Tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer, sauf ceux qui sont sortis de mon imagination.

.


.

Hello !

J'espère que vous allez toutes et tous bien.

Je suis désolée pour ce retard, sincèrement, mais pour la première fois depuis que je publie, j'ai dû faire face à la hantise de la page blanche. Impossible d'écrire une seule ligne ou ce que j'écrivais ne me convenait pas. Bref, j'ai préféré ne pas toucher mon ordinateur de plusieurs jours, prendre du repos et me revoilà avec j'espère un chapitre qui vous plaira.

Merci énormément pour toutes vos reviews, merci, merci, merci, merci et encore merci !

Merci à Abby915, Pru, Aureliejeux81 et Savigny pour leurs messages, merci !

Je n'ai pas eu le temps de relire ce chapitre, j'espère qu'il n'y a pas trop d'erreurs …

Bonne semaine à tous !

.


.

Bonne lecture !

.


.

.

Chapitre 9 : Fuite

.

.

Le jour venait de se lever quand le Duc se pencha pour embrasser tendrement le front d'Edward. Doucement, il sortit du lit et il s'habilla rapidement avant de sortir de Gloucester. Il inspira profondément l'air frais du matin avant de s'élancer à travers le parc, puis, il pénétra dans la forêt en quête d'une proie. Il venait de finir de s'abreuver avec un cerf quand il perçut une présence à ses côtés. Carlisle laissa choir la carcasse de l'animal avant de se tourner vers le Marquis qui venait lui aussi de se nourrir.

« -Si tu es ici, je conclus que les choses se sont arrangées avec Edward ?

-Oui.

-Tu n'es pas très bavard, souffla Jasper en s'approchant, pourtant, il me semblait qu'il s'était passé des choses plutôt agréables aux thermes, hier soir…

-Oui.

-Bien, soupira le Marquis, rentrons ! Edward trouvera sûrement un moyen de te délier la langue.

Le Marquis fit quelques pas en direction du Château avant de s'arrêter quand il remarqua qu'il ne le suivait pas.

-Dépêche-toi ou il va se réveiller sans toi.

-Je vais faire un tour, annonça le Duc.

-Un tour ? Releva son ami surpris.

-Je veux discrètement me rendre à l'auberge des Trois Sangliers.

-Et pour quelle raison ?

-Dois-je te rappeler qu'il y a eu un meurtre ? Cingla le Lord.

-Non, tu n'as pas besoin de me le rappeler, par contre, je vais me faire un plaisir de te signaler qu'il fait jour et qu'un magnifique soleil va poindre, dois-je continuer ou vas-tu te résoudre à rentrer avec moi ?

Carlisle soupira et passa une main lasse dans ses cheveux avant de tourner en rond.

-Qu'est-ce qui te tracasse, mon ami ? L'interrogea doucement Jasper.

-Rien… Enfin, tu ne trouves pas étrange que le jour où Monsieur Pierce vient à Gloucester pour menacer Robert ainsi qu'Edward, il soit retrouvé mort dans d'atroces souffrances le soir même ? Jasper, tu…

-Je n'ai rien fait et tu le sais très bien ! S'énerva le Marquis. Et toi ?

-Moi ?

-Oui, toi ! Il a failli tuer Edward, tu aurais pu…

-Nous avons passé le début de la soirée tous ensemble, tu m'as ensuite rejoint dans mon bureau…

-Où je t'ai laissé seul ! Qu'as-tu fait ensuite ?

-Je suis allé chercher Edward, j'ai pris soin de lui et nous avons passé le reste de la nuit ensemble.

Jasper soupira avant de s'accouder contre un arbre, le Marquis l'observa quelques secondes avant de décider à parler.

-Toi et moi n'avons rien fait, résuma Jasper, je dois t'avouer que cette nuit je me suis rendu à l'auberge, je n'ai pas trouvé la trace du passage de l'un des nôtres.

-Edward m'a confié que James, Démétri et les autres n'ont jamais réussi à trouver une quelconque trace de son passage.

-J'ai du mal à imaginer que ce soit l'œuvre d'un humain, avoua son ami, tout comme je ne crois pas aux coïncidences.

-Que veux-tu dire ?

-Edward vient de Whitechapel, là où les meurtres ont été commis. Monsieur Pierce le menace et il est tué par le mystérieux meurtrier de Whitechapel.

-Et alors ?

-Cette fameuse nuit, je suis descendu aux cuisines chercher un verre de lait pour Robert. Je vous ai vu, tu portais Edward qui était mouillé.

-Je l'ai trouvé sous l'orage, il s'est réveillé seul dans la chambre et il a eu peur. Il est parti à ma recherche.

-Combien de temps s'est-il écoulé entre sa disparition de ta chambre et celle où tu l'as retrouvé ?

-Je l'ignore, admit Carlisle qui se posait les mêmes questions que son ami.

-Je ne l'ai pas entendu descendre ce qui en soit est étrange car il a dû le faire lorsque nous étions dans ton bureau, il est forcément passé devant la porte.

-Oui, mais l'auberge est à plusieurs miles, murmura Carlisle.

-Il a poussé Robert et a frappé Monsieur Pierce avant qu'il ne les mette en joue, sa rapidité me semble plus qu'évidente.

-Non ! Tu te trompes, Edward n'est que douceur et gentillesse.

-Sauf peut-être quand il se sent menacé… Réfléchis, les prostituées pouvaient faire ombrage au Manoir et Monsieur Pierce a failli les tuer Robert et lui. La peur ou le danger peuvent être les éléments déclencheurs.

-Dans ce cas, il ne m'aurait pas laissé lui faire du mal.

-Effectivement, acquiesça Jasper soucieux, à moins, que ce côté de sa personnalité ne s'éveille que quand une personne à qui il tient est en danger, tu ne peux pas nier que Robert et lui sont très proches ?

-Peut-être…. Je ne sais plus que penser. Edward paraît tellement inoffensif, mais…

-Oui ? L'encouragea son ami.

-Non, rien.

Il ne savait pas pourquoi, mais Carlisle n'avait aucune envie d'avouer à Jasper qu'il avait bu plusieurs fois le sang du jeune homme sans que cela n'ait d'effet sur lui. Il passa aussi sous silence la sensation de morsure qu'il avait cru ressentir lors de l'une de leurs étreintes, il n'était certain de rien et cela lui semblait plus qu'improbable. Après tout, quand un vampire mordait l'un des siens, il restait une marque et le venin faisait souffrir la victime.

-Nous faisons sûrement fausse route, déclara soudain Jasper. Cependant, cela signifie autre chose…

-Si le tueur est ici, c'est qu'il cherche peut-être Edward, termina Carlisle.

-Nous allons devoir rester sur nos gardes. »

Carlisle acquiesça silencieusement. Perdu dans ses pensées, il suivit Jasper qui prenait le chemin du retour. James, Démétri et les autres étaient des combattants aguerris, Jasper aussi, mais pas lui. Pourrait-il préserver Edward de ce tueur insaisissable ? Il n'en était pas sûr. Alors que faire pour le protéger ? Et puis, il ne cessait de repenser à ce qu'il avait appris la veille. Il était rentré pour rassurer Edward, pour l'aimer, cependant, il ne cessait douter de son choix, après tout, depuis qu'il avait rencontré le jeune homme, il n'avait fait que le détruire…

.


.

