Chapitre 9
Le Gallois s'inquiéta de la lueur qu'il vit au fond des yeux de son amant et rentra dans le salon pour s'asseoir sur le canapé.
– Bien, vas-y, je t'écoute, qu'y a-t-il de si important que nous ne puissions dîner en même temps ?
Le Capitaine marchait de long en large, semblant chercher le meilleur moyen d'aborder le sujet. Il s'arrêta un instant et fixa le jeune homme qui attendait toujours.
– Écoute, je ne pense pas qu'il y ait de bonne façon d'annoncer ça…
– Tu veux que nous nous séparions ! le coupa Ianto en se levant brusquement.
– Non, non, ce n'est pas ça, fit Jack, en prenant ses mains pour les poser sur son torse. Comment peux-tu penser une chose pareille ?
– Eh bien alors, que se passe-t-il ? Tu me fais peur là, insista le jeune homme.
– Pendant ton absence, j'ai… comment dire, fit-il en baissant les yeux. Ianto, pendant ton absence, j'ai couché avec Jones.
Le Gallois s'écarta brusquement, s'éloignant de quelques pas. Il passa une main dans ses cheveux, cherchant visiblement à assimiler ce qu'il venait d'entendre. Il ouvrit la bouche pour parler, mais la referma aussitôt, des larmes montant à ses yeux.
– Ianto, je t'en prie, ne m'en veux pas, fit-il suppliant.
– Pourquoi Jack ?
– Quand tu es parti, il est venu me voir, il portait tes vêtements et il avait la même façon de me regarder que toi…
– Ne me dis pas que ton excuse est que tu t'es fait abuser par les apparences !
– Je pourrais dire que si, malheureusement, souffla le Capitaine.
– Et tout à l'heure, tu m'as fait croire que tu pouvais me reconnaître, tu t'es bien fichu de moi !
– Non, je te disais la vérité. Maintenant, j'arrive à faire la différence entre toi et lui, mais à ce moment-là, ce n'était pas le cas.
– Et, que s'est-il passé, insista Ianto, redoutant ce qu'il allait entendre.
L'immortel était au supplice, mais il ne voulait pas perdre le seul véritable amour de sa vie.
– Nous nous sommes embrassés et à ce moment, je me suis dit qu'il y avait quelque chose de différent, mais je n'arrivais pas à savoir ce que c'était.
– Alors, tu as couché avec lui, pensant que c'était moi ! Tu me connais donc si peu !
– Non, Ianto, bien sûr que non, je sais tout ce que j'ai besoin de savoir et même plus. Quand j'ai défait sa chemise, j'ai vu la cicatrice et je me suis arrêté. Je lui ai demandé pourquoi il faisait ça, il sait que je t'aime, mais…
– Alors, si tu savais que ce n'était pas moi, le coupa le Gallois, pourquoi as-tu quand même couché avec lui ?
Le jeune homme tremblait d'une rage contenue et reculait chaque fois que Jack faisait un pas vers lui.
– Il me l'a demandé, fit simplement le Capitaine.
– Alors comme ça, n'importe qui a droit à tes faveurs du moment qu'on te le réclame ! fit Ianto en s'emportant.
– Non, non, c'est faux, mais il est toi ! Je sais que ce n'est pas une excuse, mais…
Sa voix se brisa et une larme roula sur sa joue. Il se rendait compte qu'il était sans doute en train de le perdre et son cœur se serra. Il tendit une main vers lui, mais son amant se détourna pour rentrer dans sa chambre et claqua la porte.
Jack regarda le battant fermé et s'approcha pour poser ses doigts sur le bois, ses larmes coulant toujours. Finalement, il alla prendre une enveloppe dans la poche de son manteau et la déposa sur la table avant de quitter l'appartement, fermant doucement la porte d'entrée.
Il traversa la place pour se rendre au Hub et alla dans son bureau. Aux environs de minuit, l'alarme retentit, il leva la tête et alla précipitamment sur la passerelle, espérant que Ianto venait le rejoindre, mais ce n'était que Jones. Déçu, il retourna s'asseoir sans rien dire.
