Bonjour !
Le vendredi est enfin arrivé (cri de joie en vue du week-end), et comme tous les vendredis, celui-ci s'accompagne d'un nouveau chapitre ! Je vous ai tenu en longue haleine avec la fin du dernier chapitre mais la torture est finie. Je vous laisse avec celui-là (dont j'ai pris beaucoup de plaisir à écrire, vous comprendrez pourquoi...) et m'en retourne à ma vaisselle. Oui, ma vaisselle, il n'y a rien à comprendre.
Surtout j'attends vos retours pour avoir des avis. La critique fait toujours avancer !
Les personnages appartiennent au big boss, Oda Eiichiro.
Le souffle des démons
CHAPITRE IX. La chute
Leurs corps tombaient impuissamment dans la gueule du gouffre. Autour d'eux, des débris et autres immondices tournoyaient à folle allure : un amas de roches par-ci, une forêt entière par-là... Par chance, la force de rotation qui les entraînait protégeait les deux pirates de toutes projections. A ce stade, leur survie relevait plus du miracle que de la chance. Ils s'étaient vus entraînés à une vitesse considérable. Aucun mouvement, aucune parole ne leur était possible tant le tumulte du phénomène était puissant. La douleur, c'était tout ce qu'ils ressentaient. La douleur d'être écrasés et opprimés par la pression d'une force supérieure. Malgré tout, ils résistèrent. Ils valaient mieux que ça. Ils n'étaient pas n'importe qui, ils se savaient assez forts pour supporter cette torture. Et puis, ils n'étaient pas seuls. D'un côté, il y avait cet homme à la carrure méchamment imposante, celui qui se destinait à être le meilleur sabreur au monde et de l'autre, cette femme à la beauté glaciale, celle qui allait découvrir la face cachée de l'histoire. Ces deux-là ne comptaient pas mourir aussi facilement, pas avant d'avoir atteint leur rêve. Leurs convictions dépassaient largement l'absurdité de la situation. Dans leur esprit, il n'y eut qu'un visage qui apparut. Un visage au sourire béant, surmonté d'un chapeau de paille. Ce visage-là leur criait de survivre.
A mille lieux de là, c'est ce visage qui les attendait, lui et six autres encore.
Le clapotis des vagues sur la coque du Sunny se faisait de plus en plus intense. Et pour cause, le trou noir venait d'avaler toute la baie de Samui. S'il n'avait pas été réactif, l'équipage du chapeau de paille aurait été englouti en une fraction de secondes. Maintenant, ils attendaient, scrutant le moindre mouvement à l'intérieur du gouffre. L'angoisse les affligeait. Ils avaient foi en leur deux compagnons, ils croyaient en eux, c'était indéniable. Mais ils ne purent s'empêcher de se torturer l'esprit, à se poser milles et une question à la fois. Et surtout, allaient-ils seulement revoir ces deux-là ?
Cette question, Luffy ne se la posait évidemment pas. Il les reverrait coute que coute. C'est ce qu'il avait hurlé à Hiroshi après que ce dernier eût tenté de les attaquer. Le jeune capitaine l'avait immédiatement achevé d'un coup de poing dévastateur. Il s'était ensuite précipité vers le trou noir pour « repêcher » ses camarades. Mais le reste de l'équipage l'en avait empêché. Il était maintenant attaché au mat du Sunny. Sanji et Chopper se maintenaient à ses côtés au cas où il déciderait de s'échapper à nouveau. Ils venaient de perdre deux de leurs compagnons, ils ne comptaient pas en perdre un troisième, qu'il s'agisse de leur capitaine ou non.
- Regardez, le trou noir va bientôt nous rattraper ! s'écria la navigatrice en pointant du doigt par-dessus bord.
- Jusqu'où compte-t-il s'étendre ce satané trou !?
Ussop s'accrochait au bastingage et examinait l'ampleur du phénomène d'un œil terrifié.
- Il finira par se stabiliser, mais avant ça il va surement engloutir le récif sur lequel on se trouve. Si on ne rejoint pas la haute mer maintenant, on y passera aussi ! informa Nami.
- Mais…Zoro et Robin ne sont toujours pas revenus ! On ne peut pas partir sans eux !
- Chopper je comprends très bien ce que tu ressens, mais Nami-san a raison. Ne t'inquiète pas pour eux, cet idiot de marimo ne se laisserait pas mourir aussi facilement. Et si par sa faute, il arrive malheur à Robin-chan, il aura affaire à moi.