Edward se redressa dans le lit, balayant la chambre du regard. Un sentiment d'insécurité l'envahit quand il remarqua qu'il était seul, il n'avait pas oublié qu'hier soir, le Duc avait failli l'abandonner. Rapidement, il sortit du lit pour se vêtir. Sa toilette fut sommaire et il se hâta de rejoindre la salle à manger où il espérait le retrouver. Le jeune homme fit son possible pour dissimuler sa déception ce qui était peu évident avec le don du Marquis. Il salua les deux hommes avant de s'installer à table où il mangea du bout des lèvres alors que ses amis essayaient de lui changer les idées.

« -Savez-vous où se trouve Lord Cullen ? Se décida-t-il à demander.

-Des patients sont venus le voir, il est en consultation, lui apprit Jasper.

Edward acquiesça, un poids disparut de sa poitrine, le Duc ne le fuyait pas, il aidait simplement des gens. Aussitôt, il se sentit mieux et mangea avec plus d'appétit. Le repas terminé, le Marquis lui proposa de venir avec eux se promener, en effet, le couple souhaitait aller faire un petit tour à Dorset Manor. Edward déclina l'invitation, préférant rester près du Lord au cas où il aurait un peu de temps à lui consacrer. Robert insista, mais il prétexta l'envie de jouer du piano en toute tranquillité et ils finirent par partir en le laissant là. Une fois seul, il rejoignit le piano et commença à jouer. Ses doigts volaient sur les touches pendant qu'il composait une nouvelle mélodie. Il reprit plusieurs fois le morceau avant de trouver la tonalité qui l'agréait. C'est alors qu'il se rendit compte qu'il n'avait rien pour noter cette dernière. Edward fit le tour de la pièce, mais il n'y avait ni feuilles, ni encrier. Le jeune homme partit à la recherche d'Alfred et se retrouva nez-à-nez avec le majordome qui se dirigeait vers le bureau de Lord Cullen.

-Que puis-je faire pour vous Monsieur Edward ? Lui demanda Alfred.

-Je cherche du papier et de quoi écrire, avoua-t-il, savez-vous où puis-je en trouver ?

-Je pense que vous pourriez en trouver dans le premier tiroir du buffet du salon, cependant, serait-ce pour noter la musique que je viens d'entendre ?

-Oh… Je ne pensais pas que l'on m'entendait, j'espère que cela ne dérange pas ?

-Non, bien sûr que non, c'était magnifique. Je pense que Sa Grâce doit avoir des partitions vierges dans son bureau. Je pourrais vous les ramener en allant lui porter son courrier ?

-Je pourrais peut-être le lui porter et récupérer par la même occasion les feuilles, proposa Edward en observant la pile de courrier.

-Je ne sais si Milord…

-Je ne le dérangerai pas longtemps, promit le jeune homme.

Tout en offrant un petit sourire à Alfred, il prit le courrier qui se trouvait sur le plateau avant de tourner les talons pour se rendre dans le bureau du Duc. Il frappa à la porte et celui-ci l'invita à entrer.

-Bonjour, Milord.

Carlisle parut surpris de le voir. Le jeune homme fronça les sourcils quand lorsqu'il s'approcha du bureau le Lord se leva pour s'éloigner. Il déposa le courrier sur le bureau avant de mordiller sa lèvre inférieure en un geste de nervosité, que se passait-il ?

-Je… Ai-je fait quelque chose de mal ? Murmura Edward.

-Non ! Non ! Répondit le Duc. Je suis désolé, mais j'ai beaucoup de travail.

Le jeune homme acquiesça, il allait quitter sans plus attendre le bureau quand il passa devant la porte ouverte de la salle d'attente et constata que celle-ci était vide. Qu'est-ce que cela voulait-il dire ? Lentement, il se tourna vers le Lord qui l'observait avec un air gêné.

-Je croyais que vous aviez des patients ?

-Je viens de terminer ma consultation.

-Oh, chuchota Edward en rougissant, gêné d'avoir pu douter de lui.

-Désires-tu quelque chose ?

Le jeune homme aurait aimé avoir le courage de lui dire qu'il désirait ses bras, ses lèvres, juste un peu d'attention que le Duc ne semblait pas vouloir lui offrir.

-Auriez-vous des partitions vierges ? Demanda-t-il à la place. Alfred m'a dit que vous en auriez peut-être ?

-Oui, bien sûr.

Lord Cullen repartit vers son bureau et se mit à fouiller ce dernier à la recherche sûrement des fameuses feuilles. Pendant qu'il cherchait, Edward s'approcha de l'immense bibliothèque qui était remplie d'ouvrages de médecine. Ses doigts frôlèrent les reliures en cuir alors qu'il lisait les titres.

-Tiens.

Edward sursauta en entendant la voix du Duc, ce dernier se tenait juste derrière lui, les partitions tendues vers lui.

-Merci.

Le jeune homme prit les feuilles, leurs mains se frôlèrent, leurs doigts s'enlacèrent et un sourire se dessina sur son visage quand il se retrouva attiré contre le torse de Sa Grâce. Lord Cullen caressa sa joue avant de se pencher pour effleurer ses lèvres. Bien trop tôt à son goût, le Duc s'éloigna. Cependant, il fut rassuré qu'il le garde dans ses bras, leurs regards se croisèrent, s'accrochèrent. Ils restèrent ainsi quelques minutes avant que le Lord ne s'éloigne à nouveau de lui.

-Et bien, il me semble que tu peux retourner composer ?

-Oui, chuchota Edward qui n'avait aucune envie de partir, la musique ne vous dérange pas ?

-Non, pas du tout. Le morceau sur lequel tu travailles est magnifique, le complimenta le Duc.

-Merci.

Il sourit au Lord avant de se diriger vers la porte pour sortir, la main sur la poignée, il se figea en sentant deux bras l'enlacer. Edward sourit avant de se tourner vers le Duc, il fut étonné de voir que ce dernier paraissait être en proie avec un dilemme. Ce dernier pesta avant de s'emparer avec fougue de ses lèvres. Edward lâcha les partitions qui tombèrent autour d'eux, ses mains libres se nouèrent autour de la nuque de Lord Cullen alors que leurs langues se rencontraient. Leurs corps se pressèrent l'un contre l'autre alors que leur baiser devenait plus passionné. Malheureusement, il dû mettre un terme à leur étreinte pour reprendre son souffle.

-Puisque vous avez terminé vos consultations, peut-être pourrions-nous aller nous promener ? Proposa timidement Edward.

-J'aimerais, mais j'ai encore du travail, lui rappela le Lord avant d'enfouir son visage dans son cou pour respirer son odeur.

-Alors, peut-être pourrais-je rester avec vous et étudier vos livres de médecine ? Vous pourriez m'apprendre ? Demanda-t-il avec espoir.

Le sourire d'Edward disparut quand il vit le Duc se raidir avant de s'éloigner prestement de lui.

