Bonjour tout le monde !
J'espère que vous allez bien et que vous avez hâte de connaitre la suite !
Alors, petite mise au point sur ce chapitre - qui est super important pour moi - :si j'ai commencé à écrire cette fanfiction, c'est grâce à ce moment de l'histoire. J'ai rêvé de ce chapitre, et il est resté dans ma tête une bonne semaine après coup. On peut même dire qu'il m'obsédait! Donc si vous lisez cette histoire aujourd'hui, c'est grâce à ce chapitre là.
J'espère qu'il vous plaira et que vous me ferez part de vos avis - Oui je parle des reviews! D'ailleurs, j'aimerais remercier caro-hearts et Nhocae pour vos reviews à chaque chapitre! Et merci à tout ceux qui m'en laisse aussi, car ça me permet de continuer et vous êtes adorable!
J'aimerais aussi remercier mes lecteurs du bout du monde! Oui, c'est à vous que je m'adresse, habitants des : Iles Feroes, Canada, Etats-unis, Islande, Suisse, Nouvelle Zélande...Merci de me lire de si loin - c'est ça aussi la magie d'internet! N'hésitez pas à vous manifester!
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Bon, assez de blabla: je vous souhaite un bon chapitre!
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Disclaimer : les personnages et l'histoire d'origine du SDA appartiennent à Tolkien, moi je les fais seulement souffrir ;)
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Elle ne comprit pas tout de suite ce qui lui arrivait. L'éclair frappa si soudainement la paroi de la montagne qu'elle entendit plus qu'elle ne vit l'éboulement des rochers devant elle. Elle ferma les yeux un bref moment, se collant autant qu'elle pu à la montagne, tentant vainement de se protéger des rochers qui tombaient. C'est pour ça qu'elle ne vit pas Frodon tomber, sa main toujours dans la sienne, mais elle sentit son corps être entraîné vers l'avant. C'est ça qui lui avait fait ouvrir les yeux.
Elle avait bien tenté de se retenir après ça, de chercher sur la corniche une prise à laquelle s'agripper, mais elle n'avait rien trouvé. Rien qui puisse la sauver, elle et le porteur, et le vide les emporta tout les deux.
Elle avait entendu un hurlement de terreur pure tandis que le vide les avalait. Ce n'est qu'au moment où elle n'avait plus vu ses compagnons qui les regardaient tomber sans rien pouvoir faire, qu'elle s'était rendu compte que le cri venait d'elle.
Elle culbuta plusieurs fois d'avant en arrière, gardant la main du porteur dans la sienne, se cramponnant si fort qu'elle doutait de pouvoir un jour la relâcher. Leur vitesse de chute finit par ralentir après qu'ils aient trouvé une position permettant à l'air de les stabiliser.
La tempête qui accompagnait la compagnie durant la montée du col continua d'harceler la jeune femme et le hobbit durant leur chute. Le vent cingla leurs visages et la force du vent fit pleurer les yeux de la jeune femme, les rendant douloureux.
Frodon la regardait, terrifié par le sort qui les attendait plus bas. Comble de l'ironie, la chaîne qu'il portait continuellement autour du cou était ressorti de son gilet. L'anneau semblait danser sous la force du vent, devant les yeux du hobbit, le narguant.
Isleen regardait l'anneau, les yeux fous de terreur. Elle ne pouvait pas mourir dans ce monde, comme ça. Elle ne savait pas quoi faire, sa tête était vide de toute idée, le vent se faisait plus cinglant, se mélangeant à la neige et à la glace que la tempête faisait pleuvoir sur eux.
Le sol se rapprochait considérablement, il ne leur restait que quelques instants avant que la mort ne les prenne. Le temps semblait s'étirer indéfiniment pour la jeune femme, mais il ne s'était écoulé qu'une poignée de secondes depuis leur chute.
Isleen regarda Frodon. Il tenta de dire quelque chose, mais le vent empêcha la jeune femme d'entendre une seule des paroles du jeune homme. Mais quelque soit ce qu'il voulait dire, Isleen était persuadée qu'il lui faisait ses adieux.
L'histoire ne pouvait se terminer ainsi. Leurs vies ne s'achèveront pas ici. Pas comme ça.
Peut-être est-ce la vue qu'elle eu de Frodon terrifié par ce qui les attendait, ou celle du sol qui se faisait de plus en plus proche, qui lui rappela subitement qu'elle était armée. Bien qu'elle se fut changée quand la neige avait fait son apparition, elle n'avait pas omis de remettre en place ses armes.
Elle mit rapidement au point un plan précaire et totalement fou, mais si elle ne tentait rien, ils mourraient tous les deux. Par chance, leur chute ne les avait pas éloigné de la montagne.