Le jeune homme s'était aperçu de sa présence et fut un peu surpris. Il se rendit dans la cuisine puis monta rejoindre l'immortel avec deux tasses de café. Pendant un instant, il resta dans l'encadrement de la porte, regardant l'homme assis le dos tourné à l'entrée puis s'avança. Arrivé près du bureau, il en fit le tour et se mit en face de l'immortel. Voyant des larmes sur son visage, il comprit ce qu'il s'était passé et se baissa pour se mettre à sa hauteur.
– Je suis désolé, fit-il doucement en passant sa main sur la joue du Capitaine. Si tu savais comme je m'en veux, ce n'est pas ce que je voulais. Je pensais qu'il comprendrait. Je vais aller lui parler…
– Non, le coupa Jack, ce n'est pas la peine, il n'a pas à me pardonner, je l'ai trahi, c'est tout. Laisse-moi s'il te plait, j'ai besoin d'être seul.
– Ok, tu sais où me trouver.
Jones quitta la pièce, le cœur lourd. Par ses actes, il avait séparé ses amis et s'en voulait, mais il ne savait pas quoi faire pour réparer les dégâts, aller voir Ianto ne serait sans doute pas la solution. Il se dirigea vers ses quartiers et se coucha après avoir pris une douche. Il resta un long moment, les yeux fixés au plafond puis finit par s'endormir.
ooo
Dans son appartement, Ianto avait entendu la porte se refermer doucement mais il était resté couché sur son lit, laissant son chagrin le submerger. Puis brusquement, il se redressa et frappa rageusement dans son oreiller.
– Pourquoi Jack, cria-t-il en pleurant, pourquoi ?
À nouveau, il se laissa tomber puis se tourna sur le dos et fixa la porte. Il n'arrivait pas à comprendre pourquoi Jack avait fait l'amour avec son double. Au bout d'une heure, il finit par s'endormir, épuisé d'avoir tant pleuré.
Au matin, quand il s'éveilla, la douleur était encore présente et ses larmes se remirent à couler. Il se leva et alla se préparer un café qu'il but sur le balcon, les yeux fixés sur la porte de l'office de tourisme qu'il voyait de chez lui. Aujourd'hui, il n'irait pas travailler, il avait besoin de faire le point et il contacta Tosh pour la prévenir. Celle-ci fut étonnée qu'il l'appelle sur son portable et sentit que quelque chose n'allait pas, mais elle s'abstint de lui poser la question, si son ami voulait lui en parler, il le ferait, elle en était certaine.
ooo
Au Hub, Jack s'éveilla dans son fauteuil où il avait fini par s'endormir. Il se redressa et se leva au bout de quelques instants, étirant ses muscles endoloris. Une bonne odeur de café vint chatouiller ses narines et il descendit l'escalier, le sourire aux lèvres.
– Bonjour Capitaine, fit Jones en le voyant arriver.
L'immortel perdit rapidement son air heureux en constatant que ce n'était pas Ianto qui préparait la boisson. Le jeune homme s'en aperçut et lui tendit sa tasse puis quitta la cuisine, laissant le leader seul avec sa tristesse.
Quand Owen et Tosh arrivèrent, ils se rendirent compte que l'ambiance n'était pas des plus joyeuses et cela les étonna quelque peu. Jones vint les saluer et la jeune femme s'installa à son poste.
– Excuse-moi, tu…
– Oui, je suis l'autre, finit le Gallois en la regardant.
– Désolée, j'ai un peu de mal à m'y faire, mais ça viendra.
– Aucun souci, de toute façon, ce n'est que provisoire, si tout se passe comme prévu, je devrais bientôt vous quitter.
– Ah bon, tu as eu des nouvelles ?
– Oui, mon contact m'a prévenu qu'une nouvelle incursion est programmée dans peu de temps. Et de toute façon, il faut que je parte, ce sera mieux pour tout le monde.
La jeune femme s'étonna de cette remarque et se leva pour s'approcher de lui. Elle posa sa main sur son bras et regarda par-dessus l'épaule du jeune homme, apercevant Jack qui les regardait.
