ? »

Le Grec lui adressa un léger sourire amusé. Mü avait toujours été très sensible et même quand il était petit, il se réfugiait souvent sous sa toge quand il avait peur de quelque chose. Ca lui rappela d'heureux souvenirs... le bel Atlante avait toujours été son chouchou avec Milo et Camus. Prudemment, il reposa sa promise et alla inspecter le cadavre couvert de toiles d'araignées.

« Ca fait des siècles qu'il est là, apparemment et aucun moyen de connaître son identité, je ne sens plus l'ombre d'un cosmos en lui. Ce n'était peut-être même pas un chevalier. »

« Mais qui ça peut bien être alors ? »

« Sûrement le... bibliothécaire ? » Hasarda Saga.

« Logique. Il y avait sûrement quelqu'un ici pour s'occuper de tout ça, sinon, ce serait encore plus en bordel et rien que d'y penser, ça me file la migraine du millénaire ! »

« Remercions-le alors. »

« Pauvre homme. C'est étrange que personne n'ait remarqué sa disparition... »

« Il ne devait pas avoir la chance d'avoir un aussi bon ami que toi, Mü... » Souffla Saga en lui souriant.

« Que... que veux-tu dire ? » Rougit furieusement le Bélier.

« Juste que... je sais que tu n'es pas seulement là pour étendre ta culture de Réparateur, mais surtout pour aider Milo et Camus. »

« C'est tout ce que je peux faire pour eux... ils sont loin, peut-être en danger, alors je refuse de me tourner les pouces. C'est ma façon à moi de montrer que je suis avec eux, dans leur coeur, quoi qu'il arrive. »

Le Grec s'avança alors du jeune homme et il lui caressa amoureusement la joue.

« Toujours aussi tendre et bon, Mü... »

Le coeur de l'Atlante rata un battement et il eut un mouvement de recul salutaire, puisqu'il se cogna à une étagère, ce qui fit tomber quelques livres qui, en s'écrasant bruyamment au sol, coupèrent l'élan séducteur de Saga.

Mü soupira de soulagement. Il ç'en était fallu d'un rien cette fois et même s'il était attiré réciproquement par Saga, cela ne lui donnait pas le droit de profiter de la faiblesse dans laquelle le Gémeaux se complaisait depuis son retour sur Terre. Mieux valait rester concentrer et ne pas se laisser détourner de sa tâche.

La vie de Milo et de Camus en dépendait...

D'ailleurs, en parlant des loups, on en voit la queue.

Le Verseau se redressa, toujours prit au piège et il posa la tête d'Adonis sur ses genoux, écartant quelques mèches de son visage endormi. Il ne voyait que Milo en ces instants là... Ils avaient le même air paisible quand ils dormaient...

Après s'être laissé légèrement attendrir, il tourna son visage marqué par une furibonde colère vers les responsable de l'état de son ami.

« Mais pour quelle raison avoir fait cela ? »

« Nous avons caché des somnifères dans la nourriture hier au banquet. Si seulement tu en avais mangé toi aussi... »

Camus soupira. Une fois de plus, sa méfiance l'avait sauvé d'une délicate situation, mais on ne pouvait malheureusement pas en dire autant de Milo. Tout ce que le Verseau espérait à présent, c'était que ce soit Milo qu'il retrouve au réveil, comme la dernière fois et non cette tête à claques d'Adonis !

« Pourquoi...? »

« C'est très simple. Notre village a été déserté par les hommes car d'après la légende, seul un couple peut nous sauver... »

« Comme dans la chanson... » Se rappela le Verseau.

« Oui, mais il s'agit d'un mensonge. En réalité, chaque été, un couple est sacrifié à la bête. Pour éviter cela et minimiser les risques de formation de couples, les hommes ont décidé de partir d'ici. »

« Sacrifié ? La bête ? »

« Savez-vous où nous sommes ? »

« Non... »

« Dans les environs du marécage de Lerne... Un monstre amateur de chair y vit et dévore notre bétail, ainsi que nos récoltes. Chaque année pour le calmer, nous lui offrons donc un couple en sacrifice pour qu'il nous laisse tranquilles. »

Ce que la jeune femme qui se tenait droite comme un « i » lui avoua laissa Camus profondément choqué. Attendez une seconde, elles n'espéraient tout de même pas...?

« …alors imaginez notre peur en vous voyant débarquer. Deux étrangers, deux mâles. Si l'une d'entre nous tombait amoureuse de vous, c'était la mort sacrificielle assurée ! Mais heureusement, vous étiez déjà un couple. Bon, l'Hydre n'a encore jamais eu de couple du même sexe à manger, mais je suis sûre qu'elle ne fera pas la fine bouche. C'est la providence qui vous envoie ! En plus, vous êtes chevaliers, alors aidez-nous, allez lui arracher la tête une bonne fois pour toutes ! Pour que ce cercle vicieux cesse ! »

« L'Hydre ? »

Camus sursauta légèrement sous le coup de cette révélation. Il avait toujours cru que c'était une légende sans fondement, mais après tout, ils avaient bien vu des sirènes alors finalement, servir de buffet à volonté à l'Hydre de Lerne, ils n'étaient plus à ça près...

Mais le manque de clarté des filles et leurs manigances donnaient envie à Camus de les abandonner à leur triste sort. Sauf qu'il ne pouvait pas faire cela. Tout d'abord, c'était indigne d'un chevalier d'Athéna et maintenant qu'Adonis avait crâché le morceau, mieux valait agir en tant que tel et faire honneur à la déesse. Ensuite, elles avaient drogué Milo et pouvaient donc l'emmener de force et le jeter à la bête sans le moindre état d'âme. Celui-ci ne se défendrait pas et allait faire un appât de premier ordre et inoffensif pour le monstre. Camus ne pouvait se résoudre à l'abandonner, bien évidemment. A deux, ils avaient plus de chance de parvenir à défaire le dragon. Il caressa le front de son bel endormi, l'air contrarié. Milo gigota un peu sous le toucher de velours.

« Cam' laisse-moi dodo encore un peu. Pô envie d'aller m'entraîner... »

Le Verseau soupira et se tourna vers les filles.

« D'accord... nous allons vous aider... »

Avaient-ils le choix ?


L'Hydre ? Et oui, après les Sirènes, une autre créature mythologique. Je pense que ce ne sera pas la dernière référence à la Grèce antique que je ferai d'ailleurs. Comment vont-ils pouvoir la battre sans armure et sans finir en casse-croûte ? Je vous laisse méditer là-dessus (cruellement) en attendant la seconde partie du chapitre. Mwahahaha.