Elle tira avec force Frodon vers elle, son corps allant s'écraser sur la poitrine d'Isleen, mais celle-ci n'en eu cure. Elle entreprit vivement de placer Frodon dans son dos. Celui-ci l'aida rapidement quand il comprit ce qu'elle souhaitait. La tâche ne fut pas aisée tant le vent soufflait fort, et que leurs corps continuaient de tomber, culbutant en avant plusieurs fois... mais la force de vivre qu'ils avaient, et la poigne par laquelle ils se tenaient, leur permit de réussir. Frodon accrocha ses jambes à la taille de la jeune femme et mit ses bras autour de son cou, s'accrochant à elle comme à une bouée de sauvetage.
Isleen sortit ses deux longues dagues elfiques – qui étaient heureusement légèrement courbées – et, lames en avant, essaya de les planter dans la glace qui recouvrait la paroi, priant pour que la couche soit assez épaisse pour qu'elles aient une prise. En voyant ce que faisait Isleen, Frodon s'agrippa de plus belle au cou de la jeune femme, l'étranglant presque.
Les lames ne firent qu'érafler la glace, sans s'enfoncer, entraînant une pluie de neige sur le visage des deux jeunes gens. Le choc entraîna le corps d'Isleen vers la paroi de la montagne et sa tête la heurta violemment, en même temps que le reste de son corps.
La jeune femme fut sonnée, elle vit plusieurs points noirs danser devant ses yeux et sa tête se fit plus lourde. Elle ne pouvait sombrer et s'évanouir, elle se devait de réessayer !
Isleen secoua la tête pour se remettre les idées en place, et Frodon relâcha la pression sur son cou. Bien que la première tentative eu échoué, elle avait pu se rapprocher de la paroi et avait une position de chute plus favorable à son plan totalement dingue.
Elle retenta une deuxième fois de placer les lames de ses dagues dans la glace, priant pour réussir ce coup ci. La deuxième tentative eu plus de succès que la première : sa lame droite s'enfonça largement dans la glace, entraînant une deuxième fois une gerbe de neige sur Frodon et elle.
Cette réussite entraîna une nouvelle fois le corps de la jeune femme contre la paroi de la montagne. Mais Isleen empêcha le choc de se renouveler en plantant la deuxième dague dans la glace, et tenta en même temps de ralentir leur chute avec ses pieds. Cela fonctionna plus qu'elle ne l'aurait espéré, et elle finit par s'arrêter complètement quand elle trouva un appui sur le flanc de la paroi qui ressortait légèrement.
Elle ferma les yeux, tentant de reprendre son souffle. Son cœur battait tellement fort qu'elle eut peur pendant quelque secondes de déclencher une avalanche. Elle finit néanmoins par rouvrir les yeux, ses doigts complètement tétanisés sur la garde de ses dagues.
-Tu... tu as réussi !, s'écria sans le croire Frodon.
-Oui...Oui, j'ai réussi, dit Isleen, tremblante. Mais ce n'est pas terminé...
Elle leva les yeux vers l'amont, découragée.
-Comment nous allons faire ?, l'interrogea Frodon, lui aussi découragé par la hauteur.
-Nous allons devoir grimper, répondit-elle.
-Oui...
-Je vais utiliser mes dagues comme prises pour mes mains, et m'aider des aspérités de la paroi pour grimper avec mes pieds., lui expliqua-t-elle.
-D'accord. Je te fais confiance.
-Il en faut au moins un..., dit Isleen tout bas, plus pour elle que pour lui, ne souhaitant pas l'effrayer.
Elle prit une grande bouffée d'air pour remplir ses poumons et chasser le stress qui lui étreignait les tripes. Le froid était mordant autour d'eux, et le vent était violent, bien que moins présent depuis qu'ils étaient accrochés à la paroi. Elle ne savait pas si elle allait tenir, elle n'avait pas vraiment confiance en ses forces pour réussir à grimper aussi haut. Elle n'avait jamais fait d'escalade dans sa vie et commencer avec des dagues au lieu d'un équipement complet ne la rassurait pas non plus ! Le coup qu'elle avait reçu sur la tête n'allait pas l'aider, ainsi que le poids de Frodon, mais elle allait devoir faire abstraction et grimper.
Elle se mit alors en mouvement, faisant jouer ses doigts sur la garde de la première dague qui s'était enfoncée. Elle chercha vers la droite une prise pour ses pieds, essayant au maximum d'avoir toujours trois points d'appuis sur la montagne. Elle trouva une légère faille dans la glace, qui lui permettrait d'y glisser son pied. Elle retira alors précautionneusement la dague droite de la glace et vint la planter plus en hauteur, pour permettre à son corps de se mettre en mouvement. Le pied rentra facilement dans le trou et Isleen chercha une autre aspérité pour son pied gauche. Elle regarda en l'air, et dans un soupir se dit qu'ils avaient un long chemin à faire.