-Je ne crois pas que ce soit une bonne idée, tu devrais retourner jouer du piano. »

La voix sèche de Lord Cullen lui fit froid dans le dos. Edward s'agenouilla et ramassa prestement les partitions vierges avant de quitter le bureau. Il courut jusqu'au salon où il se laissa tomber sur le canapé, les partitions froissées entre ses mains. Que se passait-il ? Qu'avait-il fait de mal pour que le Duc le rejette ainsi ? Ses larmes ne tardèrent pas à apparaître et il s'en voulut d'être aussi sensible. Le jeune homme inspira profondément avant de se redresser, sa décision était prise, il n'allait pas laisser le Duc jouer indéfiniment avec lui. D'un geste, il essuya ses larmes avant de se lever et d'emprunter la porte-fenêtre pour se rendre sur la terrasse. Une fois sur celle-ci, il se hâta de traverser le jardin pour quitter la propriété. Cependant, il fut obligé de ralentir le pas quand il passa devant Jonathan et son cousin qui travaillaient à remettre le parc en état. Les deux hommes le regardèrent passer et Jonathan haussa un sourcil interrogateur en le voyant si loin du Château. Il le rassura en lui disant qu'il faisait qu'une petite promenade. Une fois hors de vue, Edward observa les alentours, cherchant du regard le Château pour se repérer. Le jeune homme prit ensuite la direction qui devait le mener à Dorset Manor.

.


.

Le bois craqua et se brisa quand les doigts du Duc s'enfoncèrent dans le bois du bureau. Tout son être tremblait et se révoltait contre ce qu'il venait de faire. Il inspira profondément pour tenter de reprendre le contrôle, mais il fut aussitôt assailli par l'odeur envoûtante du jeune homme. Depuis qu'il avait appris la vérité sur son amour, il se détestait encore plus. Carlisle avait donc décidé de ne plus jamais faire souffrir Edward et cela commençait en lui rendant sa liberté. Certes, il ne pourrait pas effacer le fait qu'il l'ait acheté lui donnant ainsi une condition d'esclave, mais il ne désespérait pas de trouver une solution. Cependant, pour y parvenir, il devait d'abord étouffer les sentiments que commençait à éprouver le jeune homme pour lui. La douleur qui comprimait sa poitrine s'accentua quand il revit le regard blessé d'Edward quand il l'avait chassé de son bureau. Il revoyait aussi la lueur de joie de son amour lorsqu'il lui avait demandé s'il pouvait lui apprendre la médecine, il avait vu son désir d'apprendre et cela l'avait aussi conforté dans sa décision. Carlisle s'obligea à s'asseoir derrière son bureau et à se plonger dans ses affaires pour oublier le jeune homme et ne pas courir le rejoindre.

Une heure s'était écoulée quand il se sentit incapable de rester plus longtemps loin de lui. Il sortit de son bureau avant de se rendre dans le salon qu'il trouva vide. Ses sourcils se froncèrent quand il remarqua les partitions éparpillées sur la table basse, toujours vierges, maintenant qu'il y pensait, il n'avait plus entendu le son du piano depuis qu'il avait chassé Edward de son antre. Où était-il ? Peut-être était-il dans leur chambre ? Il grimpa à l'étage, mais il n'y trouva pas le jeune homme, il poursuivit ses recherches au dernier étage qui était lui aussi désert. Dépité, il regagna le rez-de-chaussée pour se rendre sur la terrasse. Son regard acéré balaya le jardin où il aperçût Jonathan. D'un pas pressé, il s'approcha du jeune homme.

« -Jonathan.

-Oui, Milord ?

-Auriez-vous vu Monsieur Edward ?

-Oui, Milord, il est parti faire une balade.

-Il y a longtemps ? Questionna Carlisle qui sentait son angoisse croître.

-Maintenant que vous le dites, je pense que cela fait un moment, une bonne heure.

-Par où est-il parti ?

-Par-là, je dirais, Milord.

-Merci, Jonathan. »

Carlisle aurait aimé s'élancer à toute vitesse pour retrouver Edward, mais la présence de Lionel l'en empêcha. C'est donc d'un pas trop lent à son goût qu'il prit la direction indiquée. Une fois à l'abri des regards, le vampire huma l'air avant de se lancer à la poursuite du jeune homme. Tout en suivant sa piste, il ne tarda pas à réaliser qu'il prenait la direction de Dorset Manor. Pourquoi ne lui avait-il pas dit qu'il souhaitait aller voir Robert et Jasper ? Il l'aurait accompagné, il n'aimait pas le savoir seul. Bien entendu, sa conscience se fit un plaisir de lui rappeler que le jeune homme ne serait pas parti seul s'il ne s'était pas montré aussi dur avec lui ! Tout à coup, il réduisit sa vitesse quand il sentit la présence d'un autre vampire. Carlisle ne tarda pas à se retrouver nez à nez avec Robert niché dans les bras de Jasper.

« -Carlisle ? S'étonna le Marquis en se figeant. Que fais-tu ici ?

-Edward n'est pas avec vous ? S'empressa-t-il de demander.

-Edward ? S'exclama Robert. Pourquoi Edward serait-il avec nous ?

-Il… Je…

-Qu'as-tu fait ? Questionna Robert alarmé.

-Je n'ai rien fait, il voulait se balader, je n'avais pas le temps, s'embrouilla Carlisle en parlant vite tout en fouillant les alentours du regard.

-Bon, je vais déposer Robert à Gloucester et je reviens t'aider à le chercher. »

Carlisle hocha distraitement la tête à l'attention de ses amis qui disparurent de sa vue. Il renifla l'air autour de lui, la trace d'Edward était de plus en plus difficile à trouver. Le médecin laissa alors le vampire prendre le dessus, le prédateur se mit alors en quête de sa proie. Tel un éclair, il slaloma entre les arbres, sautant par-dessus des fourrés, cherchant toujours une trace du passage de son amour. Soudain, il lui sembla entendre un bruit de chute dans l'eau. Il se précipita vers la rivière. Un rugissement secoua son torse quand il aperçut une forme sous l'eau. La rage et la peur se disputèrent en lui. La rage car il était en colère contre le jeune homme qui attentait à sa vie, la peur, car il n'était pas certain de le sauver…

.


.

Edward stoppa ses pas et observa un peu inquiet la forêt qui l'entourait. Il avait dû dévier de sa course initiale car selon ses calculs, il aurait déjà dû arriver aux portes de Dorset Manor, mais ce n'était pas le cas. Le jeune homme soupira et regarda autour de lui pour tenter de trouver quelque chose qui l'aiderait à trouver son chemin. Il ferma les yeux et se concentra pour écouter les bruits qui l'entouraient. Un léger sourire se dessina sur son visage quand il perçut le bruit de l'eau ! Il se dépêcha de rejoindre la berge qui se trouvait seulement à quelques mètres, s'il remontait le ruisseau, il allait rejoindre l'endroit où ils s'étaient baignés l'autre jour, de là, il pourrait regagner Gloucester. Edward se mit en route tout en réfléchissant à ce qu'il allait faire. Il savait que cela faisait longtemps qu'il s'était absenté, comment allait réagir le Duc à son retour ? Il ignorait quoi répondre à cette interrogation, les réactions du Lord de tout à l'heure avaient balayé les certitudes qu'il pouvait avoir. Le jeune homme stoppa ses pas en réalisant qu'un amoncellement de rocher l'empêchait de poursuivre sa route. Après un soupir de lassitude, il commença à grimper sur ces derniers. Tout à coup, un cri franchit le seuil de ses lèvres lorsqu'une pierre sur laquelle son pied prenait appui se détacha. Edward tenta de se rattraper, mais il ne fut pas assez rapide. Il chuta lourdement dans l'eau, cette dernière emplie sa bouche alors que son dos heurtait le sol sableux. L'esprit encore confus, il se sentit soudain propulser à l'air libre avant d'atterrir sur l'herbe. Une pression excessive sur son torse lui fit recracher l'eau qu'il avait avalé. Le jeune homme toussa avant de s'appuyer sur ses avant-bras pour se relever. Aussitôt, l'air revint à manquer dans ses poumons quand une main enserra violemment son cou et qu'il se retrouva plaqué contre le tronc d'un arbre.

