Et voilà le chapitre 9

lui aussi plus court, mais en gros le 8 et le 9 sont ensemble, donc ça passe.... non?

à toute dans les reviews et bonne lecture

ps: si vous ne laissez pas de reviews en anonyme, je me ferais un plaisir de vous répondre...

POV EDWARD

C'était un jour comme tous les autres. J'avais emmené mes frères et soeurs au lycée en perspective d'une journée monotone et mortellement ennuyeuse en cours. En ce moment, mes seuls moments intéressants étaient mes rencontres avec cette humaine. Bella. Elle avait changé ma vie, la rendant plus animée, plus vivante. Et quelle casse-tête, impossible de lire en elle, et quelle tentation, son sang a une telle odeur enivrante, sucrée et captivante. Depuis quelques semaines, elle faisait partie de ma vie. J'allais au lycée dans l'expectative de la voir vivre, de la voir rire, de la voir me sourire. Elle était belle, drôle, complexe et intelligente. Trop intelligente en fait. Elle avait deviné notre nature à moi et à ma famille. Et elle n'avait pas peur cette idiote. Aucune crainte, plutôt de la fascination et une extrême confiance. A-t-on déjà vu un humain si dépourvu d'instinct de survie? Bella enjouait mes journées, elle réchauffait ce coeur glacé, mort, elle m'étonnait chaque jour un peu plus. Et elle me torturait, elle m'accablait de sentiments contraires, elle me minait un peu plus chaque jour. C'était ma douce torture. C'était la nouveauté.

Ce jour là, je n'avais aucune envie d'aller au lycée. Bella était alitée. Je resterai seule toute la journée avec ma froideur de vampire.

Je descendis de la voiture suivis de mes frères et soeurs et écoutai d'une oreille distraite la conversation tournant autour de base ball pour les garçons et de mode pour les filles. Et ils se disaient vampires. Et c'est là qu'on sentit, en même temps, cette odeur particulière, qui se dénotait de celles des humains. C'était à peine croyable. Un vampire. Ici. A Forks. On se retourna comme un seul homme et nous la vîmes immédiatement. Ce n'était pas compliqué non plus, elle se démarquait violemment des autres. De taille moyenne, habillée avec soin, cheveux blonds et rigidité dans sa position. Trop rigide pour une humaine, trop pâle pour une humaine, trop belle pour une humaine. Ses yeux étaients dorés mais bien moins que les nôtres: une nouvelle végétarienne. Pour l'instant, elle était figée dans une position de défense en plein milieu du parking à nous observer. Amie ou ennemie? Elle devait se poser la même question. Autant vérifier ses intentions. Je n'avais même plus à me concentrer pour utiliser mon don et le laissai rejoindre la vampire. Mais je n'y arrivais, je ne pouvais pas entrer dans son esprit. Je me tendis immédiatement et en fis part aux autres. Je la vis se redresser et se diriger vers nous d'une démarche gracieuse et légère. Si jamais un doute subsistait, à présent nous en étions sûr: elle était bien comme nous. Et elle était magnifique. Elle s'arrêta à quelques mètres de nous et se présenta:

"Bonjour, je suis Sélène. J'ignorai que je rencontrerai d'autres membres à Forks."

Sa voix était douce et chaleureuse, mais elle n'était pas naturelle, elle jouait la séduction. Et ce gros crétin d'Emmet marcha, il courra même. Il s'avança vers elle, et il lui fit même peur cette grosse brute.

"Moi c'est Emmet Cullen. Ravi de te rencontrer."

Elle lui fit un petit sourire, attendant une réaction de notre part. Mais Jasper était trop stratège pour parler avec un nouveau venu sans même l'avoir observé un minimum, Alice lui aurait sûrement sauté dans les bras si notre militaire du groupe ne lui avait pas tenu la main si fermement. Quand à Rosalie, elle était jalouse. Comment Emmet osait-il? Et moi.... Et bien moi, j'étais trop pertubé. En un siècle aucun souci, et là en trois mois deux personnes résistaient à mon pouvoir. Ca commençait à faire beaucoup là. Elle sortit une excuse bateau pour pouvoir partir le plus vite possible. Elle ne devenait pas non plus se sentir à l'aise non plus face à nous, et surtout face à notre silence.

Ouah plutôt jolie celle-là, et quelle paire de fesses!

Emmet dans toute sa splendeur. Heureusement que c'était moi le télépathe et pas Rosalie sinon il s'en prendrait une. Mais si Rosalie ne pouvait pas lire dans les pensées, elle n'en était pas moins observatrice et mon frère se prit une claque sur la tête. Elle partit, furibarde, en direction de son casier suivi de son mari tout penaud criant son amour et ses excuses.