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Il observa d'un œil triste le reste de ses compagnons. Ils avaient tous le visage défait et le regard abattu ou dans le vide. Ils allaient devoir prendre une décision sur la suite des événements.
Il se sentait vieux, et le poids de la culpabilité pesait sur ses épaules. Ils n'avaient pas été à la hauteur. Le sort d'Arda s'annonçait funeste, et cela par sa faute. Son envie de passer par le col, sachant la difficulté de la manœuvre, lui paraissait fou à ce moment.
Les rafales de vent, qui continuaient à faire rage autour d'eux, avaient emmêler sa barbe et l'ornementa d'un léger voile de givre.
-Nous devons décider de ce que nous allons faire à présent, dit-il alors.
Aragorn releva les yeux et le regarda. Il fronça légèrement les sourcils mais se leva tout de même, s'aidant d'une de ses mains, laissant une légère trace de sang sur la paroi. Le vieux magicien s'avança alors vers le reste du groupe, qui le regardait silencieusement. Gimli avait le visage aussi blanc que la neige sur laquelle il s'était assis quelque temps auparavant.
Les trois hobbits restants ne semblaient pas vouloir s'associer au groupe. Ils continuaient de mettre de l'ordre dans leurs affaires et d'accrocher ce qu'ils pouvaient sur le dos du poney.
-Nous sommes perdus !, intervint alors Boromir d'un ton colérique. Et cela par votre faute !
Le magicien gris ne pouvait que lui donner raison, mais se l'entendre dire à haute voix était une réalité à laquelle il aurait préféré ne pas avoir à faire face. Cela fut un rude coup pour l'âme du magicien.
-Nous aurions dû passer par le Rohan et faire fit de la menace de Saroumane !, continua le gondorien.
-Êtes-vous devenu complètement fou !, s'écria Aragorn, prenant la défense du vieil homme. La route du Rohan était trop bien surveillée !
-Mon cousin Balin nous aurait tous accueillit avec bonté dans la Moria si nous nous étions présentés chez lui, intervint Gimli, sortant de sa léthargie. Oui ! Tous, même Legolas aurait été le bienvenue !
-Il y a un mal qui vous est inconnu dans ses cavernes, lui dit Gandalf, acculé.
-Tout aurait mieux valu que cette fin pour Frodon et Isleen!, s'écria Gimli hors de lui.
Une larme unique coula de ses yeux, témoin de la peine qu'avait le nain de perdre ses compagnons. Il sentit une main se poser sur son épaule, signe de compassion et de soutien face à son chagrin. Le maître nain se tourna vers la personne qui le soutenait et fut plus que surpris de voir l'elfe blond. Il ne tenta pas de repousser cet appui que lui offrait Legolas, tant il était sous le choc, de même que le regard hanté qu'avait le prince elfique, était l'écho du sien.
-Vous ne comprenez pas que les forces de Sauron nous aurait rattrapé et la fin de Frodon aurait été faite de cruauté et de douleurs, dit Gandalf. L'ombre et la flamme sont puissantes...
-Quelle route devons-nous prendre, maintenant ?, demanda Aragorn souhaitant mettre les querelles de côté. Nous n'avons plus l'anneau...
-Nous allons devoir aller le chercher. Le récupérer sur Frodon, dit alors Gandalf, redoutant la portée qu'aurait sa phrase sur ses compagnons.
-Pardon ?, intervient d'une voix dure Sam, interrompant ce qu'il faisait.
Tous s'étaient figés à l'annonce du magicien. Personne n'osa faire le moindre geste et les respirations semblèrent s'être arrêtées. Le jeune hobbit blond regardait avec dégoût le magicien qui venait de proférer ces paroles. Une veine palpitait le long de sa tempe et ses mains tremblaient légèrement, témoignage de sa colère.
-Tout cela est votre faute ! dit-il d'une voix glaciale, à l'adresse du magicien. Vous étiez censé le protéger... « Mettez-le en sûreté, Frodon »... « Est-il en sûreté ? » Vous n'en avez que pour votre fichu anneau ! Vous vous fichez de Frodon !
-Non...Non... C'est faux, dit le magicien, abattu. Je voulais le protéger.
-Vous ne nous avez pas attendu à l'auberge à Bree ! Vous n'étiez pas là-bas !, s'écria alors Sam, à bout. Vous auriez dû être là pour lui ! Il aurait pu mourir, mais vous n'étiez pas là pour le protéger, alors que vous l'aviez promis !