« -Comment… Comment as-tu osé ? Rugit le Duc furieux.

Les mains d'Edward agrippèrent celles du Lord pour essayer de les desserrer, mais sa force était dérisoire comparée à celle du vampire. Il voulut ouvrir la bouche, mais aucun son n'en sortit.

-Tu es à moi ! Gronda Lord Cullen. Tu m'appartiens ! Ta vie m'appartient !

Les propos de Sa Grâce le blessèrent plus que ses mains autour de son cou. Ainsi, il s'était trompé, il n'était rien d'autre que la chose du Duc, comment avait-il pu penser qu'il en était autrement ? Ses yeux s'embuèrent alors qu'il suffoquait. Soudain, la poigne du Lord disparut et il tomba durement sur le sol, ses jambes ne le portant plus.

-Tu… Comment as-tu pu…, murmura Sa Grâce en faisant les cent pas tout en tournant autour de lui, je… Je ne peux pas croire que tu… Tu n'as pas le droit…

-Pardon, chuchota Edward d'une voix rauque. Je… Je voulais… Ma présence vous indisposait, je me suis dit qu'alors…

-Que tu allais te jeter dans la rivière ? Hurla le Duc.

-Non… Non ! Protesta Edward en se relevant. J'ai glissé en voulant passer par-dessus les rochers.

Lord Cullen observa le tas de rochers qui paraissait instable avant de le regarder. Edward fut soulagé de voir la tension qui habitait le Duc disparaître peu à peu. Ce dernier passa une main dans ses cheveux avant de s'approcher de lui, le jeune homme ne put s'empêcher de reculer face à son approche.

-Tout va bien… Pardonne-moi, s'excusa Sa Grâce, je ne voulais pas te faire de mal.

Avant qu'il n'ait eu le temps d'esquisser un geste, le Duc était à ses côtés et observait la peau de son cou.

-Je suis désolé, poursuivit le Lord, je sais que ce n'est pas une excuse, mais tu m'as fait tellement peur. J'ai cru… J'ai cru que tu voulais en finir.

-Je… Non, je suis tombé, chuchota Edward les yeux baissés.

-Je suis désolé, répéta Sa Grâce, viens, rentrons. »

Edward aurait aimé protester, mais il n'en avait pas le droit, le Duc le lui avait rappelé, sa vie ne lui appartenait plus. Ravalant ses larmes, il laissa le Lord le prendre dans ses bras. Le jeune homme noua ses bras autour du Duc qui se mit aussitôt à courir en direction de Gloucester, l'air froid plaqua ses vêtements humides contre son corps, le faisant trembler. En peu de temps, il se retrouva dans la chambre, assit sur un fauteuil pendant que Sa Grâce cherchait des couvertures et des vêtements dans l'armoire. Les longs doigts fins du Duc se posèrent sur ses habits pour l'aider à les ôter, il se laissa faire tel un pantin avant d'être enveloppé dans une couverture. En un clin d'œil, le Lord se changea, puis, il partit en cuisine chercher du thé pour le réchauffer. Edward s'enroula dans sa couverture, il voulut aller s'installer dans le lit, mais il délaissa celui-ci pour s'installer dans un recoin de la chambre, assit sur le sol.

.


.

Carlisle se précipita au rez-de-chaussée pour rejoindre la cuisine où Moly sursauta en le voyant apparaître. Il lui demanda du thé et elle le chassa en lui assurant qu'Alfred le lui porterait dès qu'il serait prêt. Carlisle soupira, mais il sortit du domaine de sa cuisinière. Il allait s'empresser de rejoindre l'étage quand il fut arrêté par Jasper et Robert. Le jeune homme l'observait d'un air mécontent alors que l'expression de Jasper paraissait plus mitigée.

« -Que s'est-il passé ? Souffla Robert.

-Je l'ai retrouvé au fond de la rivière.

-Quoi ? S'alarma Robert. Mais… Mais, je pensais qu'il allait bien ?

-Il a assuré qu'il était tombé.

-Et je pense que nous pouvons le croire, garantit Jasper en prenant Robert dans ses bras.

Le médecin acquiesça avant de reprendre son chemin. Le Marquis voulut le retenir, Carlisle savait qu'il voulait l'entretenir sur les différents sentiments qu'il avait perçu en lui, cependant, il avait mieux à faire. Le Duc grimpa à l'étage et se hâta de rejoindre sa chambre. Lorsqu'il entra dans cette dernière, il se figea en voyant Edward blottit dans un coin, un air hagard peint sur son visage. Doucement, il s'approcha du jeune homme qui se releva aussitôt et garda la tête baissée, ses yeux rivés sur le sol.

-Edward, soupira tristement Carlisle. Je suis désolé de t'avoir fait peur, mais j'ai eu tellement peur, mon amour. »

Tendrement, il caressa les cheveux du jeune homme avant de le guider jusqu'au lit où il le fit asseoir. Le médecin prit une serviette et essuya les cheveux de son ange avant de déposer une tenue sèche sur le lit. Il voulut déposer un baiser sur le front d'Edward, mais ce dernier se déroba. Carlisle ferma les yeux tout en faisant son possible pour ignorer la douleur qui déchirait sa poitrine. Lentement, il se recula. Il était parvenu à blesser le jeune homme, après tout, n'était-ce pas ce qu'il avait cherché à faire depuis le début de la journée ? Si… Serrant les poings, il sortit de la chambre pour aller se réfugier dans son bureau.

.


.

Jasper poussa son amant dans le salon quand il entendit Carlisle redescendre. Comme il s'y attendait, leur ami était seul et il partit s'enfermer dans son bureau. Le Marquis se tourna vers son compagnon quand il l'entendit s'effondrer dans un fauteuil en soupirant. Il s'empressa de le rejoindre pour s'installer sur l'accoudoir et déposer un baiser sur le front de Robert.

« -Je t'aime, murmura Jasper.

-Je t'aime aussi, assura Robert en serrant sa main, pourquoi est-ce aussi compliqué pour ces deux-là ?

-Peut-être parce que Carlisle a vécu trop longtemps seul et sans amour, proposa-t-il, ce n'est pas évident pour lui, surtout depuis qu'il a appris la vérité sur Edward. Je n'aurais pas dû le laisser tranquille ce matin.

-Ce matin ?

-Oui, je l'ai croisé lors de ma chasse. Je pense qu'il était sur le point de prendre la poudre d'escampette pour qu'Edward puisse vivre heureux.

-C'est stupide, Edward ne peut pas être heureux s'il n'est pas là !

-Oui, mais ça, il ne l'a pas encore compris, soupira Jasper. Les remords que j'ai perçu tout à l'heure chez Carlisle me prouvent qu'il a dû faire quelque chose pour éloigner Edward de lui.

-Ce qui expliquerait pourquoi Edward a voulu se réfugier chez nous, comprit Robert. Bon, je vais aller lui parler. Tu t'occupes de Carlisle ? »

Jasper grimaça. Quand le Duc de Gloucester était dans cet état, il ne servait à rien de lui parler, il se heurterait à un mur de morosité. Alors qu'il réfléchissait à ce qui pourrait faire changer d'avis Carlisle, un baiser fut déposé sur ses lèvres et il eut à peine le temps de répondre à son amour que ce dernier filait déjà vers l'étage. Monsieur de Dorset ne prit pas la peine de frapper avant d'entrer, sachant parfaitement que le Duc l'enverrait promener.

