Bonjour la compagnie ! Vous êtes nombreux, enfin, nombreuses à plaindre Liz...mais bon, elle n'a pas encore fini de souffrir, préparez-vous psychologiquement.

Merci pour vos reviews, ils m'ont fait très plaisir, comme toujours !

Bonne lecture à tout le monde (ce chapitre est très bizarre, vous voilà prévenues !)


Chapitre 8 : Les voleurs volés

Elisabeth marchait dans un champ d'herbes hautes et laissait traîner ses doigts dans la végétation qui lui arrivait à mi-cuisse. Elle ne portait qu'une robe d'été et un foulard tandis que le vent soufflait agréablement dans ses cheveux.

La jeune femme ignorait où elle se trouvait, ni si tout cela était réel - après tout, son dernier souvenir impliquait Thanos et Ebony - mais elle comptait bien profiter de cette impression de plénitude et de calme qui gouvernait son être tout entier. Là où elle était, les problèmes apparaissaient flous, comme cachés derrière un draps. Elle savait que ça ne réglerait rien, mais elle s'en fichait. Elle était bien.

Arrivée en haut de la petite colline herbeuse, Elisabeth s'arrêta à côté d'un arbre et posa une main sur le tronc pour regarder ce qui se trouvait derrière.

Ses yeux s'écarquillèrent et son souffle se bloqua dans sa gorge.

Sous ses yeux s'étendait sa ville, New York, baignée par les flammes, la mort et la destruction. Les gratte-ciel étaient tombés et les rues étaient jonchées de cadavres parmi lesquels elle pouvait reconnaître des héros, ainsi que ses patients et sa famille. Des vaisseaux planaient au-dessus de la ville en cendres et larguaient des bombes incendiaires en continu alors qu'il n'y avait plus rien à détruire.

Liz trébucha en arrière et alla se blottir derrière l'arbre pour échapper à cette vision d'horreur. Elle enfouit son visage dans ses bras croisés et fondit en larmes, persuadée que la race humaine tout entière avait péri.

Quand elle releva la tête, des heures plus tard, New York avait été remplacée par un champ qui s'étendait à perte de vue. Incrédule, elle tourna la tête dans tous les sens pour retrouver la preuve que ce qu'elle avait vu était réel.

Au lieu de trouver des décombres, son regard tomba sur une haute silhouette en noir. Fronçant les sourcils, Elisabeth se remit sur ses pieds et s'avança vers l'autre. Plus elle avançait, plus le vent soufflait fort et le manteau de la silhouette se désagrégeait comme un nuage de vapeur noire.

- Qui êtes-vous ? demanda péniblement Liz, ses cheveux lui fouettant le visage sans merci.

La personne se retourna, et pendant un instant, Liz crut qu'il s'agissait de sa mère. Puis le visage changea, devint celui d'une autre femme, puis encore un autre et ainsi de suite jusqu'à ce qu'il se fixe sur une apparence perpétuelle.

La sienne.

C'était son visage, le visage de Liz qui lui faisait face, voilé par une cape noire.

- Tu devras empêcher ça, fit l'autre Elisabeth d'une voix douce mais sévère.

- Mais qui êtes-vous ? Et comment puis-je sauver le monde ? Je ne suis qu'une femme ordinaire ! Je n'ai pas de pouvoirs, pas d'arme, je n'ai rien ! s'écria le médecin, sa voix fuyant sa gorge pour aller se perdre dans les bourrasques.

- Empêche-le, répliqua son double alors que son corps était rongé par le vent comme un morceau de papier brûlé.

- Donnez-moi au moins un indice !

La femme en noir finit par s'évanouir complètement, la laissant seule au milieu de la tempête.


Elisabeth marchait dans un champ, suivie de près par Thanos et son acolyte. Elle marchait comme une somnambule et ne semblait même pas remarquer la pluie fine qui se déposait sur ses cheveux.

Elle les avait conduits en Chine, au beau milieu de nulle part, mais Thanos savait que la Pierre était proche. Il ne pouvait la sentir car le voleur l'avait cachée à sa vue, mais leur détecteur humain fonctionnait à merveille. Cette femme était bien pratique, tout de même. Et si… ?

Le titan fut tiré de ses pensées par l'apparition d'une cabane délabrée dans son champ de vision. De toute évidence, c'est là que se cachait le voleur. Adam Warlock.