-Il suffit, Sam !, intervint Boromir. Vous êtes injuste et vous le savez. La douleur aveugle votre jugement.
Sam planta son regard bleu devenu glace dans les yeux de l'homme. Le gondorien y vit alors toute la douleur du hobbit, écho de celle qui habitait tous ses autres compagnons. La perte de son ami et presque frère hantait les prunelles de Sam. Les larmes débordaient de ses yeux malgré ses efforts pour les retenir, mais la douleur était trop vive pour qu'il réussisse. Merry et Pippin attrapèrent leur jeune ami par les épaules, l'empêchant de tomber malgré ses jambes tremblantes.
-J'irai, annonça alors Aragorn.
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Le froid se fit plus mordant tandis qu'ils montaient de plus en plus haut. Le vent entrait dans les différentes couches de vêtements qui habillaient Isleen, la faisant grelotter. Frodon continuait de s'accrocher à elle fortement, subissant lui aussi les assauts du vent. Son visage était enfoui dans le cou de la jeune femme – position légèrement intime pour un homme et une femme, mais ici, une simple question de survie – soufflant de l'air chaud par la bouche pour permettre à Isleen d'avoir une petite source de chaleur.
La neige qui s'était mise à tomber n'arrangeait pas les choses pour la jeune femme, qui peinait à garder le contrôle de ses mains. Isleen n'aimait rien moins que la neige. Cette matière blanche, duveteuse et froide – terrain de jeux pour de nombreuses personnes, son ennemi aujourd'hui. La neige savait s'immiscer partout où elle souhaitait. Les cheveux roux de la jeune femme étaient recouverts d'une fine couche de neige, tout comme ses vêtements, rendant le tout humide. Bien que Frodon soit cramponné à son dos et la protège un maximum de ce désagrément, le poids du hobbit, ainsi que de l'humidité des vêtements, rendait la tâche qui incombait à la jeune femme plus difficile encore.
La neige continuait de tomber inlassablement, rendant les mains de la jeune femme humides et toutes rouges, signe du froid intense subi par ses doigts. Elle n'avait pas de gants pour la protéger et le froid engourdissait de plus en plus ses membres. Il lui était de plus en plus difficile de tenir ses dagues sans qu'elles ne lui glissent des doigts.
Néanmoins, elle continuait de grimper.
Il était plus facile d'escalader la montagne qu'elle ne l'avait pensé, tant la paroi offrait de nombreuses aspérités dans lesquelles ses pieds pouvaient s'enfoncer ou se poser. Bien que la fatigue se fasse de plus en plus sentir dans tout son corps, elle essayait de maintenir un rythme soutenu, voulant s'échapper le plus rapidement possible de ce vide infernal. Ses jambes raidies par l'effort et ses bras qui criaient au supplice mettaient à rude épreuve la jeune femme. Elle ferma les yeux quelques secondes pour permettre à son corps de recouvrir certaines forces, se laissant aller pour la première fois depuis le début de leur ascension.
-Tout va bien Isleen ?, demanda Frodon, qui sentit que la jeune femme s'était arrêtée.
-Oui...Je me repose juste un moment., lui dit-elle, les paupières toujours closes.
Elle était en face d'une cheminée, habillée d'un gros pull rouge avec des motifs de rennes de noël. Elle tenait dans sa main une tasse de chocolat chaud agrémenté de guimauve blanche et rose pale, qui lui réchauffait les mains. Elle était bien, ici, le regard perdu dans la couleur des flammes. Elle tourna la tête et vit Frodon qui lui souriait. Lui aussi était habillé d'un pull de noël couleur vert sapin, décoré d'un gros cadeau en fil rouge et blanc. Il tenait dans sa main un bel anneau doré, qu'il faisait jouer entre ses doigts.
-Il fait très chaud ici, lui dit Isleen en souriant.
-Oui, c'est vrai, lui répondit-il d'une douce voix.
-Comment sommes-nous arrivé là ?, lui demanda Isleen, dont les souvenirs de neige et d'escalade revenaient.
-Nous sommes morts, lui dit Frodon s'arrêtant de jouer avec son anneau. Tu nous as tué.
Isleen le regarda, abasourdie par ses paroles.
-Ce n'est pas vrai !, s'écria-t-elle en se levant, abandonnant sa tasse de chocolat sur la table placée devant elle.