« -Va-t'en, grogna Sa Grâce.

-Pas avant que tu ne m'ais écouté, espèce de crétin ! J'imagine que vu ton état, tu n'as pas réagi en compagnon doux et attentionné.

-Non, je lui ai crié dessus et je lui ai fait mal.

-Fait mal ?

-Je me suis arrêté à temps.

-Bien, tu te contrôles.

-J'aurais pu briser son cou, murmura Carlisle d'une voix désespérée.

-J'en doute… Bien, maintenant, tu vas te reprendre et cesser de le fuir.

-Je… Je ne peux pas… J'ai… Je cherche un moyen de le libérer.

-Le libérer ? Il n'en existe aucun. Dois-je te rappeler que le bracelet avec tes armoiries ne peut être ôté ? Je doute qu'il apprécie qu'on lui arrache un bras pour qu'il ne le porte plus.

-Il pourrait étudier, aller à l'université, être heureux !

-Mais, sacrebleu, Carlisle ! Ouvre les yeux ! Avant que tu ne recommences à faire des tiennes, Edward commençait à être heureux !

-Peut-être… Mais je ne peux cesser de penser à ce que je lui ai pris.

-Cela te rongera sûrement pendant des siècles, mais tu ne peux rien y changer. Tu ne peux pas réparer ce que tu as brisé, tu peux juste l'aider à vivre avec. En le fuyant, tu le brises à nouveau.

Carlisle allait répliquer quand il sentit la présence de Robert et d'Edward près de son bureau. Que faisaient-ils là ? Il ne pensait pas qu'Edward souhaiterait le voir après son attitude dans la chambre.

-Tu as de la visite, souffla Jasper, j'espère que tu cesseras de te comporter comme un idiot.

-Empêche-le de venir, supplia-t-il.

-Non, tu dois affronter tes peurs. »

Sur ces mots, Jasper se dirigea lentement vers la sortie. Carlisle se leva en soufflant. Il fit quelques pas et se posta dos à la porte, son regard balaya le parc pour ne pas dévorer du regard le jeune homme. Son odeur le frappa de plein fouet lorsque la porte s'ouvrit. Une vague de calme l'envahit et il ne put s'empêcher de grogner après son ami. Il entendit le Marquis discuter avec Edward, mais il n'écouta pas leurs propos tant il se concentrait pour tempérer le trouble qui envahissait son être.

.


.

Robert frappa doucement à la porte de la chambre, il attendit une réponse, mais comme rien ne vint, il se permit d'entrer. Il fit quelques pas tout en cherchant Edward. Ne voyant pas ce dernier, il allait rebrousser chemin quand il perçut un sanglot. Robert fronça les sourcils quand il vit son ami agenouillé à côté du lit. Il prit le jeune homme par un bras et l'obligea à s'asseoir sur le lit. Ses sourcils se froncèrent lorsqu'il vit les marques de strangulation autour de son cou.

« -Qu'a-t-il fait ? Murmura Robert en effleurant les marques. Je sais que tu dois être perdu, mais je t'en prie, Carlisle t'aime même s'il s'y prend mal. Sa réaction était violente car il a eu peur de te perdre, de perdre l'homme qu'il aime.

-Il a eu peur de perdre son jouet, rectifia Edward d'une voix à peine audible.

-Non, ne pense pas ça… Raconte-moi ce qui s'est passé pendant notre absence ?

-Je… Je suis allé le voir, je voulais passer un peu de temps avec lui, avoua le jeune homme en baissant la tête, mais lui non… Il m'a fait comprendre que… que je n'étais plus le bienvenu. J'ai eu mal, j'ai voulu partir…

-Je comprends ta réaction, assura-t-il, elle est tout à fait normale. Cependant, je veux que tu ais toutes les cartes en main avant de juger Carlisle. Depuis qu'il a appris que tu étais le fils de Madame Elisabeth et non un prostitué, il va mal, très mal… Il s'est mis en tête que te repousser serait ce qu'il y a de mieux pour toi, il a donc voulu étouffer les sentiments qui naissaient en toi en te blessant. Je suis sûr qu'il a passé sa journée dans son bureau pour essayer de trouver un moyen de te libérer, de te rendre ta vie.

-Il… Il s'est emporté quand je lui ai demandé s'il pouvait m'apprendre la médecine.

-Je suis sûr qu'il t'apprendra. Edward, me fais-tu confiance ?

-Oui, répondit son ami après un instant de réflexion. »

Robert sourit. Il passa une main dans les cheveux de son ami avant de se lever d'un pas décidé pour fouiller l'armoire du Duc. Edward s'approchait timidement de lui quand on frappa à la porte. Alfred arriva avec un plateau contenant une théière et deux tasses qu'il déposa sur un guéridon, Jonathan le suivait avec plusieurs cartons dans ses bras qu'il posa sur le lit. Robert les remercia avant de les chasser d'un geste impatient. Il ordonna à Edward de boire un peu de thé pour se réchauffer pendant qu'il ouvrait les paquets. Un sourire satisfait orna son visage quand il vit les premiers vêtements livrés par Monsieur Guiture. Edward haussa un sourcil un peu inquiet quand il remarqua la manière dont il le regardait. Robert savait qu'il allait devoir trouver les bons mots pour motiver Edward, mais il était temps que son ami montre au Duc qui commandait…

.


.

Edward inspira profondément. La main valide de Robert se crispa sur son épaule pour le pousser vers le bureau du Duc où ce dernier était toujours enfermé. Il tenta une nouvelle fois faire demi-tour, mais le regard confiant de son ami l'en empêcha. Arrivé à quelques pas du bureau, Robert lui donna une tape dans le dos avant de l'abandonner. Le jeune homme inspira profondément avant de tirer nerveusement sur la veste de son nouveau costume qui le mettait, selon Robert, en valeur. Il allait frapper à la porte quand cette dernière s'ouvrit sur le Marquis. Ce dernier l'observa quelques secondes avec un œil appréciateur qui le fit rougir. Le Marquis lui offrit un clin d'œil complice et rassurant avant de se tourner une dernière fois vers l'intérieur du bureau.

« -Cesse donc de vouloir influencer mes sentiments ! Gronda le Duc.

Edward sentit son anxiété croître en l'entendant. Le Marquis soupira bruyamment avant de claquer la porte, ils se retrouvèrent face à face.

-Tu es magnifique, murmura Monsieur de Dorset.

-Merci, balbutia Edward mal à l'aise.

Le Marquis sourit avant de s'approcher un peu plus de lui. Une de ses mains se posa sur son épaule et un sentiment de quiétude l'envahit aussitôt. Edward sourit maladroitement au Marquis.

-Tu as les cartes en main, souffla Monsieur de Dorset. Tout va bien se passer.

-Je n'en suis pas certain, avoua Edward.

-Tu es la personne la plus importante de son éternité, lui rappela le Marquis, et puis, entre Robert et moi, à ton avis qui a le dernier mot ?

Edward se permit de sourire franchement à Monsieur de Dorset qui soupira théâtralement.

-Nous sommes à votre merci, lui rappela le Marquis.

Le jeune homme le regarda partir. Une fois seul, il inspira discrètement pour se donner du courage et entrer dans le bureau dont il referma la porte derrière lui. Ses yeux se posèrent aussitôt sur la silhouette du Duc qui lui tournait le dis et semblait absorbé dans sa contemplation du parc. Les mains moites, le cœur battant à tout rompre, il s'approcha du Lord.