- Nous pourrions utiliser cette femme pour l'Opération, dit tout haut Thanos à Ebony.

Ce dernier réfléchit une seconde, puis eut un mauvais sourire.

- Pourquoi pas, si elle survit à aujourd'hui. Cela nous évitera de devoir en trouver un autre.

Satisfaits, les deux créatures emboîtèrent le pas à leur prisonnière, qui venait de défoncer la porte à coups d'épaule. Ils entrèrent tous les trois dans la masure, qui se trouvait être vide.

- Votre cobaye se serait-il trompé, Ebony ?

- Non, impossible. Nous avons établi qu'elle serait attirée par la Pierre et par Warlock dans cet état hypnotique, elle va la trouver, j'en suis persuadé.

Ils observèrent Liz, qui s'était accroupie pour commencer à gratter le sol en terre battue de ses doigts, puis à creuser sans se soucier du sang qui perlait sous ses ongles brisés. Après quelque temps, elle finit par exhumer un coffret qu'elle posa sur le sol. Alors qu'elle allait l'ouvrir, Ebony s'empara de la boîte et la tint hors de portée.

- Si elle touche la Pierre, elle meurt, rappela-t-il à son patron tout en ouvrant le récipient. Le voleur a dû être piégé à l'intérieur de la Gemme, il n'aurait jamais laissé son butin sans surveillance, sinon.

Thanos s'empara de la Gemme et la plaça avec les autres sur le Gant de l'Infini. Il caressa les artefacts du bout des doigts et murmura :

- Plus qu'une…

Elisabeth, toujours hypnotisée, ne put détacher son regard de la pierre orangée, même quand son ravisseur conjura un nouveau portail pour les ramener sur Sanctuaire II. N'ayant plus besoin de ses services, Ebony tira Liz de son demi-sommeil et ricana quand brutalement elle reprit connaissance. Etourdie, la jeune femme tomba à genoux et essaya de reprendre ses esprits, les souvenirs de leur petite sortie en Chine lui revenant comme un poing dans la tempe.

Du coin de l'œil, elle vit Thanos donner des ordres à un Skrull :

- La dernière est sur Knowhere, ramenez-la moi mais ne la touchez surtout pas !

La créature s'inclina et s'esquiva rapidement, laissant Thanos seul avec Liz, Ebony étant reparti dans son pseudo-laboratoire.

- Toujours vivante ?

- Les humains sont plus forts que vous le pensez ! cracha Elisabeth en se relevant lentement, à la limite de la chute de tension.

- Mais oui, bien sûr, c'est pour ça que votre âme a si facilement été arrachée par ça, se moqua le colosse en tapotant la Pierre orange.

- Comment ça ? demanda Liz, suspicieuse.

- Ah, brave petite idiote… Quand vous l'avez ramassée pour la donner à Warlock, la Pierre a dévoré un bout de votre âme. Bien sûr, sur le coup vous ne vous en êtes pas rendu compte, mais plus vous passerez de temps à proximité de la Gemme, plus vite elle vous mangera.

Le médecin se recula au maximum par réflexe, allant se coller dos à un mur.

- C'est ce qui est arrivé à Adam Warlock, n'est-ce pas ? murmura-t-elle.

- Non, cet inconscient a essayé d'utiliser son pouvoir, et la Pierre l'a totalement absorbé, corps, esprit et âme. Il est pour ainsi dire prisonnier dans un autre monde, celui qui se trouve dans la Pierre.

- Et vous allez le laisser là-dedans ?!

- Pourquoi pas ? rétorqua Thanos en la dévisageant bizarrement.

- C'est inhumain… souffla Liz.

- Oui, et la vie est injuste. Au fait, je dois vous montrer quelque chose, vu que vous avez été sélectionnée pour participer à la suite du programme. Venez par ici.

Thanos ne lui laissa pas trop le choix et la saisit par l'épaule pour l'emmener dans un dédale de couloirs immensément longs. Ils finirent par arriver dans une salle pourvue de garde et dont le niveau de sécurité rappelait un peu le Pentagone. Après avoir passé tous les niveaux de sécurité, ils débouchèrent dans une salle plus petite qui contenait… un miroir.

C'était un très grand miroir dont le reflet était noir et opaque, d'accord, mais un miroir tout de même.

- Et je dois voir quoi ? ironisa Elisabeth.