Le petit renne explosa en larmes en entendant ces paroles. Tout ce qu'il voulait, c'était qu'ils reviennent. Que Robin vienne lui tenir compagnie dans la bibliothèque et qu'il puisse aller embêter Zoro dans la vigie, comme il avait l'habitude de faire.
- Les gars… vous pensez vraiment qu'ils vont survivre à ça. Je sais qu'ils sont forts mais…ce trou c'est…le néant.
Ussop déglutit ses mots avec peine, il sentait ses larmes refluer dans sa gorge. Voilà un an qu'il avait perdu ses compagnons, et maintenant qu'il les avait retrouvés, il fallait qu'un trou sorti de nulle part lui privent de deux d'entre-eux.
- Ne dis pas de conneries Ussop ! hurla Luffy, la pupille rétractée.
- Luffy…
- Ils reviendront ! Je ne sais pas ce qu'il se passe là-dedans et encore moins s'il s'agit du néant ou autre chose ! Mais s'il y a bien une chose que je sais, c'est qu'ils sont encore en vie ! Je n'ai pas envie de partir, je sauterais bien là-dedans pour les ramener si c'était possible !
Luffy avait rabaissé son chapeau devant ses yeux. Le combat intérieur auquel il se livrait le fit crisper des poings et des dents. Malgré la peine qui le gagnait progressivement, il reprit dignement le poids des responsabilités que lui incombait son statut de capitaine et ordonna à Nami de les sortir de la zone.
- C'est la pire décision qui soit pour un capitaine. Pour Luffy, plus que pour n'importe qui, abandonner un compagnon est le choix le plus difficile qu'il puisse prendre.
Le regard assombri, Sanji alluma une cigarette avant de se retourner vers la nébuleuse. A ses côtés, Franky sombrait dans une rivière de larmes tandis que Brook détournait sa vision du spectacle. Lentement, le Sunny glissa en dehors du récif pour atteindre la partie profonde de l'océan. Nami dirigeait le bateau, quelques gouttes de larmes vinrent s'écraser sur le gouvernail qu'elle tenait en mains. Les yeux rivés sur le trou noir, Chopper et Ussop espéraient que leurs compagnons en ressurgissent à tout moment. Mais plus ils s'éloignaient, plus cet espoir s'estompait. Sur les eaux pourtant ensoleillées de Grand Line, l'obscurité venait de s'abattre sur l'équipage du chapeau de paille.
L'obscurité… Zoro et Robin connaissaient bien ce mot. Ils y baignaient littéralement. Combien de temps s'était écoulé depuis le début de cette chute ? Ils n'en savaient rien. Cela faisait un moment qu'ils ne comptaient plus les minutes. A quoi bon ? De toute manière, ils étaient coincés, ni issue, ni échappatoire ne semblaient vouloir se profiler. Avec ce souffle violent qui manquait de les éjecter à chaque instant, ils n'avaient pas le luxe de s'attarder sur ça. Toute leur attention se fixait sur leur seul point respectif : l'un et l'autre. Oui, cet autre auquel ils s'agrippaient chacun, c'était lui, le plus important. Et ils ne comptaient pas se lâcher aussi facilement. Jamais ils n'auraient pensé se retrouver dans une telle situation. Jamais cela ne seraient arrivé dans une autre situation que celle-ci. Et malgré tout, ils s'accrochèrent aussi fortement que possible.
La seule idée qu'ils fussent séparés ne leur traversa même pas l'esprit. En tant que membres de l'équipage de Luffy, ils se devaient de rester soudés. C'est ce que leur capitaine leur avait toujours appris : ensemble, quoiqu'il arrive. Et même si aucun mot ne pouvait sortir de leurs bouches, Zoro et Robin savaient qu'ils pouvaient compter sur la présence de l'autre. C'était ça la mentalité du chapeau de paille, celle-là même qui les suivrait jusque dans la mort.
D'ailleurs, était-ce bien ça qui les attendait ? La mort ? Au stade où ils en étaient, toutes les possibilités étaient envisageables. Et malheureusement, celle-là semblait être la plus plausible. Zoro plissa des yeux pour tenter de distinguer le visage de l'archéologue. Chaque parcelle de son corps luttait contre la force implacable qui le compressait. Avec effort, il réussit à garder ses yeux ouverts.