– Viens, fit-elle, allons discuter ailleurs.
Ils sortirent par le sas et allèrent faire quelques pas sur la baie. Pendant de longues minutes, ils restèrent silencieux, puis elle se tourna vers lui.
– Que se passe-t-il ?
– J'ai fait une erreur et je m'en veux.
– Comment ça ?
– J'ai fait du mal à Ianto…
– Que s'est-il passé ? s'inquiéta Tosh en lui attrapant le bras pour le tourner vers elle.
– Je… je suis tombé amoureux de Jack et nous avons couché ensemble pendant l'absence de Ianto, hier. Jack ne voulait pas, mais je le lui ai demandé, j'ai insisté même. Je voulais emporter un souvenir de lui, quelque chose qui puisse me faire penser que j'avais de l'importance pour quelqu'un et je les ai séparés. Il lui a parlé quand il est rentré et cette nuit, le Capitaine a dormi au Hub.
– Écoute, j'ai eu Ianto ce matin au téléphone, il a dit qu'il prenait sa journée, j'irai le voir ce soir pour savoir ce qu'il en est, mais ces deux-là s'aiment profondément, je ne pense pas que cette bévue les sépare définitivement.
– Que vais-je devenir Tosh ? Je l'aime tellement.
– Je reconnais que c'est une situation délicate, mais il y a toujours une solution. Continue ton boulot et laisse faire le temps. Allez, viens, il faut y retourner, fit-elle en lui prenant le bras pour l'entraîner vers l'office.
Quand ils arrivèrent dans la zone informatique, elle monta dans le bureau du Capitaine et ferma doucement la porte derrière elle. Elle s'y appuya un instant, regardant son leader en train de lire un dossier puis elle s'approcha de lui et prit une chaise.
L'immortel leva les yeux et la fixa sans rien dire. Après avoir réfléchi quelques instants, la jeune femme se pencha et lui prit la main.
– Jack, comment vas-tu ?
– À ton avis ! Comment tu irais si tu venais de perdre celui que tu aimes ?
– Mal, je te l'accorde. Il m'a appelée ce matin, il ne viendra pas aujourd'hui, il a besoin de faire le point.
– J'ai vraiment tout gâché, fit-il les yeux baissés sur ses mains. Je pensais qu'il comprendrait, je l'aime, qu'il vienne d'ici ou d'un autre univers. C'est lui, la même personne, les mêmes sentiments.
– Jack, cesse de te torturer, comme je l'ai dit à Jones, il y a toujours une solution. Il connaît tes sentiments pour lui ?
– Oui, je lui ai dit que je l'aimais, mais il ne semble pas m'avoir cru.
– Laisse-lui le temps de réfléchir, je vais aller le voir pour savoir ce qu'il en est. Jones aussi est dans tous ses états, il s'en veut, fit la jeune femme en se levant pour venir près de lui.
Jack posa sa tête sur son ventre et elle le serra dans ses bras, caressant doucement ses cheveux comme on consolerait un enfant. Ils restèrent ainsi quelques minutes jusqu'à ce que Owen vienne taper à la porte, les regardant un peu étonné. Tosh s'écarta et lui fit signe d'entrer. Jack essuya ses larmes et reprit contenance rapidement.
– Oui Owen, qu'y a-t-il ?
– Je voulais juste de dire que j'ai fini les analyses. Tout est conforme, Ianto va pouvoir transmettre le dossier à UNIT.
– Très bien, laisse ça ici, je lui demanderai de le faire quand il reviendra.
– Il est malade ? demanda le médecin.
– Non, il avait besoin de sa journée, il devrait être là demain.
– Ok, alors je te laisse, j'ai encore du boulot, fit-il en posant le dossier sur le bureau.
Il quitta la pièce après un dernier coup d'œil et descendit l'escalier. Il croisa Jones qui revenait de la cuisine.
– Tu sais ce qu'il se passe ? lui demanda-t-il.
– Oui, mais je ne peux rien te dire, je suis désolé.
– Ok, pas de problème, tant qu'il ne s'agit pas de maladie ou de blessure, je n'ai pas à être au courant. À plus tard, fit-il en continuant son chemin vers la baie médicale.