-Je suis désolé, répéta le Duc en se tourna vers lui. Comment va ton cou ?

-Ça va.

Un silence gênant s'abattit entre eux. Lord Cullen s'approcha doucement de lui, il tendit une main pour caresser son visage, mais il se recula au dernier moment pour aller se réfugier derrière son bureau. Sans lui prêter plus d'attention, le Duc attrapa un dossier qu'il fit semblant de consulter, il en était certain. On frappa à la porte et Alfred ne tarda pas à entrer avec un plateau avec deux parts de gâteaux au chocolat et du thé. Le majordome repartit et il s'approcha du plateau pour constater que les deux parts se trouvaient sur une même assiette. Ainsi, même les vampires avaient de petits défauts humains. Il prit l'assiette et l'unique fourchette tout en s'asseyant face au Duc qui l'observait du coin de l'œil. Le jeune homme dut prendre sur lui pour continuer le petit jeu comme Robert le lui avait indiqué, il ne risquait rien, son ami lui avait assuré que le Marquis et lui seraient à l'affût du moindre problème. Edward prit donc une bouchée du gâteau au chocolat sous le regard du Lord.

-L'une de mes amies, Victoria, ne cessait de manger du chocolat lorsqu'elle était malheureuse, elle disait que c'était son péché mignon et que cela lui remontait le moral.

-Le chocolat aurait selon certains des vertus apaisantes, murmura le Duc avant de baisser précipitamment la tête.

-Il paraît que le chocolat est aussi aphrodisiaque, se rappela Edward les joues en feu.

Lord Cullen releva la tête pour plonger son regard légèrement voilé dans le sien. Le jeune homme prit sur lui pour ne pas baisser les yeux, ayant du mal à tenir, il prit une nouvelle bouchée de chocolat.

-Alors pour laquelle de ces raisons aviez-vous envie de chocolat, Milord ? Osa questionner Edward d'une voix qu'il espérait ferme.

-Les vampires peuvent manger de la nourriture humaine, mais nous n'en tirons pas autant de plaisir que vous. Cependant, on cherche du réconfort là où on peut, termina le Duc dans un murmure.

-Du réconfort ?

Lord Cullen se leva précipitamment pour se poster à nouveau face à la fenêtre. Il put voir ses mains tremblantes se nouer dans son dos. Les épaules du Duc se voûtèrent et s'il l'avait pu, Edward était sûr que Sa Grâce aurait pleuré. Le jeune homme posa l'assiette sur le bureau avant de se lever.

-Je…

Edward savait ce qu'il devait dire, Robert lui avait demandé d'être honnête et direct, mais il se voyait mal parler ainsi au Lord. Cependant, il en allait de leur avenir, son ami avait raison, ils devaient sortir de cette spirale. La culpabilité du Duc était telle qu'il ne pourrait pas faire le premier pas, c'était à lui de le faire. Le jeune homme mordilla sa lèvre inférieure avant de poser sa main sur l'épaule de Lord Cullen. Celui-ci sursauta avant de se tourner vers lui, son visage reflétait autant la surprise que l'espoir.

-Milord, pourriez-vous me dire pour qu'elle raison vous me fuyez ? Si cette raison me paraît acceptable, je ne vous importunerai plus.

Lentement, le Duc se retourna pour plonger son regard dans le sien, un voile de tristesse ternissait l'éclat de ses prunelles ambrées.

-Comment peux-tu poser la question ? Murmura le Lord d'une voix douloureuse. Si je cherche à t'éloigner de moi, c'est uniquement pour ton bien. Edward, je t'ai fait énormément de mal et pour me racheter je ne peux que tout faire pour que tu sois heureux.

-Alors, vous pensez que votre froideur fera mon bonheur ?

-Je… Peut-être pas de suite, admit le Duc de Gloucester, mais dans quelques temps, tu m'oublieras… Tu pourras étudier, rencontrer une jeune femme, avoir des enfants…

La souffrance était perceptible dans la voix du Lord, les mots qu'il prononçait le blessait et il en fut surpris. Le Duc l'aimait-il au point de faire preuve d'une telle abnégation ? Son cœur bondit de joie dans sa poitrine, alors, Robert avait raison ! Une confiance qu'il n'avait jamais ressentie envahit son être, il posa sa main sur celle du Duc. Ce dernier posa son autre main sur la sienne, repoussant doucement sa veste et sa chemise pour révéler le bracelet en cuir qui semblait ne faire qu'un avec sa chair.

-Je trouverais une solution pour t'en débarrasser, promit le Lord.

-J'aimerais que cela soit possible, admit Edward, mais ce n'est pas le cas. Cependant, quelque chose dans vos propos me chagrine.

-Quoi donc ? Questionna le Duc surpris.

-Pensez-vous que je sois stupide au point de ne pas pouvoir penser par moi-même ?

La surprise se peignit sur le visage de Lord Cullen quand il entendit le ton sec de sa voix.

-Je n'ai jamais pensé que tu es stupide, s'offensa le Duc.

-Si je ne le suis point, je pense que vous pourriez me demander mon avis avant de prendre une décision concernant ma vie ou alors ne suis-je qu'un joujou à vos yeux ?

-Tu n'as jamais été un jouet pour moi ! S'écria Lord Cullen. Je t'aime et je ne veux que ton bonheur.

-Alors, pourquoi vous échinez-vous à me rendre malheureux ? Ne m'avez-vous point entendu quand je vous ai dit avoir besoin de vous ? N'était-ce pas une preuve suffisante pour vous que je m'abandonne dans vos bras ? Je sais que je ne suis ni noble, ni beau, je me sens si insignifiant par rapport à vous…

-Ne dis pas ça, l'interrompit le Duc, tu es bien plus bon que je ne pourrais jamais l'être, c'est moi qui suis honoré de t'avoir à mes côtés.

-Donc, sommes-nous d'accord ? Murmura Edward un peu craintivement.

-Oui, nous sommes d'accord. Mon comportement était excessif et blessant, me pardonnes-tu ?

-Je vous pardonnerais si vous me faites la promesse de ne plus me repousser comme aujourd'hui.

-Je te le promets.

Edward sourit au Duc. Celui-ci le lui rendit avant de s'approcher, ses mains douces et blanches se posèrent sur ses hanches et il put sentir son regard se poser avec intérêt sur lui.

-Tu es magnifique dans ce costume, le complimenta Sa Grâce.

-Merci, mais c'est grâce à vous et au talent de Monsieur Guiture.

-Non, tu es tellement beau.

Edward rougit avant de fermer les yeux lorsqu'il vit les lèvres du Duc se rapprocher des siennes. A peine s'étaient-elles touchées qu'il sentit la langue de Lord Cullen tracer le contour de ses dernières, il ouvrit la bouche et leurs langues se rencontrèrent pendant que leurs corps se collaient l'un à l'autre. Ses mains agrippèrent fermement les épaules du Duc pendant que les mains de ce dernier quittaient ses hanches pour caresser son dos. A bout de souffle, il dut malheureusement repousser le Lord. Celui-ci posa son front contre le sien et le regarda avec amour.

-Veux-tu toujours apprendre la médecine ? Questionna le Duc de Gloucester.

-Oui, acquiesça Edward toujours un peu essoufflé.

-Installe-toi.