Frodon se leva et enfila à son doigt l'anneau doré. Le beau visage du hobbit se mit alors à grossir et à se déformer. Les pommettes du jeune homme se fissurèrent, et de la chair fumante et putride de pus sortit de ses orbites, devenus vides et noirs comme la nuit. Isleen regarda avec horreur son ami se transformer en une créature hideuse sans pouvoir rien faire. C'est alors que la monstruosité fit un pas vers la jeune femme et celle-ci hurla de terreur.
-ISLEEN !, hurla Frodon, réveillant la jeune femme.
Elle ouvrit les yeux au moment où ses doigts glissaient de ses dagues. Elle se raccrocha à ses lames au tout dernier moment, évitant de justesse d'être entraînée dans le vide.
-Je suis désolée ! Je suis désolée !, s'écria t-elle tremblante de peur. Je me suis endormie, je sais pas comment ! Je suis désolée !
-Ce n'est rien, la rassura Frodon, bien qu'il avait eu la peur de sa vie. Tu es fatiguée...C'est normal. Et tu t'es cogné la tête... Essaye juste de ne pas t'endormir.
-Je suis tellement fatiguée, lui dit-elle au bord des larmes.
-Je sais. Mais il n'y a que toi qui peut nous ramener là haut, lui dit Frodon. Je ne suis pas assez fort pour grimper avec toi sur mon dos. Mais je peux t'aider.
-Comment ?
-En te tenant éveillée. Et si tu me parlais de ta famille ?, lui demanda-t-il.
Isleen sourit pour elle-même, le visage tourné vers la paroi glacée. Le vent continuait de rugir dans leurs oreilles mais une douce chaleur l'envahit suite aux paroles du jeune homme. Elle n'était pas seule.
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-C'est une folie que d'y aller !, s'exclama Boromir. Regardez autour de vous ! Nous sommes en pleine tempête et vous ne savez pas ce qui vous attend en bas
-Mais il nous faut y aller, répondit Aragorn.
-Pour votre précieux anneau !, intervient durement Sam. Vous n'en avez tous que pour lui.
-Non. Pour Frodon. Pour Isleen, lui répondit-il.
-Vous ne trouverez que la mort en bas !, s'écria Boromir.
Aragorn ne prêta pas attention au parole du gondorien et se tourna vers Gandalf.
-Si cela est trop de mauvais souvenirs pour vous, laissez quelqu'un d'autre allez le chercher, lui dit Gandalf, connaissant la répulsion qu'avait Aragorn pour l'anneau.
-J'irai à votre place, si cela peut vous être utile, intervint Legolas.
-Je peux accompagner l'elfe, dit Gimli. Nous avons tous besoin d'aide ici.
Legolas regarda le maître nain et hocha la tête en signe d'acceptation. Ils ne seraient pas trop de deux pour réaliser cette tâche.
-Je vous remercie tous, mais je peux accomplir cela seul, leur dit Aragorn. Quelqu'un m'a dit une fois que je n'étais que le descendant d'Isildur, non Isildur lui même. Nous n'avons pas les même démons.
-Nous vous accompagnerons, annonça Gandalf. Nous avons commencé ensemble et nous finirons ensemble.
-Nous ne continuerons pas avec vous, annonça brusquement Merry.
Les hommes, l'elfe, le nain et le magicien se tournèrent en un même mouvement vers les hobbits. Ils avaient fini d'installer leurs paquets sur le dos de Bill le poney et se tenaient prêt à partir.
-Nous rentrons chez nous, intervient Pippin le visage fermé. Nous aurions dû savoir qu'une telle aventure n'était pas faite pour nous. Nous sommes des hobbits, notre place est à la Comté.
-Je suis désolé, leur dit alors Sam. Mais nous avons trop perdu.
Les hobbits se mirent alors en mouvement. Sam prit le col du poney et s'en alla, suivi de près par le reste de ses compagnons.
-Attendez !, leur cria Aragorn. Venez avec nous !
-Notre place n'est plus avec vous, dit Merry
-Restez pour Frodon et Isleen, intervint Gandalf. Nous allons devoir enterrer leurs corps. Pour un dernier au hommage... Votre présence est précieuse.
Merry regarda Pippin, qui regarda à son tour Sam. Ils souhaitaient rentrer chez eux et oublier dans un coin de leur cœur la mort si douloureuse de leurs amis. Mais les paroles du magicien fit sens en eux. Ils ne pourraient rentrer sereinement à Hobbitbourg sans avoir pu préserver les corps de leurs amis des loups et autres charognards. Ils acquiescèrent les uns les autres.
-D'accord. Nous viendrons vous aider pour les enterrer, dit Sam. Mais ensuite, chacun reprendra son chemin de son côté.
-Bien., acquiesça Gandalf. Regroupons nos affaires et mettons-nous en route.