Thanos la poussa pour qu'elle se mette en face de l'objet et Liz ne se gêna pas pour prendre une expression sceptique alors qu'elle plongeait son regard dans la surface miroitante. Peu à peu, elle reprit son sérieux. Quelque chose dans le miroir la dérangeait. Tout d'abord, elle ne se voyait même pas dedans alors qu'elle n'en était qu'à quelques centimètres. Ensuite, quelque chose bougeait à l'intérieur.

Essayant de voir mieux, Elisabeth se rapprocha, les yeux plissés. La chose grossissait, grossissait, comme si elle se rapprochait peu à peu de la surface alors que le miroir faisait à peine deux centimètres d'épaisseur.

Ce qui habitait le miroir apparut brusquement plus nettement, révélant son visage à la jeune femme. Cette dernière n'eut qu'une seule réaction.

Elle hurla de terreur.


- Voiiiilà, saleté de caillou, tu ne feras plus chier personne, ronchonna Rocket en calant le conteneur de l'Aether entre deux caisses d'outils.

- Hé ! Le vioque nous suit toujours ! prévint Quill, qui pilotait l'appareil en essayant d'éviter des tirs.

Le raton-laveur génétiquement modifié leva les yeux au plafond et posa ses cinq grenades pour aller se mettre au poste de tir arrière. Il s'assit sur son fauteuil en prenant tout son temps et attacha sa ceinture avant d'agripper la manette.

- Tiens, le vioque ! Des pruneaux ! Paraît que ça fait aller aux toilettes ! se marra-t-il en commençant à vider son chargeur sur le vaisseau du Collectionneur, qui les avait pris en chasse après qu'ils aient subtilisé la Pierre de Réalité dans son nouveau musée.

Parce qu'ils avaient démoli l'ancien, vous vous souvenez ?

C'est pourquoi Quill était occupé à esquiver les tirs de l'autre abruti de péquenaud, et que Rocket s'éclatait à lui en envoyer.

Ils s'étaient rendus seuls sur Knowhere, jugeant plus discret de ne pas se ramener à six pour piquer un truc rouge qui brille. De toute façon, Mantis était HS après que Drax l'ait assommée involontairement en s'étirant ce matin, Drax s'était pris un gros coup de pied de Gamora en punition et avait déclaré qu'il "n'avait pas envie de les aider". Gamora, elle, était restée à bord du vaisseau pour tenter de faire décrocher Groot des jeux vidéos, mais c'était loin d'être gagné. La jeune femme faisait donc la gueule tout en aidant son petit ami officieux à les sortir de cette embrouille.

- Dans cinq clics on a un passage ! prévint-elle au bout d'un moment passé à zigzaguer entre des morceaux de vertèbres géantes et flottantes.

- Génial ! s'exclama Quill en faisant une manœuvre risquée pour éviter un bâtiment plus haut que les autres.

- Et pourquoi il est aussi tenace, ce vieux ?! râla Rocket un peu plus loin.

- Vous lui avez volé un artefact magique d'une puissance incommensurable ! lui rappela Gamora. Quatre clics !

- C'est pour -encore- sauver l'univers !

- On n'a pris le temps de lui expliquer ! rétorqua Peter en braquant sa manette, manquant de leur faire dégobiller leur dernier repas.

- Je s'appelle Grooooooot !

- Ah, il a vaincu le boss de niveau ! traduisit le chasseur de primes.

- Rocket ! Concentre-toi ! l'engueula Gamora.

- Oh, la ferme !

- On doit ramener cette pierre dans un endroit sûr, pas la perdre en route parce qu'un vioque nous aura battus à la course ! Alors tu vas me faire le plaisir de rester concentré !

- T'y mets pas aussi, Quill ! Et la solidarité masculine ?!

- Va chier !

- Deux clics !

Rocket réussit à aligner trois tirs sur un des propulseurs de l'appareil du Collectionneur et poussa un glapissement de triomphe quand la machine prit feu. L'homme, furieux, dut se poser en catastrophe pour ne pas mourir.

- Bouahahaha, vous avez vu sa tête ?

- Non Rocket, je conduis.

- Si tu es toujours ok pour le portail, fonce droit devant, annonça platement Gamora à son petit ami.

- Il conduit où ?

- Pas très loin, c'était pour qu'il nous perde des yeux.

Satisfait, Quill accéléra et s'engouffra dans le tunnel quantique pour se retrouver de l'autre côté du crâne gigantesque qui imitait une planète morbide.