Le jeune homme sourit et s'appuya contre le bureau du Lord pendant que ce dernier cherchait un ouvrage dans sa bibliothèque. Au bout de quelques minutes, il revint vers lui, les sourcils froncés. Le Duc s'assit dans son fauteuil et commença à fouiller les tiroirs de son bureau.

-Je ne pensais pas que Milord était désordonné, se moqua doucement Edward.

Aussitôt le Duc releva la tête, le jeune homme craignit un instant d'avoir dépassé les bornes, mais le sourire de Sa Grâce le rassura.

-N'ai jamais peur de me reparler comme tu l'as fait aujourd'hui, lui demanda Lord Cullen, cela me fait plaisir que tu te sentes enfin en confiance avec moi. Seulement, je te demanderai encore un petit effort.

-Lequel ?

-Carlisle, tu n'as prononcé mon prénom qu'une seule fois et je rêve de te l'entendre dire encore, encore et encore…

-Je vais y songer, plaisanta Edward ce qui fit sourire le Lord, peut-être que si vous êtes sage, j'y consentirai.

-Je n'ose imaginer ce que je devrais faire pour que tu me tutoie, soupira le Duc.

Edward sourit et regarda le Lord fouiller à nouveau son bureau. Son sourire s'agrandit quand il l'entendit jurer avant de sortir triomphalement un livre de sous un tas de papiers.

-Et voilà !

Le jeune homme haussa un sourcil en prenant le livre que lui tendait le Duc.

-L'anatomie humaine ? Lut-il en s'asseyant sur le coin du bureau.

-Oui, il faut commencer par les bases.

Edward acquiesça et commença à feuilleter l'ouvrage, heureux de pouvoir enfin étudier une matière qui l'avait toujours attiré. Ses doigts tournèrent les pages, ses yeux avides parcouraient les images, son cerveau vorace de connaissance enregistrait déjà des mots. Il tournait une nouvelle page quand il sentit une main caresser sa cuisse, traçant des arabesques, remontant toujours plus haut. Il donna une légère tape sur celle-ci avant de se replonger dans son livre.

-Hum ! Hum !

Le jeune homme releva la tête et jeta un coup d'œil surpris au Duc qui l'observait d'un air amusé.

-Oui ? Murmura Edward dont le regard avait du mal à se détacher du livre.

-Pourquoi ai-je l'impression que je vais regretter de t'avoir donné cet ouvrage ?

-Pourquoi dites-vous cela ? Questionna-t-il un peu perdu.

Le Duc sourit avant de se lever pour refermer son livre, il le posa sur le bureau avant de s'installer entre ses jambes et de coller leur torse l'un contre l'autre. Les mains du Lord glissèrent le long de son dos pour se poser sur ses fesses qu'il pressa pour rapprocher leurs corps. Sa Grâce allait s'emparer de ses lèvres quand on frappa à la porte du bureau.

-Oui, Alfred ? Dit le Duc sans pour autant bouger de sa place.

-Je suis navré vous importuner, Milord, mais il y a eu une charrette s'est retournée en revenant des champs, les blessés viennent d'arriver.

-Bien, murmura Carlisle.

Alfred s'inclina avant de sortir. Edward attendit ensuite du bruit dans la salle d'attente, il voulut descendre du bureau, mais le Duc le garda prisonnier contre lui. Ils s'embrassèrent et il daigna ensuite le laisser partir. Le jeune homme mit le livre sous son bras et prit dans son autre main l'assiette contenant les parts de gâteau.

-Il me semble que ce gâteau était là pour me réconforter, lui rappela le Duc en arborant un air peiné.

Edward sourit en haussant un sourcil. Il reposa l'assiette sur le bureau, il profita du moment que le Lord était en train d'enfiler une blouse blanche pour piquer le bout de son doigt avec la fourchette.

-Que fais-tu ? S'écria aussitôt le Duc.

-Je ne pensais pas que vous remarqueriez une simple goutte, s'étonna Edward en portant le doigt à ses lèvres pour aspirer son sang.

-Que fais-tu ? Répéta le Lord qui fixait avec avidité son doigt.

-Embrassez-moi !

Edward rougit en réalisant ce qu'il demandait. Un vent froid l'envahit et il se retrouva prisonnier de l'étreinte douce du Duc qui s'empara de ses lèvres. La langue du Lord trouva son chemin entre ses lèvres et il l'accueillit en la caressant avec la sienne. Un grognement fit trembler le torse du Duc qui le serrait toujours plus contre lui. En un geste souple, Sa Grâce le souleva pour le poser sur le bureau et pouvoir ainsi plus aisément l'embrasser avec passion. Edward tira légèrement sur les cheveux blonds pour faire cesser leurs baisers.

-Navré, mais j'ai besoin de respirer, lui rappela-t-il.

-File avant que je n'oublie de faire mon devoir.

Edward sourit, il prit son livre et l'assiette avant de quitter le bureau, le sourire aux lèvres. Une fois la porte refermée, il s'adossa contre celle-ci et soupira de soulagement. Il allait regagner la chambre du Duc quand la porte du salon s'ouvrit. Personne n'apparut sur le seuil de ce dernier, mais il sut qu'il était attendu. Il entra. Robert et Jasper l'observaient avec un sourire.

-Merci, murmura-t-il.

-Je t'en prie, ça nous fait plaisir, assura Robert.

-Merci, Monsieur le Marquis, je sais que je n'aurais pas pu agir de la sorte si vous n'aviez pas agi.

-Je t'ai juste t'ai donné un peu de courage pour que tu te lances, tu es le seul responsable de ton bonheur, Edward.

-Je vais aller lire un peu si cela ne vous dérange pas.

-Fais donc, lui dit Robert, pour notre part, nous allons nous accorder un petit tête-à-tête. »

Le Marquis sourit en entendant les propos de son amant, ce dernier n'attendit pas d'ailleurs qu'il soit sorti pour se jeter sur les lèvres de Robert. Edward gagna d'un pas léger la chambre où il s'installa sur le lit avec son ouvrage et l'assiette. Il mangea l'une des parts avant de se lever pour aller chercher un peu de thé. Puis, il reprit sa lecture en dégustant la deuxième part sans se soucier de ce qui l'entourait tant il était désireux d'apprendre.

.


.

Carlisle soigna le dernier patient, il lui donna un calmant avant de demander à Jonathan et au jeune Lionel de l'installer dans l'une des chambres du rez-de-chaussée qu'il utilisait pour les patients qu'il devait surveiller. Après avoir vérifié une dernière fois les constantes de l'adolescent et rassurer la famille, il rejoignit sa demeure. Carlisle passa par la salle à manger et fut étonné de voir que cette dernière était vide, Edward et leurs invités avaient-ils déjà terminé de dîner ? Surpris et perdu dans ses pensées, il partit à leur recherche. Son attention fut soudain attirée par des rires, étonné, il se dirigea vers les thermes. Il entra et allait appeler son amour, surpris qu'il se baigne avec Jasper et Robert, quand il se figea. Le médecin tourna les talons tout en murmurant des excuses après avoir aperçu ses amis étroitement enlacés et nus… Tout en chassant les images qui éveillaient son désir, il monta à l'étage espérant y trouver Edward. Il finit par trouver celui-ci étendu sur le lit. Au premier abord, il crut que le jeune homme s'était endormi, mais il remarqua qu'il n'en était rien lorsqu'il le vit tourner une page. Lord Cullen fronça les sourcils, la chambre était plongée dans l'obscurité, comment arrivait-il à lui quoi que ce soit ? Il s'approcha de la cheminée et alluma un chandelier qui s'y trouvait. Ce dernier en main, il gagna le lit et déposa le candélabre sur le chevet à proximité. Il s'allongea à côté d'Edward qui ne bougea pas, il se demanda un instant si le jeune homme avait conscience de sa présence. Le Duc sursauta en entendant Edward éclater de rire.