En face de lui, Robin subissait elle-aussi l'effet de la pression. Les paupières closes, la bouche grimaçante de douleur, l'archéologue lui apparaissait sous une tortueuse image. Il se sentit coupable face au sentiment d'impuissance qui le submergeait. S'il avait été plus fort, ils ne seraient pas tombés si bas. Ses mains agrippées aux épaules de Robin, se crispèrent à cette seule pensée. En retour, ce sont celles de l'historienne qu'il sentit se resserrer dans son dos. Elle aussi, s'en voulait.
Le bretteur referma ses yeux et songea à sa promesse, celle qu'il avait faite à Kuina. Il ne pouvait pas envisager une fin aussi déshonorable. Un homme qui ne tient pas parole ne se résume qu'à la faiblesse et la lâcheté. Entres autres mots, c'était tout ce qu'il avait toujours détesté.
De son côté, Robin focalisait ses sens sur le moindre mouvement autour d'elle. Et dans ce capharnaüm où s'entremêlaient toutes sortes d'objets, le mouvement était roi. Elle essayait de distinguer les fluctuations présentes dans l'air.
Sur ce point, l'historienne était loin d'égalée les compétences météorologiques de Nami, mais avec un peu de chance elle retirerait des informations cruciales quant à leur situation actuelle. C'est de cette manière qu'elle avait appris à survivre, en analysant son environnement pour en comprendre les mécanismes. Pour le moment, elle devait avouer que cela ne la menait pas à grand-chose. C'est ce qu'elle pensait, jusqu'à ce qu'elle ressente un nouveau changement. Ils venaient d'entrer dans une zone d'accalmie.
L'agitation et le bruit ambiant avaient laissé place à une sensation de léger ballottement. La pression écrasante desserra peu à peu son emprise. Toujours en suspension, les deux pirates se déchargèrent du poids de leurs paupières pour observer le phénomène. A l'exception de l'amoncellement de débris qui avait maintenant disparu, le décor n'avait pas vraiment changé. La froide obscurité du trou noir les encerclait toujours. Elle se faisait plus intense, plus profonde que dans la zone d'agitation passée. Zoro et Robin se dévisagèrent puis desserrèrent peu à peu leur étreinte sans totalement se lâcher. Ils se sentaient tomber avec beaucoup moins de violence. Ils flottaient plus qu'ils ne chutaient. Le vide immense qui s'étendait sous leurs pieds ne semblait donner sur aucune issue. Pourtant, la force gravitationnelle les entraînait toujours vers le bas.
Zoro s'apprêtait à parler quand soudain, la vitesse, le poids et la pression reprirent possession de leur chute.
Cette fois-ci, ils tombèrent pour de bon. Robin tenta de rattraper la main du bretteur qu'il tendait vers elle. C'est à peine s'ils se frôlèrent. Entraînés par la force inattendue du souffle, ils avaient été séparés. Ils se maudirent de s'être laissés influencés par cette zone d'accalmie. Comment feraient-ils s'ils se perdaient de vue ? Cette question, ils n'eurent pas à se la poser longtemps. L'impact de leurs corps contre le sol eut la clarté d'y répondre.
Par réflexe Zoro s'assura que l'archéologue se trouvait à ses côtés. Elle était là, étendue à quelques centimètres de lui. Ses cheveux noirs tombaient sur son visage, derrière quelques mèches il vit ses iris bleus se poser sur lui.
Tous les deux poussèrent un soupir de soulagement.
Puis, lentement, de leurs yeux ébahis, ils découvrirent le paysage impossible qui leur fit face.
Le chant des vagues s'accompagnait de celui des mouettes tandis qu'un soleil de plomb tapait sur le sable où s'étendaient leurs corps endoloris…
Je vous avoue que j'aime particulièrement ce chapitre, surtout la fin :3 Rien qu'en la lisant, moult idées zorobiniennes me traversent l'esprit.
Et vous, qu'en pensez-vous ? Où est-ce qu'ils ont pu atterrir ? Si vous sentez le foisonnement d'idées vous envahir vous aussi, n'hésitez pas à les partager. Plus on est de fous, plus on rit !
A suivre. Seuls, ils avancent vers ce destin incertain mais pourtant familier. Les questions, l'entêtement, l'incompréhension, la douleur et la surprise vont les prendre au dépourvu.