Le regroupement de leurs affaires se fit très rapidement, chacun souhaitant partir au plus vite de cette montagne maudite. Quand ils furent prêt, Gandalf prit les devant suivi de près par Aragorn. Venaient ensuite les trois hobbits restants et Bill le poney. Boromir et Gimli suivaient ensuite, et Legolas ferma la marche. Ils laissèrent là la mort et la détresse. Néanmoins, aucun d'eux ne pu s'empêcher de regarder une dernière fois le vide par lequel leurs amis avaient trouvé la mort.
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Isleen s'était tu depuis plusieurs minutes, laissant Frodon lui raconter son enfance auprès de son oncle Bilbo. Elle aimait le lien qu'ils avaient tout deux réussi à tisser, et l'amour qu'ils se portaient réchauffait les cœurs.
-Bon, la suite tu la connais, Il est allé chez le seigneur Elrond, lui dit Frodon.
-Oui, en effet, répondit-elle avec un petit sourire.
Ses mains tenaient fermement les deux dagues plantées dans la glace. Elle était épuisée et ses doigts glacés la faisait effroyablement souffrir. Elle avait peur d'en perdre l'usage tant elle avait mal, mais elle devait tenir bon, comme Frodon lui avait dit. Elle prit appui de son pied droit sur une petite crevasse de glace en faisant attention à ne pas glisser. Elle détacha la dague droite de la paroi glacée et la planta dans la glace, créant un nouveau point d'ancrage. Elle finit par trouver une petite faille pour son pied gauche. Elle mit alors tout son poids sur son pied droit pour amener le gauche à sa nouvelle place... mais la glace sur lequel il était posé la déséquilibra et elle glissa, entraînant son corps et celui de Frodon vers le vide.
-Oh mon dieu !, hurla t-elle, se cramponnant autant qu'elle pu à ses dagues, lui évitant de finir sa chute.
-Remonte ! Remonte !, lui hurla Frodon dans les oreilles.
Elle fit appel au peu de forces qui lui restait et réussit à remettre son pied sur la paroi glacée, tout en faisant attention de ne pas retomber une deuxième fois. Elle parvint à installer son deuxième pied tout en gardant l'équilibre.
-On est en vie! On est en vie !, récitait Frodon tremblant.
-J'ai vraiment cru qu'on allait y passer!, dit Isleen, le cœur battant la chamade.
-Moi aussi !, dit Frodon avant qu'un petit rire nerveux ne le secoue. On a faillit y passer !
Le rire se transforma en un véritable fou rire, tant les nerfs lâchaient. Isleen ne pouvait pas se laisser aller ainsi, mais entendre Frodon rire était un baume pour elle, lui qui était constamment tourmenté par le poids de l'anneau. Elle s'autorisa un fin sourire à ce son.
Le vent avait finit par se calmer, bien qu'ils aient toujours aussi froid. La neige s'était faite plus rare et avait finit, elle-aussi, par s'arrêter définitivement, permettant à Isleen d'avoir une meilleure visibilité quant à ses prises et positions sur la paroi.
-Regarde !, cria -t-elle à Frodon qui calmait son rire petit à petit. Nous y sommes presque !
Le hobbit regarda au dessus de leurs têtes et constata que la jeune femme avait raison. Il ne savait pas combien de temps il leur avait fallu pour remonter la paroi, mais la fin était proche. Ils pouvaient apercevoir leur but à une cinquantaine de mètres au dessus d'eux.
-Il ne faut pas relâcher tes efforts, l'encouragea Frodon.
-Je sais... mais je suis épuisée. J'ai peur de refaire une erreur qui cette fois nous coûtera la vie !, lui avoua la jeune femme.
-Il faut que tu penses à autre chose qu'à la possibilité que tu fasse une erreur, lui dit-il. Tu n'as qu'à chanter, toi qui aimes tant ça !
-Je ne suis pas sûre que ça marchera... mais pourquoi pas, lui dit Isleen.
-Je te fais confiance.
Isleen respira un grand coup. Les paroles du hobbit lui avaient fait le plus grand bien. Elle entama de nouveau la montée, en cherchant ce qu'elle pourrait bien chanter qui l'aiderait et lui donnerait du courage. Elle trouva enfin, au bout de quelques secondes, se rappelant une chanson que son père affectionnait tant et qu'il aimait chanter lorsqu'il l'amenait en voiture avant une compétition de danse, pour lui donner du courage.
-I've paid my dues..., commença t-elle dans un souffle de voix. Time after time...I've done my sentence...But committed no crime...