À l'étage, Tosh tentait toujours de remonter le moral de son leader. Au bout d'un moment, il la remercia et elle le laissa seul pour retourner à son poste.
À l'heure du déjeuner, Jones commanda des pizzas et descendit dans le Hub après les avoir récupérées auprès du livreur qui les avaient déposées. Le repas se passa dans un silence quasi religieux, contrastant avec l'ambiance de la veille où les conversations avaient été animées. De temps en temps, Owen regardait son leader et surprit même un regard ambigu de la part de Jones vers l'immortel.
Tosh posa sa main sur la sienne en secouant doucement la tête, comme pour lui faire comprendre qu'il valait mieux ne rien dire, ce qu'il fit, attrapant son verre pour boire.
À la fin du repas, le Gallois se leva pour aller préparer du café et revint quelques minutes plus tard avec son plateau. Il tendit une tasse à chacun et reprit sa place. Quand ils eurent fini, Owen et Tosh quittèrent la pièce pendant que le jeune homme récupérait les boites vides et les mugs. Au moment où il allait passer la porte, il sentit une main lui attraper la taille et soupira doucement sans se retourner.
– Tu ne devrais pas, fit-il, de la douleur dans la voix.
– Je sais, mais qu'est-ce que ça changera ! J'ai envie de t'avoir près de moi.
– Moi ou lui ? demanda Jones en se tournant finalement.
– Tu es lui et il est toi, où est la différence ? Je suis bien près de vous deux. J'espère simplement qu'il finira par comprendre qu'il y a, dans mon cœur, assez de place pour deux Ianto.
Les yeux rivés à ceux du Capitaine, Jones sentit son rythme cardiaque s'accélérer quand les lèvres du leader s'approchèrent des siennes pour finalement s'en emparer.
Le baiser se fit tendre, mais bientôt, ils se séparèrent, conscients que ce n'était ni le lieu, ni le moment de se laisser aller à leur envie. Le Gallois s'éloigna lentement puis baissa les yeux en tournant le dos à l'immortel qui le laissa partir à regret. Jack se rendit dans son bureau et continua la lecture des dossiers en attente.
En fin d'après-midi, Tosh vint le voir pour le prévenir de son départ.
– Jack, j'y vais, Ianto a accepté de venir dîner avec moi, nous pourrons discuter.
– D'accord, mais ne le braque pas, s'il te plait, j'ai déjà fait assez de dégâts, je ne voudrais pas qu'il démissionne.
– Aucun risque ! fit-elle, il restera avec nous, même si je dois l'attacher au pied de la tour.
Le Capitaine la fixa, un peu surpris par sa réaction, mais il vit son regard pétillant de malice et lui sourit. Si quelqu'un pouvait amadouer Ianto, c'était bien Tosh.
– Bonne soirée alors, dit-il.
– À demain Jack.
Elle quitta la base au bras de Owen qui devait la déposer chez elle. Le médecin se faisait encore du souci pour sa santé et ne voulait pas qu'elle ait un malaise au volant. Pour la soirée, Ianto lui avait dit qu'il passerait la chercher et qu'il la raccompagnerait après le repas.
À 19 heures, le Gallois se présentait devant la porte de Tosh. Elle lui ouvrit et le fit entrer dans son salon pendant qu'elle finissait de se préparer. Le jeune homme était un peu nerveux, il connaissait la raison de cette invitation et la journée n'avait pas suffi à calmer son chagrin.
– C'est gentil de m'accompagner, fit la jeune femme en mettant sa boucle d'oreilles. Ça me fait plaisir que tu viennes, il y a longtemps que nous n'avons pas fait une sortie ensemble.
– Je suis heureux de te faire plaisir, répondit-il.
– Bien, je suis prête, on y va ?
– Après vous Madame, fit-il en s'inclinant légèrement, la main tendue en avant.
Tosh eut un petit rire et s'accrocha au bras de Ianto. Quand ils arrivèrent près de la voiture, il lui ouvrit la portière, l'aida à s'installer et fit le tour pour s'asseoir au volant. Après avoir bouclé sa ceinture, il prit la direction de Queen Street.