Alice et Jasper, toujours aussi fusionnel, les suivirent. Et encore une fois, je me retrouvai seul. C'était ma vie: la solitude. N'est-ce pas ironique? Je connaissais la moindre pensée, le moindre des sentiments des personnes mais j'étais solitaire. L'ironie du sort j'imagine. Peut-être est-ce aussi pour cela que Bella m'attirait autant? Parce que je ne pouvais pas prévoir la moindre de ses réactions, parce que je ne connaissais pas ses pensées.

Ce midi là, nous allâmes à notre habitude au self. C'était une torture pour Jasper qui, telle un éponge, s'imprégnait de tous les sentiments. Et c'était comme si la cantine exacerbait toutes les frustrations, les colères, les envies des lycéens. A peine entré, il se tendait comme la corde d'un arc et ne desserrait presque pas les dents du déjeuner. Alice se tenait tout proche de lui afin de lui insufler un peu d'amour et de bonheur de vivre. Je remarquai tout de suite l'absence de Sélène. Pourquoi? Le self était obligatoire pour une couverture parfaite, et le moindre soupçon pourrait être fatal pour nous. Etait-elle stupide, ou le faisait-elle exprès? Je détestais le changement. Et comme d'habitude, mes frères et soeurs ne se doutaient de rien, ils n'y pensaient même pas. Pourquoi était-ce toujours à moi d'être le plus mature? Ils étaient toujours dans leur petite bulle de bonheur. Même Carlisle et Esmée. Je me levai de ma chaise et sortis du bâtiment. Depuis le temps j'avais pris l'habitude d'écarter les pensées de toutes les ados en mal d'amour ou en manque de sexe. Ce que j'entendais parfois pouvait choquer le pire des routiers. Fais abstraction. Surtout fais abstraction. Les humains étaient tellement prévisibles que ça en devenait lassant. Avant même de les entendre, je connaissais déjà leurs pensées. Une fois dehors, je humai l'air et reconnus l'odeur de la vampire, odeur qui menait droit vers la forêt. A l'abri des regards grâce aux arbres, je courus à ma vitesse normale. Sélène s'était dirigée vers le haut de la montagne. Sa trace était fraîche et facile à suivre. Et je en tardais pas à la retrouver. Elle était là, allongée dans l'herbe, profitant de tout son saoul du soleil, les yeux clos. Elle brillait de milles feux. Elle était magnifique, ses cheveux se répandaient épars autour d'elle, comme un halo. Elle surpassait Rosalie haut la main.

Ce n'était pas prévu dans le programme. C'était censé être une simple course entre vampires, une course un peu brutale, mais un jeu, juste une jeu pour sé défouler et s'évaluer, en tout cas de ma part. Elle courrait vite, et bien. Elle se mouvait avec grâce et précision. C'était une traqueuse née, et elle pouvait se révéler dangereuse. Mais pour l'instant je la sentais plus comme une gamine à qui on propose une partie de loup, elle prit un malin plaisir d'ailleurs à m'enfoncer la tête dans le sol. Et on déboula dans le parc du lycée, et je me jetai contre elle histoire de n pas perdre totalement la face. Et j'avais été inconscient, je n'avais pas pensé aux conséquences, trop sûr de moi, de mon don. Mais j'avais oublié l'aimant à ennuis, la seule humaine que je n'entendais pas. Sélène releva la tête plus vite que moi à l'odeur, et je vis son visage se durcir, ses yeux s'assombrirent et même pointer ses canines.

"Bella! Non!"

Elle comprit immédiatement le danger, mais comme à son habitude elle préférait se sacrifier que de me faire du tort. Et Sélène lui sauta dessus.

Sélène disparut pour l'après-midi. Elle avait besoin de se calmer. Dès que je rentrais chez moi, je m'enfermais dans le bureau avec Carlisle.

"Deux vampires ont débarqué la nuit dernière. On a rencontré la plus jeune. Sélène. Toute nouvelle végétarienne. Elle failli tuer Bella, mais elle a des circonstances atténuantes. Je ne pense pas qu'ils représentent un danger. Cependant, il va falloir qu'elle améliore sa couverture."

Un vrai debriefing militaire.

"Alors, laissons voir les choses venir. Surveilles la, mais ne le montre pas. Et essaye de la conseiller subtilement. Il ne faudrait pas qu'ils se braquent."

"Autre chose, elle est imperméable à mon don."

"Comme Bella?"

"Je ne sais pas."

"Très bien. Comment ont réagi tes frères et soeurs?"

"Comme on peut s'y attendre. Alice est folle de joie, Jasper circonspect, Emmet enthousiaste et Rosalie indifférente."

"Indifférente?"

Te voilà bien poli envers ta soeur

Il était plus amusé qu'autre chose. Il connaissait tout aussi bien que moi sa fille.