Frodon, qui était bien accroché, l'écoutait sans bouger, ne voulant pas la déséquilibrer. Au fur et à mesure des paroles, la voix d'Isleen prit en force et il sembla à Frodon qu'elle retrouvait confiance en ses capacités.
-And bad mistakes..., continua Isleen avec plus de force. I've made a few...I've had my share of sand...Kicked on my face...but I've come through...
Frodon ferma les yeux et sourit. Il aimait la voix de sa compagne d'infortune. Elle avait un grain très doux, rendant son chant enchanteur. Elle savait donner vie à son chant et rien que pour ça il aimait l'entendre chanter.
-And we mean to go on..., chanta-t-elle avec encore plus d'entrain que précédemment. And on and on and on... We are the champions, my friends !
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La descente fut moins pénible pour le groupe que la montée. Le chemin était le même, mais le temps s'était enfin calmé. La tempête avait fait place à un temps calme, permettant à chacun de récupérer. La neige blanche les entourait de toute part, ne laissant à leur vue qu'un paysage hivernal. Gandalf avait choisit de redescendre par un chemin assez large, laissant sur leur gauche le flanc du col de Caradhras.
Leurs cœurs étaient toujours lourds de leurs pertes, mais le temps leur permettrait d'avoir une meilleure visibilité et de retrouver leurs amis. Même si aucun des membres n'avait hâte de voir leurs états
Legolas, qui se trouvait à l'arrière de ses compagnons, se remettait difficilement de sa crise d'angoisse. Il n'arrivait pas à croire que ça lui été arrivé, à lui. Il avait eu honte de sa faiblesse. Mais la détresse qu'il avait pu lire sur le visage de chacun des membres de la communauté survivante lui faisait relativiser sa honte. Il n'était pas seul.
Aussi étonnant que cela puisse paraître, il avait soutenu le nain du groupe. Sa douleur avait fait écho à la sienne et les différences qui existaient entre leurs peuples s'étaient pendant un moment effacées, ne laissant qu'un esprit fraternel entre le nain et l'elfe.
Gandalf menait toujours la tête du groupe, s'aidant pour marcher de son grand bâton. Aragorn suivait sans dire un mot, le visage fermé. Les hobbits ne parlaient pas plus que le dunadain et l'ambiance s'en faisait ressentir, mais comment leur en vouloir. L'elfe princier comprenait leur envie de rentrer chez eux – lui aussi rêvait parfois de revoir les siens – et leur envie de s'éloigner de ce lieu. Boromir avait, comme à son habitude, la tête dans ses pensées et ne semblait pas se soucier de ce qui se passait autour de lui. Gimli avançait la tête basse et les épaules voûtées.
Legolas s'arrêta quelques instants pour regarder le groupe avancer. La perte de leurs amis avaient coûté énormément et sera difficile à panser.
-But it's been no bed of roses...
Legolas tourna brusquement la tête, croyant avoir entendu quelque chose. Mais il ne vit rien, si ce n'est les traces de ses compagnons dans la neige blanche. Il continua néanmoins de scruter le paysage, mais rien ne lui parvient. Il se retourna et recommença à marcher vers ses compagnons, les rattrapant rapidement.
-I consider it a challenge before...
Legolas s'arrêta une deuxième fois et se retourna brusquement. Comme la première fois, il ne vit rien. Devenait-il fou ? Il fronça légèrement les sourcils et scruta la montagne.
-Legolas, tout va bien ?, lui demanda Aragorn, qui s'était retourné et avait aperçu son ami sur le qui-vive.
-Je ne sais pas, lui répondit le concerné. Il me semble entendre quelque chose.
-Un simple rêve, mon ami, lui dit Gimli. La fatigue certainement...
Legolas ne trouva rien à dire, mais son instinct lui souffla que ce n'était pas ça. Il se détourna du groupe et regarda une nouvelle fois vers le col. Aragorn le rejoignit.
- And I ain't gonna lose...
-Là ! J'entends de nouveau cette voix !, s'écria-t-il.
Il s'avança alors vers l'endroit d'où provenait le bruit qu'il n'arrêtait pas d'entendre. Aragorn le suivit de près, et ils arrivèrent au niveau du vide qui donnait sur le plateau de la montagne qu'ils venaient de quitter.
-We are the Champions, my friends...
La voix reprit et permit à l'elfe de repérer l'endroit d'où le son provenait... mais surtout de qui elle venait.
-Là !, indiqua t-il au reste du groupe qui s'était rapproché. Ce sont eux ! Isleen ! Frodon !
-Oh ! Mais par quel miracle... ?!, s'écria Gandalf, n'arrivant pas à y croire.
-Vite !, cria alors Aragorn. Nous devons remonter !