– Où m'emmènes-tu ? demanda la jeune femme.
– Au Zushi Bar, répondit-il sans quitter la route des yeux. Je pense que ça devrait te plaire.
Pendant quelques instants, elle fixa son profil, détaillant son visage. Il semblait triste, mais pourtant, il s'efforçait de faire bonne figure.
– Ianto, cela ne te dérange pas au moins !
– Quoi ? s'enquit-il en la regardant brièvement.
– De passer la soirée avec moi.
– Non, bien sûr que non, cela me fait plaisir.
Ils continuèrent de rouler en silence, la jeune femme regardant par la vitre de sa portière. Elle eut un petit soupir lorsqu'elle se souvint de la tristesse de son Capitaine.
– Tout va bien ? s'inquiéta Ianto en posant ses doigts sur sa main.
– Oui, tout va très bien, ne t'en fais pas.
– Si tu es fatiguée, on peut remettre ça à un autre jour si tu préfères.
– Non, je vais bien. C'est encore loin ?
– La prochaine à droite. Je ne savais pas ce que tu voulais dîner alors…
– C'est parfait, tu as bien choisi, cela fait longtemps que je ne suis pas allée dans un restaurant japonais.
Passant devant l'établissement, Ianto alla se garer sur le parking puis descendit pour aller ouvrir la portière de sa passagère. Celle-ci lui prit le bras et ils se dirigèrent vers la porte d'entrée. Ils furent accueillis par un serveur qui les installa au comptoir. De leur place, ils pouvaient voir le cuisinier préparer les plats.
On leur servit un apéritif et ils purent choisir, sur la carte, les spécialités qui faisaient la renommée de ce restaurant.
Les yeux fixés sur le Japonais qui découpait le poisson, Ianto était perdu dans ses pensées et sursauta lorsque Tosh posa sa main sur son bras.
– Tout va bien ? demanda-t-elle.
– Oui, bien sûr, excuse-moi, je le regardais travailler. Quelle dextérité ! fit-il essayant de paraître décontracté.
– Oui, ils sont doués. Tu viens souvent ici ?
– Je t'avoue que c'est la première fois, j'espère que tu ne seras pas déçue.
– Pourquoi le serais-je ? Je viens déguster la cuisine de mon pays et qui plus est, avec mon meilleur ami ! Que pourrais-je demander de plus ?
– Tosh, je peux te poser une question ?
– Oui, vas-y !
– Owen me semble un peu… comment dire ! Depuis ta blessure, il semble inquiet pour toi. Je voudrais savoir comment tu te sens.
– Je vais bien, il m'a donné des médicaments relativement forts, c'est pour cela qu'il me surveille. Avec certains, je peux avoir des étourdissements, mais le traitement arrive à sa fin, bientôt tout sera rentré dans l'ordre et Owen retournera à ses occupations.
– Tu es sûre que ce n'est que de l'inquiétude ?
La jeune femme rougit un peu en baissant les yeux et Ianto sourit, il avait visé juste. Il y avait quelque chose entre le médecin et son amie. Il passa sa main sur sa joue en une douce caresse.
– J'en suis heureux pour toi, fit-il sincèrement. Tu mérites d'avoir quelqu'un qui t'aime.
– Je ne suis pas la seule, crois-moi !
– Comment ça ? dit-il étonné.
– Tu sais bien ce que je veux dire. Je ne sais pas ce qu'il s'est passé au pique-nique, mais il a changé à ce moment-là. Avant, c'était moins flagrant.
– Je ne vois pas de quoi tu parles, répondit-il en reportant son regard sur le cuisinier.
– Ianto, ne te voile pas la face, tu l'aimes aussi, c'est visible. Ce qui s'est passé avec Jones devait arriver, c'était obligatoire. Jack n'a jamais pu te résister.
– Sauf que là, ce n'était pas moi qui était dans ses bras !
– Justement si, fit-elle. Tu es lui et il est toi, vous êtes tous deux la même personne.
À suivre…