- Ah ouais, effectivement, on n'est pas très loin du point de départ, fit remarquer Rocket avec son habituel ton sarcastique.

- Oh, ferme-la Rocket, répondit Gamora, vexée. Cap sur la Terre, faut qu'on retrouve les autres pour savoir où ils en sont.

- Tu crois que le roi Machin est déjà arrivé ?

- Quoi ?

- Ben, le gars des éclairs, là…

- Bah, normalement oui… sauf s'il a fait un détour pour visiter les environs, répondit Quill.


- Il nous faut une arme, déclara Loki après qu'ils aient passé cinq minutes à se regarder dans le blanc des yeux à la recherche d'une idée.

- Bien, c'est un début, quelqu'un a des suggestions ? questionna Tony d'un ton pince-sans-rire.

- Une arme technologique mêlée à de la magie, proposa Wanda. Ça pourrait marcher. Quelque chose qui le mette à terre et l'empêche de se relever.

- Et on profiterait de ce temps de répit pour lui piquer son gant et le détruire ? ajouta Clint.

- Et puis on le détruit, lui, conclut Loki avec un regard glacial.

- Je rappelle que ce type est capable de télékinésie et de créer des boucliers d'énergie, objecta Strange. A quoi servira notre arme s'il la détruit ou parvient à arrêter les tirs ?

- Il suffit de ne pas lui donner l'apparence d'un flingue, dit Tony en haussant les épaules. Il ne peut pas la détruire s'il ignore que c'est une arme.

- Une faille psychologique ? Ça me plaît, apprécia Stephen.

- Il faudra aussi revoir l'équipement de certains d'entre nous, dit Loki. Un bouclier pour Rogers, par exemple.

Stark se trémoussa sur son cadavre de canapé, mal à l'aise.

- J'y travaille… grommela-t-il.

- Je pense qu'il y a aussi moyen d'armer les sorciers de cette planète, ajouta l'Ase en jetant un œil à Wanda. Et il me faudrait de nouvelles dagues, mais je peux les forger moi-même.

- Le problème, c'est qu'on ne sait pas quand Thanos va nous attaquer de nouveau, ni même s'il projette de le faire, lança Steve. On n'a peut-être plus le temps de se préparer, et Tony ne peut pas tout faire seul.

Wanda se pencha en avant, une flamme nouvelle dans ses yeux verts.

- Avec la magie on peut avancer plus rapidement, il suffit de nous dire quoi faire, ajouta-t-elle en fixant Loki et Strange, attendant leur accord.

- La gamine a raison.

- Je ne suis pas une gamine, Mr Strange.

- C'est Docteur, pas Monsieur.

Loki soupira.

-Monsieur Stark ? J'ai un appel du Asgard 2.0, annonça brusquement Friday.

- C'est quoi ce nom ridicule ? s'étrangla le prince asgardien.

- Une idée personnelle. Friday, accepte l'appel.

L'Intelligence artificielle obéit à son créateur et un hologramme montrant Bruce Banner et Thor apparut en plein milieu du salon.

- Ami Stark ! Quelle joie de vous revoir ! fit Thor, jovial.

Bruce sembla alors remarquer l'état du salon.

- Que s'est-il passé ? On dirait qu'une bombe vient d'exploser dans ton appartement !

- C'est à peu près ça… Où en sont les réparations ?

- Terminées, avec l'aide de cette bande de tarés que vous nous avez envoyés… On approche de la Terre, mais on risque de déclencher la panique en atterrissant au milieu de l'Amérique.

- Bon, vous atterrissez où exactement ? demanda l'ingénieur.

- En Oklahoma. Si tu pouvais prévenir les autorités, histoire qu'on ne se fasse pas bombarder… fit Bruce en se mordant la lèvre inférieure.

- Compte sur moi, je passe un coup de fil au gouverneur et à la Maison Blanche.

- Homme de Fer ? ajouta Thor. Le docteur Banner dit que c'est un bel endroit avec plein d'espace. Est-ce que mon peuple pourrait se reconstruire à cet endroit ?

- C'est pas à moi d'en décider Point Break ! Mais bon, je te promets d'en parler aux huiles une fois que le problème avec Thanos sera réglé.

Le visage du Roi d'Asgard s'illumina d'un grand sourire.