Le groupe, n'arrivant pas à y croire, se mit alors à courir d'un même mouvement. Les hobbits poussèrent le poney à galoper pour qu'ils ne soient pas distancés par les autres. Legolas, Aragorn et Gandalf, couraient tout en gardant un œil sur la jeune femme et le hobbit. Ils n'étaient qu'à quelques mètres du plateau, et ils devaient les aider.
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-No time for Loosers... !, chantait Isleen pleine de joie à l'idée d'arriver. Cause we are the champions...Of the world !
-On arrive Isleen, s'écriait Frodon. Tu as réussi !
Ils n'étaient qu'à quelques secondes de la fin de ce cauchemar. Elle avait chanté au moins une bonne dizaine de fois la chanson de Queen pour se donner du courage, et à la fin même Frodon l'accompagnait dans le refrain, tant l'euphorie d'arriver les gagnait. Néanmoins, la jeune femme gardait la tête sur les épaules. Il fallait continuer à faire attention car elle n'avait pas finit ! Il serait dommage pour elle comme pour Frodon de déraper maintenant. Si près du but.
Elle était presque arrivée au niveau du plateau, quand elle entendit une agitation au dessus de sa tête. Elle jeta sa dague sur le sol du plateau et s'agrippa à la paroi avec ses dernières forces. Sa deuxième dague rejoignit rapidement la première et de ses deux mains elle essaya de remonter sur le sol ferme. Frodon, qui était placé sur son dos depuis le tout début de ce plan complètement dingue, fut le premier à apercevoir leurs amis.
-Ici ! Nous sommes là !, s'écria-t-il euphorique. Ici !
Aragorn et Legolas furent les premiers à les atteindre. Ils aidèrent rapidement Frodon à remonter, soulageant la jeune femme du poids de son ami.
Isleen parvint à se hisser sur le plateau mais accepta de grand cœur l'aide de l'elfe qui lui permit d'arriver sur le sol en toute sécurité. Elle se retrouva à genou, essayant de reprendre son souffle. Des points noirs dansaient devant ses yeux et elle craint de s'évanouir dans la neige. Elle leva la tête et vit Frodon entouré de Sam, Merry et Pippin pleurant à chaude larmes et s'étreignant. Rien que cette vue lui réchauffa le cœur et mit de côté la dureté de l'épreuve qu'ils venaient d'affronter.
Frodon la regarda alors et Isleen lui sourit doucement, les larmes noyant ses yeux verts. Il se sépara de ses amis pour la rejoindre. La jeune femme, qui était toujours sur les genoux, enlaça le hobbit avec force quand il fut près d'elle, l'étouffant presque de ses bras.
C'est à ce moment qu'elle se rendit compte qu'ils étaient enfin sains et saufs, et ses nerfs lâchèrent. Elle se mit à pleurer à chaudes larmes. De lourds sanglots la secouaient de toute part. Elle ne savait plus si c'était elle qui tenait le hobbit dans ses bras ou l'inverse, mais elle ne voulait plus le lâcher. Seul le contact du corps de son ami lui prouvait qu'ils étaient en vie.
-Tu as réussi, tu as réussi, lui dit dans le creux de l'oreille le hobbit brun.
Elle s'écarta alors de lui et lui sourit doucement.
-On a réussi, dit-elle doucement. Ensemble.
Le jeune homme se leva et lui tendit la main pour qu'ils se remettent en route. Elle la lui prit et essaya de se remettre debout, les larmes coulant toujours sur ses joues. Mais la blessure à la tête qu'elle s'était faite en tombant se rappela à elle, l'empêchant de prendre appui sur ses jambes. La douleur se fit vive et violente, lui rappelant avec crainte les quelques minutes avant sa mort. Elle tomba en avant, ses jambes ne pouvant plus supporter son poids, tant elle les avait fait souffrir en grimpant. Seules deux mains lui valurent de ne pas s'étaler dans la neige avant que ses forces ne la quittent et qu'un trou noir ne l'emporte.
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Alors ce chapitre vous a plu? Pas trop tiré par les cheveux? Je tiens à préciser que je ne veux pas faire de Mary Sue avec Isleen (bien que ce chapitre soit WTF) mais ça, je vous laisse le découvrir pour plus tard. Que pensez-vous de la relation avec Frodon? Les sentiments qui se jouent avec les autres membres de la communauté? La culpabilité aussi de Gandalf? Et le "rapprochement" de Gimli et Legolas?
Oh, et pour la chanson de Queen (que j'adore !), qu'avez-vous pensé de son intégration dans le récit? Je vous conseille la vidéo à cappella (je n'arrive pas à mettre le lien !) - qui est une pépite pour les oreilles.