« -Vous devriez voir votre tête, Milord, se moqua Edward. Vous pensiez vraiment que je n'avais pas remarqué votre présence ?

Carlisle sourit avant de se pencher pour effleurer les lèvres du jeune homme, alors que ce dernier cherchait à approfondir leur baiser, il se recula.

-C'est à ton tour de paraître dépité, s'amusa-t-il.

Edward soupira avant de se laisser retomber sur le lit. Il caressa les cheveux du jeune homme qui s'abandonna à la caresse en fermant les yeux. Depuis qu'Edward était entré dans son bureau tout à l'heure, un poids avait disparu de sur sa poitrine, il se sentait libéré, heureux. Il allait aimer ce jeune homme aujourd'hui, demain et pour l'éternité.

-Alors, où en es-tu ? Questionna Carlisle en prenant le livre.

-Je l'ai fini.

-Déjà ? S'étonna le médecin.

-Vous voulez m'interroger ? Demanda Edward en se redressant, ses yeux émeraude brillants.

-Tu as tout appris en si peu de temps ?

-A vous d'en juger !

-Je le ferai, mais demain. Il est tard et je ne crois pas que tu ais dîné.

-Oh, Alfred est venu me voir. Monsieur de Dorset et Robert ont dîné en tête-à-tête et je dois que je n'avais pas faim.

-Vraiment ?

-Je crois que je n'aurais pas dû manger les deux parts de gâteau au chocolat, admit Edward.

-Et bien, si tu ne souhaites pas dîner, nous pouvons effectivement continuer la leçon étant donné que tu sembles le vouloir.

-Oh, oui !

L'enthousiasme du jeune homme lui fit chaud au cœur. Carlisle se leva, il devait admettre que ce qu'il avait vu dans les thermes avait éveillé ses sens et son esprit superposait aisément les corps de ses amis au sien et à celui d'Edward.

-Milord ? S'impatienta Edward.

-Ferme les yeux.

Le jeune homme obéit et il hésita quelques secondes, peu sûr de sa réaction. Cependant, il ne put résister plus longtemps à l'idée qui le taraudait. Un peu hésitant, il revint s'allonger sur le lit.

-Tu peux ouvrir les yeux.

Edward lui obéit et le jeune homme s'empourpra quand son regard se posa sur son corps dénudé.

-Je… Je croyais que vous deviez m'interroger ? Balbutia son amour.

-Quoi de mieux que la pratique ? A moins que cela ne te dérange ?

-Non…

-Bien, souffla Carlisle en s'allongeant sur le dos. Montre-moi le tibia ?

Edward posa doucement son doigt sur son tibia gauche qu'il caressa doucement sur sa longueur.

-Le muscle grand pectoral ?

Carlisle retint son souffle quand le doigt du jeune homme se posa sur le haut de son torse, glissant vers son mamelon dont il traça les contours.

-Le cubitus ?

Son élève sourit avant de se pencher à travers son corps pour déposer ses lèvres sur son avant-bras droit, la présence de son être chaud et habillé contre le sien électrisa ses sens.

-Le fémur ?

Continuant leur parcours sans faute, les lèvres du jeune homme se posèrent sur son fémur droit, partant du tibia, remontant toujours plus haut, éveillant un brasier dans son être.

-C'est très bien, le félicita-t-il d'une voix chargée de désir.

Carlisle plongea son regard dans celui de son élève, ce dernier était lui aussi un peu essoufflé, ses joues étaient rouges et il pouvait sentir son regard timide se poser sur son entrejambe qui avait pris de l'ampleur depuis le début de la leçon.

-On continue ? Demanda Carlisle.

-Je… Je ne sais pas…

Le Duc sourit quand il remarqua les émeraudes chargées d'un désir aussi intense que le sien. Il ne lui en fallut pas plus pour prendre le jeune homme dans ses bras et l'étendre sur le lit. Leurs lèvres se trouvèrent pour un baiser empli de frénésie. Les mains de Carlisle partirent à l'assaut des vêtements du jeune homme pour l'en débarrasser au plus vite. Un gémissement de plaisir franchit le seuil des lèvres de son amant quand il s'empara de son membre fièrement érigé pour le caresser. Edward ferma les yeux et se laissa aller sous ses caresses. Il était magnifique ainsi abandonné. Soudain, un feulement lui échappa quand il sentit une main hésitante s'enrouler autour de son sexe.

-Tu n'es pas obligé, réussit-il à dire.

-Je veux…, chuchota Edward, mais je ne sais pas…

Carlisle lui sourit, le rassurant et effaçant par la même occasion l'ignorance que son jeune amant semblait porter comme une honte. Doucement, il prit la main d'Edward dans la sienne pour la porter à ses lèvres, sa langue caressa la paume du jeune homme pendant qu'il présentait la sienne à son amour. Edward l'imita et ses sens s'enflammèrent quand il sentit sa langue contre sa peau. Lorsque leurs paumes furent suffisamment humides, il les guida vers leurs sexes. Ils gémirent à l'unisson.

-Fais comme moi, ordonna Carlisle. »

Edward hocha doucement la tête. Le Duc enfouit son visage dans le cou de son amour pour déposer des baisers, lécher et mordiller sa peau avant de s'emparer du lobe de son oreille pour le suçoter. Le plaisir grimpait en lui, la main d'Edward se resserrant peu à peu sur sa hampe l'entraînant vers la délivrance. Le sang du jeune homme l'appelait, mais il faisait son possible pour y résister, cependant, lorsque l'ongle de son amant titilla son gland, il céda. Ses dents s'enfoncèrent dans le cou d'Edward qui s'arqua contre lui en gémissant de plaisir. Alors qu'il s'abreuvait de son sang et du plaisir, les lèvres du jeune homme trouvèrent le chemin de son cou. A nouveau, il ressentit une légère douleur qui ne fit qu'amplifier son plaisir. Leurs mains délaissèrent leurs sexes pour agripper frénétiquement le corps de l'autre. Le sang chaud d'Edward coulait le long de sa gorge, son sexe palpitait, gonflait quand il rencontrait celui de son amant contre lequel il se frottait. Leur étreinte se resserra. Leurs corps tremblèrent de plaisir. Les jambes du jeune homme s'emmêlèrent avec les siennes, leurs bassins se retrouvaient frénétiquement et soudain leurs lèvres se retrouvèrent. Un goût étrange envahit sa bouche, un goût de sang qui n'était pas celui d'Edward… Le plaisir explosa violemment dans son corps et ils jouirent en même temps oubliant par la même occasion la question qui lui était venu à l'esprit. Le corps apaisé, le souffle court, Edward se laissa aller contre lui. Carlisle bascula sur le dos tout en gardant le jeune homme dans ses bras. Ses doigts se posèrent sur la trace de morsure qui venait se joindre aux bleus qui commençaient à apparaître. Semblant lire dans ses pensées, Edward se redressa et le rassura d'un regard avant de l'embrasser avec tendresse. Carlisle imita son amant et ferma les yeux. Il se laissa bercer pas les battements de son cœur, sa respiration régulière, son odeur envoûtante, lentement, il glissa vers une torpeur proche du sommeil…