- Merci beaucoup, Ami Stark ! Loki, mon frère, comment vas-tu ?

- Mal, grommela le dieu de la Malice pendant que Tony se levait pour téléphoner au gouverneur. Elisabeth a encore été enlevée par Thanos et cette fois, on n'a aucune idée de ce qu'il lui veut. Vision est dans le coma, Thanos a au moins quatre Pierres d'Infini en sa possession et j'ignore ce qu'il compte faire une fois qu'il les aura toutes.

Thor s'assombrit et Bruce fronça des sourcils inquiets.

- Je t'aiderai à retrouver ton amie et à défendre la Terre contre ce monstre, mon frère, tu as ma parole ! tonna le roi.

- Merci, dit simplement Loki avant de couper la communication et de soupirer de soulagement.

- Avec Hulk et Thor, on peut espérer tenir plus longtemps, commença Steve. Mais ça ne sera pas suffisant.

- On applique le plan, décida Loki. Nous, on construit des armes avec Tony, et vous… appelez les autres.

Le visage de Barton se fendit d'un grand sourire et il se leva, accompagné de Captain America.

- Où est-ce qu'ils vont ? s'enquit Stark en revenant vers eux.

- Ils vont rassembler une armée, l'informa le dieu.


- C'est bizarre, lâcha Gamora au bout d'un moment.

- Quoi ? Le fait que tu sois encore avec Quill après toutes ses conneries ? ricana Rocket.

- Non, on n'a vu aucun vaisseau depuis tout à l'heure, pourtant ce coin est toujours bondé.

- Bah, ils ont peut-être tous décidé de changer d'itinéraire, fit le raton-laveur en haussant les épaules.

- Le radar réagit bizarrement, il détecte des trucs, mais il n'y a absolument rien… remarqua Peter.

- Je n'aime pas ça, conclut la verte en serrant les poings autour de sa manette.

Rocket plissa les yeux et partit vers l'arrière du vaisseau.

- Je vais recharger les canons, quelque chose me dit qu'on va en avoir be…

L'appareil fit une brusque embardée, projetant le rongeur en arrière. Des sirènes d'alarme se mirent aussi à retentir dans tout l'habitacle, faisant pester Drax qui roupillait dans sa cabine.

- C'était quoi ça ? On a heurté un astéroïde ?

- Je n'ai rien vu ! lança Gamora.

Tout à coup, la jeune femme eut l'impression qu'on passait une gomme géante juste devant elle. Une dizaine de vaisseaux sombres étaient apparus, comme ça, d'un coup, comme s'ils avaient toujours été là.

- Des écrans réflecteurs… murmura-t-elle, plus pour elle que pour les autres. On s'est fait tamponner et on est encerclés ! Rocket, recharge les canons !

- Me donne pas d'ordre ! protesta le chasseur de primes.

- VITE !

Le rongeur courut sans demander son reste et on entendit une flopée de jurons sur le pont inférieur, comme ils se plaisaient à l'appeler.

- Qu'est-ce qu'on fait ? s'inquiéta Gamora. Si on fonce, ils vont nous abattre , et si on reste là…

- Ils nous abattront quand même, termina Peter.

Pour une fois, l'ex-terrien avait l'air complètement désespéré. Ils étaient seuls face à une armada avec deux malheureux canons et des mini-lasers. Peter Quill se détacha de son siège, se leva et embrassa passionnément la femme de sa vie, qui en resta comme deux ronds de flan.

- Peter ? fit Gamora d'un air perdu quand il fut retourné à sa place.

- Désolé, fallait que je remette mes idées en place, dit l'humain, fataliste. On va peut-être mourir aujourd'hui, mais avant, on va vivre bordel !

Il souleva un clapet et appuya sur le bouton qui se cachait dessous. Gamora, comprenant son plan, se tint prête à piloter.

- Rocket ! On passe en force ! prévint-elle à voix haute.

- Ouais !

Quill fit hurler les moteurs et fonça vers le barrage ennemi, espérant qu'il allait s'ouvrir et les laisser passer. Cela n'arriva pas, bien sûr, alors il passa au plan B et activa les lasers qui s'étaient rassemblés sur le nez de son vaisseau, trouant ainsi la coque de l'ennemi le plus proche, qui se décala vite fait avant d'essuyer plus de dommages. Voyant le noir de l'espace, Quill accéléra encore et sortit du guet-apens. Il entendit alors Rocket insulter copieusement leurs assaillants en tirant sur ceux qui essayaient de les courser et commença à sourire, certain qu'ils allaient s'en tirer.