Je passai la nuit dans ma chambre. Lorsque je ne chassais pas, je lisais, écoutais de la musique, et composais. Mais ce soir là, je n'arrivais pas à me concentrer. La nouvelle ne cessait de revenir, avec toutes les questions qu'elle provoquait. Un mélange de dureté et de tristesse. Il y avait une clairement une faille en elle. Et je me doutais que son passé devait être aussi sombre que celui de Jasper. Mais, j'avais un peu peur aussi. Peur qu'ils perturbent nos vies et que nous soyons obligés de déménager, encore une fois. Et puis, il y avait Bella, et surtout le sang de Bella. Il n'était pas attirant seulement pour moi mais aussi pour cette vampire. Bella. Arriverais-je un jour lui procurer une vie sans risques? J'en doutais fortement.

Finalement, incapable de me concentrer sur mon livre, je descendis rejoindre mon havre de paix, la pièce au piano. Ma pièce. Mon instrument. Ma tranquilité d'esprit. Je m'installai et laissai mes mains courir sur le clavier sans plus réfléchir. Laissant mes émotions s'exprimées à travers la musique. On ne me dérangeait jamais quand je jouais. Personne n'entrait dans la pièce, on me laissait seul avec moi-même. C'était tacite entre nous. Il avait fallu du temps pour apprendre à cohabiter tous ensemble, bien plus difficile que ce que l'on peut croire. Vivre à sept et pouvoir être seul, d'autant plus quand c'est sept vampires était vraiment ardu. Mais avec le temps, douze ans pour être exact, nous avions réussi, au prix de nombreuses disputes et de meubles cassés.

Le lendemain, je rattrappai Sélène dans le couloir et engageai la conversation avec elle. Pas facile le dialogue, elle me répondait le plus succintement possible et seulement des choses évidentes pour en pas trop en dévoiler, mais visiblement ça l'amusait. Et j'aimais son sourire qui n'apparaissait que rarement. Je l'invitai à nous rejoindre au self afin de ne pas trop attirer l'attention sur son état. Elle fut réticente mais au final accepta. Elle se montrait sarcastique et ironique, comme pour se protéger. Sans même m'en rendre compte, je la pris par les épaules. Un peu protecteur. Un peu jaloux. Jaloux car je n'avais pas pu éviter d'entendre des pensées salaces de plusieurs lycéens qui passaient à côté de nous. Les ados et leur trop plein d'hormones, épuisant.

Le soir, le regard de Bella, celui qu'elle nous avait jeté me faisait encore mal. J'avais vu l'étonnement et la peine. Et je ne voulais pas lui faire de mal. Mais mes sentiments étaient contradictoires. Bella savait que j'étais vampire, et elle avait confiance en moi, une trop grande confiance. Je pouvais la briser en deux au moindre geste. Je devais sans cesse être sur mes gardes, sans cesse me contrôler, sans cesse être un autre. J'avais tellement peur de son jugement. J'avais tellement peur de son rejet. Et avec ma famille, avec Sélène, je pouvais être moi. Je n'avias pas besoin de jouer la comédie. Je pouvais faire la course avec Sélène sans craindre quoi que ce soit. Je pouvais lui prendre le bras sans avoir peur de le lui briser. Pas de face cachée, pas d emonstre à contrôler. Et j'aimais la facilité. C'était déjà assez dur de ne pas être soit pendant la journée, quand je voyais Bella il fallait aussi ne pas l'être le soir. Je savais qu'elle voulait plus, je savais qu'elle voulait qu'on soit ensemble, mais je n'y arrivais pas. Je ne voulais pas lui faire de mal, et je lui mentais tous les jours. Elle ne me connaissait pas, elle n'avait aucune idée dans quoi elle se lançait. Et pour autant, je ne pouvais pas me passer d'elle. Quel maso ce lion... Un fou furieux ouais.

Et voilà que Sélène arrivait dans la partie. Une vampire, comme moi. Une végétarienne, comme moi. Une beauté. Une congénère. Un monstre comme moi. Complexe, torturée, intelligente, sarcastique, intriguante, ironique, enjouée, solide, et imperméable. Mais pas comme Bella. Ce midi, elle avait décidé de partager ses pensées avec moi. Pensée soigneusement choisie. Normalement, c'était une sorte tourbillon, et là une phrase claire, nette, précise et un noir absolu autour. Tellement apaisant et en même temps frustrant. Mais, si elle le voulait je pouvais l'entendre. Et même, elle arrivait à me répondre. Personne n'avait jamais réussi à lire en moi. Et elle, si. Et quelle grâce, quelle légèreté, quelle agilité. Elle me fascinait.

Non, on ne ferme pas la page, regardez y a un drôle de truc vert qui retient votre attention. Allez, laissez vous tenter... ;)