Il fit un clin d'œil à Gamora, qui lui fit comprendre qu'il ferait mieux de rester concentré, et se mit même à chanter un vieux tube des années 60.

C'est à cet instant que tout dérapa.

Peter faillit avaler sa langue quand un second choc, cette fois sur leur aile droite, détruisit un de leurs propulseurs.

- Quiiiill ! Apprends à conduire ! tonna Drax, qui n'avait toujours pas compris.

- On a des dégâts au niveau du premier moteur, Peter, l'informa la femme de sa vie en consultant les panneaux de commandes.

Un second vaisseau vint se poser sur eux, les écrasant de son poids, tandis qu'un autre se postait en dessous, les empêchant de décrocher.

- Merde, qu'est-ce qu'ils foutent ces cons ?! s'emporta Rocket. Je peux plus tirer, ils ont zigouillé le canon arrière !

Peter planta son poing dans le tableau de bord.

- Et merde !

- Les lasers ? proposa Gamora.

- Ils sont trop près, ça endommagerait notre carlingue !

- On n'ira pas loin avec un moteur en moins, faut le réparer au plus vite si on veut s'échapper, fit Rocket en revenant à l'avant.

- C'est qui ces types de toute façon ?!

- Les soldats de Thanos, ils sont là pour la Pierre, avança Gamora.

Le regard des trois Gardiens se dirigea vers la soute, où se trouvait la Gemme.

Gamora : On la camoufle ?

Peter : On la jette dans l'espace ?

Rocket : On leur vend ?

Œillade agacée.

- Rooooh, ça va hein !

- Si on la leur donne sans résister, ils vont nous tuer, exposa la fille adoptive de Thanos. Mais si on se bat, ils nous tuerons quand même. Et vu qu'ils arriveront de toute manière à piquer la Pierre, il faut qu'au moins l'un de nous survive pour l'annoncer aux terriens. Une idée, quelqu'un ?


Les Skrulls n'eurent aucun mal à tracter le petit vaisseau jusqu'à une de leurs pistes de décollage. Ils investirent rapidement les lieux, s'étonnant de ne pas rencontrer de résistance sauf un arbre qui croissait dans un pot au fond d'une cabine. Voyant les occupants évanouis sur le sol et les couchettes, les envahisseurs enfilèrent un masque à gaz par précaution, ne sachant pas ce qui les avait tués.

Car ils étaient bien morts, les Skrulls avaient vérifié.

Ils fouillèrent la cale et finirent par découvrir le conteneur de l'Aether sous un filet de camouflage et s'en emparèrent avec empressement, impatients à l'idée de la donner à leur maître. Jugeant que le vaisseau était en trop mauvais état pour leur être utile, en plus d'être potentiellement rempli de gaz mortel, ils refermèrent la rampe d'accès et le balancèrent dans le vide spatial.


Quelques minutes plus tard, les Gardiens revinrent à eux, bien vivants. Groot, armé de plusieurs seringues qui lui avaient servi à les ranimer, émit un soupir de soulagement et retourna jouer.

- Tu m'expliqueras quand même ce que tu foutais avec de la tétrodotoxine* dans ton sac, gémit Peter en récupérant peu à peu l'usage de ses membres.

- Expérience personnelle, asséna Rocket.

- Une chance que tu ais aussi de l'atropine en tout cas… soupira Gamora en s'étirant. Bon, il faut qu'on prévienne les autres, je vais essayer d'établir un contact…

Quelques minutes plus tard, après un échange plus que stressé avec les terriens, les Gardiens découvrirent leur boulette.

Thanos possédait maintenant au moins cinq des six Pierres.


À suivre…

*Tétrodotoxine : toxine que l'on retrouve dans le fugu et qui est mortelle à une certaine dose. Cependant, à une dose quasi-létale, la tétrodotoxine a la particularité de ralentir le fonctionnement du corps jusqu'à l'inconscience, rendant le pouls quasi indiscernable. Il devient donc facile de faire passer quelqu'un pour mort.
L'atropine permet quant à elle de faire revenir à elles les personnes intoxiquées.

Vu que Groot est un arbre, il n'a pas de pouls et a donc pu rester conscient sans se faire remarquer et réveiller ses amis après coup.

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